Barbara Leblanc

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À deux heures près, l'anorexie m'emportait

Publication: 19/09/2013 13:39

L'anorexie tue encore chaque jour en 2013. Chacun d'entre nous a déjà croisé une femme, majoritaire dans cette maladie, si maigre que ses os ressortaient et que ses joues s'étaient creusées.

Pourtant, combien d'entre nous sont allés en aborder une seule pour lui dire: "stop, tu risques de mourir?". Très peu. Voire personne. Même moi, ancienne anorexique que je suis, je n'ose pas les arrêter dans la rue pour leur dire que finalement, mieux vaut se battre car la vie est belle et vaut d'être vécue.

Je n'ose pas aller vers elles, car j'ai été comme elles. Et je sais avec certitude qu'elles ne veulent pas de mes mots, que ce ne sont pas eux qui vont les faire sursauter et sortir de leur torpeur. Pour une anorexique, il n'y a rien de plus repoussant et de plus détestable que les sempiternelles "mais mange", "fais un effort" ou "force-toi". Les malades ne peuvent pas supporter ces mots, car ces actions sont réellement plus fortes qu'elles.

Le corps, expression des maux

L'anorexie n'est pas qu'un caprice de jeunes filles qui refusent de s'alimenter. L'anorexie n'est pas uniquement une maladie alimentaire. C'est un trouble du comportement alimentaire, qui associe un pan nutritionnel et un autre psychologique. Si la maigreur est la phase la plus visible, elle n'est que celle qui émerge. Elle n'est que la figuration de tous les maux de l'anorexique. Ces maux qu'elle ne parvient pas à exprimer, faute de place, faute de moments, faute de mots.

A force de se taire pour ne pas déranger avec mes problèmes et mes difficultés à trouver ma place dans cette société que je trouvais trop agressive, j'ai avalé mes souffrances. Tant et si bien qu'elles m'ont rongé de l'intérieur. Plus elles prenaient de place en moi, plus je me privais de tout plaisir, de tout aliment, de toute activité joyeuse, plus je maigrissais, et je dépérissais.

Au départ pourtant, un simple régime, cette envie de perdre quelques kilos, ces petits bourrelets superflus qu'une jeune fille de 17 ans veut gommer. Puis peu à peu cette spirale infernale qui s'est installée en moi, dans ma tête, cette obsession de vouloir toujours moins manger.

La viande rouge n'a plus fait partie de ma vie, puis les féculents, les sucres, le fromage...Si bien qu'en trois mois, seuls les légumes avaient droit d'entrée dans ma bouche et mon estomac. Et encore en quantités infimes. Je flottais dans mes pantalons, me couvrais de plusieurs épaisseurs pour ne pas laisser le froid entrer à travers mes os. Toute trace de gras avait disparu de mon corps.

D'autant plus qu'à chaque prise alimentaire même minime, je malmenais mon corps en lui imposant des heures de marche ou de sport, histoire de faire d'éliminer la moindre calorie. Chaque minute de ma vie était remplie pour ne laisser aucune place au vide.

Je jubilais de cette maitrise totale de mon corps et de mon esprit. J'avais le sentiment d'avoir un pouvoir suprême, d'avoir enfin cette confiance en moi qui me manquait tant dans la vie réelle. J'étais seule dans mon univers, et j'interdisais à quiconque de venir s' y immiscer. Je n'avais alors pas conscience du danger dans lequel je me trouvais pourtant.

Polarisée sur mon corps

Car si le corps est une machine incroyable qui peut tenir sur les nerfs lorsqu'à deux heures du matin je partais courir dans le froid, il a tout de même ses limites. A deux heures près, l'anorexie a donc bel et bien failli m'emporter. J'ai senti la mort m'envahir, mon cerveau ne plus rien maitriser, et mon cœur cessait de battre.

Moi qui refusais depuis tant de temps de me soigner, je n'avais plus le choix. Deux mois d'hospitalisation dans des conditions plus que sommaires, et sans suivi psychologique, et j'étais de nouveau sur pied, avec huit kilos de plus. Mais toujours sans repère, sans confiance, sans envie de vivre.

L'anorexie isolant, j'étais incapable de vivre en société, de me réalimenter normalement, de profiter des sorties entre amis, des apéros dinatoires. Je restais polarisée sur le contrôle de moi, de mon corps, de mon image.

Face à moi, à cette maladie si incompréhensible, à ce corps qui réagit de manière parfois incongrue et incohérente, le monde médical a parfois bien des difficultés à être pertinent, voire compétent. La prise en charge des anorexiques, d'autant plus adultes comme moi à cette époque-là, reste complexe.

Car cette maladie a tendance à faire peur, tant la société qui craint tout ce qui touche au psychologique, que le monde médical, trop peu formé et expérimenté face à une maladie complexe et touchant à des spécialités aussi diverses que la psychologie, la gastroentérologie ou la diététique.

Des avancées incontestables ont été faites dans le domaine. Des centres spécialisés ont vu le jour. Des médecins comme ceux de l'AFDAS TCA se battent pour faire émerger de nouvelles formes de traitement. Des associations d'aides aux familles de patients militent pour tisser un réseau structuré de soutiens aux proches, elles sont pour la plupart réunies au sein de la FNA-TCA.

Pourtant, l'anorexie se répand partout dans nos sociétés, même chez les enfants de deux ans, même chez les personnes âgées. Chaque jour, je croise des anorexiques dans la rue, je les vois, il y a des signes qui ne trompent pas.

Si je n'ose pas aller leur parler, j'ai voulu leur expliquer dans mon livre Descente en anorexie qu'on peut se sortir de l'anorexie, qu'on peut lutter chaque jour un peu plus pour parvenir à retrouver une vie normale. J'ai aussi voulu alerter, prévenir au sujet de cette pathologie. Chacun d'entre nous peut agir, en en parlant déjà. Au plus haut niveau, il y a des actions à mener, en lien avec les associations et les médecins. Pour éviter que les maux ne dévorent les malades.

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