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  <title>Vincent Geloso</title>
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  <updated>2013-05-22T06:59:42-04:00</updated>
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    <name>Vincent Geloso</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Vincent Geloso</subtitle>
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    <title>Les origines intellectuelles oubliées du salaire minimum</title>
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    <published>2013-04-24T06:14:40-04:00</published>
    <updated>2013-04-24T06:14:47-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le 1er mai prochain, c'est la fête des travailleurs. Pour l'occasion, une pléthore de groupes se rassemblera pour souligner les progrès des conditions des travailleurs depuis la fin du siècle. À chaque édition, les groupes présents réclament une hausse du salaire minimum afin de protéger les travailleurs et travailleuses et de combattre la pauvreté. Il est peut-être temps de se rappeler qui furent les premiers à défendre cette idée et pourquoi ils l'ont fait.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[Le 1er mai prochain, c'est la f&ecirc;te des travailleurs. Pour l'occasion, une pl&eacute;thore de groupes se rassemblera pour souligner les progr&egrave;s des conditions des travailleurs depuis la fin du si&egrave;cle. &Agrave; chaque &eacute;dition, les groupes pr&eacute;sents r&eacute;clament une hausse du salaire minimum afin de prot&eacute;ger les travailleurs et travailleuses et de combattre la pauvret&eacute;. Ils profiteront tr&egrave;s probablement de l'occasion de r&eacute;it&eacute;rer cette demande. <br />
 <br />
N&eacute;anmoins, les effets nocifs de cette politique sont <a href="http://www.nber.org/papers/w12663" target="_hplink">bien document&eacute;s</a>. De mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, les &eacute;conomistes s'entendent pour dire que les hausses du salaire minimum ont rarement les effets attendus par leurs d&eacute;fenseurs. Au contraire, les cons&eacute;quences inattendues sont nombreuses: augmentation du d&eacute;crochage scolaire, taux de ch&ocirc;mage accru dans certains groupes pr&eacute;caires de la population (femmes, jeunes adultes et immigrants) et des compressions de la  structure des salaires vers le bas dans certaines industries. <br />
<br />
Ce qui est moins connu, c'est que les premiers d&eacute;fenseurs du salaire minimum de l'&acirc;ge moderne d&eacute;siraient ces effets pervers au nom de la g&eacute;n&eacute;tique! Dans le d&eacute;bat sur les effets du salaire minimum, il est peut-&ecirc;tre temps de se rappeler qui furent les premiers &agrave; d&eacute;fendre cette id&eacute;e et pourquoi ils l'ont fait.<br />
 <br />
<strong>Les &eacute;conomistes et les eug&eacute;nistes</strong><br />
<br />
Apr&egrave;s les premi&egrave;res d&eacute;cennies du XIXe si&egrave;cle, la r&eacute;volution industrielle commence &agrave; battre son plein: de nouvelles techniques et technologies de production am&eacute;liorent rapidement la productivit&eacute; de plusieurs industries, les salaires, l'esp&eacute;rance de vie et la vari&eacute;t&eacute; des produits disponibles augmentent alors que le prix des biens et la mortalit&eacute; infantile diminuent. Bref, la vie au quotidien devient moins pr&eacute;caire, et ce, m&ecirc;me si la population augmente rapidement. <br />
<br />
&Agrave; cette &eacute;poque, le lien entre la taille d'une population et le niveau de vie de celle-ci commence &agrave; s'affaiblir, c'est-&agrave;-dire que les pressions &eacute;conomiques exerc&eacute;es par une population grandissante commencent &agrave; s'amoindrir. Les suites de l'industrialisation inqui&eacute;t&egrave;rent des hommes comme Francis Galton qui affirmait que les &eacute;l&eacute;ments les moins d&eacute;sirables d'une soci&eacute;t&eacute; industrialis&eacute;e - qui pouvaient survivre plus ais&eacute;ment - iraient en se multipliant plus rapidement que les &eacute;l&eacute;ments les plus prometteurs. Ainsi, le patrimoine d'une soci&eacute;t&eacute; r&eacute;gresserait vers le bas. Galton est d'ailleurs l'inventeur du terme &laquo;r&eacute;gression&raquo; - utilis&eacute; par les &eacute;conomistes aujourd'hui - et le fondateur de l'eug&eacute;nisme, l'&eacute;tude des moyens pour pr&eacute;server le patrimoine g&eacute;n&eacute;tique d'une population. Les id&eacute;es du statisticien Galton trouv&egrave;rent surtout &eacute;cho chez les &eacute;conomistes de la seconde moiti&eacute; du XIXe si&egrave;cle. <br />
<br />
Originellement, les &eacute;conomistes de la fin du XVIIIe si&egrave;cle, tels Adam Smith, Adam Ferguson et David Hume, estimaient que la moralit&eacute;, l'int&eacute;grit&eacute; et l'honn&ecirc;tet&eacute; repr&eacute;sentaient les conditions les plus n&eacute;cessaires &agrave; <a href="http://www.quebecoislibre.org/11/110815-7.html" target="_hplink">l'&eacute;mergence de l'&eacute;conomie de march&eacute;</a>. Brisant avec cette tradition, des &eacute;conomistes britanniques notoires comme Alfred Marshall et Stanley Jevons (deux g&eacute;ants en science &eacute;conomique) voient ces progr&egrave;s comme une opportunit&eacute; pour les &laquo;parasites&raquo; de se d&eacute;velopper dans le fonctionnement des soci&eacute;t&eacute;s. Contrairement &agrave; Galton qui proposait de multiplier les &laquo;bons &eacute;l&eacute;ments&raquo;, ces derniers sont beaucoup plus favorables &agrave; la st&eacute;rilisation, &agrave; la s&eacute;gr&eacute;gation ou &agrave; l'&eacute;limination des &eacute;l&eacute;ments les moins d&eacute;sirables de la population.  <br />
<br />
Rejoints en Angleterre par les socialistes George Bernard Shaw, Beatrice Webb et Sydney Webb, Marshall et Jevons trouveront vite des alli&eacute;s aux &Eacute;tats-Unis dont plusieurs des fondateurs de l'<em>American Economics Association</em> (Richard Ely, John Commons, Edward Ross),  l'&eacute;diteur de la revue social-d&eacute;mocrate <em>The New Republic, Herbert Croly</em>, et Margaret Sanger, la fondatrice de <em>Planned Parenthood</em>. M&ecirc;me le pr&eacute;sident am&eacute;ricain Woodrow Wilson exprimera maintes fois dans ses &eacute;crits sa sympathie pour ce courant de pens&eacute;e. <br />
<br />
<strong>Le salaire minimum et l'eug&eacute;nisme</strong><br />
<br />
&Agrave; leurs yeux, si les races inf&eacute;rieures (les noirs, les Italiens, les Canadiens fran&ccedil;ais, les Polonais, les Irlandais, les Chinois, les Espagnols et les Grecs) &eacute;taient incapables de fournir des travailleurs aussi productifs que la race anglo-saxonne, ces derni&egrave;res &eacute;taient capables d'accepter un niveau de vie inf&eacute;rieur. Par cons&eacute;quent, elles acceptaient des salaires nettement plus bas que les travailleurs anglo-saxons. Tout ceci aurait pour r&eacute;sultat de priver d'emplois les travailleurs provenant de la bonne souche g&eacute;n&eacute;tique. Il fallait donc &eacute;tablir un taux plancher pour les salaires, d'o&ugrave; la <a href="http://www.princeton.edu/~tleonard/papers/retrospectives.pdf" target="_hplink">naissance du salaire minimum</a>.<br />
<br />
Reconnaissant ouvertement qu'une telle politique r&eacute;duirait le nombre d'emplois offerts, l'un des premiers pr&eacute;sidents de l'<em>American Economics Association</em> (AEA), Henry R. Seager,  affirmait en 1913 que le salaire minimum aurait l'effet d&eacute;sirable de prot&eacute;ger les travailleurs &laquo;m&eacute;ritants&raquo; de la concurrence des travailleurs provenant de souches g&eacute;n&eacute;tiques inf&eacute;rieures. Non seulement le salaire minimum retirerait ces individus du march&eacute;, mais il aurait pour effet de d&eacute;courager l'immigration de ces derniers. Nombreux seront les &eacute;conomistes ou intellectuels (majoritairement de gauche, mais incluant aussi des conservateurs tels qu'Irving Fisher de l'Universit&eacute; Yale) qui affirmeront &agrave; maintes reprises que le salaire minimum aura l'effet d&eacute;sirable d'&eacute;liminer ces groupes &laquo;faibles&raquo; de la soci&eacute;t&eacute; - ou du moins de permettre leur s&eacute;gr&eacute;gation. <br />
<br />
Parall&egrave;lement, ces individus proposeront aussi que le salaire minimum ait pour effet de <a href="http://www.princeton.edu/~tleonard/papers/Womenswork.pdf" target="_hplink">revaloriser le r&ocirc;le des femmes dans la pr&eacute;servation du patrimoine g&eacute;n&eacute;tique</a>. Peu form&eacute;es et avec g&eacute;n&eacute;ralement tr&egrave;s peu d'exp&eacute;rience sur le march&eacute; du travail, les femmes obtenaient des salaires nettement plus bas que les hommes. Vers la fin du XIXe si&egrave;cle, l'activit&eacute; des femmes sur le march&eacute; du travail commen&ccedil;ait &agrave; augmenter ce qui inqui&eacute;tait les eug&eacute;nistes. Selon eux, si les femmes &eacute;taient attir&eacute;es par des salaires plus all&eacute;chants, elles d&eacute;laisseraient leurs t&acirc;ches m&eacute;nag&egrave;res - nomm&eacute;ment la pr&eacute;servation de la race anglo-saxonne. Logiquement, les eug&eacute;nistes croyaient qu'un salaire minimum &eacute;lev&eacute; aurait pour effet de contribuer &agrave; prot&eacute;ger les meilleurs &eacute;l&eacute;ments de la race en excluant les femmes du march&eacute; du travail. <br />
<br />
<strong>Conclusion</strong><br />
<br />
Aujourd'hui, l'eug&eacute;nisme n'a plus sa place dans le monde universitaire. Ce courant ainsi que ses revues savantes telles qu'<em>Applied Eugenics </em>et <em>l'Eugenics Review</em> ont disparu, enterr&eacute;es sous le poids des horreurs de l'application trop bien connue aujourd'hui des principes de cette approche. Toutefois, comme les vestiges de la civilisation romaine, on retrouve encore ses traces dans notre vie quotidienne avec, entre autres, le salaire minimum. Souhaitons que les groupes de pression qui r&eacute;clameront une hausse du salaire minimum sauront se souvenir qui furent les premiers d&eacute;fenseurs de cette mesure et pour quelles raisons.<br />
<br />
<strong>VOIR AUSSI</strong><br />
<br />
<center><HH--236SLIDEEXPAND--213697--HH></center>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/1078661/thumbs/s-EQUALIZATION-PAYMENTS-CANADA-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Pour une histoire «rationnelle» du Québec</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/pour-une-histoire-rationnelle-du-quebec_b_2973811.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2973811</id>
    <published>2013-03-31T10:00:01-04:00</published>
    <updated>2013-03-31T10:38:44-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Depuis quelques années, un débat fait rage parmi les historiens québécois, qui s'entre-déchirent à propos de la question suivante: comment faut-il enseigner l'histoire du Québec? Ce débat n'est que le plus récent des conflits frontaliers dans une longue série d'escarmouches où deux camps s'affrontent: les «classiques» affirment que, dès le 18e siècle, le conservatisme des Québécois les rendait hostiles au progrès, tandis que les «révisionnistes» voient l'histoire du Québec comme un long processus de modernisation.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[Depuis quelques ann&eacute;es, un d&eacute;bat fait rage parmi les historiens qu&eacute;b&eacute;cois, qui s'entre-d&eacute;chirent &agrave; propos de la question suivante: <a href="http://blogues.journaldemontreal.com/bock-cote/general/enseignement-de-lhistoire-ou-est-le-probleme-entrevue-avec-eric-bedard/" target="_hplink">comment faut-il enseigner l'histoire du Qu&eacute;bec</a>? Ce d&eacute;bat n'est que le plus r&eacute;cent des conflits frontaliers dans une longue s&eacute;rie d'escarmouches o&ugrave; deux camps s'affrontent. <br />
<br />
Le premier camp, compos&eacute; de ceux que l'on peut appeler les &laquo;classiques&raquo;, affirme que d&egrave;s le 18e si&egrave;cle, les Qu&eacute;b&eacute;cois &eacute;taient attach&eacute;s &agrave; de vieilles mentalit&eacute;s arri&eacute;r&eacute;es et que leur conservatisme les rendait hostiles au progr&egrave;s. Le second camp, celui des &laquo;r&eacute;visionnistes&raquo;, voit l'histoire du Qu&eacute;bec comme un long processus de modernisation. Le premier camp accuse souvent le second camp d'essayer de &laquo;javelliser&raquo; notre histoire nationale. Le second accuse le premier de cr&eacute;er des rh&eacute;toriques politiques pour justifier leurs id&eacute;ologies. Malheureusement, les deux camps ne font aucun cas de la puissante contribution (conciliatrice) des &eacute;conomistes, qui met au premier plan le concept de rationalit&eacute;.<br />
<br />
<blockquote><strong>LIRE AUSSI SUR LES BLOGUES</strong><br />
<br><br />
- <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/gilles-laporte/10-trucs-pour-degouter-nos-jeunes-de-leur-histoire_b_2966267.html" target="_hplink">10 trucs pour d&eacute;go&ucirc;ter nos jeunes de leur histoire</a><br><br />
- <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/sylvain-campeau/histoire-culture-langue-enseignement-comment-se-tirer-dans-le-pied_b_2849873.html" target="_hplink">Histoire, culture, langue, enseignement: comment se tirer dans le pied</a><br><br />
- <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/karl-w-sasseville/le-reste-du-monde-ce-grand-oublie-de-notre-histoire_b_2869467.html" target="_hplink">Le reste du monde, ce grand oubli&eacute; de notre histoire</a><br><br />
- <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/gilles-laporte/le-fiasco-de-la-formation-des-enseignants-en-histoire_b_2891533.html" target="_hplink">Le fiasco de la formation des enseignants en histoire</a></blockquote><br />
 <br />
Le principe est le suivant: les &ecirc;tres humains sont rationnels, c'est-&agrave;-dire qu'ils r&eacute;pondent aux incitations produites par le march&eacute;, les institutions et l'environnement dans lequel ils &eacute;voluent. Cette id&eacute;e est re&ccedil;ue avec scepticisme par les historiens qu&eacute;b&eacute;cois, qui font ainsi figure d'exception car elle est au contraire commun&eacute;ment accept&eacute;e par les historiens &eacute;conomiques (et les &eacute;conomistes-historiens) ailleurs dans le monde. Rien d'&eacute;tonnant &agrave; cela puisqu'elle repose sur une montagne de preuves. Les historiens &laquo;classiques&raquo;, qui mettent l'accent sur les mentalit&eacute;s traditionalistes des Qu&eacute;b&eacute;cois, se sont longtemps inspir&eacute;s de courants d'id&eacute;es analogues en Allemagne, en Russie, en Irlande, en France et aux &Eacute;tats-Unis afin d'expliquer le retard &eacute;conomique et social que le Qu&eacute;bec a accus&eacute; jusqu'au d&eacute;but des ann&eacute;es 1940. <br />
<br />
<br />
