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Soins aux réfugiés: Harper n'est pas au-dessus des lois

12/02/2015 10:56 EST | Actualisé 14/04/2015 05:12 EDT

Le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) est un programme permettant d'assister les réfugiés arrivant au Canada en leur assurant la couverture des soins médicaux jusqu'à leur prise en charge par les provinces et territoires. En juin 2012, le gouvernement Harper a pris la décision de modifier dramatiquement le PFSI. Plutôt que de mettre l'accent sur l'amélioration des soins de santé pour l'ensemble de la population canadienne, le gouvernement a choisi de décimer les services disponibles à certains des membres les plus vulnérables de la société, les réfugiés.

Cette décision a eu pour effet de bloquer l'accès à la médecine préventive et aux soins médicaux essentiels non urgents pour plusieurs catégories de réfugiés. Parmi les services non couverts se retrouvaient par exemple les soins prénataux et obstétriques. Pour les patients en provenance d'un pays considéré sécuritaire («pays d'origine désignés») par le ministère de l'Immigration et de la Citoyenneté, seuls les soins pour des conditions mettant en danger la santé publique seraient désormais couverts.

Même en faisant abstraction des considérations éthiques, la restriction de l'accès à la médecine préventive ne fait que retarder le recours aux services de santé jusqu'à ce que des soins urgents, bien plus dispendieux, soient requis. La médecine préventive réduit les coûts associés aux maladies chroniques et aiguës qui, en l'absence de traitement adéquat, peuvent mener à des complications sévères. Ces complications représentent un coût majeur pour notre système de santé. Ces coupes, extrêmement complexes, ont également entrainé un cauchemar administratif pour les professionnels de la santé offrant leurs services aux réfugiés, certains refusant même de recevoir des réfugiés toujours couverts par le PFSI dans leur clinique, de peur de ne pas recevoir de compensation pour les soins donnés.

Les changements au PFSI introduits par le gouvernement Harper en 2012 ont été jugés par la Cour fédérale en juillet 2014. Considérant que les modifications apportées entraînaient des traitements «cruels et inhabituels», le jugement rendu a donné quatre mois au gouvernement Harper pour remettre en place le programme du PFSI. La Cour fédérale a également statué contre la demande d'extension de délais faite en octobre dernier, mais le gouvernement Harper n'a pas remis en place le PFSI tel que demandé par la Cour fédérale. Il a plutôt décidé de créer un programme temporaire, restaurant les bénéfices de certains réfugiés, alors que d'autres se les voyaient encore refuser, violant ainsi l'ordre de la cour.

Bien que ceci soit un grand succès pour les réfugiés nouvellement couverts par le nouveau programme temporaire, incluant tous les enfants et les femmes enceintes, ces changements laissent toujours plusieurs réfugiés sans protection. De plus, les changements annoncés sont clairement identifiés comme faisant partie d'un programme temporaire, laissant un doute sur les intentions du gouvernement Harper de respecter les exigences de la Cour fédérale.

Alors qu'il met en œuvre ces mesures temporaires, le gouvernement Harper porte la décision de la Cour fédérale en appel. Bien qu'il soit en droit de le faire, personne, pas même le gouvernement, n'a le droit d'ignorer un jugement. Le gouvernement Harper doit se plier aux mêmes lois que chaque citoyen canadien. En refusant de se soumettre aux exigences de la cour, il fait preuve de mépris envers notre système de justice.

Si le gouvernement Harper ne respecte pas la loi canadienne, que va-t-il respecter? Une campagne électorale est à nos portes. Il est de notre devoir en tant que citoyens canadiens de rappeler au gouvernement Harper qu'il n'est pas au-dessus des lois. Il est de notre devoir d'élire un gouvernement qui prendra des décisions intelligentes et mettra en place des politiques basées sur des faits, qui correspondent aux valeurs canadiennes, incluant la compassion pour les plus vulnérables de notre société.

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