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  <title>Yolande Cohen</title>
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  <updated>2013-05-25T08:28:05-04:00</updated>
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    <name>Yolande Cohen</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Yolande Cohen</subtitle>
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    <title>Wild Hofesh Schecter!</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2131079</id>
    <published>2012-11-14T13:49:13-05:00</published>
    <updated>2013-01-14T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Puissante, brutale et vociférante, telle fut la soirée offerte par Danse /Danse au public montréalais il y a la semaine dernière. Les quelques habitués et le public nombreux venus applaudir cette troupe déjà bien connue ont été comblés par cette nouvelle pièce de l'anglo-israélien Hofesh Schecter, Political Mother. ]]></summary>
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        <name>Yolande Cohen</name>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/"><![CDATA[Puissante, brutale et vocif&eacute;rante, telle fut la soir&eacute;e offerte par Danse /Danse au public montr&eacute;alais il y a la semaine derni&egrave;re. Les quelques habitu&eacute;s et le public nombreux venus applaudir cette troupe d&eacute;j&agrave; bien connue ont &eacute;t&eacute; combl&eacute;s par cette nouvelle pi&egrave;ce de l'anglo-isra&eacute;lien Hofesh Schecter, <em>Political Mother. </em><br />
<br />
M&eacute;taphore du pouvoir supr&ecirc;me, cette m&egrave;re/mar&acirc;tre de toutes les politiques va pendant une heure dix de spectacle intense nous tirailler dans tous les sens. D'abord gr&acirc;ce aux cinq basses &eacute;lectriques et aux trois tambours battants pr&eacute;sents continuellement sur sc&egrave;ne, nous sommes assaillis par la musique enivrante de ce spectacle hors du commun. Rock, rave, le rythme &eacute;poustouflant de cette noire saga nous envahit d'embl&eacute;e et nous ravit. Un son qui ressemble &agrave; s'y m&eacute;prendre au c&oelig;ur qui bat la chamade dans les corps des danseurs magnifiques qui envahissent la sc&egrave;ne donne sa pulsation au spectacle. Tant&ocirc;t &eacute;chevel&eacute;s, tant&ocirc;t r&eacute;sign&eacute;s les quelques 12 danseurs se prosternent devant le Dieu charismatique tout puissant qui s'&eacute;l&egrave;ve au dessus d'eux, foule d'&eacute;gar&eacute;s impuissants et d&eacute;sarticul&eacute;s. La violence de ce Dieu/dictateur, fantoche mais bien r&eacute;el et, &agrave; son tour d&eacute;membr&eacute;, impr&egrave;gne ce petit monde transi de froid et de peur. Le spectacle s'ouvre sur cet acte de violence supr&ecirc;me qu'est le Hara Kiri et se termine par la danse macabre du dictateur ivre de son pouvoir, scand&eacute;e par une musique lancinante et tonitruante. <br />
<br />
Heureusement, et pour souffler un peu, des passages plus heureux rassemblent les danseurs dans une certaine communion humaine, une sorte de retour aux origines dont le folklore traduit l'essence. La musique se fait plus douce, et les corps d&eacute;li&eacute;s rappellent l'existence des autres sens, une certaine harmonie et la beaut&eacute; de l'amour. Compar&eacute;s &agrave; la fulgurance de la violence et &agrave; son omnipr&eacute;sence, ces moments ne durent pas mais rappellent l'existence de quelque chose d'autre. Quand la pression constante (de notre vie contemporaine) cesse, la musique et la danse peuvent reprendre leurs droits, et le folklore, m&eacute;taphore de nos identit&eacute;s profondes et ensevelies, r&eacute;apparait. On sort de cette exp&eacute;rience &agrave; la fois exalt&eacute;s par tant de beaut&eacute; et contrits par tant de sauvagerie! Tels seraient les profondeurs de l'&acirc;me humaine sans fards, telle que nous la r&eacute;v&egrave;le ce grand ma&icirc;tre de la danse contemporaine! Accompagn&eacute; par les &eacute;clairages de Lee Curran, les costumes de Merle Hensel, Schecter signe seul la chor&eacute;graphie et aussi et surtout cette magn&eacute;tique musique de d&eacute;miurge avec Neil Catchpole et Yaron Engler.]]></content>
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    <title>Une femme première ministre, oui. Des femmes au pouvoir encore mieux!</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1870688</id>
    <published>2012-09-10T10:57:41-04:00</published>
    <updated>2012-11-10T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Des femmes qui ont brigué les suffrages et qui ont réussi à se hisser au poste de premières ministres ou de présidentes se comptent désormais par dizaines, dans le monde. Depuis une quarantaine d'années en effet, les pratiques d'action positive en faveur d'une meilleure représentation des femmes en politique se sont répandues. Même si nous sommes loin de la parité femmes-hommes en politique, force est de constater que la présence de femmes à la tête de pays, petits et grands, a contribué à changer la donne durant cette période.]]></summary>
    <author>
        <name>Yolande Cohen</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/"><![CDATA[Des femmes qui ont brigu&eacute; les suffrages et qui ont r&eacute;ussi &agrave; se hisser au poste de premi&egrave;res ministres ou de pr&eacute;sidentes se comptent d&eacute;sormais par dizaines, dans le monde. Depuis une quarantaine d'ann&eacute;es en effet, les pratiques d'action positive en faveur d'une meilleure repr&eacute;sentation des femmes en politique se sont r&eacute;pandues. M&ecirc;me si nous sommes loin de la parit&eacute; femmes-hommes en politique, force est de constater que la pr&eacute;sence de femmes &agrave; la t&ecirc;te de pays, petits et grands, a contribu&eacute; &agrave; changer la donne durant cette p&eacute;riode. <br />
<br />
Au Canada, le moment d&eacute;terminant de ce changement se situe au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, avec ce qui fut alors nomm&eacute; le &laquo;  gender gap &raquo;, o&ugrave; l'&eacute;lectorat f&eacute;minin fut particuli&egrave;rement courtis&eacute; par les partis politiques, toutes tendances confondues, pour combler l'affligeant d&eacute;ficit de femmes en politique. Kim Campbell doit d'ailleurs son &eacute;lection &agrave; ce ph&eacute;nom&egrave;ne particulier, qui la propulsa, elle une illustre inconnue, au fa&icirc;te de sa (courte) carri&egrave;re, au poste de premi&egrave;re femme premi&egrave;re ministre du Canada. Elle b&eacute;n&eacute;ficia d'une campagne de presse sans pr&eacute;c&eacute;dent lors de la course au leadership et l'emporta contre Jean Charest, alors un tout jeune politicien, parce qu'elle &eacute;tait une femme et une nouvelle venue en politique. Mais cet &eacute;ph&eacute;m&egrave;re succ&egrave;s ne pouvait juguler la crise profonde du Parti qui l'avait projet&eacute; dans cette ar&egrave;ne pour sauver les meubles. Le Parti conservateur connut sa pire d&eacute;faite aux &eacute;lections auxquelles elle pr&eacute;sida. <br />
<br />
Tout autre est le profil de Pauline Marois, la premi&egrave;re femme &agrave; acc&eacute;der au poste de premi&egrave;re ministre du Qu&eacute;bec. Son militantisme au sein du Parti Qu&eacute;b&eacute;cois ne date pas d'hier et ses &eacute;tats de service au sein de ce parti, dans l'opposition comme au gouvernement, sont &eacute;loquents. Je me souviens de la militante engag&eacute;e, adjointe &agrave; Lise Payette, responsable de la condition f&eacute;minine, qui &eacute;tait venue nous encourager dans les ann&eacute;es 1980 &agrave; mettre en place des cours sur &laquo; Les femmes et la politique&raquo; &agrave; l'UQAM. Depuis, elle a d&ucirc; mettre ses convictions f&eacute;ministes derri&egrave;re ses engagements partisans pour conqu&eacute;rir le pouvoir. <br />
