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Cher prof

Chaque année, grâce à un prof dévoué comme toi, mon enfant se construit.

10/10/2017 13:41 EDT | Actualisé 10/10/2017 13:41 EDT
FatCamera via Getty Images
Quand tu parles de ta fin de semaine, des sports que tu pratiques, de comment tu vois la vie ou de tes valeurs, tu l’influences. Tu lui sers même de modèle.

Cher prof,

Tu n'as aucune idée de l'importance que tu as dans ma vie.

Chaque été, dès que le mois d'août arrive, je pense à celui ou celle qui enseignera à mon enfant. Chaque semaine qui passe, à la fin de l'été, je me croise les doigts pour que mon enfant puisse avoir la chance d'avoir un de ces profs exceptionnels.

Le prof de ma progéniture, c'est aussi le mien.

Tu n'es pas « MON » prof, mais celui de mon enfant et c'est ce qui fait que tu es si important dans ma vie.

Mon enfant, c'est ce que j'ai de plus précieux, et toi, tu le remplis de connaissances, tu le fais grandir, tu l'encourages, tu le motives, tu lui sers de modèle et grâce à toi, il déploie ses ailes dans ce monde qu'est l'apprentissage.

Tes petites attentions font toute la différence. Tes petits mots d'encouragement, tes tapes dans le dos, tes « tu es capable » et tes « j'ai confiance en toi » sont tellement importants.

Quand tu prends 5 minutes pour parler à mon enfant de sa fin de semaine ou de ce qui le rend triste, tu ne le sais peut-être pas, mais tu changes le monde.

Quand tu es conscient de ses défis, mais que tu mises sur ses forces, tu lui donnes confiance pour le reste de sa vie.

Quand tu es conscient de ses défis, mais que tu mises sur ses forces, tu lui donnes confiance pour le reste de sa vie. Quand tu transformes une mauvaise note en « ne t'en fais pas, tu n'es pas cette note » et que tu l'amènes à ne pas se décourager et à persévérer, tu fais de lui un futur adulte qui aura confiance en ses capacités, qui n'aura pas peur des défis.

Mon enfant a 8 ans, il pourrait en avoir 9, 10 ou 14, son âge n'a pas d'importance. Il a toute la vie devant lui. Chaque année scolaire est une nouvelle partie de son futur. Chaque année scolaire, il grandit, apprend et devient autonome.

Chaque année, grâce à un prof dévoué comme toi, mon enfant se construit.

Que mon enfant ait un trouble d'apprentissage, qu'il ait parfois de la difficulté à se concentrer ou qu'il ait de plus grands défis, moi, tout ce que je souhaite c'est qu'il aime l'école et qu'il apprenne, à son rythme. Et toi, quand tu es conscient de ce rythme, tu le respectes. Et ça, c'est tellement important.

Je dois t'avouer que je ne regarde pas vraiment son bulletin.

Je dois t'avouer que je ne regarde pas vraiment son bulletin. J'essaie plutôt de savoir si mon enfant est heureux chaque fois qu'il part pour l'école. À son sourire quand il me parle de ses apprentissages.

Je m'attarde aux étoiles qu'il a dans les yeux quand il parle de toi. Quand il me raconte sa journée et a déjà hâte au lendemain.

Si tu savais comme ça me rend heureuse quand il me parle de ce que tu lui as dit, des méthodes que tu as mises en place pour l'aider, de son bonheur d'être assis plus près de toi ou qu'il me parle des paroles encourageantes que tu lui as adressées.

Je ne sais pas si tu te rends compte de ton influence sur lui.

Tu deviens cette personne significative qu'il se souviendra pour le reste de sa vie.

Quand tu parles de ta fin de semaine, des sports que tu pratiques, de comment tu vois la vie ou de tes valeurs, tu l'influences. Tu lui sers même de modèle. Tu deviens cette personne significative qu'il se souviendra pour le reste de sa vie.

Parce que oui on se souvient de nos profs toute notre vie.

Je me souviens de Lucille ma prof de première année, de sa douceur et de sa gentillesse. Je me souviens même du premier mot qu'elle m'a appris à écrire : té-lé-phone et de ce qu'elle m'avait dit : « Tu seras bonne en écriture, ton premier mot est un long mot. » Et tout le reste de mon primaire, j'ai cru Lucille. J'ai écrit des milliers de mots avec assurance, parce que j'étais « bonne » en écriture. L'étais-je vraiment? Ce n'était pas important, Lucille, elle me l'avait dit.

Puis, Pauline, en deuxième année du primaire, qui nous racontait des histoires colorées et pleines de vie. Elle avait l'âge de ma grand-mère, mais elle était toujours belle et soignée. Elle parlait tout le temps. Avec nous, avec les autres profs, avec nos parents, avec tout le monde, elle parlait. Je l'admirais. Je trouvais ça beau sa facilité à communiquer. Et aujourd'hui, il y a un peu de Pauline en moi.

Ensuite, il y a eu André Bienvenue en 5e. André, un prof qui étudiait aussi pour être policier. En fait, c'est ce que je me rappelle. Oui, en campagne nos profs n'étaient pas tous de « vrais » profs. Et André a été un de ces enseignants qui a marqué mon primaire. Il nous encourageait tout le temps. Il ne portait pas attention à nos notes. Comme si apprendre la vie était tout aussi important que les verbes. Peut-être qu'il ne faisait pas plaisir à la direction, puisqu'on ne la jamais revu à l'école, mais moi, il a été plus qu'un prof. Il nous racontait des histoires de police, il nous parlait de voyages, il nous disait des mots en anglais. Pour moi, fille de la campagne, c'était m'ouvrir sur le monde. Pour récompenser nos bons comportements, il nous offrait d'aller dîner au resto en petits groupes. André n'a clairement pas fait de miracles dans mon bulletin, mais avec ses petites anecdotes, il m'a donné le goût de découvrir le monde. Et ça, c'est plus important qu'un 95%.

Dans la vie de mon enfant, il y a eu une Manon, une Janie et une Magalie qui ont, sans le savoir, été de ces profs d'exception.

Souvent, devenu adulte, on remarque comment ces profs remarquables, dont tu fais partie, ont influencé le parcours de notre vie. D'autres fois, on ne s'en rend même pas compte.

Alors, cher prof, sache qu'en étant dans ta classe, chaque jour, tu changes le monde, un élève à la fois.

Pour ça, je ne te remercierai jamais assez.

Merci!