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Au SPVM, comme ça ne va pas aller plus mal, ça ira mieux

L'année 2017, fut a plus horrible qu'il m'ait été donné de voir, depuis les années 50.

06/01/2018 08:00 EST | Actualisé 06/01/2018 08:00 EST
Jean-nicolas Nault

Le service de police du SPVM ne s'était jamais autant délabré que ces dernières années. Mais comme pour un volcan, en laissant bien pourrir l'ambiance, il fallait bien que la situation explose. Les guerres intestines entre sections, les trahisons au sein même de ces sections, les fausses accusations, les bévues, les bavures, les passe-droits, tout ça, devaient finalement avoir un prix. La tête du directeur et celles de ses sbires.

Mais ceci n'aurait pas dû avoir lieu. Ce corps de police jadis admiré de tous a tout simplement appliqué quelques vieux principes de base, pour engendrer la médiocrité. Les lois de Parkinson, celles de Murphy et le principe de Peter. Un directeur cherchant à protéger ses amis et acceptant qu'ils grimpent malgré de l'incompétence crasse. Une direction chassant à coup de balai, tous ceux qui ne se plient pas aux règles et n'entrent pas dans le moule. Une direction aimant surtout diviser pour régner, contrôlant les promotions, récompensant les amis ou les veules. Un département cherchant à tout prix, les arrivistes, carriéristes, des hommes de main, prêts à tout pour grimper. Des officiers de direction contrôlant l'information au prix de mensonges, de faux témoignages, d'écoutes illégales de rumeurs assassines. Une section Affaires internes, noyautée par des gens sûrs, des ''nervis'' sans scrupules jouant de menaces où c'est selon, de promesses, pour arriver à leur fin. Voilà comment en moins de vingt ans, faire d'un corps d'élite, un corps pestiféré.

La Fraternité des policiers et policières est présentement menée par un président vieillissant, rigide, peu enclin à l'autocritique et entêté même dans l'erreur.

Mais, la faute est partagée. La Fraternité des policiers et policières est présentement menée par un président vieillissant, rigide, peu enclin à l'autocritique et entêté même dans l'erreur. Elle se doit de se renouveler, de dépoussiérer certaines mentalités de police ''butées'' qui y sévissent présentement. Quand un président de fraternité décide qu'un policier est coupable, sans même qu'il soit encore formellement accusé et qu'il n'en démorde pas, même après la démonstration contraire. Il est temps de regarder ce qui cloche. Il y aurait tant à dire, je sais que la grogne est dans les rangs, les membres ne sont pas tous très heureux. Mais sans vouloir être méchant, nous avons maintenant des politiciens à la tête de cette fraternité. Fini le temps des Marcil, Masse et compagnie. Autres temps, autres mœurs. Maintenant, si cette Fraternité veut d'autres mœurs, il faudra trouver du sang nouveau.

Le ménage n'est pas terminé. Si le directeur de la SQ possède les couilles nécessaires, il devra nettoyer les auges au plus profond des entrailles. Alors seulement la police de Montréal, redeviendra un corps de police crédible. Le prochain directeur devra venir de la planète Mars, dommage pour les justes, ils resteront entachés par les scandales. Vingt ans de magouilles, ça ne part pas en une année.

En dernière minute, on nous apprend que quatre des plus hauts gradés du SPVM quittent le navire. Selon le Journal de Montréal, quelques-uns auraient semble-t-il, été pressentis pour remplacer le calife, mais ils auraient répondu ''non merci.'' L'un d'eux part pour VIA Rail, un autre pour... Mascouche. Refuser le SPVM pour Mascouche, faut-il que ça aille mal! 80% de l'état major est maintenant disparu, il faudra les remplacer, mais comme ils ont été choisis dans un même moule, je n'ai pas la moindre idée du comment. Personne n'est innocent, tout le monde de l'état major savait ce qui se passait et ceux qui ont gardé le silence feront encore et toujours la même chose.

Personne n'est innocent, tout le monde de l'état major savait ce qui se passait et ceux qui ont gardé le silence feront encore et toujours la même chose.

En attendant, comme il vaut mieux être chanceux que bon. Le crime est à la baisse et cette police s'en tire quand même mieux que l'on pourrait le croire. Il y a moins eu de meurtres en 2017 et ça, ce n'est que de la chance. Avec le retour en force des Hells, pas sur, que ça va durer.

Mais bonne année quand même.

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