<br />
Quelle signification a donc sa (courte) victoire? On peut d'embl&eacute;e &eacute;liminer l'hypoth&egrave;se d'une r&eacute;p&eacute;tition du &laquo; gender gap &raquo; des ann&eacute;es 1980. On ne peut pas dire qu'elle a b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'un soutien particulier des femmes en sa faveur; ce qui ne confirmerait une tendance de fond dans l'&eacute;lectorat f&eacute;minin. Si l'on se fie aux &eacute;tudes r&eacute;alis&eacute;es sur les r&eacute;sultats des &eacute;lections de 2008, en termes de participation &eacute;lectorale, les femmes votent autant que les hommes et leur vote n'a pas avantag&eacute; un parti plut&ocirc;t qu'un autre. En fait, l'&acirc;ge et les conditions socio-&eacute;conomiques des &eacute;lecteurs ont &eacute;t&eacute; davantage d&eacute;terminants dans le fait de voter, que le sexe. La victoire de Pauline Marois est donc celle d'une femme politique qui a su dompter son parti pour se faire &eacute;lire, sans avoir eu recours &agrave; une mobilisation du vote f&eacute;minin en sa faveur. <br />
<br />
Bien plus significatifs dans cette &eacute;lection d'un nouveau genre, furent ses appels &agrave; la jeunesse, y compris son soutien &agrave; des &eacute;tudiants radicalis&eacute;s, et &agrave; une certaine frange souverainiste qui la talonnait sur sa gauche. Si l'on en croit les promesses de sa campagne &eacute;lectorale, elle se veut porteuse des espoirs de changement des jeunes g&eacute;n&eacute;rations (gel des droits de scolarit&eacute;) ainsi que de certaines revendications traditionnelles des femmes (gel des tarifs et augmentation des places en garderie). On verra si ces propositions qui visent des client&egrave;les sectorielles, traduisent une sensibilit&eacute; &agrave; la conjoncture particuli&egrave;re dans laquelle cette &eacute;lection a eu lieu (apr&egrave;s le printemps &eacute;rable) qu'une orientation durable. <br />
<br />
Son premier test toutefois sera d'assurer une parit&eacute; femmes-hommes dans la formation de son cabinet, un pr&eacute;c&eacute;dent r&eacute;alis&eacute; avec succ&egrave;s par Jean Charest. Car aujourd'hui, encore plus qu'hier, f&eacute;minisme rime avec pluralisme et d&eacute;mocratie. Il s'agira pour elle d'inaugurer un style et une fa&ccedil;on de gouverner qui fassent une  place de choix &agrave; la diversit&eacute; (linguistique), au pluralisme et &agrave; la coop&eacute;ration (partisane) plut&ocirc;t qu'&agrave; la chicaneet &agrave; la division! En ce sens, on scrutera avec attention les premiers gestesde son mandat.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--243569--HH>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/758306/thumbs/s-PAULINE-MAROIS-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Les non-dits d'une campagne électorale : mouvements étudiants et crise politique</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yolande-cohen/conflit-etudiant-quebec_b_1840058.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1840058</id>
    <published>2012-08-29T12:04:30-04:00</published>
    <updated>2012-10-29T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Cette dichotomie entre les aspirations au changement de la population et l'offre politique étroitement partisane qui nous est servie à l'occasion de ces élections éclate chaque jour davantage. La crise déclenchée par les jeunes cégépiens-nes et étudiants-es sur la question de l'augmentation des frais de scolarité semble être l'angle mort de la campagne, forçant les protagonistes à camper sur leurs anciennes positions. Ces élections n'ont-elles pas été déclenchées pour trouver une solution démocratique à la crise?]]></summary>
    <author>
        <name>Yolande Cohen</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/"><![CDATA[Le divorce entre les attentes de changement de la population, exprim&eacute;es avec radicalisme et brio par les jeunes g&eacute;n&eacute;rations en ce printemps &eacute;rable qui se prolonge en cet automne chaud, et les discours des politiciens en campagne &eacute;lectorale n'a jamais &eacute;t&eacute; aussi patent. <br />
<br />
De toutes parts fusent les frustrations &agrave; leur endroit. L'&eacute;conomisme &agrave; tout crin des uns( PLQ et CAQ), qui ne cessent de r&eacute;p&eacute;ter comme un mantra que &laquo; le Qu&eacute;bec tire bien son &eacute;pingle du jeu &raquo; de la crise &eacute;conomique et financi&egrave;re mondiale et l'id&eacute;ologisme &agrave; peine voil&eacute; des autres (PQ et QS), qui peinent &agrave; nous convaincre qu'ils formeront d'abord et avant tout (r&eacute;f&eacute;rendum) un bon gouvernement, nous apparaissent comme des formules &eacute;cul&eacute;es! Plus que jamais, on a le sentiment que les politiciens tirent de l'arri&egrave;re au lieu de nous diriger vers l'avenir. Certes, ils cherchent tous &agrave; reprendre la main par rapport au mouvement de contestation majeure (la rue) qui a &eacute;branl&eacute; le Qu&eacute;bec le printemps dernier. <br />
<br />
Les crises qui secouent le monde de l'&eacute;ducation et de la sant&eacute; ne peuvent certes pas se d&eacute;nouer en quelques semaines de campagne &eacute;lectorale. Aucune solution durable &agrave; ces probl&egrave;mes ne peut &ecirc;tre trouv&eacute;e si l'on se cache continuellement derri&egrave;re des formules qui n'ont rien eu de magique et qui nous ont conduit l&agrave; o&ugrave; nous sommes. Mais l'ouverture d'un dialogue et d'une concertation sociale sur ces enjeux ne semble pas pr&eacute;occuper les politiciens qui briguent nos suffrages. <br />
<br />
Or cette dichotomie entre les aspirations au changement de la population et l'offre politique &eacute;troitement partisane qui nous est servie &agrave; l'occasion de ces &eacute;lections &eacute;clate chaque jour davantage. L'int&eacute;gration de certaines &laquo; personnalit&eacute;s de l'ann&eacute;e &raquo; aux &eacute;quipes us&eacute;es par la joute politique ne suffit pas &agrave; changer la donne et ne fait qu'ajouter &agrave; la confusion qui a marqu&eacute; cette campagne jusqu'&agrave; maintenant. Pourtant, la crise est profonde et les rem&egrave;des loin d'&ecirc;tre connus. La crise d&eacute;clench&eacute;e par les jeunes c&eacute;g&eacute;piens-nes et &eacute;tudiants-es sur la question de l'augmentation des frais de scolarit&eacute; semble &ecirc;tre l'angle mort de la campagne, for&ccedil;ant les protagonistes &agrave; camper sur leurs anciennes positions. Ces &eacute;lections n'ont-elles pas &eacute;t&eacute; d&eacute;clench&eacute;es pour trouver une solution d&eacute;mocratique &agrave; la crise?<br />
<br />
&Eacute;non&ccedil;ons quelques v&eacute;rit&eacute;s qui pourraient aider &agrave; faire un diagnostic objectif de la situation pr&eacute;sente au Qu&eacute;bec : l'&eacute;ducation post-secondaire (Cegeps et universit&eacute;s) y est relativement accessible &agrave; tous, m&ecirc;me si de grandes disparit&eacute;s existent selon les origines culturelles, sociales, ethno-religieuses des &eacute;tudiants-es. L'id&eacute;al de gratuit&eacute; scolaire &agrave; ces niveaux ne figurait pas dans le Rapport Parent et si aujourd'hui il est avanc&eacute; par quelques politicien-es (QS), il appara&icirc;t bien utopique. Le compromis qui a &eacute;t&eacute; trouv&eacute; depuis une trentaine d'ann&eacute;es du gel des droits de scolarit&eacute; ne fait plus consensus et la hausse progressive a &eacute;t&eacute; plus ou moins accept&eacute;e. <br />
<br />
