<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>

<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="en">
  <title>Yves-François Blanchet</title>
  <link href="http://quebec.huffingtonpost.ca/author/index.php?author=yves-francois-blanchet"/>
  <updated>2013-05-22T17:53:31-04:00</updated>
  <author>
    <name>Yves-François Blanchet</name>
  </author>
  <id xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom">http://www.quebec.huffingtonpost.ca/author/index.php?author=yves-francois-blanchet</id>
  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Yves-François Blanchet</subtitle>
  <generator>Good old fashioned elbow grease.</generator>

<entry>
    <title>Marques de commerce en français et médias sociaux</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/loi101_b_1720637.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1720637</id>
    <published>2012-07-31T05:21:19-04:00</published>
    <updated>2012-09-30T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Sous un gouvernement du Parti québécois, les grandes chaînes franciseront leurs marques de commerce. Je propose la mise en place d'un groupe de travail avec une obligation de résultats à l'intérieur d'une échéance brève et ferme. Que ce soit par l'atteinte d'une interprétation consensuelle de la Charte de la langue française, par voie réglementaire ou par intervention législative, les grandes chaînes devront assortir leur marque de commerce d'un descriptif français.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Lorsqu'un sondage sugg&egrave;re une hausse des appuis au Parti qu&eacute;b&eacute;cois, on nous explique du haut d'une &eacute;rudition qui ne souffre pas le doute que &laquo; tout se peut. Ce serait s&ucirc;rement un gouvernement minoritaire... &raquo;.  En revanche, un sondage pr&eacute;tend-il &agrave; une hausse des appuis &agrave; la CAQ ou au PLQ, et c'est un constat net, clair : le Parti qu&eacute;b&eacute;cois recule. On a orchestr&eacute; la d&eacute;b&acirc;cle du Bloc qu&eacute;b&eacute;cois avec ce genre de proc&eacute;d&eacute;s. &laquo; Tout se peut &raquo; est devenu embl&eacute;matique de quelques-uns de ces statisticiens dont le client ne veut pas tant mesurer une v&eacute;rit&eacute; que vendre du papier et de la cote d'&eacute;coute. &Ccedil;a augmente le prix de la publicit&eacute;. Entretenant le suspense, ces sondeurs se font psychiatres de notre &acirc;me collective par croisement de colonnes de chiffres aux m&eacute;thodologies parfois incertaines...  Je ne mentionne m&ecirc;me pas de possibles motifs encore moins nobles. Tout se peut, donc... <br />
<br />
Depuis l'adoption de la loi 101 le 26 ao&ucirc;t 1977, les pratiques commerciales ont beaucoup &eacute;volu&eacute;. De plus en plus d'espace commercial est occup&eacute; par des entreprises regroup&eacute;es en vastes cha&icirc;nes de dizaines de succursales au Qu&eacute;bec seulement, mais pr&eacute;sentes sur tout le continent. Ces cha&icirc;nes sont r&eacute;ticentes &agrave; renoncer &agrave; leur image de marque pour le seul march&eacute; qu&eacute;b&eacute;cois, environ 2% du continent. La menace n'ayant pas &eacute;t&eacute; jug&eacute;e significative en 1977, les marques de commerce dans une autre langue que le fran&ccedil;ais et sans descriptif en fran&ccedil;ais ont b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'exceptions r&eacute;glementaires et de tol&eacute;rance. Aujourd'hui, nous constatons tous, comme l'OQLF, que l'espace d'affichage de ces cha&icirc;nes, leur impact sur le visage fran&ccedil;ais du Qu&eacute;bec et le message implicite exigent que l'esprit initial de la Loi 101 embrasse d&eacute;sormais ces entreprises. <br />
<br />
Ces cha&icirc;nes de commerces, pour la plupart repr&eacute;sent&eacute;es par le Conseil canadien du commerce de d&eacute;tail, demandent alors &agrave; l'OQLF des avis juridiques et des rencontres. L'OQLF se montre vindicatif, lance des messages contradictoires et refuse de transmettre au CCCD des avis juridiques qu'il affirme pourtant d'une absolue clart&eacute;. Enfin, la ministre St-Pierre se d&eacute;couvre inopin&eacute;ment un engagement suspect, mais sans compromis en faveur de l'affichage fran&ccedil;ais, et affirme que les contrevenants seront traduits devant les tribunaux! &Eacute;tonnante vindicte de la Ministre alors que des centaines d'entreprises de son propre comt&eacute; sont en flagrante contravention de la Loi 101 depuis des ann&eacute;es sans &ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute;es. <br />
<br />
J'ai d&eacute;nonc&eacute; la man&oelig;uvre grossi&egrave;re. &Agrave; quelques jours des &eacute;lections, l'OQLF et Christine St-Pierre stigmatisent les grandes cha&icirc;nes pour alimenter le spectacle &eacute;lectoral. Apr&egrave;s neuf ans de n&eacute;gligence int&eacute;ress&eacute;e, on brandit la loi.  Cependant, rien de cet &eacute;lan militant ne peut se r&eacute;aliser avant le vote, et aucune intention cr&eacute;dible ne le sugg&egrave;re pour apr&egrave;s...  C'est un autre show de boucane, de la poudre aux yeux, un exercice de marketing.  <br />
<br />
Lors d'une rencontre avec le bureau qu&eacute;b&eacute;cois du Conseil canadien du commerce de d&eacute;tail, les &eacute;changes sont brefs, fructueux et absolument clairs. Sous un gouvernement du Parti qu&eacute;b&eacute;cois, les grandes cha&icirc;nes franciseront leurs marques de commerce. Je propose la mise en place d'un groupe de travail avec une obligation de r&eacute;sultats &agrave; l'int&eacute;rieur d'une &eacute;ch&eacute;ance br&egrave;ve et ferme. Que ce soit par l'atteinte d'une interpr&eacute;tation consensuelle de la Charte de la langue fran&ccedil;aise, par voie r&eacute;glementaire ou par intervention l&eacute;gislative, les grandes cha&icirc;nes devront assortir leur marque de commerce d'un descriptif fran&ccedil;ais.   <br />
<br />
Le CCCD affirme sa volont&eacute; de se conformer &agrave; la Loi sous r&eacute;serve d'une lecture claire et accepte de participer &agrave; l'exercice. Une lettre m'est achemin&eacute;e &agrave; cet effet. Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois publie un communiqu&eacute;. En clair, apr&egrave;s 35 ans de tergiversations, les grandes cha&icirc;nes s'inscrivent dans une d&eacute;marche allant, d&egrave;s les prochains mois, assurer la francisation de l'affichage des marques de commerce qui ne sont pas d&eacute;j&agrave; conformes &agrave; la Loi 101.   <br />
<br />
Na&iuml;f, j'anticipe une r&eacute;action m&eacute;dia consid&eacute;rable. Nous l'attendons au moins &eacute;quivalente &agrave; la couverture initiale du conflit d'abord cr&eacute;&eacute; par le gouvernement &agrave; des fins &eacute;lectorales. Rien. Pas un entrefilet. Le grand vide des vacances...  Les rappels sont vains. Le journaliste qui a &eacute;t&eacute; le premier &agrave; lever l'histoire refuse tout net d'en reparler. Inexplicable...  En tout cas, il n'existe pas d'explication honorable. <br />
<br />
Ma r&eacute;flexion associe cette d&eacute;ception au fait que les Qu&eacute;b&eacute;cois sont au seuil d'une grande d&eacute;cision. Une d&eacute;cision qui d&eacute;terminera leur avenir collectif non seulement en mati&egrave;re de langue, de culture, d'identit&eacute; et de valeurs, mais aussi en termes de d&eacute;veloppement &eacute;conomique, d'emploi, de ressources naturelles, de respect de l'environnement, d'agriculture, d'&eacute;ducation, de sant&eacute;, d'a&icirc;n&eacute;s, de famille et du choix de leur futur pays. Je me r&eacute;p&egrave;te alors qu'ils ne doivent pas s'en remettre seulement &agrave; la pr&eacute;sentation, &agrave; l'analyse et aux recommandations qu'imposent les m&eacute;dias conventionnels. <br />
<br />
Je ne dis pas du tout que les journalistes sont vendus, biais&eacute;s ou malhonn&ecirc;tes. Au contraire. J'envie leur position d'observateurs actifs et de points de convergence de l'information. Ces professionnels oeuvrent dans des conditions de plus en plus difficiles. Ils sont confront&eacute;s &agrave; la concurrence des m&eacute;dias sociaux qui font un tri volatile de ce qui ira ou non au public, et de quelques chroniqueurs souvent mercenaires et pr&ecirc;ts &agrave; tous les raccourcis intellectuels pour faire sensation. Les m&eacute;dias sociaux sont le portrait fluide d'un &eacute;tat d'&acirc;me, un exutoire de passions, l'incubateur des pires travers comme des plus nobles aspirations, le moteur du Printemps &eacute;tudiant et le champ de bataille d'un chef de parti d&eacute;sempar&eacute;.   <br />
<br />
Or rien ne nous emp&ecirc;che d'en faire un v&eacute;hicule de souverainet&eacute; et de social-d&eacute;mocratie, et rien n'emp&ecirc;che nos adversaires d'en faire tout l'oppos&eacute;. On peut y porter les ordres de marche f&eacute;d&eacute;ralistes d'Andr&eacute; Pratte comme les y ridiculiser. Sur les imparfaits et chaotiques m&eacute;dias sociaux, l'information appartient aux usagers, et sa multiplication est au bout du doigt, l&agrave; o&ugrave; on clique, trop rarement encore, sur &laquo; partager &raquo; ou &laquo; retweeter &raquo;. Avec eux, tout se peut, pour de vrai. Leur effervescence est une promesse jet&eacute;e aux audacieux, et la gueule du requin pour les imprudents. C'est donc par ce proc&eacute;d&eacute;, le seul qu'il me reste, que je tente de faire conna&icirc;tre ce succ&egrave;s du Parti qu&eacute;b&eacute;cois en mati&egrave;re linguistique.  <br />
<br />
Les citoyens nous demandent une campagne positive, porteuse d'id&eacute;es, une campagne qui fasse r&ecirc;ver. Rappelons-nous que tout se peut lorsque viendra le temps, bient&ocirc;t, de nous choisir un gouvernement, puis un pays o&ugrave; sertir cette langue mieux prot&eacute;g&eacute;e et promue...  Pour ce faire, les gens doivent s'approprier l'information avec le plus nouveau, mais le plus puissant de ses v&eacute;hicules, et ainsi, au besoin, compl&eacute;ter ou contourner des m&eacute;dias qui ne nous servent pas toujours de fa&ccedil;on juste.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/682443/thumbs/s-QUEBEC-ELECTION-2012-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Jean Charest, ou Le douteux pari du vote estival</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/jean-charest-ou-le-douteu_b_1675072.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1675072</id>
    <published>2012-07-15T22:13:12-04:00</published>
    <updated>2012-09-14T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Si d'ailleurs les étudiants comptent inciter les jeunes à participer à l'élection, dans le respect de la loi, quiconque leur ferait obstacle est bien malvenu.  Le gouvernement a détenu tous les pouvoirs pendant neuf ans et méprisé dans un grand rire les centaines de milliers de jeunes qui ont donné une âme à la rue.  « Allez donc voter si vous n'êtes pas contents! » grogne-t-on, un peu à juste titre, à l'endroit du mouvement étudiant.  Et lorsque le mouvement étudiant souhaite en effet encourager les jeunes à voter, on le menace de sanctions en vertu de la loi électorale.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Le gouvernement lib&eacute;ral de Jean Charest a convaincu plusieurs Qu&eacute;b&eacute;cois qu'il &eacute;tait dans leur int&eacute;r&ecirc;t que les frais de scolarit&eacute; soient dramatiquement augment&eacute;s.  Il a mis&eacute; sur ce que la nature humaine a parfois de moins noble : &laquo; Je veux pas payer! &raquo;.  Ainsi, ce &agrave; quoi on ne contribue pas par nos imp&ocirc;ts devient gratuit par la magie de la droite ou est pay&eacute; par quelqu'un d'autre.  Il n'a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; recourir &agrave; la demie v&eacute;rit&eacute; et au franc mensonge, provoquer une crise sociale et distiller la col&egrave;re afin de s'imposer d&eacute;fenseur de la loi et l'ordre. Le PLQ a ainsi puis&eacute; &agrave; pleines mains dans le march&eacute; d&eacute;j&agrave; mis &agrave; mal d'une ADQ bien malheureuse dans le corset de la CAQ, mais qui en a rapidement pris le contr&ocirc;le id&eacute;ologique.  Sans &eacute;gards pour les enjeux sociaux, interg&eacute;n&eacute;rationnels ou &eacute;conomiques, Jean Charest les a m&ecirc;me fuis, escamot&eacute;s ou travestis afin que tout l'&Eacute;tat ne devienne qu'une machine sacrifi&eacute;e enti&egrave;re &agrave; la r&eacute;&eacute;lection du chef.<br />
 <br />
Pour ce faire, il en a appel&eacute; au soutien souvent complaisant, parfois institutionnel et pas toujours sinc&egrave;re de plusieurs &eacute;ditorialistes et chroniqueurs affirmant qu'une hausse des droits de scolarit&eacute; n'allait avoir aucun effet sur la fr&eacute;quentation des universit&eacute;s.   L'augmentation d'une prix d'un service de 82% n'allait pas en inhiber la consommation.  Adam Smith se gratte la cr&acirc;ne...<br />
 <br />
&Ccedil;a n'a cependant pas si mal march&eacute;.  Assez bien pour qu'on tente de nous refaire le coup.  Cette fois, l'&eacute;nonc&eacute; contraire &agrave; toute logique est que le d&eacute;clenchement en plein &eacute;t&eacute; d'une campagne &eacute;lectorale sert bien la d&eacute;mocratie.  On nous affirme sans broncher qu'on s'y lancera au c&oelig;ur des vacances et qu'on votera au lendemain de la derni&egrave;re longue fin de semaine de l'&eacute;t&eacute; pour que les gens, justement, aient l'esprit libre et puissent le consacrer tout entier &agrave; la campagne &eacute;lectorale.  La meilleure indication que le scrutin pourrait &ecirc;tre annonc&eacute; d&egrave;s le 1er ao&ucirc;t est que plusieurs &laquo; chroniqueurs &raquo; (non-journalistes qui occupent de l'espace m&eacute;dia, plusieurs avec une pertinence certaine, d'autres avec des ordres de marche qui ne le sont pas moins) ont imm&eacute;diatement repris ce &laquo; spin &raquo; au fond tout &agrave; fait idiot du cabinet de Jean Charest.  Ainsi, une campagne &eacute;lectorale allant se d&eacute;rouler enti&egrave;rement au c&oelig;ur des vacances estivales est le geste d'un grand d&eacute;mocrate, et bien s&ucirc;r pas du tout craintif des d&eacute;bats, de la confrontation &agrave; son bilan, de l'argumentaire des &eacute;tudiants qui reprennent le sentier de la guerre, de la Commission Charbonneau, de l'effritement d'un Conseil des ministres qui n'est plus apte &agrave; gouverner...<br />
 <br />
Jean Charest fait le constat que l'&eacute;lectorat du Parti qu&eacute;b&eacute;cois est plus mobile.  En ao&ucirc;t, les travailleurs, la classe moyenne, les familles et les jeunes sont en cong&eacute;, en d&eacute;placement, entre le BBQ et la piscine, sur la c&ocirc;te est des &Eacute;tats-Unis, en Gasp&eacute;sie ou en voyage d'&eacute;change pour les jeunes qui le peuvent.  En menant une campagne au c&oelig;ur des vacances, alors que tous ont l&eacute;gitimement la t&ecirc;te &agrave; tout sauf &agrave; ce dont on les gave &agrave; l'ann&eacute;e, Jean Charest calcule que le Parti qu&eacute;b&eacute;cois aura du mal &agrave; &laquo; sortir son vote &raquo;.<br />
 <br />
En revanche, dans la grande tradition lib&eacute;rale, Jean Charest croit que la client&egrave;le plus &acirc;g&eacute;e lui appartient en propre.  Il assume que ces &eacute;lecteurs plus s&eacute;dentaires seront aussi plus faciles &agrave; faire voter.  Le PLQ s'accroche &agrave; la disposition en effet l&eacute;gitime de bureaux de vote dans les r&eacute;sidences pour a&icirc;n&eacute;s, mais s'oppose avec la l&acirc;chet&eacute; qu'on lui conna&icirc;t &agrave; ce que de tels bureaux soient localis&eacute;s dans les institutions d'enseignement.  C'est cousu de fil blanc, cette tactique d'un cynisme glauque.  Qui s'en &eacute;tonnera?...<br />
 <br />
