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Cancer: être acteur de sa propre guerison

19/12/2016 08:29 EST | Actualisé 19/12/2016 08:29 EST

Quand on est atteint d'un cancer, on peut avoir l'impression de ne pas avoir de choix, que les circonstances de notre vie décident pour nous. Quand c'est le cas, on se situe en victime de la maladie.

Une fois malades, trop d'entre nous oublient qu'ils peuvent participer à leur propre guérison. On omet d'ailleurs de reconnaître qu'on a, bien malgré soi, participé à l'arrivée de la maladie. Comme notre style de vie: alimentation, fatigue accumulée, manque d'exercice, stress, etc. - contribue à nous rendre malades, le fait de le changer participe à notre mieux-être et même, à notre guérison. Même quand il s'agit du cancer, des choix s'offrent à nous. Des choix qui détermineront la suite des événements.

Si le cancer qui nous habite nous apparaît comme un mauvais coup du sort, comme si on avait tiré le mauvais numéro à la loterie de la vie, la notion de responsabilité nous échappe complètement (il faut dire qu'il est délicat de parler de responsabilité dans des situations semblables parce que la responsabilité est facilement, et à tort, amalgamée à la culpabilité). Il ne s'agit pas pour le malade de se sentir coupable de ce qui lui arrive, mais bien de faire une analyse rétrospective afin de voir ce qui, dans son histoire et ses habitudes de vie, a pu participer à créer dans le corps des cellules dégénérées. Les deuils, les séparations, les enjeux relationnels intimes et professionnels participent tous, à notre insu, à la lente création de la maladie. Ajoutons à cela la malbouffe, la fatigue et le rythme effréné dans lequel nous vivons - sans parler des antécédents familiaux -, et nous avons plusieurs ingrédients essentiels pour, le temps aidant, nous rendre malades. Les statistiques des taux de cancers à la hausse témoignent d'un problème qui, bien qu'étant ancien, ne cesse de s'accroître depuis les dernières décennies.

Pour certains malades, le fait d'avoir l'option de décider de recevoir ou non un traitement prescrit par leur oncologue ne se pose même pas. Ces options sont simplement inexistantes pour eux et c'est la possibilité même d'une remise en cause des traitements qui les surprend. En général, ces personnes ne sont pas conscientes de ce qui a pu contribuer à créer leur cancer. Elles souffrent, impuissantes face aux multiples impacts et inconforts liés à la maladie, étant souvent complètement assommées par leur diagnostic.

Pour d'autres, il en va tout autrement. Le cancer se présente comme un autre défi que la vie leur propose. Une panoplie de questions s'alignent et s'entrechoquent en eux, cherchant des réponses fiables, logiques et intelligibles. Après tout, il s'agit de leur corps et de leur santé ! Qu'y a-t-il de plus légitime que de vouloir prendre sa santé en main et participer à sa propre guérison ? Rien, bien sûr ! Pourtant dans les faits, il faut avoir le moral solide pour faire face au corps médical et à l'éventail de peurs et de réactions qui se présentent à nous quand on choisit de questionner puis, parfois même de refuser les protocoles recommandés. On a beau arriver préparé avec notre liste de questions, ça ne veut pas dire qu'elles recevront des réponses. Certains médecins préfèrent d'ailleurs refiler la tâche de répondre à leurs collègues.

Pour le malade «responsable» il est important de comprendre ce qui lui arrive et de savoir ce qui l'attend. Ça suppose d'être situé en deçà des peurs qui se manifestent, naturellement. Il faut faire face au fait que la plupart des oncologues ont tendance à présenter les traitements en banalisant leurs effets secondaires afin de ne pas effrayer les patients. Ces patients, qui sont déjà ébranlés par un diagnostic comportant le mot «cancer», n'ont souvent ni la force ni la répartie pour faire face à un différend avec leurs médecins. Ça implique pour eux de faire des recherches et des lectures variées s'il veulent comprendre ce qui leur arrive et, surtout, s'il souhaitent parvenir à trouver les réponses à leurs questions.

Ce qui reste surprenant et même incongru, c'est que lorsqu'il s'agit des objets que nous achetons et utilisons, nous n'hésitons pas à suivre le mode d'emploi nous expliquant l'entretien nécessaire afin de conserver l'objet en bon état aussi longtemps que possible. Qu'on parle d'une voiture ou d'un fer à repasser, les instructions sont précises. Pourtant, quand il s'agit du bon entretien de notre corps, les patients comme les médecins ne semblent pas accorder tellement d'importance à l'alimentation, à l'activité physique et au bien-être psychique. Côté bouffe, il n'y a presque rien à éviter et on peut continuer de manger des steaks frites et des burgers tant et aussi longtemps qu'on reçoit de la chimio. Curieux non ? Pourtant, plusieurs médecins américains et européens affirment, cas de rémissions à l'appui, qu'un changement de style de vie incluant une nutrition spécifique, de l'exercice et l'introduction de la méditation dans la vie quotidienne favorise et participe à la guérison.

Il va sans dire qu'il est favorable traverser cette époque de notre vie en étant accompagné d'une aide qualifiée. Ce cheminement fait partie de la guérison. Il est aussi important de trouver un médecin en qui nous ayons confiance et avec qui nous puissions parler librement. Le fait de consulter pour explorer les fardeaux affectifs que nous portons - souvent depuis des années -, et de se délester des émotions lourdes et néfastes qui nous habitent, est essentiel. Cette démarche permet aussi de prendre le recul nécessaire afin de pouvoir faire des choix aussi objectifs que possible.

Un des bénéfices collatéraux qui vient avec le fait d'avoir un cancer est cette occasion unique de s'accorder l'importance qu'on a négligé de se donner pendant tant d'années en étant souvent trop occupé à prendre soin des autres ou à performer. La maladie peut alors devenir un privilège déguisé, qui nous permet de voir ce qui nous échappait depuis si longtemps et de recréer l'équilibre perdu.

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