Est-ce l'augmentation trop &eacute;lev&eacute;e de ces droits (80% en 5 ans) et la mani&egrave;re trop pr&eacute;cipit&eacute;e et sans concertation du gouvernement qui nous ont pr&eacute;cipit&eacute; dans une telle crise?Peut-&ecirc;tre, mais force est de constater qu'aucun des compromis pr&eacute;sent&eacute;s par le gouvernement, et il y en a eu, n'a r&eacute;ussi &agrave; r&eacute;sorber la crise, qui sera &agrave; nouveau sur la table de n&eacute;gociation quel que soit le gouvernement issu des &eacute;lections du 4 septembre prochain. Je ne crois pas qu'un gouvernement du Parti Qu&eacute;b&eacute;cois puisse ind&eacute;finiment geler les droits de scolarit&eacute; sans un risque important pour nos finances publiques! Mais il y a plus :  en ignorant ces questions, on cherche aussi &agrave; minimiser l'autre facteur &agrave; l'origine de cette crise, &agrave; savoir un climat social largement d&eacute;t&eacute;rior&eacute;.<br />
<br />
Car la contestation des droits de scolarit&eacute; en recouvre une autre, plus vaste et plus intemporelle. Mise de l'avant par le mouvement &eacute;tudiant plus radical (par la Classe, en particulier), la critique du tournant n&eacute;o-lib&eacute;ral incarn&eacute; par le gouvernement Charest ( accus&eacute; de la privatisation partielle des services de sant&eacute; et d'&eacute;ducation, all&eacute;gations de corruption des services municipaux etc..) rejoint un mouvement transnational de contestation de la mondialisation ( Occupy Wall Street, Montr&eacute;al etc..). <br />
<br />
Une bonne partie de la population qu&eacute;b&eacute;coise, inqui&egrave;te de son avenir et de celui de ses enfants, est sensible &agrave; ces critiques. Beaucoup pensent que les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations auront moins d'opportunit&eacute;s qu'ils n'en ont eues et que l'&egrave;re de la prosp&eacute;rit&eacute; est derri&egrave;re eux. Les m&eacute;faits du n&eacute;o-lib&eacute;ralisme sont nombreux et incontestables : la marchandisation de l'&eacute;ducation n'en est qu'un des effets d&eacute;l&eacute;t&egrave;res. La corruption et le vol organis&eacute; par les grandes institutions financi&egrave;res qui outrepassent et violent sans vergogne les lois offrent le spectacle d&eacute;solant d'une recherche du profit sans limite! Si ces scandales &eacute;clatent &agrave; New-York et Londres, peut-on en dire autant pour Montr&eacute;al et Qu&eacute;bec? En ce sens, force est de constater que nous avons largement &eacute;chapp&eacute; aux banqueroutes majeures d&ucirc;es aux subprimes, que les r&egrave;glements et les lois sont plut&ocirc;t mieux respect&eacute;es ici qu'ailleurs. Alors pourquoi un tel tintamarre? Et que peut-on en retenir pour cette campagne &eacute;lectorale d'un nouveau genre?<br />
<br />
La crise &eacute;tudiante a r&eacute;v&eacute;l&eacute; un malaise profond dans la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise, qui couvait depuis plusieurs ann&eacute;es mais qui &eacute;tait contenu dans le fameux clivage entre le oui / non, oui &agrave; nous-autres ( souverainistes, ind&eacute;pendantistes, nationalistes conservateurs, canadiens-fran&ccedil;ais etc..), non aux autres ( f&eacute;d&eacute;ralistes, canadians etc..)! Ce clivage, m&ecirc;me s'il est encore pr&eacute;sent, n'est plus aussi d&eacute;terminant. Peuvent s'exprimer avec force les clivages profonds qui existent entre les gauches et les droites, avec toutes leurs nuances et qui se retrouvent dans l'offre politique qui pour la premi&egrave;re fois depuis tr&egrave;s longtemps est aussi vari&eacute;e. Toutes les voix peuvent d&eacute;sormais se faire entendre, m&ecirc;me et pourquoi pas celle d'un futurNPD Qu&eacute;bec, c'est-&agrave;-dire d'une gauche qui serait pan-canadienne et qui rassemblerait autant des franco que des anglooudes allophones! Ce qui a &eacute;t&eacute; le cas aux derni&egrave;res &eacute;lections f&eacute;d&eacute;rales o&ugrave; le Qu&eacute;bec a envoy&eacute; le plus grand nombre de (jeunes) d&eacute;put&eacute;s n&eacute;o-d&eacute;mocrates.<br />
<br />
De l&agrave; ce d&eacute;samour envers le Parti Lib&eacute;ral du Qu&eacute;bec, qui pourrait se traduire par une d&eacute;saffection des &eacute;lecteurs traditionnels du PLQ aux prochaines &eacute;lections. Le traitement de la crise &eacute;tudiantea pouss&eacute; le PLQ vers la droite, alors qu'autrefois ce parti apparaissait comme &eacute;tant au centre, car il rassemblait toutes les fractions f&eacute;d&eacute;ralistes, y compris progressistes, en son sein. Finie alors la malsaine opposition entre f&eacute;d&eacute;ralistes et souverainistes? La tendance au retour aux grands clivages politiques entre la droite et la gauche est en tout cas bien pr&eacute;sente dans la campagne actuelle, poussant le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; endosser bien malgr&eacute; lui un discours plus progressiste que souverainiste, et le Parti lib&eacute;ral dans ses derniers retranchements f&eacute;d&eacute;ralistes.Dans ce cas, le pari de Jean Charest est ardu, lui, qui comme de Gaulle apr&egrave;s mai 68, voulait montrer de quel cot&eacute; &eacute;tait la majorit&eacute; silencieuse! Si De Gaulle a fait gagner son parti aux l&eacute;gislatives de Juin 68, il a toutefois perdu son r&eacute;f&eacute;rendum en avril 1969. Le Grand homme avait sous-estim&eacute; l'ampleur de la crise politique d&eacute;clench&eacute;e par les mouvements &eacute;tudiants!<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--246355--HH> (PHOTOS)<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--246337--HH> (TWITTER)]]></content>
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    <title>Jusqu'où le privé peut-il être politique?</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1645918</id>
    <published>2012-07-03T09:48:56-04:00</published>
    <updated>2012-09-02T05:12:16-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[On a beaucoup glosé, surtout les hommes politiques et journalistes, du mélange désastreux des genres...qui a conduit ces dernières années à obstruer le paysage politique et médiatique par des affaires qui auraient dû rester de l'ordre privé.]]></summary>
    <author>
        <name>Yolande Cohen</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/"><![CDATA[On a beaucoup glos&eacute;, surtout les hommes politiques et journalistes, du m&eacute;lange d&eacute;sastreux des genres...qui a conduit ces derni&egrave;res ann&eacute;es &agrave; obstruer le paysage politique et m&eacute;diatique par des affaires qui auraient d&ucirc; rester de l'ordre priv&eacute;. En d&eacute;plorant cette intrusion du priv&eacute; dans le politique, ils se r&eacute;f&egrave;rent implicitement &agrave; la stricte s&eacute;paration de ces deux sph&egrave;res, priv&eacute;e et publique, qui fut au c&oelig;ur de la d&eacute;finition de la d&eacute;mocratie lib&eacute;rale au XIX e si&egrave;cle. C'est &agrave; ce moment o&ugrave; des &eacute;lites (masculines exclusivement) qui d&eacute;cid&egrave;rent de ses lois, ont assign&eacute; une sph&egrave;re &agrave; chacun des sexes : le priv&eacute; aux femmes, le public aux hommes. Avec cette exclusion explicite des femmes du pouvoir politique ( par le droit de vote) et &eacute;conomique (par l'h&eacute;ritage), ils consacraient non pas seulement la diff&eacute;renciation des sexes, en rel&eacute;guant les femmes dans cette sph&egrave;re priv&eacute;e qui aurait d&ucirc; les y engloutir, mais aussi l'in&eacute;galit&eacute; fondamentale entre ces deux sph&egrave;res. <br />
<br />
