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Mettre fin au sexisme est de votre responsabilité, M. Peter Mackay

07/07/2014 12:03 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

Le sexisme est au-delà de l'ignorance du mâle. Il s'agit d'un problème culturel auquel, chaque jour, nous devons tous et toutes faire face que ce soit au travail, à la maison ou partout ailleurs. C'est un problème lié à nos perceptions et nos actes qui concerne aussi bien les hommes que les femmes. En tant qu'avocate et Sénatrice qui a récemment déposé le projet de loi S-217, visant à accroître l'égalité des sexes dans la direction des entreprises, je ne peux pas en rester là et me taire. Cette lettre est ma lettre, mais elle a été écrite et traduite par mes deux employés de sexe masculin. En tant que patron de mon bureau, j'en revendique la maternité ce qui signifie que j'en assume pleinement la responsabilité et toutes les conséquences parce que, au bout du compte, ce sont mes mots. Je ne me cache pas derrière mon personnel, indépendamment de leur sexe, lorsque je peux faire des erreurs.

Je suis une mère et une grand-mère. Durant ma carrière j'ai occupé des postes dans les secteurs privé et public. J'ai appris à me construire une carapace parce que je devais affronter le sexisme dans le monde du travail. C'était une réalité que nous avons eu à combattre, nous les femmes. Toutes les femmes de ma génération et moi pensons qu'il y avait là une grande injustice. Et nous continuons de penser que cette injustice est toujours aussi grande et qu'elle ne doit plus être tolérée. Aussi, ai-je décidé de prendre cette question à bras le corps dans mon travail sur la Colline du Parlement.

Le gouvernement conservateur affirme qu'il soutient une représentation plus équilibrée entre les hommes et les femmes dans les conseils d'administration au Canada. J'avoue être particulièrement perplexe en constatant que le ministre de la Justice estime que l'égalité entre les sexes n'est pas sa préoccupation. Le problème ce n'est pas seulement ces commentaires, mais leurs conséquences, puisqu'ils sont invoqués pour expliquer pourquoi les nominations judiciaires du gouvernement sont dominées par les hommes. Dans un effort pour esquiver la question, vous avez révélé, M. Peter Mackay, la raison pour laquelle l'équilibre entre les sexes pour les nominations judiciaires fait défaut. Il est évident que vous ne croyez pas qu'il est de votre responsabilité de faire face à cette question.

Le sexisme est une injustice. Il est du devoir du ministre de la Justice de faire face à ce problème, un devoir auquel vous avez manifestement renoncé. Je ne suis pas une citoyenne de seconde classe qui aurait pour seul plaisir celui d'accoucher et d'assurer la garde des enfants. J'estime que les hommes n'ont pas le droit de monopoliser le leadership et le pouvoir judiciaire de notre pays. C'est pourquoi j'ai déposé le projet de loi S-217pour que les conseils d'administration de certaines compagnies soient tenus d'avoir un minimum de 40% de leurs postes occupés par les deux sexes. Votre gouvernement, M. Mackay, refuse de légiférer pour améliorer l'équilibre entre les hommes et les femmes dans les conseils d'administration, bien qu'il affirme soutenir l'égalité entre les sexes. La réalité c'est que ce gouvernement n'a aucun plan pour améliorer l'égalité des sexes dans notre société. Échouer à bâtir un plan c'est planifier l'échec. Ce que vous avez réussi à démontrer, M. Mackay, c'est que vous ne répondez pas au problème. Pis : les lettres de votre bureau pour célébrer la fête des pères et des mères, reprises dans les médias, montrent que vous n'avez même pas pris la peine de corriger cette injustice dans la culture de votre propre ministère.

Dans un monde où existe l'égalité des sexes, les hommes aussi bien que les femmes prennent soin de leurs enfants et les femmes aussi bien que les hommes exercent un rôle de leadership et de direction. L'objectif du projet de loi S-217 est de faire en sorte que l'égalité des sexes devienne une réalité en imposant que le leadership soit équitablement assuré par les hommes et les femmes. Je suis heureux que vous soyez un nouveau père, mais j'espère qu'un jour vous aurez la joie d'avoir une fille ou une petite-fille. Peut-être alors comprendrez-vous qu'il est inacceptable pour un ministre de la Justice d'ignorer cette injustice qu'est le sexisme.

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