Benoit Bisson

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Quand le système de santé s'engorge lui-même

Publication: 24/08/2012 16:41

Cela fait plusieurs années que l'on nous répète ad nauseam qu'il faut désengorger les urgences. Nombreux sont les intervenants qui soulignent que les urgences ne sont pas l'endroit où l'on devrait se présenter pour des problèmes mineurs ou pour obtenir un diagnostic pour un malaise quelconque. Cela devrait se faire en clinique médicale, en CLSC, auprès d'un médecin de famille, bref AILLEURS qu'à l'urgence.

Ce serait effectivement une façon intelligente de procéder, mais encore faut-il que tous les échelons du système médical soient au même diapason et que l'on ne tente pas de pelleter le problème dans la cour du service voisin! En tant que patient atteint d'un cancer du rein, diagnostiqué en 2006, je considère être «rentré» dans le système et en faire partie: j'ai obtenu un diagnostic suite à une visite à l'urgence de l'hôpital Notre-Dame; une fois qu'il a été établi que mon cancer était métastasé et de stade IV, je suis suivi par un excellent uro-oncologue; pour toute évolution de mon cancer, j'ai eu droit à des références rapides à des radio-oncologues pour les traitements de métastases aux os et au cerveau. Si j'avais la chance de n'avoir que des problèmes relatifs à mon cancer en phase terminale, je pourrais dire que j'ai obtenu, au cours des six dernières années, un traitement presque impeccable.

Le hic, c'est qu'en cours de route, j'ai, à l'occasion, d'autres problèmes de santé qui, s'ils découlent de mon cancer, ne sont pas de nature cancéreuse. Et, chaque fois, c'est un véritable parcours du combattant pour obtenir des soins appropriés, qu'il s'agisse d'un cas grave (multiples embolies pulmonaires aux deux poumons, infarctus pulmonaire au poumon droit et, pour compléter le tout, épanchement pleural au poumon droit l'an dernier) ou de problèmes de santé «mineurs» (vertiges persistants il y a deux ans, acné dévorante lors de ma première chimiothérapie il y a six ans, problèmes respiratoires aujourd'hui).

Chaque fois, l'infirmière-pivot de mon uro-oncologue explique: «S'il va vraiment mal, qu'il se présente à l'urgence». Je ne blâme aucunement l'infirmière: elle fait ce qui est faisable dans la lourdeur de la structure bureaucratique qu'on lui impose.

Que donnerait une visite à l'urgence? Laissez-moi vous raconter: attente pour passer au triage et déterminer le niveau de priorité de mon problème; éventuellement, je me retrouverais sur une civière, possiblement sous soluté et j'aurais à passer différents tests dont des radiographies et/ou des prises de sang. Ensuite, attente pendant x nombre d'heures, le temps que le spécialiste de service puisse passer me voir, c'est-à-dire après avoir fini ses rondes sur les étages et, possiblement, vu des cas plus urgents. Après la rencontre avec le spécialiste, et avec un peu de chance - s'il a en main tous les résultats d'examens dont il a besoin pour émettre un diagnostic - j'obtiendrais probablement une prescription ainsi qu'un rendez-vous de suivi une ou deux semaines plus tard.

Lorsqu'un patient est atteint d'un cancer en phase terminale, tout comme lorsqu'un patient est atteint de n'importe quelle maladie chronique nécessitant des soins de longue durée d'ailleurs, ne serait-il pas normal qu'il soit pris en charge par une équipe multidisciplinaire? À quoi bon faire constamment repasser le patient par une case départ complètement illogique dans bien des cas: l'urgence.

En attendant que les formulaires fassent leur petit bout de chemin, que les pièces du casse-tête s'emboîtent bien les unes dans les autres et que ma demande de rendez-vous avec un pneumologue soit agréée, je passe actuellement la majeure partie de mes journées au lit, aux prises avec des problèmes respiratoires. N'en déplaise aux autorités médicales, cela demeure plus confortable qu'une étroite civière dans une urgence bruyante et bondée. Mon infirmier est passé ce matin, comme toutes les semaines. Je suis à bout de souffle dès que j'essaie d'effectuer les gestes les plus simples, comme de faire quelques pas. Mon taux d'oxygénation n'est pas considéré comme vraiment problématique. Quant à ma qualité de vie, qui s'en soucie?

 

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Cela fait plusieurs années que l'on nous répète ad nauseam qu'il faut désengorger les urgences. Nombreux sont les intervenants qui soulignent que les urgences ne sont pas l'endroit où l'on devrai...
Cela fait plusieurs années que l'on nous répète ad nauseam qu'il faut désengorger les urgences. Nombreux sont les intervenants qui soulignent que les urgences ne sont pas l'endroit où l'on devrai...
 
