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L'affaire Villanueva, prise 126

08/04/2016 10:19 EDT | Actualisé 09/04/2017 05:12 EDT

Il y a quelques années, Fredy Villanueva mourait victime de sa témérité. Je compatis avec la famille, la mort d'un proche est toujours triste. Il est aussi vrai que les policiers auraient pu faire autrement*. Ceci dit, quand tu cours après le trouble, faut pas t'étonner qu'il te rejoigne.

Depuis ce temps, les parents, amis, groupes de soutien et d'influence ne cessent de décrier le système de police, de justice et, en fait, tout ce qui représente la loi.

Souvenez-vous des émeutes de Montréal-Nord. Je m'étais rendu à une table ronde à la demande de mon ami et criminologue André Normandeau. Nous avions été insultés par quelques personnes autour de cette table. «Vous les p'tits Blancs, on ne veut pas de vos conseils.» J'avais juste tenté de faire comprendre qu'aucun Haïtien n'avait été tué et que je ne voyais personne de l'Amérique du Sud à la table. Rien à y faire, nous étions des brutes blanches et pas très loin d'être sanguinaires. La table ronde aura vite tournée au vinaigre et rien de concret n'en ressortit.

Maintenant, plusieurs années plus tard, dès que des policiers s'approchent du frère de Fredy, qui comme par hasard est toujours en compagnie de membres de gangs de rue, ce sont les autorités qui sont visées. Le jeune est devenu, par ricochet, un symbole de la répression policière.

Il y a quelques mois à peine, notre système politique est venu bousculer les règles en matière d'immigration. Il a permis à ce nouveau citoyen, de rester et devenir «un plus» pour notre société. Tout autre ressortissant étranger - car c'est ce qu'il est - serait de retour sur une plage au soleil du sud, à tenter de fuir les membres des gangs rivaux.

Mais, pourquoi donc Dany Villanueva, ce futur payeur de taxes, se ramasse-t-il avec la régularité d'une horloge dans des troubles certains? Comme le dit maman : «C'est la police qui le harcèle.» Donc, si je tente de bien comprendre, les gars de gangs se retrouvant chez lui y ont été envoyés par la police. Les stupéfiants vendus par lui y ont été apportés par ces mêmes policiers. Quand la police harcèle, elle harcèle en grand. Ce gentil gamin au dossier bien garni semble jouer de malchance, il se retrouve toujours au mauvais endroit, au mauvais moment.

Nous allons encore une fois avoir droit à un procès. Je peux prédire que l'événement sera teinté d'une aura de victimisation, de «racisme à l'envers», de chasse aux sorcières ou tous les groupes opportunistes viendront décrier la violence policière**.

Une chose me chicote, en plus de 30 ans, je crois que moins de 6 cas de bavures dites «ethniques» par des policiers sont survenues à Montréal.

Dans le même temps, plus d'une centaine d'assassinats furent commis par des gangs de rue. Alors à quand des marches de protestations par les communautés visées à l'encontre de ses gangs?

Il faudrait probablement laisser ce pauvre garçon tranquille et attendre qu'un gang rival fasse le sale boulot.

J'ai toujours cru que les lois étaient faites pour tout le monde. Oui, malgré 32 ans dans la police, je suis resté naïf. S'il est trouvé coupable, y aura-t-il quelqu'un ayant une paire de couilles pour décider de son sort, sans qu'un bouffon de la classe politique n'intervienne? C'est bien de vouloir des votes, mais il y a des limites.

Oui, il y a eu mort d'homme lors de l'intervention. Oui, il y aura enquête. Reconnaissez au moins une chose : les policiers n'allaient pas dans un centre d'achats ou une garderie. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, c'était quand même un point de vente de stupéfiants et notre victime avait un dossier bien rempli.

* Dans cette enquête, les policiers n'ont pas paru brillants. La différence entre eux et les gangs est qu'ils n'allaient pas tuer ce soir-là. Ceux des gangs partent et tuent par besoin, ils ne font pas dans la dentelle et s'ils se trompent de cible, personne ne marche dans les rues, ni ne saccage ou ne brûle tout sur son passage.

** J'étais encore en pleine écriture qu'on annonçait un rassemblement à Montréal-Nord du Collectif opposé à la brutalité policière. Voilà qu'elle tourne au vinaigre.

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