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Êtes-vous tombés sur la tête?

15/07/2016 10:47 EDT

Ça m'est arrivé. Et plus d'une fois! Deux épisodes sans souvenirs... ou du moins flous... en vélo, sans casque! Je filais d'un point a ou point b, d'une raisonnable proximité. Prise d'un laxisme de sécurité, c'est à l'hôpital que j'ai passé la journée. Les responsables: une portière de voiture et un «hit and run». À la mauvaise place, au mauvais moment...

Scénario un: on me dit commotion. Scénario deux: traumatisme crânien. Idem... et donc, dans les deux cas, repos forcé! «Et pour combien de temps Monsieur le Docteur? Ma tête a besoin de bouger pour ne pas s'étouffer avec ses pensées!»

J'avais beau débattre, rien n'y faisait. Prescription sans négociation: couchée, mais éveillée, pour la journée.... passe encore. Mais repos prolongé jusqu'à ce que disparaissent tous signes et symptômes allant de la confusion, au manque d'équilibre en passant par un besoin de dormir plus pressant qu'à l'habitude. Ouf!

Malheur le repos! Et c'est pourtant bien ce qu'il faut...

Petit guide 101 de la gestion des commotions...

Sur le front des commotions

L'enjeu des commotions a été - pendant des années - ignoré, voire sous-estimé. Il n'y a pas si longtemps, un athlète subissait un coup à la tête et reprenait aussitôt le chemin du terrain de jeu. Maintenant qu'on en connaît plus sur la question, le problème - heureusement - ne passe plus inaperçu. Mais on en parle souvent que dans une perspective de sport professionnel (hockey et football)... Et pourtant, ces sports n'ont pas le monopole des commotions.

Les commotions n'épargnent personne... Une vilaine chute... puis nous y sommes. Selon Statistique Canada, c'est ainsi près de 23 000 jeunes Canadiens qui sont victimes de traumatismes crâniens par année. Il est donc bon de savoir les identifier et les gérer!

«60 % des athlètes amateurs disent avoir ressenti - au cours d'une saison - des signes et symptômes reliés aux commotions!»

Dans le milieu sportif

Le problème touche les athlètes de toutes les disciplines sportives. Dans un contexte souvent plus exigeant, compétitif et plus musclé qu'il l'était dans le passé.

Selon le chercheur et spécialiste Dave Ellemberg, des recherches indiquent que 20% des athlètes amateurs vont admettre avoir fait une commotion sur un délai d'une saison. Par contre, ce chiffre s'élève considérablement quand on pause la question autrement. Ainsi, 60 % des athlètes amateurs disent avoir ressenti - au cours d'une saison - des signes et symptômes reliés aux commotions!

Le problème est donc bel et bien réel, mais difficile à chiffrer. Quoi qu'il en soit, il faut s'en occuper.

Qu'est-ce donc qu'une commotion?

On peut la décrire comme une tempête chimique qui se produit au niveau cérébral. Lors d'un choc, le cerveau se déforme, des fibres nerveuses se rompent en heurtant les parois internes du crâne. Le cerveau va ainsi percuter la boîte crânienne créant un «orage interne» qui n'est pas sans laisser de traces.

Comment savoir si on est victime d'une commotion?

Pour qu'il soit question de commotion, il y a d'abord un choc auquel s'additionnent des signes externes et des symptômes internes. Il est à noter qu'une commotion peut survenir sans que le choc ou le coup n'impacte directement la tête.

On parle de commotion quand on peut observer ce qui suit:

1) un coup violent à la tête / ou qui résonne jusqu'à la tête.

2) certains des signes externes suivants: confusion / amnésie / perte de connaissance (10% des cas seulement) / perte de concentration / regard vide, etc.

3) certains des symptômes suivants: maux de tête / nausées / étourdissements / vomissements / bourdonnements / manque d'équilibre et de coordination, etc.

Une constellation de signes et symptômes de cette nature suffisent donc pour dire qu'il est question de commotion.

Règles d'or post commotion:

Pour s'en remettre sans obstacle, il faut religieusement adopter ce qui suit:

Règle #1: Après une commotion, c'est le repos complet qui est prescrit. Complet! Jusqu'à ce qu'on n'ait plus de symptômes. Pas de travail, pas de sport, on demeure, le temps nécessaire, en mode repos total.

Règle #2: Par la suite, on opère un retour progressif: physique et cognitif. Mais pas proprement sportif. Si les symptômes réapparaissent, on revient en mode pause.

Règle #3: Quand on voit qu'on n'a plus de symptômes, on reprend les efforts mentaux et physiques. Si à la reprise on voit qu'on n'a toujours pas de symptômes, c'est dire qu'on a résolu notre problème.

Retour rapide et déni collectif

Les études indiquent clairement qu'un retour trop rapide prolonge la récupération qui peut passer de quelques semaines à plusieurs mois. Notons par ailleurs que les athlètes - théoriquement - et vu leur forme physique hors du commun, peuvent récupérer jusqu'à 3 fois plus rapidement que le commun des mortels. Pensons au cas d'Hugo Barrette par exemple. Après un sévère accident sur la piste de Cali, il rembarquait sur son vélo, près de trois semaines après, pour reprendre ses activités sportives avec la fougue qu'on lui connaît.

Si le cerveau est toujours en tempête et qu'on reprend trop rapidement, au moindre impact on aura 5 à 7 fois plus de chances de refaire une seconde commotion. C'est un pensez-y-bien...

Au rayon des bonnes nouvelles

Le Québec est la première province à s'être doté d'un rapport sur les commotions cérébrales et d'un plan d'action conséquent axé sur la prévention, la sensibilisation et la gestion du problème.

On est sur la bonne voie... mais cela ne veut pas dire de circuler sans casque!

À consulter:

Les Commotions cérébrales dans le sport. Épidémiologie silencieuse David Ellemberg, aux éditions Québec livre

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