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Le mythe du bonheur, la Génération X et la crise de la quarantaine

La crise de la quarantaine est cette période de confusion ou de bouleversement où nous nous remettons carrément en question.

22/10/2017 08:00 EDT
Getty Images
Les expériences des générations passées ne prédisent nullement nos choix présents… bien au contraire, nos observations nous sont sources de sagesse.

Le 10 octobre 2010, j'entamais une toute nouvelle aventure avec la création d'un blogue appelé TheNewHappyMe. En partageant mes expériences en croissance personnelle, je pensais transformer dans le bonheur et le positivisme... J'avais 39 ans. En rétrospective, je vivais plutôt un début de crise de la quarantaine.

La réalité des milléniaux fait la une depuis quelque temps, mais qui parle de leurs parents? Prise entre la richesse matérielle des baby-boomers et un changement radical des valeurs centrales chez les plus jeunes, la Génération X en pleine mi-vie commence à se questionner. Qui suis-je?

Le mythe du bonheur – une définition erronée?

En début de carrière en coaching de vie, je misais sur les objectifs et j'aidais mes clients à travailler vers des buts concrets. Nous avons célébré maintes réussites au fil des années! Tout allait bien, mais j'avais l'impression de toujours avoir à atteindre le prochain jalon, personnellement et avec mes clients. Ce n'est qu'en deuxième certification en coaching (j'en remercie Gabriela Embon Académie du Coaching pour ce concept libérateur) que j'ai finalement compris pourquoi la recette ne pouvait produire un contentement durable.

En effet, l'expérience de vie de la Génération X peut se traduire par une formule qui englobe fondamentalement notre définition courante du bonheur.

Effort (à l'école, en carrière) => Réussite => BONHEUR

Le bonheur est ainsi attaché à une certaine réussite, ou plutôt à des réussites consécutives, elles-mêmes directement liées et proportionnelles à l'effort investi. Le bonheur est donc un effet causal et ne peut se vivre indépendamment dans le présent.

En plus du lourd fardeau qu'impose cette formule sur l'individu, ajoutons la panoplie de sentiments qui ne peuvent que compliquer le scénario. Le regret, la culpabilité, la critique, le jugement, le désespoir et l'envie ne sont que quelques bâtons dans les roues du bonheur. Ce que nous appelons réussite n'est qu'une vérité perçue et souvent précaire.

Une implosion s'ensuit et se manifeste parfois par des symptômes criants... c'est la crise de la quarantaine.

Chez mes pairs de la Génération X, le statu quo est très souvent bouleversé par un événement déclencheur qui éclate cette équation, comme la séparation ou le divorce, le décès d'un être cher ou la perte d'un emploi, entre autres. Rien ne va plus. Une implosion s'ensuit et se manifeste parfois par des symptômes criants... c'est la crise de la quarantaine.

Comment se fait-il que cette formule à la base de notre existence, et pourtant si logique puisse nous mener vers une impuissance et une confusion totale face à notre avenir?

Une nouvelle formule pour le bonheur alors?

Qu'arriverait-il si nous simplifions la formule du bonheur, si celui-ci ne dépendait de rien d'autre que notre appréciation du quotidien? Osons proposer la suivante:

BONHEUR => Réussite => Actions

Pour celui ou celle qui trouve le bonheur dans le moment présent, nous déclarons la réussite. En effet, existe-t-il une meilleure définition de la réussite qu'une stabilité joyeuse?

Ajoutons à la formule ce qui s'ensuit: les actions, c'est-à-dire tout ce en quoi l'individu investit temps, argent et énergie par désir, par amour et par passion. Vous voyez alors comment le cycle du bonheur se perpétue dans les expériences de vie que nous créons, incluant dans nos relations interpersonnelles, dans nos loisirs et même dans notre travail. J'ose ajouter ici que dans le bonheur, l'action de contribution devient un élément important de l'expérience humaine. De quoi réfléchir!

La crise de la quarantaine devient alors une belle opportunité

La crise de la quarantaine est cette période de confusion ou de bouleversement où nous nous remettons carrément en question. Qui suis-je? ... et que fais-je de ma vie?

La Génération X se souvient de l'expression « crise de la quarantaine » ou « midlife crisis » en s'illustrant la folie de l'individu qui décide de tout lâcher pour partir à l'aventure, qui laisse tomber ses responsabilités pour agir en ado, qui renonce à une vie familiale ou de carrière parce qu'il n'y trouve plus la satisfaction. Dans un moment de délire, il semble, la personne vit une transformation radicale, souvent mal perçue.

Elle est la culmination de maintes années de silence, d'une acceptation de la vie telle qu'elle a été présentée sans se questionner, de la réalité amère d'une routine qui garde tout de même dans une zone de confort très familière.

Cette crise a une raison d'être pourtant. Elle est la culmination de maintes années de silence, d'une acceptation de la vie telle qu'elle a été présentée sans se questionner, de la réalité amère d'une routine qui garde tout de même dans une zone de confort très familière. Tout a l'air bien, jusqu'à ce que ça éclate!

Les expériences des générations passées ne prédisent nullement nos choix présents... bien au contraire, nos observations nous sont sources de sagesse. Voici la belle opportunité pour la Génération X de se démarquer dans sa clairvoyance. La crise de la quarantaine n'est plus un acte de démence, mais bien l'occasion de se redécouvrir et de s'épanouir.

La crise se présentera toujours comme une période de bouleversement, parfois pénible, mais la prise de conscience fait toute la différence. La responsabilisation personnelle, la communication ouverte, le support d'autrui (de professionnels lorsque nécessaire) mènent à la redécouverte de soi, à la compréhension des besoins et des désirs qui motivent la croissance personnelle, et à une perception de la vie améliorée où le bonheur existe dans le présent et où vivre une vie heureuse, c'est la définition même de la réussite. Il est ainsi possible de braver la tempête.

Je l'ai fait, je sais que c'est possible de surmonter la crise, et plus encore, je sais qu'il est nécessaire pour nous, la Génération X, d'entamer ce travail important qui nous a été légué. Nos enfants nous regardent... nous avons de quoi à leur apprendre... ne serait-ce que la vraie définition du bonheur.

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