Catherine Lefebvre

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Laurier Gordon Ramsay

Publication: 16/02/2012 15:38

Lorsque Patrick White m'a demandé d'aller couvrir l'ouverture oh combien médiatisée du Laurier Gordon Ramsay, à 24 heures d'avis, au mois d'août dernier, je me sentais privilégiée, mais aussi stressée. Sur place, un château fort de relationnistes protégeait la star, qui apposait son nom pour une première fois en sol canadien.

J'ai donc attendu mon tour patiemment et bravé la foule de journalistes, blogueurs et curieux, pour enfin tomber sur un Gordon Ramsay chaleureux et paisible -- rien à voir avec son personnage qui pogne les nerfs si la mayonnaise de l'apprenti-chef a le malheur de casser. C'est avec cette même chaleur qu'il me parlait de son coup de foudre pour Montréal, pour l'institution, l'authentique Laurier BBQ. Il semblait sincère en me disant qu'il (son entreprise) voulait remettre l'institution sur le piton, changer quelques façons de faire en cuisine, afin de redonner le petit « hmpf » qui s'était égaré au fil du temps, de ses 75 ans. Est-ce que ce n'était que de la comédie pour jouer les amuseurs de rue devant le tsunami médiatique? Aurait-il fallu que des violons accompagnent ses grandes intentions, alors qu'elles étaient probablement déjà bien à côté de celles de l'équipe montréalaise?

À peine six mois plus tard, la rôtisserie de quartier remercie le célèbre cuisinier pour son absence, tant physique que de vision dans la nouvelle vie du Laurier BBQ. Coup de théâtre? Ça dépend. Quelles étaient les ententes entre les deux parties au départ? Est-ce que les gestionnaires montréalais s'attendaient vraiment à voir Gordon Ramsay venir manger du poulet une fois par mois par simple contrôle de qualité? À quelle fréquence va-t-il casser la croûte dans sa trentaine de restaurants éparpillés aux quatre coins de la planète?

Si la vision des dirigeants montréalais n'allait pas du tout dans le même sens que celle de l'empire Gordon Ramsay, tant pis pour lui. De toute façon, je doute que ça change grand-chose dans sa carrière et cela laissera plus de liberté aux propriétaires pour gérer l'institution à leur façon. C'est tant mieux, non?

Ceci dit, est-ce que le Laurier BBQ aurait pu se relever aussi rapidement sans lui? On ne le saura jamais. Mais, une chose est sûre, si la rôtisserie affiche souvent complet, c'est bien en grande partie grâce au chef Guillermo Russo. Celui qui était dans l'ombre lors de l'ouverture, aucun relationniste à ses trousses, pas même un semblant de file d'attente de journalistes. Certes, il a épaté le clan Ramsay dès sa première « audition culinaire », mais c'est quand même lui qui est là, sur place (presque) tout le temps. Il me disait justement, en août dernier, que son plus grand souhait dans toute cette aventure était de « plaire aux gens d'ici », ceux qui ont le temps de venir manger du poulet rôti, finalement. Mission accomplie, vu les files d'attente fréquentes aux portes de l'institution outremontaise, mais il semble que M. Russo aurait quitté les fourneaux du Laurier, avant même M. Ramsay (merci à Lesley Chesterman pour le tuyau).