Entries by Pierre Luc Brisson from 04/2012

Pauline Marois: le flou artistique

| Publication 04.04.2012

Si le PQ est sérieux dans sa démarche, pourquoi ne pas prendre clairement le parti du gel ou de la baisse des frais en mettant sur la table des propositions alternatives de financement? À son arrivée à la tête du Parti Québécois en 2007, Pauline Marois se disait favorable au dégel des frais de scolarité. Elle était d'ailleurs au ministère de l'Éducation lorsque le PQ avait tenté de mettre en place une hausse au milieu des années 90. Si le passé est garant de l'avenir, les associations étudiantes devraient se méfier. Tout ce verbiage politique ne cadre que dans un seul objectif: consolider la base électorale social-démocrate du PQ en vue des prochaines élections, quitte à tenter de ménager la chèvre et le chou.

Le prix du cynisme

| Publication 04.11.2012

Cela fait désormais huit semaines que les étudiants sont dans la rue, que les classes des universités sont vides. Cela fait désormais huit semaines qu'une grande partie de la jeunesse étudiante du Québec tente de faire passer un message somme toute simple au gouvernement : la hausse de 75% des frais de scolarité ne peut que nuire à l'accessibilité aux études. Cela fait aussi huit semaines que le gouvernement ignore souverainement les doléances étudiantes, faisant passer pour du « leadership » ce qui est en réalité de l'obstination et de l'entêtement. Huit semaines de condescendance et de cynisme.

Neuf semaines de solitude

| Publication 04.17.2012

J'ose encore croire que Line Beauchamp est une femme raisonnable. Penser le contraire équivaudrait à verser dans le même cynisme que je dénonçais récemment. Son calme apparent, son ton posé et sa volonté d'écoute lors de son arrivée en 2010 à son actuel ministère étaient pourtant de bon augure. Je ne peux concevoir qu'elle puisse se croire elle-même crédible lorsqu'elle a affirmé que Pauline Marois aurait été responsable de débordements futurs suite à la manifestation du 22 mars dernier.

Petit homme

| Publication 04.20.2012

Nous avons vu, cet après-midi, que le Québec ne possédait pas à cette heure un chef d'État digne et capable de dénouer le conflit qu'il a lui-même laissé s'envenimer. Nous avons vu, cet après-midi, que l'homme qui occupe la fonction de premier ministre est incapable, en temps de crise, d'afficher la gravité et le sérieux que requiert pareille situation. Mépris, insouciance, condescendance? Non. Petitesse.

Cher Monsieur Pratte

| Publication 04.24.2012

Il y a crise, Monsieur Pratte, lorsque l'on refuse de reconnaître la légitimité démocratique de décisions prises en assemblées délibérantes, et ce, avec des taux de participation qui feraient rougir toute notre classe politique. Il y a crise, Monsieur Pratte, lorsqu'un gouvernement préfère laisser aux tribunaux et aux corps policiers le soin de dénouer les conflits dans le milieu de l'éducation, ne faisant qu'alimenter les tensions plutôt que d'apaiser la grogne estudiantine.