En d&eacute;veloppant un argumentaire minutieux, les &laquo; spin doctors &raquo; de Jean Charest ont embrigad&eacute; ces m&ecirc;mes rigoureux chroniqueurs et &eacute;ditorialistes derri&egrave;re l'id&eacute;e qu'une campagne estivale n'a pas d'effet &agrave; la baisse sur la participation, alors que c'est de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e qu'elle est &agrave; son plus bas au Qu&eacute;bec avec moins de 60% en 2008.  En v&eacute;rit&eacute;, les strat&egrave;ges de Jean Charest parient que sa tentative d'&eacute;viter la mise &agrave; pied par son propre caucus peut marcher si le taux de participation chute encore, et le plus bas sera le mieux.  Jean Charest suppose que le Parti qu&eacute;b&eacute;cois assumera l'essentiel du recul dans la participation, justement parce que son &eacute;lectorat est mobile, mettant peut-&ecirc;tre quelques comt&eacute;s suppl&eacute;mentaires &agrave; sa port&eacute;e.<br />
 <br />
Je crois que Jean Charest se trompe.  36 ans plus tard, la g&eacute;n&eacute;ration qui essaie de profiter d'une retraite bien m&eacute;rit&eacute;e et pas trop inconfortable dans les r&eacute;sidences de nos a&icirc;n&eacute;s est celle qui a &eacute;lu Ren&eacute; L&eacute;vesque en 1976.  Il est bien r&eacute;volu le temps o&ugrave; le PLQ pouvait emmener voter tout &eacute;lecteur de plus de 65 ans avec la quasi-certitude d'un vote lib&eacute;ral.  Il est bien r&eacute;volu le temps des campagnes de peur.  Il est bien r&eacute;volu le temps o&ugrave; l'accompagnateur de l'a&icirc;n&eacute; dans l'isoloir en incitera un assez grand nombre &agrave; mettre son X &agrave; la &laquo; bonne place &raquo; pour faire la diff&eacute;rence.  Des groupes repr&eacute;sentant les a&icirc;n&eacute;s ont &eacute;t&eacute; parmi les premiers &agrave; soutenir la mobilisation &eacute;tudiante. Ils sont &agrave; bien des &eacute;gards notre conscience, notre sagesse, notre compassion et notre meilleur jugement.  Jean Charest risque fort de payer le gros prix pour sa fourberie, comme John Turner en 1984 et Daniel Johnson fils en 1994.<br />
 <br />
Cette strat&eacute;gie de Jean Charest n'en impose pas moins un rappel n&eacute;vralgique : il faut voter.  Le travailleur de la classe moyenne au chalet avec sa famille &agrave; la F&ecirc;te du travail peut bien pester contre la malhonn&ecirc;tet&eacute; de Jean Charest.  S'il ne l'exprime pas par un X plac&eacute; ailleurs qu'aupr&egrave;s du nom d'un candidat lib&eacute;ral, Jean, lui, il s'en fout.  Il rit.  Au contraire, ce dont le Qu&eacute;bec a besoin, c'est je crois un changement tr&egrave;s net et int&egrave;gre, un programme neuf et m&ucirc;r &agrave; la fois ( www.pq.org ), une &eacute;quipe digne de confiance au sein d'un gouvernement majoritaire.<br />
 <br />
Si d'ailleurs les &eacute;tudiants comptent inciter les jeunes &agrave; participer &agrave; l'&eacute;lection, dans le respect de la loi, quiconque leur ferait obstacle est bien malvenu.  Le gouvernement a d&eacute;tenu tous les pouvoirs pendant neuf ans et m&eacute;pris&eacute; dans un grand rire les centaines de milliers de jeunes qui ont donn&eacute; une &acirc;me &agrave; la rue.  &laquo; Allez donc voter si vous n'&ecirc;tes pas contents! &raquo; grogne-t-on, un peu &agrave; juste titre, &agrave; l'endroit du mouvement &eacute;tudiant.  Et lorsque le mouvement &eacute;tudiant souhaite en effet encourager les jeunes &agrave; voter, on le menace de sanctions en vertu de la loi &eacute;lectorale.  Bien s&ucirc;r, elle doit &ecirc;tre appliqu&eacute;e, mais aussi judicieusement interpr&eacute;t&eacute;e.  Encourager la participation, c'est faire le travail du DGE en plus du DGE ou &agrave; la place du DGE.  C'est sain, l&eacute;gitime et souhaitable.   Nous avons tous bien compris que les &eacute;tudiants ne souhaitent pas dire aux leurs pour qui voter.  Le mouvement veut rappeler pour qui ne pas voter...<br />
 <br />
Le vote est le recours ultime, parfois la seule voix du citoyen en d&eacute;mocratie.  Si au moment d'y recourir on tente de l'en d&eacute;courager par des menaces de sanctions ou par le choix d'une campagne l&acirc;che en plein &eacute;t&eacute;, que reste-il de notre d&eacute;mocratie dont pr&egrave;s de la moiti&eacute; des b&eacute;n&eacute;ficiaires se sont d&eacute;j&agrave; d&eacute;tourn&eacute;s?<br />
 <br />
On souhaiterait toujours que les gens ne votent pas tant contre quelque chose que pour quelque chose d'autre.  L'engagement d'instaurer les &eacute;lections &agrave; date fixe du Parti qu&eacute;b&eacute;cois en est un exemple d'une criante actualit&eacute;.  Ce genre d'exercice passe toutefois par l'information, la discussion et le d&eacute;bat sains.  Jean Charest fait le choix d'&eacute;viter qu'une campagne &eacute;lectorale d&eacute;j&agrave; trop courte n'ait r&eacute;ellement lieu.  Il incite ainsi davantage de Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; ne voter que contre quelque chose, au lieu de le faire en faveur d'un programme, d'une id&eacute;e, d'un pays.  J'ai bon espoir que les Qu&eacute;b&eacute;cois lui en feront payer le prix en votant contre lui, contre son r&eacute;gime, contre la corruption et contre le cynisme qui en seront les signatures historiques.  Ne renon&ccedil;ons quand m&ecirc;me pas &agrave; l'effort de faire un choix &eacute;clair&eacute; parmi les programmes, les id&eacute;es et les candidats.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/685301/thumbs/s-QUEBEC-ELECTION-2012-POLLS-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>PLQ et publicité négative : le mépris génétique du créateur</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/plq-et-publicite-negative_1_b_1632232.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1632232</id>
    <published>2012-06-27T16:50:28-04:00</published>
    <updated>2012-08-27T05:12:06-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Ce gouvernement comprend le droit d'auteur que comme il comprend le droit à l'éducation : redéfini selon ses intérêts du moment.  Pourquoi se plaindraient-ils de ce commentaire?  Il est faux que c'était nos propres images, mais il est vrai que ce sont leurs propres comportements...]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Le Parti lib&eacute;ral du Qu&eacute;bec a dispos&eacute; &agrave; sa guise d'images mises en ligne par un citoyen et sur lesquelles figure Pauline Marois participant &agrave; une manifestation au rythme des casseroles. Le parti de Jean Charest a fait une s&eacute;lection et un montage de certaines images, leur a appliqu&eacute; une texture, les a rendues monochromes, les a ralenties, et a ajout&eacute; le logo du PLQ &agrave; la fin de l'exercice.<br />
 <br />
Le droit d'auteur est un domaine en constante &eacute;volution, et la r&eacute;volution des technologies de l'information, au premier chef Internet, sont venus en bousculer les pratiques et l'application des r&egrave;gles. Certains principes fondamentaux n'en sont pas d&eacute;boulonn&eacute;s pour autant.<br />
 <br />
D'une part, le cr&eacute;ateur d'une &oelig;uvre - au sens large : musique, texte, dessin, peinture ou sculpture, cin&eacute;ma, danse, photographie... - est le seul propri&eacute;taire des droits r&eacute;serv&eacute;s &agrave; l'auteur.  C'est le droit d'auteur, le copyright. Si la cr&eacute;ation est collective, des ententes r&eacute;gissent le partage et la co-propri&eacute;t&eacute; de l'&oelig;uvre, et toute une industrie, l'&eacute;dition, s'est construite sur l'achat et la gestion de droits d'auteurs d&egrave;s lors que le potentiel commercial d'une cr&eacute;ation lui semble le justifier. L'encadrement l&eacute;gal et &eacute;conomique de ce ph&eacute;nom&egrave;ne aux fronti&egrave;res floues est complexe et anim&eacute; de d&eacute;bats d'&eacute;rudits dont les cr&eacute;ateurs font souvent les frais.<br />
 <br />
Lorsque le type qui nous sert de premier ministre affirme que les images usurp&eacute;es &eacute;taient du domaine public - libres de droit selon certaines r&egrave;gles - il &eacute;tale son ignorance. La pr&eacute;sence d'une cr&eacute;ation sur Internet ne la lib&egrave;re pas de l'autorit&eacute; du droit d'auteur. La difficult&eacute; de faire valoir ce droit cr&eacute;e cette confusion, et la puissante industrie des t&eacute;l&eacute;communications en fait parfois ses choux gras. Il le sait.<br />
 <br />
Ainsi, le Parti lib&eacute;ral du Qu&eacute;bec s'en empar&eacute; ill&eacute;galement d'images et les a reproduites, utilis&eacute;es et diffus&eacute;es &agrave; son b&eacute;n&eacute;fice. Il s'agit sans &eacute;quivoque d'une violation du droit d'auteur dont monsieur S&eacute;guin est le seul propri&eacute;taire. En modifiant les images et en leur conf&eacute;rant une intention qui n'est pas celle du cr&eacute;ateur, le PLQ viole en plus le droit moral de l'auteur. On ne peut pas, en vertu de la loi, aussi lib&eacute;ralement associer une &oelig;uvre &agrave; une intention diff&eacute;rente, contraire ou odieuse aux yeux de son cr&eacute;ateur.<br />
 <br />
Bien s&ucirc;r, comme plusieurs l'ont mentionn&eacute;, monsieur S&eacute;guin peut ne pas avoir les moyens de faire valoir son droit. C'est un vice du syst&egrave;me dont des industries enti&egrave;res se gavent. De m&ecirc;me, les difficult&eacute;s technologiques font en sorte que les petits voleurs se revendiquent d'une libert&eacute; bien &eacute;tonnante en copiant, volant et commercialisant des contenus &laquo; disponibles &raquo; sur Internet. Ce sont des pirates qui minent un des moteurs de notre syst&egrave;me &eacute;conomique : la propri&eacute;t&eacute; intellectuelle. Le droit d'exploitation commerciale d'une cr&eacute;ation originale.<br />
 <br />
Enfin, on a pr&eacute;tendu, stupidement dirais-je, que la publicit&eacute; n'&eacute;tait pas n&eacute;gative puisqu'elle mettait en ligne des images de Pauline Marois sans y ajouter de commentaires. Marshall McLuhan eut souri. Le m&eacute;dium est le message.  Le simple fait que le PLQ, avant m&ecirc;me de les avoir trafiqu&eacute;es, reprenne &agrave; son compte des images o&ugrave; figure Pauline Marois est porteur d'une intention n&eacute;gative.<br />
 <br />
Tous &ccedil;a vient d'un gouvernement et d'un parti qui n'envisagent pas d'avenir &agrave; leur chef au-del&agrave; du mois de septembre s'il ne d&eacute;clenche pas d'&eacute;lections. D&egrave;s lors, l'improvisation fait foi de tout. Rappelons-nous toutefois que la ministre de la Culture de ce gouvernement insultait gravement les cr&eacute;ateurs qu&eacute;b&eacute;cois il y a quelques semaines &agrave; peine, les associant avec hargne &agrave; &laquo; la violence et l'intimidation &raquo;.  Rappelons-nous que ce gouvernement a regard&eacute; sans broncher la loi C-11 &ecirc;tre vot&eacute;e par le Parlement du Canada alors qu'elle pose des menaces extr&ecirc;mement graves aux cr&eacute;ateurs, aux entreprises culturelles et en particulier &agrave; l'&eacute;dition litt&eacute;raire du Qu&eacute;bec. Rappelons-nous enfin que c'est g&ecirc;n&eacute;, sans trop comprendre et le regard fuyant que ce m&ecirc;me gouvernement Charest est incapable de nous assurer que le Canada prot&eacute;gera toute la complexit&eacute; de la n&eacute;vralgique exception culturelle dans la n&eacute;gociation &eacute;lastique d'un trait&eacute; de libre-&eacute;change entre le Canada et l'Union europ&eacute;enne. Une exception culturelle qui est l'objet d'un trait&eacute; international, et qui est n&eacute;e ici, au Qu&eacute;bec.<br />
 <br />
De fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, le bilan du gouvernement de Jean Charest est un recul historique &agrave; de nombreux &eacute;gards pour le Qu&eacute;bec. Si la dilapidation de nos ressources naturelles et la soumission aux lobbys des hydrocarbures, l'honteuse provocation d'un affrontement avec toute une jeunesse et tout ce que le Qu&eacute;bec a de progressif ou les reculs syst&eacute;matiques du fran&ccedil;ais ont fait les manchettes, il y a des enjeux qui ne sont pas moins importants, n'ont &eacute;t&eacute; que trop peu abord&eacute;s, et sous la lorgnette des lib&eacute;raux ne sont dignes que de m&eacute;pris.   <br />
 <br />
Ce gouvernement comprend le droit d'auteur que comme il comprend le droit &agrave; l'&eacute;ducation : red&eacute;fini selon ses int&eacute;r&ecirc;ts du moment.  Pourquoi se plaindraient-ils de ce commentaire?  Il est faux que c'&eacute;tait nos propres images, mais il est vrai que ce sont leurs propres comportements...]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/661152/thumbs/s-MAROIS-PUB-PLQ-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Élastique linguistique et Fête nationale</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/elastique-linguistique-et_1_b_1622419.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1622419</id>
    <published>2012-06-24T12:50:18-04:00</published>
    <updated>2012-08-24T05:12:03-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Lors de la prochaine campagne électorale, deux visions s'affronteront.  Même si le format de nos campagnes s'y prête peu, le gouvernement du Parti libéral devrait justifier la permission accordée de recourir aux écoles passerelles.  Il se ferait rappeler son incohérence dans sa négation, puis son aveu timide et enfin sa soudaine attitude vindicative en matière d'affichage.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[R&eacute;cemment,  Christine St-Pierre r&eacute;duisait le Forum mondial de la langue fran&ccedil;aise, la semaine prochaine &agrave; Qu&eacute;bec, &agrave; une occasion de redorer notre blason entach&eacute; par &laquo; la violence et l'intimidation &raquo; imput&eacute;s au mouvement &eacute;tudiant, conform&eacute;ment au PowerPoint du premier ministre coul&eacute; au Parti qu&eacute;b&eacute;cois.  &Agrave; la veille de la visite de mille cinq cents jeunes francophones de partout, c'est plut&ocirc;t de l'exemple qu'elle donne en mati&egrave;re de pr&eacute;servation de la langue fran&ccedil;aise dont elle doit avoir honte.  Et au contraire, outre des abus aux marges comme en connaissent tous les mouvements, le Printemps &eacute;tudiant doit enorgueillir tout le Qu&eacute;bec d'une jeunesse en &eacute;veil alors qu'on la croyait l&eacute;thargique.<br />
 <br />
La semaine derni&egrave;re, au hasard d'une fuite &eacute;tonnante aux m&eacute;dias, la ministre se faisait soudain vindicative &agrave; l'encontre de commerces qui demandaient des compl&eacute;ments d'information au bout de quelques semaines d'&eacute;changes avec l'OQLF en mati&egrave;re d'affichage.  Elle a brandi avec passion la menace de ces poursuites dont elle s'est montr&eacute;e si avare depuis son entr&eacute;e en poste, alors que certains commerces de son propre comt&eacute; sont en contravention depuis des ann&eacute;es...   &Agrave; moins de trois mois des &eacute;lections suppos&eacute;es, le proc&eacute;d&eacute; met en lumi&egrave;re qu'il faudra davantage que cette vulgaire r&eacute;cup&eacute;ration pour faire oublier un bilan bien peu montrable &agrave; la face du monde.<br />
 <br />
Enfin, le Conseil sup&eacute;rieur de la langue fran&ccedil;aise publiait vendredi dernier une &eacute;tude particuli&egrave;rement int&eacute;ressante sur la perception qu'ont les Qu&eacute;b&eacute;cois de la situation linguistique et leurs aspirations &agrave; ce sujet.<br />
 <br />
Dans ce contexte apparu &agrave; la veille de notre F&ecirc;te nationale, rappelons qu'environ un demi milliard de citoyens du monde vivent dans des pays dont la langue commune est principalement l'anglais : Angleterre, &Eacute;tats-Unis, Irlande, &Eacute;cosse, Australie, Canada, Nouvelle-Z&eacute;lande, plusieurs &icirc;les des mers du sud...  C'est consid&eacute;rable, mais moins que la population des pays dont la langue commune est le mandarin, l'hindi ou l'arabe.  Ce ne sont toutefois pas des langues internationales comme le sont l'anglais et dans une moindre mesure le fran&ccedil;ais.<br />
 <br />
