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  <title>Pierre Luc Brisson</title>
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  <updated>2013-05-19T01:57:35-04:00</updated>
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    <name>Pierre Luc Brisson</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Pierre Luc Brisson</subtitle>
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    <title>Les « parasites » de J-Jacques Samson</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2712577</id>
    <published>2013-02-18T15:34:08-05:00</published>
    <updated>2013-04-20T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Si quelqu'un avait encore besoin d'être convaincu de l'état de décrépitude professionnelle et intellectuelle de certains grands médias québécois, il n'a qu'à lire - subir - la chronique de J-Jacques Samson, publiée dans les pages du Journal de Montréal et du Journal de Québec le 15 février dernier, pour constater cette troublante réalité. Dans un court texte dont les relents méprisants demeurent persistants, quelques heures encore après sa lecture, monsieur Samson s'en prend aux « parasites » de l'ASSÉ et aux étudiants qu'ils représentent...]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
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    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[Si quelqu'un avait encore besoin d'&ecirc;tre convaincu de l'&eacute;tat de d&eacute;cr&eacute;pitude professionnelle et intellectuelle de certains grands m&eacute;dias qu&eacute;b&eacute;cois, il n'a qu'&agrave; lire - subir - la chronique de J-Jacques Samson, publi&eacute;e dans les pages du <em>Journal de Montr&eacute;al</em> et du <em>Journal de Qu&eacute;bec</em> le 15 f&eacute;vrier dernier, pour constater cette troublante r&eacute;alit&eacute;. Dans un court texte dont les relents m&eacute;prisants demeurent persistants, quelques heures encore apr&egrave;s sa lecture, monsieur Samson s'en prend aux &laquo; parasites &raquo; de l'ASS&Eacute; et aux &eacute;tudiants qu'ils repr&eacute;sentent, futurs prestataires d'assurance-ch&ocirc;mage, &laquo; chauffeur de taxi, critique social &agrave; la Rogatien dans Taxi-22, ou serveur dans un bistrot branch&eacute; du Plateau. &raquo; Dans un billet qui ne s'appuie que sur les propres pr&eacute;jug&eacute;s de monsieur Samson, qui affirme lui-m&ecirc;me ne pas &laquo; d&eacute;tenir de statistiques &raquo; afin d'&eacute;tayer son propos, il y va d'une charge &agrave; fond de train contre ceux qu'il accuse non seulement de vivre au crochet de l'&Eacute;tat, mais de poursuivre une carri&egrave;re acad&eacute;mique dans des domaines &laquo; ne menant &agrave; rien &raquo;. <br />
<br />
Le chroniqueur prend bien s&ucirc;r le temps de mettre en parall&egrave;le l'action de ces &laquo; parasites &raquo; avec celle des &eacute;tudiants &laquo;s&eacute;rieux &raquo; d'autres facult&eacute;s plus &laquo; pragmatiques &raquo; (droit, m&eacute;decine, &eacute;conomie, etc.) qui, eux, n'ont pas de temps &agrave; perdre avec les enfantillages des revendications sociales et &eacute;tudiantes. Ce faisant, monsieur Samson oublie lui-m&ecirc;me (comment s'en surprendre puisqu'il ne s'appuie que sur sa propre &laquo; assurance instinctive &raquo;) que de tr&egrave;s nombreuses facult&eacute;s &laquo; s&eacute;rieuses &raquo;, dont la non moins respectable facult&eacute; de m&eacute;decine de l'UdeM (situ&eacute;e tr&egrave;s loin du Quartier latin !), ont d&eacute;bray&eacute; plusieurs journ&eacute;es, voire semaines, durant le printemps &eacute;tudiant. Aux carabins montr&eacute;alais, ajoutez les polytechniciens de cycle sup&eacute;rieur de cette m&ecirc;me universit&eacute; (des gens peu concern&eacute;s par leurs &eacute;tudes, bien entendu!), les chercheurs en biologie, les &eacute;tudiants d'informatique, de criminologie, de biochimie, de sciences m&eacute;dicales, de design industriel et j'en passe ! Et qu'&agrave; l'instar des anciens dirigeants &eacute;tudiants des ann&eacute;es soixante, dont monsieur Samson fait l'&eacute;loge, les qualifiant de &laquo;v&eacute;ritables &eacute;tudiants &agrave; temps plein&raquo;, les leaders de l'ancienne CLASSE et de l'ASS&Eacute; ont eux aussi prouv&eacute; leur valeur en recevant de nombreux prix d'excellence acad&eacute;mique. Des exemples? Le &laquo; terrible &raquo; Gabriel Nadeau-Dubois est l'un des rares &eacute;tudiants &agrave; avoir re&ccedil;u la plus importante bourse d&eacute;cern&eacute;e par la Fondation du mill&eacute;naire pour la qualit&eacute; de son parcours acad&eacute;mique, alors que son ex-coll&egrave;gue Jeanne Reynolds s'est quant &agrave; elle m&eacute;rit&eacute;e la m&eacute;daille d'honneur du lieutenant-gouverneur du Qu&eacute;bec. La nouvelle porte-parole de l'ASS&Eacute;, Blandine Parchemal, dont on a soulign&eacute; avec insistance la nationalit&eacute; fran&ccedil;aise afin de mieux &eacute;viter le d&eacute;bat de fond, est d&eacute;tentrice de deux baccalaur&eacute;ats et r&eacute;cipiendaire d'une bourse d'excellence. Toutes des informations facilement accessibles et qu'un journaliste le moindrement rigoureux et consciencieux aurait pu obtenir, en deux clics de souris. Mais &agrave; quoi bon s'en pr&eacute;occuper, quand l'attaque <em>ad hominem</em> peut nous &eacute;viter cette peine ?<br />
<br />
Mais au-del&agrave; de la grossi&egrave;ret&eacute; du propos de Samson, il convient de s'inqui&eacute;ter de la conception qui est ainsi v&eacute;hicul&eacute;e &agrave; propos de disciplines qui, faut-il le rappeler, ont pr&eacute;sid&eacute; &agrave; la fondation de l'universit&eacute; moderne. Que les sciences dites &laquo; sociales &raquo;, que la philosophie ou l'histoire, sont les dignes h&eacute;riti&egrave;res de ces humanit&eacute;s classiques qui ont form&eacute; plusieurs g&eacute;n&eacute;rations de leaders que monsieur Samson admire sans doute. R&eacute;jouissons-nous donc que des jeunes, ayant grandi dans un monde de t&eacute;l&eacute;communications o&ugrave; la rapidit&eacute; et l'apparence prennent souvent le pas sur la r&eacute;flexion et l'analyse, veuillent tenir ces disciplines &agrave; bout de bras, encore aujourd'hui avec leurs professeurs et dans des conditions financi&egrave;res souvent plus que pr&eacute;caires. Que sans ces disciplines &laquo; menant &agrave; rien &raquo;, J-Jacques Samson, lui-m&ecirc;me ancien &eacute;tudiant de lettres, supr&ecirc;me ironie, n'&eacute;crirait pas dans son journal aux c&ocirc;t&eacute;s d'un Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute; ou d'une Denise Bombardier, tous deux dipl&ocirc;m&eacute;s en sociologie. Ou encore aux c&ocirc;t&eacute;s d'un &Eacute;ric B&eacute;dard, historien d&eacute;sormais incontournable pour qui se penche sur notre histoire nationale et que j'ai vu manifester &agrave; quelques pas de moi, rue Saint-Denis, le 18 mars 2012... Imaginez ! <br />
<br />
Faut-il encore lui rappeler que tous ceux qu'il appelle avec m&eacute;pris les &laquo; lologues &raquo;, ces m&ecirc;mes historiens, philosophes et sociologues, sont ceux vers qui l'on se tourne lorsque nous avons besoin de faire le point collectivement sur un enjeu important, de prendre de la hauteur, d'approfondir notre r&eacute;flexion et d'&eacute;laborer une vision commune. Faut-il lui rappeler les noms de G&eacute;rard Bouchard et de Charles Taylor? A-t-on besoin d'ajouter que le Qu&eacute;bec contemporain - et notre vie intellectuelle et politique - ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui sans la contribution militante d'une Simonne Monet-Chartrand, dipl&ocirc;m&eacute;e de lettres, ou de l'&oelig;uvre intellectuelle de sociologues comme Guy Rocher, Michel Freitag ou d'un historien et penseur comme Benoit Lacroix? R&eacute;jouissons-nous que des centaines d'&eacute;tudiants veulent suivre leur exemple et contribuer, collectivement, &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir au Qu&eacute;bec de demain. Ces &laquo; parasites &raquo; ont contribu&eacute; d'une fa&ccedil;on formidable au d&eacute;bat collectif, et ceci ind&eacute;pendamment du fait que l'on soit d'accord ou non avec leurs positions. Ils ont eu l'audace de proposer une r&eacute;flexion sur le devenir de l'&eacute;ducation au moment o&ugrave; le Qu&eacute;bec s'enlisait dans la morosit&eacute;, tant sociale que politique. Une chose demeure n&eacute;anmoins : la contribution de ces &laquo; parasites &raquo; au devenir du Qu&eacute;bec sera toujours plus grande que la propre contribution de monsieur Samson, p&eacute;trie de pr&eacute;jug&eacute;s, &agrave; la profession journalistique. Et que si vraiment dans sa conception, et dans celle du journal qui accepte de publier pareil papier, nous sommes des parasites, et bien soyons fiers d'en revendiquer le titre !<br />
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<strong>&Agrave; VOIR AUSSI</strong><br />
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    <title>L'ASSÉ a raison</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/l-asse-a-raison_b_2686696.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2686696</id>
    <published>2013-02-14T10:29:09-05:00</published>
    <updated>2013-04-16T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[L'objectif du gouvernement Marois est désormais clair. Avec l'atteinte, à vitesse grand V, du déficit zéro, le gouvernement péquiste veut être en mesure de se présenter devant l'électorat avec un budget équilibré et un consensus imposé au milieu universitaire, et ce, avant la fin du printemps. Or, en faisant l'économie de la nécessaire réflexion qui s'imposait après le printemps étudiant, le gouvernement ne fait que repousser une problématique qui, elle, ne se résoudra pas d'elle-même.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[C'est maintenant officiel: les repr&eacute;sentants de l'ASS&Eacute; ne participeront pas au sommet sur l'&eacute;ducation sup&eacute;rieure qui aura lieu &agrave; la fin de ce mois. Aujourd'hui, ses porte-parole ont annonc&eacute; leur <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/02/14/asse-boycotte-le-sommet-enseignement-superieur_n_2684614.html" target="_hplink">d&eacute;sir de se retirer d'un processus de consultation</a> qui, en v&eacute;rit&eacute;, s'apparente plut&ocirc;t &agrave; un exercice de l&eacute;gitimation publique de la d&eacute;cision du gouvernement d'augmenter les frais de scolarit&eacute; en les indexant annuellement. <br />
<br />
J'&eacute;crivais moi-m&ecirc;me en octobre dernier, sur ce <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/financement-universitaire_b_1955229.html" target="_hplink">m&ecirc;me blogue</a>, que &laquo; le sommet doit viser plus large et d&eacute;passer rapidement la seule question des sources de revenus. La probl&eacute;matique des frais de scolarit&eacute; n'est que l'&eacute;piph&eacute;nom&egrave;ne d'une r&eacute;alit&eacute; beaucoup plus complexe et pr&eacute;occupante: la lente transformation de l'universit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise (et occidentale) et la mise au rancard des valeurs humanistes qui ont pr&eacute;sid&eacute; &agrave; sa cr&eacute;ation, au profit de la marchandisation des dipl&ocirc;mes et des seules mati&egrave;res jug&eacute;es utiles. &raquo; <br />
<br />
Trois mois plus tard, force est de constater que le gouvernement et son ministre de l'enseignement sup&eacute;rieur ont d&eacute;cid&eacute; de s'arr&ecirc;ter aux <a href="http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201212/06/01-4601468-compression-de-106-millions-dans-le-reseau-universitaire.php" target="_hplink">questions d'intendance</a>, plut&ocirc;t que d'amorcer une r&eacute;flexion plus large - et oui, disons le mot, philosophique! - sur l'avenir du r&eacute;seau. Comme l'affirmait r&eacute;cemment <a href="http://www.ledevoir.com/societe/education/370711/la-gratuite-est-realiste-dit-jacques-parizeau" target="_hplink">Jacques Parizeau</a>, l'on a d&eacute;cid&eacute; de prendre le probl&egrave;me &agrave; l'envers, en discutant des moyens plut&ocirc;t que de s'entendre sur la finalit&eacute; m&ecirc;me de notre r&eacute;seau universitaire. <br />
<br />
L'ASS&Eacute; a d&eacute;cid&eacute; de claquer la porte d'un <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/sommet-sur-lenseignement-superieur" target="_hplink">sommet</a> qui s'annonce &ecirc;tre, comme plusieurs le redoutent d&eacute;j&agrave;, un exercice &agrave; grand d&eacute;ploiement de relations publiques ax&eacute; sur la volont&eacute; du gouvernement de restaurer un consensus mis &agrave; mal par le pr&eacute;c&eacute;dent gouvernement lib&eacute;ral. Un exercice qui, en ayant r&eacute;uni autour d'une m&ecirc;me table les &eacute;tudiants les plus revendicateurs comme les recteurs des grandes universit&eacute;s, aurait permis de l&eacute;gitimer la d&eacute;cision d'indexer les frais de scolarit&eacute; qui semble &ecirc;tre celle favoris&eacute;e par la premi&egrave;re ministre et ses collaborateurs, dont l'&eacute;conomiste Pierre Fortin qui affirmait avec beaucoup d'&eacute;l&eacute;gance, hier &agrave; RDI, qu'il fallait &ecirc;tre &laquo;stupide&raquo; pour envisager un gel de la contribution &eacute;tudiante. <br />
<br />
Or, le gel ne peut s'envisager lui-m&ecirc;me non pas comme une finalit&eacute; en soi - dans lequel cas, en effet, il serait stupide de s'y arr&ecirc;ter - mais bien comme la premi&egrave;re &eacute;tape devant mener, &agrave; moyen ou long terme, &agrave; une r&eacute;elle diminution de la facture &eacute;tudiante devant prendre en compte la capacit&eacute; de payer de l'ensemble de la collectivit&eacute;. Qui a demand&eacute; &agrave; ce que la gratuit&eacute; soit r&eacute;alis&eacute;e le lendemain de ce sommet?<br />
