Cameron Fenton

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La révolution tranquille de notre génération doit être verte et rouge

Publication: 22/04/2012 15:28

Aujourd'hui, le mouvement étudiant québécois, si créatif et engageant, s'engage à tisser son chemin à travers la marche pour le Jour de la Terre à Montréal, fusionnant rouge et vert pour symboliser ses demandes pour un gel des frais de scolarité avec un respect pour la planète et ceux qui sont le plus touchés par les changements climatiques. Espérons que leur rencontre ne sera pas passagère, mais que la connexion s'approfondira et fleurira.

Le Canada a historiquement été divisé par des solitudes de nation, de religion et de langue, mais il n'y pas deux solitudes aussi importantes à surmonter aujourd'hui que celles-ci : la lutte contre une économie injuste et la lutte contre les changements climatiques.

Il n'a jamais été aussi urgent de faire ce lien. La vieille mentalité nous dit qu'il faut aborder ces enjeux séparément : laissons les environnementalistes traiter de l'environnement puis laissons les travailleurs et les étudiants se préoccuper de l'économie. Mais une mentalité émergente nous indique que c'est un même combat, parce que les crises climatiques et économiques ont la même racine : la priorisation du profit avant le bien-être de la population et de la planète.

Cette réalisation doit constituer la révolution tranquille de notre génération.

Si des étudiants carrément dans le rouge est un signe que le modèle économique les laisse tomber, alors les changements climatiques sont une terrible expression - l'ultime alerte rouge - que l'économie actuelle laisse tomber notre planète. Ce modèle économique qui célèbre la cupidité par-dessus tout n'aura pas seulement comme effet de rendre l'éducation inaccessible, il finira par faire de la Terre une planète inhabitable.

Ça nous dit : chacun pour soi, c'est aux étudiants d'assumer le fardeau ; et laissons à leur sort les gens de partout sur la planète qui souffrent déjà des inondations, des tempêtes et des mauvaises récoltes induites par les changements climatiques.

Le modèle économique néo-libéral qui commercialise l'éducation est le même modèle qui transformera la vallée du Saint-Laurent en zone de fracturation dédiée à l'industrie du gaz de schiste ; qui sacrifiera le Nord du Québec aux compagnies minières et forestières les plus offrantes ; qui transformera le golfe de Saint-Laurent en site de pompage de pétrole ; et qui fera que la province deviendra un templin est pour les sables bitumineux de l'Alberta, une véritable bombe de carbone.

La science nous indique que ce modèle du statu quo - de croissance et de cupidité perpétuelles puis d'expansion et d'extraction constantes - ajoute tellement de carbone dans l'atmosphère que les changements climatiques cataclysmiques sont certain de devenir une réalité. Cette science nous pousse à trouver des alternatives.

Les réelles solutions à la crise climatique viendront de la création d'une économie au service de tout le monde et de notre environnement ; de l'élimination des inégalités grandissantes ; du financement d'un secteur public fort et en santé qui inclut le transport en commun et la gratuité scolaire ; de la création des bons emplois verts qui diminuera notre dépendance sur les combustibles fossiles ; et de la prise en main, voir le recadrage, du pouvoir abusif des corporations et des banques qui profitent de la privatisation de nos écoles et de la pollution de notre planète.

On doit mettre fin au règne du pétrole à Ottawa, et de son influence à Québec. Le gouvernement fédéral donne 1.4$ milliards par année aux sociétés pétrolières parmi les plus riches et polluants de la planète. Une telle distribution pourrait fonder un système d'éducation gratuite à travers le Québec et le Canada.

Le réchauffement de la planète ajoute une grande urgence à nos revendications de justice sociale, économique et écologique - nous devons réduire nos émissions rapidement, le temps presse. Les changements climatiques doivent être cette étincelle qui nous mènera à reconstruire notre économie dans un court délai.

Les valeurs de nos nouveaux mouvements sociaux - la solidarité avant l'individualisme, la réciprocité avant la hiérarchie, la coopération avant la compétition - devraient orienter notre vision pour une économie basée sur les énergies propres. C'est un mouvement qui sera plus fort lorsqu'il sera uni, lorsqu'il trouvera des solutions applicables aux crises économiques et écologiques et lorsqu'il sera vert et rouge.

Du 26 au 29 octobre prochains, PowerShift 2012 accueillera des milliers de jeunes de partout au Canada à Ottawa afin de pousser ces enjeux sur la scène nationale, lutter pour un avenir socialement et économiquement juste. Si la force et l'énergie du printemps québécois se propage à travers le Canada, nous pouvons y arriver.

 

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