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Le PQ doit rester fidèle aux rêves qui l'ont enfanté

10/10/2014 08:56 EDT | Actualisé 10/12/2014 05:12 EST

Dans la foulée des premiers balbutiements de la course à la direction au Parti québécois, qui s'annonce pour le moins tumultueuse, le député de Verchères, Stéphane Bergeron, nous offrait samedi 4 octobre une bouffée d'air frais avec la parution d'un texte appelant à «garder ouvertes les voies de l'avenir».

M. Bergeron soulève en effet l'importance que revêt la présente course quant au positionnement futur du PQ sur l'échiquier politique. S'il veut prétendre au titre de parti fédérateur de tous les indépendantistes québécois et espérer aller faire des gains plus larges dans la population, le Parti québécois doit en effet défendre son option non seulement avec crédibilité, mais avec confiance, une lacune qui s'est avérée coûteuse lors de la dernière campagne. Ainsi, toute proposition tendant à faire la démonstration que l'indépendance soit facultative, ou tout simplement moins urgente, doit absolument être évitée. L'indépendance est incontournable pour assurer un avenir culturellement et économiquement prospère aux Québécois et on doit y travailler sans relâche jusqu'à ce qu'elle soit réalisée.

Une course d'une durée de huit mois ne sera pas de tout repos, c'est le moins qu'on puisse dire. Ne reste plus qu'à leur souhaiter - à eux et à nous - que la course à la chefferie du PQ demeure respectueuse. Au final, même si son issue paraît déterminée à l'avance, j'espère qu'elle permettra le véritable brassage d'idées dont le Parti québécois a grandement besoin. J'aimerais d'ailleurs souligner l'apport des différents candidats pressentis, qui ont tous indubitablement leur place dans le débat.

Jean-François Lisée est un homme d'une intelligence remarquable, en plus d'être très sympathique, contrairement à l'image qui lui est souvent accolée. C'est en lisant religieusement son blogue et en assistant à plusieurs de ses conférences que j'ai eu envie de m'impliquer au sein du mouvement indépendantiste et, ultimement, de commencer à écrire à mon tour. Ses idées pragmatiques sont toujours la bienvenue puisqu'à l'instar de Jean-Martin Aussant, il s'adresse à l'intellect des gens. Grâce à lui, le débat public se voit sans conteste rehaussé.

Alexandre Cloutier est non seulement doté de son caractéristique charisme, mais il a le courage d'aborder des problématiques importantes au sein du mouvement indépendantiste. Parmi elles, notons la difficulté d'aller rejoindre les nouveaux arrivants. Les initiatives en ce sens mises de l'avant par M. Cloutier seront à noter à grands traits. Il est temps que le Parti québécois rebâtisse les ponts avec les communautés culturelles, notamment suite à l'épisode de la Charte des valeurs québécoises.

Martine Ouellet semble vouloir privilégier un message clair sur l'indépendance et, après des années de tractation au Parti Québécois, l'on ne saurait trop l'en remercier. Son positionnement sur l'austérité mise de l'avant par le gouvernement libéral est de surcroît plus que nécessaire. L'indépendance doit permettre l'amélioration du niveau de vie de chaque Québécois. Mme Ouellet saura certainement en faire la démonstration rigoureuse, comme son travail de grande qualité l'illustre à chaque occasion.

Bernard Drainville est un homme sincère et accessible, près des gens. Alors que ces dernières années, les militants se sentaient moins influents que jamais au sein du Parti québécois, j'ai bien l'impression que M. Drainville se fera une priorité de leur redonner la place qui leur revient dans le parti et ce, pour le mieux. Cela est sans compter son expérience à l'international qui lui confère une expertise des plus intéressantes.

Pierre-Karl Péladeau a tout pour devenir une pointure politique importante. Personnage aussi mystérieux que puissant, il apporte une crédibilité indéniable au PQ sur le plan économique. En Écosse comme au Québec, puisque l'économie demeure la corde sensible sur laquelle on peut susciter la crainte fatale faisant pencher la balance en faveur du statu quo dans un contexte référendaire, M. Péladeau représente un atout incontournable pour le futur du parti, on ne saurait le nier.

Bien entendu, tous les candidats pressentis ont leurs forces telles qu'évoquées ci-haut, mais également leurs faiblesses. Je me suis ici concentrée sur les premières, car quant à moi, j'ai déjà pris ma décision dans cette course: je demeurerai publiquement neutre. Il n'est pas dans mes habitudes de me défiler lorsqu'un choix se présente à moi, particulièrement lorsque ce choix peut avoir des conséquences importantes sur la poursuite de l'option pour laquelle je milite depuis déjà plusieurs années. Cependant, cette décision est, je le crois, empreinte de sagesse dans la mesure où je souhaite représenter le Bloc québécois dans la circonscription de Montarville lors de la prochaine élection fédérale, prévue l'an prochain.

Au Bloc Québécois, l'année 2014 nous a déjà apporté une course à la direction fratricide. Très impliquée au sein de l'équipe de Mario Beaulieu, je n'ai vu que de trop près les conséquences d'un tel déchirement interne pour avoir envie de m'y replonger. Surtout, considérant l'élection cruciale que représentera le scrutin de 2015 en ce qui a trait à la présence d'indépendantistes sur le front d'Ottawa, les candidats du Bloc ne peuvent à mon sens pas se permettre de jouer dans les divisions qui pourraient affecter leur propre campagne électorale, d'autant plus que la course au PQ risque de se terminer au même moment si Stephen Harper décide de déclencher l'élection fédérale au 1er mai tel que lui permet la Loi électorale du Canada, malgré l'échéance à date fixe prévue le 19 octobre.

Au contraire, tous les indépendantistes doivent être unis derrière le Bloc québécois si le parti veut espérer faire des gains et retourner à son statut de parti politique officiellement reconnu à la Chambre des communes et ainsi, récupérer ses moyens dans le but de faire progresser le mouvement indépendantiste vers l'atteinte de son objectif. C'est ce à quoi je consacrerai toutes mes forces.

À mes amis au Parti québécois, je vous souhaite donc une bonne course. Et, comme le disait Pierre Bourgault dans un pour le moins célèbre discours de 1971, n'oubliez jamais : « La respectabilité, ce n'est pas une image, c'est ce à quoi on arrive quand après des années, on se retrouve fidèle à ses objectifs du début, fidèle à ses principes du début et fidèle à ses rêves du début. [...] Et c'est ce que je voudrais que le Parti Québécois fasse : rester fidèle aux rêves qui l'ont enfanté. »

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