D&egrave;s lors, une s&eacute;rie de mesures et de l&eacute;gislations visant &agrave; emp&ecirc;cher les femmes d'acc&eacute;der au pouvoir (politique et &eacute;conomique) ont &eacute;t&eacute; mises en place sans pour autant que cette utopie lib&eacute;rale, comme bien d'autres, ne se r&eacute;alise. De fait, les transgressions furent nombreuses, et on ne peut pas dire que la s&eacute;paration du priv&eacute; et du public n'ait &eacute;t&eacute; la garantie de cette d&eacute;mocratie formelle r&ecirc;v&eacute;e par ses p&egrave;res fondateurs (Jean-Jacques Rousseau en particulier, dont on comm&eacute;more l'&oelig;uvre actuellement). Cet &eacute;quilibre fragile fut largement critiqu&eacute; et mis &agrave; mal par les mouvements f&eacute;ministes au tournant du si&egrave;cle dernier et par de grandes r&eacute;formes, de l'&eacute;ducation et du travail en particulier. L'acc&egrave;s des femmes &agrave; toutes les professions et leur pr&eacute;sence dans la sph&egrave;re politique et partisanea rendu caduque la r&eacute;it&eacute;ration de ce dogme ancien et quelque peu d&eacute;pass&eacute;. Mais le principe d'une s&eacute;paration stricte entre les sph&egrave;res est demeur&eacute; comme une doxa de la plupart de nos d&eacute;mocraties occidentales. <br />
<br />
&Agrave; leur tour, et de fa&ccedil;on pr&eacute;cise, les mouvements f&eacute;ministes, &eacute;cologistes et contestataires des ann&eacute;es 1970 et 1980 ont tent&eacute; de porter le coup fatal &agrave; ce principe surann&eacute;. Leur affirmation p&eacute;remptoire &laquo; le priv&eacute; est politique &raquo; qui visait &agrave; englober le nouveau pouvoir politique des femmes ainsi que l'ancien (leurs activit&eacute;s priv&eacute;es et ancillaires) dans une m&ecirc;me sph&egrave;re publique a r&eacute;sonn&eacute; depuis comme un mantra. Il s'agissait de r&eacute;nover la d&eacute;mocratie en la rendant plus &eacute;galitaire, inclusive et transparente. La r&eacute;sistance &agrave; ces changements fut &agrave; chaque fois intense : comment pouvait-on changer ces principes sacro-saints? Par quoi allait-on remplacer une r&egrave;gle aussi fondamentale dans nos d&eacute;mocraties?<br />
<br />
Un partage plus &eacute;quitable du pouvoir entre femmes et hommes, et entre les sph&egrave;res priv&eacute;es et publiques semblait parfois se profiler (lois sur la parit&eacute; et sur le harc&egrave;lement sexuel etc..) quand de r&eacute;centes affaires vinrent opportun&eacute;ment nous rappeler que cette question restait &agrave; l'ordre du jour. L'&eacute;pisode du tweet, opposant celle qui occupe le poste de premi&egrave;re dame, non &eacute;lue &agrave; sa rivale, ex-conjointe de son ami, le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, et premi&egrave;re candidate femme &agrave; la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique, nous renvoie &agrave; une &eacute;poque ancienne, monarchique, que l'on croyait r&eacute;volue. <br />
<br />
Comment se fait-il qu'en France, le r&eacute;gime r&eacute;publicain ne semble pas encore pouvoir s'accommoder du pouvoir des femmes autrement qu'en le rel&eacute;guant &agrave; la sph&egrave;re dite priv&eacute;e? En fait, cet &eacute;v&egrave;nement, &eacute;minemment politique n'a de priv&eacute; que le nom. En pleine campagne &eacute;lectorale, ce tweet avait pour intention d'influencer le vote entre les deux tours, afin d'&eacute;carter une femme politique (la rivale) de l'entourage de l'homme tant convoit&eacute;. Le psychanalyste J.A. Miller a consid&eacute;r&eacute; que c'&eacute;tait lui (l'homme et maintenant Pr&eacute;sident Hollande) qui rendait  ces deux femmes folles, au point de les conduire &agrave; une telle transgression! Mais ne devrions-nous pas inverser sa proposition? Car leur transgression aurait &eacute;t&eacute; d'avoir rendue publique une rivalit&eacute; (jalousie?) entre deux femmes? De vouloir montrer le pouvoir qu'elles ont sur &laquo; leur homme &raquo;? Et donc sur la R&eacute;publique et sur les affaires publiques? Aurait-on d&ucirc; les emp&ecirc;cher de parler parce que ce sont des femmes ou leur parole ne peut &ecirc;tre qu'entendue en tant qu'affaire priv&eacute;e?<br />
<br />
On pourrait penser que cet acte, venant d'une non &eacute;lue &agrave; l'&eacute;gard d'une femme politique, qui non contente d'occuper le poste de premi&egrave;re dame,  pousse la trivialit&eacute; jusqu'&agrave; exprimer sa rivalit&eacute; publiquement a tout pour d&eacute;plaire aux femmes et f&eacute;ministes qui se sont battues depuis des d&eacute;cennies contre la domination masculine! Ce tweet nous renvoie-t-il aux formes &eacute;cul&eacute;es de la comp&eacute;tition entre femmes! Il y a pourtant plus dans cette affaire : il y a une femme politique qui a brigu&eacute; envers et contre tous, particuli&egrave;rement son ex, la plus haute fonction de l'&Eacute;tat, et qui, par ce mis&eacute;rable tweet est renvoy&eacute;e &agrave; une banale affaire priv&eacute;e! Non seulement S&eacute;gol&egrave;ne Royal ne m&eacute;rite-t-elle pas ce sort injuste, mais cet &eacute;v&egrave;nement t&eacute;moigne des difficult&eacute;s de penser la parit&eacute; entre femmes et hommes! Car, si l'amie du pr&eacute;sident peut d&eacute;faire une carri&egrave;re politique de cette envergure, que reste-t-il des batailles f&eacute;ministes en faveur de la repr&eacute;sentation paritaire des femmes en politique? <br />
<br />
Ce qui frappe dans cette affaire c'est le m&eacute;lange des genres, non pas du priv&eacute; et du public, qui comme on l'a vu, ont toujours eu des liens &eacute;troits, mais des formes d'ancien r&eacute;gime avec le fait relativement nouveau de la pr&eacute;sence de femmes en politique. Dans cette cour qui se tisse rapidement autour du pr&eacute;sident/monarque, l'influence anciennement secr&egrave;te et discr&egrave;te se dispute avec le pouvoir politique l&eacute;gitimement acquis. Et l'on voit que pour l'exercer, l'on doit d&eacute;sormais emprunter de nouvelles formes d'action publique (le tweet), plut&ocirc;t que les arcanes secr&egrave;tes de la vie intime(dans laquelle ces questions n'ont visiblement pas pu &ecirc;tre r&eacute;gl&eacute;es). <br />
Ainsi on assiste &agrave; la co-existence de formes anciennes de l'influence des femmes, maitresses et amies des hommes de pouvoir avec les nouvelles. L'&eacute;moi cr&eacute;&eacute; par cette affaire montre bien que ces formes anciennes sont devenues obsol&egrave;tes? L'amie du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique n'a pas de r&ocirc;le politique &agrave; jouer sauf si elle se pr&eacute;sente elle-m&ecirc;me aux &eacute;lections.La clarification de son statut permettrait d'en finir avec des pratiques d'ancien r&eacute;gime!<br />
<br />
Par ailleurs, pourrait-on enfin accepter de voir que les liens entre la sph&egrave;re priv&eacute;e et la sph&egrave;re publique ne peuvent plus &ecirc;tre incarn&eacute;s par la diff&eacute;rence entre les r&ocirc;les sexu&eacute;s? Plus que jamais, pour les femmes comme pour les hommes, tout est politique; mais la repr&eacute;sentation politique demeure celle qui compte pour construire cette d&eacute;mocratie paritaire qui a tant de mal &agrave; exister vraiment.]]></content>
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    <title>Étudiants et jeunes dans la rue : un changement de génération au Québec?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yolande-cohen/etudiants-changement-generation-_b_1535704.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1535704</id>
    <published>2012-05-22T09:28:16-04:00</published>
