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  <title>Simon Delorme</title>
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  <updated>2013-05-22T05:43:33-04:00</updated>
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    <name>Simon Delorme</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Simon Delorme</subtitle>
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    <title>Quand la peur laisse place à la fierté</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1534068</id>
    <published>2012-05-21T16:10:28-04:00</published>
    <updated>2012-07-21T05:12:12-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Comme le Québécois moyen, j'aime les compromis et les mesures mitoyennes. Depuis le début du « conflit étudiant », j'ai peu manifesté. Ce soir du 20 mai, toutefois, j'ai décidé de me rendre avec une amie à la manifestation nocturne au centre-ville. Un peu nerveux et craintif certes, étant donné la « réputation » de ces manifestations, mais tout de même confiant que j'arriverais à éviter les problèmes.]]></summary>
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        <name>Simon Delorme</name>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/simon-delorme/"><![CDATA[Demandez-le &agrave; ceux qui me connaissent, je suis loin d'&ecirc;tre un radical. Je ne suis pas r&eacute;volutionnaire, ni anarchiste, ni communiste, ni m&ecirc;me socialiste. Je me d&eacute;finis comme un social-d&eacute;mocrate, m&ecirc;me plut&ocirc;t lib&eacute;ral. Centre-gauche. Mod&eacute;r&eacute;. <br />
<br />
Comme le Qu&eacute;b&eacute;cois moyen, j'aime les compromis et les mesures mitoyennes. Depuis le d&eacute;but du &laquo; conflit &eacute;tudiant &raquo;, j'ai peu manifest&eacute;. Surtout les plus grandes manifestations, le jour, qui sont plut&ocirc;t bon enfant et festives. J'ai fait du piquetage. J'ai sign&eacute; des p&eacute;titions. J'ai &eacute;crit quelques lettres ouvertes telles que celle-ci. C'est tout. <br />
<br />
Je n'ai jamais frapp&eacute; qui que ce soit et je n'ai jamais ab&icirc;m&eacute; le bien d'autrui. Sauf une fois, une fen&ecirc;tre dans le garage de mes parents. Par accident. D'ailleurs, je ne l'ai jamais avou&eacute;. Papa, maman, je m'excuse.<br />
<br />
Ce soir du 20 mai, toutefois, j'ai d&eacute;cid&eacute; de me rendre avec une amie &agrave; la <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/05/21/27e-manif-20-mai-montreal_n_1532179.html" target="_hplink">manifestation nocturne au centre-ville</a>. Je ne r&eacute;citerai pas ici un argumentaire contre l'infamie du gouvernement Charest et de la <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/05/18/conflit-tudiant-la-loi-sp_n_1528687.html" target="_hplink">loi 78</a>, d'autres l'ont d&eacute;j&agrave; fait mieux que moi. Disons simplement que je consid&egrave;re cette loi si perfide et scandaleuse, que j'ai ressenti le besoin de marquer mon opposition en allant marcher. <br />
<br />
Un peu nerveux et craintif certes, &eacute;tant donn&eacute; la &laquo; r&eacute;putation &raquo; de ces manifestations, mais tout de m&ecirc;me confiant que j'arriverais &agrave; &eacute;viter les probl&egrave;mes. Nous avons donc rejoint la fin du cort&egrave;ge sur le boulevard de Maisonneuve. La manifestation a bien commenc&eacute;. Nous &eacute;tions pacifiques et criions des slogans. Mais au d&eacute;tour d'une petite rue mal &eacute;clair&eacute;e pr&egrave;s du Quartier des spectacles, les choses ont d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; pour nous. L'anti&eacute;meute qui nous suivait au pas de course a commenc&eacute; &agrave; charger. La grande majorit&eacute; des manifestants qui nous entouraient ont commenc&eacute; &agrave; courir. <br />
<br />
Cependant, pr&egrave;s de nous, un homme en fauteuil roulant n'arrivait pas &agrave; les rattraper. Inquiets pour lui, trois ou quatre personnes ont entour&eacute; son fauteuil et sont demeur&eacute;es pr&egrave;s de lui pour le prot&eacute;ger. Une autre jeune femme a ralenti le pas pour tenter de ralentir le cort&egrave;ge, et appeler tout le monde au calme, et f&ucirc;t presque pi&eacute;tin&eacute;e par des policiers qui, eux, n'ont pas voulu ralentir. Mon amie, dont le courage est inversement proportionnel &agrave; l'envergure physique (et largement sup&eacute;rieur au mien), a voulu faire la m&ecirc;me chose. Mal lui en prit. <br />
<br />
Trois policiers en tenue de combat se sont empar&eacute;s d'elle, dont l'un d'entre eux qui l'a frapp&eacute;e au ventre avec la poign&eacute;e de sa matraque, l'extr&eacute;mit&eacute; s'abattant violemment sur l'int&eacute;rieur de sa cuisse. Elle en porte d'ailleurs encore la marque. Tenant &agrave; demeurer pr&egrave;s d'elle et constater si elle &eacute;tait bless&eacute;e, je me suis aussi arr&ecirc;t&eacute;. Mal m'en prit. <br />