Toutefois, dans tous ces pays, des &eacute;conomistes (aussi bien en  <a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1468-0289.2007.00408.x/abstract;jsessionid=E51A6110F48A1235890116BD1C2E2B34.d02t02?deniedAccessCustomisedMessage=&amp;userIsAuthenticated=false" target="_hplink">Allemagne,</a> qu'en <a href="http://www.amazon.ca/Growth-Traditional-Society-Countryside-1450-1815/dp/0691029830/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1364499335&amp;sr=1-1" target="_hplink">France</a>, qu'en <a href="http://www.amazon.ca/Institutional-Framework-Russian-Serfdom/dp/0521194482/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1364499303&amp;sr=8-1" target="_hplink">Russie</a>, en <a href="http://www.amazon.com/Why-Ireland-Starved-Quantitative-Analytical/dp/0415607647" target="_hplink">lrlande</a>, ou aux <a href="http://www.nber.org/chapters/c8013.pdf" target="_hplink">&Eacute;tats-Unis</a>) se sont donn&eacute; la peine de compiler des sources de donn&eacute;es impressionnantes. Ils ont interpr&eacute;t&eacute; celles-ci &agrave; la lumi&egrave;re des th&eacute;ories &eacute;conomiques. Dans tous les cas,  ces chercheurs ont pu constater que le concept de rationalit&eacute; est valable pour toutes les &eacute;poques : les individus essaient de maximiser leur bien-&ecirc;tre, r&eacute;pondent aux incitations du march&eacute; et des institutions qui entourent ce march&eacute;. La culture &laquo;dominante&raquo;, peut amplifier ou mod&eacute;rer les r&eacute;ponses des individus &agrave; ces incitations, mais elle n'est qu'une variable dans l'ensemble du m&eacute;canisme d'&eacute;volution d'une soci&eacute;t&eacute;. Elle peut emp&ecirc;cher les institutions publiques d'&eacute;voluer, mais ne peut emp&ecirc;cher toute &eacute;volution d'avoir lieu.<a href="http://www.amazon.com/Histoire-Economique-1760-1850-Structures-Conjecture/dp/B001G70VJG/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1364500263&amp;sr=1-1&amp;keywords=Une+histoire+%C3%A9conomique+et+sociale+du+Qu%C3%A9bec" target="_hplink"> Ainsi, les historiens classiques ont-ils cr&eacute;&eacute; une narration historique bas&eacute;e sur une mauvaise compr&eacute;hension de la r&eacute;alit&eacute;</a>. <br />
 <br />
Prenons un exemple concret: celui des premi&egrave;res d&eacute;cennies du 19e si&egrave;cle. Prenant leurs distances avec la vision classique,<a href="http://www.amazon.ca/Qu%C3%A9bec-moderne-1760-1840-Paquet-Gilles/dp/2894288530/ref=sr_1_3?ie=UTF8&amp;qid=1364499475&amp;sr=8-3" target="_hplink"> l'&eacute;conomiste Gilles Paquet et l'historien Jean-Pierre Wallot </a>ont &eacute;labor&eacute; de mani&egrave;re convaincante les premiers &eacute;l&eacute;ments d'une explication d&eacute;montrant que l'insertion du Qu&eacute;bec dans un empire britannique h&eacute;g&eacute;monique aux 18e et 19e si&egrave;cles a permis une croissance &eacute;conomique importante du Qu&eacute;bec. Selon eux, le contr&ocirc;le des oc&eacute;ans par les Britanniques a permis aux compagnies de navigation de devenir plus efficaces et plus productives tout en r&eacute;duisant les risques associ&eacute;s au commerce maritime. En &eacute;conomie, on dit que des march&eacute;s plus &eacute;tendus permettent aux individus de se sp&eacute;cialiser davantage l&agrave; o&ugrave; ils sont les plus efficaces et d'&eacute;changer par la suite. L'expansion des march&eacute;s provoqu&eacute;e par des innovations dans le domaine des transports a permis aux Qu&eacute;b&eacute;cois de ne plus se cantonner dans une &eacute;conomie de survie essentiellement autarcique. Ils purent consacrer de plus en plus de temps &agrave; des t&acirc;ches orient&eacute;es vers les march&eacute;s int&eacute;rieurs et ext&eacute;rieurs. Ils purent se sp&eacute;cialiser davantage, s'enrichir, devenir moins d&eacute;pendants des al&eacute;as environnementaux.  <br />
<br />
Cette explication &eacute;conomique, valide pour une multitude de pays &agrave; l'&eacute;poque consid&eacute;r&eacute;e par Paquet et Wallot, transforme radicalement notre interpr&eacute;tation de  l'&eacute;volution politique du Qu&eacute;bec. Les r&eacute;ductions progressives des barri&egrave;res commerciales (tant naturelles que gouvernementales) au libre-&eacute;change au d&eacute;but du 19e si&egrave;cle ont fait en sorte de r&eacute;duire la capacit&eacute; des propri&eacute;taires terriens d'exiger des rentes tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;es <a href="http://ereh.oxfordjournals.org/content/12/3/355.short" target="_hplink">on retrouve le m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne dans d'autres pays occidentaux</a>. Inquiets, ces propri&eacute;taires ont tout fait pour utiliser les institutions publiques afin de d&eacute;placer le fardeau fiscal vers les marchands, de limiter l'offre de terrains et de limiter la mobilit&eacute; des habitants. Ainsi, les actions de ce petit groupe d'individus auraient pu permettre le d&eacute;veloppement d'institutions publiques hostiles &agrave; la croissance &eacute;conomique (mais servant leurs int&eacute;r&ecirc;ts). <br />
<br />
Plusieurs &eacute;tudes historiques portant sur d'autres pays arrivent aux m&ecirc;mes conclusions.  En ignorant une telle utilisation des concepts provenant de la science &eacute;conomique, les historiens du camp classique oublient de voir la nature du lien  entre le monde des id&eacute;es et celui actions.  Ce faisant, ils ouvrent la porte aux critiques des r&eacute;visionnistes qui cherchent &agrave; d&eacute;peindre une image moins mis&eacute;rabiliste. <br />
<br />
D'embl&eacute;e, il faut dire que je rejette aussi l'interpr&eacute;tation des r&eacute;visionnistes. Pour reprendre les mots d'un autre historien,  les r&eacute;visionnistes sont &laquo;anim&eacute;s par le d&eacute;sir de chercher dans le pass&eacute; les racines d'une soci&eacute;t&eacute; anormale, moderne, vibrante et pluraliste&raquo;. Tout comme les &laquo;classiques&raquo;, ils &eacute;vacuent toute la contribution de la science &eacute;conomique dans l'explication des comportements individuels. Le travail des r&eacute;visionnistes consiste &agrave; affirmer que le Qu&eacute;bec &eacute;tait une soci&eacute;t&eacute; &laquo;normale&raquo;. Alors que les classiques mettent l'accent sur le retard du Qu&eacute;bec et les mentalit&eacute;s traditionalistes du Qu&eacute;bec, les &laquo;r&eacute;visionnistes&raquo; cherchent seulement &agrave; minimiser l'ampleur du retard. Ce faisant, ils aseptisent notre histoire en &eacute;liminant la connexion entre les id&eacute;es, notre culture, nos institutions historiques et l'&eacute;volution socio-&eacute;conomique du Qu&eacute;bec (chose que les classiques font de mani&egrave;re tr&egrave;s maladroite). Leur vision quasi m&eacute;canique d'une trajectoire modernisatrice du Qu&eacute;bec depuis la conqu&ecirc;te par les Britanniques en 1760 jusqu'&agrave; aujourd'hui est tout aussi trompeuse que la vision des historiens de l'&eacute;cole classique. <br />
 <br />
On ne peut bien comprendre les actions et les id&eacute;es des Qu&eacute;b&eacute;cois qu'en les situant dans le cadre institutionnel dans lequel ils &eacute;voluent, cadre institutionnel qui fa&ccedil;onne leurs incitations. Inspir&eacute;e de la science &eacute;conomique, cette approche postule que les institutions produisent des incitations tant pour leurs membres que pour leurs non-membres et qu'elles influencent l'&eacute;volution socio-&eacute;conomique d'une nation. Par la suite, ces incitations sont amplifi&eacute;es ou temp&eacute;r&eacute;es par la culture pr&eacute;sente. La culture - ces normes, croyances et traditions qui affectent nos institutions -, affecte aussi nos attentes. Les individus tentent d'&eacute;valuer ce que l'avenir leur r&eacute;serve, nous enseigne, en science &eacute;conomique, le mod&egrave;le dit des &laquo; attentes rationnelles&raquo; d&eacute;velopp&eacute; en partie par Thomas Sargent, laur&eacute;at du prix Nobel d'&eacute;conomie de 2011. Les individus prennent en consid&eacute;ration les actions probables du gouvernement et agissent ensuite en cons&eacute;quence. <br />
<br />
Comment l'individu forme-t-il ses attentes? Ses attentes &agrave; l'&eacute;gard de l'inflation, de la croissance &eacute;conomique et des politiques publiques d&eacute;pendent des informations dont il dispose. Les croyances, les traditions, les normes, etc., repr&eacute;sentent une part essentielle des informations qui permettront &agrave; un individu de former des &laquo; attentes rationnelles &raquo;. Mais ces croyances sont le r&eacute;sultat d'actions pass&eacute;es qui ont &eacute;t&eacute; influenc&eacute;es par les institutions en place. L'&eacute;tude des institutions et des incitations - pourtant pratique courante dans le monde anglo-saxon - a &eacute;t&eacute; compl&egrave;tement &eacute;vacu&eacute;e de la litt&eacute;rature qu&eacute;b&eacute;coise, plus  particuli&egrave;rement par les r&eacute;visionnistes.<br />
<br />
C'est seulement en utilisant le postulat de la rationalit&eacute; tel que compris par les &eacute;conomistes que nous pourrons effectuer un exercice de compr&eacute;hension historique sans &laquo;javelliser&raquo; notre histoire.  Cet exercice, qui n'a pas encore atteint son plein d&eacute;veloppement, est essentiel &agrave; l'appr&eacute;ciation de notre h&eacute;ritage et de nos origines.<br />
<br />
<strong>VOIR AUSSI</strong><br />
<br />
<center><HH--236SLIDEEXPAND--234067--HH></center>]]></content>
</entry>

<entry>
    <title>Libéralisons le transport par autobus</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/liberalisons-le-transport-par-autobus_b_2903958.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2903958</id>
    <published>2013-03-20T08:00:47-04:00</published>
    <updated>2013-05-20T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Récemment, on apprenait qu'il y aurait une guerre de tarifs sur l'autoroute 20 pour les transports collectifs. Orléans Express, qui détient depuis plusieurs années des privilèges gouvernementaux, pourrait (finalement) faire face à la concurrence d'un service de transport par navette. Il s'agit là d'une excellente nouvelle, surtout que ça fait des années que la concurrence dans le domaine des transports interurbains a fait ses preuves!]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[R&eacute;cemment, on apprenait qu'il y aurait une <a href="http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201303/13/01-4630450-vers-une-guerre-des-tarifs-sur-lautoroute-20.php" target="_hplink">guerre de tarifs sur l'autoroute 20</a> pour les transports collectifs. Orl&eacute;ans Express, qui d&eacute;tient depuis plusieurs ann&eacute;es des privil&egrave;ges gouvernementaux, pourrait (finalement) faire face &agrave; la concurrence d'un service de transport par navette. Le nouveau concurrent proposera, si la commission des Transports du Qu&eacute;bec veut bien lui accorder un permis, le d&eacute;placement entre Qu&eacute;bec et Montr&eacute;al pour moins de 20 $.<br />
<br />
Il s'agit l&agrave; d'une excellente nouvelle, surtout que &ccedil;a fait des ann&eacute;es que la concurrence dans le domaine des transports interurbains a fait ses preuves!  <br />
<br />
<strong>La r&eacute;glementation des autobus au Canada</strong><br />
<br />
Depuis les ann&eacute;es 1950, la r&eacute;glementation du transport par autobus au Canada est laiss&eacute;e aux soins des gouvernements provinciaux. Il y a donc une multitude de r&eacute;gimes r&eacute;glementaires diff&eacute;rents. D'une part, il y a des provinces comme l'Alberta qui ont un r&eacute;gime peu r&eacute;glement&eacute; dans lequel la concurrence est libre. D'autre part, il y a des provinces comme le Qu&eacute;bec et l'Ontario qui r&eacute;glementent lourdement l'industrie du transport interurbain. Lorsque les provinces mettent des r&eacute;glementations en place, elles accordent g&eacute;n&eacute;ralement des licences monopolistiques sur des lignes tr&egrave;s profitables (exemple : Montr&eacute;al-Qu&eacute;bec) en &eacute;change d'une promesse de service sur des lignes moins profitables. Ces grandes diff&eacute;rences r&eacute;glementaires ainsi que les pratiques monopolistiques sanctionn&eacute;es l&eacute;galement dans cette industrie nuisent consid&eacute;rablement aux consommateurs - dont la majorit&eacute; sont des &eacute;tudiants ou des personnes &acirc;g&eacute;es moins nanties. <br />
<br />
<strong>Les effets de la d&eacute;r&eacute;glementation</strong><br />
<br />
Il y a maintenant quelques ann&eacute;es, j'ai publi&eacute; un <a href="http://www.google.ca/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;frm=1&amp;source=web&amp;cd=2&amp;ved=0CD0QFjAB&amp;url=http%3A%2F%2Fonlinelibrary.wiley.com%2Fdoi%2F10.1111%2Fj.1468-0270.2011.02126.x%2Fabstract&amp;ei=Pq9HUZ78BZen4APdgYHoBA&amp;usg=AFQjCNGRSiqkUnVfxvQds7tXDvpHWPJcSw&amp;sig2=QGN-dlCbVPDJ25Ch5IHbPQ&amp;bvm=bv.43828540,d.dmQ" target="_hplink">article dans le journal <em>Economic Affairs</em></a>qui comparait le Canada avec les r&eacute;gimes d&eacute;r&eacute;glement&eacute;s de l'Angleterre et des &Eacute;tats-Unis. Dans les ann&eacute;es 1980, les gouvernements britanniques et am&eacute;ricains ont proc&eacute;d&eacute; &agrave; la d&eacute;r&eacute;glementation de l'industrie du transport par autobus entre les grandes villes. <br />
<br />
&Agrave; la suite de ces d&eacute;r&eacute;glementations, l'industrie s'est consolid&eacute;e et s'est mise &agrave; innover. Les compagnies de transports ont commenc&eacute; &agrave; abandonner les projets de construction de d&eacute;barcad&egrave;re et ont plut&ocirc;t choisi de d&eacute;velopper des partenariats avec certains commer&ccedil;ants pour qu'ils agissent comme des stations d'autobus. Elles ont aussi commenc&eacute; &agrave; investir dans une diversification de leurs services. Par exemple, au lieu d'offrir le transport par autocar entre deux villes moyennes, elles offrent des transports par navette moins co&ucirc;teux &agrave; op&eacute;rer et &agrave; assurer. Somme toute, le prix moyen du transport par autobus a diminu&eacute; au cours des derni&egrave;res ann&eacute;es et l'&eacute;ventail de services disponibles a grandement augment&eacute;.<br />
Lorsque l'on se compare avec ces pays, on remarque que les consommateurs canadiens sont tr&egrave;s mal servis. Ils paient beaucoup plus cher que leurs compatriotes am&eacute;ricains ou britanniques par minute de voyage. Ces derniers ont d'ailleurs une palette plus diversifi&eacute;e de services puisqu'ils peuvent plus ais&eacute;ment choisir quel rapport qualit&eacute;-prix leur convient le mieux. <br />
<br />
<strong>Pourquoi ne pas d&eacute;r&eacute;glementer compl&egrave;tement?</strong><br />
<br />
Si la d&eacute;r&eacute;glementation r&eacute;ussit si bien, pourquoi ne pas aller de l'avant? Le gouvernement du Qu&eacute;bec a exprim&eacute; dans le pass&eacute; sa r&eacute;ticence par rapport &agrave; de telles r&eacute;formes parce qu'il craignait que les services en r&eacute;gion disparaissent. Pour appuyer leur position, ils ont mentionn&eacute; le cas des &Eacute;tats-Unis, o&ugrave; la d&eacute;r&eacute;glementation a pouss&eacute; plusieurs compagnies &agrave; arr&ecirc;ter de desservir certaines r&eacute;gions plus &eacute;loign&eacute;es.<br />
