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L'affaire Guy Ouellette

L'histoire n'est pas finie, elle s'ajoute à toutes les autres qui ne sont pas réjouissantes.

04/11/2017 08:00 EDT
LA PRESSE CANADIENNE
Que devons-nous penser de l'affaire Guy Ouellette?

Que devons-nous penser de l'affaire Guy Ouellette? Nous avons un député, ancienne vedette médiatique de la SQ, au discours presque aussi sûr que celui du pape. Un homme issu du renseignement, un collecteur d'information et analyste. Un policier porté à l'avant-plan, à la fois par le service de police que par les médias, qu'il nourrissait abondamment. Un homme approché par un parti politique, devant se donner une image de respectabilité et probité.

Puis, devenu député d'arrière-ban, il s'intéresse à certains dossiers de l'UPAC. Normal pour un ex-policier, mais... connaissant le fonctionnement des sections spécialisées, les dirigeants de l'UPAC n'ont certes pas apprécié cet intérêt de la part d'un externe, fut-il déjà un flic.

Il est possible que des gens parlent à cet ex-policier et qu'il fasse ce qu'il faisait si bien, le communiquer à ses contacts journalistiques.

Il est possible que cette section doive prendre le temps, de prendre le temps. Il est possible qu'un ex-policier trouve que tout ça prend du temps et qu'il faille aider à aboutir cette enquête. Il est possible que des gens parlent à cet ex-policier et qu'il fasse ce qu'il faisait si bien, le communiquer à ses contacts journalistiques.

Mais, cette façon de faire comporte des risques. Des dizaines d'enquêteurs et même d'officiers supérieurs ont fait de même au cours des années. Faire couler certaines informations aux médias peut parfois aider à déboucher une enquête en cours. Il y a aussi le risque de dérapage de ces mêmes enquêtes. De là une certaine sainte colère du directeur des enquêtes et une vindicative et stérile chasse aux sorcières. Vindicative, car trouver le coupable devient plus un enjeu d'ego que de sécurité. Stérile, car le temps mis sur cette enquête ne sert pas le but premier, celui de faire la lumière sur tous les dossiers qu'ils ont sur les bras. Et... des dossiers, ils en ont.

Les bureaux d'enquête comme l'UPAC ne font pas l'unanimité. Comme pour toutes les sections de la police et je dis bien toutes, elles sont un joli terroir de ''power-trip''. Ces sections spécialisées ont à tort ou à raison, l'aura ''Eliot Ness'', qui les rend presque intouchables. La chose est bêtement humaine, vous êtes devenu la crème de la crème. Alors quand un ancien du renseignement, une section de planqués s'il en est une, vient mettre son gros nez et ses grosses pattes dans leurs enquêtes, soyez assuré qu'un coup de griffe et d'une morsure.

Nous sommes bons au Québec pour former des comités d'enquête, belle façon de fermer le couvercle.

Il semble que nous aurons un nouvel organisme civil, pour contrôler l'organisme qui enquête. Je peux immédiatement vous dire que ça va grincher dans la boîte. Nous sommes bons au Québec pour former des comités d'enquête, belle façon de fermer le couvercle. En cela, les élus utilisent sans le savoir les lois de Parkinson. Utiliser des comités, des tables rondes, des consultations pour tout simplement montrer que quelque chose se fait. Nous appelons ça '' donner un semblant d'efficacité. '' J'ai appris ça dans un cours ''Fonction et organisation'' donné au CEGEP par un capitaine de police.

Alors, que Guy Ouellette ait coulé de l'information ne serait pas étonnant. Je ne dis pas ici qu'il l'a fait, mais je ne tomberais pas de ma chaise en l'apprenant. Parfois, il y a des moments ou l'information sert et d'autres ou elle devient nuisible.

L'histoire n'est pas finie, elle s'ajoute à toutes les autres qui ne sont pas réjouissantes. Il faut être fait fort aujourd'hui pour encore croire au système.