<br />
L'ASS&Eacute; quitte la table aujourd'hui et devance ainsi une d&eacute;cision qu'elle aurait, t&ocirc;t ou tard, d&ucirc; prendre. En plein c&oelig;ur du sommet, elle aurait permis au gouvernement et au ministre Duchesne de faire les gorges chaudes et de filer, en une journ&eacute;e, vers l'indexation pr&eacute;d&eacute;termin&eacute;e. &Agrave; une dizaine de jours du d&eacute;but de l'exercice, cette d&eacute;cision vient cependant souligner, en laissant le temps n&eacute;cessaire sur la place publique pour y r&eacute;fl&eacute;chir et d&eacute;canter le geste, &agrave; l'improvisation et au manque de vision qui ont pr&eacute;sid&eacute; &agrave; la tenue de cet exercice consultatif. <br />
<br />
Depuis des semaines et avant m&ecirc;me que les discussions ne soient r&eacute;ellement commenc&eacute;es, le gouvernement p&eacute;quiste accumule les signaux contraires, lan&ccedil;ant et annon&ccedil;ant sur la place publique d&eacute;cisions et compressions affectant d&eacute;j&agrave; le monde universitaire. Comment parler d'un exercice s&eacute;rieux, alors m&ecirc;me que le gouvernement annon&ccedil;ait pour pr&egrave;s de 106 millions de coupes dans le budget des universit&eacute;s, et ce, pour l'ann&eacute;e en cours et au moment o&ugrave; l'on devait s'entendre sur le montant r&eacute;el des besoins des &eacute;tablissements? Ces coupes devant &ecirc;tre suivies d'un autre quart de milliard de compressions l'ann&eacute;e prochaine, la premi&egrave;re ministre affirmant quant &agrave; elle que le <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201301/22/01-4613859-universites-le-reinvestissement-de-17-milliard-non-garanti.php" target="_hplink">r&eacute;investissement des sommes pr&eacute;vues</a> (1,7 G$) &eacute;tait loin d'&ecirc;tre &laquo;garanti&raquo;. <br />
<br />
<em>Le billet de Pierre-Luc Brisson se poursuit apr&egrave;s la galerie</em><br />
<br />
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<br />
Comment &ecirc;tre cr&eacute;dible, comme partenaire, alors que l'on annon&ccedil;ait pour plus de 60 millions de dollars de coupes dans l'aide &agrave; la recherche, coupes sur lesquelles est partiellement revenu le gouvernement hier, confirmant par le fait m&ecirc;me le caract&egrave;re pr&eacute;cipit&eacute; et irresponsable de ces compressions? La d&eacute;cision de l'ASS&Eacute; d'aujourd'hui, n'est, au final, que l'une des r&eacute;percussions pr&eacute;visibles de l'improvisation du gouvernement Marois et non pas le geste d'un groupuscule isol&eacute;. <br />
<br />
D&eacute;j&agrave;, de nombreux partenaires, tant chez les syndicats que chez les directions universitaires, avaient d&eacute;nonc&eacute; l'aspect cosm&eacute;tique de l'exercice, la CSQ affirmant par exemple, en janvier dernier, que les partenaires convi&eacute;s ne disposaient pas &laquo;<a href="http://www.csq.qc.net/actualites/la-une/nouvelle/news/la-csq-soutient-que-les-conditions-pour-un-debat-eclaire-ne-sont-pas-reunies.html" target="_hplink">des outils n&eacute;cessaires &agrave; une discussion &eacute;clair&eacute;e sur l'avenir de nos universit&eacute;s</a>&raquo;. Les membres de l'ASS&Eacute;, que d'aucuns qualifieront de radicaux en ne faisant que souligner, ainsi, leur propre absence d'id&eacute;aux, ne sont que les premiers &agrave; mettre un terme &agrave; un exercice de relations publiques auquel ils n'ont pas &agrave; prendre part. Ils ne sont que les premiers &agrave; passer de la parole aux actes. <br />
<br />
L'objectif du gouvernement Marois est d&eacute;sormais clair. Avec l'atteinte, &agrave; vitesse grand V, du d&eacute;ficit z&eacute;ro - tout en investissant chirurgicalement des millions aupr&egrave;s de sa client&egrave;le &eacute;lectorale, comme dans le r&eacute;seau des CPE - le gouvernement p&eacute;quiste veut &ecirc;tre en mesure de se pr&eacute;senter devant l'&eacute;lectorat avec un budget &eacute;quilibr&eacute; et un consensus impos&eacute; au milieu universitaire, et ce, avant la fin du printemps. Qu'importe les pots cass&eacute;s, les illusions bris&eacute;es, les espoirs d&eacute;&ccedil;us et les milieux affect&eacute;s par les coupes et les compressions. Apr&egrave;s tout, une fois majoritaire, le PQ aura tout le temps de recoller les morceaux! <br />
<br />
Or, en faisant l'&eacute;conomie de la n&eacute;cessaire r&eacute;flexion qui s'imposait apr&egrave;s le printemps &eacute;tudiant, le gouvernement ne fait que repousser une probl&eacute;matique qui, elle, ne se r&eacute;soudra pas d'elle-m&ecirc;me. Et ces milliers de jeunes qui, votant pour la premi&egrave;re fois, ont r&eacute;ellement cru en la volont&eacute; de ce parti, sauront quant &agrave; eux o&ugrave; reporter leurs suffrages le moment venu...]]></content>
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    <title>Le «tripotage» de la démocratie</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/drainville-transfuges_b_2448851.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2448851</id>
    <published>2013-01-10T11:54:24-05:00</published>
    <updated>2013-03-12T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Ceux qui, hier, étaient prêts à accueillir les députés déçus de l'ADQ, tiennent aujourd'hui la ligne dure face à ceux qui voudront tourner casaque. Or il est difficile de ne pas voir dans ce projet de loi autre chose que l'expression d'une volonté revancharde, comme l'écrivait Mathieu Bock-Côté, suite à l'épisode des députés démissionnaires qui ont bien failli couler le leadership de Pauline Marois il y a plus d'un an.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[L'on apprenait hier que le ministre Bernard Drainville avait l'intention de d&eacute;poser, &agrave; la reprise des travaux parlementaires, un projet de loi visant &agrave; interdire dans le futur aux d&eacute;put&eacute;(e)s de changer de groupe en chambre. Ainsi, quelconque &eacute;lu voulant changer d'affiliation politique se verrait contraint de d&eacute;missionner, d&eacute;clenchant de ce fait une &eacute;lection partielle que ce dernier aurait l' &laquo; odieux &raquo; de justifier aupr&egrave;s de ses concitoyens. <br />
<br />
Ceux qui, hier,<a href="http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200810/26/01-33021-marois-prete-a-accueillir-des-transfuges-adequistes.php" target="_hplink"> &eacute;taient pr&ecirc;ts &agrave; accueillir les d&eacute;put&eacute;s d&eacute;&ccedil;us de l'ADQ</a>, tiennent aujourd'hui la ligne dure face &agrave; ceux qui voudront tourner casaque. Or il est difficile de ne pas voir dans ce projet de loi autre chose que l'expression d'une volont&eacute; revancharde, comme l'&eacute;crivait Mathieu Bock-C&ocirc;t&eacute;, suite &agrave; l'&eacute;pisode des d&eacute;put&eacute;s d&eacute;missionnaires qui ont bien failli couler le leadership de Pauline Marois il y a plus d'un an. Non seulement ce projet d&eacute;note-t-il une conception erron&eacute;e de notre syst&egrave;me parlementaire britannique, o&ugrave; la libert&eacute; des &eacute;lus - du moins ce qu'il en reste! - est au c&oelig;ur m&ecirc;me de la vie d&eacute;mocratique, mais il traduit une tendance f&acirc;cheuse du Parti Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; vouloir modifier &agrave; la pi&egrave;ce notre syst&egrave;me politique, au gr&eacute; de l'actualit&eacute; du moment.<br />
<br />
<strong>R&eacute;actions &agrave; chaud<br />
</strong><br />
Ainsi, alors qu'elle si&eacute;geait toujours comme chef de l'opposition, Pauline Marois <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-33933.html" target="_hplink">proposait en 2010 d'interdire aux maires</a> des villes de plus de 5000 habitants de solliciter plus de trois mandats. L'une des raisons &eacute;voqu&eacute;es par la chef p&eacute;quiste et lanc&eacute;e bien candidement en point de presse : &laquo; Je pense qu'apr&egrave;s dix ans, on a donn&eacute; le meilleur de soi&raquo;. Quelle ironie de la part de celle qui allait devenir premi&egrave;re ministre apr&egrave;s plus de... trente ans de vie politique! Outre les probl&egrave;mes &eacute;vidents que pouvait soulever ce projet (pourquoi les villes de 5000 habitants et plus? Pourquoi ne pas imposer la r&egrave;gle aux d&eacute;put&eacute;s? N'est-ce pas avant tout aux &eacute;lecteurs de choisir?), il s'inscrivait dans une politique de r&eacute;action &agrave; chaud du PQ &agrave; l'actualit&eacute; du moment, alors ponctu&eacute;e des r&eacute;v&eacute;lations parfois scandaleuses faites &agrave; propos de nombreuses administrations municipales dans les pages des grands quotidiens. <br />
<br />
&Agrave; d&eacute;faut de proposer quelque chose d'&eacute;toff&eacute;, le PQ semblait donner l'impression de vouloir bouger! Or nos institutions d&eacute;mocratiques, que l'on veut &ecirc;tre le socle m&ecirc;me de notre vie collective, ne sont pas &agrave; prendre &agrave; la l&eacute;g&egrave;re et n'ont pas &agrave; subir l'impact des imp&eacute;ratifs partisans imm&eacute;diats d'une formation politique. Bien s&ucirc;r que ces mesures peuvent &ecirc;tre &laquo; vendeuses &raquo; aupr&egrave;s de la population dont on esp&egrave;re engranger rapidement les appuis, surtout lorsqu'on entend, sans nuances, que tous sont &laquo; pourris &raquo; et ont fait leur temps! Mais n'attend-on pas d'un parti politique, d'autant plus s'il aspire &agrave; former le prochain gouvernement, un peu plus de hauteur de vue, un peu plus de consid&eacute;ration pour l'&Eacute;tat qu'il devra servir et pour la d&eacute;mocratie qu'il devra pr&eacute;server?<br />
<br />
Trop longtemps, la vie politique partisane a fait en sorte de consid&eacute;rer les &eacute;lus comme des &laquo; machines &agrave; voter &raquo;, comme des repr&eacute;sentants dociles d'une ligne de parti dont il est interdit de d&eacute;roger. En retirant aux &eacute;lus la libert&eacute; qui est la leur de choisir leur groupe parlementaire, ou m&ecirc;me de voir leurs opinions &eacute;voluer en cours de mandat, l'on vient consacrer dans la loi la rigidit&eacute; partisane qui est celle qui caract&eacute;rise depuis de nombreuses ann&eacute;es notre vie politique. &laquo; Mais ils pourront si&eacute;ger comme ind&eacute;pendants &raquo;, me r&eacute;pondront les tenants de la loi Drainville. Soit! Mais alors, qu'est-ce qui les emp&ecirc;chera de voter syst&eacute;matiquement du c&ocirc;t&eacute; du nouveau parti dont ils auront d&eacute;cid&eacute; d'&eacute;pouser les convictions? Mesurez le ridicule de la situation... <br />
<br />
L'on affirme vouloir s'assurer que l'on respecte le &laquo; mandat &raquo; confi&eacute; aux &eacute;lus par la population, alors que l'on oublie trop rapidement que nous vivons dans un syst&egrave;me o&ugrave; l'&eacute;crasante majorit&eacute; des d&eacute;put&eacute;s (Bernard Drainville le premier) ont &eacute;t&eacute; &eacute;lus en recueillant plus ou moins 45% des suffrages de leurs commettants. De quel &laquo; mandat &raquo; politique parle-t-on, alors que la v&eacute;ritable majorit&eacute; se trouve du c&ocirc;t&eacute; de l'opposition? Et ceci d'autant plus qu'une fois investi des suffrages populaires, l'&eacute;lu devient non pas le repr&eacute;sentant d'un parti politique, mais le porte-parole de tous les citoyens, sans exception, qui habitent sa circonscription. Cependant, si le PQ veut faire en sorte de lier le d&eacute;put&eacute; &agrave; sa formation politique, encore faut-il qu'il change les r&egrave;gles du jeu pour s'assurer d&eacute;sormais que ce sont des partis - et non pas des individus - qui recevront directement des &eacute;lecteurs un mandat politique clair.<br />
<br />
S'il y a donc un vrai d&eacute;ni de l'esprit d&eacute;mocratique, il r&eacute;side dans les rouages m&ecirc;mes de notre syst&egrave;me &eacute;lectoral et politique qui font en sorte qu'un parti ayant r&eacute;colt&eacute; (par ses d&eacute;put&eacute;s) une minorit&eacute; de voix puisse se hisser, malgr&eacute; tout, jusqu'au Conseil des ministres. S'il y a un vrai enjeu, c'est bien celui de la refonte de nos institutions politiques qui n&eacute;cessite une vraie r&eacute;flexion de fond, une mobilisation de l'ensemble de la soci&eacute;t&eacute; civile et non quelques mesures cosm&eacute;tiques qui non seulement ne changent rien aux v&eacute;ritables probl&egrave;mes de notre d&eacute;mocratie, mais ont le d&eacute;savantage d'&ecirc;tre d&eacute;phas&eacute;es par rapport aux principes m&ecirc;mes du syst&egrave;me actuel. <br />
<br />
En 1970, le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois proposait de r&eacute;former le syst&egrave;me &eacute;lectoral qu&eacute;b&eacute;cois afin d'en abolir les distorsions les plus flagrantes et de le rendre, enfin, un peu plus repr&eacute;sentatif en y incluant une dose de proportionnalit&eacute;. Quarante-trois ann&eacute;es plus tard et apr&egrave;s de nombreuses consultations et projets tablett&eacute;s, cette r&eacute;forme se fait toujours attendre. Pire, le PQ a r&eacute;cemment supprim&eacute; cet &eacute;l&eacute;ment de son programme politique. L'on esp&egrave;re - d&eacute;sesp&egrave;re! - encore voir le PQ proposer une r&eacute;forme novatrice de nos institutions, de le voir s'attaquer aux rouages rouill&eacute;s de notre syst&egrave;me dans une d&eacute;marche coh&eacute;rente et structurante de longue haleine, et non pas proc&eacute;der, &agrave; la pi&egrave;ce, &agrave; un tripotage de nos institutions. Le Qu&eacute;bec le m&eacute;rite bien.<br />
<br />
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    <title>Ont-ils une patrie?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/ont-ils-une-patrie_b_2410578.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2410578</id>
