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M. Parent, donnez le coup de balai qui s'impose au SPVM

08/02/2014 07:37 EST | Actualisé 10/04/2014 05:12 EDT

Cette semaine dans La Presse, Sylvain Beaudry, un Bandidos délateur, raconte comment en 2002 des enquêteurs donnaient des adresses d'ennemis pour provoquer des choses.

Le Service de police de la Ville de Montréal s'est efforcé de nier les allégations par la voix de son représentant officiel. Selon le SPVM, ce délateur n'a pas de crédibilité. Ce qui revient à dire qu'il est assez bon pour couler son organisation, mais pas assez crédible quand il s'agit de pointer du doigt des policiers aux pratiques douteuses.

Quelques années plus tôt, Éric Nadeau, un infiltrateur, avait lui aussi dénoncé haut et fort ce genre de procédé et bien d'autres. Encore une fois, il n'avait pas été jugé crédible. L'homme avait quand même travaillé des mois avec l'équipe dont faisait partie Benoit Roberge. Il avait acheté et vendu des armes, des stupéfiants, comploté pour commettre des meurtres, tout ça sous le contrôle du département de police.

La question qui se pose: comment des gens ont assez de crédibilité pour témoigner devant un tribunal, mais pas assez pour dénoncer des pratiques illégales, voire même dangereuses?

La réponse est simple: «l'image du département». Nier en bloc, jusqu'au moment ou tout sera dévoilé. Cette stratégie du secret relève de la C.I.A. et elle permet de gagner du temps, d'effacer des preuves et peut être même d'étouffer le scandale.

Depuis les trois dernières années, des policiers enquêteurs du SPVM (proches du Country-club de la Place Versailles) se font ramasser pour avoir traversé une ligne infranchissable aux yeux de tous. Ne soyons pas naïfs, d'autres enquêteurs vont tomber. Les sections ne travaillent pas en solitaires, elles forment une équipe donc, tous savent ou participent à différents degrés.

Dans le cas du projet AMIGO, une partie des enquêteurs, dont Benoit Roberge, ont franchi allègrement les lignes à ne pas dépasser. Leurs patrons en étaient au courant. Ne pas stopper des gestes douteux, c'est y participer.

Un département de police n'est pas un bloc, il est fait de plusieurs individus. Dans certaines sections, si l'idéologie glisse vers le succès à tout prix, nous sommes assurés de dérapages monstrueux.

J'aime ce département de police, je l'ai toujours aimé. J'y ai passé 32 de mes plus belles années. Mais j'ai aussi été confronté à des gestes révoltants que j'ai non seulement dénoncés, mais combattus avec vigueur.

Je ne sais plus s'il est encore temps de redresser la barre. Quelques autres révélations, et il y aura assez d'eau pour faire chavirer un navire déjà à la dérive.

Monsieur le directeur du SPVM Marc Parent, relevez les épaules, bombez le torse, donnez le coup de balai qui s'impose, même si ça doit faire mal. Une plaie qui n'est pas traitée se gangrène, les choses ne vont pas se régler par elles-mêmes. Cette bombe risque de vous sauter en plein visage et peut être même plus tôt que tard.

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