Il est incontestable que l'anglais est la langue franche &agrave; l'&eacute;chelle plan&eacute;taire.  M&ecirc;me si on nous emplit de balivernes quant au fait que tout le monde sauf les petits Qu&eacute;b&eacute;cois parlent couramment anglais, c'est faux.  M&ecirc;me dans les milieux touristiques europ&eacute;ens, l'anglais n'est pas si r&eacute;pandu, et dans un pays comme l'Inde dont c'est une langue officielle, assez peu de gens le parlent.  Ainsi, malgr&eacute; quelques nuances, il est pertinent pour les Qu&eacute;b&eacute;cois de ma&icirc;triser l'anglais, surtout dans l'environnement am&eacute;ricain.  L'anglais est essentiel pour ceux qui nous repr&eacute;sentent dans les secteurs du commerce, des t&eacute;l&eacute;communications, du tourisme, de la finance, de la haute technologie et quelques autres.  Il est un compl&eacute;ment utile pour ceux qui, au quotidien, travaillent dans des domaines qui ne le requi&egrave;rent pas.  Il va de soi que la pr&eacute;f&eacute;rence personnelle ou l'unilinguisme de l'employeur ne devraient pas d&eacute;finir cette pertinence.<br />
 <br />
De fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, l'&eacute;tude du Conseil sup&eacute;rieur de la langue fran&ccedil;aise, Importance et priorit&eacute; du fran&ccedil;ais pour la population qu&eacute;b&eacute;coise, sugg&egrave;re que les Qu&eacute;b&eacute;cois, y compris ceux d'expression anglaise, sont attach&eacute;s au fran&ccedil;ais dans leur vie sociale, culturelle ou identitaire.  En revanche, le fran&ccedil;ais est per&ccedil;u comme d'importance &eacute;gale ou moindre que le bilinguisme ou l'anglais en mati&egrave;re d'&eacute;conomie, d'emploi ou m&ecirc;me de relations avec nos institutions et notre immigration.  Il importe, sans jugement de valeur, d'en prendre acte.  Tendance lourde, fortement implant&eacute;e chez les jeunes, on r&eacute;pugne &agrave; y opposer la contrainte, confiants que nous sommes que dans un avenir pr&eacute;visible au moins, le fran&ccedil;ais ne dispara&icirc;tra pas. L'&eacute;tude r&eacute;v&egrave;le un Qu&eacute;bec sans complexe &agrave; bien des &eacute;gards, mais aussi sans inqui&eacute;tudes jusqu'&agrave; l'imprudence &agrave; certains autres, tant dans sa relation avec le fran&ccedil;ais que l'anglais.<br />
  <br />
Cette insouciance appara&icirc;t relativement r&eacute;cente, et pas du tout irr&eacute;versible.  Les scrupules des Qu&eacute;b&eacute;cois, historiquement refl&eacute;t&eacute;s par ceux de leurs &eacute;lus, sugg&egrave;rent que tant que le fran&ccedil;ais est un trait distinctif du Qu&eacute;bec, les mesures davantage per&ccedil;ues comme coercitives en regard des services en anglais aux immigrants ou de l'application de la Loi 101 au niveau coll&eacute;giale heurtent la bonne conscience.  Pour l'&Eacute;tat, enseigner dans la langue officielle avec la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; que ce soit pratiquement gratuit, recevoir les immigrants dans la langue officielle, traiter avec les entreprises dans la langue officielle, tous des comportements normaux dans tous les pays du monde, sont vus comme des contraintes par beaucoup de ceux-l&agrave; m&ecirc;mes dont ces choix visent &agrave; perp&eacute;tuer la langue, la culture et l'identit&eacute;.<br />
  <br />
Lors de la prochaine campagne &eacute;lectorale, deux visions s'affronteront.  M&ecirc;me si le format de nos campagnes s'y pr&ecirc;te peu, le gouvernement du Parti lib&eacute;ral devrait justifier la permission accord&eacute;e de recourir aux &eacute;coles passerelles.  Il se ferait rappeler son incoh&eacute;rence dans sa n&eacute;gation, puis son aveu timide et enfin sa soudaine attitude vindicative en mati&egrave;re d'affichage. Il devrait expliquer la perp&eacute;tuation d'une approche en effet schizophr&egrave;ne dans l'accueil des immigrants en mati&egrave;re linguistique.  Il serait questionn&eacute; sur la tol&eacute;rance dans la nomination de cadres unilingues anglophones dans nos propres soci&eacute;t&eacute;s d'&Eacute;tat.  Il porterait le poids du doute pour son application intransigeante d'une mesure d'enseignement intensif de l'anglais soumise aux attentes d'int&eacute;r&ecirc;ts particuliers, mais contraire aux recommandations des enseignants et des experts en termes p&eacute;dagogiques et de ressources disponibles.<br />
 <br />
Le gouvernement actuel aura &eacute;t&eacute; en poste pr&egrave;s de dix ans.  Il en aura fallu bien moins &agrave; celui de Ren&eacute; L&eacute;vesque pour transformer et franciser dans l'enthousiasme le visage du Qu&eacute;bec. Le gouvernement de Jean Charest ne peut plus imputer au Parti qu&eacute;b&eacute;cois son pi&egrave;tre bilan en mati&egrave;re linguistique. <br />
 <br />
Je soumets pour ma part que le message, voulu ou non, qu'a communiqu&eacute; ce gouvernement est justement celui de l'importance plus grande de l'anglais que du fran&ccedil;ais en &eacute;conomie, en emploi, en relations internationales, rel&eacute;guant toujours un peu plus le fran&ccedil;ais aux domaines plus l&eacute;gers mais bien visibles des arts et de la culture.   Il n'y a qu'un pas pour conclure &agrave; une renonciation passive au fran&ccedil;ais, une tol&eacute;rance complaisante des reculs, un aveuglement et un mensonge &agrave; soi-m&ecirc;me qui facilite celui servi aux autres, et au b&eacute;n&eacute;fice d'int&eacute;r&ecirc;ts politiques &agrave; plus court terme: financement, espoir de victoire &eacute;lectorale, obstacle &agrave; la souverainet&eacute; en n'affrontant pas le f&eacute;d&eacute;ral...  Le prix &agrave; payer pour &eacute;viter ce qui, partout ailleurs, est une aspiration normale.<br />
 <br />
Le message implicite mais insistant de cette politique ne peut qu'avoir &eacute;t&eacute; une raison importante de ce que r&eacute;v&egrave;le l'&eacute;tude du CSLF : l'anglais, c'est la vraie affaire, le fran&ccedil;ais, c'est sympa.  Vous voulez le bien de vos enfants, assurez-vous d'abord de leur ma&icirc;trise de l'anglais, au d&eacute;triment s'il le faut du fran&ccedil;ais, des math&eacute;matiques, des sciences et surtout de l'histoire.  En revanche, les arts se d&eacute;ployant singuli&egrave;rement bien dans l'adversit&eacute;, ils seront un bouillon fertile pour pr&eacute;server au fran&ccedil;ais une image de dynamisme invincible. Or l'ambigu&iuml;t&eacute; pas tr&egrave;s courageuse ne rend service ni aux francophones, ni aux Anglais, ni aux immigrants.  Elle entretient une confusion co&ucirc;teuse, nuisible aux objectifs d'int&eacute;gration, et g&eacute;n&eacute;ratrice de conflits. L'amour de la langue peut devoir aussi s'exprimer par une salutaire fermet&eacute;.<br />
 <br />
En revanche, sans cet amour de notre langue, de notre culture et de nos arts, rien n'est possible, et le consensus autour de ce sentiment est, lui, un h&eacute;ritage formidable de messieurs Laurin et L&eacute;vesque qu'il faudra ch&eacute;rir &agrave; travers les r&eacute;flexions &agrave; venir.  Parmi celles-ci, la n&ocirc;tre sugg&egrave;re que bien des tergiversations seront d&eacute;su&egrave;tes si comme tous ceux qui le peuvent, le peuple qu&eacute;b&eacute;cois s'empare enfin et bient&ocirc;t de sa souverainet&eacute; politique.<br />
 <br />
Le duo St-Pierre-Charest a tir&eacute; bien fort sur l'&eacute;lastique linguistique, croyant les Qu&eacute;b&eacute;cois engourdis comme ils l'ont cr&ucirc; des &eacute;tudiants en cr&eacute;ant un affrontement d'autant plus odieux qu'il a &eacute;t&eacute; calcul&eacute;. Je parie que cet &eacute;lastique-l&agrave; aussi va casser, mais que l'&eacute;ch&eacute;ance &eacute;lectorale leur &eacute;vitera que la cassure ne s'exprime autrement que par un vote de d&eacute;barras et un vote de remplacement par une &eacute;quipe qui sait que d&eacute;finir le changement, c'est aussi d&eacute;finir au profit de qui il s'imposera.  Ce qui nous ram&egrave;ne &agrave; la langue, la culture, les valeurs, l'identit&eacute;, et le pays.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--234732--HH><br />
<br><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--234664--HH><br />
<br><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--234656--HH><br />
<br><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--234672--HH>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/642731/thumbs/s-CHRISTINE-ST-PIERRE-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Mensonge d'État, droit à l'éducation et brillante jeunesse</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/mensonge-etat-education-brillante_b_1535318.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1535318</id>
    <published>2012-05-22T06:24:12-04:00</published>
    <updated>2012-07-22T05:12:24-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Aujourd'hui, le droit à l'éducation dans la bouche de Jean Charest, c'est un mensonge d'État promu par la violence d'État. Pensez à Jean Charest comme à un lobbyiste et surtout pas un homme d'État, et tout devient plus clair.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Presque toutes les revendications &eacute;tudiantes, depuis des d&eacute;cennies, s'articulent autour du droit &agrave; l'&eacute;ducation.  Reconnu sur les plus importantes tribunes internationales, le droit &agrave; l'&eacute;ducation, c'est d'abord l'accessibilit&eacute;.  Accessibilit&eacute; g&eacute;ographique dans de nombreux pays &eacute;mergents, accessibilit&eacute; ethno-politique dans plusieurs pays qui pratiquent la discrimination raciale, culturelle ou tribale, et accessibilit&eacute; &eacute;conomique &agrave; peu pr&egrave;s partout ailleurs.<br />
 <br />
Avec l'&eacute;mergence de la nation qu&eacute;b&eacute;coise, l'accessibilit&eacute; est, ici, d'abord &eacute;conomique afin de permettre &agrave; un peuple moins scolaris&eacute; de rejoindre le peloton de t&ecirc;te de l'OCDE.  Le droit &agrave; l'&eacute;ducation passe donc par la capacit&eacute; de se la payer.  Avant la R&eacute;volution tranquille, combien de parents ont trim&eacute; dur et &eacute;pargn&eacute; dans le but d'offrir davantage d' &laquo; instruction &raquo; souvent &agrave; un seul des leurs, comme un talisman magique vers la libert&eacute; et une vie meilleure?<br />
 <br />
Depuis quelques semaines, le droit &agrave; l'&eacute;ducation est devenu celui de forcer la tenue de cours malgr&eacute; une gr&egrave;ve l&eacute;gitimement vot&eacute;e par la majorit&eacute; des participants &agrave; l'assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale d'une association &eacute;tudiante. Institution l&eacute;galement constitu&eacute;e, comme un syndicat, un conseil d'administration, ou un parlement.  Cette r&eacute;&eacute;criture du droit &agrave; l'&eacute;ducation est le pr&eacute;texte du gouvernement Charest pour casser les reins mouvement &eacute;tudiant.  Le droit &agrave; l'&eacute;ducation, c'est le recours encourag&eacute; par le gouvernement Charest &agrave; des injonctions en chapelets pour &eacute;radiquer les revendications d'accessibilit&eacute; &eacute;conomique d'une g&eacute;n&eacute;ration pourtant pr&ecirc;te &agrave; prendre des bleus au b&eacute;n&eacute;fice des suivantes.  <br />
 <br />
Aujourd'hui, le droit &agrave; l'&eacute;ducation dans la bouche de Jean Charest, c'est un mensonge d'&Eacute;tat promu par la violence d'&Eacute;tat.<br />
 <br />
Pensez &agrave; Jean Charest comme &agrave; un lobbyiste et surtout pas un homme d'&Eacute;tat, et tout devient plus clair.  Imaginons un  ami lui sugg&eacute;rant de laisser en h&eacute;ritage, et pour des consid&eacute;rations futures qu'il ne regrettera pas, une hausse importante des droits de scolarit&eacute; universitaires, d&eacute;gel&eacute;s depuis longtemps par plusieurs subterfuges.  Les universit&eacute;s manquent d'argent, les industriels manquent de contr&ocirc;le sur les dipl&ocirc;mes qu'ils veulent &laquo; utiles &raquo;, et &laquo; on ne veut surtout pas payer pour &ccedil;a.  Tu m'entends bien, Jean?! &raquo;.<br />
 <br />
Mandat accept&eacute;.  Raymond Bachand proc&egrave;de.  Line Beauchamp applique.  Jean-Marc Fournier cautionne.  Les &eacute;tudiants s'engagent alors dans une mobilisation sans pr&eacute;c&eacute;dent au Qu&eacute;bec dont l'ampleur, quoi qu'on en dise, n'est pas moins une source de fiert&eacute; au plan international que C&eacute;line Dion ou le Cirque du Soleil.  Le Qu&eacute;bec sait encore se lever et scander ses id&eacute;aux.<br />
 <br />
Jean Charest est surpris, mais pas &agrave; court de ressources.  Ses amis chez National sont arros&eacute;s de contrats gouvernementaux &agrave; l'ann&eacute;e, alors quand vient le temps de conseiller le Premier ministre, c'est b&eacute;n&eacute;vole.  C'est par amiti&eacute;.  Bien r&eacute;cup&eacute;r&eacute;, le conflit &eacute;tudiant pourrait m&ecirc;me ouvrir une fen&ecirc;tre &eacute;lectorale.  Il faut pour &ccedil;a provoquer puis r&eacute;cup&eacute;rer une suite &agrave; la violence.  Victoriaville - &eacute;pisode &agrave; relire &agrave; la lumi&egrave;re des derniers jours - aurait fait p&acirc;lir d'envie bien des tyrans.  Il faut aussi, et &agrave; tout prix, que le d&eacute;bat ne porte pas sur les enjeux &eacute;conomiques.  La hausse des droits de scolarit&eacute; est une calembredaine &eacute;conomique.  Le th&egrave;me de la loi et l'ordre devient alors n&eacute;vralgique.  Il permet en plus &agrave; Jean Charest de piger &agrave; deux mains dans la client&egrave;le de la CAQ redevenue de recul en recul cette bonne vieille ADQ bien &agrave; droite, bien &eacute;troite.<br />
 <br />
&Ccedil;a aurait pu marcher, mais on ne pr&eacute;voit pas l'impr&eacute;visible...  Les &eacute;tudiants sont d&eacute;bord&eacute;s mais organis&eacute;s, &eacute;puis&eacute;s mais articul&eacute;s, inexp&eacute;riment&eacute;s face aux m&eacute;dias mais charismatiques, id&eacute;alistes mais raisonnables.  De son c&ocirc;t&eacute;, le Parti qu&eacute;b&eacute;cois tangue bien un peu, d&eacute;termin&eacute; &agrave; ne pas reculer sur ses convictions, mais pr&eacute;serve ses appuis gr&acirc;ce &agrave; une chef pour qui &laquo; garder le cap &raquo; est devenu un gage de succ&egrave;s.  Amir Khadir n'attache plus ses chaussures, au cas o&ugrave;, et l'ADQ regarde son fond de commerce glisser vers le PLQ...<br />
 <br />
Se succ&egrave;dent alors les &eacute;pisodes d'improvisation, de provocation, et de violence d&eacute;ploy&eacute;s sous l'autorit&eacute; de Jean Charest, cach&eacute; derri&egrave;re le bouclier de policiers dont plusieurs pourtant sont aussi des parents, les administrations coll&eacute;giales dont certaines c&egrave;dent sous la pression, et une ministre qui, d&eacute;go&ucirc;t&eacute;e, finit par claquer la porte.  Pas seulement comme ministre, mais aussi comme d&eacute;put&eacute;e.  Ce dont elle disait elle-m&ecirc;me il y a quelques semaines qu'il s'agit d'un d&eacute;saveu du chef...<br />
 <br />
C'est dans cet intervalle que quelqu'un quelque part aura eu la bonne id&eacute;e de r&eacute;cup&eacute;rer la notion du droit &agrave; l'&eacute;ducation pour en faire ce qu'il n'est pas.  Progressivement, le discours s'installe, s'affine, distillant la vindicte populaire et alimentant quelques chroniques d&eacute;biles.  Lorsque le fruit sera aussi m&ucirc;r que possible, lorsque la fen&ecirc;tre &eacute;lectorale sera bel et bien ferm&eacute;e, alors par pur d&eacute;pit l'aboutissement sera de transformer ce mensonge d'&Eacute;tat en une loi.  Ne manquait qu'une autre ministre accueillie avec espoir, mais dont on comprendra tr&egrave;s vite qu'elle a d&eacute;j&agrave; accept&eacute; de piloter une loi &eacute;crite depuis un bon moment, dans un sc&eacute;nario envisag&eacute; depuis le tout d&eacute;but.  Peut-&ecirc;tre la loi plus ignoble que l'Assembl&eacute;e nationale du Qu&eacute;bec ait &eacute;t&eacute; appel&eacute;e &agrave; voter.  <br />
 <br />