Ce que le gouvernement du Qu&eacute;bec oublie de mentionner, c'est que le probl&egrave;me du service aux r&eacute;gions provient directement de l'intervention gouvernementale. Par exemple, il est impossible dans plusieurs r&eacute;gions des &Eacute;tats-Unis, comme le Texas, d'offrir un service de transport avec autre chose qu'un autocar. Pourquoi ne pas lib&eacute;raliser compl&egrave;tement l'industrie du transport interurbain et permettre aux gens d'offrir du transport avec des moyens de transport tr&egrave;s diversifi&eacute;? Est-ce n&eacute;cessaire d'avoir un autobus de 60 places pour desservir le trajet de Montr&eacute;al &agrave; Rouyn-Noranda ou de Qu&eacute;bec &agrave; Alma? <br />
<br />
Si nous devons nous r&eacute;jouir de l'arriv&eacute;e d'un concurrent &agrave; Orl&eacute;ans Express sur l'autoroute 20, pourquoi ne pourrions-nous pas souhaiter l'ouverture &agrave; la concurrence (sous toutes ses formes) au Qu&eacute;bec?<br />
<br />
<strong>VOIR AUSSI</strong><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--256687--HH>]]></content>
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    <title>De la maternelle... au prix Nobel</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/maternelle-prix-nobel_b_2529709.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2529709</id>
    <published>2013-01-22T19:02:19-05:00</published>
    <updated>2013-03-24T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[La maternelle à 4 ans devrait faire son arrivée au Québec en septembre prochain et bien des parents inscrivent leurs bouts de choux ces jours-ci.Or, les locaux disponibles sont rares, plusieurs écoles débordent déjà, le financement n'est pas encore assuré, les enseignants n'ont pas encore eu de formation d'appoint, etc. De plus, la polémique sur la maternelle à temps plein dès 4 ans dure toujours, certains préconisant plutôt des demi-journées.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[La maternelle &agrave; 4 ans devrait faire son arriv&eacute;e au Qu&eacute;bec en septembre prochain et bien des parents inscrivent leurs bouts de choux ces jours-ci.Or, les locaux disponibles sont rares, plusieurs &eacute;coles d&eacute;bordent d&eacute;j&agrave;, le financement n'est pas encore assur&eacute;, les enseignants n'ont pas encore eu de formation d'appoint, etc. De plus, la pol&eacute;mique sur la maternelle &agrave; temps plein d&egrave;s 4 ans dure toujours, certains pr&eacute;conisant plut&ocirc;t des demi-journ&eacute;es.<br />
<br />
Marie Malavoy, ministre de l'&Eacute;ducation, pourrait laisser le choix aux parents plut&ocirc;t que d'imposer une d&eacute;cision &agrave; tous qui fera invariablement des m&eacute;contents. Laisser les parents choisir l'option qui convient le mieux &agrave; leurs enfants serait tout &agrave; fait appropri&eacute; et contenterait tout le monde.<br />
<br />
D'ailleurs, privil&eacute;gier le choix des parents n'est pas uniquement applicable &agrave; la maternelle. L'&eacute;cole publique aussi pourrait aussi se moderniser et s'adapter aux r&eacute;alit&eacute;s diverses des parents d'aujourd'hui. Permettre aux parents de choisir quelle &eacute;cole publiqueconvient le mieux &agrave; leurs enfants, plut&ocirc;t que d'imposer la fr&eacute;quentation de l'&eacute;cole de quartier, permettrait aussi de combattre le d&eacute;crochage scolaire et de favoriser l'&eacute;galit&eacute; des chances.<br />
<br />
Cette id&eacute;e ne vient pas de nous, mais bien de M. Al Roth, ce d&eacute;crocheur scolaire ayant obtenu le prix Nobel d'&eacute;conomie 2012.<br />
<br />
Ironiquement, Al Roth est un des &eacute;conomistes les plus impliqu&eacute;s dans la lutte au d&eacute;crochage scolaire aux &Eacute;tats-Unis. Am&eacute;ricain et fils de deux professeurs d'&eacute;cole secondaire, il a d&eacute;croch&eacute; car son &eacute;cole publique de quartier dans le Queens, &agrave; laquelle il &eacute;tait oblig&eacute; d'aller, n'&eacute;tait pas &agrave; m&ecirc;me de le stimuler ad&eacute;quatement.<br />
<br />
Il y a quelques ann&eacute;es, la ville de New York a permis aux parents qui envoyaient leurs enfants &agrave; l'&eacute;cole publique de choisir l'&eacute;tablissement qui leur convenait le mieux. M&ecirc;me si celui-ci n'&eacute;tait pas dans leur quartier. La subvention offerte pour l'&eacute;ducation &eacute;tait donc dirig&eacute;e &agrave; l'&eacute;cole publique d&eacute;sign&eacute;e par les parents. Assigner une &eacute;cole &agrave; un enfant en fonction des pr&eacute;f&eacute;rences des parents et des places disponibles n'est pas chose simple.C'est justement Al Roth qui a cr&eacute;&eacute;un m&eacute;canisme qui facilite le choix des parents, etgr&acirc;ce &agrave; qui93 % d'entre eux se pr&eacute;valent de leur choix.<br />
<br />
Maintenant, les &eacute;coles publiques &agrave; New York se font concurrence et aucun enfant n'est prisonnier de son &eacute;cole de quartier. Les &eacute;coles publiques doivent se d&eacute;marquer et s'assurer de maintenir la loyaut&eacute; et la satisfaction des parents.On remarque d'ailleurs que le taux de diplomation au secondaire &agrave; New York a augment&eacute; depuis. Selon Roth,le respect des pr&eacute;f&eacute;rences des parents permet d'&eacute;galiser les chances de tous les enfants... vers le haut!<br />
<br />
Les r&eacute;formes que Roth a aid&eacute; &agrave; implanter se sont effectu&eacute;es &agrave; l'int&eacute;rieur d'un r&eacute;gime public et sont relativement mineurespar rapport &agrave; l'ampleur des probl&egrave;mes. Mais, elles fonctionnent! La le&ccedil;on &agrave; retenir est que m&ecirc;me l'ajout d'unpetit soup&ccedil;on de libert&eacute; de choix am&eacute;liore la performance des &eacute;coles. La ministre de l'&Eacute;ducation a une occasion en or d'appliquer cette le&ccedil;on au Qu&eacute;bec d&egrave;s septembre prochain.]]></content>
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    <title>Quebec Needs a Healthy Dose of Austerity</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2050537</id>
    <published>2012-11-09T17:18:42-05:00</published>
    <updated>2013-01-09T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[As Quebec now prepares for the return of parliament with its new government, the hot issue is undeniably the claims of rampant corruption. Sadly, in the midst of this debate, the issue of Quebec's large budget deficit and debt has been put aside.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[As Quebec now prepares for the return of parliament with its new government, the hot issue is undeniably the claims of rampant corruption. Sadly, in the midst of this debate, the issue of Quebec's large budget deficit and debt has been put aside. Truth is Quebec is one of the most profligate in Canada with a correspondingly high tax burden and debt stands considerably above the Canadian average. Were it not for federal transfers, Quebec's situation would be even more problematic.<br />
<br />
Moreover, the economy is still constrained by burdensome government regulations and inefficient government monopolies that stunt economic growth. Combined with the aforementioned high tax burden, the prospects of future economic growth are dim. As if this situation was not dire enough, economic growth has slowed down and Quebec is only a shock away from recession. In fact, in the last few quarters, more prices have increased than did GDP or population indicating a slight decline in real living standards.<br />
<br />
It is hard to see any other way to return to true growth by any other way than curtailing expenditures and deregulating the economy. Maybe it's time to look into history books to see if we can find hope in the case of countries facing a similar situation. Fortunately, we can find many and the case of the United States and Great Britain are great examples.<br />
<br />
<strong>The case of Great Britain and the U.S.</strong><br />
<br />
The best example from which we may draw hope is that of Great Britain during the worse recession of the 20th century: the Great Depression. In the first years of the Depression, the economy dipped by 5.8 per cent in inflation-adjusted terms at a time when British public finances were in dire condition, especially with a huge debt burden. To tackle the situation, the British government curtailed spending in order to eventually cut taxes and avoid expansion of the public debt. Moreover, the government made sure that it was not suffocating entrepreneurs and investors with burdensome regulations. Led by a boom in construction activity and industrial activity, Britain had regained all lost ground by 1934. In fact, between 1934 and 1939, growth exceeded 4 per cent annually in inflation-adjusted terms.<br />
<br />
Although it was far from perfect, the case of Great Britain during those years is in complete opposition to that of the United States who went in the opposite direction. During the Great Depression, the United States embarked on large spending plans combined with tax increases, higher import duties (protectionism) and heavier regulatory burdens. Accordingly, the United States saw the recession drag on and all the policies they adopted are estimated to have lengthened the recession by a total of seven years. By 1939, they the United States still had living standards below those they had experienced in 1929.<br />
<br />
Nothing predicated the United States to such a dismal performance. In fact, a decade earlier, the U.S. had adopted a similar approach to that of Britain to get of a recession. After the First World War, the United States entered into a "severe" and "deep" recession when the economy contracted deeply while unemployment surged from 2.3 per cent to 11.7 per cent. The administration of the time decided to slash spending by half; it reduced tax rates for nearly every fiscal year and lifted many of the wartime regulations on prices and labour that had restrained the economy. Economic growth (adjusted for inflation) returned quickly and living standards increased rapidly for everyone, averaging above 4.2 per cent a year between 1920 and 1929. At that pace, individual incomes would have doubled every 17 years!<br />
<br />
<strong>Quebec's inspiration?</strong><br />
<br />
In both cases, the lifting of the numerous regulations is to be credited for the return to fast economic growth. However, the spending cuts contributed as well by consolidating the return to growth by liberating resources for the private economy while making room for tax cuts to stimulate investment. In short, spending cuts were most successful when measures to liberate the creativeness of workers, investors and entrepreneurs act as complement.<br />
<br />
For a society with a tax burden as high as Quebec, going in the direction of increasing spending, raising taxes and the multiplication red tape is to ignore the lessons of history that should give us hope. In fact, the lessons of history teach us that curtailing spending to make room for tax cuts while also liberating individuals from the shackles of burdensome regulations is the best way for us to return to sustainable growth.]]></content>
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    <title>Il n'y a pas de « demi-francophones »</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2047441</id>
    <published>2012-11-02T12:53:55-04:00</published>
    <updated>2013-01-02T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Depuis plusieurs jours, je participe (par textes interposés) à un débat sur la condition du français au Québec. En fait, je défends ma position depuis maintenant un an et elle se résume de la manière suivante: le multilinguisme brouille les cartes sur le français. Cependant, j'ai compris récemment que ce qui inquiète vraiment ceux qui sont en désaccord avec ma thèse, ce n'est pas le supposé déclin du français. Plutôt, c'est la montée de l'anglais qui préoccupe les esprits.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[Depuis plusieurs jours, je participe (<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/" target="_hplink">par textes interpos&eacute;s</a>) &agrave; un d&eacute;bat sur la condition du fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec. En fait, je d&eacute;fends ma position depuis maintenant un an et elle se r&eacute;sume de la mani&egrave;re suivante: le multilinguisme brouille les cartes sur le fran&ccedil;ais. Cependant, j'ai compris r&eacute;cemment que ce qui inqui&egrave;te vraiment ceux qui sont en d&eacute;saccord avec ma th&egrave;se, ce n'est pas le suppos&eacute; d&eacute;clin du fran&ccedil;ais. Plut&ocirc;t, c'est la mont&eacute;e de l'anglais qui pr&eacute;occupe les esprits. <br />
<br />
L'usage de l'anglais est effectivement &agrave; la hausse et les opposants de ma position ont tout &agrave; fait raison de le souligner. D'ailleurs, je l'ai soulign&eacute; moi-m&ecirc;me que l'anglais avait progress&eacute;, mais ce fait tout seul ignore la r&eacute;alit&eacute;. Puisque les statistiques du recensement sont affect&eacute;es par le changement de questionnaire, regardons les donn&eacute;es par p&eacute;riode o&ugrave; les donn&eacute;es sont comparables.<br />
<br />
<strong>De 1991 &agrave; 2006 </strong><br />
<br />
Entre 1991 et 2006, la connaissance du fran&ccedil;ais chez les individus ayant une langue maternelle autre que les deux langues officielles (les &laquo; allophones &raquo;) <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes/rapport_complet.pdf" target="_hplink">est pass&eacute;e de 68,6% &agrave; 75,3%</a>. Chez les anglophones, la connaissance du fran&ccedil;ais est pass&eacute;e de 60,7% &agrave; 70,4%. Entre 1991 et 2006, la connaissance de l'anglais chez les &laquo; allophones &raquo; est demeur&eacute;e &agrave; 67,5%. Toutefois, la connaissance de l'anglais chez les francophones est pass&eacute;e de 31,6% &agrave; 36,1% au cours de la m&ecirc;me p&eacute;riode. En plus, lorsqu'on regarde la langue d'usage chez les allophones, le fran&ccedil;ais a progress&eacute;. <a href="http://www12.statcan.ca/census-recensement/2006/as-sa/97-555/p11-fra.cfm" target="_hplink">En 1996, on parle d'une proportion de 17% qui utilisait le fran&ccedil;ais le plus souvent &agrave; la maison contre 20% en 2001 et 24% en 2006. En guise de comparaison, l'anglais est pass&eacute; de 22% en 2001 &agrave; 21% en 2006</a>. <br />
<br />
Ainsi, entre 1991 et 2006, on voit une explosion du multilinguisme au Qu&eacute;bec. Cette explosion du multilinguisme s'explique non seulement par une augmentation importante de la connaissance des langues chez les allophones, mais aussi d'une augmentation (moins importante on admet) de l'anglais chez les francophones. Est-ce que ceci signifie que le fran&ccedil;ais est en danger? Pour affirmer que le multilinguisme menace le fran&ccedil;ais, il faut affirmer que les francophones ne peuvent pas transmettre leur langue alors que le dernier recensement montre que ce n'est pas le cas.<a href="http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/as-sa/fogs-spg/Facts-pr-fra.cfm?LANG=Fra&amp;TAB=4&amp;GK=PR&amp;GC=24" target="_hplink">En fait, il montre que les anglophones et allophones sont moins capables de transf&eacute;rer leurs langues &agrave; leurs enfants.</a>  En plus, le fran&ccedil;ais a augment&eacute; sa pr&eacute;sence au travail tant chez les <a href="http://www12.statcan.ca/census-recensement/2006/as-sa/97-555x/p5-fra.cfm" target="_hplink">allophones</a> que les<a href="http://www12.statcan.ca/census-recensement/2006/as-sa/97-555x/p6-fra.cfm" target="_hplink"> anglophones</a>. En m&ecirc;me temps, l'anglais a augment&eacute; sa pr&eacute;sence aupr&egrave;s des travailleurs francophones, il faut l'admettre. <br />