 
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10:06 sur 27/08/2012
À mon avis, l'inefficacité du système actuel est voulu et a été mise en place par le politique. Le but est que les Québécois aillent dans les cliniques privées. Lorsque un citoyen consulte dans le système public, c'est l'état qui paie la facture. Lorsque ce même citoyen consulte dans une clinique privé c'est lui, le citoyen qui paie la facture. L'état économise alors. Voilà la raison du bordel que vivent les Québécois.
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
16:37 sur 26/08/2012
Le seul qui a une vraie politique d'amelioration d'un systeme de santé, c'est Legault.

Le PQ a detruit notre systeme de santé, et le PLQ est resté les bras croisés. Et dire que les Quebecois s'appretent a relire le PQ.

Je n'y comprends rien du tout.
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Francois Blanchette
10:06 sur 26/08/2012
Il y a quand même un problème d'accessibilité. Si j'ai un trouble quelconque de santé qui se présente le soir, la nuit, ou le week-end, y a-t-il des cliniques sans rendez-vous où on peut obtenir des services? Je n'en connais pas. Et même durant la semaine, pour les cliniques sans rendez-vous qui ouvrent à 8h, bien il faut se présenter à 5h30 ou 6h et faire la file à l'extérieur pour prendre un numéro quand la clinique ouvrira. Si tu as le malheur d'arriver réellement à 8h, tu te fais répondre qu'il n'y a plus de places. Tu veux avoir un rendez-vous avec un médecin? Tu appelles à la clinique et le message enregistré te dis qu'il faut appeler le 1er du mois entre 8h03 et 8h09, autrement on te dit d'aller à l'urgence. Donc, on s'en sort comment?
15:16 sur 26/08/2012
Je suis totalement d'accord avec vous: il y a un problème d'accessibilité. Mon point de vue personnel, au risque de me répéter, demeure que l'on doit procéder à une refonte complète des CLSC et de leur rôle afin qu'ils deviennent le point d'entrée dans le système, à moins qu'il ne s'agisse d'une véritable URGENCE. Leur structure administrative est trop lourde, on n'hésite pas à couper dans les services sur le terrain - mais pas dans les administrateurs - pour rencontrer les objectifs budgétaires et la variation de services d'un territoire à l'autre est aberrante.
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Francois Blanchette
16:13 sur 26/08/2012
Je suis bien d'accord avec vous sur la nécessité d'une refonte complète. Mais y a-t-il réellement un espoir au Québec? Je ne sais plus...
09:54 sur 26/08/2012
Mon pere a sensiblement vecu la meme chose...dans ce systeme de merde que l on a au Quebec.
Le probleme est systemique car les medecins sont correcte au Quebec. Si vous etiez une voiture votre dossier serait mieux traiter que dans ce systeme ou les conventions collectives empeche l optimisation des processus , la multiplications des formulaires et petites notice sur les murs se rajoute a la malproprete generale ! Le docteur Bolduc parlait de la methode Toyota...Je me suis dit enfin un qui comprend comment organiser un reseau ..et non Le bon docteur aux grandes idee a rien fait... Et bien le 4 Sept il va aller eplucher des patates au lac st jean et faire de la poutine !
15:10 sur 26/08/2012
J'avais aussi beaucoup d'attentes à l'endroit du ministre Bolduc. Après tout, il est médecin et je croyais qu'il avait fait ses preuves dans la gestion hospitalière. Malheureusement, il semble que la gestion de la santé diffère beaucoup lorsqu'on la pratique du côté politique.
08:49 sur 26/08/2012
Etes-vous allé dernièrement dans un CLSC ? C'est un 'nid de fonctionnaires'!!! Ce n'est pas une porte d'entrée pour les soins dont on a besoin. Ils font du 9 à 5, pis des prises de sang...pis rien...Alors, quand il faut consulter, en urgence ou pas, la porte d'entrée la plus facile reste encore l'urgence de l'hôpital. Pas le meilleur choix, mais quand même le plus pratique.
Donc, l'engorgement des urgences...on fait quoi?
15:07 sur 26/08/2012
D'accord avec vous pour la situation actuelle des CLSC, mais est-ce que simplement se pointer à l'urgence est la solution? Dans les faits, actuellement et malheureusement, oui. MAIS ça ne change pas mon point de vue que ce sont les CLSC qui devraient être revus de fond en comble pour jouer leur rôle véritable. En tant que citoyen, je peux - vous pouvez - prendre mon clavier et écrire au ministre de la santé, à mon député ou en lettre ouverte aux médias locaux et provinciaux et dénoncer la situation, exiger que les CLSC changent. Ou je peux - et vous pouvez - demander à ce que l'on désengorge les urgences, ce qui fera que l'on y injectera plus de fonds, mais que l'on ne traitera jamais le problème de fond.
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Axel Johan Dumoulin
00:11 sur 26/08/2012
Mon père monsieur a perdu la vie le printemps dernier à la suite d'une chirurgie mineure à l'hopital St-Luc parce qu'il a pogné la C-Difficile...ça existe encore monsieur des hôpitaux qui ne prennent pas la peine de bien nettoyer contres les bactéries, malgré toutes les promesses tenues. Bon courrage monsieur.

