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Est-il nécessaire de frustrer nos enfants?

12/10/2016 09:13 EDT | Actualisé 13/10/2016 10:29 EDT

Je souhaite que ce message fasse un écho fort, à ceux qui sont convaincus et à ceux qui ont besoin d'y croire. Aux sceptiques et aux réfractaires.

Les enfants ont les mêmes besoins que les adultes. Ils sont plus fragiles et moins expérimentés certes, mais ils ressentent les mêmes émotions que les nôtres encore plus franchement de par leur jeune âge. Ces émotions qu'on a essayé de nous faire oublier ou de minimiser, celles dont on n'a pas pu prendre soin pour mille raisons, souvent extérieures.

Mais cela partait de l'intention de nous protéger parce qu'on pensait que cela nous rendrait la vie moins dure, parce que s'endurcir permettrait de dépasser toutes les limites et se remettre de la vie si difficile. C'était une preuve d'amour, maladroite, mais tellement convaincue.

Donner à nos enfants ce dont on a manqué est un pont plein d'espoir pour guérir nos blessures.

Les enfants représentent la continuité, nos histoires sont liées aux leurs et pour réparer il est possible de sortir de ce qu'on a connu et qui n'a pas suffi. Remplir leur réservoir c'est aussi remplir le nôtre. Répondre à leurs besoins c'est aussi considérer les nôtres, ceux qui ont été négligés.

Notre sensibilité est notre plus grande force, notre meilleure boussole. Cultivons-la, apprécions-la. Ce n'est pas la sensibilité qui fait mal, c'est d'avoir été trop confronté à l'insensibilité des autres qui nous a fragilisés, un peu comme si notre vulnérabilité profonde n'avait pas été assez choyée et respectée.

Se rappeler qu'on est aimé sans condition aidera à surmonter plus facilement les impasses, parce qu'on sera plein de confiance et d'estime.

Nous avons entre les mains le pouvoir de proposer autrement, à notre échelle et offrir à nos enfants et notre petite voix intérieure l'amour, le respect, la douceur réconfortante qu'ils méritent tant et il est possible de chercher de l'aide lorsqu'on ne sait plus comment faire, parce que c'est souvent le problème, par où commencer, et comment reconnaître quand on n'a jamais fait autrement.

La frustration, le manque, l'isolement, la peur, sont des sensations qui ne peuvent pas se transformer en énergie positive. C'est au contraire, les soins, la présence, la considération, la confiance, l'empathie qui permettront de rebondir lorsqu'on sera confronté aux difficultés. Se rappeler qu'on est aimé sans condition aidera à surmonter plus facilement les impasses, parce qu'on sera plein de confiance et d'estime.

On pourrait se révolter, crier, taper contre une voiture qui n'avance plus en la privant d'essence, mais il y a peu de chance qu'elle se mette alors à fonctionner à toute puissance... L'essence par contre permettra qu'elle redémarre une fois la panne réparée.

La vie est frustrante, il n'est pas nécessaire de créer des situations frustrantes supplémentaires, et faire part à nos petits que nous-mêmes aussi sommes frustrés par certaines expériences, leur indiquera la possibilité et le droit de ressentir, si fort, ces émotions.

Retirer notre affection à nos enfants lorsqu'ils sont en peine, accentue et déplace le problème. C'est avec l'amour qu'ils construiront toute leur sécurité intérieure et pour qu'elle soit saine il faut offrir une affection stable, cohérente et durable qu'on ne négocie pas, qu'on ne marchande pas, qu'on ne privera pas.

On devient fort par la force, pas par la privation. On devient confiants grâce à la présence bienveillante et l'accompagnement de ceux qui nous aiment lorsqu'on trouve la vie un peu trop difficile. C'est un carburant pour l'estime.

Découvrez d'autres textes de Chloé Boehme sur son site web chloeboehme.com ainsi que sur sa page Facebook.

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