    <published>2013-01-04T12:58:38-05:00</published>
    <updated>2013-03-06T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Si l'argent et la fortune n'ont pas de frontières, ceux qui ont décidé d'en faire leurs seuls maîtres doivent comprendre qu'une citoyenneté vient avec des droits, mais aussi des devoirs envers l'État, de même qu'envers tous nos concitoyens qui sont eux aussi garants de notre sort personnel. Si, comme Depardieu, l'on pousse le cynisme jusqu'à aller demander une citoyenneté qui nous est complètement étrangère, on se doit aussi collectivement de réaffirmer qu'une citoyenneté s'acquiert, mais qu'elle peut aussi se retirer. Et cela, aucune fortune ne pourra le racheter.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[L'avenir financier de l'acteur G&eacute;rard Depardieu d&eacute;fraie la manchette en France depuis que le monstre sacr&eacute; du cin&eacute;ma gaulois a d&eacute;cid&eacute; de <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/13/depardieu-maison-vente_n_2292092.html" target="_hplink">d&eacute;m&eacute;nager ses p&eacute;nates de l'autre c&ocirc;t&eacute; de la fronti&egrave;re, pour s'installer chez le voisin belge</a>. D&eacute;sir de tranquillit&eacute;, besoin de retrait, attrait pour un village (trop) bucolique? C'est surtout la g&eacute;n&eacute;reuse fiscalit&eacute; belge qui a &eacute;t&eacute; point&eacute;e du doigt afin d'expliquer l'exil de l'acteur, qui ne s'est lui-m&ecirc;me pas cach&eacute; de fuir les nouvelles mesures propos&eacute;es par le gouvernement de Fran&ccedil;ois Hollande. <br />
<br />
En effet, le nouveau pr&eacute;sident fran&ccedil;ais avait fait de la r&eacute;forme de la fiscalit&eacute; l'un de ses principaux th&egrave;mes de campagne, promettant de faire passer l'imposition des grandes fortunes &agrave; 75%, et ce une fois le premier million de revenu personnel engrang&eacute;. Cette mesure, appuy&eacute;e par une majorit&eacute; de Fran&ccedil;ais selon de r&eacute;cents sondages, continue de <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/29/taxe-75-conseil-constitutionnel_n_2381178.html" target="_hplink">faire des vagues</a>. <br />
<br />
Hier, on apprenait que le ma&icirc;tre du Kremlin lui-m&ecirc;me avait accord&eacute; la <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/01/03/poutine-signe-un-decret-citoyennete-russe-gerard-depardieu_n_2401203.html" target="_hplink">nationalit&eacute; russe &agrave; Depardieu</a> qui, bien qu'il ne parle pas la langue du pays, en a profit&eacute; pour vanter la &laquo; <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/01/03/poutine-signe-un-decret-citoyennete-russe-gerard-depardieu_n_2401203.html" target="_hplink">grande d&eacute;mocratie</a> &raquo; russe et saluer l'action de Vladimir Poutine.<br />
<br />
R&eacute;cemment encore, c'est <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/10/f1-jacques-villeneuve-va_n_2271888.html" target="_hplink">Jacques Villeneuve qui faisait parler de lui au Qu&eacute;bec</a>, lui qui a d&eacute;cid&eacute; de s'installer avec sa famille dans la petite principaut&eacute; d'Andorre, &eacute;tat microscopique qui ne ferait pas tant parler de lui si ce n'&eacute;tait de sa r&eacute;putation mondiale de paradis fiscal. Il faudrait &ecirc;tre quelque peu de mauvaise foi - pourquoi pas! - pour consid&eacute;rer que ce n'est pas la beaut&eacute; du paysage andorran qui a attir&eacute; le toujours performant (mesurez mon ironie) pilote automobile, mais bien l'opportunit&eacute; de mettre &agrave; l'abri une partie de ses avoirs. <br />
<br />
Devant ces exemples de plus en plus nombreux de ce qui s'av&egrave;re &ecirc;tre un v&eacute;ritable chantage fiscal, nous sommes en droit de nous poser une simple question : ces gens ont-ils une patrie? Ou, &agrave; d&eacute;faut de se sentir li&eacute;s par la culture, l'histoire et le sentiment de participer &agrave; une exp&eacute;rience humaine commune, ont-ils trouv&eacute; un nouveau refuge, une nouvelle patrie &agrave; l'ombre de leur coffre bancaire? <br />
<br />
Tous ont le droit d'exprimer leur d&eacute;saccord devant quelconque d&eacute;cision de leur gouvernement. C'est le droit - et m&ecirc;me le devoir - de tout citoyen qui se sent concern&eacute; par le devenir de son pays. Mais il y a une injustice profonde lorsque la fortune permet de passer outre aux r&egrave;gles et d&eacute;cisions commun&eacute;ment et d&eacute;mocratiquement &eacute;tablies. Qu'&agrave; d&eacute;faut de gagner au jeu d&eacute;mocratique, les millions (milliards?) peuvent servir de voie de contournement. Qu'&agrave; tous les coups, ils seront gagnants! Et ce, r&eacute;forme de la fiscalit&eacute; ou pas. <br />
<br />
Or, un individu, aussi riche soit-il et malgr&eacute; tout le mythe nord-am&eacute;ricain b&acirc;ti autour de l'id&eacute;e du <em>self-made man</em>, ne vit pas en marge de la soci&eacute;t&eacute;. Il se construit par, et pour le monde qui l'entoure. C'est la soci&eacute;t&eacute; et l'&eacute;cole publique qui lui fournissent le bagage &eacute;ducationnel qui donnera les outils intellectuels n&eacute;cessaires &agrave; l'&eacute;laboration de toute id&eacute;e, aussi lucrative soit-elle.<br />
<br />
C'est la soci&eacute;t&eacute; qui, via les citoyens consommateurs ou par l'action gouvernementale, soutient la cr&eacute;ation artistique et le d&eacute;veloppement d'industries (comme le cin&eacute;ma) qui font et d&eacute;font les carri&egrave;res d'acteurs multimillionnaires. C'est &agrave; cette m&ecirc;me soci&eacute;t&eacute; - d'autant plus si elle tend &agrave; mettre en place une plus grande &eacute;galit&eacute; entre ses citoyens et si elle leur fournit les institutions capables de les supporter en temps difficile - que doit aller notre reconnaissance premi&egrave;re. Reconnaissance qui, si elle est n&eacute;cessaire, doit s'accompagner d'un devoir tout aussi n&eacute;cessaire de critique. Les &eacute;tudiants qu&eacute;b&eacute;cois l'ont bien d&eacute;montr&eacute;. <br />
<br />
Durant la campagne pr&eacute;sidentielle fran&ccedil;aise, le candidat Jean-Luc M&eacute;lenchon proposait de mettre en place un <a href="http://www.huffingtonpost.fr/raquel-garrido/melenchon-francais-etranger_b_1345333.html" target="_hplink">syst&egrave;me d'imposition compensatoire</a> qui &eacute;tablirait l'exigence, pour tout citoyen fran&ccedil;ais habitant &agrave; l'&eacute;tranger, de payer au Tr&eacute;sor de son pays d'origine l'&eacute;quivalent de ce qu'il aurait d&ucirc; payer en France, moins l'imp&ocirc;t d&eacute;j&agrave; pay&eacute; dans son pays de r&eacute;sidence. C'est une mesure qui est d'ailleurs mise en place par les tr&egrave;s &laquo; socialistes &raquo; &Eacute;tats-Unis d'Am&eacute;rique! <br />
<br />
Si l'argent et la fortune n'ont pas de fronti&egrave;res, ceux qui ont d&eacute;cid&eacute; d'en faire leurs seuls ma&icirc;tres doivent comprendre qu'une citoyennet&eacute; vient avec des droits, mais aussi des devoirs envers l'&Eacute;tat, de m&ecirc;me qu'envers tous nos concitoyens qui sont eux aussi garants de notre sort personnel. Si, comme Depardieu, l'on pousse le cynisme jusqu'&agrave; aller demander une citoyennet&eacute; qui nous est compl&egrave;tement &eacute;trang&egrave;re, on se doit aussi collectivement de r&eacute;affirmer qu'une citoyennet&eacute; s'acquiert, mais qu'elle peut aussi se retirer. Et cela, aucune fortune ne pourra le racheter. <br />
<br />
<strong><em>Le HuffPost</em> vous propose une s&eacute;lection des tweets les plus dr&ocirc;les du mot-cl&eacute; #JeDemandeLaNationalit&eacute;Russe</strong><br />
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<HH--236SLIDEEXPAND--270583--HH>]]></content>
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    <title>Quand Radio-Canada propage la parole des &quot;soldats de Dieu&quot;</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/evangelistes-quebec_b_2278108.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2278108</id>
    <published>2012-12-11T12:33:45-05:00</published>
    <updated>2013-02-10T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Hier soir, Radio-Canada diffusait, dans le cadre des Grands reportages, un « documentaire » intitulé « Les soldats de Dieu » et portant sur le mouvement chrétien évangélique qui, depuis de nombreuses années déjà, gagne beaucoup de terrain dans les Amériques, et ce, jusqu'au Québec. Là où le « documentaire » choque, c'est qu'il s'agit en réalité d'une véritable « info-publicité » pour le mouvement évangélique dans laquelle aucun intervenant extérieur aux évangéliques, sauf un, n'a droit de cité.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[Hier soir, Radio-Canada diffusait, dans le cadre des Grands reportages, un &laquo; documentaire &raquo; intitul&eacute; &laquo; Les soldats de Dieu &raquo; et portant sur le mouvement chr&eacute;tien &eacute;vang&eacute;lique qui, depuis de nombreuses ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;, gagne beaucoup de terrain dans les Am&eacute;riques, et ce, jusqu'au Qu&eacute;bec. Un mouvement qui, nous le savons bien, a d'importantes ramifications au sud de la fronti&egrave;re, jusque dans le bureau ovale et dans les officines du Congr&egrave;s am&eacute;ricain (voir Sylvie Brieu, &laquo; Le monde selon les &eacute;vang&eacute;liques am&eacute;ricains &raquo;, <em>National Geographic</em>, 2006). Un mouvement qui a depuis quelques ann&eacute;es l'oreille du gouvernement conservateur de Stephen Harper qui n'h&eacute;site plus &agrave; faire de l'&oelig;il au lobby pro-vie et aux militants contre le droit au mariage pour les conjoints de m&ecirc;me sexe. <br />
<br />
N&eacute; au d&eacute;but du XVIIIe si&egrave;cle, le mouvement &eacute;vang&eacute;lique est en fait l'une des nombreuses subdivisions du protestantisme traditionnel issu de la R&eacute;forme du XVIe si&egrave;cle et qui a pris racine en Am&eacute;rique lors de l'aventure coloniale, le Nouveau monde repr&eacute;sentant pour de nombreuses confessions marginalis&eacute;es une terre d'opportunit&eacute;s et de libert&eacute; (lire Isabelle Richet, <em>La religion aux &Eacute;tats unis</em>, 2001). Cette confession aux contours id&eacute;ologiques parfois mouvants est entre autres caract&eacute;ris&eacute;e par une tr&egrave;s grande d&eacute;centralisation administrative (il y a autant d'&eacute;glises que de villes, et c'est &agrave; peine un euph&eacute;misme!), mais surtout, par une interpr&eacute;tation scrupuleuse des textes bibliques consid&eacute;r&eacute;s comme v&eacute;ridiques et comme &laquo; paroles divines &raquo;. Interpr&eacute;tation qui peut emmener, par exemple, jusqu'au rejet des d&eacute;couvertes de la science quant &agrave; l'&acirc;ge de la Terre ou &agrave; l'&eacute;volution des esp&egrave;ces - l'on parle ici de cr&eacute;ationnisme - ou &agrave; des prises de position encore plus controvers&eacute;es, notamment sur l'acc&egrave;s &agrave; l'avortement (pr&eacute;sent&eacute; dans le reportage comme le &laquo; plus grand scandale de notre &eacute;poque &raquo; par un pasteur) et sur les droits des minorit&eacute;s sexuelles. <br />
<br />
L&agrave; o&ugrave; le &laquo; documentaire &raquo; choque, c'est qu'il s'agit en r&eacute;alit&eacute; d'une v&eacute;ritable &laquo; info-publicit&eacute; &raquo; pour le mouvement &eacute;vang&eacute;lique dans laquelle aucun intervenant ext&eacute;rieur aux &eacute;vang&eacute;liques, sauf un, n'a droit de cit&eacute;. Si l'on y fait intervenir sporadiquement le chercheur Fr&eacute;d&eacute;ric Dejean, rattach&eacute; &agrave; l'Universit&eacute; de Montr&eacute;al, c'est afin de nous permettre de mieux saisir l'organisation et les tendances de ce m&ecirc;me mouvement. C'est ainsi que pendant pr&egrave;s d'une heure, l'on voit d&eacute;filer &agrave; l'&eacute;cran des pasteurs, des p&egrave;res et m&egrave;res de familles, de jeunes couples trentenaires qui vivent tous dans des environnements s&eacute;curisants, qui affichent une joie de vivre apparente et qui nous t&eacute;moignent (le mot est juste) de leur amour de J&eacute;sus et de l'importance de leur foi dans leur vie quotidienne. Tout ceci sans narration aucune - l'on entend de temps &agrave; autre la voix &eacute;touff&eacute;e de l'intervieweur hors champ - et avec des images aux couleurs chaudes qui conf&egrave;rent &agrave; l'ensemble de la longue &laquo; publicit&eacute; &raquo; un aspect r&eacute;confortant, le tout envelopp&eacute; d'une musique acoustique sympathique qui nous revient &agrave; chaque segment. <br />
<br />
Si pareil document audio-visuel peut parfaitement convenir &agrave; un pasteur &eacute;vang&eacute;lique voulant recruter de nouveaux fid&egrave;les - le c&ocirc;t&eacute; missionnaire et pros&eacute;lyte du mouvement est une caract&eacute;ristique tr&egrave;s forte - force est de constater que l'on mesure mal la pertinence de pr&eacute;senter un reportage aussi d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute; dans son contenu et ses choix &eacute;ditoriaux sur les ondes de la soci&eacute;t&eacute; d'&Eacute;tat. Si le t&eacute;l&eacute;spectateur sait &agrave; quoi s'en tenir lorsqu'il syntonise le &laquo; Jour du Seigneur &raquo;, celui qui choisit d'&eacute;couter les Grands reportages est en droit de s'attendre &agrave; ce qu'on lui propose un contenu o&ugrave; l'information est trait&eacute;e de fa&ccedil;on &eacute;quilibr&eacute;e ou du moins, qui lui permet de brosser un portrait plus pr&eacute;cis d'une probl&eacute;matique quelconque. Le sujet trait&eacute; hier &eacute;tait-il de prime abord int&eacute;ressant? Absolument, comme tout autre sujet concernant la vie religieuse des Qu&eacute;b&eacute;cois qui nous permettrait d'appr&eacute;hender les enjeux plus larges touchant &agrave; la place l'&Eacute;glise (ou des &eacute;glises) au sein de la soci&eacute;t&eacute;. Mais pour que l'exercice soit pertinent, encore faut-il que l'on nous pr&eacute;sente, au-del&agrave; des portraits de familles mod&egrave;les qui ont &eacute;t&eacute; film&eacute;s, une image un peu plus r&eacute;aliste du mouvement &eacute;vang&eacute;lique qu&eacute;b&eacute;cois et canadien. <br />
