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À la rencontre des citoyens: un aperçu des conversations

28/09/2015 12:01 EDT | Actualisé 28/09/2016 05:12 EDT

Ça y est, je suis pleinement de retour dans la campagne, maintenant accompagnée de ma petite Florence, née le 10 septembre. Au jour 9 suivant sa naissance, j'ai fait ma première visite au bureau de campagne en compagnie de mon conjoint, pour la présenter à mon équipe et participer à un reportage télévisé sur les mères en politique. Depuis, j'ai graduellement repris les activités en allant à la rencontre des citoyens. Voici un petit aperçu de nos conversations, avant et après mon retour sur le terrain.

christine poirier

Une véritable caverne d'Ali Baba

La porte s'ouvre et c'est une véritable caverne d'Ali Baba. Un lit simple dans un coin, un chat au poil long bien étalé dessus. Sur les murs, des dessins magnifiques qui représentent des animaux dans des situations incongrues. «Ici, c'est mon studio, la maison est en arrière.» Devant mes expressions admiratives : «Vous aimez ça? J'ai une exposition qui s'en vient, je vous invite! À chaque année, j'ouvre mes portes pour les journées de la culture. Vous savez, je travaille à l'Office national du film et nous n'avons plus d'argent pour rien. On a encore de belles productions, parce qu'on a des artistes à l'imagination débordante, mais on ne produit plus comme avant». L'échange est encore vif dans ma mémoire, mais il a eu lieu il y a plus d'un an. À ce moment-là, je ne pouvais que reconnaître son talent et déplorer avec lui le manque de soutien de notre gouvernement. Ce que j'aimerais aujourd'hui répondre à cet homme, c'est que cette semaine Justin Trudeau a annoncé un investissement de 25 millions de dollars dans l'ONF et Téléfilm Canada. Plus on avance dans la campagne, plus notre programme prend forme. Chaque nouvelle annonce me remémore des conversations avec des citoyens. Des visages, des lieux, des préoccupations partagées sur le pas d'une porte ou autour d'un café, qui me confirment que les propositions que nous faisons répondent à de véritables besoins.

«Le câble, c'est ben trop cher», «Radio-Canada, c'est précieux»

Un des enjeux les plus importants dans ma circonscription est celui de Radio-Canada, qui a sa tour dans Laurier-Sainte-Marie. C'est un des grands employeurs de la circonscription. Ce porte-étendard de notre culture et du fait français a été coupé d'une part importante de son financement par les conservateurs au cours des dernières années. Mercredi, j'étais présente lors de l'annonce d'un réinvestissement majeur par le Parti libéral dans la société d'État. Une citoyenne rencontrée peu après m'a dit : «En tout cas, moi, je suis vraiment contente de l'annonce de Justin Trudeau. Je n'ai pas le câble, c'est ben trop cher, et Radio-Canada et CBC ce sont les seuls postes qu'on prend avec notre antenne.» J'ai renchéri : «C'est important pour notre diffuseur public d'avoir un contenu de qualité, avec une perspective d'ici.»

«Personne ne pourrait être plus convaincu que moi que les arts et la culture ne sont pas un fardeau, mais un levier pour l'économie.»

«Absolument! C'est ma seule source d'informations, et je ne suis pas la seule comme ça! Je sais qu'il y a beaucoup de monde qui ne peuvent pas se passer de leurs séries télévisées, mais moi j'ai d'autres choses à faire alors Radio-Canada, c'est précieux.»

« Je vais me sentir moins mal de voter pour le Parti libéral »

Personne ne pourrait être plus convaincu que moi que les arts et la culture ne sont pas un fardeau, mais un levier pour l'économie. « Tu sais Christine, je voulais voter pour toi parce que je sais que tu vas faire un excellent travail. Je ne pensais pas dire ça, mais Justin Trudeau commence à m'impressionner... Enfin, un parti politique reconnaît l'importance des arts et des artistes, je vais me sentir moins mal de voter pour le Parti libéral! », m'a dit une amie auteure qui a voté pour un autre parti aux dernières élections et qui a été ravie d'entendre que nous doublerons le budget du Conseil des arts du Canada.

Aller à la rencontre des citoyens, c'est aussi accepter de se faire questionner sur ses convictions. Lundi, à l'heure de pointe de fin de journée, j'ai mis Florence dans la poussette et je suis allée distribuer des cartes postales au métro Papineau. Un jeune homme s'est arrêté. «Vous y croyez, vous, à politique?»

«Je ne le ferais pas, si je n'y croyais pas!»

«Vous allez gagner!»

Personne ne connaît l'issue des élections le 19 octobre. Cependant, de nombreux citoyens, jeunes et moins jeunes, me disent qu'ils voteront pour moi, ce qui me porte à croire que la volonté de changement est bien réelle.

«Je vais voter pour vous c'est sûr! En 67, j'ai gagné la médaille de bronze aux olympiades de la coiffure. Là, je ne peux plus travailler, à cause de tous les produits toxiques que j'ai respirés dans ma vie. C'est Pierre Elliott Trudeau qui a fait passer le bill omnibus et qui a donné des droits aux homosexuels. On a besoin d'une députée comme vous qui va nous défendre, qui va donner de l'importance à la Fierté.»

Dans mes conversations avec les électeurs plus âgés, il n'est pas rare que l'on me parle de Jean-Claude Malépart, le député libéral qui a représenté le comté pendant une décennie avant l'arrivée de Gilles Duceppe. Une figure emblématique dans la communauté, dont la mémoire est préservée de diverses manières encore aujourd'hui, notamment à travers le Centre Jean-Claude-Malépart situé tout près du métro Frontenac.

christine poirier

Que ce soit dans le village gai, dans le quartier des spectacles, dans le quartier chinois, et même sur le Plateau - qu'on présente souvent comme un bastion du Bloc et du NPD, alors que la réalité sur le terrain est bien plus nuancée; le Parti libéral, après tout, a terminé deuxième derrière M. Duceppe pendant sept élections consécutives, jusqu'en 2008 - j'entends des gens me dire qu'ils veulent se débarrasser du gouvernement Harper, et qu'ils croient que le Parti libéral est le mieux placé pour y arriver.

Dans l'autobus 97 sur l'Avenue du Mont-Royal, un homme m'aborde : «Vous êtes Mme Poirier? Je vous reconnais! Vous avez frappé à ma porte sur la rue Rachel. Je vais voter pour vous! Vous allez gagner! Vous avez un bien beau bébé. Ça va vous donner de l'énergie, vous allez voir.» C'est tout à fait vrai. Ce sont aussi les rencontres avec les citoyens, comme lui et les milliers d'autres à qui j'ai eu la chance de parler, qui me nourrissent et me motivent. C'est pour eux et pour mes filles que j'espère avoir la chance de siéger à Ottawa.

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