<br />
<strong>Il n y a pas de demi-francophones ou demi-anglophones</strong><br />
<br />
C'est pour cela que je conteste toute la logique de ceux qui parlent d'un d&eacute;clin du fran&ccedil;ais parce qu'ils affirment (dans leurs calculs) qu'un francophone qui parle &laquo; anglais et fran&ccedil;ais &raquo; compte pour la moiti&eacute; de son poids parce que les langues sont mutuellement exclusives. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/maxime-duchesne/multilinguisme-declin-francais_b_2042585.html" target="_hplink">Ainsi, si un francophone parle l'anglais avec sa prog&eacute;niture (qu'il a produit avec une femme anglophone), il compte pour un &laquo; demi-francophone &raquo;. M&ecirc;me si ses enfants vont &agrave; l'&eacute;cole en fran&ccedil;ais (gr&acirc;ce &agrave; la loi 101) et qu'il travaille en fran&ccedil;ais, il sera &laquo; un demi-francophone &raquo;. Balivernes! </a><br />
<br />
En fait, en appliquant cette logique d&eacute;faillante, on pourrait parler d'un d&eacute;clin de l'anglais dans le reste du Canada <a href="http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/as-sa/98-314-x/2011001/tbl/tbl4-fra.cfm" target="_hplink">puisque l'anglais comme langue d'usage a diminu&eacute;</a> - une absurdit&eacute; vous en conviendrez. <br />
<br />
C'est pour cela que lorsqu'on regarde les chiffres de <a href="http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/as-sa/98-314-x/98-314-x2011001-fra.cfm" target="_hplink">Statistique Canada entre 2006 et 2011</a>, on n'observe aucun d&eacute;clin (<a href="http://vincentgeloso.com/2012/10/29/le-calcul-farfelu-et-la-realite/" target="_hplink">selon les combinaisons linguistiques</a>), un d&eacute;clin statistiquement non-significatif (le fran&ccedil;ais comme premi&egrave;re langue officielle parl&eacute;e et la capacit&eacute; de soutenir une conversation) ou m&ecirc;me une hausse statistiquement non-significative (en additionnant le fran&ccedil;ais comme &laquo; langue parl&eacute;e le plus souvent &raquo; et &laquo; langue parl&eacute;e r&eacute;guli&egrave;rement). En gros, de 1991 &agrave; 2011 (sur 20 ans), le Qu&eacute;bec s'est francis&eacute; consid&eacute;rablement et s'est anglicis&eacute; l&eacute;g&egrave;rement - donc il est devenu de plus en plus multilinguistique.<br />
<br />
Le multilinguisme fausse consid&eacute;rablement toutes les statistiques pr&eacute;sent&eacute;es par les tenants de la position adverse. Pourquoi? Selon Statistique Canada,  <a href="http://www.statcan.gc.ca/pub/89-624-x/2007000/4123753-fra.htm" target="_hplink">les immigrants disent qu'ils trouvent que le fran&ccedil;ais est plus utile que l'anglais pour se chercher du travail, s'int&eacute;grer socialement, poursuivre des &eacute;tudes, s'ajuster &agrave; la vie au Qu&eacute;bec et se faire des nouveaux amis</a>. Les immigrants du Qu&eacute;bec &laquo; &eacute;taient nombreux &agrave; d&eacute;clarer que l'apprentissage de chacune des deux langues officielles &eacute;tait important ou tr&egrave;s important pour eux &raquo;.  Ils veulent apprendre les deux langues parce qu'il y a un rendement &eacute;conomique <a href="http://labor.bnu.edu.cn/resource/jee/0310/The%20complementarity.pdf" target="_hplink">(la langue est une forme d'&eacute;ducation ayant des rendements importants)</a> li&eacute; &agrave; la connaissance des deux langues officielles. En m&ecirc;me temps, <a href="http://www-personal.umich.edu/~albouy/FrancoAnglo/FrancoAnglo.pdf" target="_hplink">les francophones apprennent l'anglais pour les b&eacute;n&eacute;fices &eacute;conomiques qui y sont li&eacute;s</a>. <br />
<strong><br />
Illustration</strong><br />
<br />
Puisque la question c'est la connaissance du fran&ccedil;ais et la transmission de celui-ci, consid&eacute;rons un sc&eacute;nario hypoth&eacute;tique. Imaginons un francophone de Montr&eacute;al qui &eacute;pouse (ou vit en union libre) avec une allemande (par exemple) et que ce couple a deux enfants. Si la m&egrave;re allemande cherche &agrave; conserver sa culture et favoriser l'avenir de ses enfants, l'allemand et l'anglais pourraient vraisemblablement devenir les langues d'usages &agrave; la maison (il y a un progr&egrave;s des combinaisons de &laquo; anglais et autres &raquo; selon Statistique Canada). Ainsi, les statistiques diront qu'il y a un d&eacute;clin du fran&ccedil;ais. Elles diront ceci en d&eacute;pit du fait que les deux enfants iront &agrave; l'&eacute;cole en fran&ccedil;ais, que le p&egrave;re travaillera en fran&ccedil;ais et que la m&egrave;re (si elle n'est pas d&eacute;j&agrave; francis&eacute;e) apprendra le fran&ccedil;ais pour am&eacute;liorer son avenir et interagir avec ses enfants. Mais qui, face &agrave; une telle situation, parlerait sans rire d'une  perte pour le fran&ccedil;ais? <br />
<br />
Dans une telle situation o&ugrave; les interactions entre individus transcendent et fusionnent les lignes ethnolinguistiques, l'agr&eacute;gation des donn&eacute;es de recensement cache les complexit&eacute;s des choix individuels. En r&eacute;alisant leurs calculs sans tenir de ces faits, ils cherchent &agrave; balayer la r&eacute;alit&eacute; avec des d&eacute;finitions &eacute;ronn&eacute;es.]]></content>
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    <title>Le multilinguisme et le supposé déclin du français</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/multilinguisme-declin-francais_b_2022871.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2022871</id>
    <published>2012-10-26T09:52:49-04:00</published>
    <updated>2012-12-26T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Il est très clair que le français n'est pas en déclin, mais plutôt que chez les immigrants il se mélange couramment avec les langues maternelles de ces derniers ainsi que l'anglais. Considérant que la connaissance d'une langue est un capital humain d'une grande valeur pour le revenu des individus, il ne faut pas s'étonner que les immigrants cherchent à en apprendre le plus possible.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[L'ensemble du d&eacute;bat sur le d&eacute;clin ou sur les progr&egrave;s du fran&ccedil;ais revient &agrave; un seul &eacute;l&eacute;ment : le multilinguisme. Sans verser dans la caricature, ceux qui voit un d&eacute;clin assument que le multilinguisme ne cr&eacute;e aucune distorsion des statistiques. Ceux qui voient un progr&egrave;s estiment que le multilinguisme des immigrants brouille les statistiques. <br />
<br />
Un immigrant qui arrive &agrave; Montr&eacute;al et dont la langue maternelle n'est pas l'une des deux langues officielles, n'abandonnera probablement pas celle-ci puisqu'il est normal qu'il cherche &agrave; conserver certains &eacute;l&eacute;ments de sa culture d'origine. Ainsi, le test ultime de leur int&eacute;gration &agrave; la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise consiste &agrave; savoir s'ils apprennent les deux langues officielles pour s'int&eacute;grer &eacute;conomiquement et socialement &agrave; la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise.  Quelle est l'importance de cette r&eacute;alit&eacute; pour les statistiques? <br />
<br />
<strong>Que disent vraiment les donn&eacute;es?</strong><br />
<br />
Selon le tableau 4 de &laquo; Caract&eacute;ristiques linguistiques des Canadiens &raquo;, le fran&ccedil;ais comme langue la &laquo; plus souvent parl&eacute;e &raquo; &agrave; la maison est pass&eacute;e de 81,8% &agrave; 81,2% entre 2006 et 2011. C'est ce chiffre qui est mis de l'avant par ceux qui parlent d'un d&eacute;clin de la langue fran&ccedil;aise. Cependant, quand on regarde la note en dessous de ce tableau, on peut remarquer que &laquo; les r&eacute;ponses multiples &agrave; la question 'la langue parl&eacute;e la plus souvent &agrave; la maison' ont &eacute;t&eacute; r&eacute;parties &agrave; parts &eacute;gales entre les groupes linguistiques &raquo;. <br />
<br />
Par exemple, si vous parlez le fran&ccedil;ais, l'anglais et l'italien de mani&egrave;re &eacute;quivalente dans votre maison, on vous divisait en trois. Lorsqu'on compare avec le tableau 2 de &laquo; Le fran&ccedil;ais et la francophonie au Canada &raquo; publi&eacute;e conjointement par Statistiques Canada, on voit que cette petite note en bas de page ceci cause un &eacute;cart important dans le nombre de personne ayant d&eacute;clar&eacute;s utilis&eacute; le plus souvent le fran&ccedil;ais (6 146 595 personnes contre 6 085 150 - soit un &eacute;cart de 61,445 personnes en 2006 et un &eacute;cart de 105 575 en 2011). Ainsi, le 81,2% claironn&eacute; par certains est en fait de 82,52% en 2011 et &eacute;tait de 82,66% en 2006 - un d&eacute;clin bien moins frappant pour l'imagination.  <br />
<br />
Il faut aussi consid&eacute;rer que les immigrants allophones, qui selon la figure 2 de &laquo; Caract&eacute;ristiques linguistiques des Canadiens &raquo;, parlent de plus en plus le fran&ccedil;ais &agrave; la maison soit de mani&egrave;re &laquo; r&eacute;guli&egrave;re &raquo; ou &laquo;  le plus souvent &raquo; alors que l'anglais d&eacute;cline l&eacute;g&egrave;rement depuis 2001. Ainsi, lorsque les d&eacute;fenseurs de la th&egrave;se du d&eacute;clin citent le passage de 81,8% &agrave; 82,8%, ils regardent seulement ceux qui parlent &laquo; le plus souvent &raquo; le fran&ccedil;ais et n'additionnent pas ceux qui parlent &laquo; r&eacute;guli&egrave;rement le fran&ccedil;ais &raquo;. En tenant compte de cette r&eacute;alit&eacute; li&eacute;e au multilinguisme croissant des allophones, on voit un progr&egrave;s de 0,1 points entre 2006 et 2011 (de 86,9% &agrave; 87%). <br />
<br />
En se concentrant sur la r&eacute;gion m&eacute;tropolitaine de Montr&eacute;al, on confirme vraiment comment le multilinguisme cr&eacute;e des distorsions dans les donn&eacute;es qui doivent &ecirc;tre corrig&eacute;es. Selon les donn&eacute;es de Statistiques Canada, il y a sept combinaisons de langues possibles : fran&ccedil;ais uniquement, anglais uniquement, autre uniquement, fran&ccedil;ais et anglais, fran&ccedil;ais et autre, anglais et autre et autres combinaisons.<br />
<br />
Entre 2006 et 2011, pour la r&eacute;gion m&eacute;tropolitaine de Montr&eacute;al, &laquo; anglais seulement &raquo; a diminu&eacute; et &laquo; autre uniquement &raquo;. La cat&eacute;gorie &laquo; fran&ccedil;ais uniquement &raquo; a diminu&eacute; aussi - de plus de 3 points. Toutefois, &laquo; fran&ccedil;ais et autre &raquo; a augment&eacute; de 2 points, ce qui est plus rapide que &laquo; anglais et autre &raquo; et &laquo; fran&ccedil;ais et anglais &raquo; a augment&eacute; de mani&egrave;re important. Toutefois, &laquo; autre combinaisons &raquo; (qui inclut le trilinguisme) a augment&eacute; l&eacute;g&egrave;rement. Et c'est ici qu'une autre erreur pour &ecirc;tre retrouv&eacute;e. Selon Statistiques Canada, &laquo; plus de 80 % de cette cat&eacute;gorie est constitu&eacute;e des situations de trilinguisme incluant le fran&ccedil;ais, l'anglais et une autre langue. &raquo; Dans la r&eacute;gion m&eacute;tropolitaine de Montr&eacute;al, on parle quand m&ecirc;me de plus de 100,000 personnes en 2011, assez significatif vous admettrez.<br />
<br />
Si on ajoute &laquo; fran&ccedil;ais uniquement &raquo;, &laquo; fran&ccedil;ais et autre &raquo;, &laquo; fran&ccedil;ais et anglais &raquo; et 80% de &laquo; autre combinaisons &raquo;, on remarque que le fran&ccedil;ais &eacute;tait pr&eacute;sent dans 77.12% des m&eacute;nages en 2006 contre 77.18% en 2011, ce qui est inf&eacute;rieur au 77.92% de 2001, mais difficilement un &laquo; d&eacute;clin &raquo; tragique consid&eacute;rant le changement de la composition d&eacute;mographique de la r&eacute;gion de Montr&eacute;al. En somme, tout ce qui se passe c'est que les m&eacute;nages montr&eacute;alais m&eacute;langent agr&eacute;ablement les langues dont le fran&ccedil;ais et l'anglais. <br />
<br />
<strong>Et pourquoi donc?</strong><br />
<br />
Il est tr&egrave;s clair que le fran&ccedil;ais n'est pas en d&eacute;clin, mais plut&ocirc;t que chez les immigrants il se m&eacute;lange couramment avec les langues maternelles de ces derniers ainsi que l'anglais. Consid&eacute;rant que la connaissance d'une langue est un capital humain d'une grande valeur pour le revenu des individus, il ne faut pas s'&eacute;tonner que les immigrants cherchent &agrave; en apprendre le plus possible. En <a href="http://labor.bnu.edu.cn/resource/jee/0310/The%20complementarity.pdf" target="_hplink"> fait, la connaissance d'une langue additionnelle amplifie les effets sur le revenu des niveaux d'&eacute;ducations formels atteints par les immigrants</a>. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/immigrants-francais_b_1844578.html" target="_hplink">Comme je l'ai d&eacute;j&agrave; dit ici sur le <em>Huffington Post</em></a>, c'est par la voie de l'&eacute;conomie (et l'app&acirc;t des gains) que l'int&eacute;gration des immigrants se fait le plus efficacement. Et on le voit tr&egrave;s clairement dans les chiffres sur le fran&ccedil;ais!<br />
<br />
En niant la r&eacute;alit&eacute; du multilinguisme, on ignore le principal chemin de l'int&eacute;gration des immigrants via l'am&eacute;lioration des conditions de vie. En niant cette r&eacute;alit&eacute;, les d&eacute;fenseurs de la th&egrave;se du d&eacute;clin du fran&ccedil;ais ignorent les v&eacute;ritables politiques publiques susceptibles d'inciter &agrave; l'int&eacute;gration accrue de ces derniers.<br />
<br />
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    <title>Je vous le redemande: de quelle crise du français parlez-vous?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/francais-quebec_b_2008956.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2008956</id>
    <published>2012-10-24T11:21:03-04:00</published>
    <updated>2012-12-24T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Les résultats du recensement démontrent encore une fois des gains appréciables sur pour la langue française. Ceux qui parlent d'une crise en observant la diminution de la population de langue maternelle de langue française oublient de considérer que le déclin qu'ils observent s'explique simplement par le fait que la population d'immigrants allophones augmente plus rapidement que celle des francophones.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[En mai 2012, je publiais avec l'Id&eacute;e F&eacute;d&eacute;rale une &eacute;tude illustrant les progr&egrave;s du fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1990. Somme toute,<a href="http://ideefederale.ca/documents/Mai_2012_fr.pdf" target="_hplink"> je dressais un portrait plut&ocirc;t optimiste de l'avenir du fran&ccedil;ais</a>.  <br />
