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Se faire prendre pour des valises

J'ai toujours rêvé de transporter mon canif en voyage, en avion. Je pourrai me curer les ongles pendant le trajet, me «gosser» un petit bout de bois peut-être, graver mon nom «Claude était là».

25/11/2017 08:00 EST
Getty Images/iStockphoto

Cette semaine, le gouvernement du Canada annonce une réduction des mesures restrictives de sécurité dans les aéroports lors des embarquements pour les vols sauf pour les É.-U.

Nous aurons le droit de transporter un canif de six centimètres. Wow! Quelle bonne nouvelle, je suis aux anges ! J'ai toujours rêvé de transporter mon canif en voyage, en avion. Je pourrai me curer les ongles pendant le trajet, me «gosser» un petit bout de bois peut-être, graver mon nom «Claude était là». Il me semble voir la tête du voisin de siège, me regardant curer les ongles. Et... Si par malheur, un jour un imbécile heureux s'emporte et sort ce petit canif pour menacer, car selon les lois de Murphy, ce qui peut arriver arrivera. Que fera notre bon gouvernement? Réinterdire les canifs.

Inventons un scénario impossible : six hommes d'un commando montent avec chacun un canif de 3 pouces de lame. Ce n'est pas long 3 pouces, mais ils sont six. Combien de gens seront tués avant une intervention? J'espère qu'un sikh sera dans cet avion avec son kirpan de 6 pouces et que tous les autres passagers auront leur canif de 3 pouces. Je sais, c'est impossible... Mais comme la réalité dépasse toujours la fiction, rassurez-moi et dites-moi que ça ne peut pas arriver.

Je suis persuadé que cette mesure n'a rien à voir avec l'autorisation du port du kirpan et que ce n'est qu'une pure coïncidence, si celle-ci arrive quelques jours seulement après l'autre.

Le kirpan, symbole religieux pour le moins archaïque d'une minorité indienne et canadienne, est parvenu à faire tomber les lois canadiennes, et j'imagine, internationales, sauf pour les amis du Sud. Le kirpan pourra avoir une lame de six pouces, car une petite lame, semble-t-il, serait un déshonneur pour l'homme sikh. Ce couteau, serait selon la religion sikhe, une arme de défense et non d'attaque. Il sert à a protection des opprimés et des sans-défense. J'imagine qu'il n'y a pas de dépressifs ou d'agressifs chez les sikhs.

C'est drôle, quand j'arrêtais des gens en possession d'un couteau dans un endroit public, la première réponse était : c'est juste pour ma protection. Donc, aurions-nous en quelque sorte, une religion similaire?

C'est une mesure standard de sécurité et nous parlons ici, d'un environnement étendu et protégé.

Quand vous entrez au palais de justice de Montréal, vous devez vider vos poches, passer le détecteur de métal. Et si vous avez un cure-ongle, un canif, même à lame d'un pouce, vous allez devoir le laisser en consigne ou le faire détruire. C'est une mesure standard de sécurité et nous parlons ici, d'un environnement étendu et protégé. Il y a dans ces corridors et ces salles, du policier et de l'agent au pied carré.

Alors, connaissant la situation internationale actuelle, qui est l'heureux imbécile, qui pense que dans un avion où personne ne peut s'enfuir, un individu ou un petit groupe d'individus, pour un Dieu quelconque, ayant accès à une lame de trois pouces pour terroriser et assassiner des innocents pris au piège, n'y penseront surtout pas.

En fait, pour faire plaisir à un électorat, ce gouvernement décide de laisser tomber un peu de sécurité et laisse aux autres, le soin de gérer le bébé. Et, pour faire plaisir à un autre électorat, il fait passer une loi sur une drogue douce et laisse les autres le soin de gérer le deuxième bébé. Bien sûr, j'allais oublier la statue de cire de Justin. Elle ressemble à s'y méprendre à l'original, un air niais masquant une coquille vide de toute substance.

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