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Nous devons avoir le courage de réussir!

22/10/2016 10:47 EDT | Actualisé 22/10/2016 10:47 EDT

Bien sûr, aujourd'hui, nous n'évoquerons pas dans ce billet le courage nécessaire à votre réussite affective. Nous aborderons seulement le courage dont vous devrez faire preuve pour conserver une amélioration continue de votre niveau de vie. Sans oublier le maintien du niveau de vie de vos enfants, demain et après-demain !

Car on a tous tendance à l'oublier, mais notre niveau de vie dépend totalement de la croissance de notre pays, croissance qui dépend totalement de l'évolution de la productivité, dont de notre/votre productivité personnelle. La croissance peut aussi être corrigée, à la baisse ou à la hausse, par l'évolution démographique, et, enfin par l'immigration ou l'acquisition de nouveaux consommateurs contributeurs !

Tous et toutes aujourd'hui, dans notre monde occidental, avons tendance depuis longtemps à considérer que notre situation économique personnelle allait s'améliorer substantiellement, sans que nous ayons à faire preuve de plus d'audace ou de plus de courage.

Il va vraiment falloir penser autrement !

L'ascenseur social s'est cassé il y a huit ans déjà. Mais sa chute fut freinée par de nombreux systèmes de sécurité ou amortisseurs sociaux. Il est clair que nous ne nous sommes pas encore aperçus du très lent déclin des classes dites « moyennes ».

Classes moyennes, en fait, on peut dire que cela regroupe tous ceux qui vivent assez agréablement, qui vont au restaurant, qui prennent des vacances, etc. Car les classes moyennes sont plurielles. On y retrouve les cadres juniors, certaines professions intellectuelles, les enseignants, les personnels soignants, certains personnels de la distribution, les ouvriers très spécialisés, etc.

Il va falloir changer notre pyramide des besoins assez rapidement.

En fait, on a aussi tendance à l'oublier, mais notre modèle démocratique est totalement fondé sur la prospérité des classes moyennes, et, on se refuse depuis quelques années à regarder la vérité en face : les classes moyennes sont à la dérive !

Il faut être conscient que les nouvelles générations de classes dites moyennes seront de plus en plus la variable d'ajustement. De surcroît, nous allons compter de plus en plus de diplômés, ce qui, bien sûr, générera une dévalorisation desdits diplômes alors qu'ils étaient jusqu'à présent le principal «passeport de promotion» des classes dites moyennes !

Rappel de quelques faits

- Démographie : dans les 20 à 25 prochaines années, la population des Amériques régressera légèrement pour passer de 14 à 13 % de la population mondiale. Cela sera beaucoup plus catastrophique pour l'Europe : sans progression sensible de la population, pas d'augmentation significative de la croissance.

- Productivité : comme déjà évoqué, l'amélioration du bien-être de tout un chacun passe par l'amélioration de la productivité de tous et de toutes. La productivité horaire, qui a augmenté régulièrement jusqu'au tout début des années 2000, n'augmente plus suffisamment pour satisfaire l'amélioration continue du niveau de vie des classes moyennes, c'est un fait irréversible !

- Vieillissement : nos populations sont vieillissantes donc moins productives et consomment de plus en plus de soins médicaux, de plus en plus coûteux.

Compte tenu de ces éléments, il va nous falloir changer notre pyramide des besoins assez rapidement.

Si on regarde ce qui s'est passé récemment

- La faiblesse du dollar canadien, comme celle de l'euro n'ont pas stimulé ces deux économies, et le Québec comme la France ont perdu des parts de marché, car ils n'ont pas su d'adapter rapidement à cette nouvelle concurrence internationale très mobile, très productive et de plus en plus performante.

- La faiblesse des taux d'intérêt n'a pas non plus stimulé ces deux économies !

- La baisse du prix des matières premières n'a pas généré de profit significatif en France, et n'a pas « miné » l'économie canadienne !

Ces éléments démontrent que nos économies sont fortement ankylosées et déconnectées des économies des pays dits émergents. Si nos économies restent sur ce lent rythme de croissance, soit de 1,2 % à 1,8 % par an, est-ce que nos citoyens vont s'accommoder d'une amélioration de leur train de vie de 1,5 % chaque année, en moyenne ? La réponse est non !

Alors, que nous manque-t-il pour relever ce défi de la consommation et de la productivité, et retrouver un taux d'investissement privé plus significatif ? (Nous oublierons les investissements privés résidentiels, qui sont de plus en plus spéculatifs et générateurs de bulles immobilières.)

Arrêtons de croire que nos difficultés à générer une croissance acceptable par les citoyens seront surmontées sans effort.

Il nous manque à tous et à toutes du courage ! Nous pourrions aussi appeler cela de l'audace, de l'énergie, de la hardiesse ou de la volonté... Il est assez clair que dans la plupart de nos sociétés occidentales, les citoyens comme les entreprises affichent de plus en plus un manque flagrant d'audace qui explique assez largement la stagnation de nos économies.

Il est bon de rappeler que pour qu'une économie crée des emplois, pour que les entreprises puissent augmenter les salaires, il faut retrouver un « appétit » de réussite. Il faut aussi des leaders et des salariés qui prennent des risques, qui sacrifient des avantages, qui prennent des décisions fortes, et qui surtout acceptent le changement.

Le plus souvent, c'est l'inverse qui se passe !

Aujourd'hui dans notre monde occidental, on note un manque total de confiance qui se traduit par des taux d'intérêt très bas ou négatifs. D'énormes liquidités ou crédits sont disponibles et nul ne sait qu'en faire ! Certains ont aujourd'hui l'impression de prendre moins de risques en achetant de l'art ou des produits d'hyper luxe (des yachts, des montres) qu'en investissant dans des entreprises !

On pourrait en déduire qu'investir dans le futur, c'est investir à perte. Avez-vous conscience de cela ?

Salariés, entrepreneurs, si vous souhaitez que vos enfants vivent demain aussi bien que vous aujourd'hui, ne rêvez pas : il nous faudra tous faire ce que le bien commun nécessite dans notre monde globalisé.

  • Le retour à une forte amélioration de la productivité
  • Une amélioration drastique et continue des performances de tous et toutes
  • Une diminution globale des coûts

La solution de facilité serait de procéder à « l'acquisition » de très nombreux consommateurs/contributeurs (en fait, des migrants et réfugiés), mais à ce jour on mesure mal le temps nécessaire afin que ceux-ci aient une productivité suffisante pour amortir les coûts liés à leur installation.

À titre d'exemple, cela coûtera en 2016 50 milliards d'euros à l'Allemagne pour absorber économiquement les 900 000 migrants accueillis en 2015. Bien sûr, une partie de ces 50 milliards sera du « revenu transféré » vers la construction, la consommation, la santé, l'éducation, l'énergie, mais aucun économiste n'est en mesure de prévoir le montant de ce revenu transféré !

Arrêtons de croire que nos difficultés à générer une croissance acceptable par les citoyens seront surmontées sans effort. Nous devons prendre collectivement des décisions novatrices, souvent désagréables ! C'est le prix à payer si nous ne voulons pas entrer dans un lent déclin du monde occidental. Il n'y a pas d'autres options : nous devons avoir le courage de réussir !

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