<br />
Dans cette &eacute;tude et en collaboration avec l'&eacute;conomiste Martin Coiteux (<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/loi-101-cegep_b_1819415.html" target="_hplink">voir ici sur le Huffington Post</a>), j'ai d&eacute;montr&eacute; que la connaissance du fran&ccedil;ais chez les allophones et les anglophones augmentait alors que celle de l'anglais stagnait chez les allophones. J'illustrais aussi l'augmentation des transferts linguistiques vers le fran&ccedil;ais comme langue d'usage pour les allophones et le d&eacute;clin relatif de l'anglais depuis les ann&eacute;es 1990. &Agrave; tout cela j'ajoutais que les allophones allaient de plus en plus au C&Eacute;GEP en fran&ccedil;ais. Ajoutons que chez les allophones qui avaient &eacute;t&eacute; au secondaire en fran&ccedil;ais, une proportion encore plus importante allait au C&Eacute;GEP en fran&ccedil;ais. <a href="http://vincentgeloso.com/2012/05/25/recul-de-laffichage-en-francais-une-anomalie/" target="_hplink">Depuis, j'ai aussi affirm&eacute; que le fran&ccedil;ais comme langue de travail au centre-ville de Montr&eacute;al pour les anglophones avait aussi progress&eacute; depuis les derni&egrave;res ann&eacute;es m&ecirc;me si les francophones au centre-ville utilisaient davantage l'anglais</a>. <br />
<br />
Mon argument &eacute;tait simple et se basait sur la litt&eacute;rature &eacute;conomique : les progr&egrave;s de la langue fran&ccedil;aise trouvent leur fondement dans l'attrait &eacute;conomique du fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec. Le seul hic que je trouvais avec mon &eacute;tude, c'est que les derniers chiffres disponibles dataient du recensement de 2006. Au moment de la publication de l'&eacute;tude, je me suis demand&eacute; s'il n'aurait pas mieux fait d'attendre les nouveaux chiffres de Statistiques Canada pour le recensement - surtout qu'ils devaient sortir le 24 octobre 2012. Toutefois, j'ai d&eacute;cid&eacute; de publier tout de m&ecirc;me et si les nouveaux chiffres me contredisaient, j'admettrais mon tort en bonne et due forme. En fait, j'ai m&ecirc;me offert &agrave; plusieurs des individus qui affirmaient que la langue fran&ccedil;aise au Qu&eacute;bec &eacute;tait sur une pente descendante de parier sur les r&eacute;sultats du recensement de 2011. <br />
<br />
Malheureusement pour moi je n'ai eu aucun prenant puisque les r&eacute;sultats du <a href="http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/as-sa/98-314-x/98-314-x2011001-fra.cfm" target="_hplink">recensement d&eacute;montrent encore une fois des gains appr&eacute;ciables sur pour la langue fran&ccedil;aise</a>. <br />
<br />
Ceux qui parlent d'une crise en observant la diminution de la population de langue maternelle de langue fran&ccedil;aise oublient de consid&eacute;rer que le d&eacute;clin qu'ils observent s'explique simplement par le fait que la population d'immigrants allophones augmente plus rapidement que celle des francophones. Lorsqu'une famille de Bogot&aacute; arrive au Qu&eacute;bec, on ne peut pas sensiblement leur demander de renoncer &agrave; l'espagnol, mais on peut leur demander d'apprendre le fran&ccedil;ais s'ils veulent s'int&eacute;grer &agrave; la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise. Par cons&eacute;quent, il faut regarder la connaissance des langues officielles chez ces derniers pour avoir un portrait de la vitalit&eacute; du fran&ccedil;ais. <br />
<br />
Selon les donn&eacute;es du recensement de 2011, 24,1% des  familles ayant une langue maternelle autre que les deux langues officielles ont d&eacute;clar&eacute;es utiliser le fran&ccedil;ais &laquo; le plus souvent &raquo; &agrave; la maison comparativement &agrave; 22,9% en 2006 et 20,4% en 2001. En additionnant ceux qui utilisent &laquo; r&eacute;guli&egrave;rement &raquo; le fran&ccedil;ais &agrave; la maison, on passe de 34,7% &agrave; 40%. Et ce n'est pas tout, l'utilisation de l'anglais (tant &laquo; le plus souvent &raquo; que &laquo; r&eacute;guli&egrave;rement &raquo;) parmi ces familles est tomb&eacute; de 34% en 2001 &agrave; 29,9% en 2011. Les langues &laquo; autres &raquo; ont aussi diminu&eacute; au cours de la p&eacute;riode.  Ce qui est int&eacute;ressant, c'est que dans plusieurs r&eacute;gions du Canada, incluant le Qu&eacute;bec, l'utilisation unique de l'anglais diminue.  Certains croisements de donn&eacute;es de Statistiques Canada ne sont pas encore disponibles, mais somme le portrait est clair : la connaissance du fran&ccedil;ais progresse depuis 2001. <br />
<br />
Ce progr&egrave;s s'explique par l'attrait puissant du fran&ccedil;ais. En regardant la &laquo; r&eacute;tention des langues maternelles &raquo; selon les choix linguistiques des m&eacute;nages, on peut d'ailleurs voir cette puissante attraction. <a href="http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/as-sa/fogs-spg/Facts-pr-fra.cfm?LANG=Fra&amp;TAB=4&amp;GK=PR&amp;GC=24" target="_hplink">Les taux de r&eacute;tention pour l'anglais et des langues non officielles sont de 13,5% et 36%  inf&eacute;rieur au taux de r&eacute;tention du fran&ccedil;ais.</a> Ceci signifie qu'il y a des transferts linguistiques importants qui s'effectuent vers le fran&ccedil;ais comme langue d'usage. Dans le long terme, la situation du fran&ccedil;ais ne peut que s'am&eacute;liorer!<br />
<br />
Je r&eacute;it&egrave;re ce que j'ai dis en mai dernier avec mon &eacute;tude de l'Id&eacute;e F&eacute;d&eacute;rale: de quelle crise du fran&ccedil;ais parlez-vous? En fait, est-ce que quelqu'un veut parier avec moi pour le recensement de 2016?<br />
<br />
<blockquote><strong>Recensement sur la langue au pays: <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/24/recensement-langue-francaise-canada_n_2008521.html" target="_hplink">les points saillants</a></strong></blockquote><br />
<br><br />
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<br><br />
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    <title>L'électricité avant Hydro-Québec</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/electricite-quebec_b_1916627.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1916627</id>
    <published>2012-09-27T09:08:43-04:00</published>
    <updated>2012-11-27T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Notre compréhension de l'histoire de l'électricité avant la nationalisation est tordue par la rhétorique politique. Selon la logique communément acceptée, le Québec avant 1944 était retardé en matière d'électrification avec des prix trop élevés, des monopoles dirigés par des anglophones et un développement timide du vaste potentiel du Québec.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[Au m&ecirc;me moment, il y a maintenant 50 ans, le Qu&eacute;bec &eacute;tait en pleine campagne &eacute;lectorale et il n'y avait qu'un seul sujet: la nationalisation de l'&eacute;lectricit&eacute;.  &Agrave; toutes fins pratiques, le d&eacute;bat &eacute;tait centr&eacute; autour des prix tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s dans les r&eacute;gions &eacute;loign&eacute;s et du d&eacute;veloppement plus lent des ressources &eacute;lectriques au Qu&eacute;bec. Accus&eacute;es d'&ecirc;tre des &laquo; trusts &raquo;, les compagnies d'&eacute;lectricit&eacute; d&eacute;tenues majoritairement par des actionnaires anglophones ou &eacute;trangers devaient &ecirc;tre nationalis&eacute;es pour assurer le d&eacute;veloppement du Qu&eacute;bec. En 1962, il fallait finir la nationalisation qui fut commenc&eacute;e en 1944 par les lib&eacute;raux d'Ad&eacute;lard Godbout. Toutefois, lorsqu'on regarde l'&eacute;volution de l'industrie au Qu&eacute;bec avant la nationalisation, on peut constater quelque chose de nettement diff&eacute;rent &agrave; l'histoire racont&eacute;e. <br />
<br />
Notre compr&eacute;hension de l'histoire de l'&eacute;lectricit&eacute; avant la nationalisation est tordue par la rh&eacute;torique politique. Selon la logique commun&eacute;ment accept&eacute;e, le Qu&eacute;bec avant 1944 &eacute;tait retard&eacute; en mati&egrave;re d'&eacute;lectrification avec des prix trop &eacute;lev&eacute;s, des monopoles dirig&eacute;s par des anglophones et un d&eacute;veloppement timide du vaste potentiel du Qu&eacute;bec. Pour preuve ultime, on comparait le Qu&eacute;bec &agrave; l'Ontario et &agrave; la vue des prix plus bas en Ontario, on affirmait qu'il fallait nationaliser. <br />
<br />
Toutefois, lorsqu'on s'en tient aux statistiques, on remarque que le Qu&eacute;bec n'&eacute;tait pas &agrave; la tra&icirc;ne. En d&eacute;pit du fait qu'il &eacute;tait 15% plus pauvre que la moyenne canadienne, le taux d'&eacute;lectrification du Qu&eacute;bec &eacute;tait presque &eacute;gal &agrave; la moyenne canadienne et sa part de tous les clients au Canada &eacute;quivalait sa part de la population du pays. Plus important encore, la comparaison avec l'Ontario &eacute;tait une comparaison fallacieuse puisque les prix &eacute;taient artificiellement bas suite &agrave; la nationalisation ontarienne survenue au tout d&eacute;but du 20e si&egrave;cle. <br />
<br />
En comparant un monopole qui vise &agrave; baisser les prix &agrave; un march&eacute; concurrentiel priv&eacute; o&ugrave; les prix baissent en fonction de l'efficacit&eacute; et de la performance, on compare des pommes et des oranges. Si on veut v&eacute;ritablement comparer les deux, il faut tenir compte des taxes additionnelles charg&eacute;es aux consommateurs de l'Ontario. <br />
<br />
En tenant compte de cela, le march&eacute; de l'Ontario avait peut-&ecirc;tre un prix plus bas subventionn&eacute; par le gouvernement, mais les consommateurs payaient la facture par des imp&ocirc;ts et taxes plus &eacute;lev&eacute;s ou par une qualit&eacute; inf&eacute;rieure du service. La dette de la soci&eacute;t&eacute; d'&Eacute;tat ontarienne augmentera dramatiquement pendant les premi&egrave;re ann&eacute;es du r&eacute;gime et ce m&ecirc;me si plus de 77% de la capacit&eacute; fut install&eacute;e avant la nationalisation. <br />
<br />
Cette augmentation rapide de la dette &eacute;tait combin&eacute;e &agrave; une augmentation plus rapide du compte de taxe des Ontariens que celui des Qu&eacute;b&eacute;cois. En plus, la somme totale du compte de taxe &eacute;tait plus grande en Ontario qu'au Qu&eacute;bec.  Les consommateurs payaient leurs prix plus bas par des taxes plus &eacute;lev&eacute;es et un service qui &eacute;tait 32% plus dispendieux &agrave; produire qu'au Qu&eacute;bec (m&ecirc;me si les centres de production &eacute;taient plus proches des consommateurs) en 1920. <br />
<br />
Alors que l'Ontario avait &eacute;t&eacute; le champion de l'&eacute;lectricit&eacute; au Canada jusqu'&agrave; la premi&egrave;re guerre mondiale, le Qu&eacute;bec fut le grand champion jusqu'&agrave; la nationalisation des ann&eacute;es 1940. &Agrave; partir de la fin de la guerre, la capacit&eacute; &eacute;lectrique install&eacute;e du Qu&eacute;bec augmente &agrave; une vitesse ph&eacute;nom&eacute;nale, surtout si on compare avec l'Ontario suite &agrave; la guerre. En quelques ann&eacute;es, le Qu&eacute;bec a d&eacute;pass&eacute; l'Ontario et l'&eacute;cart s'agrandissait sans cesse par la suite. Et au m&ecirc;me moment, la productivit&eacute; dans le secteur de l'&eacute;lectricit&eacute; a augment&eacute; nettement plus rapidement qu'en Ontario. En 1920, les compagnies qu&eacute;b&eacute;coises &eacute;taient 24% plus efficaces qu'en Ontario alors qu'elles &eacute;taient 51% plus efficaces en 1936 - des progr&egrave;s fulgurants. <br />
<br />
Quel &eacute;tait le r&eacute;sultat final? Lorsqu'on compare l'&eacute;volution des prix avec des pays o&ugrave; les march&eacute;s &eacute;taient similaires (non-nationalis&eacute;s) comme les &Eacute;tats-Unis et la Grande-Bretagne, on observe que la tendance ajust&eacute;e pour l'inflation &eacute;tait &agrave; la baisse des prix. Une productivit&eacute; plus grande signifie une capacit&eacute; &agrave; r&eacute;duire les prix et comme de fait, les prix pour l'ensemble des services &eacute;lectriques au Qu&eacute;bec ont diminu&eacute; de 38% entre 1923 et 1930. Pendant la Grande D&eacute;pression, alors qu'on obtient finalement des prix ajust&eacute;s uniquement domestiques (ajust&eacute;s pour l'inflation), on voit une baisse de 12,45% entre 1930 et 1939. La tendance &agrave; la baisse des prix est en fait similaire au Qu&eacute;bec, aux &Eacute;tats-Unis et en Grande-Bretagne. <br />
<br />
Avec recul, il semble facile de bl&acirc;mer l'industrie d'avoir charg&eacute; plus cher dans les r&eacute;gions &eacute;loign&eacute;es &agrave; cause des prix plus &eacute;lev&eacute;s. Mais il est plus difficile d'affirmer que la nationalisation &eacute;tait n&eacute;cessaire pour r&eacute;gler le probl&egrave;me consid&eacute;rant que le secteur priv&eacute; &eacute;tait tr&egrave;s efficace &agrave; d&eacute;velopper les ressources du Qu&eacute;bec, &agrave; r&eacute;duire les co&ucirc;ts, &agrave; &ecirc;tre plus efficace et &agrave; r&eacute;duire les prix. Est-ce que des grands d&eacute;veloppements comme ceux de la Baie James auraient pu se produire si le secteur priv&eacute; avait &eacute;t&eacute; toujours en charge? Est-ce que &ccedil;a aurait &eacute;t&eacute; plus ou moins efficace? Lorsqu'on veut v&eacute;ritablement &eacute;valuer l'importance d'un &eacute;venement - comme la nationalisation - ce sont l&agrave; des questions que nous devons nous poser. <br />
<br />
---<br />
<em>Cet article <a href="http://fr.princearthurherald.com/news/detail/l-lectricit-au-qu-bec-avant-la-nationalisation/?language_id=3" target="_hplink">est un r&eacute;sum&eacute; d'un article plus long publi&eacute;</a> dans</em> Le Prince Arthur Herald <em>dans une s&eacute;rie de plusieurs articles sur les 50 ans de la nationalisation. Les autres articles incluent notamment <a href="http://en.princearthurherald.com/news/detail/interview-conrad-black-on-duplessis/?language_id=1" target="_hplink">une entrevue avec Conrad Black sur l'&eacute;lectricit&eacute; et Maurice Duplessis</a>. </em>]]></content>
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    <title>Intégration des immigrants: la vérité oubliée!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/immigrants-francais_b_1844578.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1844578</id>
    <published>2012-08-31T09:08:57-04:00</published>