    <updated>2012-07-22T05:12:24-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Comment est-on arrivé au Québec au bord d'une « guerre » civile, qui revêt plutôt les allures d'un conflit de générations que d'une lutte de classes? Car il faut tout de même souligner que les donneurs de conseil ne sont pas toujours les payeurs dans cette bataille, puisque l'on sait que les études universitaires sont le plus sûr moyen d'assurer une mobilité sociale ascendante à ses détenteurs, et que la population qui est ainsi sommée de payer les études par ses taxes considère à juste titre qu'elle a un mot à dire dans ce débat.]]></summary>
    <author>
        <name>Yolande Cohen</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/"><![CDATA[Voil&agrave; plusieurs mois que les mouvements &eacute;tudiants font leurs classes dans les rues du Qu&eacute;bec et de Montr&eacute;al en particulier, o&ugrave; ils furent particuli&egrave;rement mobilis&eacute;s contre la hausse des droits de scolarit&eacute;.<br />
<br />
Dans un premier temps, ils ont su rassembler autour d'eux les principaux acteurs du champ universitaire et ouvrir un d&eacute;bat salutaire sur les enjeux de l'&eacute;ducation sup&eacute;rieure dans la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise, qui n'est pas toujours famili&egrave;re de la chose. Certains d'entre eux, remettant en cause les d&eacute;rives du n&eacute;o-lib&eacute;ralisme qui conduisent aux conceptions marchandes de l'universit&eacute;, ce dont l'augmentation des frais t&eacute;moignerait, ont m&ecirc;me propos&eacute; de revenir &agrave; la gratuit&eacute; scolaire, en inscrivant le droit &agrave; l'&eacute;ducation comme un droit fondamental, garanti par la constitution! Le d&eacute;bat fut ouvert, dans la plus grande tradition d&eacute;mocratique et les AG de reconduction de la gr&egrave;ve permettaient &agrave; chacun et chacune d'exprimer ses revendications, ses vues et ses propositions. On pouvait suivre en ligne les discussions et constater que les &eacute;tudiants-esvenaient souvent tr&egrave;s nombreux pour d&eacute;battre de questions par ailleurs fort controvers&eacute;es parmi les experts et sur lesquelles la population &eacute;tait elle-m&ecirc;me divis&eacute;e. <br />
<br />
Que s'est-il donc pass&eacute; pour que l'on arrive &agrave; une telle polarisation, o&ugrave; s'opposent d&eacute;sormais un gouvernement qui a su finalement rallier les directions universitaires ( la Cr&eacute;puq) et coll&eacute;giales (les responsables de CEGEP) et une partie non n&eacute;gligeable de la population derri&egrave;re sa proposition de loi sp&eacute;ciale, et les mouvements &eacute;tudiants et de jeunes radicalis&eacute;s, soutenus comme la corde soutient le pendu, par des syndicats de professeurs (le syndicat des professeurs de l'UQAM, le SPUQ par exemple) et par des discours d&eacute;magogiques de Qu&eacute;bec Solidaire et du Parti Qu&eacute;b&eacute;cois? <br />
<br />
Comment est-on arriv&eacute; au Qu&eacute;bec au bord d'une &laquo; guerre &raquo; civile, qui rev&ecirc;t plut&ocirc;t les allures d'un conflit de g&eacute;n&eacute;rations que d'une lutte de classes? Car il faut tout de m&ecirc;me souligner que les donneurs de conseil ne sont pas toujours les payeurs dans cette bataille, puisque l'on sait que les &eacute;tudes universitaires sont le plus s&ucirc;r moyen d'assurer une mobilit&eacute; sociale ascendante &agrave; ses d&eacute;tenteurs, et que la population qui est ainsi somm&eacute;e de payer les &eacute;tudes par ses taxes consid&egrave;re &agrave; juste titre qu'elle a un mot &agrave; dire dans ce d&eacute;bat. &Agrave; cet &eacute;gard, la lutte de classes n'est pas celle que l'on pense, puisque la majorit&eacute; des &eacute;tudiants en gr&egrave;ve aujourd'hui sait aussi qu'ils et elles seront les futures &eacute;lites du Qu&eacute;bec de demain. Alors doit-on pour autant ignorer leurs revendications d'une &eacute;ducation sup&eacute;rieure ouverte &agrave; tous? Certes non. Et le d&eacute;bat doit continuer, mais dans un autre contexte que celui de l'affrontement verbal et muscl&eacute; dans lequel ce qui reste de ce mouvement s'est d&eacute;sormais enferm&eacute;.<br />
<br />
Car s'il est une le&ccedil;on que l'on peut tirer de l'histoire des mouvements &eacute;tudiants, c'est celle d'une capacit&eacute; forte de mobilisation sur des enjeux centraux d'une soci&eacute;t&eacute; qu'ils r&eacute;v&egrave;lent &agrave; un moment donn&eacute;. Aujourd'hui la question qui est soulev&eacute;e par ce mouvement est celle d'un changement de paradigme incarn&eacute; par un changement de g&eacute;n&eacute;ration. Peut-on aujourd'hui penser un projet de soci&eacute;t&eacute; plus &eacute;quitable non seulement entre les g&eacute;n&eacute;rations, mais entre les classes? Peut-on utiliser nos richesses (pas seulement les mati&egrave;res premi&egrave;res, mais les hommes et les femmes qui vivent au Qu&eacute;bec) pour faire advenir une soci&eacute;t&eacute; plus &eacute;galitaire, plus &eacute;cologique, plus humaine?  La soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise appara&icirc;t bloqu&eacute;e et incapable de faire place &agrave; cette nouvelle g&eacute;n&eacute;ration, anxieuse de son avenir et &eacute;prisede justice sociale et d'&eacute;quit&eacute;. Paradoxalement, et comme c'est souvent le cas dans l'histoire, ce sont ses couches les plus instruites qui portent la revendication la plus forte. L'agenda politique, enlis&eacute; depuis 40 ans dans le d&eacute;bat sur la souverainet&eacute;, a fait peu de place aux grands d&eacute;bats sociaux d'o&ugrave; &eacute;mergent des consensus et des grandes r&eacute;formes sociales, mais aussi des visages nouveaux porteurs d'une exp&eacute;rience de contestation et de critique sociale. Le consensus mou dans lequel nous avons baign&eacute; depuis la R&eacute;volution tranquille est enfin rompu par ces jeunes militants-es. Sans les id&eacute;aliser, et encore moins les pousser &agrave; se radicaliser davantage (ce qui est d&eacute;j&agrave; le cas pour certains d'entre eux), faisons leur une place dans les partis politiques, dans les syndicats et dans toutes les instances de la vie sociale. Sachons leur ouvrir les portes de toutes nos institutions, en particulier de nos partis politiques, &agrave; d&eacute;faut de quoi nulle r&eacute;forme d'envergure ne peut se r&eacute;aliser  mais surtout sans quoi l'anarchie sociale, ou son contraire, l'autoritarisme gouvernemental, nous guette encore pour longtemps!]]></content>
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    <title>Un acte antisémite et raciste à Toulouse: quel sens a tout ça?</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1386920</id>
    <published>2012-03-29T00:55:54-04:00</published>
    <updated>2012-05-28T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Pourquoi est-il devenu si difficile aujourd'hui de nommer un attentat antisémite et raciste comme tel? Certains voudraient n'en parler que comme d'un attentat terroriste, d'autres comme cet expert d'Al Qaeda, ne s'y réfère que comme un acte de criminalité pure, centré sur la personnalité de l'assassin!]]></summary>
    <author>
        <name>Yolande Cohen</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/"><![CDATA[Le jour de la tuerie de Toulouse, une de mes &eacute;tudiantes d'origine libanaise a &eacute;clat&eacute; en sanglots durant l'explication du texte sur les philanthropies juives qu'elle avait &agrave; commenter. Elle pleurait, car elle d&eacute;couvrait que des Juifs pouvaient porter assistance &agrave; de parfaits inconnus et secourir des pauvres de toutes confessions. Elle expliquait qu'&eacute;lev&eacute;e dans un petit village du Liban contr&ocirc;l&eacute; par le Hezbollah, elle y avait appris la haine des Juifs et s'en sentait coupable maintenant...Sa d&eacute;couverte de la philanthropie juive a suffi &agrave; &eacute;branler chez elle des ann&eacute;es de matraquage antis&eacute;mite!<br />