<br />
Une image nuanc&eacute;e qui devrait aussi nous permettre d'aborder la probl&eacute;matique des &eacute;coles &eacute;vang&eacute;liques qui enseignent parfois, dans l'ill&eacute;galit&eacute;, un contenu p&eacute;dagogique import&eacute; des &Eacute;tats-Unis dans lequel on peut y affirmer que la Terre a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e en six jours, alors que l'homme et la femme sont pr&eacute;sent&eacute;s comme fa&ccedil;onn&eacute;s par Dieu qui les a plac&eacute;s au jardin d'&Eacute;den. La journaliste Marie Allard de<em> La Presse</em> <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/education/200812/06/01-808055-malgre-la-loi-quebec-approuve-des-ecoles-evangeliques.php" target="_hplink">s'&eacute;tait d&eacute;j&agrave; pench&eacute;e sur le sujet</a>, elle qui nous r&eacute;v&eacute;lait par exemple que le minist&egrave;re de l'&Eacute;ducation du Qu&eacute;bec avait accord&eacute;, en 2008, un permis &agrave; huit &eacute;coles &eacute;vang&eacute;liques qui, je cite : <br />
<br />
<blockquote>&laquo; Ouvertes clandestinement depuis deux, cinq ou m&ecirc;me 20 ans selon les cas, ces &eacute;coles font partie de l'Association des &Eacute;glises-&eacute;coles &eacute;vang&eacute;liques du Qu&eacute;bec. Leur &laquo;enseignement&raquo; est bas&eacute; sur la m&eacute;thode p&eacute;dagogique <em>School of Tomorrow</em> de l<em>'Accelerated Christian Education</em>, un programme &eacute;vang&eacute;liste con&ccedil;u au Texas. Les &eacute;l&egrave;ves font leurs apprentissages de mani&egrave;re autodidacte &agrave; partir du mat&eacute;riel r&eacute;dig&eacute; en anglais, indique la Commission dans son dernier rapport annuel (2006-2007). Il n'y a pas, &agrave; proprement parler, d'enseignement ou d'enseignants.&raquo;</blockquote><br />
<br />
Ce n&eacute;cessaire portrait nuanc&eacute; devrait aussi nous permettre de mesurer<a href="http://www.ledevoir.com/politique/canada/320864/les-evangelistes-appuient-les-conservateurs" target="_hplink"> les liens importants qui unissent les conservateurs au pouvoir &agrave; Ottawa au mouvement &eacute;vang&eacute;lique</a> et les implications concr&egrave;tes que cette proximit&eacute; id&eacute;ologique peut avoir sur la vie politique canadienne. Il suffit de consid&eacute;rer les r&eacute;centes motions pr&eacute;sent&eacute;es &agrave; Ottawa sur le statut juridique du f&oelig;tus pour comprendre que nous ne sommes jamais bien loin d'un important retour en arri&egrave;re. Dans l'&laquo; info-publicit&eacute; &raquo; pr&eacute;sent&eacute;e hier par les Grands reportages, un jeune croyant affirmait candidement &agrave; la cam&eacute;ra &ecirc;tre &laquo; un soldat du Christ &raquo; pr&ecirc;t &agrave; mener &laquo; une guerre &raquo;, car il y a des &laquo; forces &raquo; &agrave; l'&oelig;uvre dans le monde qu'il lui faut combattre. Tout ceci sous le regard approbateur de sa jeune compagne, sans que les r&eacute;alisateurs du &laquo; documentaire &raquo; ne tentent de confronter les croyants ou de les mettre en opposition avec les discours franchement d&eacute;rangeants tenus par nombre de leurs coreligionnaires dans l'espace public. Le &laquo; documentaire &raquo; se termine par un extrait d'entrevue d'un pasteur qui, bien cal&eacute; dans le fauteuil d'une accueillante maison de banlieue o&ugrave; la lumi&egrave;re ext&eacute;rieure donne un aspect invitant au salon o&ugrave; la sc&egrave;ne est tourn&eacute;e, affirme : &laquo; Je crois que l'homme a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; pour entrer en relation avec Dieu et &ccedil;a, je le mesure depuis trente ans dans ma vie.&raquo; Tout de suite, la doucereuse musique acoustique prend le relais en arri&egrave;re-plan, avant que le &laquo; documentaire &raquo; ne se referme et que l'on passe au g&eacute;n&eacute;rique.<br />
<br />
Si la soci&eacute;t&eacute; d'&Eacute;tat ach&egrave;te les droits de diffusion de reportages produits par des firmes ext&eacute;rieures et priv&eacute;es, c'est son droit. Nombre d'entre eux sont parfois d'une tr&egrave;s grande qualit&eacute; et pr&eacute;sentent un contenu autrement plus pertinent et beaucoup mieux ficel&eacute;. Mais que certains &agrave; la programmation des Grands reportages aient jug&eacute; utile de diffuser une &eacute;mission faisant tacitement l'apologie d'un mouvement qui, s'il est l&eacute;gitime, v&eacute;hicule n&eacute;anmoins un message souvent questionnable, est une v&eacute;ritable insulte &agrave; l'intelligence! Esp&eacute;rons qu'un journaliste digne de ce nom jugera lui aussi utile de se pencher sur le sujet dans les prochains mois afin de nous donner le tour d'horizon complet que les Grands reportages ont grossi&egrave;rement &eacute;chou&eacute; &agrave; nous transmettre hier soir.]]></content>
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    <title>Petite politique</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/daniel-breton-demission_b_2211980.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2211980</id>
    <published>2012-11-29T11:32:52-05:00</published>
    <updated>2013-01-29T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Dans les dernières années, nous avons pu voir un gouvernement défendre jusqu'au seuil du ridicule l'ancien ministre Tomassi, aujourd'hui accusé de fraude et d'abus de confiance. Nous avons également vu une ministre dîner en compagnie de membres présumés du crime organisé, sans que cela n'émeuve les membres de l'ancien gouvernement libéral. L'opposition libérale, qui se levait jadis pour applaudir Tony Tomassi, vient de faire tomber la tête d'un ministre à qui l'on reproche de ne pas avoir payé son loyer. Visiblement, l'indignation et le sens moral sont à géométrie variable au Salon de la race ...]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[Le ministre Breton <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/29/daniel-breton-demissionne-de-son-poste-de-ministre-de-lenvironnement_n_2211352.html?ref=topbar" target="_hplink">a donc d&eacute;cid&eacute;, ce matin, de jeter l'&eacute;ponge</a> devant les &laquo; r&eacute;v&eacute;lations &raquo; faites sur son pass&eacute; personnel avant son entr&eacute;e en politique active. Contraventions de vitesse, fausses d&eacute;clarations &agrave; l'assurance ch&ocirc;mage, d&eacute;faut de paiement de loyer; le contribuable Breton ne fut pas exemplaire, loin de l&agrave;. <br />
<br />
De deux choses l'une dans son cas: soit il &eacute;tait un &laquo; Bougon &raquo;, comme le titrait outrageusement le <em>Journal de Montr&eacute;al </em>- en cela fid&egrave;le &agrave; son niveau intellectuel au ras des p&acirc;querettes - soit il a v&eacute;cu, durant de nombreuses ann&eacute;es, sur ou sous le seuil de la pauvret&eacute;, ce qui pourrait expliquer ses d&eacute;fauts de paiement r&eacute;p&eacute;t&eacute;s, ou l'&eacute;tat du logement dans lequel il vivait. Cela aurait exig&eacute; de Breton un sens extraordinaire de l'abn&eacute;gation, une humilit&eacute; incroyable afin de r&eacute;v&eacute;ler sur la place publique la pauvret&eacute; pr&eacute;sum&eacute;e dans laquelle il aurait v&eacute;cu. <br />
<br />
Nous ne saurons visiblement pas le fin mot de cette histoire. &laquo; Il a des choses &agrave; cacher! &raquo; vous direz-vous peut-&ecirc;tre? C'est une possibilit&eacute;. Mais demandez-vous aussi quel homme ou quelle femme voudrait passer au travers d'un tel processus d'humiliation publique? Breton a aujourd'hui pris la bonne d&eacute;cision, tant pour lui que pour l'action du gouvernement.<br />
<br />
En tous les cas, force est d'admettre que le spectacle qui nous est offert aujourd'hui &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale est plus que navrant. Nous avons, encore une fois, quitt&eacute; le terrain du combat d'id&eacute;es (si tant est que nous n'y soyons jamais all&eacute;s!) afin de revenir dans la marre boueuse des attaques personnelles. Depuis le d&eacute;but de la pr&eacute;sente session parlementaire, l'opposition lib&eacute;rale et caquiste a atteint des sommets de d&eacute;magogie: cela va de la rh&eacute;torique antisyndicale de la CAQ, qui reproche au PQ son asservissement envers les &laquo; m&eacute;chants &raquo; syndicats, jusqu'&agrave; l'accusation &agrave; peine voil&eacute;e de sympathies communistes ou r&eacute;volutionnaires prof&eacute;r&eacute;es par les d&eacute;put&eacute;s de Laurier-Dorion et de Shefford. <br />
<br />
Ce matin encore, alors que Daniel Breton venait d'annoncer sa d&eacute;mission, l'opposition continuait de frapper sur le cadavre encore ti&egrave;de de l'ancien ministre de l'Environnement. Que d'&eacute;l&eacute;gance! Le PQ n'a certes pas &eacute;t&eacute; exemplaire dans les derni&egrave;res ann&eacute;es en ce qui concerne la rh&eacute;torique parlementaire. Trop souvent, il a tourn&eacute; &laquo; les coins ronds &raquo; et us&eacute; d'all&eacute;gations dans le but d'atteindre le gouvernement de Jean Charest. Mais force est de constater aujourd'hui qu'il a trouv&eacute; adversaire encore plus coriace; alors que l'on croyait que l'&eacute;lection allait pacifier quelque peu le climat malsain qui r&eacute;gnait au parlement de Qu&eacute;bec, le PLQ nous ram&egrave;ne aujourd'hui au troisi&egrave;me sous-sol de la d&eacute;cence parlementaire. Vivement la fin de la session!<br />
<br />
Dans les derni&egrave;res ann&eacute;es, nous avons pu voir un gouvernement d&eacute;fendre jusqu'au seuil du ridicule l'ancien ministre Tomassi, aujourd'hui accus&eacute; de fraude et d'abus de confiance. Nous avons &eacute;galement vu une ministre d&icirc;ner en compagnie de membres pr&eacute;sum&eacute;s du crime organis&eacute;, sans que cela n'&eacute;meuve les membres de l'ancien gouvernement lib&eacute;ral. Nous sommes pass&eacute;s au travers d'une commission d'enqu&ecirc;te sur la nomination des juges et nous constatons encore aujourd'hui la d&eacute;cr&eacute;pitude de nos institutions dans le cadre de la <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/commission-charbonneau" target="_hplink">Commission Charbonneau</a>. L'opposition lib&eacute;rale, qui se levait jadis pour applaudir Tony Tomassi, vient de faire tomber la t&ecirc;te d'un ministre &agrave; qui l'on reproche de ne pas avoir pay&eacute; son loyer. Visiblement, l'indignation et le sens moral sont &agrave; g&eacute;om&eacute;trie variable au Salon de la race ...<br />
<br />
Nos &eacute;lus nous offrent aujourd'hui un bien triste spectacle, qui n'aidera en rien &agrave; restaurer la confiance et l'image de la classe politique aupr&egrave;s de la population. L'on viendra se surprendre par la suite si l'action politique continue de rebuter une part croissante de tout ce que le Qu&eacute;bec compte comme talents. C'est un sale temps pour l'engagement politique et pour les politiciens et politiciennes honn&ecirc;tes qui auraient raison de se dire : &laquo; Engagez-vous! Rengagez-vous qu'ils disaient! &raquo;<br />
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    <title>Denis Coderre: les risques du vide</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/denis-coderre-montreal_b_2118368.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2118368</id>
    <published>2012-11-12T14:36:14-05:00</published>
    <updated>2013-01-12T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Denis Coderre est un personnage en soi. C'est une évidence que de le dire. Celui qui s'est bâti une stature publique par son franc-parler et par une habile mise en marché sur les médias sociaux est désormais pressenti comme candidat potentiel à la mairie de Montréal, en novembre 2013. Il ne s'en cache pas lui-même, faisant durer inutilement le suspense sur une nouvelle qui n'en est plus une, démultipliant les entrevues (Larocque-Lapierre, Tout le monde en parle) afin de ne pas annoncer sa non-candidature, tout ceci donnant naissance à des scènes quelque peu incroyables où des intervieweurs usent de contorsions langagières, de questions détournées afin de soutirer un semblant de réponse ou quelques idées au futur candidat. Idées qui ne viennent pourtant pas.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[Denis Coderre est un personnage en soi. C'est une &eacute;vidence que de le dire. Celui qui s'est b&acirc;ti une stature publique par son franc-parler et par une habile mise en march&eacute; sur les m&eacute;dias sociaux est d&eacute;sormais pressenti comme candidat potentiel &agrave; la mairie de Montr&eacute;al, en novembre 2013. Il ne s'en cache pas lui-m&ecirc;me, faisant durer inutilement le suspense sur une nouvelle qui n'en est plus une, d&eacute;multipliant les entrevues (Larocque-Lapierre, Tout le monde en parle) afin de ne pas annoncer sa non-candidature, tout ceci donnant naissance &agrave; des sc&egrave;nes quelque peu incroyables o&ugrave; des intervieweurs usent de contorsions langagi&egrave;res, de questions d&eacute;tourn&eacute;es afin de soutirer un semblant de r&eacute;ponse ou quelques id&eacute;es au futur candidat. Id&eacute;es qui ne viennent pourtant pas. Et c'est sans doute l&agrave; que le b&acirc;t blesse ...<br />
<br />