Attention toutefois : quand je dis &laquo; chronique d&eacute;bile &raquo;, je ne parle pas de toutes celles qui sont en faveur de la hausse des droits de scolarit&eacute;.  Plusieurs citoyens le sont, plusieurs &eacute;lecteurs de ma circonscription le sont, plusieurs journalistes, &eacute;ditorialistes et chroniqueurs le sont.  Mais quelques r&eacute;dacteurs de textes mercenaires qui ne se rangent dans aucune des cat&eacute;gories mentionn&eacute;es disent aussi l'&ecirc;tre, d&eacute;gorgeant le propos haineux contre toute une g&eacute;n&eacute;ration sur laquelle ils cracheront encore lorsqu'elle paiera leur pension et leurs soins de sant&eacute;, et le d&eacute;ficit accumul&eacute; pour leur payer, &agrave; eux, un dipl&ocirc;me universitaire pas cher.  Vendeurs de publicit&eacute; qui n'h&eacute;sitent pas &agrave; transmettre le mensonge d'&Eacute;tat &agrave; l'effet qu'un &eacute;tudiant qui n'est pas en gr&egrave;ve est un &eacute;tudiant favorable &agrave; la hausse.<br />
 <br />
Il y a des gens favorables &agrave; la hausse, et d'autres non.  Il y a l&agrave; des gens qui croient encore, apr&egrave;s neuf ans de d&eacute;construction lib&eacute;rale, que ce que l'&Eacute;tat ne paie plus devient gratuit, mais il y a ceux qui r&eacute;alisent que la facture de 1 700$, elle va sortir de leur portefeuille de parent.  Enfin, bien peu de gens savent que les dipl&ocirc;m&eacute;s universitaires comptent pour 35% des revenus de l'&Eacute;tat, qu'ils ne sont que 15% des contribuables, et ne repr&eacute;sentent que 8% des d&eacute;penses de l'&Eacute;tat.  Pour chaque jeune qui n'obtient pas son dipl&ocirc;me universitaire, c'est un &Eacute;tat plus pauvre, un a&icirc;n&eacute; moins bien soign&eacute;, une pension moins garnie.  L' &laquo; instruction &raquo;, disait le vieux mononcle, est notre plus grande richesse.  L'ignorance est donc notre plus abjecte pauvret&eacute;.<br />
 <br />
Parlant d'ignorance, presque personne ne sait que chaque ann&eacute;e, les universit&eacute;s qu&eacute;b&eacute;coises lancent sur le march&eacute; plus ou moins 50 000 dipl&ocirc;m&eacute;s de premier cycle qui, en moyenne, paieront plus de 300 000$ de plus en taxes et en imp&ocirc;ts au cours de leur carri&egrave;re qu'un dipl&ocirc;m&eacute; du secondaire.  Faites le calcul : &agrave; c&ocirc;t&eacute; de &ccedil;a, le Plan Nord est un nain &eacute;conomique en termes de revenus pour l'&Eacute;tat.  Le r&eacute;sultat de la hausse, c'est un Qu&eacute;bec durablement appauvri.  &Ccedil;a doit bien servir les int&eacute;r&ecirc;ts de quelqu'un.<br />
 <br />
Ce d&eacute;bat-l&agrave; doit &ecirc;tre &eacute;vit&eacute; &agrave; tout prix, d&eacute;cr&egrave;te-t-on loin l&agrave;-bas, loin l&agrave;-haut..  Au prix des libert&eacute;s fondamentales d'association, de r&eacute;union, d'opinion, d'expression...?  Au prix du droit &agrave; l'&eacute;ducation?  Facile...  Loi 78.  Si le d&eacute;bat sur les enjeux &eacute;conomiques de la hausse des frais de scolarit&eacute; avait eu lieu, jamais le gouvernement n'aurait pu d&eacute;poser cette loi beaucoup trop sp&eacute;ciale.<br />
 <br />
Au c&oelig;ur de ce cloaque, les in&eacute;vitables d&eacute;rapages se multiplient, les temp&eacute;raments s'&eacute;chauffent, les impatiences se f&acirc;chent, et des gestes d&eacute;plorables sont commis par peur, par abrutissement, par nervosit&eacute;, par d&eacute;sinformation, et par opportunisme...  On doit y r&eacute;agir par un appel &agrave; la raison, quoiqu'en disent les plus militants d'entre nous.  Ne devenons pas comme eux en reprenant leurs m&eacute;thodes.  D&eacute;non&ccedil;ons aussi ceux qui ont la casse pour loisir organis&eacute; comme d'autre le hockey ou la p&eacute;tanque.  Mais surtout, ne cautionnons pas cet amalgame entre &eacute;tudiants, gr&eacute;vistes et casseurs que le gouvernement a choisi comme pierre angulaire de sa strat&eacute;gie.  <br />
 <br />
La jeunesse qu&eacute;b&eacute;coise est aujourd'hui, alors que se d&eacute;ploie une petite r&eacute;volution qui leur appartient, plus riche d'un enseignement formidable : elle est plus forte unie que divis&eacute;e, elle n'est pas une g&eacute;n&eacute;ration g&acirc;t&eacute;e mais une g&eacute;n&eacute;ration qui doit, peut et sait se battre, plus forte avec une pancarte qu'une manette de Nintendo, avec habilet&eacute; sur les m&eacute;dias sociaux, et capable d'&eacute;branler les plus massives colonnes des plus odieux temples.<br />
 <br />
Sans renoncer &agrave; cette n&eacute;cessaire vigilance, elle a d&eacute;j&agrave; gagn&eacute; : la loi 78 sera abolie, la hausse de 82% des droits de scolarit&eacute; annul&eacute;e, et la r&eacute;forme n&eacute;cessaire de l'enseignement sup&eacute;rieur ne sera fera qu'avec eux autour de la table, partenaires &agrave; part enti&egrave;re d'une entente valable et durable.<br />
 <br />
Dans l'intervalle, si vous avez une minutes, dites merci &agrave; cette jeunesse qui redonne une &acirc;me au Qu&eacute;bec.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/615887/thumbs/s-JEAN-CHAREST-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Méfiez-vous du &quot;spin&quot;!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/greve-etudiante-medias_b_1468024.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1468024</id>
    <published>2012-05-02T00:46:00-04:00</published>
    <updated>2012-07-01T05:12:24-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Dans un système où la soi-disant opinion prend de plus en plus de place au détriment de l'information, les « spin doctors » - rien de plus que des lobbyistes de la nouvelle - se paient la traite. Le commerce de la sensation a pour effet qu'à quelques louables exceptions près, on alimente le public de détails truculents sur les manifestations, et qu'on n'a que peu à dire sur les enjeux économiques du débat]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[La pratique est commune et pas toujours &eacute;l&eacute;gante.  Tout le monde y recoure, des association &eacute;tudiantes aux  partis politiques, en passant par les universit&eacute;s et les groupes de pression &agrave; caract&egrave;re &eacute;conomique.  En fran&ccedil;ais, on pourrait parler de &laquo; passer le mot &raquo;, mais avec une certaine insistance, davantage un mot d'ordre int&eacute;ress&eacute; qu'une information, et le d&eacute;sir d'influencer les m&eacute;dias et les d&eacute;cideurs afin, ultimement, de peser sur l'opinion publique.<br />
<br />
Prenons en exemple l'obstination de certains - dont un &eacute;ditorialiste qui ne fait pas ainsi honneur &agrave; la rigueur intellectuelle attendue de sa profession - &agrave; r&eacute;p&eacute;ter que les &eacute;tudiants en gr&egrave;ve repr&eacute;sentent l'opinion d'une minorit&eacute; d'entre eux. Si donc le tiers des &eacute;tudiants sont en gr&egrave;ve, le gouvernement n'a pas &agrave; se soumettre &agrave; la volont&eacute; d'une minorit&eacute;. C'est ridiculement court, surtout pour un gouvernement choisi par quelque chose comme 40% de 60% des &eacute;lecteurs du Qu&eacute;bec, mais si on ne s'y attarde pas, &ccedil;a a l'air plein de bon sens et ce sera repris par des chroniqueurs et des animateurs radio et t&eacute;l&eacute; qui aiment la formule choc sans trop d'&eacute;gards pour la v&eacute;rit&eacute;.<br />
<br />
En effet, selon ce raisonnement dont l'auteur m&ecirc;me sait qu'il est ridicule, les &eacute;tudiants qui ne sont pas en gr&egrave;ve sont en accord avec la hausse. Je vous laisse juger de cette analyse. Ainsi, on doit croire que les trois quarts des Qu&eacute;b&eacute;cois que les sondages disent insatisfaits du gouvernement Charest sont au contraire tr&egrave;s heureux de sa gestion parce qu'il n'y a pas six millions de Qu&eacute;b&eacute;cois dans la rue. Ou pour chaque d&eacute;cision du gouvernement, si cet &eacute;ditorialiste et ceux qui s'en inspirent ne sont pas dans la rue, c'est parce qu'au fond, il sont d'accord. Avec tout. Tout le temps.<br />
<br />
Autre exemple: la hausse des droits de scolarit&eacute; repr&eacute;sente cinquante sous par jour, et cinquante sous par jour, selon ce &laquo; mot d'ordre &raquo;, c'est bien peu.  C'est encore une fois ridiculement faux, notamment parce que cumulatif. Un raisonnement similaire permettrait qu'on exige une contribution, toutes proportions gard&eacute;es selon leurs revenus respectifs, certainement dix fois plus &eacute;lev&eacute;e d'un &eacute;ditorialiste que d'un &eacute;tudiant.  Pour le bien public. Pour n'importe quoi. C'est si peu...  On ajoutera donc &agrave; la charge de notre &eacute;ditorialiste une somme qui sera au moins de 1 000$ par ann&eacute;e, pendant sept ans, pour environ 7000$ par ann&eacute;e de plus au terme de l'exercice. Si mon calcul n'est pas bon, celui de ceux qui r&eacute;p&egrave;tent avec une affligeante mauvaise fois que c'est un acceptable cinquante sous par jour ne l'est pas davantage.<br />
<br />
Un dernier exemple, et ce &laquo; mot d'ordre &raquo; vient assez directement du gouvernement: le Parti qu&eacute;b&eacute;cois <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/pauline-marois-droits-de-scolarite_b_1400791.html" target="_hplink">n'aurait pas de position sur les droits de scolarit&eacute;</a>. C'est le plus vicieux, donc le moins surprenant. Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois a adopt&eacute; sa position actuelle lors du Congr&egrave;s national de 2011.  Elle est fort claire: gel des droits de scolarit&eacute; au niveau de 2012, avant la hause au coeur du conflit donc, jusqu'&agrave; la tenue d'un sommet sur le financement des universit&eacute;s. Les &eacute;tudiants, enfin et bien s&ucirc;r, les universit&eacute;s, les employeurs et l'&Eacute;tat seront appel&eacute;s &agrave; d&eacute;velopper un mode de financement des universit&eacute;s &eacute;quitable, responsable et durable. Il va donc de soi que dans l'intervalle, un gouvernement du Parti qu&eacute;b&eacute;cois abolira la hausse de 75% ou 82% pr&eacute;sentement impos&eacute;e aux &eacute;tudiants et leurs parents, tout comme il va de soi qu'on ne pr&eacute;sume pas du r&eacute;sultat d'une discussion avant d'avoir discut&eacute;...  En tentant de riciculiser le sommet port&eacute; par le Parti qu&eacute;b&eacute;cois, le gouvernement lib&eacute;ral avoue que son propre forum de l'automne dernier &eacute;tait un exercice de mauvaise foi.<br />
<br />
La d&eacute;mocratie a la sant&eacute; de son information. Dans un syst&egrave;me o&ugrave; la soi-disant opinion prend de plus en plus de place au d&eacute;triment de l'information, les &laquo; spin doctors &raquo; - rien de plus que des lobbyistes de la nouvelle - se paient la traite. Le commerce de la sensation a pour effet qu'&agrave; quelques louables exceptions pr&egrave;s, on alimente le public de d&eacute;tails truculents sur les manifestations, et qu'on n'a que peu &agrave; dire sur les enjeux &eacute;conomiques du d&eacute;bat.  J'envie le r&ocirc;le noble des journalistes, mais je n'ai parfois que peu d'estime pour ceux qui publient dans les m&ecirc;mes pages ou qui squattent les m&ecirc;mes ondes que les vrais journalistes pour rivaliser de sensationnalisme primaire et racoler la cote d'&eacute;coute et le lecteur. C'est bon pour vendre de la pub, &ccedil;a pla&icirc;t sur le fond et la forme au patron, mais le Qu&eacute;bec n'y gagne pas.<br />
<br />
Dans un syst&egrave;me assurant la diversit&eacute; des sources d'informations, ce genre de proc&eacute;d&eacute;s n'aurait que plus difficilement de prise. Dans l'intervalle, le public doit &ecirc;tre critique, participer &agrave; l'information et au d&eacute;bat, notamment par les m&eacute;dias sociaux qui s'av&egrave;rent une alternative volatile et souvent superficielle, certes, mais l&eacute;gitime et d&eacute;mocratique.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/478888/thumbs/s-YVES-FRANCOIS-BLANCHET-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Qu'il ose!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/jean-charest_b_1459028.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1459028</id>
    <published>2012-04-27T12:07:18-04:00</published>
    <updated>2012-06-27T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Charest veut mentir le Plan Nord comme seul avenir économique, la stabilité constitutionnelle dans un Canada déjà rompu, la loi et l'ordre par la répression. Sur le dos des étudiants, des travailleurs, de notre langue, de notre richesse, de notre environnement. Et de son devoir solonnel. Ce sont ses lignes de campagne. Avec la loi, l'ordre et la hausse des frais de scolarité, il pige à deux mains dans le marché de la CAQ déjà aux enchères.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Pi&egrave;ge vulgaire. Irr&eacute;sistible app&acirc;t. Trop d'espace m&eacute;dia sacrifi&eacute; au d&eacute;sordre enfl&eacute; de mensonges, pas aux frais de scolarit&eacute; enfl&eacute;s de 75%. <br />
<br />
La fourberie de Charest s'installe... Les m&eacute;dias instrumentalis&eacute;s. Les &eacute;tudiants instrumentalis&eacute;s. Les casseurs qui les ont inflitr&eacute;s instrumentalis&eacute;s, alli&eacute;s objectifs de Charest. La police instrumentalis&eacute;e, &agrave; regret j'en suis certain. Charest veut mentir le Plan Nord comme seul avenir &eacute;conomique, la stabilit&eacute; constitutionnelle dans un Canada d&eacute;j&agrave; rompu, la loi et l'ordre par la r&eacute;pression. Sur le dos des &eacute;tudiants, des travailleurs, de notre langue, de notre richesse, de notre environnement. Et de son devoir solonnel. Ce sont ses lignes de campagne. Avec la loi, l'ordre et la hausse des frais de scolarit&eacute;, il pige &agrave; deux mains dans le march&eacute; de la CAQ d&eacute;j&agrave; aux ench&egrave;res.<br />
<br />
Il croit soutirer les points manquants en campagne. Il croit occulter la corruption, le financement du PLQ, les garderies, les gaz de schiste et l'&eacute;croulement moral du Canada. <br />
<br />
Fen&ecirc;tre &eacute;lectorale glauque, la moins pire qui s'offre &agrave; lui. Retors, habile et sans scrupule. Anxieux de sacrifier des dizaines de millions des universit&eacute;s, toute une session scolaire et l'avenir d'une g&eacute;n&eacute;ration si &ccedil;a lui r&eacute;serve le pouvoir. Pour que &ccedil;a marche, les &eacute;tudiants doivent fouler encore l'asphalte, infiltr&eacute;s si possible, mais sa banque de provocations s'&eacute;puise... La Ministre refuse de parler &agrave; la CLASSE parce que son site lui d&eacute;pla&icirc;t, d'une odieuse absence lors des n&eacute;gociations... <br />
<br />
Jean Charest doit faire vite! Quelques heures, quelques jours... <br />
<br />
Il osera... ou pas. Qu'il ose! Le Qu&eacute;bec doit jeter un premier ministre jamais chef d'&Eacute;tat. Comme le lui a dit ma chef, il a fait son temps. Il a bless&eacute; mon pays. Reprenons l'avenir en mains. Annulons la hausse. Appliquons un programme fertile de progr&egrave;s que j'invite &agrave; explorer. Nous sollicitons votre confiance, et bient&ocirc;t le mandat de faire un pays du Qu&eacute;bec.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/528865/thumbs/s-ENSEIGNANTS-SOLIDAIRE-GREVE-ETUDIANTE-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Faites-les échouer!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/greve-line-beauchamp-etudiants_b_1420351.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1420351</id>
    <published>2012-04-12T10:52:32-04:00</published>
    <updated>2012-06-12T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[« Ma responsabilité est de rappeler aux directeurs d'établissements des universités et des cégeps que toutes les mesures doivent être prises pour que les cours puissent se donner », a dit Line Beauchamp le mercredi 11 avril. Ça a l'air un peu dur, fâché, mais pas déraisonnable. On comprend que la ministre est excédée. On ne bafouera pas davantage son impérieuse autorité. Mieux : les sondages semblent être de son bord.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[&laquo; Ma responsabilit&eacute; est de rappeler aux directeurs d'&eacute;tablissements des universit&eacute;s et des c&eacute;geps que toutes les mesures doivent &ecirc;tre prises pour que les cours puissent se donner &raquo;, a dit Line Beauchamp le mercredi 11 avril. <br />