<br />
Pourquoi est-il devenu si difficile aujourd'hui de nommer un attentat antis&eacute;mite et raciste comme tel? Certains voudraient n'en parler que comme d'un attentat terroriste, d'autres comme cet expert d'Al Qaeda, ne s'y r&eacute;f&egrave;re que comme un acte de criminalit&eacute; pure, centr&eacute; sur la personnalit&eacute; de l'assassin! Pourquoi cette euph&eacute;misation d'actes qui portent clairement leur nom? Au nom de l'union nationale, de l'entente entre les communaut&eacute;s et de la peur de la stigmatisation, les dirigeants communautaires et les candidats &agrave; la pr&eacute;sidentielle fran&ccedil;aise ont tous soulign&eacute; leur solidarit&eacute; face &agrave; ce deuil, &agrave; cette trag&eacute;die...qui reste innommable, parce que tellement massivement symbolique.<br />
<br />
Mais qui n'a d&eacute;j&agrave; entendu ces litanies, au cours des d&eacute;cennies de notre vingti&egrave;me si&egrave;cle barbare... o&ugrave; les mots ne pouvaient nommer les atrocit&eacute;s commises contre tous les Juifs. <br />
<br />
Or voici qu'en France, terre de l'&eacute;galit&eacute; et de la fraternit&eacute; r&eacute;publicaine, la terreur antis&eacute;mite et raciste frappe des militaires et des enfants fran&ccedil;ais sur le territoire fran&ccedil;ais. Et de voir la retenue/r&eacute;serve de presque tous les chefs spirituels, communautaires, politiques et de certains sp&eacute;cialistes &agrave; nommer l'antis&eacute;mitisme et le racisme de cet acte &eacute;tonne!<br />
<br />
Est-ce un silence, en forme de d&eacute;ni?<br />
<br />
Sans doute peut-on y voir le parti-pris de ces chefs religieux et spirituels de ne pas rajouter des tensions au climat d&eacute;j&agrave; suffisamment charg&eacute;, et o&ugrave; la peur est d&eacute;j&agrave; install&eacute;e.  Mais ces enfants sont morts parce que juifs, et le premier parachutiste, tu&eacute; parce que musulman honni pour son engagement dans l'arm&eacute;e fran&ccedil;aise. Ne serait-il pas temps de dire que l'antis&eacute;mitisme et le racisme existent aujourd'hui en France : cet acte, comme tous ceux qui l'ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;, doit &ecirc;tre d&eacute;nonc&eacute; pour ce qu'il est; et ce n'est pas faire preuve de communautarisme, cet ennemi jur&eacute; de l'esprit r&eacute;publicain, auquel tous tiennent ici, que d'&eacute;noncer clairement l'existence non seulement d'actes antis&eacute;mites et racistes isol&eacute;s, mais de cet antis&eacute;mitisme et de ce racisme latents qui permettent finalement de tels passages &agrave; l'acte!<br />
<br />
Se voiler la face derri&egrave;re l'unit&eacute; r&eacute;publicaine n'aboutit finalement qu'&agrave; laisser seules face &agrave; leurs destins les communaut&eacute;s juives et musulmanes fran&ccedil;aises, qui sont aussi les plus importantes d'Europe. Leurs dirigeants pr&eacute;f&egrave;rent sans doute proclamer leur foi r&eacute;publicaine que d'ouvrir un d&eacute;bat public sur les moyens de lutter efficacement et tous ensemble contre les gangr&egrave;nes des d&eacute;mocraties que sont le racisme et l'antis&eacute;mitisme. Mais peut-on en rester l&agrave;? Cette jeune &eacute;tudiante et ses nombreux camarades qui ont &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute;s dans l'antis&eacute;mitisme le plus primaire par la propagande du Hezbollah, des talibans et de leurs comparses &agrave; travers le monde, pourront-ils comprendre la port&eacute;e de cet acte, si personne ne leur dit pourquoi ils sont inacceptables!<br />
<br />
 Cet acte doit &ecirc;tre condamn&eacute; comme un acte antis&eacute;mite et raciste et le travail de deuil, mais aussi le travail de compr&eacute;hension ne pourront se faire que s'il est d&eacute;nonc&eacute; comme tel par tous les partis politiques et responsables religieux de toutes les confessions.<br />
]]></content>
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    <title>La souveraineté pourquoi faire?</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1376967</id>
    <published>2012-03-24T09:32:25-04:00</published>
    <updated>2012-05-24T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Mercredi le 14 mars, j'ai assisté au discours de Jean Charest à l'Institut Français des Relations Internationales à Paris, devant un parterre composé de diplomates aguerris, de fonctionnaires de délégations et de consulats, et de personnalités intéressées par la politique québécoise. Qu'était venu faire le premier ministre en France?]]></summary>
    <author>
        <name>Yolande Cohen</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/"><![CDATA[Mercredi le 14 mars, j'ai assist&eacute; au discours de Jean Charest &agrave; l'Institut Fran&ccedil;ais des Relations Internationales &agrave; Paris, devant un parterre compos&eacute; de diplomates aguerris, de fonctionnaires de d&eacute;l&eacute;gations et de consulats, et de personnalit&eacute;s int&eacute;ress&eacute;es par la politique qu&eacute;b&eacute;coise. Il a livr&eacute; un long discours, encore que selon les normes fran&ccedil;aises, les quarante minutes pendant lesquelles il a d&eacute;taill&eacute; la vision internationale du Qu&eacute;bec, peuvent para&icirc;tre courtes! <br />
<br />
On sait le premier ministre bon orateur et blagueur, toutes qualit&eacute;s qu'il a &agrave; nouveau mises &agrave; profit pour s&eacute;duire et emporter l'adh&eacute;sion de son public. Plus s&eacute;rieusement, qu'&eacute;tait venu faire le premier ministre en France? <br />
<br />
Signer des accords et pr&eacute;parer une des nombreuses rencontres de la Francophonie, comme celle sur la langue cet &eacute;t&eacute; au Qu&eacute;bec...Certes, et sa complicit&eacute; avec le discret et n&eacute;anmoins efficace Cl&eacute;ment Duhaime, directeur g&eacute;n&eacute;ral de l'Office International de la Francophonie (OIF), a permis au Qu&eacute;bec de maintenir une pr&eacute;sence continue et importante dans ce domaine. &Eacute;l&eacute;ment majeur de la politique internationale du Qu&eacute;bec, la francophonie a permis &agrave; Jean Charest de tester la r&eacute;sistance du gouvernement f&eacute;d&eacute;ral &agrave; ses ambitions internationales. <br />
<br />
Force est de constater d'ailleurs qu'il a en partie gagn&eacute; la bataille sur le terrain, puisque le Qu&eacute;bec a sa (petite) place &agrave; l'UNESCO et que sur le plan de la rh&eacute;torique, sa doctrine (G&eacute;rin-Lajoie) du prolongement des comp&eacute;tences provinciales sur le plan international est d&eacute;sormais bien rod&eacute;e. Il nous en a donn&eacute; mercredi une excellente preuve, puisqu'&agrave; part un attach&eacute; d'ambassade qui persistait &agrave; ne pas comprendre comment cette chose-l&agrave; marchait, tout le monde &agrave; qui j'en ai parl&eacute; ensuite, a sembl&eacute; convaincu par sa d&eacute;monstration limpide...<br />
<br />
Jean Charest a ainsi indiqu&eacute; la nature des diff&eacute;rends qui l'opposent actuellement au gouvernement de Stephen Harper en mati&egrave;re d'environnement en particulier et r&eacute;it&eacute;r&eacute; l'engagement absolu de son gouvernement en faveur de la limitation des gaz &agrave; effets de serre et de l'&eacute;mission de quotas pour en limiter l'impact; politique qui selon le premier ministre, montre la &laquo; souverainet&eacute; &raquo; du Qu&eacute;bec sur des enjeux cruciaux, et qui peut &ecirc;tre men&eacute;e dans le cadre conf&eacute;d&eacute;ral canadien, le plus d&eacute;centralis&eacute; du monde...( ce qui att&eacute;nuait quelque peu la critique pr&eacute;c&eacute;dente de la politique environnementale du Canada et plaire &agrave; Jean-Pierre Blackburn, l'ambassadeur du Canada &agrave; l'UNESCO, pr&eacute;sent dans la salle)! <br />