Nous vivons dans une soci&eacute;t&eacute; &eacute;trange o&ugrave; il suffit d'&ecirc;tre une vedette des r&eacute;seaux sociaux pour que l'on puisse mobiliser tous les m&eacute;dias de la province afin de discuter de la possibilit&eacute; de votre candidature &agrave; un poste &eacute;lectif. Car Denis Coderre n'a rien annonc&eacute; : il ne fait que refuser de confirmer ou d'infirmer s'il briguera les suffrages municipaux en 2013. En faisant une recension rapide et pas du tout scientifique des articles parus sur le sujet depuis quelques semaines (oui oui, semaines!), on trouvera facilement pr&egrave;s de vingt papiers de grands quotidiens (y comprit un sondage) qui pourraient se r&eacute;sumer par ce seul titre de Radio-Canada: &laquo; Coderre fait durer le suspense &raquo;. <br />
<br />
Ce qui nous am&egrave;ne in&eacute;vitablement &agrave; nous questionner sur le r&ocirc;le et le travail des m&eacute;dias qui, depuis quelques temps, semblent se transformer en machine auto-promotionnelle pour des candidats plut&ocirc;t que d'aborder le fond des enjeux, le c&oelig;ur du probl&egrave;me. Denis Coderre n'a pas encore pris de d&eacute;cision et, comme il l'affirmait hier sur le plateau de Jean Lapierre, il n'en prendra une qu'au printemps prochain? Parfait! D'ici l&agrave;, passons au prochain appel! <br />
<br />
Pendant que nous perdons collectivement notre temps sur ce non-&eacute;v&eacute;nement, les m&eacute;dias passent sous silence les propositions concr&egrave;tes d'un parti comme Projet Montr&eacute;al qui vient tout juste de d&eacute;voiler un ambitieux projet de rajeunissement de l'entr&eacute;e maritime de la m&eacute;tropole. Ce projet est-il r&eacute;alisable? Dans quelles conditions le serait-il? Combien de temps cela n&eacute;cessiterait-il? Nous n'en savons rien puisque Infoman est le seul - ou presque - &agrave; avoir couvert la conf&eacute;rence! &Ccedil;a ne manque pas de rappeler la couverture m&eacute;diatique dont avait b&eacute;n&eacute;fici&eacute; Fran&ccedil;ois Legault, que l'on cr&eacute;ditait il y a un an &agrave; peine de pr&egrave;s de 40% des intentions de vote et qui attirait une armada de journalistes chaque fois qu'il lan&ccedil;ait un communiqu&eacute; de presse (j'exag&egrave;re &agrave; peine). <br />
<br />
Au-del&agrave; de cette seule question du traitement m&eacute;diatique, il y a un r&eacute;el danger pour un politicien de premier plan &agrave; se pr&ecirc;ter &agrave; ce jeu d'effeuillage dans les grands m&eacute;dias qu&eacute;b&eacute;cois. Hier, ce sont plus d'un million de t&eacute;l&eacute;spectateurs qui ont pu constater qu'au-del&agrave; des formules convenues du genre &laquo; Montr&eacute;al est une grande m&eacute;tropole &raquo; ou &laquo; Sa diversit&eacute; fait sa richesse &raquo;, Coderre n'a encore rien &agrave; proposer aux &eacute;lecteurs, si ce n'est la cr&eacute;ation d'un poste de v&eacute;rificateur. Pr&egrave;s de dix minutes de blagues creuses sur le mot &laquo; si &raquo;, alors que la m&eacute;tropole a besoin - et vite! - d'administrateurs comp&eacute;tents et int&egrave;gres. Les grands m&eacute;dias sont un outil extraordinaire pour ceux qui veulent se projeter sous les feux. S'ils amplifient vos traits de caract&egrave;re et font de vous un &laquo; personnage &raquo;, ils peuvent aussi s'av&eacute;rer tout aussi efficaces &agrave; mettre en lumi&egrave;re le vide de votre discours. C'est ce que devrait mesurer Denis Coderre qui, s'il continue ainsi, pourrait lui aussi vivre les affres de ceux qui, un jour, sont catapult&eacute;s par les sondages d'opinion avant de se retrouver, le lendemain, face &agrave; leur propre &eacute;chec. L'on dit que la politique a horreur du vide. C'est vrai. Et elle saura tr&egrave;s bien le combler, ce vide, Denis Coderre ou pas ...<br />
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    <title>Corruption et éthique politique:  nous sommes tous responsables!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/gerald-tremblay-demission_b_2082144.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2082144</id>
    <published>2012-11-06T10:19:19-05:00</published>
    <updated>2013-01-06T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Il n'y a rien de satisfaisant à voir le maire de la première ville au Québec quitter ainsi, sous l'opprobre public. Non pas que je crois que Gérald Tremblay soit une victime, mais dans cette crise que traverse le monde politique québécois, la responsabilité est en réalité partagée, tant par les politiciens que par la population québécoise. Nous sommes tous responsables de l'état misérable de nos institutions publiques et de la probité de notre classe politique qui, au fond, n'est que le reflet de nos propres choix.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[G&eacute;rald Tremblay a finalement jet&eacute; l'&eacute;ponge hier, accabl&eacute; par les r&eacute;v&eacute;lations des nombreux t&eacute;moins &agrave; la Commission Charbonneau qui mettent en cause tant son administration que l'organisation de sa formation politique. Aveuglement volontaire ou r&eacute;elle implication dans ce qui semble &ecirc;tre un v&eacute;ritable syst&egrave;me de corruption, gangrenant l'administration de la ville de Montr&eacute;al? Seuls le temps et la justice nous le diront. Il n'emp&ecirc;che qu'il n'y a rien de satisfaisant &agrave; voir le maire de la premi&egrave;re ville au Qu&eacute;bec quitter ainsi, sous l'opprobre public. Non pas que je crois que G&eacute;rald Tremblay soit une victime, mais dans cette crise que traverse le monde politique qu&eacute;b&eacute;cois, la responsabilit&eacute; est en r&eacute;alit&eacute; partag&eacute;e, tant par les politiciens que par la population qu&eacute;b&eacute;coise. Nous sommes tous responsables de l'&eacute;tat mis&eacute;rable de nos institutions publiques et de la probit&eacute; de notre classe politique qui, au fond, n'est que le reflet de nos propres choix.<br />
<br />
Nous sommes tous responsables, puisqu'une bonne partie de la population s'est compl&egrave;tement d&eacute;sengag&eacute;e de la vie publique dans les derni&egrave;res ann&eacute;es. D&eacute;sengag&eacute;e de l'action militante, de la r&eacute;flexion publique. L'on se plaint - &agrave; raison - des syst&egrave;mes de collusion qui financent ind&ucirc;ment, &agrave; m&ecirc;me les deniers publics et les d&eacute;passements de co&ucirc;ts des grands travaux publics, les formations politiques. Or, qui aujourd'hui accepte de financer, annuellement, un parti qui porte ses id&eacute;es, tant sur la sc&egrave;ne provinciale que municipale? Qui aujourd'hui accepte de prendre un samedi ou un dimanche matin afin de se r&eacute;unir entre citoyens et discuter programme et orientations politiques? Nous nous sommes tous d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;s de l'action politique et aujourd'hui, l'on vient pointer du doigt les partis qui cherchent chez les entreprises priv&eacute;es le financement qu'ils ne sont plus capables de lever aupr&egrave;s des seuls citoyens. Il s'agit d'un cercle vicieux que seul le financement public int&eacute;gral de la vie politique (au prorata des suffrages ou selon des r&egrave;gles pr&eacute;cises pour les nouveaux partis) pourra briser dans les prochaines ann&eacute;es. Ce sera le prix collectif &agrave; payer pour palier &agrave; notre propre d&eacute;sint&eacute;r&ecirc;t, &agrave; notre propre apathie. <br />
<br />
La d&eacute;mission de G&eacute;rald Tremblay, si elle &eacute;tait n&eacute;cessaire, n'est en rien r&eacute;jouissante: elle est le path&eacute;tique reflet de notre propre &eacute;chec politique collectif. Coupable d'avoir &eacute;t&eacute; na&iuml;f? Responsable de son propre manque de perspicacit&eacute;? Tremblay l'est s&ucirc;rement. Mais il &eacute;tait aussi un maire &eacute;lu lors d'un scrutin qui a r&eacute;uni seulement 39% des &eacute;lecteurs et &eacute;lectrices de Montr&eacute;al (35% &agrave; Laval). O&ugrave; &eacute;taient les 61% d'absents? Chez eux, en train de se dire que les candidats &eacute;taient &laquo; tous pareils &raquo; et que leur vote, en bout de course, ne &laquo; changerait rien &raquo;. Nous voyons aujourd'hui le triste r&eacute;sultat de tant d'ann&eacute;es o&ugrave; la chose publique a &eacute;t&eacute; laiss&eacute;e entre les mains d'organisateurs v&eacute;reux et d'entrepreneurs sans scrupule. J'esp&egrave;re - bien na&iuml;vement peut-&ecirc;tre - que la d&eacute;mission d'hier, ainsi que la Commission d'enqu&ecirc;te publique qui a actuellement cours, seront le pr&eacute;lude &agrave; une r&eacute;elle prise de conscience citoyenne, &agrave; un retour de l'int&eacute;r&ecirc;t envers la chose publique. Nous nous le devons, tant pour nous-m&ecirc;mes que pour ceux et celles que nous catapultons dans des postes de responsabilit&eacute; avant de leur dire : &laquo;D&eacute;brouillez-vous maintenant!&raquo; Le contraire serait d'une tristesse affligeante, &agrave; l'image du <em>freakshow</em> qui nous est offert chaque semaine lorsque des aveugles volontaires ou des entrepreneurs corrompus viennent se faire applaudir sur les plateaux de t&eacute;l&eacute; de nos grandes messes collectives. Citoyens, citoyennes, engagez-vous!<br />
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    <title>Chris Hedges: Voir l'Amérique autrement</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1990299</id>
    <published>2012-10-19T18:45:51-04:00</published>
    <updated>2012-12-19T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Chris Hedges était de passage cette semaine à Montréal afin de présenter la version française de son ouvrage,The Death of the Liberal Class. Ancien correspondant de guerre et ex-journaliste au New York Times, récipiendaire du prix Pulitzer en 2002, il figure parmi les critiques les plus acerbes de l'élite libérale américaine et de sa mainmise économique et politique sur les principaux leviers du pouvoir.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[Chris <a href="http://www.truthdig.com/chris_hedges#bio" target="_hplink">Hedges</a> &eacute;tait de passage cette semaine &agrave; Montr&eacute;al afin de pr&eacute;senter la version fran&ccedil;aise de son ouvrage d&eacute;sormais incontournable,<em>The Death of the Liberal Class</em>. Ancien correspondant de guerre et ex-journaliste au New York Times, r&eacute;cipiendaire du prix Pulitzer en 2002, il figure, aux c&ocirc;t&eacute;s de l'universitaire Noam Chomsky, parmi les critiques les plus acerbes de l'&eacute;lite lib&eacute;rale am&eacute;ricaine et de sa mainmise &eacute;conomique et politique sur les principaux leviers du pouvoir. Jean-Philippe Cipriani et moi avons eu le chance de le rencontrer pour une petite entrevue &agrave; l'heure du d&eacute;jeuner afin de revenir sur les grands axes de sa critique envers le gouvernement am&eacute;ricain et le pr&eacute;sident Obama, <a href="http://www.truthdig.com/report/item/20090503_buying_brand_obama/" target="_hplink">pr&eacute;sent&eacute; comme une autre &laquo; marque de commerce &raquo;</a> politique, de m&ecirc;me que du syst&egrave;me capitaliste actuel qui semble aujourd'hui totalement d&eacute;r&eacute;gl&eacute;. Avec un taux de ch&ocirc;mage r&eacute;el devant sans doute d&eacute;passer les 10%, <a href="http://www.nytimes.com/2012/05/13/business/student-loans-weighing-down-a-generation-with-heavy-debt.html?pagewanted=all&amp;_r=0" target="_hplink">une population &eacute;tudiante endett&eacute;e</a> &agrave; la hauteur d'un trillion de dollars, avec un &Eacute;tat aux prises avec deux guerres interminables et un fardeau financier de pr&egrave;s de 16 000 milliards de dollars, Hedges est plus que pessimiste quant &agrave; l'avenir de son pays. T&ocirc;t ou tard, la situation finira par exploser. Quand et comment? Il ne s'avance pas &agrave; le dire. <br />
<br />
<strong>&laquo; Keep the narrative alive! &raquo;</strong><br />
<br />
N'en demeure pas moins que face &agrave; la crise &eacute;conomique provoqu&eacute;e par les d&eacute;r&egrave;glements du secteur financier et devant la tro&iuml;ka de mesures d'aust&eacute;rit&eacute; impos&eacute;es par les gouvernements, qui jettent dans les rues des capitales des dizaines de milliers de protestants de par le monde, l'ancien journaliste se montre agr&eacute;ablement surpris de voir la naissance de nouveaux mouvements sociaux, que ce soit en Am&eacute;rique ou en Europe. Celui qui &eacute;crivait en 2009 que l'espoir de voir na&icirc;tre des mouvements de contestation de l'ordre &eacute;conomique &eacute;tabli n'&eacute;tait qu'un &laquo; fantasme &raquo; politique affirme candidement aujourd'hui s'&ecirc;tre tromp&eacute;. Et la r&eacute;cente gr&egrave;ve &eacute;tudiante qui a secou&eacute; le Qu&eacute;bec est, aux yeux de Hedges, l'un &laquo; des plus importants mouvement de contestation, en Am&eacute;rique du Nord, des derni&egrave;res d&eacute;cennies. &raquo; Si le r&eacute;cit de la gr&egrave;ve a peu &eacute;t&eacute; relay&eacute; par les grands m&eacute;dias am&eacute;ricains, il n'en demeure pas moins qu'il a trouv&eacute; un &eacute;cho tr&egrave;s important parmi les &eacute;tudiants surendett&eacute;s de son pays et les organisateurs de mouvements populaires de contestation comme celui d'Occupy. Pour Hedges, c'est la mobilisation soutenue et les efforts constants qui ont &eacute;t&eacute; d&eacute;ploy&eacute;s sur une longue p&eacute;riode, durant les premiers mois de l'ann&eacute;e, qui marquent le caract&egrave;re singulier du Printemps &eacute;rable. S'il est normal que la poussi&egrave;re retombe et que la contestation diminue, il faut n&eacute;anmoins demeurer vigilant et pr&ecirc;ts &agrave; se faire entendre &agrave; nouveau. Selon lui, c'est l'accumulation de petites victoires qui permettra la prise de conscience et la formation d'un mouvement plus important : &laquo; Vous n'avez peut-&ecirc;tre pas tout gagn&eacute;, mais vous leur avez fait peur! Il faut maintenir le mouvement, l'histoire [narrative] en vie! &raquo;<br />