    <updated>2012-10-31T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Cette progression du français trouve ses racines dans une observation très simple: le français semble être naturellement la langue de choix pour s'enrichir au Québec. Les études économiques démontrent que depuis les années 1970, ce sont les francophones - toutes choses étant égales par ailleurs - qui ont la croissance la plus rapide des revenus. À l'époque lorsque l'anglais était la langue des affaires au Québec, il était logique que les immigrants veuillent parler l'anglais. Aujourd'hui cependant la langue des affaires est le français, et les chiffres sont à l'appui.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[Alors que la campagne &eacute;lectorale tire &agrave; sa fin, il faut confesser que le grand enjeu qui l'a domin&eacute; n'a &eacute;t&eacute; ni la crise &eacute;tudiante ni la corruption. Le grand enjeu, celui qui a soulev&eacute; les passions, c'est celui de l'identit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise. Plus particuli&egrave;rement, la question de l'int&eacute;gration des nouveaux arrivants &agrave; la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise.<br />
 <br />
Il faut comprendre l'inqui&eacute;tude de plusieurs nationalistes - qu'ils se nomment Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute;, Benard Drainville ou Jean-Fran&ccedil;ois Lis&eacute;e  Ce qu'ils craignent, c'est une &laquo; balkanisation &raquo; linguistique o&ugrave; les allophones ne s'int&egrave;grent pas &agrave; la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise et que ces derniers &eacute;voluent en silos sans jamais s'int&eacute;grer. La crainte est justifi&eacute;e et tout &agrave; fait normale.<br />
 <br />
Toutefois, les faits ne nous indiquent pas qu'il y ait une v&eacute;ritable crise - au contraire. De plus, dans tout ce d&eacute;bat, nous avons oubli&eacute; que l'int&eacute;gration des immigrants &agrave; la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise - un peu comme aux &Eacute;tats-Unis avec le &laquo; melting pot &raquo; - se fait principalement par la voie de l'&eacute;conomie et non pas un discours nationaliste d&eacute;fensif!<br />
<strong> <br />
Il y a raison d'&ecirc;tre optimiste!</strong><br />
 <br />
Ind&eacute;pendamment de notre ferveur nationaliste, plusieurs croient qu'il y a une crise du fran&ccedil;ais, c'est-&agrave;-dire que le fran&ccedil;ais est en danger au Qu&eacute;bec. D'abord, j'ai maintes fois affirm&eacute;, statistiques officielles &agrave; l'appui, que le fran&ccedil;ais progresse au Qu&eacute;bec aupr&egrave;s des immigrants. Apr&egrave;s tout, les allophones qui utilisent le fran&ccedil;ais &agrave; la maison sont plus nombreux que ceux qui utilisent l'anglais (une premi&egrave;re avec 24% contre 21%) et que lorsqu'ils abandonnent leur langue maternelle comme langue d'usage &agrave; la maison, les allophones choisissent majoritairement le fran&ccedil;ais.<br />
 <br />
En plus, la connaissance du fran&ccedil;ais a progress&eacute; : en 1991, 68,6% des allophones et 60,7% des anglophones connaissaient le fran&ccedil;ais contre 75,3% et 70,3% en 2006. Au cours de la m&ecirc;me p&eacute;riode, la connaissance de l'anglais stagnait &agrave; 67,5% chez les allophones. M&ecirc;me au travail, le fran&ccedil;ais progresse puisque la proportion d'anglophones qui utilisent le fran&ccedil;ais (principalement ou r&eacute;guli&egrave;rement) au travail a augment&eacute; entre les deux derniers recensements disponibles. Quant au C&Eacute;GEP, il faut noter qu'une majorit&eacute; d'allophones (entre 53% et 69% d&eacute;pendant des indicateurs) choisissent le fran&ccedil;ais comme langue d'enseignement coll&eacute;gial. En plus, 85,4% de tous les jeunes allophones ont &eacute;t&eacute; &agrave; l'&eacute;cole secondaire en fran&ccedil;ais (une proportion plus que sup&eacute;rieure au poids des Qu&eacute;b&eacute;cois ayant le fran&ccedil;ais pour langue maternelle). Difficile de parler d'une crise du fran&ccedil;ais!<br />
 <br />
Cette progression du fran&ccedil;ais trouve ses racines dans une observation tr&egrave;s simple: le fran&ccedil;ais semble &ecirc;tre naturellement la langue de choix pour s'enrichir au Qu&eacute;bec. Les &eacute;tudes &eacute;conomiques d&eacute;montrent que depuis les ann&eacute;es 1970, ce sont les francophones - toutes choses &eacute;tant &eacute;gales par ailleurs - qui ont la croissance la plus rapide des revenus. &Agrave; l'&eacute;poque lorsque l'anglais &eacute;tait la langue des affaires au Qu&eacute;bec, il &eacute;tait logique que les immigrants veuillent parler l'anglais. Aujourd'hui cependant la langue des affaires est le fran&ccedil;ais, et les chiffres sont &agrave; l'appui. Les baby-boomers et leurs pr&eacute;judices du milieu du 20e si&egrave;cle ne sont plus d'actualit&eacute;.  &Agrave; toutes fins pratiques, il n'y a plus d'&eacute;cart entre francophones bilingues et anglophones bilingues. Les anglophones unilingues font moins que les francophones bilingues et une importante partie de l'&eacute;cart entre francophones unilingues et anglophones unilingues s'est effac&eacute;e. Tout ce que ceci veut dire, c'est que la rentabilit&eacute; du fran&ccedil;ais a augment&eacute;. Le choix le plus profitable pour communiquer et travailler que les immigrants allophones peuvent faire, c'est de choisir de communiquer en fran&ccedil;ais. <br />
 <br />
<strong>La v&eacute;rit&eacute; oubli&eacute;e</strong><br />
 <br />
Il faut comprendre qu'on ne na&icirc;t pas avec une identit&eacute; &laquo; qu&eacute;b&eacute;coise &raquo;, on la d&eacute;veloppe en choisissant les &eacute;l&eacute;ments qui nous sont les plus importants. Permettez-moi d'y aller d'une anecdote.<br />
 <br />
Il y a plusieurs ann&eacute;es, j'&eacute;tais stagiaire au Hudson Institute &agrave; Washington D.C. et j'ai pu travailler avec le politologue am&eacute;ricain John Fonte qui m'a introduit &agrave; la question de l'int&eacute;gration des immigrants. Lui-m&ecirc;me un descendant d'un immigrant italien, Fonte m'a fait r&eacute;aliser que les immigrants am&eacute;ricains du 19&egrave;me si&egrave;cle gardaient souvent une composante de leur culture d'origine, mais qu'ils devenaient les plus fervents patriotes lorsqu'ils pouvaient se r&eacute;aliser comme personnes &agrave; l'int&eacute;rieur de la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine. Lorsqu'ils &eacute;taient libres de d&eacute;cider selon leurs pr&eacute;f&eacute;rences et leurs d&eacute;sirs, ils se d&eacute;couvraient comme individus et commen&ccedil;aient &agrave; se d&eacute;finir comme de fiers am&eacute;ricains parce qu'ils appr&eacute;ciaient les progr&egrave;s personnels qu'ils avaient pu r&eacute;aliser dans la soci&eacute;t&eacute; de leur choix.<br />
 <br />
Depuis, mes travaux en histoire &eacute;conomique et en science &eacute;conomique m'ont permis d'&eacute;laborer davantage sur cette r&eacute;alit&eacute;. Les plus patriotes &eacute;taient souvent ceux qui avaient d&eacute;cid&eacute; de se d&eacute;crire comme Am&eacute;ricains et cela s'est produit dans une &egrave;re o&ugrave; l'&Eacute;tat pla&ccedil;ait le moins de barri&egrave;res possibles dans les possibilit&eacute;s de r&eacute;alisation personnelle comme le soulignait l'&eacute;conomiste Thomas Sowell.<br />
 <br />
Et comme de fait, c'est au Qu&eacute;bec - l'un des endroits les plus r&eacute;glement&eacute;s en Am&eacute;rique du Nord tant pour la cr&eacute;ation d'entreprises que pour le march&eacute;, sans oublier le plus lourd fardeau fiscal - que l'on retrouve le plus haut taux de pauvret&eacute; chez les immigrants au Canada selon une &eacute;tude du CIRANO. C'est aussi au Qu&eacute;bec que l'on trouve le plus haut taux de ch&ocirc;mage et le plus bas taux d'emploi chez les immigrants au Canada.<br />
 <br />
M&ecirc;me si le fran&ccedil;ais est la langue la plus &eacute;conomiquement attrayante au Qu&eacute;bec et que les progr&egrave;s du fran&ccedil;ais sont consid&eacute;rables, il y a encore du chemin &agrave; faire pour prot&eacute;ger le fran&ccedil;ais. Toutefois, comme l'histoire &eacute;conomique nous enseigne, c'est par la voie de l'&eacute;conomie qu'on peut cr&eacute;er de vrais &laquo; patriotes &raquo;. Par cons&eacute;quent, si les nationalistes qui se campent dans une position d&eacute;fensive veulent vraiment prot&eacute;ger le fait fran&ccedil;ais en Am&eacute;rique du Nord, ils devront changer de ton. La  v&eacute;ritable solution c'est de r&eacute;duire la port&eacute;e des tentacules de l'&Eacute;tat qui &eacute;touffe les possibilit&eacute;s des immigrants de trouver la mani&egrave;re de se forger une place au sein de la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise.  C'est ainsi qu'ils pourront fi&egrave;rement dire qu'ils ont choisi le Qu&eacute;bec!]]></content>
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    <title>Extension de la loi 101 aux CEGEP: Le mauvais remède à un faux problème</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1819415</id>
    <published>2012-08-21T14:55:49-04:00</published>
    <updated>2012-10-21T05:12:12-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[La supposée crise du français n'existe pas. Un simple regard aux données des recensements de Statistiques Canada le démontre. Le français comme langue d'usage augmente au Québec. Les allophones (souvent des immigrants) qui utilisent le français comme langue d'usage à la maison sont plus nombreux que ceux qui utilisent l'anglais (24% contre 21%). Lorsque les allophones québécois effectuent un transfert vers l'une des deux langues officielles du pays, ils sont majoritaires à choisir le français.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[<em>Les auteurs sont &eacute;conomistes et respectivement candidat au doctorat en histoire &eacute;conomique &agrave; la London School of Economics et professeur associ&eacute; &agrave; HEC Montr&eacute;al</em><br />
 <br />
En pleine campagne &eacute;lectorale et afin de faire valoir ses lettres de noblesse nationalistes, le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois a propos&eacute; d'&eacute;tendre la loi 101 aux &eacute;tudiants du C&Eacute;GEP. Ainsi, les allophones et anglophones n'ayant pas &eacute;t&eacute; &agrave; l'&eacute;cole en anglais devront aller au C&Eacute;GEP en fran&ccedil;ais. Cette id&eacute;e, en vogue dans les milieux nationalistes depuis plusieurs ann&eacute;es, se base sur un faux constat de la situation. En plus, les effets de l'application de cette proposition seraient plus nocifs que b&eacute;n&eacute;fiques.<br />
<br />
Premi&egrave;rement, la suppos&eacute;e crise du fran&ccedil;ais n'existe pas. Un simple regard aux donn&eacute;es des recensements de Statistiques Canada le d&eacute;montre. Le fran&ccedil;ais comme langue d'usage augmente au Qu&eacute;bec. Les allophones (souvent des immigrants) qui utilisent le fran&ccedil;ais comme langue d'usage &agrave; la maison sont plus nombreux que ceux qui utilisent l'anglais (24% contre 21%). Lorsque les allophones qu&eacute;b&eacute;cois effectuent un transfert vers l'une des deux langues officielles du pays, ils sont majoritaires &agrave; choisir le fran&ccedil;ais. La connaissance du fran&ccedil;ais chez les allophones et anglophones augmente. En 1991, 68,6% des allophones et 60,7% des anglophones connaissaient le fran&ccedil;ais. En 2006, on parlait plut&ocirc;t de 75,3% et 70,3%. Au cours de la m&ecirc;me p&eacute;riode, la connaissance de l'anglais stagnait &agrave; 67,5% chez les allophones. Au travail, m&ecirc;me si l'anglais est l'une des langues du commerce au centre-ville de Montr&eacute;al, la proportion d'anglophones qui utilisent le fran&ccedil;ais (principalement ou r&eacute;guli&egrave;rement) au travail a augment&eacute; entre les deux derniers recensements disponibles. &Agrave; la lumi&egrave;re de ces faits, il n'y a donc pas lieu d'alimenter un climat d'inqui&eacute;tude. <br />
 <br />
Qu'en est-il des C&Eacute;GEPS? Selon une &eacute;tude du Conseil Sup&eacute;rieur de la Langue Fran&ccedil;aise, 69% des &eacute;tudiants allophones choisissaient le fran&ccedil;ais au niveau coll&eacute;gial en 2009. Selon une autre &eacute;tude du Minist&egrave;re de l'&Eacute;ducation, cette proportion atteignait 52% en 2009 (et 53% en 2010).  Que l'on utilise l'un ou l'autre de ces deux chiffres, on constate un saut gigantesque relativement &agrave; l'ann&eacute;e 1981, alors que moins de 16% des allophones choisissaient le fran&ccedil;ais pour leurs &eacute;tudes coll&eacute;giales.  Comment peut-on parler d'une crise alors que le &laquo;probl&egrave;me&raquo; se r&eacute;sorbe de lui-m&ecirc;me?<br />
 <br />
De plus, il faut se poser des questions concernant l'efficacit&eacute; d'une telle mesure. Si les allophones ont &eacute;t&eacute; toute leur vie &agrave; l'&eacute;cole en fran&ccedil;ais, ils ne &laquo; d&eacute;sapprendront &raquo; pas cette langue en deux ans d'&eacute;tudes coll&eacute;giales en anglais. Par ailleurs, pour ceux qui ont &eacute;t&eacute; &agrave; l'&eacute;cole en anglais auparavant, appliquer la loi 101 au niveau coll&eacute;gial n'aura aucun effet. <br />
<br />
Parmi les grands perdants d'une extension &eacute;ventuelle de la loi 101 au niveau coll&eacute;gial, il y aura en premier lieu les jeunes francophones qui d&eacute;sirent y perfectionner leur anglais tout en recevant la formation qu'ils d&eacute;sirent. On n'a qu'&agrave; regarder l'exemple du Champlain College &agrave; Saint-Lambert pour comprendre.  Dans ce coll&egrave;ge, 52% des &eacute;tudiants inscrits sont des francophones. Si nous devions appliquer la loi 101 aux institutions coll&eacute;giales, combien de jeunes francophones perdraient ainsi l'opportunit&eacute; de perfectionner leur anglais?<br />
 <br />
Nous n'ignorons nullement l'importance de prot&eacute;ger la culture francophone en Am&eacute;rique du Nord.  Cependant, l'extension de la loi 101 aux CEGEP constitue le mauvais rem&egrave;de &agrave; un faux probl&egrave;me.]]></content>
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    <title>Une franche discussion sur le transport en commun!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/transports-en-commun_b_1778600.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1778600</id>
    <published>2012-08-16T10:03:25-04:00</published>
    <updated>2012-10-16T05:12:28-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Si on se compare avec des pays étrangers qui ont soit permis la sous-traitance - permettre au secteur privé d'opérer le réseau - ou permis la concurrence pure et simple. Des pays comme la Suède, le Danemark et la Norvège ont opté pour la sous-traitance. Dans les trois cas, les coûts d'opération ont diminué de manière importante - particulièrement à Copenhague au Danemark où les coûts d'opération ajustés pour l'inflation ont diminué de 24% en sept ans. En Suède, les grandes villes de Stockholm et Helsingborg ont vu les coûts d'opération diminuer d'entre 20% et 30% entre 1987 et 1993 et demeure présentement en dessous du niveau de 1987.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[En pleine campagne &eacute;lectorale, le chef de la Coalition Avenir Qu&eacute;bec, Fran&ccedil;ois Legault a propos&eacute; de remettre &agrave; plus tard le plan d'expansion du r&eacute;seau de m&eacute;tro de Montr&eacute;al. Prise par surprise par cette annonce, la Soci&eacute;t&eacute; de Transports de Montr&eacute;al a d&eacute;nonc&eacute; cette proposition puisqu'elle a d&eacute;j&agrave; command&eacute; plusieurs wagons - au co&ucirc;t total de $166 millions - en vue de l'expansion pr&eacute;vue. Cet &eacute;change est symbolique des discussions r&eacute;centes en mati&egrave;re de transport en commun au Qu&eacute;bec. La discussion tourne toujours autour de moyens de favoriser le transport en commun avec diverses interventions de l'&Eacute;tat. On parle rarement de la performance histoire de soci&eacute;t&eacute;s de transport en commun comme la STM qui - pour &ecirc;tre honn&ecirc;te - laisse grandement &agrave; d&eacute;sirer. On parle encore plus rarement des moyens alternatifs de financer, d&eacute;velopper et encourager le transport en commun. <br />