<br />
Deux policiers &agrave; v&eacute;lo, qui nous avaient devanc&eacute;s mais qui &eacute;taient maintenant derri&egrave;re moi puisque je m'&eacute;tais retourn&eacute;, m'interpellent. Le premier me pousse vers le second, qui m'ass&egrave;ne un coup de v&eacute;lo en plein visage. La barre transversale m'a frapp&eacute; la l&egrave;vre inf&eacute;rieure et je suis tomb&eacute; au sol. Il a ensuite d&eacute;gain&eacute; son gaz poivre et m'en a asperg&eacute;. Par miracle, je n'en ai pas re&ccedil;u dans les yeux, seul mon front a &eacute;t&eacute; irrit&eacute;. <br />
<br />
Il me crie ensuite &laquo; Bouge, bouge! &raquo;, mais sans m'indiquer la direction que je dois suivre. Apr&egrave;s que j'eus cri&eacute; &agrave; mon tour &laquo; O&ugrave; veux-tu que j'aille? &raquo;, il finit par me pointer l'entr&eacute;e de la rue, m'ordonnant ainsi de retourner sur mes pas. Ayant perdu mon amie de vue, j'ob&eacute;is tout en la cherchant du regard. Finalement, une fois la police partie, je la retrouve et nous poursuivons notre chemin. <br />
<br />
Notre adr&eacute;naline et notre indignation aidant, nous rejoignons le gros du cort&egrave;ge et manifestons encore un bon moment avant de quitter par le m&eacute;tro. Y a-t-il eu du grabuge, de la violence, du vandalisme? Oui, certainement. Je ne mentirai pas. Y ai-je particip&eacute;? Pas la moindre seconde.<br />
<br />
Sur le chemin du retour vers mon appartement, j'ai r&eacute;fl&eacute;chi &agrave; la situation. Je m'en suis plut&ocirc;t bien tir&eacute; : le front br&ucirc;lant, une l&eacute;g&egrave;re coupure &agrave; la l&egrave;vre, le souffle un peu court (&agrave; cause du gaz) et les pieds en compote (plus &agrave; cause de l'&eacute;tat de mes chaussures qu'autre chose). Rien de grave. Je n'ai pas &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;, n'ayant rien fait de r&eacute;pr&eacute;hensible. J'ai eu peur, surtout quand mon amie a &eacute;t&eacute; frapp&eacute;e, mais c'est tout.<br />
<br />
Comme je le disais en introduction, je ne suis pas un radical. Je suis un simple citoyen. La moyenne des ours. Un citoyen lambda. Je ne veux pas renverser le gouvernement, l'&Eacute;tat ou le capitalisme. Je veux simplement m'exprimer pacifiquement. Comme, en th&eacute;orie mais pas en pratique, la loi 78 me le permet. Si je critique et je bl&acirc;me les policiers (surtout ceux qui nous ont frapp&eacute;s) pour leur attitude et leurs m&eacute;thodes, je ne remets pas en question leur pr&eacute;sence ou leur fonction. <br />
<br />
Par contre, la l&eacute;gitimit&eacute; de leur autorit&eacute; ne me semble plus aussi convaincante qu'avant. Mon sentiment de r&eacute;bellion a consid&eacute;rablement augment&eacute;. Mon degr&eacute; de col&egrave;re aussi. Mon respect pour le service de police de Montr&eacute;al et les autres institutions de l'&Eacute;tat, lui, a consid&eacute;rablement diminu&eacute;. <br />
<br />
Donc, sur le chemin du retour, ma peur a laiss&eacute; place &agrave; la fiert&eacute;. Ma peau irrit&eacute;e et ma l&egrave;vre fendue, je les porte comme des badges d'honneur. Parce que je les ai &laquo; gagn&eacute;s &raquo; en manifestant pacifiquement contre une loi honteuse et indigne. <br />
<br />
Je ne dis pas &ccedil;a pour me glorifier. Au contraire, je le d&eacute;plore : je le dis pour souligner l'effet le plus pervers et le plus impr&eacute;visible de la loi 78 et du climat, toxique et d&eacute;l&eacute;t&egrave;re, qui enveloppe le Qu&eacute;bec ces temps-ci : de simples citoyens, comme moi, qui perdent confiance et respect en nos institutions publiques. Le cynisme, la haine, le ressentiment, l'humiliation qui envahissent les esprits. Surtout chez les jeunes, &eacute;videmment, mais aussi chez beaucoup d'autres citoyens. <br />
<br />
Pour ma part, mod&eacute;r&eacute; que je suis, je n'abandonne pas. Je ne perds pas espoir. Mais pour d'autres, d&eacute;j&agrave; plus radicalis&eacute;s, on peut s&eacute;rieusement s'inqui&eacute;ter des cons&eacute;quences futures. On d&eacute;plore la suppos&eacute;e apathie des jeunes et le cynisme des citoyens mais ce gouvernement, le r&eacute;el responsable des r&eacute;cents d&eacute;bordements, les alimente en contribuant &agrave; acc&eacute;l&eacute;rer la spirale descendante de la violence et de l'intimidation, celles de l'&Eacute;tat. <br />
<br />
La loi 78, autant sa lettre que l'esprit qui l'anime et les motivations qui la justifient, sont non seulement abusifs et disproportionn&eacute;s, mais carr&eacute;ment contre-productifs. Si Jean Charest a l'int&eacute;r&ecirc;t national du Qu&eacute;bec et le respect de ses citoyens &agrave; c&oelig;ur, il doit la retirer.<br />
<br />
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