<br />
&Ccedil;a a l'air un peu dur, f&acirc;ch&eacute;, mais pas d&eacute;raisonnable. On comprend que la ministre est exc&eacute;d&eacute;e. On ne bafouera pas davantage son imp&eacute;rieuse autorit&eacute;. Mieux : les sondages semblent &ecirc;tre de son bord. Pourtant, l'effet pr&eacute;visible est clair : des dizaines de milliers d'&eacute;tudiants qui retournent en classe pendant que d'autres s'y refusent. Des dizaines de milliers d'&eacute;tudiants qui compl&egrave;tent simplement leur session, alors que d'autres la voient compromise. &Agrave; moins, bien s&ucirc;r, qu'ils ne se taisent, rentrent dans le rang, la t&ecirc;te basse, et mettent fin &agrave; leur contestation d'une nouvelle hausse de 75% des frais de scolarit&eacute;. Dans ce cas, bien s&ucirc;r, le gouvernement fait des gorges chaudes et explique aux citoyens qu'il avait raison de ne rien &eacute;couter de ces m&eacute;prisables rebelles. La preuve? Ils ont pris leur trou, la gang d'anarchistes! Et dans ce cas, aussi, le gouvernement empoche, les parents paient, et les &eacute;tudiants s'endettent au b&eacute;n&eacute;fice d'une m&ecirc;me g&eacute;n&eacute;ration davantage privil&eacute;gi&eacute;e que solidaire.<br />
<br />
Est-ce si simple? Bien s&ucirc;r, la strat&eacute;gie est &eacute;cul&eacute;e, et vraiment, vraiment ancienne. Mais &ccedil;a marche presque &agrave; tout coup. La peur des repr&eacute;sailles, la division parmi les &eacute;tudiants, la perte pure et simple des sommes trop importantes - c'est l'enjeu du conflit ! - que les &eacute;tudiants et leurs parents ont investies dans la session. Diviser pour r&eacute;gner. De plus, ces menaces vont influencer de fa&ccedil;on importante les votes tenus presque quotidiennement sur la poursuite, ou non, du mouvement de gr&egrave;ve ou de boycottage, quel que soit le nom qu'on veuille bien lui donner selon qu'on est pour ou contre.<br />
<br />
Par une d&eacute;marche reconnue chez les &eacute;tudiants, les conseils d'administration, les syndicats... en d&eacute;mocratie tout bonnement, un ensemble de gens qui disent appartenir &agrave; une m&ecirc;me communaut&eacute; accepte que face &agrave; un enjeu donn&eacute;, un vote soit pris, et que la minorit&eacute; qui n'aura pas gain de cause se range au choix de la majorit&eacute;. Cette minorit&eacute; reconna&icirc;t que, de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, cet esprit de corps, cette solidarit&eacute; sert mieux les int&eacute;r&ecirc;ts de l'ensemble des individus qui composent le groupe. Ce gouvernement, qui n'a pas &eacute;t&eacute; &eacute;lu et dont les d&eacute;put&eacute;s n'ont pas &eacute;t&eacute; &eacute;lus par des majorit&eacute;s de voix, tient sa propre l&eacute;gitimit&eacute; pour gouverner d'un raisonnement qui ne diff&egrave;re pas du tout de celui-ci.<br />
<br />
Or la ministre et son ma&icirc;tre n'h&eacute;sitent pas &agrave; jeter le discr&eacute;dit sur la d&eacute;mocratie &eacute;tudiante. Elle se r&eacute;jouit que des d&eacute;cisions de juges renversent celles des assembl&eacute;es g&eacute;n&eacute;rales &eacute;tudiantes. Que la Cour puisse faire ainsi fi d'une volont&eacute; d&eacute;mocratique. Pierre Trudeau exulterait. C'est la supr&eacute;matie des droits individuels sur les droits collectifs. Une r&eacute;&eacute;dition qui ressemble &agrave; la supr&eacute;matie de la Charte des droits sur la Loi 101. Il suffit de quelques individus indiff&eacute;rents au groupe, s&ucirc;rs que leur int&eacute;r&ecirc;t particulier n'aura jamais besoin de l'appui d'une majorit&eacute; exprim&eacute;e par un vote, pour se faire garantir les cours par un juge, et tout le navire de la d&eacute;mocratie tangue dangereusement. Si la soci&eacute;t&eacute; fonctionnait ainsi, la Loi ne serait applicable que par la force.<br />
<br />
Au pr&eacute;alable de cette d&eacute;cision troublante, la ministre refuse m&ecirc;me de discuter. Le premier ministre joue le peddler aux gros bras au Br&eacute;sil. Il y a lieu de se demander ce qu'un &eacute;change ouvert r&eacute;v&eacute;lerait que ne veut pas r&eacute;v&eacute;ler le gouvernement. Ainsi, le message est limpide : le gouvernement donne directive aux institutions d'enseignement - sur lesquelles il a juridiction et qui sont en position de demandeur face &agrave; lui, la menace de coupures vengeresses planant toujours trop pr&egrave;s - de faire &eacute;chouer la session aux &eacute;tudiants qui continueront &agrave; d&eacute;fier la hausse des frais de scolarit&eacute;.<br />
<br />
Cette fois, la ministre va-t-elle trop loin? Ce comportement soul&egrave;ve un autre enjeu. Celui des r&egrave;gles qui r&eacute;gissent notre vie collective. On peut &ecirc;tre farouchement oppos&eacute; &agrave; la hausse des frais de scolarit&eacute;. On peut y &ecirc;tre favorable. Chacun a le loisir d'influencer l'opinion publique de nombreuses fa&ccedil;ons, dont certaines sont m&ecirc;me discutables. Toutefois, quelle que soit l'opinion de chacun sur l'enjeu m&ecirc;me de l'accessibilit&eacute; aux &eacute;tudes sup&eacute;rieures, croyons-nous vraiment que notre gouvernement serve le Qu&eacute;bec en faisant une doctrine de ce m&eacute;pris de la d&eacute;mocratie, de l'int&eacute;r&ecirc;t du Qu&eacute;bec et surtout, de l'avenir de toute une g&eacute;n&eacute;ration?  <br />
<br />
<br />
 <br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/559635/thumbs/s-ETUDE-HAUSSE-SCOLARITE-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Élections et scolarité : le bricoleur aux doigts croches</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/elections-scolarite-bricoleur_b_1408513.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1408513</id>
    <published>2012-04-06T12:50:56-04:00</published>
    <updated>2012-06-06T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Tel un menuisier, Jean Charest essaie de se bricoler une fenêtre électorale.  La vérité n'est pas un outil dans un coffre à l'éthique aussi croche que les doigts de l'artisan.  Et parce que lui-même sait que tôt ou tard, le mandat de sape de la nation québécoise qu'on lui a confié finira bien par finir, pourquoi entretenir une vision à long terme?  Jean Charest, ancien chef conservateur, est un lobbyiste au service d'une vision ultra-fédéraliste du Canada.  Son client sera satisfait.  Il sera récompensé.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Formidable!  Quel gouvernement imaginatif, rigoureux et responsable!  Plusieurs universit&eacute;s sont aussi mal financ&eacute;es qu'administr&eacute;es.  Les &eacute;tudiants sont dans la rue par centaine de milliers pour d&eacute;noncer une solution qui n'en est pas une.  Certains b&eacute;n&eacute;ficiaires d'une scolarisation &eacute;lev&eacute;e, parmi eux des employeurs, sont assis sur leurs mains parce que le gouvernement les y autorise. <br />
<br />
 La classe moyenne - le c&oelig;ur de notre &eacute;conomie et de notre fiscalit&eacute; - n'en peut plus, et ce gouvernement de l'&eacute;conomie d'abord, comme sortie de crise, propose aux &eacute;tudiants de s'endetter davantage.  Avec une participation hypoth&eacute;tique de 21 millions - tout en pr&ecirc;ts, rien en bourses - le gouvernement engage &agrave; peine une cuiller&eacute;e &agrave; th&eacute; de l'&eacute;norme pudding o&ugrave; se servent lib&eacute;ralement les soci&eacute;t&eacute;s mini&egrave;res et p&eacute;troli&egrave;res.  Parce que beaucoup d'&eacute;tudiants ne pourront pas assumer sans danger une dette ainsi multipli&eacute;e, on leur offre de la payer selon leurs revenus futurs, sur une plus longue p&eacute;riode, pendant que les int&eacute;r&ecirc;ts courent bien s&ucirc;r.  Dites merci!<br />
<br />
Tel un menuisier, Jean Charest essaie de se bricoler une fen&ecirc;tre &eacute;lectorale.  La v&eacute;rit&eacute; n'est pas un outil dans un coffre &agrave; l'&eacute;thique aussi croche que les doigts de l'artisan.  Et parce que lui-m&ecirc;me sait que t&ocirc;t ou tard, le mandat de sape de la nation qu&eacute;b&eacute;coise qu'on lui a confi&eacute; finira bien par finir, pourquoi entretenir une vision &agrave; long terme?  Jean Charest, ancien chef conservateur, est un lobbyiste au service d'une vision ultra-f&eacute;d&eacute;raliste du Canada.  Son client sera satisfait.  Il sera r&eacute;compens&eacute;.<br />
<br />
Les dipl&ocirc;m&eacute;s universitaires repr&eacute;sentent 35% des revenus fiscaux de l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois.  Ils ne sont pourtant que 15% des contribuables, et ne b&eacute;n&eacute;ficient que de 8% des d&eacute;penses publiques.  Ils sont le c&oelig;ur battant d'une classe moyenne qui fait carr&eacute;ment vivre l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois.  <br />
<br />
L'essentiel du mouvement &eacute;tudiant est exemplaire depuis le d&eacute;but de ce conflit.  Malheureusement, une minorit&eacute; irresponsable compromet ses progr&egrave;s au profit de gestes d'&eacute;clat qui n'ont d'id&eacute;ologique que la pr&eacute;tention.  Le duo Charest-Beauchamp compte bien qu'il en reste ainsi.  Les  quelques provocateurs &eacute;tudiants sont, dans les faits, leurs plus pr&eacute;cieux alli&eacute;s pour tordre l'opinion publique en leur faveur.<br />
<br />
Peut-&ecirc;tre trop mais jusqu'&agrave; un changement que rien n'annonce &agrave; assez court terme, les &eacute;tudiants universitaires seront au c&oelig;ur d'une &eacute;conomie qui se fonde sur la consommation.  Au moment o&ugrave; on attendra d'eux, moins nombreux que jamais, qu'ils ach&egrave;tent une maison, une voiture, fondent une famille et s'&eacute;quipent pour la vie, on leur impose au contraire un endettement si lourd qu'il pourrait compromettre ce projet essentiel pour eux et pour l'&eacute;conomie.  Cet &eacute;talement du remboursement peut &ecirc;tre un compl&eacute;ment &agrave; une v&eacute;ritable politique d'accessibilit&eacute;.  Il ne peut pas la remplacer.  Enfin, on livre les &eacute;tudiants pieds et poings li&eacute;s aux banques, principales b&eacute;n&eacute;ficiaires d'un syst&egrave;me de cr&eacute;dit aux &eacute;tudiants que l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois, comme le font pourrant plusieurs autres pays, se refuse &agrave; administrer lui-m&ecirc;me et &agrave; son propre profit.<br />
<br />
Fort d'un appui d'un peu moins de 60% en faveur d'une hausse, contre environ 40% d'opposants, et avec une solide majorit&eacute; qui demande que soit entam&eacute;e une discussion, Jean Charest et ses v&eacute;ritables patrons sont trop habiles pour ne pas voir l'occasion.  60%, c'est beaucoup plus que les moins de 30% dont le gratifient les r&eacute;cents sondages.  Il y a des gains &agrave; faire, une fen&ecirc;tre &eacute;lectorale &agrave; bricoler.  Il y a cependant un risque que l'attitude &eacute;troite et arrogante de Line Beauchamp ne menace ces appuis fragiles &agrave; la hausse embl&eacute;matique de 75% des droits de scolarit&eacute; cet automne, pour un spectaculaire 143% de hausse en 10 ans.<br />
<br />
Les strat&egrave;ges des firmes de communications tranchent : on lance quelques chiffres, on veille &agrave; ce qu'ils ne soient surtout pas tr&egrave;s clairs, on donne l'impression que les jeunes seront b&eacute;nis par cette occasion de reporter le paiement de &laquo; leur facture &raquo;, et qu'on en demandera un peu plus aux universit&eacute;s.  &Ccedil;a devrait faire le travail.  Ainsi, si les &eacute;tudiants pers&eacute;v&egrave;rent dans leurs manifestations, quel que soit l'appui au Parti qu&eacute;b&eacute;cois, le PLQ fera quelques gains, laissant dans l'ombre Qu&eacute;bec solidaire asphyxi&eacute; par la remont&eacute;e du parti de Pauline Marois, et une CAQ de moins en moins capable de se d&eacute;finir une identit&eacute;.<br />
<br />
Qui fera les frais de ce stratag&egrave;me?  Les &eacute;tudiants.  Comme future classe moyenne, ils seront &eacute;cras&eacute;s sous une dette publique et personnelle sans pr&eacute;c&eacute;dent alors que leurs effectifs seront moins nombreux que jamais pour y faire face.  Les baby-boomers qui auront profit&eacute; d'une &eacute;ducation accessible et de programmes de retraite ad&eacute;quats ne renonceront &agrave; rien, et la pression reposera sur la cohorte pr&eacute;sentement au c&eacute;gep et &agrave; l'universit&eacute;.<br />
<br />
Vous en doutez?  C'est pourtant le sous-entendu de l'approche gouvernementale.  Lorsque le point de rupture sera atteint, les Bachand, Charest et Beauchamp n'auront de toute fa&ccedil;on pas besoin du r&eacute;gime public.  Leurs pensions d'&eacute;lus seront prot&eacute;g&eacute;es, allons!  Et pourtant, les jeunes, d&eacute;sormais au pouvoir, devront prendre acte de la mission impossible qu'on leur aura confi&eacute;e.  Non, la g&eacute;n&eacute;ration qui a anim&eacute;e la R&eacute;volution tranquille ne pourra pas pr&eacute;server ses acquis.  Et ce n'est que l&agrave;, peut-&ecirc;tre trop tard, qu'ils verront que des politiques comme la hausse drastique des droits de scolarit&eacute;, la dilapidation des ressources naturelles, le gaspillage dans l'administration  publique et au premier chef le d&eacute;doublement des gouvernements, tout &ccedil;a aura compromis &agrave; grands coups de pens&eacute;e magique des privil&egrave;ges qu'ils croyaient sacr&eacute;s.<br />
<br />
&Agrave; la division pour r&eacute;gner, opposons un sommet pour concilier tous les acteurs : &eacute;tudiants, universit&eacute;s, employeurs et &Eacute;tat.  Commen&ccedil;ons en annulant cette hausse de 75% des droits de scolarit&eacute; qui occulte le v&eacute;ritable enjeu.  Non seulement le mod&egrave;le qu&eacute;b&eacute;cois n'est pas d&eacute;suet, mais il est le seul capable de redresser la situation : un justice responsable dans la gestion de l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois, et pour vraiment disposer de tous les instruments n&eacute;cessaires, la fin d'un f&eacute;d&eacute;ralisme con&ccedil;u pour nous assujettir.  Les &eacute;tudiants du Qu&eacute;bec &agrave; qui la responsabilit&eacute; incombera nous prouvent depuis plusieurs semaines qu'ils n'ont pas renonc&eacute; &agrave; une vision sur laquelle un pays diff&eacute;rent peut se construire.  Quoi qu'on en dise, ils ont droit &agrave; toute notre confiance.  Ce sont nos enfants.<br />
<br />
Dans l'intervalle, Jean Charest se bricole, minutieux, habile, une fen&ecirc;tre &eacute;lectorale sur le dos des &eacute;tudiants et de leurs parents.  J'esp&egrave;re que le Qu&eacute;bec aura le bon jugement de la lui refermer sur les doigts.  Croches.<br />
<br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/553207/thumbs/s-JEAN-CHAREST-CIBLE-MANIFESTATION-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Le français au Québec: alarmistes? Vraiment?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/loi-101-francais_b_1395666.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1395666</id>
    <published>2012-04-02T08:33:31-04:00</published>
    <updated>2012-06-02T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Un citoyen québécois peut préconiser en toute légitimité que l'on renonce à nos efforts de mise en valeur du français comme langue commune au Québec. C'est un choix. Un citoyen peut faire le pari qu'une anglicisation, passive et progressive ou voulue et accélérée, est une option préférable à la tension linguistique qui semble ne pas vouloir se résorber. On peut même croire que la question de la souveraineté serait réglée du même souffle.  