<br />
Serait-il venu alors &agrave; Paris pour faire la d&eacute;monstration de sa vision de la souverainet&eacute; des &eacute;tats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s comme le Qu&eacute;bec dans des dossiers internationaux comme ceux de l'environnement ou de l'immigration? <br />
<br />
Dans une Europe qui est plong&eacute;e dans une profonde crise &eacute;conomique et morale, o&ugrave; le retour au protectionnisme engendre souvent un repli identitaire et nationaliste, son hymne au mod&egrave;le conf&eacute;d&eacute;ral apparaissait r&eacute;jouissant!<br />
<br />
Car au c&oelig;ur des d&eacute;bats actuels sur l'Europe se trouve la question des souverainet&eacute;s partag&eacute;es. &Agrave; l'heure de la mondialisation, les souverainet&eacute;s nationales sont fragilis&eacute;es par la crise &eacute;conomique et le d&eacute;fi en Europe est bien de savoir si une politique europ&eacute;enne commune, qui maintient les extraordinaires acquis sociaux de certains pays membres, peut voir le jour! Dans un pays, comme la France, o&ugrave; la centralisation h&eacute;rit&eacute;e du jacobinisme marque encore fortement les pr&eacute;rogatives de l'&Eacute;tat central, et o&ugrave; les protections sociales sont tr&egrave;s &eacute;tendues, le cas qu&eacute;b&eacute;cois deviendrait un mod&egrave;le d'un f&eacute;d&eacute;ralisme d&eacute;centralis&eacute; qui fonctionne et qui pourrait &ecirc;tre un exemple pour les pays europ&eacute;ens dans leur qu&ecirc;te d'une solution non uniquement n&eacute;o-lib&eacute;rale &agrave; la crise qui les secoue! <br />
<br />
Or pour Jean Charest, comme pour les autres premiers ministres des provinces canadiennes, le retour au protectionnisme appara&icirc;t comme une r&eacute;gression de taille, qui limiterait leur d&eacute;veloppement &eacute;conomique. C'est pourquoi il pr&eacute;conise l'ouverture encore plus grande des fronti&egrave;res, des migrations encore plus importantes de populations toujours en mouvement, poussant les gouvernements &agrave; faciliter ces &eacute;changes et ces flux. Strat&eacute;gie qu'il a d&ucirc;ment appliqu&eacute;e depuis dix ans au sein du Canada et avec la ratification de plus de soixante-dix ententes pour faciliter la mobilit&eacute; de la main-d'&oelig;uvre entre la France et le Qu&eacute;bec, et sa politique de renforcement des relations privil&eacute;gi&eacute;es avec la France, la Bavi&egrave;re, le Mexique, etc..., qui s'inscrit dans l'orientation ancienne du Qu&eacute;bec en faveur du libre-&eacute;change. <br />
<br />
Rappelant le soutien massif de la population du Qu&eacute;bec aux accords de libre-&eacute;change nord-am&eacute;ricains (l'ALENA), il n'a pas &eacute;pilogu&eacute; longuement sur les difficult&eacute;s actuelles que rencontre ce trait&eacute;, en ces temps de repli de nos voisins am&eacute;ricains ( Buy American). Pourtant ces difficult&eacute;s sont r&eacute;elles, qui conduisent les deux principaux candidats &agrave; la pr&eacute;sidentielle fran&ccedil;aise &agrave; envisager &agrave; leur tour la ren&eacute;gociation des trait&eacute;s europ&eacute;ens. Car aujourd'hui n'est plus hier et la question n'est pas uniquement celle de la fragilisation des souverainet&eacute;s nationales, mais bien celle du mod&egrave;le politique qui permettra d'assurer la prosp&eacute;rit&eacute; &eacute;conomique des nations. En somme le vieux d&eacute;bat droite-gauche, remis au go&ucirc;t du jour par la mondialisation et l'accroissement des in&eacute;galit&eacute;s, revient au centre de l'&eacute;chiquier politique mondial. <br />
<br />
L'alternative en Europe comme au Canada me semble se poser en termes du d&eacute;veloppement durable de nos soci&eacute;t&eacute;s, prot&eacute;g&eacute; et encadr&eacute; par des &Eacute;tats de droit qui sont &agrave; m&ecirc;me d'imposer ces r&egrave;gles aux grandes multinationales et ainsi prot&eacute;ger leurs populations. La n&eacute;gociation de ces r&egrave;gles transnationales par les &Eacute;tats de droit reste encore une des solutions envisag&eacute;es pour mettre une limite au pillage des ressources et au profit sans fin si chers au n&eacute;o-lib&eacute;ralisme. En ce sens, une politique de d&eacute;veloppement durable et &eacute;cologiquement responsable clairement engag&eacute;e au Qu&eacute;bec devient un mod&egrave;le ni n&eacute;o-lib&eacute;ral ni protectionniste de notre souverainet&eacute;!<br />
]]></content>
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    <title>Tout ça, pour ça</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/yolande-cohen/egalite-hommes-femmes-france_b_1327973.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1327973</id>
    <published>2012-03-08T07:15:49-05:00</published>
    <updated>2012-05-08T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Au Québec, sous les pressions féministe et syndicale, une loi pour assurer l'équité salariale a été adoptée unanimement par les député-es à l'Assemblée nationale en 1996; elle vise à favoriser une équité de rémunération entre femmes et hommes sur des postes équivalents. En 2006, seulement 50% des entreprises l'avaient appliquée, mais elles encourent de sévères amendes si elles ne le font pas en 2012. ]]></summary>
    <author>
        <name>Yolande Cohen</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/yolande-cohen/"><![CDATA[Observant la campagne &agrave; la pr&eacute;sidentielle fran&ccedil;aise, je suis frapp&eacute;e de l'absence des questions concernant les femmes dans les d&eacute;bats. Pourtant, l'&eacute;lectorat f&eacute;minin est courtis&eacute;, mais sans qu'il ne soit fait mention de leurs droits. &Agrave; cet &eacute;gard, on croirait ici comme au Qu&eacute;bec que l'&eacute;galit&eacute; entre les femmes et les hommes est chose faite et qu'il serait temps de passer &agrave; autre chose. Pourtant, au moment o&ugrave; la crise &eacute;conomique occupe tous les esprits, et o&ugrave; les in&eacute;galit&eacute;s entre les riches et les pauvres se sont approfondies, il n'est gu&egrave;re mentionn&eacute; que les in&eacute;galit&eacute;s salariales entre femmes et hommes demeurent criantes. <br />
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Dans un pays o&ugrave; plus de 80% de la population f&eacute;minine occupe un travail salari&eacute;, il est &eacute;tonnant de voir que cette question de l'&eacute;galit&eacute; salariale ne fasse pas les manchettes!<br />
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On peut imaginer que la discr&eacute;tion proverbiale qui entoure les questions de revenu en France puisse justifier un tel silence. Car cette revendication, qui fut au c&oelig;ur des mouvements f&eacute;ministes occidentaux depuis 40 ans, a suscit&eacute; des controverses et des d&eacute;bats majeurs en Am&eacute;rique du Nord et au Canada. Plus encore que l'&eacute;galit&eacute; des salaires et de traitement &agrave; poste &eacute;gal, les propositions qui faisaient de l'&eacute;quit&eacute; salariale une exigence ont &eacute;t&eacute; d&eacute;battues dans de nombreuses l&eacute;gislatures canadiennes et am&eacute;ricaines. Au cours des ann&eacute;es 1990, des combats intenses de travailleuses qui se voyaient discrimin&eacute;es, ont transform&eacute; les paradigmes anciens du travail, essentiellement masculin, pour faire valoir les diverses formes de travail des femmes et donn&eacute; lieu &agrave; de nouvelles &eacute;chelles salariales, o&ugrave; le travail des unes est mis en &eacute;quivalence avec le travail des autres. <br />