<br />
C'est le sort intellectuel du monde universitaire qui pr&eacute;occupe &eacute;galement Hedges, et notamment l' &laquo; assaut &raquo; lanc&eacute; contre les sciences humaines et les arts dans les grandes universit&eacute;s am&eacute;ricaines, disciplines jug&eacute;es inutiles et subversives. Ces m&ecirc;mes disciplines ont &eacute;t&eacute; marginalis&eacute;es par ce qu'il appelle l'&Eacute;tat corporatiste, c'est-&agrave;-dire par les besoins impos&eacute;s au milieu universitaire par les grandes entreprises et les bailleurs de fonds des universit&eacute;s. Peu &agrave; peu, l'on a asphyxi&eacute;, affam&eacute; [starve] les d&eacute;partements, for&ccedil;ant nombre de ceux-ci &agrave; fermer leurs portes ou &agrave; &ecirc;tre condamn&eacute;s &agrave; la marginalit&eacute;. Pourquoi conviendrait-il de r&eacute;affirmer l'importance des humanit&eacute;s, des sciences humaines comme l'histoire, la sociologie ou la philosophie? &laquo; Parce que ce sont des mati&egrave;res qui forcent &agrave; la r&eacute;flexion, &agrave; l'utilisation de l'esprit critique. &raquo; En fermant les d&eacute;partements de langue ou de sciences sociales aux &Eacute;tats-Unis, l'on &eacute;limine &laquo; toute possibilit&eacute; d'un enseignement incitant les &eacute;tudiants &agrave; mettre en cause les fondements d'une culture en d&eacute;clin, &agrave; s'ouvrir aux r&eacute;alit&eacute;s ayant cours au-del&agrave; de leurs fronti&egrave;res et &agrave; d&eacute;finir de nouvelles orientations pour leur soci&eacute;t&eacute;. &raquo; Aujourd'hui, <a href="http://www.humanitiesindicators.org/humanitiesData.aspx" target="_hplink">les &eacute;tudiants de sciences humaines ne repr&eacute;sentent plus que 8% de tous les dipl&ocirc;m&eacute;s de premier cycle am&eacute;ricains</a>. L'on n'apprend plus aux &eacute;tudiants et aux futurs dirigeants &agrave; penser ou &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir sur leur propre r&ocirc;le, mais &agrave; poser les d&eacute;cisions et les gestes machinaux que l'on inculque aux nouveaux techniciens de la gestion et de la finance.<br />
<br />
Comme je l'affirmais dans un pr&eacute;c&eacute;dent billet, il nous faut d'embl&eacute;e nous concentrer sur l'avenir intellectuel de l'universit&eacute;, au-del&agrave; de la seule question (importante, bien s&ucirc;r) des frais de scolarit&eacute;. Pour Hedges, le gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois devrait d'abord mettre l'accent sur l'&eacute;ducation elle-m&ecirc;me et tenter de limiter l'influence des int&eacute;r&ecirc;ts priv&eacute;s sur l'avenir de l'&eacute;ducation sup&eacute;rieure. Est-ce que les dirigeants du milieu des affaires devraient &ecirc;tre invit&eacute;s au sommet? Non, r&eacute;pond l'essayiste : &laquo; De quoi voulez-vous qu'ils parlent? D'&eacute;ducation? Leur milieu est l'antith&egrave;se m&ecirc;me de la mission &eacute;ducative! Ils vont vous parler de march&eacute;, d'efficacit&eacute; et de productivit&eacute;. &raquo; Des mots qui peuvent trouver un certain &eacute;cho lorsque l'on se penche sur l'avenir de notre propre milieu universitaire, certes diff&eacute;rent du r&eacute;seau am&eacute;ricain, mais non pas &agrave; l'abri des m&ecirc;mes d&eacute;rives. C'est ainsi que l'on ne se surprend plus de voir des recteurs comme Guy Breton donner des discours devant des parterres de gens d'affaires, rediffus&eacute;s &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision sous le titre &eacute;vocateur de Rendez-vous avec nos PDG et dans l'un desquels le dirigeant de la respectable institution d'enseignement affirmait &ecirc;tre fier que ses &eacute;tudiants &laquo; n'&eacute;tudient plus pour &eacute;tudier &raquo; et qu'ils atteignent un taux de placement enviable sur le march&eacute; du travail.<br />
<br />
Hedges a le ton et l'attitude du professeur et journaliste qui a beaucoup voyag&eacute;, beaucoup vu et qui a aujourd'hui perdu toutes les illusions qu'il a jadis pu avoir sur sa soci&eacute;t&eacute;, le monde politique ou m&ecirc;me le milieu des intellectuels qu'il accuse de complaisance et de passivit&eacute;. D'un ton &eacute;tonnamment d&eacute;tach&eacute;, il affirme d'embl&eacute;e que les int&eacute;r&ecirc;ts financiers ont d&eacute;j&agrave; gagn&eacute; la partie et que l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle prochaine ne changera probablement rien &agrave; la situation int&eacute;rieure des &Eacute;tats-Unis. Tout ce que nous pouvons faire, c'est maintenir une constante vigilance, sortir manifester par milliers et surtout, garder un esprit critique et alerte. Est-ce que les mouvements de contestation ne sont que passagers? Sur ce point, il demeure optimiste : &laquo; Je ne crois pas &raquo;. Si la voix d'Hedges p&egrave;se et qu'il est aujourd'hui un incontournable de la pens&eacute;e am&eacute;ricaine contemporaine, seul le temps viendra dire s'il avait raison ou non. Celui qui &eacute;tait en Allemagne de l'est lors de l'effondrement du mur de Berlin a bien vu que l'histoire peut parfois s'acc&eacute;l&eacute;rer de fa&ccedil;on totalement impr&eacute;vue. La transformation des soci&eacute;t&eacute;s et la recomposition du syst&egrave;me politique et financier semblent in&eacute;vitables pour Hedges. Et ce moment pourrait bien arriver plus rapidement qu'on ne le croit...]]></content>
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    <title>Financement universitaire: voir au-delà des chiffres</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/financement-universitaire_b_1955229.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1955229</id>
    <published>2012-10-10T13:45:53-04:00</published>
    <updated>2012-12-10T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Peut-on vraiment espérer bâtir une société privée de philosophes, de sociologues ou d'historiens? Une société privée de chercheurs dont les travaux les mènent à développer une vision globale de notre expérience collective, une analyse sur le long terme qui ne peut qu'être utile lorsque vient le temps, par exemple, de se pencher sur nos rapports à l'autre, comme ce fut le cas avec la Commission Bouchard-Taylor.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[Le nouveau ministre de l'Enseignement sup&eacute;rieur, Pierre Duchesne, rencontre cette semaine les repr&eacute;sentants des diff&eacute;rentes associations &eacute;tudiantes en vue du futur sommet sur le financement universitaire qui devrait &ecirc;tre organis&eacute; sous peu par le gouvernement Marois. <br />
<br />
Cons&eacute;quence de l'annulation de la hausse des frais de scolarit&eacute;, ce sommet doit servir &agrave; mettre &agrave; plat les diff&eacute;rentes questions entourant le financement des universit&eacute;s et, notamment, &agrave; trancher le d&eacute;bat sur l'existence r&eacute;elle - ou non - d'un sous-financement d&eacute;cri&eacute; ad nauseam par les recteurs, dont la gestion parfois douteuse du r&eacute;seau devrait quant &agrave; elle &ecirc;tre pass&eacute;e au crible par les nombreux repr&eacute;sentants &eacute;tudiants. <br />
<br />
Pierre Duchesne affirmait r&eacute;cemment qu'il n'&eacute;tait pas lui-m&ecirc;me persuad&eacute; que ce sommet d&eacute;boucherait sur une augmentation du financement universitaire et qu'il demandait &laquo;&agrave; &ecirc;tre convaincu&raquo; par les partis en pr&eacute;sence. Bonne nouvelle en soi, si l'on consid&egrave;re que l'on peine &agrave; expliquer les mauvaises d&eacute;cisions administratives qui ont par le pass&eacute; grev&eacute; le budget du monde universitaire. <br />
<br />
Si la volont&eacute; de tenir un sommet sur le financement du r&eacute;seau d'&eacute;ducation sup&eacute;rieure doit &ecirc;tre salu&eacute;e, il convient cependant d'interpeller d&egrave;s maintenant le gouvernement: le sommet doit viser plus large et d&eacute;passer rapidement la seule question des sources de revenus. La probl&eacute;matique des frais de scolarit&eacute; n'est que l'&eacute;piph&eacute;nom&egrave;ne d'une r&eacute;alit&eacute; beaucoup plus complexe et pr&eacute;occupante: la lente transformation de l'universit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise (et occidentale) et la mise au rencard des valeurs humanistes qui ont pr&eacute;sid&eacute; &agrave; sa cr&eacute;ation, au profit de la marchandisation des dipl&ocirc;mes et des seules mati&egrave;res jug&eacute;es &laquo; utiles &raquo;. L&agrave; r&eacute;side le n&oelig;ud du probl&egrave;me.<br />
<br />
Comme <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/09/30/apres-le-printemps-livre-pierre-luc-brisson_n_1927582.html" target="_hplink">je le soulignais r&eacute;cemment dans mon livre <em>Apr&egrave;s le printemps</em></a>, c'est toute une logique de l'enrichissement personnel, du d&eacute;veloppement &eacute;conomique qui anime d&eacute;sormais nos &eacute;tablissements d'enseignement, et qui a &eacute;t&eacute; mise en lumi&egrave;re par le mouvement de gr&egrave;ve du printemps derniers. <br />
<br />
Les &eacute;tudes sup&eacute;rieures, exception faite de quelques facult&eacute;s et d&eacute;partements sous-financ&eacute;s du monde des sciences humaines, n'ont plus vocation &agrave; former des citoyens r&eacute;fl&eacute;chis et des penseurs, mais bien de futurs travailleurs ultra-sp&eacute;cialis&eacute;s, pouvant r&eacute;pondre aux besoins imm&eacute;diats du march&eacute;. <br />
<br />
Doit-on chercher &agrave; s&eacute;parer l'universit&eacute; des besoins &eacute;conomiques de la soci&eacute;t&eacute; dans laquelle elle &eacute;volue? Certainement pas et en ce sens, la pr&eacute;sence au futur sommet de repr&eacute;sentants du milieu des affaires est plus que pertinente. Cependant, et c'est l&agrave; un point essentiel, il convient de trouver un &eacute;quilibre entre recherche fondamentale, recherche appliqu&eacute;e (dont les r&eacute;sultats profitent souvent &agrave; l'entreprise priv&eacute;e) et formation professionnelle. <br />
<br />
Actuellement, c'est cette apparence de d&eacute;s&eacute;quilibre entre les diff&eacute;rentes vocations de l'universit&eacute; et de ses acteurs qui choque une grande partie de la classe &eacute;tudiante dont une bonne part d'&eacute;l&egrave;ves provenant des sciences humaines et sociales qui se voient bien souvent d&eacute;consid&eacute;r&eacute;s par rapport &agrave; leurs coll&egrave;gues des sciences dites &laquo;dures&raquo; pour lesquels l'on ne m&eacute;nage aucune d&eacute;pense. Peut-on vraiment esp&eacute;rer b&acirc;tir une soci&eacute;t&eacute; priv&eacute;e de philosophes, de sociologues ou d'historiens? Une soci&eacute;t&eacute; priv&eacute;e de chercheurs dont les travaux les m&egrave;nent &agrave; d&eacute;velopper une vision globale de notre exp&eacute;rience collective, une analyse sur le long terme qui ne peut qu'&ecirc;tre utile lorsque vient le temps, par exemple, de se pencher sur nos rapports &agrave; l'autre, comme ce fut le cas avec la Commission Bouchard-Taylor.<br />
<br />
Bien plus, ce probl&egrave;me acquiert une toute autre dimension lorsqu'on le couple aux profondes mutations qui fa&ccedil;onnent notre monde aux prises avec une grave crise des institutions politiques et &eacute;conomiques, sans pr&eacute;c&eacute;dent depuis le milieu du XXe si&egrave;cle. Nous formons aujourd'hui dans les pavillons modernes et dispendieux de nos facult&eacute;s des &eacute;conomistes, des futurs gestionnaires ou des dirigeants d'organisations publiques ou priv&eacute;es dont le cheminement acad&eacute;mique a &eacute;t&eacute; presque compl&egrave;tement aseptis&eacute; de toute notion de philosophie, d'histoire ou de sociologie, au profit de la simple vision comptable et manag&eacute;riale de la finance. <br />
<br />
Le journaliste et essayiste am&eacute;ricain Chris Hedges, qui sera de passage ce mois-ci au Qu&eacute;bec, d&eacute;non&ccedil;ait cet &eacute;tat de faits dans un virulent r&eacute;quisitoire contre ce qu'est en train de devenir l'universit&eacute; contemporaine, dans son r&eacute;cent livre <em>Empire of illusion</em>: &laquo; Il existe un lien direct entre la faillite du syst&egrave;me &eacute;conomique et politique et l'assaut lanc&eacute; contre les sciences humaines, arts et lettres. En n&eacute;gligeant ces domaines d'&eacute;tudes, l'&eacute;lite a r&eacute;ussi &agrave; organiser l'&eacute;ducation et la soci&eacute;t&eacute; autour de r&eacute;ponses pr&eacute;d&eacute;termin&eacute;es &agrave; des questions pr&eacute;d&eacute;termin&eacute;es. On inculque aux &eacute;tudiants la mentalit&eacute; n&eacute;cessaire &agrave; la production de telles r&eacute;ponses, et ce, m&ecirc;me si celle-ci a perdu toute pertinence. [...] L'&eacute;lite [&eacute;conomique] est incapable de poser les grandes questions universelles sur lesquelles s'appuie l'enseignement de la philosophie et des sciences humaines, questions qui mettent en cause les postulats les mieux enracin&eacute;s et analysent l'&acirc;pre r&eacute;alit&eacute; du pouvoir &eacute;conomique et politique.&raquo;<br />
<br />
Nombreux sont ceux qui accuseront les tenants d'un retour aux sources humanistes de l'universit&eacute; de vouloir d&eacute;tacher nos &eacute;tablissements d'enseignement de la r&eacute;alit&eacute; &eacute;conomique du XXIe si&egrave;cle. L'on nous accusera de nous agripper &agrave; une vision &laquo; romantique &raquo; de l'universit&eacute;, tourn&eacute;e vers la qu&ecirc;te d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;e du savoir et anim&eacute;e par des d&eacute;bats dont la port&eacute;e imm&eacute;diate peut sembler inaccessible pour les profanes. <br />
