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La sécurité des citoyens?

27/09/2014 10:03 EDT | Actualisé 27/11/2014 05:12 EST

Invoquant la sécurité des citoyens, cette semaine le maire Denis Coderre a intenté un grief patronal contre les policiers de Montréal. Le motif: le nombre de contraventions a diminué depuis cet été et l'annonce du projet de loi 3.

Petite histoire: entre les années 50 et 76, les policiers patrouilleurs émettaient des contraventions de stationnement et en mouvement. La grande majorité du temps, ils faisaient deux ou trois billets pas jour pour des feux rouges, de la vitesse excessive, des voitures stationnées devant des bornes-fontaines et naturellement lors des heures d'affluence du matin et du soir. Il y avait aussi les motards dont les tâches étaient multiples et qui donnaient un peu plus de billets. En fait, ce n'était pas très payant pour la ville, beaucoup de policiers préféraient ironiser avec les citoyens en lançant des trucs comme : « Faudrait pas bosser ton char neuf, hein? », ou « T'es sûr que tu roulais à la bonne vitesse? » Dans 90 % des cas, nous n'avions pas à verbaliser. Par contre, les policiers connaissaient les noms de tous leurs voleurs du secteur. La priorité était la sécurité des citoyens.

Nous avions également une section circulation. Qui ne se souvient pas du policier au képi blanc qui, tous les matins et tous les soirs, apparaissait au milieu des rues pour diriger la circulation. Ces hommes assuraient la fluidité des mouvements des voitures, réalisant un travail titanesque, été comme hiver. Avec l'une des réformes de la police, cette section disparut, laissant aux feux de circulation le soin de tout organiser.

Vers la fin des années 70 sont apparus les horribles bonshommes verts. Selon la ville de Montréal, les policiers devaient s'occuper des infractions en mouvement et surtout de la protection des citoyens. Ceci permit à la Ville d'augmenter ses revenus par dix. Puis, on fit de même pour le déneigement. Les policiers furent remplacés par des fonctionnaires qui démontrèrent une efficacité toute particulière.

Ceci nous amène au vif du sujet. Yvan Delorme avait obtenu son poste de directeur en promettant des rentrées d'argent dans les 40 millions avec la création d'une nouvelle section Circulation. Oubliez les sympathiques képis blancs près des ponts et au milieu des rues. Ces nouveaux mercenaires du billet se sont concentrés sur les frappes massives, les trappes à gogos et sur tout ce qui pouvait rapporter quelques dollars.

Pour ne pas être en reste, dans les postes de quartier, oui, les postes près des citoyens, des commandants sortirent les «opérations par programmes». Pendant une ou deux semaines, il faut donner des billets pour les portes de voiture non verrouillées, les piétons aux feux rouges, les lignes jaunes, les vélos sans déflecteurs et j'en passe. Oubliez les voleurs, ça ne rapporte pas. Pire, un voleur arrêté coûte de l'argent au SPVM et à la Ville. La police doit rapporter, elle fait partie des solutions pour renflouer les coffres. Personne dans ce département pour contester, les officiers supérieurs, en bons laquais, fouettent les troupes. Les billets sont le nerf de la guerre et si je veux bien paraitre, je dois me surpasser.

Alors, vous comprendrez le maire de Montréal quand il fait ses montées de lait. Il aurait perdu plus de 17 000 $ par jour depuis juillet dernier. Perdu? Oui, c'est bien le mot employé. Alors, la sécurité des gens? Non... Le maire veut tout simplement notre bien et il tente de l'avoir! Je suis persuadé que nous, les citoyens, nous devrions réclamer plus de contraventions pour notre propre sécurité et que présentement, nous nous sentons tellement laissés à nous-mêmes.

Que fera-t-il quand tout le monde aura décidé d'obéir à toutes les lois et tous les règlements? La banqueroute nous guette. En attendant, les gens désertent la ville, les policiers mettent la pédale douce... Il ne reste que les bonshommes verts devenus gris.

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