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L'indépendance du Québec selon le 6/49 de Bernard Drainville

09/09/2014 04:05 EDT | Actualisé 09/11/2014 05:12 EST

Dans son texte intitulé Indépendance 2025 , Bernard Drainville tourne encore une fois autour du pot, lui le « stratège politique » qui a été à l'origine de la chute du Parti québécois lors des dernières élections: manque de vision et de clarté, immobilisme autour du PQ et ignorance de la dynamique de la société québécoise plurielle.

En fait, il a plutôt présenté un mémo (et non un plan) ponctué de tautologie. Des idées trop vagues qui n'apportent rien de nouveau, si ce n'est le choix d'une date « fatidique », et sans signification aucune pour donner l'illusion d'un plan. Pourtant, il parle des préparatifs pour l'indépendance dès la phase qu'il a appelée « Le renouvellement dans l'opposition ».

« Il y a tous ceux qui aspirent à plus et à mieux qu'une province. Il y a ceux d'entre vous qui souhaitent l'indépendance sans nécessairement être membres ou sympathisants du PQ. Il y a ceux qui la souhaitent, mais qui n'y croient plus. Et il y a les membres du Parti québécois, plus décidés que jamais à faire du Québec un pays indépendant. » Bernard Drainville oublie et met à côté « ceux qui n'ont jamais souhaité l'indépendance et qui n'en veulent pas ».

Dans un autre passage, il dit : « Je souhaite que ces propositions soient débattues et que les membres du Parti québécois se les approprient ». Et les autres indépendantistes qui ne sont pas péquistes, on en fait quoi ? Parce que l'indépendance, ce n'est pas l'affaire d'un parti, mais un projet de société.

Son insistance sur les membres du PQ me laisse dire que son document est plutôt une manœuvre dans le cadre de la course à la chefferie qu'un vrai projet pour l'avenir du Québec.

Puis il ajoute : « Un gouvernement du Parti québécois utilisera les moyens de l'État pour préparer le Québec à devenir un pays indépendant. » Comme si l'indépendance ne tenait qu'à des moyens financiers ! Elle constitue un projet de société, qui, au-delà d'un montant d'argent, doit rassembler l'ensemble des citoyens et les convaincre de la portée historique et économique d'une telle œuvre.

Dans son texte, M. Drainville laisse entendre que la société québécoise ne changera pas, les autres partis vont laisser passer la caravane sans réagir et les différents acteurs - citoyens et institutions - vont sombrer dans les ténèbres.

Il parle trop de « clarté » sans que son texte arrive à la transcender. En termes mathématiques, il élabore un modèle (une équation) où la seule variable, c'est lui. Le reste (les autres partis, les électeurs, le reste du Canada...) semble constituer une constante, ou si l'on veut une marge d'erreur.

Il parait que M. Drainville a un sérieux problème avec les chiffres.

D'ailleurs, durant le débat autour de la défunte charte, lors de son passage à Tout le monde en parle, il a dit que « selon les experts, 80% des femmes maghrébines qui arrivent ici ne portent pas le voile ». Je me demande de quels experts parlait-il et quelle était la source de ses statistiques ?

Le jour de la présentation de son projet de charte aux journalistes, il a été incapable de donner le nombre de fonctionnaires qui portent des signes religieux ostentatoires et qui seraient touchés par la charte.

Enfin, bien qu'il ait cité rapidement les immigrants dans son mémo, il sous-estime leur influence. Or, selon les projections démographiques, la population du Québec franchira bientôt le cap des 8,5 millions d'habitants, avec une croissance qui viendra principalement de l'immigration internationale. La variable des immigrants n'est donc pas une constante comme Bernard Drainville le comprend, elle est très importante et les choix politiques de ces derniers sont plus ou moins connus.

Quand il parle de jeunes, connaît-il le pourcentage de minorités parmi les jeunes de son parti?

Son 2025, ressemble plus à un rendez-vous pour des Jeux olympiques ou une Coupe du monde de soccer, mais certainement pas à un plan qui se tient pour mettre en jeu le destin d'un peuple.