<br />
Face aux d&eacute;fis que pose aujourd'hui les transformations humaines et &eacute;conomiques de nos soci&eacute;t&eacute;s, les sciences humaines auront un r&ocirc;le fondamental &agrave; jouer dans la red&eacute;finition de notre avenir collectif. Il faudra, dans les prochaines ann&eacute;es, trouver un moyen de r&eacute;&eacute;quilibrer les vocations intellectuelle et professionnelle de l'universit&eacute;. <br />
<br />
Dans une soci&eacute;t&eacute; enti&egrave;rement d&eacute;vou&eacute;e &agrave; la recherche du divertissement et du bonheur commercialis&eacute;, o&ugrave; l'on consomme des &laquo;nouvelles&raquo; instantan&eacute;es faites de jugements &agrave; l'emporte-pi&egrave;ce, il est plus que n&eacute;cessaire de maintenir ces milieux de r&eacute;flexion et de pens&eacute;e critique. Une fois la question du financement du r&eacute;seau tranch&eacute;e, il faudra rapidement se pencher sur la vocation sociale de nos universit&eacute;s. En ce sens, le futur sommet sur l'&eacute;ducation devrait appara&icirc;tre aujourd'hui comme le premier acte d'une r&eacute;flexion beaucoup plus grande que nous devrons in&eacute;vitablement tenir. On ne peut se permettre de rater se rendez-vous collectif, sous peine de devoir repasser sous peu par les turbulences d'un nouveau printemps &eacute;tudiant...]]></content>
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    <title>Martineau et Durocher: de mal en pis</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/rona-ambrose_b_1922580.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1922580</id>
    <published>2012-09-28T09:44:07-04:00</published>
    <updated>2012-11-28T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Hier, Richard Martineau et Sophie Durocher ont pondu deux billets (si l'on peut qualifier de «billets» des opinions désarticulées lancées à la volée et tenant respectivement en neuf et sept phrases) qui passeront à l'histoire comme autant de chefs-d'œuvre de vacuité intellectuelle et d'argumentation déficiente. Réagissant au tollé soulevé par le soutien de Rona Ambrose à la motion sur le statut juridique des fœtus, nos deux chroniqueurs y sont allés d'une charge à fond de train contre ceux qu'ils accusent de vouloir instaurer une pensée unique, défendant le droit de madame Ambrose de voter en son âme et conscience]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[Je commente rarement les blogues d'autres personnes. De un parce que je consid&egrave;re ne pas avoir d'opinion r&eacute;fl&eacute;chie sur TOUT. De deux, parce qu'avoir une opinion ne signifie pas d'embl&eacute;e devoir la partager &agrave; la plan&egrave;te enti&egrave;re! <br />
<br />
Vient aussi un moment o&ugrave; l'on atteint un certain seuil de pertinence; ce n'est pas parce qu'une opinion est exprim&eacute;e qu'elle est n&eacute;cessairement pertinente ou valable, n'en d&eacute;plaise &agrave; ceux qui baignent dans ce relativisme tout contemporain dans lequel s'enferme notre soci&eacute;t&eacute;, <a href="http://voir.ca/lea-clermont-dion/?p=41&amp;preview=true" target="_hplink">comme le relevait </a>L&eacute;a Clermont-Dion: &laquo;J'ai le droit &agrave; mon opinion, bon!&raquo; Hier, Richard Martineau et Sophie Durocher ont pondu deux billets (si l'on peut qualifier de &laquo;billets&raquo; des opinions d&eacute;sarticul&eacute;es lanc&eacute;es &agrave; la vol&eacute;e et tenant respectivement en <a href="http://blogues.journaldemontreal.com/sophiedurocher/actualites/laissez-rona-ambrose-tranquille/" target="_hplink">neuf </a>et <a href="http://blogues.journaldemontreal.com/martineau/franc-parler/les-bonnes-femmes/?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=facebook" target="_hplink">sept </a>phrases) qui passeront &agrave; l'histoire comme autant de chefs-d'&oelig;uvre de vacuit&eacute; intellectuelle et d'argumentation d&eacute;ficiente. <br />
<br />
R&eacute;agissant au toll&eacute; soulev&eacute; par le soutien de Rona Ambrose &agrave; la motion sur le statut juridique des f&oelig;tus, nos deux chroniqueurs y sont all&eacute;s d'une charge &agrave; fond de train contre ceux qu'ils accusent de vouloir instaurer une pens&eacute;e unique, d&eacute;fendant le droit de madame Ambrose de voter en son &acirc;me et conscience. Au passage, Richard Martineau n'a pu s'emp&ecirc;cher (oh surprise!) de frapper la gauche, appelant &agrave; la rescousse Maragaret Tatcher, accusant les mouvements f&eacute;ministes de vouloir imposer un carcan intellectuel anti-capitaliste : &laquo;TOUTES les f&eacute;ministes devraient &ecirc;tre pro-choix, de gauche et contre le capitalisme?&raquo;, &eacute;ructait-il hier sur le site du <em>Journal de Montr&eacute;al</em>. Tant d'amalgames en si peu de mots, mais par o&ugrave; commencer?<br />
<br />
Je suis de ceux qui croient en la libert&eacute; de vote de nos d&eacute;put&eacute;(e)s et qui d&eacute;plorent la trop grande rigidit&eacute; de la ligne de parti impos&eacute;e dans nos parlements, tant au niveau provincial que f&eacute;d&eacute;ral. Mais je suis &eacute;galement de ceux qui croient qu'il y a, dans nos soci&eacute;t&eacute;s, des principes fondateurs, des id&eacute;aux qui doivent guider nos d&eacute;cisions et &eacute;clairer notre horizon collectif. Comptez au nombre de ces id&eacute;aux la libert&eacute; d'expression, la d&eacute;mocratie, la s&eacute;paration des &eacute;glises et de l'&Eacute;tat, l'acceptation des diff&eacute;rences sexuelles et surtout, la compl&egrave;te &eacute;galit&eacute; entre les hommes et les femmes.<br />
<br />
L&agrave; o&ugrave; le cas de madame Ambrose devient int&eacute;ressant - et outrageant - c'est qu'elle ne g&egrave;re pas un portefeuille minist&eacute;riel de second rang, qui consisterait &agrave; &eacute;grainer ici ou l&agrave; des enveloppes budg&eacute;taires et couper des rubans. Elle est, au sein du gouvernement, celle qui doit se faire la d&eacute;fenderesse de l'un de ces id&eacute;aux d&eacute;mocratiques &eacute;voqu&eacute;s plus haut: celui de la libert&eacute; des femmes &agrave; disposer de leur propre corps et de choisir si, oui ou non, elles veulent porter et mettre au monde un enfant. <br />
<br />
En se levant avant-hier et en donnant son appui &agrave; la motion de son coll&egrave;gue conservateur, non seulement a-t-elle pos&eacute; un geste questionnable philosophiquement - quoi que, comme le disent Martineau et Durocher, elle a tout a fait droit &agrave; sa propre opinion - mais du m&ecirc;me coup, elle est venue saper l'un des id&eacute;aux port&eacute;s par son propre minist&egrave;re. Un peu comme si - toutes proportions gard&eacute;es - le ministre de la Culture et de la Charte de la langue fran&ccedil;aise se levait, &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale, afin d'appuyer une motion remettant en cause la loi 101, pourtant au c&oelig;ur de la pr&eacute;servation de notre identit&eacute; depuis pr&egrave;s de quarante ans. C'est la m&ecirc;me logique de valeurs qui sous-tend le cas de madame Ambrose... <br />
<br />
Et c'est en ce sens o&ugrave; beaucoup d'associations r&eacute;clament, et &agrave; juste titre selon moi, la d&eacute;mission de madame Ambrose: si elle est en d&eacute;saccord avec l'une de ces valeurs collectives que nous nous sommes donn&eacute;es et qui doivent s'incarner au travers de son propre minist&egrave;re, qu'elle remette aujourd'hui sa d&eacute;mission et qu'elle redevienne une &laquo;simple&raquo; d&eacute;put&eacute;e. &Agrave; ce moment, elle pourra accorder son vote &agrave; n'importe quelle pi&egrave;ce l&eacute;gislative qui aurait pour cons&eacute;quence de donner un statut l&eacute;gal au f&oelig;tus et donc, par la porte de derri&egrave;re, donner des assises juridiques &agrave; ceux qui voudront reposer la question de l'acc&egrave;s &agrave; la contraception. Parce que c'&eacute;tait bien l&agrave; l'objectif de cette motion ...<br />
<br />
Je ne sais sinc&egrave;rement ce qui est le plus pitoyable dans toute cette histoire entourant le vote de madame Ambrose. Le geste que la ministre a elle-m&ecirc;me pos&eacute;, ou la r&eacute;action &eacute;pidermique de nos chroniqueurs qui y ont vu une occasion de plus afin d'&eacute;corcher la gauche et de retomber dans les m&ecirc;mes lubies qui sont de plus en plus partag&eacute;es par les vedettes qu&eacute;b&eacute;coises de l'opinion instantan&eacute;e. Voyez-vous, Monsieur Martineau, Madame Durocher (vous permettrez que je m'adresse directement &agrave; eux ?), le fondement des attaques port&eacute;es &agrave; l'endroit de madame Ambrose ne r&eacute;side pas sur l'axe gauche-droite. <br />
<br />
Bien s&ucirc;r que des f&eacute;ministes peuvent &ecirc;tre de droite, Monsieur Martineau! Malheureusement pour vous - et pour votre brillante d&eacute;monstration rh&eacute;torique de neuf phrases - je ne crois pas, par exemple, que madame Julie Miville-Dech&ecirc;ne soit l'exemple type de la militante enrag&eacute;e voulant br&ucirc;ler son soutien-gorge et jeter &agrave; bas le capitalisme! &Ecirc;tre f&eacute;ministe - et je revendique cette &eacute;tiquette autant pour les hommes que pour les femmes - c'est avant tout s'entendre sur certaines valeurs. Le d&eacute;bat qui nous pr&eacute;occupe repose sur une question de valeurs intrins&egrave;ques, qui transcendent les spectres politiques et qui fondent notre vie en soci&eacute;t&eacute;. Voyez-vous, la nature a fait en sorte que jamais je n'aurai &agrave; assumer la responsabilit&eacute; de devoir porter et mettre au monde un enfant. C'est pour cette raison, qu'en tant qu'homme, je ne peux concevoir que l'on puisse dicter le choix des femmes sur une question aussi fondamentale et, dans cette optique, je d&eacute;fendrai toujours leur droit &agrave; choisir librement d'acc&eacute;der ou non &agrave; la maternit&eacute;. <br />
<br />
Comme je d&eacute;fendrai toujours, en vertu de ces m&ecirc;mes grands principes, votre propre droit &agrave; vous exprimer sur la place publique, f&ucirc;t-ce m&ecirc;me pour dire des conneries. Tentez, cependant, de ne pas trop en abuser ...<br />
<br />
<em>Voyez les galeries photos de nos coll&egrave;gues du <em>HuffPost Canada</em>:</em><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--253300--HH><br><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--222937--HH>]]></content>
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    <title>États-Unis 2012: Les faucons démocrates</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/obama-monde-arabe_b_1890524.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1890524</id>
    <published>2012-09-17T11:25:50-04:00</published>
    <updated>2012-11-17T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Lors de son élection en 2008, les progressistes américains s'étaient enthousiasmés à l'idée de voir le premier président noir entrer à la Maison blanche. Cela était d'autant plus emballant que ce président avait sous le bras un agenda audacieux dont l'objectif était, entre autres, de restaurer l'image des États-Unis de par le monde, mise à mal par la politique unilatéraliste et agressive de George W. Bush. Or, quatre années plus tard, et aux yeux de bons nombres d'observateurs, la politique extérieure et militaire du président démocrate non seulement s'inscrit dans la lignée de son prédécesseur, mais sur bien des points, elle aura été poussée à un nouveau niveau de violence et de secret.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[La sc&egrave;ne est dans la plus pure tradition des rassemblements de campagne am&eacute;ricains: une estrade festonn&eacute;e de banni&egrave;res &eacute;toil&eacute;es avec, en arri&egrave;re-plan, des spectateurs conquis et brandissant de petites pancartes aux couleurs de la campagne pr&eacute;sidentielle de 2012. Un Joe Biden fougeux, en bras de chemise, monte sur la sc&egrave;ne et salue les personnes qui sont venues l'entendre de son resplendissant sourire &laquo; Pepsodent &raquo;. <br />
<br />
Et l&agrave;, au d&eacute;tour d'une phrase ventant le bilan de l'administration d&eacute;mocrate, le vice-pr&eacute;sident lance: &laquo;<a href="http://www.cbsnews.com/8301-503544_162-57505234-503544/biden-we-are-better-off-bin-laden-is-dead-and-general-motors-is-alive/" target="_hplink"> Bin Laden is dead! General Motors is alive! </a>&raquo;, soulevant les cris enthousiastes des partisans d&eacute;mocrates, alors m&ecirc;me que les &Eacute;tats-Unis s'appr&ecirc;taient &agrave; comm&eacute;morer le onzi&egrave;me anniversaire des attentats de 2001. Un homme - terroriste et criminel, certes - a &eacute;t&eacute; tu&eacute;, mais rassurez-vous, bonnes gens! Nous continuons de produire des voitures! Ce m&ecirc;me &laquo; slogan &raquo; douteux avait &eacute;t&eacute; entonn&eacute; lors de la convention d&eacute;mocrate il y a quelques jours &agrave; peine, en Caroline du Nord, avec le m&ecirc;me effet. C'est un profond malaise qui m'a habit&eacute; &agrave; la vue de cette image de campagne; malaise de voir la vie et la dignit&eacute; humaine, fut-ce m&ecirc;me celle d'un terroriste, &ecirc;tre mise sur le m&ecirc;me plan que la fabrication de voitures. En 2011, la Maison blanche, par souci d'humanisme et de dignit&eacute;, mais aussi par prudence politique, avait refus&eacute; la diffusion des images du cadavre de Ben Laden. Aujourd'hui, rompant avec cette attitude, elle en fait un argument de vente grossier pour la campagne d'un pr&eacute;sident qui, sur le front de la politique ext&eacute;rieure, aura manqu&eacute; &agrave; la plupart de ses engagements.<br />
<br />
<em><strong>Commander in chief</strong><br />
</em><br />