<br />
<strong>Performance historique d&eacute;cevante</strong><br />
<br />
Entre l'arriv&eacute;e du m&eacute;tro &agrave; Montr&eacute;al et aujourd'hui, les co&ucirc;ts par kilom&egrave;tre parcouru - en tenant compte de l'inflation - ont augment&eacute; de 100% alors que le nombre de kilom&egrave;tres parcourus n'a augment&eacute; que de 36%. En plus, depuis 2004,  le nombre de plaintes a augment&eacute; de 48% et le nombre de voyages affect&eacute;s par des d&eacute;lais de plus de 5 minutes ont augment&eacute; de 24,3%. Et finalement, la dette de la STM est pass&eacute;e de 69,1% des revenus totaux de la soci&eacute;t&eacute; en 2000 &agrave; 169,8% des revenus en 2012. <br />
<br />
Certains diront qu'il s'agit l&agrave; de la norme dans le transport en commun puisqu'il s'agit naturellement d'un service co&ucirc;teux avec des b&eacute;n&eacute;fices qui vont au-del&agrave; de la sph&egrave;re &eacute;conomique. Toutefois, permettons-nous d'en douter en observant tant notre histoire que les exemples &eacute;trangers.<br />
<strong><br />
Avant la nationalisation</strong><br />
<br />
Avant que le r&eacute;seau de transport en commun ne soit pris en charge par la ville de Montr&eacute;al en 1951, ce dernier &eacute;tait op&eacute;r&eacute; par le secteur priv&eacute; et principalement par la Montr&eacute;al Tramways Company. Contrairement &agrave; certaines affirmations, c'est au cours de cette &eacute;poque que l'autobus et les tramways se sont impos&eacute;s graduellement &agrave; Montr&eacute;al. Ce qui est impressionnant, c'est que le transport en commun s'est graduellement impos&eacute; en devenant plus productif. En moyenne, entre 1935 et 1939, il y avait plus de 200 millions de voyages en transport en commun chaque ann&eacute;e pour la Montreal Tramways Company. En 1950, l'ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dant la nationalisation, il y avait une augmentation de 81% dans le nombre de voyages par ann&eacute;e. Au cours de la m&ecirc;me p&eacute;riode, les d&eacute;penses pour chaque tranche de 1000 voyages &eacute;taient tomb&eacute;es de 1%. Il s'agit l&agrave; d'un contraste marqu&eacute; avec le r&eacute;gime public o&ugrave; les d&eacute;penses augmentent plus rapidement que l'achalandage. <br />
<br />
<strong>Ailleurs dans le monde</strong><br />
<br />
Et si on se compare avec des pays &eacute;trangers qui ont soit permis la sous-traitance - permettre au secteur priv&eacute; d'op&eacute;rer le r&eacute;seau - ou permis la concurrence pure et simple. Des pays comme la Su&egrave;de, le Danemark et la Norv&egrave;ge ont opt&eacute; pour la sous-traitance. Dans les trois cas, les co&ucirc;ts d'op&eacute;ration ont diminu&eacute; de mani&egrave;re importante - particuli&egrave;rement &agrave; Copenhague au Danemark o&ugrave; les co&ucirc;ts d'op&eacute;ration ajust&eacute;s pour l'inflation ont diminu&eacute; de 24% en sept ans. En Su&egrave;de, les grandes villes de Stockholm et Helsingborg ont vu les co&ucirc;ts d'op&eacute;ration diminuer d'entre 20% et 30% entre 1987 et 1993 et demeure pr&eacute;sentement en dessous du niveau de 1987. <br />
<br />
Dans les endroits o&ugrave; la concurrence fut permise, les gains d'efficacit&eacute; sont encore plus &eacute;tonnants.  &Agrave; l'ext&eacute;rieur de Londres, o&ugrave; les services d'autobus ont &eacute;t&eacute; d&eacute;r&eacute;glement&eacute;s, les co&ucirc;ts par unit&eacute; ont diminu&eacute; de 54% entre 1986 (l'ann&eacute;e avant la r&eacute;forme) et 2000. Aux &Eacute;tats-Unis, les villes d'Atlantic City et Miami permettent au secteur priv&eacute; de fournir des services de transports. Sans subventions, ils offrent des services flexibles, planifient leur propres routes et diminuent leurs prix. On peut m&ecirc;me envisager la possibilit&eacute; de privatiser le m&eacute;tro en s'inspirant du cas de Tokyo o&ugrave; la privatisation du transport par rails et la r&eacute;duction des subventions a r&eacute;duit les co&ucirc;ts d'op&eacute;ration tout en augmentant la qualit&eacute; du service.<br />
<br />
<strong>Des m&eacute;thodes alternatives </strong><br />
<br />
Ce que valorise Fran&ccedil;ois Legault, comme les autres partis, c'est encore des solutions pour la STM &agrave; l'int&eacute;rieur du statu quo. Les Qu&eacute;b&eacute;cois se font raconter les m&ecirc;mes histoires depuis les ann&eacute;es 60, les m&ecirc;mes solutions &eacute;tatiques. C'est le temps d'avoir une discussion franche sur l'avenir de notre syst&egrave;me de transport en commun.<br />
<br />
<HH--236POLL--7823--HH>]]></content>
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    <title>La Révolution tranquille et la Grande Noirceur: un regard révisionniste</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1569593</id>
    <published>2012-06-05T06:58:45-04:00</published>
    <updated>2012-08-05T05:12:28-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Au même jour le 22 juin 1960, il y a donc 52 ans, le Québec mettait un terme au règne de l'Union Nationale qui dirigeait la province depuis 1944. C'était aussi le début de qu'on appelle maintenant la « Révolution tranquille » et la fin de la « Grande Noirceur ». Le premier exemplifie la modernisation du Québec, le second est utilisé pour décrire une période de stagnation ou de retardation pendant le règne de Maurice Duplessis et son Union Nationale. Enfin, c'est ce qu'on essaie de nous faire croire.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[Au m&ecirc;me jour le 22 juin 1960, il y a donc 52 ans, le Qu&eacute;bec mettait un terme au r&egrave;gne de l'Union Nationale qui dirigeait la province depuis 1944. C'&eacute;tait aussi le d&eacute;but de qu'on appelle maintenant la &laquo; R&eacute;volution tranquille &raquo; et la fin de la &laquo; Grande Noirceur &raquo;. Le premier exemplifie la modernisation du Qu&eacute;bec, le second est utilis&eacute; pour d&eacute;crire une p&eacute;riode de stagnation ou de retardation pendant le r&egrave;gne de Maurice Duplessis et son Union Nationale. Enfin, c'est ce qu'on essaie de nous faire croire. <br />
<br />
Il y a maintenant trois ans lors de mon arriv&eacute;e &agrave; la London School of Economics, j'ai entam&eacute; un minutieux ouvrage de collection de donn&eacute;es pour &eacute;tudier la transition de la &laquo; Grande Noirceur &raquo; &agrave; la &laquo; R&eacute;volution tranquille &raquo;. Au cours de mon travail, j'ai &eacute;t&eacute; sid&eacute;r&eacute; de voir la pauvret&eacute; des livres d'histoire en termes de statistiques pourtant si facilement disponibles dans les recensements, annuaires statistiques, enqu&ecirc;tes et journaux financiers de l'&eacute;poque. J'ai &eacute;t&eacute; encore plus frapp&eacute; de remarquer que la  &laquo; Grande Noirceur &raquo; n'avait rien d'une stagnation, mais plut&ocirc;t d'une p&eacute;riode de rattrapage rapide apr&egrave;s des d&eacute;cennies de d&eacute;clin et d'industrialisation manqu&eacute;e. De plus, la &laquo; R&eacute;volution tranquille &raquo; n'avait pas les grandes allures de r&eacute;volutionnaire qu'on lui attribue. <br />
<br />
<strong>D&eacute;clin avant la Seconde Guerre mondiale</strong><br />
<br />
Alors que le Canada entamait son industrialisation &agrave; l'aube du 20e si&egrave;cle, le Qu&eacute;bec manque le train. En pourcentage de l'Ontario, les salaires et la production par employ&eacute;s ajust&eacute;s pour l'inflation &eacute;taient respectivement de 97% et 101% en 1905. En 1919, on parlait de 75% et 77%, une proportion qui &eacute;tait rest&eacute;e sensiblement identique jusqu'en 1939. Relativement aux &Eacute;tats-Unis et &agrave; l'Ontario, le revenu personnel r&eacute;el des Qu&eacute;b&eacute;cois d&eacute;cline au cours des ann&eacute;es 1920 jusqu'&agrave; la Seconde Guerre mondiale. En consid&eacute;rant l'impact des taxes et imp&ocirc;ts sur le revenu, ce d&eacute;clin devient plus prononc&eacute;. Les recensements montrent qu'entre 1921 et 1941, les gains annuels totaux des habitants de Montr&eacute;al et de Qu&eacute;bec chutent en pourcentage des habitants de Toronto. <br />
<br />
M&ecirc;me s'il n'y a pas de mesure pour le produit int&eacute;rieur brut de l'Ontario avant 1960 (rendant impossible la comparaison avec le Qu&eacute;bec), cette mesure est disponible pour le Qu&eacute;bec et le Canada. En 1926, le Qu&eacute;bec avait un PIB r&eacute;el par habitant &eacute;quivalent &agrave; 94,9% de celui des Canadiens. En 1939, on parle plut&ocirc;t de 93,4% et donc d'une stagnation. Relativement aux &Eacute;tats-Unis, il y a un d&eacute;clin tr&egrave;s prononc&eacute; jusqu'&agrave; 1939 qui s'acc&eacute;l&egrave;re pendant la guerre pour tomber &agrave; 54%. Quant &agrave; l'Ontario, il y a une autre mesure disponible, le revenu personnel disponible qui d&eacute;montre qu'en 1926, les Qu&eacute;b&eacute;cois gagnaient 68,2% de ce que les Ontariens gagnaient comparativement &agrave; 63,6% en 1939 et 61,2% en 1945. <br />
<br />
Le d&eacute;clin n'est pas qu'&eacute;conomique! Il se produit aussi sur le plan de l'&eacute;ducation. Les donn&eacute;es des recensements extraites par Chris Minns de la London School of Economics et sa coll&egrave;gue Mary McKinnon montrent que le Qu&eacute;bec a perdu une avance qu'il poss&eacute;dait sur l'Ontario et le reste du Canada. En 1901, les &eacute;coliers et &eacute;l&egrave;ves du Qu&eacute;bec qui &eacute;taient pr&eacute;sents en classe (et non pas seulement inscrit) repr&eacute;sentaient 40.74% de la population &acirc;g&eacute;e entre 5 et 19 ans comparativement &agrave; 39.97% en Ontario et 38.25 % au Canada. En 1931, le Qu&eacute;bec avait perdu sa mince avance m&ecirc;me si la proportion s'&eacute;tait hiss&eacute;e &agrave; 51.9% puisque celles de l'Ontario et du Canada avait augment&eacute; &agrave; 61.5% et 55.5%. Quant &agrave; la population aux &eacute;tudes post-secondaires en pourcentage des personnes &acirc;g&eacute;es entre 20 et 24 ans, elle diminue relativement &agrave; l'Ontario entre 1925 et 1940. <br />
<br />
Les seuls indicateurs positifs sont ceux de l'esp&eacute;rance de vie et de la mortalit&eacute; infantile. Le Qu&eacute;bec rattrape un large &eacute;chantillon de provinces canadiennes, de pays industrialis&eacute;s et non-industrialis&eacute;s en termes de mortalit&eacute; infantile. Toutefois, l'&eacute;cart demeure gigantesque. En 1924, le Qu&eacute;bec est 60% au-dessus de la moyenne de cet &eacute;chantillon comparativement &agrave; 45% en 1939. Relativement &agrave; l'Ontario, le Qu&eacute;bec perd du terrain quant &agrave; la mortalit&eacute; infantile. M&ecirc;me sur le plan de l'esp&eacute;rance de vie, l'&eacute;cart se creuse face &agrave; l'Ontario : 5,45 ans d'&eacute;cart en 1921 contre 5,63 en 1939. <br />
<br />
Avant la guerre, le Qu&eacute;bec d&eacute;cline sur tous les plans et c'est seulement apr&egrave;s la guerre - pendant la soi-disant Grande Noirceur - qu'il commence son rattrapage. <br />
<br />
<strong>Rattrapage apr&egrave;s la Seconde Guerre mondiale</strong><br />
<br />
Avant 1939, le meilleur sc&eacute;nario indique que le Qu&eacute;bec se d&eacute;veloppait en parall&egrave;le au Canada - il ne le rattrapait. Apr&egrave;s la guerre jusqu'&agrave; 1960, c'est l'inverse. Il rattrape l'Ontario (il passe de 61,2% &agrave; 72,2%) en ce qui concerne le revenu personnel disponible et il efface une partie importante de l'&eacute;cart qu'il avait creus&eacute; avec les &Eacute;tats-Unis. Entre 1945 et 1960,  les Qu&eacute;b&eacute;cois ont vu leurs revenus r&eacute;els augmenter de 31% et leurs revenus disponibles de 33%. Par comparaison, les Canadiens ont vu leur revenu augmenter de 26% et leurs revenus disponibles (corrig&eacute;s pour imp&ocirc;ts) de 25%. <br />
<br />
Dans les m&eacute;nages qu&eacute;b&eacute;cois, on retrouve de plus en plus de biens m&eacute;nagers qui ont contribu&eacute; &agrave; r&eacute;duire l'importance des corv&eacute;es m&eacute;nag&egrave;res pour les femmes &agrave; la maison. L'&eacute;cart au niveau des r&eacute;frig&eacute;rateurs entre le Qu&eacute;bec et l'Ontario se r&eacute;tr&eacute;cit, le Qu&eacute;bec accentue son avance au niveau de la plomberie int&eacute;rieure. Le progr&egrave;s au niveau de ses deux indicateurs ne devrait pas &ecirc;tre sous-estim&eacute; puisque la litt&eacute;rature &eacute;conomique a identifi&eacute; un lien entre ces biens et la pr&eacute;sence des femmes sur le march&eacute; du travail. <br />
<br />
M&ecirc;me sur le plan de l'&eacute;ducation, il y a un rattrapage qui se produit. Alors que l'&eacute;cart demeurait stable entre le Qu&eacute;bec et l'Ontario entre 1925 et 1945, il se renfermait par la suite. En 1945, la proportion des &eacute;l&egrave;ves et &eacute;coliers pr&eacute;sents &agrave; l'&eacute;cole relativement &agrave; la population &acirc;g&eacute;e de moins de 14 ans &eacute;tait de 44,3% comparativement &agrave; 60,5 % en Ontario. En 1960, on parlait de 55,9% au Qu&eacute;bec et de 66% en Ontario. Au niveau post-secondaire, la population d'&eacute;tudiants au niveau postsecondaire en pourcentage de la population &acirc;g&eacute;e entre 20 et 24 ans au Qu&eacute;bec d&eacute;passe l'Ontario &agrave; partir de 1955. Sur le plan de la sant&eacute;, le Qu&eacute;bec entame un rattrapage rapide et continu relativement &agrave; l'Ontario. Par exemple, en 1960 l'&eacute;cart pour l'esp&eacute;rance de vie entre le Qu&eacute;bec et l'Ontario est de seulement 0,84 ans. <br />
<br />
Sur le plan des m&oelig;urs sociales, on voit aussi un changement important. &Agrave; partir de 1948, il est estim&eacute; qu'entre 30 et 50% des catholiques de Montr&eacute;al cess&egrave;rent d'aller &agrave; l'&Eacute;glise pour c&eacute;l&eacute;brer la messe. Le nombre de naissances par 1,000 habitants diminue rapidement et atteint le niveau de l'Ontario, les divorces augmentent rapidement et le nombre de mariages par 1,000 habitants diminue continuellement. L'emprise de l'&Eacute;glise sur le comportement priv&eacute; des Qu&eacute;b&eacute;cois semble commencer &agrave; s'effriter. M&ecirc;me les effectifs religieux par 1,000 habitants commencent leur d&eacute;clin. <br />
<br />
En gros, la Grande Noirceur est une p&eacute;riode de rattrapage et de modernisation intense! <br />
<br />
<strong>Une R&eacute;volution, vraiment? </strong><br />
<br />
