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Un officier pas très futé

15/01/2016 08:43 EST | Actualisé 15/01/2017 05:12 EST

Nous avons eu le déplaisir de lire vers la fin de la semaine dernière, dans un quotidien reconnu, qu'un officier supérieur du SPVM, un «top» gérant de policiers enquêteurs, se rendre à une soirée et se faire voler des papiers importants concernant des enquêtes et des noms de sources.

Je ne vais pas le traiter de sans génie, peut-être d'idiot de village. Qui ne sait pas dans ce département de police, qu'il ne faut jamais... jamais... jamais transporter d'informations sensibles et les laisser sans surveillance? Le pire: il allait dans une soirée de flicaille au centre-ville, dans un coin reconnu pour être le royaume des vols dans les autos. Qu'un citoyen ne le sache pas, je le comprends. Un policier qui ne pratique pas ce qu'il prêche, c'est un peu faible. La seule excuse serait qu'il vienne d'ailleurs, comme d'un village lointain ou il n'y a pas de voleurs. Mais il n'a pas cette excuse.

Au départ, ce commandant ne devrait pas être en possession de documents sensibles. Il est gérant... Nounou, administrateur, coach d'une bande de gars qui, eux, font les enquêtes. C'est à eux de posséder les documents, de les garder, les étudier et faire les arrestations dans ces dossiers. S'il y a des noms de sources, ils doivent être tenus secrets. Alors pourquoi se promener avec ces dossiers? Quelle était l'urgence?

Imaginez votre patron venant se mêler de votre travail, le président des ventes de GM sur la ligne de montage, le chef de secteur des incendies prendre les lances, etc... on aura compris. Alors, pourquoi un commandant se permet-il de conserver des dossiers sensibles et, surtout, de les oublier dans sa voiture?

De ce que nous avons appris, il y aurait des noms de sources, une cause à présenter et de l'information importante. Croyez-vous vraiment que les gens concernés se sentent protégés? Une source est une personne physique, pas un bout de papier. La responsabilité des policiers est de veiller à ce qu'elle demeure en vie et en sécurité. Les policiers auront encore et toujours besoin d'informations. Si les sources ne survivent pas, l'information ne survivra pas plus.

Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Des enquêteurs ont aussi perdu des ordinateurs remplis d'informations sensibles. Quelqu'un peut leur dire que ça ne se fait pas? Quelqu'un comme le directeur de police... Comment c'est son nom, déjà? Celui qui, depuis des mois, joue à l'homme invisible. J'en parlais avec quelques policiers à la cour des sessions de Montréal: personne ne semble savoir s'il existe vraiment.

Je ne crois pas qu'un département de police ayant eu autant d'avatars dans les dernières années puisse encore se permettre d'en ajouter. La liste des idioties, des fourberies, des trahisons se fait de plus en plus longue. Ce corps policier devient la risée de l'ensemble des services de police. Y a-t-il encore un pilote dans l'avion? Si oui, réveillez-le quelqu'un.

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