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Au Qu&eacute;bec, sous les pressions f&eacute;ministe et syndicale, une loi pour assurer l'&eacute;quit&eacute; salariale a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;e unanimement par les d&eacute;put&eacute;-es &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale en 1996; elle vise &agrave; favoriser une &eacute;quit&eacute; de r&eacute;mun&eacute;ration entre femmes et hommes sur des postes &eacute;quivalents. En 2006, seulement 50% des entreprises l'avaient appliqu&eacute;e, mais elles encourent de s&eacute;v&egrave;res amendes si elles ne le font pas en 2012. <br />
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De fait, les &eacute;carts de salaire ont diminu&eacute; depuis l'adoption de la loi : ils sont pass&eacute;s de 16,1% en 1997 &agrave; 12, 8% en 2007. Et m&ecirc;me si de nombreux autres facteurs d'in&eacute;galit&eacute;s demeurent, le d&eacute;bat n'est plus restreint aux seuls cercles f&eacute;ministes. Ce qui est loin d'&ecirc;tre le cas en France, o&ugrave; les &eacute;carts de salaires entre femmes et hommes sont en moyenne de 20%. Et si le Pacte pour l'&eacute;galit&eacute; femmes-hommes soutenu par des affiches publicitaires et lanc&eacute; par le Laboratoire de l'&Eacute;galit&eacute; vise &agrave; faire appliquer la loi sur l'&eacute;galit&eacute; professionnelle, on ne voit pas de mobilisation majeure des f&eacute;ministes fran&ccedil;aises sur cette question, ou m&ecirc;me de d&eacute;bat sur l'&eacute;quit&eacute; salariale.<br />
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Pourtant un sondage r&eacute;cent montre de fa&ccedil;on tr&egrave;s claire que la question prioritaire qui pr&eacute;occupe les Fran&ccedil;ais-es est celle de l'&eacute;galit&eacute; salariale: 75% des sond&eacute;s consid&egrave;rent que l'&eacute;galit&eacute; salariale entre hommes et femmes, &agrave; poste &eacute;gal est une question prioritaire pour eux (1) . Et hommes et femmes s'entendent l&agrave;-dessus: 79% pour les femmes, et 71% pour les hommes. L'&eacute;galit&eacute; salariale est l'enjeu prioritaire de la campagne &agrave; la pr&eacute;sidentielle pour les sond&eacute;s, mais pas pour les politiciens qui briguent leurs votes. Cette question n'est mise en priorit&eacute; ni dans les d&eacute;bats ni dans les programmes des grands partis. Le d&eacute;calage entre les perceptions des politiques et celles de l'&eacute;lectorat ne peut &ecirc;tre plus grand.<br />
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Aussi est-ce sans surprise que ce m&ecirc;me sondage indique une certaine d&eacute;sillusion des femmes dans la capacit&eacute; des candidats &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle &agrave; prendre en compte les droits des femmes aujourd'hui: pr&egrave;s de 4 femmes sur 10 ne semblent pas attendre beaucoup de la prochaine &eacute;ch&eacute;ance &eacute;lectorale pour am&eacute;liorer les droits des femmes. Comment s'en &eacute;tonner? D'un c&ocirc;t&eacute;, une &eacute;quipe us&eacute;e par cinq ans de pouvoir et de controverses, mais surtout dont la cr&eacute;dibilit&eacute; est min&eacute;e par de tr&egrave;s hauts taux de ch&ocirc;mage des jeunes femmes en particulier, qui sont pr&eacute;cis&eacute;ment celles qui sont les plus circonspectes &agrave; l'&eacute;gard des politiques (47% des jeunes femmes de 18 &agrave; 24 ans). Et de l'autre, une &eacute;quipe socialiste qui ne semble pas vouloir utiliser le capital de sympathie qu'avait suscit&eacute;e la campagne de S&eacute;gol&egrave;ne parmi les femmes.<br />
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Candidate &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle fran&ccedil;aise en 2007, S&eacute;gol&egrave;ne Royal avait r&eacute;ussi deux paris audacieux : d'abord se pr&eacute;senter comme candidate &agrave; la pr&eacute;sidentielle, dans un contexte de machisme politique peu ordinaire; et en inaugurant une forme de primaires qui lui ont permis de briguer, puis d'obtenir l'investiture socialiste envers et contre tous et surtout sans l'appui des &eacute;l&eacute;phants du parti. Ces changements qui ont contribu&eacute; &agrave; la d&eacute;mocratisation et &agrave; une certaine f&eacute;minisation de la vie politique fran&ccedil;aise ont permis au Parti socialiste de r&eacute;aliser de v&eacute;ritables primaires pour la nomination du candidat &agrave; l'actuelle &eacute;lection pr&eacute;sidentielle. S&eacute;gol&egrave;ne Royal et Martine Aubry ont brigu&eacute; les suffrages lors de cet exercice de modernisation radicale de la vie politique fran&ccedil;aise que furent les primaires de l'automne dernier, qui ont vu Fran&ccedil;ois Hollande devenir le favori de quelque 2 millions d'&eacute;lecteurs.<br />
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Interrog&eacute; vendredi dernier lors du lancement de ses propositions pour les femmes, Fran&ccedil;ois Hollande a voulu aussi capitaliser sur l'&eacute;quation qui allie pour un temps le f&eacute;minisme au socialisme. C'est ainsi qu'il s'est pr&eacute;sent&eacute; comme un candidat f&eacute;ministe! Au-del&agrave; de son discours, attendu, sur la parit&eacute; femmes-hommes aux l&eacute;gislatives (qu'il consid&egrave;re acquise, puisque les circonscriptions socialistes sont maintenant attribu&eacute;es &agrave; parit&eacute;) et les initiatives qu'il prendrait pour l'imposer aux autres partis s'il &eacute;tait &eacute;lu, peu de mesures concr&egrave;tes ont &eacute;t&eacute; retenues parmi les nombreuses revendications f&eacute;ministes (non cumul des mandats, nouvelles places de garderie,mesures concr&egrave;tes de conciliation famille-travail etc.. ). Et s'il a une faible avance dans le score qu'il obtient, avec 15% des femmes qui pensent qu'il est le plus &agrave; l'&eacute;coute en mati&egrave;re de droits des femmes( devan&ccedil;ant Eva Joly et Fran&ccedil;ois Bayrou qui arrivent &agrave; 10%, suivis de pr&egrave;s par Nicolas Sarkozy avec 9% et Marine Le Pen qui obtient 8%), il lui reste beaucoup de chemin &agrave; parcourir.<br />
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Mais le portrait global n'est pas brillant, puisque plus d'un Fran&ccedil;ais sur trois (34%) n'accorde en effet sa pr&eacute;f&eacute;rence &agrave; aucun candidat, et que les femmes sont plus nombreuses que les hommes (elles sont 39% &agrave; ne choisir aucun candidat)! Ce qui augure un nombre &eacute;lev&eacute; d'abstentions aux &eacute;lections, si rien n'est fait d'ici l&agrave; pour r&eacute;pondre aux attentes des Fran&ccedil;aises et des Fran&ccedil;ais sur leurs pr&eacute;occupations majeures. Car tous parlent d'in&eacute;galit&eacute; entre riches et pauvres, mais bien peu sont celles et ceux qui se la repr&eacute;sentente sous des traits f&eacute;minins.<br />
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<em>(1) Les Femmes dans la campagne pr&eacute;sidentielle, r&eacute;sultats du  sondage effectu&eacute; par CSA/TerraFemina, le 22 f&eacute;vrier 2012, ETUDE N&deg;1200279,www.csa.eu. Ce sondage a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; par t&eacute;l&eacute;phone les 15 et 16 f&eacute;vrier 2012, aupr&egrave;s d'un &eacute;chantillon repr&eacute;sentatif de 1001 personnes &acirc;g&eacute;es de 18 ans et plus et constitu&eacute; d'apr&egrave;s la m&eacute;thode des quotas ( sexe, &acirc;ge, profession du chef de m&eacute;nage), apr&egrave;s stratification par r&eacute;gion et taille d'agglom&eacute;ration.<br />
</em><br />
Yolande Cohen<br />
Historienne, UQAM<br />
Titulaire de la Chaire d'&Eacute;tudes du Qu&eacute;bec contemporain &agrave; Paris3-Sorbonne Nouvelle<br />
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