Est-ce que la R&eacute;volution tranquille &eacute;tait vraiment une r&eacute;volution? &Agrave; certains &eacute;gards, c'est le cas - particuli&egrave;rement sur le plan de l'&eacute;ducation. Toutefois, le rythme de progr&egrave;s du Qu&eacute;bec relativement au reste du Canada, Ontario ou &Eacute;tats-Unis ne change pas. Il continue de rattraper &agrave; un rythme sensiblement &eacute;gal en d&eacute;pit de l'explosion des d&eacute;penses publiques et de la dette du Qu&eacute;bec - qui avait diminu&eacute; en ajustant pour l'inflation entre 1945 et 1960. <br />
<br />
Si la Grande Noirceur n'&eacute;tait pas si obscure que nous laissent croire les livres d'histoire, comment qualifier la R&eacute;volution tranquille? Apr&egrave;s tout, si la Grande Noirceur n'est pas si noire qu'on le pr&eacute;tend, la R&eacute;volution tranquille est aussi moins r&eacute;volutionnaire qu'on ne pr&eacute;tend.  &Agrave; l'occasion du 52e anniversaire de l'&eacute;lection qui a marqu&eacute; le d&eacute;but de la R&eacute;volution tranquille, peut-&ecirc;tre est-il temps de rouvrir nos livres d'histoire?]]></content>
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    <title>Les vraies grosses pétrolières et le prix à la pompe!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/petrolieres_b_1435058.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1435058</id>
    <published>2012-04-19T07:58:04-04:00</published>
    <updated>2012-06-19T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Il y a une solution prouvée pour s'attaquer aux prix élevés de l'essence : la privatisation de ces sociétés d'État afin qu'elles deviennent plus performantes, qu'elles gaspillent moins et qu'elles produisent davantage. Il y a déjà eu des privatisations de compagnies pétrolières dans les années 1980 et au début des années 1990 - une période pendant laquelle les prix de l'essence à la pompe n'ont pas cessé de chuter même sans ajuster pour l'inflation.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[En passant &agrave; une station-service pour remplir son r&eacute;servoir &agrave; essence,  il est impossible de ne pas grogner &agrave; la vue du compteur indiquant le montant total de la facture. Instinctivement, la grogne se dirige vers les &laquo; grandes multinationales &raquo; p&eacute;troli&egrave;res qui profitent &agrave; nos d&eacute;pens. Toutefois, ce ne sont pas ces derni&egrave;res qu'il faut bl&acirc;mer, mais plut&ocirc;t l'inefficacit&eacute; des grandes soci&eacute;t&eacute;s nationalis&eacute;es qui produisent du p&eacute;trole!<br />
<br />
Lorsqu'on regarde les grandes compagnies p&eacute;troli&egrave;res du monde, on voit plusieurs compagnies priv&eacute;es sur lesquelles nous jetons notre d&eacute;volu. Toutefois, ces compagnies priv&eacute;es sont minuscules lorsqu'on les compare aux grandes soci&eacute;t&eacute;s d'&Eacute;tat comme Pemex (Mexique), National Iranian Oil Company (Iran) et PVSA (V&eacute;n&eacute;zuela). <a href="http://www.ogj.com/articles/print/volume-105/issue-35/general-interest/special-report-oil-production-slumps-but-ogj100-firmsrsquo-earnings-climb.html" target="_hplink">Selon un palmar&egrave;s des vingt plus importantes compagnies p&eacute;troli&egrave;res au monde en fonction des r&eacute;serves de p&eacute;trole, seize d'entre elles sont des soci&eacute;t&eacute;s nationalis&eacute;es</a>. <br />
<br />
En effet, ces derni&egrave;res poss&egrave;dent environ <a href="http://www.economist.com/node/7276986" target="_hplink">90 % des r&eacute;serves mondiales connues de p&eacute;trole</a> - le reste va aux compagnies priv&eacute;es. <a href="http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704852004575258541875590852.html" target="_hplink">Toutefois, avec seulement un dixi&egrave;me des r&eacute;serves connues de p&eacute;trole, les compagnies priv&eacute;es produisent environ un quart du p&eacute;trole que nous consommons</a>. Ceci en dit beaucoup sur la performance des compagnies priv&eacute;es et encore plus sur l'inefficacit&eacute; des soci&eacute;t&eacute;s d'&Eacute;tat. <a href="http://www.fas.org/sgp/crs/misc/RL34137.pdf" target="_hplink">Pour chaque million de barils de p&eacute;trole produits, les compagnies priv&eacute;es emploient en moyenne 23,4 individus. Quant aux compagnies publiques, elles doivent engager environ 71,8 individus par million de barils produits. </a>Un &eacute;cart monumental quant &agrave; la performance. <br />
<br />
<strong>La privatisation ferait baisser les prix!</strong><br />
<br />
L'inefficacit&eacute; des compagnies publiques fait en sorte que l'augmentation de la demande de p&eacute;trole stimul&eacute;e par la croissance &eacute;conomique de pays comme l'Inde et la Chine ne peut pas &ecirc;tre satisfaite ad&eacute;quatement en d&eacute;pit de l'efficacit&eacute; du secteur priv&eacute;. En fait, dans des pays comme le Venezuela et l'Iran, la production de p&eacute;trole a diminu&eacute; consid&eacute;rablement dans les derni&egrave;res ann&eacute;es. Par cons&eacute;quent, les prix &agrave; la pompe augmentent. <br />
<br />
Il y a une solution prouv&eacute;e pour s'attaquer aux prix &eacute;lev&eacute;s de l'essence : la privatisation de ces soci&eacute;t&eacute;s d'&Eacute;tat afin qu'elles deviennent plus performantes, qu'elles gaspillent moins et qu'elles produisent davantage. Il y a d&eacute;j&agrave; eu des privatisations de compagnies p&eacute;troli&egrave;res dans les ann&eacute;es 1980 et au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 - une p&eacute;riode pendant laquelle les prix de l'essence &agrave; la pompe n'ont pas cess&eacute; de chuter m&ecirc;me sans ajuster pour l'inflation. <a href="http://www.jbs.cam.ac.uk/interactive/expert_comment/2009/pdfs/pollitt_oiling.pdf" target="_hplink">Des &eacute;conomistes de l'Universit&eacute; d'Oxford en Grande-Bretagne ont pris la peine de s'attarder aux r&eacute;sultats de ces privatisations</a>. Sur une p&eacute;riode de sept ans, les compagnies qui ont &eacute;t&eacute; privatis&eacute;es ont &eacute;t&eacute; capables d'augmenter leur production de 40 pour cent, la production par employ&eacute; de 30 pour cent et l'investissement de 47 pour cent. Les rendements ont par cons&eacute;quent augment&eacute; de mani&egrave;re consid&eacute;rable et les prix &agrave; la pompe ont baiss&eacute; - tout le monde &eacute;tait gagnant. <br />
<br />
Ces m&ecirc;mes &eacute;conomistes ont aussi pris la peine d'&eacute;valuer ce qui se passerait si on privatisait les 18 compagnies d&eacute;tenues en totalit&eacute; par des gouvernements et figurant dans le palmar&egrave;s des 50 plus grandes compagnies p&eacute;troli&egrave;res au monde. La premi&egrave;re ann&eacute;e, la production augmenterait de 2,7 millions de barils par jour - soit l'&eacute;quivalent de la consommation de la France. Dans les six ann&eacute;es qui suivent, ils estiment qu'&agrave; ce montant on additionnerait 19 millions de barils de plus par jour. Au final, on parle d'environ 15 % de ce qu'on produit actuellement. Ces calculs n'incluent pas les r&eacute;sultats potentiels de la privatisation de soci&eacute;t&eacute;s d&eacute;tenues par des gouvernements dans lesquels il y a des actionnaires minoritaires provenant du secteur priv&eacute;.<br />
<br />
Expos&eacute;es &agrave; la discipline de la concurrence, ces soci&eacute;t&eacute;s privatis&eacute;es devront devenir plus efficaces, r&eacute;duire le gaspillage et investir intelligemment afin de r&eacute;duire leurs prix. Encore une fois, le pass&eacute; est tr&egrave;s instructif &agrave; cet &eacute;gard. Au 19e si&egrave;cle, &agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; les gouvernements n'intervenaient pas dans l'industrie p&eacute;troli&egrave;re, des hommes d'affaires comme <a href="http://www.amazon.ca/How-Capitalism-Saved-America-Pilgrims/dp/1400083311/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1309975489&amp;sr=1-1" target="_hplink">John D. Rockefeller ont pu faire baisser de deux tiers le prix du baril de p&eacute;trole en l'espace d'&agrave; peine vingt ans</a>. La privatisation des compagnies publiques permettra aux entrepreneurs et aux investisseurs de mieux valoriser les ressources en innovant et en d&eacute;veloppant de nouvelles mani&egrave;res de produire. Les consommateurs seront les grands gagnants.]]></content>
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    <title>Déréglementer et pas juste hausser!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/droits-de-scolarite_b_1373914.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1373914</id>
    <published>2012-03-24T08:06:24-04:00</published>
    <updated>2012-05-24T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Depuis plusieurs semaines, plusieurs associations étudiantes du Québec tentent de convaincre les Québécois de s'opposer à la hausse des frais de scolarité universitaire, appuyant leur position principalement sur  l'argument que l'augmentation des frais de scolarité se ferait au détriment de l'accessibilité aux études supérieures, ce qui engendrerait des conséquences néfastes à long terme sur la croissance économique.]]></summary>
    <author>
        <name>Vincent Geloso</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/vincent-geloso/"><![CDATA[<em>Les auteurs sont &eacute;conomistes et respectivement candidat &agrave; la maitrise en &eacute;conomie du d&eacute;veloppement &agrave; l'Universit&eacute; d'Oxford et candidat au doctorat en histoire &eacute;conomique &agrave; la London School of Economics.</em><br />
<br />
Depuis plusieurs semaines, plusieurs associations &eacute;tudiantes du Qu&eacute;bec tentent de convaincre les Qu&eacute;b&eacute;cois de s'opposer &agrave; la hausse des frais de scolarit&eacute; universitaire, appuyant leur position principalement sur  l'argument que l'augmentation des frais de scolarit&eacute; se ferait au d&eacute;triment de l'accessibilit&eacute; aux &eacute;tudes sup&eacute;rieures, ce qui engendrerait des cons&eacute;quences n&eacute;fastes &agrave; long terme sur la croissance &eacute;conomique.<br />
<br />
Or, d'une part, selon Statistiques Canada* , l'argent ne &laquo; serait pas un obstacle &agrave; [l'acc&egrave;s &agrave;] l'universit&eacute; &raquo;. En d'autres termes, pour la vaste majorit&eacute; des &eacute;tudiants, l'&eacute;ducation universitaire semble &ecirc;tre une question de valeurs personnelles, une &laquo; fin en soi &raquo; bien plus qu'un r&eacute;sultat de calculs de co&ucirc;ts et de b&eacute;n&eacute;fices mon&eacute;taires.<br />
<br />
&Agrave; notre avis, l'&eacute;ducation universitaire constitue effectivement &agrave; la fois une fin en soi (via les connaissances et le savoir qu'elle apporte) et un moyen (via le rendement financier du dipl&ocirc;me) pour les individus qui y acc&egrave;dent. Ainsi, s'il est vrai, comme le soulignent souvent les leaders &eacute;tudiants, que l'ensemble de la soci&eacute;t&eacute; profite de l'&eacute;ducation obtenue par ses membres, il n'en demeure pas moins qu'une part appr&eacute;ciable des b&eacute;n&eacute;fices de l'&eacute;ducation demeure priv&eacute;e. En ce sens, s'il est juste que l'ensemble de la soci&eacute;t&eacute; contribue au financement des universit&eacute;s et, ce faisant, &agrave; l'excellence de notre r&eacute;seau d'&eacute;ducation sup&eacute;rieure, il n'est pas juste que ceux qui en profitent en tout premier lieu n'y contribuent pas au moins davantage.<br />
<br />
D'autre part, de faibles frais de scolarit&eacute; n'ont qu'un impact n&eacute;gligeable, voire nul sur la performance &eacute;conomique d'une soci&eacute;t&eacute; et sur les revenus de l'&Eacute;tat (via les imp&ocirc;ts). En ce sens, conserver de bas frais de scolarit&eacute; universitaire est une mauvaise politique aussi bien pour garantir l'acc&egrave;s aux &eacute;tudes sup&eacute;rieures que pour favoriser la croissance. En revanche, augmenter le rendement de l'&eacute;ducation, via une qualit&eacute; accrue d&eacute;coulant d'un financement accru de nos universit&eacute;s, est crucial pour la performance &eacute;conomique. &Agrave; ce chapitre, il est utile de rappeler que parmi les universit&eacute;s les plus performantes et prestigieuses du monde, aucune ne fait pas appel &agrave; une contribution importante de ses &eacute;tudiants. Nous pensons que le Qu&eacute;bec ne m&eacute;rite pas moins.<br />
<br />
<strong>Au-del&agrave; du d&eacute;gel : des id&eacute;es novatrices</strong><br />
<br />
&Agrave; notre avis, les leaders &eacute;tudiants ont n&eacute;anmoins raison de sensibiliser la population quant aux conditions de vie souvent difficiles des &eacute;tudiants pendant leurs &eacute;tudes. &Agrave; ce niveau, la litt&eacute;rature &eacute;conomique est claire : l'incertitude entourant (i) le rendement priv&eacute; futur de l'&eacute;ducation et (ii) l'acc&egrave;s aux ressources financi&egrave;res pour subsister pendant les &eacute;tudes forme un poids psychologique consid&eacute;rable. L'id&eacute;e du remboursement proportionnel au revenu post-&eacute;tude (RPR) permettrait justement de r&eacute;gler ce probl&egrave;me. Cette mesure consiste &agrave; permettre aux &eacute;tudiants de rembourser leur frais de scolarit&eacute; et leurs dettes d'&eacute;tudes, en tout ou en partie,une fois les &eacute;tudes compl&eacute;t&eacute;es et proportionnellement &agrave; leurs revenus. Cette id&eacute;e permettrait d'&eacute;liminer les principaux obstacles psychologiques &agrave; l'accessibilit&eacute; aux &eacute;tudes universitaires, tout en permettant une participation plus &eacute;lev&eacute;e des &eacute;tudiants au financement des universit&eacute;s, dans la mesure de leurs moyens.<br />
<br />
Aussi, &agrave; l'heure actuelle, le gouvernement emp&ecirc;che aux universit&eacute;s de diff&eacute;rencier les frais selon les programmes. Par cons&eacute;quent, un &eacute;tudiant en pharmacologie ou en m&eacute;decine paie actuellement autant qu'un &eacute;tudiant en sciences humaines, et ce, m&ecirc;me si les co&ucirc;ts de formation sont bien plus faibles pour ce dernier. Permettre aux universit&eacute;s de diff&eacute;rencier les frais administrerait une dose importante de concurrence au r&eacute;seau universitaire. Pour attirer et retenir les &eacute;tudiants, les universit&eacute;s seraient ainsi incit&eacute;es &agrave; innover en d&eacute;veloppant de nouveaux cr&eacute;neaux, en chargeant des prix diff&eacute;rents pour diff&eacute;rents programmes et en augmentant la qualit&eacute; de l'enseignement. <br />
<br />
En somme, la combinaison de ces mesures ambitieuses r&eacute;glerait certainement une bonne partie du d&eacute;fi de financement des universit&eacute;s qu&eacute;b&eacute;coises et permettra une r&eacute;elle augmentation de la qualit&eacute; de notre syst&egrave;me d'&eacute;ducation sup&eacute;rieure, si essentielle pour le futur du Qu&eacute;bec.<br />
<br />
* <em>Voir &agrave; ce sujet BEAUCHEMIN, Malorie, &laquo; &Eacute;tude de Statistiques Canada : l'argent n'est pas un obstacle &agrave; l'universit&eacute; &raquo;, La Presse, 9 f&eacute;vrier 2007,</em>]]></content>
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