Dehors Charest !
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Reflexion01
Reflexion 101
09:24 sur 25/08/2012
Exact, je me suis toujours demandé ce que faisaient ces mères avec leur bébés ou leurs jeunes enfants dans les urgences pour un rhume ou une simple toux après les avoir laissé jouer dehors sans trop de surveillance.
Enlevons les cas mineurs des urgences, et le désengorgement sera immédiat pour les cas lourd.

J'ai en mémoire encore mon cousin et ses 7 heures d'attentes dans un couloir froid pour ses genoux blessés suite à un accident avec 3 ligaments rompus.
11:10 sur 25/08/2012
Facile à dire, mais encore faut-il que ces personnes aient un point d'entrée dans le système! Le CLSC pourrait être ce point d'entrée, mais encore faut-il leur en donner les moyens, ce qui n'est actuellement pas le cas.
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02:04 sur 26/08/2012
D'après moi M. Bisson ne dit pas vraiment ça. Il propose que les cas lourds comme le sien soient pris en charge par des équipes spécialisées plutôt que justement passer par les urgences.

Les urgences ne sont pas l'endroit pour ces gens et l'attente et la disparité des soins est déficiente pour eux. L'urgence c'est pour les cas urgents par pour les cas lourds mais présentement le système nous force a y passer faute de service organisé adéquatement.
15:23 sur 26/08/2012
Bien vu et bien lu, M. Sacrecoeur. En oncologie, les patients sont effectivement pris en charge par une équipe, mais pas nécessairement multidisciplinaire, ce qui implique - quand la bureaucratie se fait trop lourde et que la situation se détériore - repasser par l'urgence, ce qui est parfaitement ridicule.

Par contre, pour le 'nouveau' patient, il est tout aussi ridicule que le point d'entrée soit l'urgence quand, dans bien des cas, ce qui est requis est un médecin généraliste, un diagnostic, possiblement quelques tests de base - radiographies, prise de sang - et un protocole de traitement.
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04:30 sur 25/08/2012
La solution est la mise en place d'une régulation.
Personnes ne devrait pouvoir se présenter aux urgences sans avoir appelé un numéro unique qui l'aurait mis en contact avec un médecin régulateur.
Ce médecin décidant de la réponse à donner à la demande du patient, admissions aux urgences, envoie de paramedic, consultation téléphonique, appel au médecin de famille pour consultation différée ou visite, prise de contact avec un service spécialisé pour admission directe.
Avec, en plus, la possibilité, grâce aux technologies informatiques, pour le médecin régulateur, d'avoir accès en directbau dossier personnel du patient.
11:08 sur 25/08/2012
Il faudrait d'abord qu'il y ait des médecins de famille. Ensuite, je rêve effectivement du jour où «grâce aux technologies informatiques, pour le médecin régulateur, d'avoir accès en direct au dossier personnel du patient», mais ce n'est pour l'instant qu'une utopie.

Et ça ne règle pas le cas des patients déjà dans le système, traités pour une maladie, référés à un autre spécialiste, mais pour lesquelles cette référence prend des lustres à cause d'un système de l'âge de pierre.
17:09 sur 24/08/2012
Effectivement, l'urgence est devenue une espèce de "dépotoir" qui sert à désengorger les salles d'attente des spécialistes. Je ne suis pas d'accord avec toutes les propositions de Québec Solidaire mais j'aime beaucoup celle de faire des CLSC les points d'entrée. Les urgences, il faut que ce soit pour les urgences, pas pour un rhume ou un inhalateur!
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02:20 sur 26/08/2012
Faire des CLSC le point d'entré ne fait que déplacer physiquement le problème. On va au CLSC et ensuite si c'est assez urgent ou si la gravité requiert des soins immédiats, on va à l’hôpital à l'urgence. A mon avis il faudrait un triage plus rapide sur les lieux de l'urgence mais avec une emphase beaucoup plus grande sur ce triage. Les dernières expériences que j'ai eues de cet ordre se sont avérées très longues car le triage ne semblait pas une très grande priorité et ne semblait pas être doté de personnel assigné. De temps à autre une infirmière passait (pas souvent la même) pour voir les nouveaux arrivants. Ça ne semble pas très efficace. Si on faisait une triage systématique et rapide on pourrait diriger les gens ailleurs. Plutôt que de les faire attendre dans des conditions d'inconfort très pénible, surtout la nuit, on pourrait référer les cas moins lourds ou peu urgents au CLSC ou a une clinique externe adéquate plutôt que de faire attendre/coucher les gens sur des bancs ou des civières dans les corridors pendant 12, 14 18 heures ou même plus, plutôt que dans leur propre lit.
17:07 sur 27/08/2012
" A mon avis il faudrait un triage plus rapide sur les lieux de l'urgence mais avec une emphase beaucoup plus grande sur ce triage.": oui, entièrement d'accord avec vous! Les 18 heures dans des cas non urgents sont complètement ridicules.