Ce n'est pas mon choix. ]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Un citoyen qu&eacute;b&eacute;cois peut pr&eacute;coniser en toute l&eacute;gitimit&eacute; que l'on renonce &agrave; nos efforts de mise en valeur du fran&ccedil;ais comme langue commune au Qu&eacute;bec. C'est un choix. Un citoyen peut faire le pari qu'une anglicisation, passive et progressive ou voulue et acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, est une option pr&eacute;f&eacute;rable &agrave; la tension linguistique qui semble ne pas vouloir se r&eacute;sorber. On peut m&ecirc;me croire que la question de la souverainet&eacute; serait r&eacute;gl&eacute;e du m&ecirc;me souffle.  <br />
<br />
Ce n'est pas mon choix. Comme nation, nous avons les m&ecirc;mes devoirs de dignit&eacute; envers nous-m&ecirc;mes, et les m&ecirc;mes devoirs envers la diversit&eacute; culturelle &agrave; l'&eacute;chelle plan&eacute;taire, que nous avons &agrave; l'endroit de nos nouveaux citoyens de toutes origines. Je crois qu'un peuple qui se reconna&icirc;t tel a le devoir de se doter de tous les outils de son plein &eacute;panouissement, de son progr&egrave;s, et seule la souverainet&eacute; est porteuse de tous ces instruments.<br />
<br />
Alors, au moins, ne nous mentons pas!  Le plus important chantier de l'&eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois, celui du CHUM, se permet d'exiger de fournisseurs qu&eacute;b&eacute;cois des soumissions en anglais. Une ville peut effront&eacute;ment d&eacute;fier la Charte de la langue fran&ccedil;aise sans autre semonce qu'un refus de changer la loi, et surtout sans d&eacute;termination du gouvernement &agrave; l'appliquer. L'organisme charg&eacute; de faire respecter la Loi 101 semble sous directive de ne pas susciter de m&eacute;contentement parmi ses opposants. En plus d'une tendance nette au sein des grandes entreprises, m&ecirc;me des soci&eacute;t&eacute;s de l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois embauchent des dirigeants unilingues anglais. On ne s'insurge pas devant les multiples nominations d'unilingues anglophones par le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral. On vend le droit de contourner la Loi 101 en mati&egrave;re d'enseignement. Dans son propre comt&eacute;, la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue fran&ccedil;aise tol&egrave;re et d&eacute;fend des contraventions grossi&egrave;res &agrave; cette m&ecirc;me charte. L'&eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois offre un large &eacute;ventail de services en anglais &agrave; qui veut &agrave; peine le demander. Un h&ocirc;pital de Montr&eacute;al est en d&eacute;faut d'offrir des soins en fran&ccedil;ais au p&eacute;ril de la sant&eacute; et de la s&eacute;curit&eacute; des patients. Selon la ministre, on devrait c&eacute;l&eacute;brer que seulement la moiti&eacute; des immigrants qui font un transfert linguistique le fasse vers l'anglais, et que 16% des entreprises de plus de 50% ne soient pas francis&eacute;es.  La ministre annonce des augmentations de ressources humaines &agrave; l'OQLF alors qu'en v&eacute;rit&eacute; les effectifs diminuent... N'y a-t-il pas un constat de recul du fran&ccedil;ais &agrave; faire?<br />
 <br />
Le r&eacute;cent sondage de L'actualit&eacute; est essentiellement r&eacute;v&eacute;lateur de deux choses. D'une part, les deux communaut&eacute;s historiques que sont les Fran&ccedil;ais et les Anglais se sont dot&eacute;es d'outils d'&eacute;changes accrus et observables : une ma&icirc;trise de la langue de l'une par l'autre dans des proportions exemplaires, et une communion artistique florissante. En revanche, malgr&eacute; les succ&egrave;s de la Loi 101 en mati&egrave;re d'enseignement, de travail et d'affichage, avant que la n&eacute;gligence coupable du gouvernement du Qu&eacute;bec et les assauts syst&eacute;matiques de la Cour Supr&ecirc;me du Canada ne les compromettent, le fran&ccedil;ais est menac&eacute; de reculs graves dans la grande r&eacute;gion de Montr&eacute;al, et quoi qu'on en dise, le reste du Qu&eacute;bec n'est pas &agrave; l'abri de cette concurrence de plus en plus vive de l'anglais.<br />
 <br />
En cons&eacute;quence, on peut croire qu'une loi qui a trente-cinq ans - trente-cinq ans au cours desquels la soci&eacute;t&eacute; a &eacute;volu&eacute;, trente-cinq ans au cours desquels on a pu en mesurer les succ&egrave;s et les lacunes, et trente-cinq ans o&ugrave;, affaiblie de l'ext&eacute;rieur, elle n'a pas pu livrer ses pleines promesses - demande &agrave; &ecirc;tre l'objet d'une r&eacute;&eacute;criture. Cette r&eacute;&eacute;criture devra en restaurer l'esprit et les moyens, &ecirc;tre anim&eacute;e d'une d&eacute;termination &agrave; la mettre en application avec rigueur et sensibilit&eacute;, et &ecirc;tre soutenue par un gouvernement qui n'h&eacute;sitera pas &agrave; recourir, sans frivolit&eacute;, mais au besoin et en attendant la souverainet&eacute;, &agrave; la clause d&eacute;rogatoire.<br />
 <br />
Pierre Curzi, avec beaucoup de d&eacute;termination et peu de moyens, a d&eacute;pos&eacute; &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale une proposition &agrave; cet effet. J'ai salu&eacute; le geste, et constat&eacute; que nous partageons les m&ecirc;mes inqui&eacute;tudes, les m&ecirc;mes objectifs, et &agrave; plusieurs &eacute;gards les m&ecirc;mes solutions.<br />
 <br />
J'ai aussi constat&eacute; que la r&eacute;ponse de la ministre pourtant responsable de l'application de la Charte de la langue fran&ccedil;aise a &eacute;t&eacute; imm&eacute;diate, &eacute;troite et m&eacute;prisante. Nous y sommes habitu&eacute;s. Il y a maintenant pr&egrave;s de dix ans que chez ce gouvernement et pour seule r&eacute;ponse, on traite tout le monde qui s'inqui&egrave;te d'alarmiste. Les constats sont pourtant d'une &eacute;vidence &agrave; crever les yeux. Je ne crois plus que les termes n&eacute;gligence, laxisme ou m&ecirc;me indiff&eacute;rence puissent suffire encore longtemps &agrave; d&eacute;finir l'attitude du gouvernement du Qu&eacute;bec. On devra bient&ocirc;t consid&eacute;rer la possibilit&eacute; que Jean Charest, Christine St-Pierre et les vrais patrons du PLQ aient plut&ocirc;t fait le choix de fermer les yeux alors que le Qu&eacute;bec, de fa&ccedil;on passive et progressive, reprend le chemin de l'anglicisation.<br />
 <br />
Nous avons le pouvoir qu'il en aille autrement. Il suffit d'&ecirc;tre plus nombreux &agrave; faire le choix du fran&ccedil;ais, et mieux encore, du pays.<br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/338622/thumbs/s-CURZI-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Huntingdon, CHUM, HEC: Sacrifier la Loi 101 pour une poignée de comtés</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/huntingdon-chum-hec-francais_b_1327308.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1327308</id>
    <published>2012-03-07T16:33:48-05:00</published>
    <updated>2012-05-07T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Réglons l'accessoire tout de suite : le maire d'Huntingdon s'offre un coup de publicité avant de passer du statut de maire et animateur à celui d'animateur seulement. Une dernière contribution municipale à sa publicité personnelle, ses cotes d'écoute, le cachet qui figurera à son prochain contrat, et quoi encore....  Dans le style qui lui est propre : provocateur et ordurier. Ce n'est pas important, et je ne contribuerai pas davantage à cet exercice promotionnel dont la mention est malheureusement nécessaire à la mise en contexte.
]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[R&eacute;glons l'accessoire tout de suite: le maire d'Huntingdon s'offre un coup de publicit&eacute; avant de passer du statut de maire et animateur &agrave; celui d'animateur seulement. Une derni&egrave;re contribution municipale &agrave; sa publicit&eacute; personnelle, ses cotes d'&eacute;coute, le cachet qui figurera &agrave; son prochain contrat, et quoi encore....  Dans le style qui lui est propre : provocateur et ordurier. Ce n'est pas important, et je ne contribuerai pas davantage &agrave; cet exercice promotionnel dont la mention est malheureusement n&eacute;cessaire &agrave; la mise en contexte.<br />
<br />
Le gouvernement est aussi responsable que la municipalit&eacute; de Huntingdon dans sa d&eacute;cision de se soustraire &agrave; l'application de la Charte de la langue fran&ccedil;aise. L'affront qu' Huntingdon se permet de jeter au visage des Qu&eacute;b&eacute;cois est rendu possible par la l&acirc;chet&eacute; du gouvernement d&egrave;s qu'il s'agit de langue fran&ccedil;aise.  <br />
<br />
D&eacute;sormais, au Qu&eacute;bec, le fran&ccedil;ais n'est plus la langue de l'affichage commercial et institutionnel. La circonscription m&ecirc;me de la ministre St-Pierre est un capharna&uuml;m multiculturel et multilingue qui d&eacute;fie les fondements m&ecirc;me de la Loi 101. &Eacute;videmment, les institutions &agrave; charte f&eacute;d&eacute;rale, le gouvernement du Canada et m&ecirc;me nos tout nouveaux d&eacute;put&eacute;s du NPD contribuent activement et impun&eacute;ment &agrave; l'anglicisation du Qu&eacute;bec par des communications bilingues.<br />
<br />
Le fran&ccedil;ais n'est pas non plus la langue du travail : l'embauche de dirigeants unilingues anglais fait recette, les r&eacute;unions se passent ainsi en anglais et les soci&eacute;t&eacute;s d'&Eacute;tat sont contamin&eacute;es par cette pratique. Sur le chantier du CHUM, les communications en fran&ccedil;ais sont malvenues, et je ne sais plus quoi faire des plaintes de gens du r&eacute;seau de la sant&eacute; qui, d&eacute;courag&eacute;s de l'inaction de l'OQLF, communiquent avec mon bureau.  <br />
<br />
Le fran&ccedil;ais n'est pas davantage la langue d'int&eacute;gration des immigrants : le gouvernement se f&eacute;licite que la moiti&eacute; d'entre eux fassent un transfert linguistique vers le fran&ccedil;ais alors que l'autre moiti&eacute; le fait, elle, vers l'anglais. On donne des points pour la connaissance de l'anglais &agrave; des immigrants s&eacute;lectionn&eacute;s en France. Les cours de francisation sont facultatifs, notamment pour des femmes qui, ne parlant ni le fran&ccedil;ais ni l'anglais, sont confin&eacute;es &agrave; la maison et &agrave; l'autorit&eacute; du conjoint.  <br />
<br />
Le fran&ccedil;ais n'est pas la langue de l'enseignement : le nombre des programmes universitaires en anglais conna&icirc;t une hausse qui fait penser &agrave; celle des droits de scolarit&eacute;. La connaissance est un objet de commerce assujetti aux modes, dont l'anglais n'est pas la moindre. L'enseignement intensif de l'anglais en sixi&egrave;me ann&eacute;e du primaire est impos&eacute; comme un dogme de colonisateur. Enfin, quiconque en a les moyens peut s'acheter le droit de contourner la Loi 101 en recourant aux &eacute;coles passerelles. <br />
<br />
Bref, que la ville d'Huntingdon foule aux pieds la Charte de la langue fran&ccedil;aise promulgu&eacute;e par Camille Laurin et Ren&eacute; L&eacute;vesque, c'est presque banal. Ce faisant, elle cr&eacute;e le pr&eacute;c&eacute;dent o&ugrave; de nombreuses autres ne manqueront pas de s'engouffrer.<br />
<br />
Ce ne sont pourtant pas les moyens d'y rem&eacute;dier qui font d&eacute;faut, mais bien la colonne vert&eacute;brale. La Charte de la langue fran&ccedil;aise conf&egrave;re &agrave; l'Office qu&eacute;b&eacute;cois de la langue fran&ccedil;aise (OQLF) le pouvoir de transmettre au Directeur des poursuites criminelles et p&eacute;nales les dossiers des contrevenants aux dispositions de la Loi 101. La ministre St-Pierre se fend de phrases ronflantes puis se r&eacute;fugie derri&egrave;re l'OQLF en lui intimant, surtout, de ne rien faire. Coinc&eacute;, l'organisme cr&eacute;&eacute; pour soutenir la ministre dans sa t&acirc;che est au contraire oblig&eacute; de se pr&ecirc;ter &agrave; une gymnastique grotesque, de gagner du temps et perdre celui des Qu&eacute;b&eacute;cois afin de ne pas compromettre la relation privil&eacute;gi&eacute;e entre la communaut&eacute; anglophone et le Parti lib&eacute;ral. Le dernier bastion &eacute;lectoral du Parti lib&eacute;ral est compos&eacute; d'une large part de la minorit&eacute; anglaise du Qu&eacute;bec. Rien ne sera permis qui puisse lui d&eacute;plaire. Ainsi, la ville d'Huntingdon ayant vot&eacute; une r&eacute;solution de d&eacute;fi &agrave; la loi, le maire annonce d&eacute;j&agrave; qu'il d&eacute;fiera les d&eacute;cisions de la Cour... et la ministre nous dit que l'OQLF enqu&ecirc;te. Il n'y a pas mati&egrave;re &agrave; enqu&ecirc;te; il y a mati&egrave;re &agrave; constat, et &agrave; sanction.<br />
<br />
Le minist&egrave;re des Affaires municipales, des R&eacute;gions et de l'Occupation du territoire (MAMROT) a aussi juridiction sur les municipalit&eacute;s dont elles sont une cr&eacute;ature.  En vertu de la loi, le ministre peut &laquo; pr&eacute;senter une requ&ecirc;te en cassation ou en annulation d'un r&egrave;glement du conseil ou d'un proc&egrave;s-verbal, r&ocirc;le, r&eacute;solution ou autre ordonnance du conseil ou du comit&eacute; ex&eacute;cutif &raquo;. Facile, exp&eacute;ditif, n&eacute;cessaire.<br />
<br />
On ne peut pas davantage se soustraire &agrave; la Loi 101 qu'on peut permettre de circuler &agrave; 150 km/h ou fermer les yeux sur la collusion dans la construction. Si un citoyen est pris &agrave; poser un geste ill&eacute;gal, on n'h&eacute;site pas &agrave; le traduire devant les tribunaux. Pourquoi ne le ferait-on pas pour Huntingdon?<br />
 <br />
Le premier ministre n'a absolument aucune esp&egrave;ce de l&eacute;gitimit&eacute; pour partir &agrave; Paris faire des ronds de jambe diplomatiques sur la langue aupr&egrave;s du secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la Francophonie, Abdou Diouf, pendant que le fran&ccedil;ais est attaqu&eacute; de toutes parts au Qu&eacute;bec m&ecirc;me. Le devoir de Jean Charest et Christine St-Pierre, c'est de saisir l'occasion pour envoyer un message clair : le respect de la Loi n'est pas assujetti au bon vouloir de n'importe qui. Si Huntingdon se rit de la loi et fait payer les amendes &agrave; ses citoyens, le gouvernement ne doit pas exclure la tutelle.   En n'agissant pas avec la plus grande fermet&eacute;, Jean Charest et Christine St-Pierre sont complices de la ville de Huntingdon sur le dos de la langue officielle du Qu&eacute;bec. <br />
<br />
La Charte de la langue fran&ccedil;aise n'est pas une monnaie d'&eacute;change &eacute;lectorale au b&eacute;n&eacute;fice des bastions lib&eacute;raux. Je me plais &agrave; croire que la simple &eacute;lection d'un gouvernement du Parti qu&eacute;b&eacute;cois enverra ce message clair. &Ccedil;a ne suffira malheureusement plus. Il faudra renforcer la Loi 101 et lui offrir la r&eacute;&eacute;criture qu'appellent trente-cinq ans d'&eacute;volution de la soci&eacute;t&eacute;, mais aussi de d&eacute;vastation par la Cour supr&ecirc;me du Canada.   Nous aurons alors le devoir de nous investir autant dans son application stricte que dans la valorisation de notre langue nationale par les arts, les institutions et la qualit&eacute; de notre accueil.<br />
<br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/370972/thumbs/s-FRENCH-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Une révolution à finir!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/etats-generaux-souverainete_b_1325239.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1325239</id>
    <published>2012-03-07T12:24:08-05:00</published>
    <updated>2012-05-07T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Dans la foulée de la défaite angoissante du Bloc québécois le 2 mai comme des secousses ayant ébranlé le Parti québécois, les souverainistes avaient grand besoin de se retrouver entre eux, de se compter, et de se sentir capables de réaliser ce projet en vue duquel le peuple québécois, avant-gardiste à bien des égards, fait figure de retardataire!]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Le Conseil de la souverainet&eacute; du Qu&eacute;bec annonce<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/03/04/etats-generaux-souverainete_n_1319255.html" target="_hplink"> le d&eacute;ploiement des &Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux de la souverainet&eacute;</a>. La consultation d&eacute;crite appara&icirc;t modeste &agrave; la lumi&egrave;re des pr&eacute;c&eacute;dents de tr&egrave;s grande envergure ayant dans le pass&eacute; recouru &agrave; ce terme. Ce furent cependant dans la plupart des cas des chantiers parrain&eacute;s par l'&Eacute;tat. Cette fois, c'est par son ambitieux mandat que l'initiative justifie l'appellation d'&Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux. &Eacute;videmment, le sujet est crucial pour n'importe quelle nation, et au Qu&eacute;bec, il a suscit&eacute; l'apparition d'un nombre remarquable de groupes de r&eacute;flexion et d'action. <br />
