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Une section malsaine au SPVM

Je ne sais pas pour vous, mais il est temps qu'un nouveau directeur venu d'ailleurs ouvre les fenêtres et aère les bureaux devenus contaminés.

23/09/2017 08:00 EDT
Getty Images/iStockphoto
J'ai connu cette section au cours des 32 ans passés au SPVM.

Vous aurez peut-être suivi de près ou de loin, la saga de la section déontologie du SPVM. La section de Costa Labos, la section des hyènes et des chacals. Vous aurez beau chercher, vous n'allez pas y trouver la crème des enquêteurs. Par contre, arrivisme, carriérisme, prétention, présomption, roublardise, retors, et j'allais oublier l'obséquiosité sont l'ensemble des qualités que doit posséder l'enquêteur qui embrasse cette section.

Vous avez vu comme moi, je suppose, les gens de la commission Chamberland poser des questions aux enquêteurs de la discipline du SPVM. Premièrement, le chef des chacals, Costa Labos, tout comme les mafiosos, ne se souvient pas de beaucoup de choses, Normand Borduas fait des affirmations que son confrère Iad Hanna ne tarde pas à infirmer.

Puis, ce même Costa Labos est mentionné dans l'affaire du s/d Mario Lambert. Ne se sachant pas enregistré, il aurait tout simplement décidé de ne pas tenir compte d'une déclaration, pouvant innocenter ce policier. Ce n'est pas tout, il est aussi mentionné dans l'affaire du sergent André Thibodeau ayant déposé une action au civil de 942 780$. Dans cette action au civil, le sergent Thibodeau affirme que le sergent Larbi Zouaoui, enquêteur au dossier, lui aurait textuellement dit, toujours selon cet interrogatoire du demandeur [André Thibodeau] par le sergent-détective Zouaoui, ce dernier lui a indiqué qu'il s'objecterait à sa remise en liberté et que ce dernier croupirait longtemps au pénitencier, rajoutant à ses menaces à l'endroit du demandeur que pendant que ce dernier serait en prison, il en profiterait pour "fourrer sa femme et faire violer sa fille par ses amis".

Fait troublant, quarante minutes d'enregistrement de l'interrogatoire sont totalement absents.

Après avoir longtemps été protégé par son chef, Costa Labos est maintenant suspendu pour l'ensemble de son œuvre.

Le plus drôle est que depuis sa mutation, Labri Amine Zouaoui a déposé un grief dénonçant maintenant son département pour discrimination, harcèlement psychologique et atteinte à sa dignité. Ceci, après avoir dénoncé deux collègues qu'il jugeait incompétents. Dénoncé à ses supérieurs, un commandant ayant consulté la banque des données criminelles, sans motifs apparents. Puis, dans sa requête, il ajoute un commandant des affaires internes, lui devant encore 3000$ pour la vente d'une moto ? Ici tout y passe, Labos, Hanna, Borduas et quelques autres.

« J'ai vécu mon assignation comme un échec de carrière incroyable. Une humiliation évidente. Un lynchage sans équivoque.

« Règle générale, nous sommes des persona non grata dans l'ensemble des unités et cela est encore plus vrai depuis les derniers événements et que des pétitions circulent dans toutes les unités contre nous. »

- Extrait de la plainte de Larbi Amine Zouaoui.

Et ce bonhomme semble tout surpris. Bien oui, il est possible que personne ne lui fasse confiance. Il vient tout juste de frapper sur ses patrons, ses propres partenaires et joue maintenant à la victime de racisme.

Je m'en voudrais de ne pas mentionner l'autre enquêteur de la discipline, Iad Hanna qui lui aussi dépose un grief de 250 000 $ contre le SPVM pour atteinte à sa réputation et à sa vie privée.

Tout ce beau monde est maintenant en arrêt de travail pour maladie.

J'ai connu cette section au cours des 32 ans passés au SPVM. Je ne me souviens pas d'un seul enquêteur émérite. Par contre, j'ai appris à connaître le pire de l'homme.

Une section ou des enquêteurs détiennent arbitrairement des policiers avant de les relâcher, ou, attendent qu'il atteigne le 25 ans de service et prenne une retraite s'il s'agit d'un protégé.

Une section ou des enquêteurs menacent de jeunes policiers pour leur soutirer des aveux ou les forcer à tordre la vérité.

Une section qui menace des citoyens pour qu'ils témoignent contre des policiers.

Une section tournant les coins ronds pour satisfaire leur vision de la cause.

Une section d'enquêteurs qui te disent des trucs comme:

-Parle-moi comme à ton père.

-On t'a petit criss

-Le gars, c'est un pourri, on le sait, mais dis-nous que tu lui as donné une claque sur la gueule, on va l'écrire et ça n'ira pas plus loin.

-On fait un deal, trois jours de suspension et on en parle plus.

-On a des témoins en masse, ton partenaire nous a dit que tu l'avais fait.

-On a vu que tu t'entraines sur un sac de boxe. C'est dangereux pour toi, si jamais un gars se plaint que tu l'as battu.

Maintenant, avec les derniers cas, on a droit à une section créative dans ses demandes de mandats, les menaces et fausses affirmations.

Je ne sais pas pour vous, mais il est temps qu'un nouveau directeur venu d'ailleurs ouvre les fenêtres, aère les bureaux devenus contaminés, de toutes les sections de la tour d'ivoire, qui ont tous leurs chacals. Si ça ne se fait pas, qui aura encore confiance au SPVM ? Pas moi.

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