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Quand il faut se battre...

19/04/2016 11:40 EDT | Actualisé 20/04/2017 05:12 EDT

Ma mère est hospitalisée depuis le 2 mars dernier pour de l'eau sur ses poumons. Mais à son âge, elle a plusieurs autres problèmes de santé et ce n'est pas facile de balancer tout ça. Au cours des trois dernières semaines, son état a été en dents de scie. Un bon jour, un mauvais jour... avec plus de mauvais jours que de bons jours.

Mercredi, le 25 mars, l'hôpital m'appelle sans arrêt. Je suis au travail. Je ne peux répondre. Inquiète, je les rappelle dès que je peux.

«Votre mère sort demain. Il faut venir la chercher...»

«Quoi?»

Elle a eu trois meilleures journées, et hop! on la sort. Surtout que c'est Pâques, les malades doivent sortir. Les budgets doivent être respectés. Ce n'est pas dit, mais c'est ce que je sens.

Ma mère a de la difficulté à marcher 10 mètres. Elle en a près de 60 à marcher pour se rendre à la salle à manger de sa résidence. Elle tousse toujours. Elle est essoufflée seulement à parler.

Quand j'avais parlé à la travailleuse sociale quelques semaines auparavant, on devait faire un plan pour sa sortie, s'assurer qu'elle pouvait retourner dans son milieu de vie. Tout oublié. Vite, elle doit sortir.

Le pire, c'est que personne ne m'a appelée ou donné rendez-vous pour me faire état de sa santé, des examens passés et des résultats obtenus. Elle doit juste sortir... ça fait assez longtemps et c'est Pâques. Le temps supplémentaire, ça coûte cher.

Ce n'est pas dit, mais c'est ce que je sens.

Ce qu'on oublie, c'est que la seule personne qui va devoir prendre le relais, c'est moi. Et je ne coûte rien. C'est si facile de culpabiliser la famille. De leur faire prendre le relais alors que le patient n'est même pas prêt à sortir de l'hôpital.

Je l'ai fait. Trop fait. Car ma mère a été hospitalisée au moins 15 fois dans les 10 dernières années. Cette fois, j'ai dit non.

Non.

Elle n'était pas contente, la travailleuse sociale.

Pas grave. C'est non.

Elle m'a obtenu un rendez-vous avec son médecin pour faire un bilan de la situation, pour me convaincre que tout est ok. Entre temps, j'ai appelé l'ombudsman de l'hôpital. Il y a sûrement eu un branle-bas de combat, car lorsque je suis arrivée au rendez-vous à 16 heures, tous étaient à l'heure et... très conciliants.

On a fait le bilan. On a fait un plan de continuation de traitement et de physiothérapie. On a fait un plan pour obtenir des services au CLSC à son retour. On a clairement établi que je ne serais pas la personne responsable pour tout, parce que sinon, ça serait à mon tour d'être hospitalisée sous peu.

Pour son bien, et pour le mien, et pour éviter des va-et-vient, ma mère va rester au moins une autre semaine à l'hôpital. J'ai un rendez-vous de bilan avec le médecin jeudi prochain. Les choses vont enfin se faire correctement. Du moins, on l'espère.

Quelle bataille! Mais j'ai gagné.

Je suis épuisée... Imaginez si je n'avais rien dit!

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