<br />
Dans la foul&eacute;e de la d&eacute;faite angoissante du Bloc qu&eacute;b&eacute;cois le 2 mai comme des secousses ayant &eacute;branl&eacute; le Parti qu&eacute;b&eacute;cois, les souverainistes avaient grand besoin de se retrouver entre eux, de se compter, et de se sentir capables de r&eacute;aliser ce projet en vue duquel le peuple qu&eacute;b&eacute;cois, avant-gardiste &agrave; bien des &eacute;gards, fait figure de retardataire! De moins de 50 &eacute;tats souverains au lendemain de la Premi&egrave;re Guerre mondiale, le monde en compte en effet plus de 200 aujourd'hui (238 selon les chiffres compil&eacute;s par l'ISQ). Le Qu&eacute;bec, selon l'indicateur du PIB par personne, figurerait au vingt-huiti&egrave;me rang. Il est pourtant absent des tribunes internationales qui font la diff&eacute;rence.<br />
<br />
Le qualifierait-on de citoyen, le geste demeure politique. Il suscitera la vindicte des adversaires, et probablement le d&eacute;ploiement de toutes ces tactiques vicieuses dont ils ont su faire montre par le pass&eacute;. Il ne sont toutefois pas les gens que nous interpellons.   Le mandat du groupe de sept commissaires des &Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux sur la souverainet&eacute; est de valoriser le go&ucirc;t d'&eacute;changer, de contribuer, au-del&agrave; des partis politiques, &agrave; ce que le pays soit un objet de passion. Si l'&eacute;t&eacute; dernier l'exercice scrutait un horizon trouble, l'environnement politique a depuis drastiquement chang&eacute;. Il est d&eacute;sormais tr&egrave;s vraisemblable que le Parti qu&eacute;b&eacute;cois de Pauline Marois forme le prochain gouvernement du Qu&eacute;bec, avec le mandat de poser des gestes de souverainet&eacute;.  <br />
<br />
Tant le Parti qu&eacute;b&eacute;cois que le Bloc qu&eacute;b&eacute;cois assument, au sein des &Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux, un r&ocirc;le modeste. Il y a fort &agrave; parier que sans l'accord et la participation de l'un et l'autre, l'initiative n'aurait pas eu la cr&eacute;dibilit&eacute; dont elle a besoin. Pour ce faire, il fallait que l'angle du pourquoi soit privil&eacute;gi&eacute; au d&eacute;triment de celui du comment. En revanche, si le Parti qu&eacute;b&eacute;cois n'avait su se faire discret et bon joueur, plusieurs groupes militants et porteurs de visions diff&eacute;rentes de la n&ocirc;tre ne s'y seraient pas inscrits. Ces groupes sont n&eacute;anmoins l'expression f&eacute;brile et naturelle d'un d&eacute;sir que l'id&eacute;e ne p&acirc;lisse pas, un d&eacute;sir d'en &ecirc;tre, d'y participer. Rien n'est plus sain, malgr&eacute; et avec les singularit&eacute;s qui peuvent caract&eacute;riser pareille effervescence.  <br />
<br />
Les ind&eacute;pendantistes sont des gens de d&eacute;bat. C'est un euph&eacute;misme. C'est de cette aptitude &agrave; mettre toutes les id&eacute;es en jeu que vient la force et la r&eacute;silience du mouvement. Depuis 50 ans, sans appui significatif au sein de l'appareil m&eacute;dia, sans ressources financi&egrave;res comparables &agrave; celles des adversaires, et pris &agrave; partie par tous les establishments, les ind&eacute;pendantistes ont acquis puis maintenu un appui qui oscille &ecirc;tre le tiers et la moiti&eacute; des intentions de vote. Les adversaires ont alors propag&eacute; l'id&eacute;e que les souverainistes sont des gens de chicane. Bien que nous soyons prompts &agrave; certains exc&egrave;s, chicane est le terme embrass&eacute; par ceux qui sont trop l&acirc;ches pour participer sainement au d&eacute;bat. Il va alors tr&egrave;s bien &agrave; Jean Charest et son &eacute;quipe de mercenaires sans &acirc;me ni projet.<br />
<br />
Les commissaires des &Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux sont repr&eacute;sentatifs de la diversit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise en termes d'&acirc;ge, d'horizons, d'origines et de visions. La soci&eacute;t&eacute; civile, dont nombre d'organisations se reconnaissent des enjeux dans l'id&eacute;e de souverainet&eacute;, alimentera abondamment les d&eacute;bats d'abord r&eacute;gionaux, puis nationaux. Ne sachant ce qui &eacute;mergera de cette mise &agrave; jour de la perspective civile du projet, je crois pertinent de la voir comme une &eacute;tape. Un environnement politique en &eacute;volution rapide et des d&eacute;bats dont on ne peut pr&eacute;sumer des conclusions dessineront le pas suivant.<br />
<br />
Les &Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux sont ambitieux en termes de sujets. Apr&egrave;s tout, il n'existe absolument aucun pouvoir qu'un Qu&eacute;bec souverain ne doive pas exercer lui-m&ecirc;me. Et s'il s'av&eacute;rait pr&eacute;f&eacute;rable que certains pouvoirs b&eacute;n&eacute;ficient d'une participation &agrave; des ensembles plus larges, il n'en tiendrait qu'au gouvernement d'en disposer par trait&eacute; sans renoncer au principe de souverainet&eacute;.<br />
<br />
Ce d&eacute;sir aussi normal que trop longtemps inhib&eacute; d'&eacute;mancipation s'est affirm&eacute; en termes &eacute;conomiques et culturels tout au long de la R&eacute;volution tranquille. Durant cette p&eacute;riode, la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise s'est dot&eacute;e d'outils nationaux ayant permis &agrave; un peuple conquis, colonis&eacute; et exploit&eacute; de s'emparer de la plupart de ses leviers &eacute;conomiques. Il nous en manque plusieurs. Sa langue, sa culture, ses valeurs et son identit&eacute; propres exigent aussi l'appropriation exclusive d'un &Eacute;tat lui appartenant pleinement.<br />
<br />
Aujourd'hui, les &Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux de la souverainet&eacute; peuvent &ecirc;tre le pr&eacute;cieux partenaire d'organisations politiques qui entendent mener la R&eacute;volution tranquille vers sa conclusion naturelle. Ils s'inscrivent dans un cheminement que l'Histoire ne verra achev&eacute; que par un vote du peuple et de son Assembl&eacute;e nationale. En ce sens, l'ind&eacute;pendance du Qu&eacute;bec est le grand saut d'une r&eacute;volution... &agrave; finir!<br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/472650/thumbs/s-PAULINE-MAROIS-PQ-LEADERSHIP-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Les étudiants ne valent pas un bout de route</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/education-route-miniere_b_1311384.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1311384</id>
    <published>2012-02-29T15:58:14-05:00</published>
    <updated>2012-04-30T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le gouvernement libéral va financer à hauteur de près de 300 000 000$ la construction d'un tronçon de 243 kilomètres de route allant permettre à la minière Stornoway Diamond Corporation d'extraire à son profit plus de 5 milliards de dollars de diamants du sous-sol québécois.  La somme, reconnue en général, qui devrait être investie dans le réseau des universités québécoises oscille entre 300 000 000$ et 500 000 000$ afin de rétablir ses bases financières de façon solide et durable.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Le gouvernement lib&eacute;ral va financer &agrave; hauteur de pr&egrave;s de 300 000 000$ la construction d'un tron&ccedil;on de 243 kilom&egrave;tres de route allant permettre &agrave; la mini&egrave;re Stornoway Diamond Corporation d'extraire &agrave; son profit plus de 5 milliards de dollars de diamants du sous-sol qu&eacute;b&eacute;cois. En vertu des lois propos&eacute;es par le gouvernement, il pourrait n'en retirer aucune royaut&eacute;.<br />
 <br />
La somme, reconnue en g&eacute;n&eacute;ral, qui devrait &ecirc;tre investie dans le r&eacute;seau des universit&eacute;s qu&eacute;b&eacute;coises oscille entre 300 000 000$ et 500 000 000$ afin de r&eacute;tablir ses bases financi&egrave;res de fa&ccedil;on solide et durable.<br />
 <br />
Selon les chiffres invoqu&eacute;s par l'&eacute;conomiste Pierre Fortin sur son blogue (L'Actualit&eacute;), un dipl&ocirc;m&eacute; universitaire gagnera environ 750 000$ de plus au cours de sa vie professionnelle que le dipl&ocirc;m&eacute; du secondaire, avec un salaire moyen d'environ 52 700$ au lieu de 38 900$. On peut croire qu'au moins le tiers de ce revenu suppl&eacute;mentaire sera vers&eacute; au gouvernement sous la forme de taxes et d'imp&ocirc;ts.<br />
 <br />
Le co&ucirc;t moyen d'un dipl&ocirc;me au Qu&eacute;bec est de 30 000$ (CR&Eacute;PUQ, 2010) pour la partie dispens&eacute;e en formation par les universit&eacute;s. Un dipl&ocirc;m&eacute; universitaire pourrait donc payer &agrave; l'&Eacute;tat, en moyenne, plus de huit fois la totalit&eacute; du co&ucirc;t de sa formation. Il aura pourtant pay&eacute; (ou ses parents auront pourtant pay&eacute;) une part significative de cette formation en droits de scolarit&eacute; en plus des d&eacute;penses de subsistance. Si le gouvernement devait assumer la totalit&eacute;, effectuer la totalit&eacute; de l'investissement, parce que c'est bien d'un investissement dont il s'agit, il obtiendrait &agrave; terme un rendement de 800%. 250 000$ par dipl&ocirc;m&eacute;. Chaque ann&eacute;e, environ 50 000 &eacute;tudiants quittent l'universit&eacute; avec un dipl&ocirc;me de premier cycle en main. Je vous laisse le plaisir troublant du calcul...<br />
 <br />
Pourquoi la logique &eacute;conomique ne devrait-elle fonctionner que de la poche de l'&eacute;tudiant vers celle de l'&Eacute;tat?  Pourquoi ne reconna&icirc;t-on parmi les b&eacute;n&eacute;ficiaires d'un taux de diplomation &eacute;lev&eacute; que les &eacute;tudiants?  Pourquoi ne souligne-t-on pas que le gouvernement, l'&Eacute;tat, la collectivit&eacute; sont les principaux b&eacute;n&eacute;ficiaires de la diplomation universitaire au Qu&eacute;bec?  Pourquoi s'obstine-t-on &agrave; faire payer par une classe moyenne d&eacute;j&agrave; surcharg&eacute;e souvent la totalit&eacute; des droits de scolarit&eacute; de ses enfants, r&eacute;duisant ainsi le nombre de dipl&ocirc;m&eacute;s, r&eacute;duisant ainsi les revenus futurs de l'&Eacute;tat?<br />
 <br />
Pourquoi permet-on, alors que la demande de main-d'&oelig;uvre qualifi&eacute;e et de dipl&ocirc;m&eacute;s est en hausse, que des int&eacute;r&ecirc;ts priv&eacute;s puissent souvent troquer leur financement aux universit&eacute;s contre des recherches command&eacute;es dont ils b&eacute;n&eacute;ficieront &agrave; leur seul profit d'une application imm&eacute;diate, et subventionn&eacute;e par les droits de scolarit&eacute; des enfants et des parents, plut&ocirc;t que de leur imposer la responsabilit&eacute; de contribuer &agrave; l'enseignement?<br />
 <br />
Pourquoi les g&eacute;n&eacute;rations qui auront b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de droits de scolarit&eacute; assez bas pour permettre aux Fran&ccedil;ais du Qu&eacute;bec de s'approprier leur &eacute;conomie, leur &Eacute;tat et leur futur diraient-elles aux g&eacute;n&eacute;rations suivantes que, elles, elles ne b&eacute;n&eacute;ficieront pas de cet avantage majeur?  Pire : en plus, elles vont assumer le d&eacute;ficit laiss&eacute; par leurs a&icirc;n&eacute;s aux gouvernements comme aux universit&eacute;s, et elles vont tout de m&ecirc;me devoir payer les soins de sant&eacute; et les pensions de ces m&ecirc;mes a&icirc;n&eacute;s?  Le Qu&eacute;bec n'appartient pas davantage &agrave; ma g&eacute;n&eacute;ration ou celle de mes parents qu'il n'appartient &agrave; mes enfants et aux leurs. Un peu de justice et d'&eacute;quit&eacute; sont de mise alors que pr&eacute;sentement, on abreuve l'opinion publique de mensonges.<br />
 <br />
La politique du gouvernement du Qu&eacute;bec en mati&egrave;re de droits de scolarit&eacute; va &agrave; l'encontre des tendances lourdes &agrave; l'&eacute;chelle internationale. Chacun reconna&icirc;t que l'accessibilit&eacute; est, dans le contexte d&eacute;mographique et &eacute;conomique actuel, un enjeu crucial. Chacun, sauf le Qu&eacute;bec des Lib&eacute;raux, sur lesquels se moule la CAQ. Ils auraient comme volont&eacute; de ramener la nation qu&eacute;b&eacute;coise et fran&ccedil;aise &agrave; son niveau des ann&eacute;es 60 qu'ils ne s'y prendraient pas autrement en mati&egrave;re d'accessibilit&eacute; &agrave; l'&eacute;ducation, comme d'ailleurs d'immigration, d'anglicisation et de cession de nos ressources naturelles en contrepartie de peccadilles honteuses.<br />
 <br />
Pendant ce temps, joignant l'insulte &agrave; l'injure, le gouvernement du Parti lib&eacute;ral va payer un bout de route &agrave; une de ces entreprises mini&egrave;res qui seraient bien b&ecirc;tes de ne pas profiter de cette prodigalit&eacute; incompr&eacute;hensible. Ce bout de route co&ucirc;tera aux Qu&eacute;b&eacute;cois l'essentiel de ce dont l'ensemble du r&eacute;seau universitaire qu&eacute;b&eacute;cois dit avoir besoin pour r&eacute;tablir sa comp&eacute;titivit&eacute; et maintenir la qualit&eacute; &eacute;lev&eacute;e de la formation des jeunes du Qu&eacute;bec.<br />
 <br />
Si pour le Parti lib&eacute;ral du Qu&eacute;bec, la formation universitaire de centaines de milliers de jeunes Qu&eacute;b&eacute;cois ne vaut pas un bout de route, il est plus que temps d'en disposer. Si en lieu et place, la Coalition Avenir Qu&eacute;bec entend appliquer la m&ecirc;me politique, pour les m&ecirc;mes raisons et au b&eacute;n&eacute;fice de la m&ecirc;me client&egrave;le, il faut bien r&eacute;fl&eacute;chir avant de lui offrir des votes, aussi peu que ce soit. Toutefois, avant d'inviter les Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; &eacute;lire un gouvernement national fort et issu du Parti qu&eacute;b&eacute;cois, je les invite &agrave; prendre connaissance de notre programme et de nos engagements. Je l'ai dit et je le r&eacute;p&eacute;terai : si le d&eacute;bat se rend aux id&eacute;es, nous ne pouvons pas perdre. <br />
 <br />
Ce n'est pas une province qui en sortira gagnante, parce que comme province, elle c&egrave;de d'embl&eacute;e l'essentiel de son succ&egrave;s &agrave; un autre &eacute;tat. Il faut que ce soit comme pays que nous partagions l'avenir.<br />
 <br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/398065/thumbs/s-STUDENT-DEMONSTRATION-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Bock-Côté: recommencer par la droite</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/bockcote-recommencer-par-_b_1302104.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1302104</id>
    <published>2012-02-28T14:20:21-05:00</published>
    <updated>2012-04-29T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Mathieu Bock-Côté pourrait être un fédéraliste de centre-gauche bien-pensant et jouir d'une solide visibilité. Il serait alors éditorialiste plutôt que chroniqueur. Mais voilà: il est un « indépendantiste indépendant », et résolument conservateur. Il n'hésite pas à provoquer le principal véhicule souverainiste et social-démocrate, le Parti québécois. Du bonbon. Plus vendeur que ça, tu causes des caries. Il est donc sur toutes les tribunes et jouit d'une complaisance troublante dont il serait fou de se passer.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute; est un ind&eacute;pendantiste de droite. Au Qu&eacute;bec, o&ugrave; on aime jouer sur les mots, &ccedil;a peut donner souverainiste et conservateur. Sa contribution &agrave; la r&eacute;flexion que le Qu&eacute;bec doit s'intensifier est significative. Il est jeune, articul&eacute; et charismatique. Il impose un personnage fort, redout&eacute; en d&eacute;bat. Il est tr&egrave;s vendeur. Il l'est comme v&eacute;hicule de ses propres id&eacute;es, mais aussi parce que pour les m&eacute;dias qui se l'empruntent, il attire la cote d'&eacute;coute et le lectorat.  <br />
<br />
Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute; pourrait &ecirc;tre un f&eacute;d&eacute;raliste de centre-gauche bien-pensant et jouir d'une solide visibilit&eacute;. Il serait alors &eacute;ditorialiste plut&ocirc;t que chroniqueur. Mais voil&agrave;: il est un &laquo; ind&eacute;pendantiste ind&eacute;pendant &raquo;, et r&eacute;solument conservateur. Il n'h&eacute;site pas &agrave; provoquer le principal v&eacute;hicule souverainiste et social-d&eacute;mocrate, le Parti qu&eacute;b&eacute;cois. Du bonbon. Plus vendeur que &ccedil;a, tu causes des caries. Il est donc sur toutes les tribunes et jouit d'une complaisance troublante dont il serait fou de se passer.<br />
<br />
Le voici donc brandissant un br&ucirc;lot : Fin de cycle. En raccourci, l'id&eacute;e d'ind&eacute;pendance &eacute;choue parce qu'elle ne se tourne pas vers la droite. Bien s&ucirc;r, on ouvre ici un d&eacute;bat abyssal. Tellement que bien peu iront au fond de l'analyse, et beaucoup, subjugu&eacute;s par la forme, adopteront ce raccourci contestable. Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute; est un ma&icirc;tre de la forme.<br />
<br />
R&eacute;sumons: conquis deux cents ans plus t&ocirc;t, le Qu&eacute;bec du r&eacute;gime de Maurice Duplessis est une colonie pass&eacute;e de la Couronne britannique &agrave; la domination anglo-canadienne. Les Fran&ccedil;ais qui n'ont pas quitt&eacute; la Nouvelle-France se sont rabattus sur le nombre et sur la terre. Ils ont non seulement surv&eacute;cu, mais ils se sont, sans trop le r&eacute;aliser, mut&eacute;s en un peuple, une v&eacute;ritable nation. Une nation, toutefois, sans &Eacute;tat qui lui appartient. Cette appropriation collective d'un &Eacute;tat, d'une &eacute;conomie et d'un statut de peuple, elle se combinera en un seul &eacute;lan, propuls&eacute; par la rupture soudaine de l'&eacute;lastique de l'isolement, de l'inhibition et de la religion. Ce sera la R&eacute;volution tranquille. Or l'&eacute;mancipation &eacute;conomique du plus grand nombre dans le Qu&eacute;bec ou l'Occident capitaliste du milieu du si&egrave;cle dernier ne pouvait &ecirc;tre que de gauche. Tout comme l'aboutissement de cette r&eacute;volution nationale, &eacute;conomique et identitaire ne peut &ecirc;tre que la souverainet&eacute;.<br />
<br />
Je ne dis pas que la droite ind&eacute;pendantiste n'existe pas. Ses racines, dans le Qu&eacute;bec religieux d'avant la R&eacute;volution tranquille, pr&eacute;c&egrave;dent et de loin celles d'une vision davantage social-d&eacute;mocrate de la souverainet&eacute; dont le Parti qu&eacute;b&eacute;cois est encore porteur. Elle s'exprime beaucoup par l'apprivoisement n&eacute;cessaire de notre histoire ant&eacute;rieure &agrave; l'ascension de Ren&eacute; L&eacute;vesque au statut de h&eacute;ros fondateur de notre nation. Elle chante avec pertinence les Louis-Joseph Papineau, Samuel de Champlain, Lionel Groulx et Pierre Le Moyne d'Iberville. Elle tente au passage une r&eacute;habilitation de Maurice Duplessis, vou&eacute; aux g&eacute;monies par une gauche syndicale qui marque souvent le pas dans le Qu&eacute;bec du dernier demi-si&egrave;cle.<br />
<br />
Mais l'id&eacute;e de souverainet&eacute; a pris son envol sous les &eacute;lans d'un RIN tir&eacute; &agrave; gauche par un Pierre Bourgault flirtant avec le socialisme. Elle a rassembl&eacute; les foules et additionn&eacute; les votes sous la gouverne tourment&eacute;e d'un Ren&eacute; L&eacute;vesque magnifi&eacute;. Ainsi, sans affirmer que la souverainet&eacute; n'a d'avenir qu'&agrave; gauche, je crois juste de soumettre qu'on ne peut pas l'en d&eacute;raciner sans la priver de son &acirc;me, parce qu'elle est l'aboutissement d'une &eacute;mancipation dont on ne peut dissocier l'&eacute;conomique de l'identitaire. Je dis au moins que dans ce contexte, affirmer que la souverainet&eacute; est vou&eacute;e &agrave; l'&eacute;chec si elle n'embrasse pas la droite est au mieux une formule. C'est du commerce.<br />
<br />
J'en ai contre ces raccourcis complaisants d'une certaine droite dont, &agrave; la diff&eacute;rence de Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute;, certains chantres ne m&eacute;ritent m&ecirc;me pas d'&ecirc;tre nomm&eacute;s. Ils sugg&egrave;rent aux Qu&eacute;b&eacute;cois que ce que l'&Eacute;tat cesse de payer ne co&ucirc;te plus rien. Hors de l'&Eacute;tat, la facture dispara&icirc;t. Les services de sant&eacute; et les droits de scolarit&eacute; sont mieux g&eacute;r&eacute;s en faisant payer autant les pauvres et davantage la classe moyenne que la minorit&eacute; la plus riche. La dilapidation des richesses non renouvelables au b&eacute;n&eacute;fice des nouveaux g&eacute;ants mondiaux, les emplois export&eacute;s et les dommages &agrave; l'environnement sont ainsi des normalit&eacute;s dans une &eacute;conomie de march&eacute; saine. Et on colle le mot &eacute;quitable &agrave; ce genre de raisonnements. &Agrave; les en croire, la nation qu&eacute;b&eacute;coise doit restaurer son h&eacute;ritage catholique pour sauver son identit&eacute;, mais s'angliciser pour d&eacute;boucher son d&eacute;veloppement. L'hypocrisie client&eacute;liste de l'actuel gouvernement du Qu&eacute;bec en mati&egrave;re de la&iuml;cit&eacute; de l'&Eacute;tat, de francisation de l'espace collectif ou de valeurs fondamentales d'&eacute;galit&eacute; est assimil&eacute;e &agrave; l'&eacute;chec du mod&egrave;le social-d&eacute;mocrate. Pourtant, mis &agrave; jour et mis en &oelig;uvre par des gens qui y croient, il porte encore les plus belles occasions d'une immigration harmonieuse et francis&eacute;e, d'une &eacute;conomie moderne et ouverte sur les plus vastes march&eacute;s, avec un v&eacute;ritable souci de solidarit&eacute; dans le respect d'une nature terriblement mise &agrave; mal.<br />
<br />
L'erreur de Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute; ne me semble pas &ecirc;tre dans les raisonnements qui sugg&egrave;rent l'ind&eacute;pendance, mais dans la renonciation sous pr&eacute;texte qu'elle serait l'otage d'un affrontement entre cette droite trop &eacute;troite et la gauche pass&eacute;iste. Il s'inscrit pourtant dans cette logique en invitant les Qu&eacute;b&eacute;cois, pour rompre le sort, &agrave; embrasser une vision moderne du conservatisme. Le renoncement &agrave; ce qui nous a lib&eacute;r&eacute; est devenu une mode. Une mode qui, de surcro&icirc;t, alimente un appareil m&eacute;dia boulimique o&ugrave; Bock-C&ocirc;t&eacute; c&ocirc;toie trop souvent de discutables mercenaires, et qui n'est jamais &agrave; la fois souverainiste et social-d&eacute;mocrate.<br />
<br />
Pour ces entrepreneurs m&eacute;dia, Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute; est un personnage inestimable. Pour moi, il est un contributeur pr&eacute;cieux &agrave; un d&eacute;bat sans lequel la justesse de l'une ou l'autre id&eacute;e ne sera pas d&eacute;montr&eacute;e. Or j'ai bien assez confiance dans la vision du Parti qu&eacute;b&eacute;cois en mati&egrave;re de souverainet&eacute;, de langue, de culture et de valeurs, d'environnement et de d&eacute;veloppement &eacute;conomique pour l'opposer ouvertement &agrave; un argumentaire conservateur qui ne me rappelle que trop le Canada de Stephen Harper.  <br />
<br />
Je salue la contribution de Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute;. Je l'invite &agrave; ne pas renoncer &agrave; l'ind&eacute;pendance de son pays sous pr&eacute;texte qu'elle pourrait ne pas &eacute;pouser le mod&egrave;le conservateur.  Surtout, j'invite les Qu&eacute;b&eacute;cois, plut&ocirc;t que de reculer d'un demi-si&egrave;cle, &agrave; franchir le dernier pas de cette R&eacute;volution tranquille. J'invite les Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; reprendre par la force du nombre et des justes valeurs ce qui leur a &eacute;t&eacute; arrach&eacute; il y a deux cent cinquante ans par celle des armes. Ce sera un beau pays o&ugrave; vivre ensemble.<br />
<br />
<br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/402959/thumbs/s-QUEBEC-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Le Canada Trudeau: Justin constate l'échec de Pierre</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yves-francois-blanchet/multiculturalisme-religion-immigration_b_1290853.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1290853</id>
    <published>2012-02-21T11:10:03-05:00</published>
    <updated>2012-04-22T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le multiculturalisme canadien a de quoi séduire les communautés issues de l'immigration. Certaines d'entre elles ou des minorités au sein de celles-ci se comportent parfois en communautés distinctes, à l'encontre d'une intégration mutuellement bénéfique au sein de la société d'accueil. Elles le font avec la caution du multiculturalisme canadien. Une part de la communauté anglaise réfute la légitimité de la Loi 101 et s'affirme en droit d'intégrer en anglais une large part de l'immigration. Elle se revendique alors de la Charte canadienne des droits et, sans toutefois le dire ouvertement, du multiculturalisme canadien.]]></summary>
    <author>
        <name>Yves-François Blanchet</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yves-francois-blanchet/"><![CDATA[Un enseignant de la r&eacute;gion de Sorel retire d'un classique de la chanson fran&ccedil;aise une r&eacute;f&eacute;rence &agrave; Dieu avant de l'utiliser dans le cadre de son cours de musique. On peut supposer que la chanson ne lui d&eacute;pla&icirc;t pas davantage aujourd'hui qu'il y a cinq ans, mais qu'il se sent contraint d'infliger pareil outrage &agrave; &Eacute;dith Piaf et Gerry Boulet.<br />
 <br />
La Cour supr&ecirc;me du Canada donne raison &agrave; la Commission scolaire Des Ch&ecirc;nes de Drummondville: le cours d'&Eacute;thique et Culture religieuse (ECR) ne viole pas la libert&eacute; de religion. Le d&eacute;bat fait long feu : certains y voient une offensive multiculturaliste contre l'identit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise, d'autre une agression contre leurs libert&eacute;s individuelles. J'ai trois enfants qui sont pass&eacute;s par l&agrave;, et aucun n'en est sorti accultur&eacute;. <br />
 <br />
Un agent de la Commission des droits de la personne offre une formation sur les accommodements raisonnables &agrave; la Chambre de commerce et d'industrie de Drummondville. Il demande &agrave; l'assistance pourquoi avoir davantage peur du kirpan d'un jeune sikh que d'une secr&eacute;taire d&eacute;pressive qui a des ciseaux sur son bureau (!). L'agent est pourtant articul&eacute;, excellent communicateur, mais porteur d'un message conforme &agrave; la vision du gouvernement lib&eacute;ral comme une v&eacute;rit&eacute; indiscutable. <br />
 <br />
Comment en sommes-nous arriv&eacute;s l&agrave;?  L'absence de balises claires.<br />
 <br />
Le multiculturalisme est, au Canada, une doctrine dont le r&eacute;sultat devait &ecirc;tre de r&eacute;duire la culture des &laquo; Canadiens fran&ccedil;ais &raquo; au statut d'une parmi la mosa&iuml;que culturelle canadienne. La primaut&eacute; des droits individuels sur les droits collectifs habilement mise en place par Pierre Trudeau en 1982 est une pi&egrave;ce ma&icirc;tresse de sa mise &oelig;uvre, sous la supervision de la Cour supr&ecirc;me. Ayant d&eacute;velopp&eacute; un m&eacute;pris hargneux envers le nationalisme qu&eacute;b&eacute;cois, ce premier ministre canadien en viendra &agrave; renoncer &agrave; son r&ecirc;ve d'un Canada bilingue et moderne pour plut&ocirc;t en finir avec les mis&eacute;rables partisans de Ren&eacute; L&eacute;vesque. Outre un d&eacute;sir tout familial de faire sensation, la sortie r&eacute;cente de Justin Trudeau d&eacute;non&ccedil;ant l'&eacute;cart qui se creuse entre le Canada et le Qu&eacute;bec est extr&ecirc;mement r&eacute;v&eacute;latrice. Le gouvernement de Stephen Harper est en effet le premier qui rompe franchement avec la vision du Canada de Pierre Trudeau. <br />
 <br />
Cette approche, c'est Justin Trudeau qui en constate l'&eacute;chec. Sans pr&eacute;sumer du jugement des futurs historiens, on peut croire que le Canada de Stephen Harper est d&eacute;sormais plus naturellement &laquo; canadien &raquo; que celui forc&eacute; par le charismatique Pierre Trudeau. Il n'y a pas de place pour une culture qu&eacute;b&eacute;coise &eacute;nergique, ouverte, moderne et fran&ccedil;aise dans ce Canada. Le registre des armes &agrave; feu, la tentation vers la criminalisation de l'avortement, la peine de mort, la r&eacute;pression ou le contr&ocirc;le de l'information, le m&eacute;pris de la science et le soutien ind&eacute;fectible aux pires pollueurs, ce sont des affronts directs aux valeurs qu&eacute;b&eacute;coises. Sous cet &eacute;clairage, il n'est pas si &eacute;tonnant que le Qu&eacute;bec ait &eacute;lu pr&egrave;s de 60 candidats peu connus du NPD le 2 mai : Jack Layton s'&eacute;tait fait porteur de certaines valeurs qui sont qu&eacute;b&eacute;coises, mais qui, &agrave; la lumi&egrave;re de sa propre performance ailleurs au Canada, ne sont que de moins en moins des valeurs canadiennes.<br />
 <br />
Le multiculturalisme canadien a de quoi s&eacute;duire les communaut&eacute;s issues de l'immigration. Certaines d'entre elles ou des minorit&eacute;s au sein de celles-ci se comportent parfois en communaut&eacute;s distinctes, &agrave; l'encontre d'une int&eacute;gration mutuellement b&eacute;n&eacute;fique au sein de la soci&eacute;t&eacute; d'accueil. Elles le font avec la caution du multiculturalisme canadien. Une part de la communaut&eacute; anglaise r&eacute;fute la l&eacute;gitimit&eacute; de la Loi 101 et s'affirme en droit d'int&eacute;grer en anglais une large part de l'immigration. Elle se revendique alors de la Charte canadienne des droits et, sans toutefois le dire ouvertement, du multiculturalisme canadien.<br />
 <br />
Lorsque le gouvernement de Jean Charest refuse de tracer une ligne claire au b&eacute;n&eacute;fice de la la&iuml;cit&eacute; de l'&Eacute;tat et de l'&eacute;galit&eacute; entre les hommes et les femmes, ou lorsqu'il endosse des agressions claires &agrave; l'esprit et &agrave; la lettre de la Loi 101, il capitule en notre nom devant la Charte canadienne des droits et le multiculturalisme canadien. Son refus de d&eacute;finir clairement l'interculturalisme qu&eacute;b&eacute;cois fait figure d'aveu : une telle d&eacute;finition sonnerait le glas de son inaction minutieusement calcul&eacute;e.<br />
 <br />
Le gouvernement de Jean Charest agit par pur client&eacute;lisme. Il ne peut se passer de l'appui &eacute;lectoral de la communaut&eacute; anglaise. Il ne peut se passer du mensonge colport&eacute; aupr&egrave;s des immigrants &agrave; l'effet que leur richesse culturelle sera r&eacute;prim&eacute;e dans un Qu&eacute;bec souverain. Il ne peut pas non plus assumer ouvertement sa soumission &agrave; un Canada qui ajoute l'insulte du r&eacute;gime Harper &agrave; l'injure de l'h&eacute;ritage Trudeau. S'il le faisait, ses appuis d&eacute;j&agrave; fragiles chez les francophones seraient an&eacute;antis. Il ne peut donc que tergiverser, dire une chose et faire son contraire, et envoyer les ministres Weil et St-Pierre valser sur une musique qui sonne de plus en plus faux au lieu de pr&ecirc;ter attention aux opinions &eacute;clair&eacute;es de madame Houda-Pepin. Ce faisant, il ne formule aucune directive claire.<br />
 <br />
Pendant ce temps, un professeur de musique de la r&eacute;gion de Sorel se pile sur le c&oelig;ur et commet l'impensable : censurer une &oelig;uvre d'art. Pendant ce temps, la Commission des droits de la personne du Qu&eacute;bec explique comment accorder des privil&egrave;ges &agrave; une minorit&eacute; parmi les minorit&eacute;s au d&eacute;triment des valeurs de la&iuml;cit&eacute; de l'&Eacute;tat et d'&eacute;galit&eacute;. Pendant ce temps, une formation acad&eacute;mique qui relativise - imparfaitement - la diversit&eacute; religieuse et culturelle pour alimenter la tol&eacute;rance au sein de la soci&eacute;t&eacute; civile est prise en &eacute;tau. Elle est accus&eacute;e par la droite religieuse de brimer son droit divin d'endoctriner les enfants, et par un nationalisme plus s&eacute;v&egrave;re de ne pas &eacute;tendre &agrave; l'espace public une la&iuml;cit&eacute; qu'on croyait avoir r&eacute;serv&eacute; &agrave; l'espace d'&Eacute;tat.<br />
 <br />
Il y a place &agrave; mille nuances dans tout &ccedil;a. Je doute que nous puissions en faire le tri au b&eacute;n&eacute;fice de tous tant qu'un &eacute;tat autre, une volont&eacute; qui nous est &eacute;trang&egrave;re et un d&eacute;sir renouvel&eacute; d'assimiler le Qu&eacute;bec n'auront pas &eacute;t&eacute; clairement rejet&eacute;s par une majorit&eacute; de Qu&eacute;b&eacute;cois. La souverainet&eacute; n'est pas une notion abstraite. Elle est la disposition exclusive de tous les outils de ce que nous faisons, mais aussi de ce que nous sommes.<br />
 <br />
Mine de rien, Justin Trudeau nous a offert une fanfaronnade r&eacute;v&eacute;latrice. Si les Qu&eacute;b&eacute;cois en font une juste lecture, le mythe bris&eacute; les invitera &agrave; jeter un regard neuf sur le projet de Ren&eacute; L&eacute;vesque, de ceux qui l'ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute; et de ceux qui le suivent dans la marche naturelle des Qu&eacute;b&eacute;cois vers un pays qui leur appartienne.<br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/478888/thumbs/s-YVES-FRANCOIS-BLANCHET-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>
</feed>