Lors de son &eacute;lection en 2008, les progressistes am&eacute;ricains s'&eacute;taient enthousiasm&eacute;s &agrave; l'id&eacute;e de voir le premier pr&eacute;sident noir entrer &agrave; la Maison blanche. Cela &eacute;tait d'autant plus emballant que ce pr&eacute;sident avait sous le bras un agenda audacieux dont l'objectif &eacute;tait, entre autres, de restaurer l'image des &Eacute;tats-Unis de par le monde, mise &agrave; mal par la politique unilat&eacute;raliste et agressive de George W. Bush. Or, quatre ann&eacute;es plus tard, et aux yeux de bons nombres d'observateurs, la politique ext&eacute;rieure et militaire du pr&eacute;sident d&eacute;mocrate non seulement s'inscrit dans la lign&eacute;e de son pr&eacute;d&eacute;cesseur, mais sur bien des points, elle aura &eacute;t&eacute; pouss&eacute;e &agrave; un nouveau niveau de violence et de secret. <br />
<br />
Le candidat qui avait promis de fermer la prison de Guantanamo en 2008, ce triste symbole de l'arbitraire militaire, a &eacute;t&eacute; incapable de le faire en quatre ann&eacute;es de pouvoir. Celui qui saluait le &laquo;patriotisme&raquo; de ceux qui d&eacute;busquaient les mensonges et documents litigieux de la D&eacute;fense a, une fois &eacute;lu, lanc&eacute; une v&eacute;ritable traque &agrave;<a href="http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2012/apr/11/obama-administration-whistleblowers-paul-harris" target="_hplink"> ces &laquo;whistleblowers&raquo; qui ont tant d&eacute;fray&eacute; la manchette</a>, en Am&eacute;rique comme en Europe (Assange), par l'adoption de plusieurs pi&egrave;ces l&eacute;gislatives dont l'Espionage Act ou le Homeland Battlefield Bill. Lois qui par ailleurs <a href="http://www.truthdig.com/report/item/criminalizing_dissent_20120813/" target="_hplink">sont faites de clair-obscur </a>et qui pourraient tr&egrave;s bien - c'est ce que craignent de nombreux intellectuels et chroniqueurs et <a href="http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201209/12/01-4573513-une-loi-antiterroriste-controversee-rejetee-en-partie.php?fb_action_ids=10151227390073698&amp;fb_action_types=og.recommends&amp;fb_source=aggregation&amp;fb_aggregation_id=288381481237582" target="_hplink">qu'un r&eacute;cent jugement a confirm&eacute;</a>- enfreindre les libert&eacute;s individuelles et avoir une port&eacute;e plus globale, notamment sur tous les mouvements contestataires aux &Eacute;tats-Unis. Possibilit&eacute; qui, &agrave; la lumi&egrave;re des r&eacute;cents &eacute;v&eacute;nements d' &laquo;Occupy Wall Street&raquo;, rev&ecirc;t un caract&egrave;re probabiliste encore plus marqu&eacute; dans l'esprit de plusieurs ...<br />
<br />
Mais Barack Obama, c'est aussi le pr&eacute;sident qui n'a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; d&eacute;ployer avec encore plus d'emphase un nouveau concept de guerre &agrave; distance, par l'assassinat cibl&eacute; <a href="http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/jun/11/obama-drone-wars-normalisation-extrajudicial-killing" target="_hplink">&agrave; l'aide de drones t&eacute;l&eacute;guid&eacute;s</a>, violant les fronti&egrave;res de nombreux &Eacute;tats africains et proche-orientaux. Des attaques a&eacute;riennes qui se sont d&eacute;multipli&eacute;es dans les derni&egrave;res ann&eacute;es, ordonn&eacute;es par le pr&eacute;sident lui-m&ecirc;me qui consulterait quotidiennement, selon certaines sources, une &laquo;kill list&raquo; constitu&eacute;e de pr&eacute;sum&eacute;s terroristes. Cette guerre des drones non seulement a-t-elle &eacute;t&eacute; &eacute;tendue, mais elle a caus&eacute; la mort de milliers de victimes civiles, ces dommages &laquo; collat&eacute;raux &raquo; anonymes dont aucun bulletin de nouvelles ne parle et qui pourtant, dans de nombreux pays, nourrissent la haine des populations locales envers un pays consid&eacute;r&eacute; comme une puissance lointaine et imp&eacute;rialiste. <br />
<br />
L'ampleur des manifestations insens&eacute;es qui secouent de nombreuses villes du Proche-Orient ces derniers jours, suite &agrave; la diffusion d'un film dont la b&ecirc;tise n'a d'&eacute;gal que le manque de jugement des auteurs, r&eacute;v&egrave;le bien l'&eacute;tat lamentable des relations entre les &Eacute;tats-Unis et les peuples du monde arabe. Barack Obama non seulement s'est montr&eacute; aussi dur que son pr&eacute;d&eacute;cesseur r&eacute;publicain quant &agrave; la poursuite de la &laquo;guerre &agrave; la terreur&raquo;, mais il a utilis&eacute; de nouveaux pouvoirs conf&eacute;r&eacute;s au pr&eacute;sident am&eacute;ricain et qui lui permettent de supprimer, purement et simplement, toute personne - fusse-t-elle citoyenne am&eacute;ricaine et donc prot&eacute;g&eacute;e par la Constitution - soup&ccedil;onn&eacute;e d'activit&eacute; terroriste. C'est le cas notamment du jeune Abdulrahman Awlaki, seize ans, citoyen am&eacute;ricain n&eacute; &agrave; Denver et tu&eacute; sur ordre, comme son p&egrave;re (lui aussi Am&eacute;ricain) lors de l'un de ces assassinats cibl&eacute;s dans la p&eacute;ninsule arabique. Quid de l'habeas corpus et des droits fondamentaux &agrave; la d&eacute;fense et &agrave; une justice &eacute;quitable, fondements m&ecirc;mes de la d&eacute;mocratie am&eacute;ricaine et dont le pr&eacute;sident a la charge?<br />
<br />
<iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/c6bgwZGZiIo" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=c6bgwZGZiIo" target="_hplink"> Il faut revoir le porte-parole de la Maison blanche se faire griller par un journaliste d'ABC</a> &agrave; propos de l'assassinat de citoyens am&eacute;ricains pour saisir l'apparente immoralit&eacute; et le caract&egrave;re extr&ecirc;mement litigieux de ces d&eacute;cisions. Des actes difficilement conciliables avec l'ancienne vie de professeur de droit constitutionnel de l'actuel &laquo;commander in chief&raquo;... <br />
<br />
Obama promettait en 2008 de restaurer l'image des &Eacute;tats-Unis aux yeux du monde. Force est de constater, &agrave; la lumi&egrave;re de tous ces &eacute;l&eacute;ments, que le bilan n'est gu&egrave;re reluisant. Dans un pays o&ugrave; l'on peine &agrave; se relever de la derni&egrave;re temp&ecirc;te &eacute;conomique, alors que le tissu industriel se d&eacute;lite et que des millions d'Am&eacute;ricains peinent &agrave; trouver un emploi, &agrave; se faire soigner ou &agrave; avoir acc&egrave;s aux &eacute;tudes sup&eacute;rieures, il y a quelque chose d'ind&eacute;cent &agrave; voir l'administration d&eacute;mocrate jouer les faucons et tenter de faire miroiter, encore aujourd'hui, l'illusion de la puissance des &Eacute;tats-Unis. Comme quoi, au-del&agrave; des administrations et de la pr&eacute;sidence, il y a quelque chose de fondamentalement bris&eacute; dans ce pays ...]]></content>
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    <title>Why the Parti Quebecois Has Far From Won</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/quebec-election-_b_1858988.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1858988</id>
    <published>2012-09-05T16:17:38-04:00</published>
    <updated>2012-11-05T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[The Parti Quebecois' slim victory has a bitter taste this morning, made even worse because of the sad and deplorable events in Montreal. This victory does not give the PQ the margin it needs to carry out its platform. Yesterday's disappointing results reflect well the mood of a very unenthusiastic population and separatist electorate that are still struggling to see themselves as part of the party that will form the next government, despite nine years of Liberal rule.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[<strong>The PQ Facing Itself</strong><br />
<br />
So there you have it. The general elections <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/09/04/les-resultats-en-direct-elections-quebec_n_1843270.html?utm_hp_ref=canada-quebec" target="_hplink">are now a thing of the past</a> and in a few days, Pauline Marois will become the<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/09/05/pauline-marois-un-discours-de-conciliation_n_1857084.html?utm_hp_ref=canada-quebec" target="_hplink"> first woman</a> to occupy the position of prime minister in Quebec. Nearly 10 years after electoral defeat in 2003, this marks a return to power for a political party that has struggled, for a number of years, to win back the hearts of Quebecers and to clearly redefine its political path. <br />
<br />
Yesterday's slim victory (less than 1 per cent difference with the PLQ, four more seats) has a bitter taste this morning, made even worse because of the sad and deplorable events at the Metropolis. This victory does not give the PQ the margin it needs to carry out its platform. And especially, yesterday's disappointing results reflect well the mood of a very unenthusiastic population and separatist electorate that are still struggling to see themselves as part of the party that will form the next government, despite nine years of Liberal rule. So, today, as it is called to take over, the PQ needs to do a preliminary political assessment. <br />
<br />
<strong>Worn-out Democracy</strong><br />
<br />
Rarely has the dilapidated state of our democratic establishment appeared more clearly than it has during this election. Parties calling for "strategic voting," to "block" a party rather than elect another one, and carrying out campaigns based on fear, rather than appealing to our reason or convincing us of their platform's values. A campaign where blaming smaller parties became a sales pitch, rather than trying to understand the reasons why thousands of Quebecers decided to look elsewhere and find new leaders. <br />
<br />
Elections where the major media organizations kept the voices of non-institutionalized political organizations from being heard, even as some of their representatives shone by their absence in the debates organized by the major networks, despite the fact that they were represented in our National Assembly. And especially an election that elected a party that, despite having been rejected by close to 70 per cent of the population, will be able to exercise, either fully or partially, the reality of power in the coming months...<br />
<br />
In 1970, the Parti Qu&eacute;b&eacute;cois made a formal commitment, in its election platform, <a href="http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/carrefour/201106/16/01-4409859-la-reforme-du-mode-de-scrutin-evacuee-du-programme-du-pq.php" target="_hplink">to reform</a> the voting system and our institutions by explicitly giving more weight to proportionality. There was a commitment to reforming this system that Ren&eacute; L&eacute;vesque himself considered appalling, so that it would be more representative of the popular will, expressed through voting. Forty-two years later, and despite having spent 18 years in power, not only has the PQ never reformed this outdated voting system, but election reform has even been officially eliminated from its election platform, deferring instead to a commission charged with continuing the work already done by the Commission formerly led by Jean-Pierre Charbonneau. What would be needed, however, to finally come to the end of the issue, would be the political courage to apply its conclusions...<br />
<br />
There was something tragic about seeing the PQ make voters feel guilty about choosing to support Qu&eacute;bec Solidaire or Option Nationale. They were accused of helping Jean Charest or Fran&ccedil;ois Legault's campaigns, or of hurting the cause of Quebec independence, and there was no effort to understand the profound reasons for their political choices. No one leaves a political party without a heavy heart, especially when starting down the long Damascus road of forming a "third party" in our British bipartisan system.<br />
<br />
The PQ needs to understand that at a moment where public opinion is not split between two opinions, but spread across a political spectrum that covers a number of issues and preoccupations (of which yesterday's results is a brilliant illustration), it would have been to their advantage to favour a voting reform that would have given representation to the other progressive and separatist political groups. <br />
<br />
That would have been, in my opinion, a clear sign of maturity and a strong message sent to the citizens of Quebec: your vote counts! A strong message sent to Quebecers to tell them that our National Assembly will no longer be an arena for pitiful partisan games, but will be capably led by a governmental coalition uniting Parti Qu&eacute;b&eacute;cois, Solidaire or Opinion members alike.<br />
<br />
At a time when profound social and political change is needed, how is it even possible to impose any one vision and rely on a short period of supposed "popular legitimacy" when 68 per cent of Quebecers have, in reality, turned their backs on the new government? Election reform seems even more necessary today than it was before. Our democracy and the normal evolution of our institutions have been ready for it for a long time.<br />
<br />
<strong>The Obligation not to Disappoint</strong><br />
<br />
After a month-long campaign which sent out sometimes contradictory messages, (was it an election <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2012/201208/08/01-4563376-pauline-marois-en-appelle-aux-federalistes-fatigues.php" target="_hplink">against Charest</a>, an election <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2012/201208/26/01-4568245-conservateurs-souverainistes-marois-corrige-le-tir.php" target="_hplink">pitting progressives against conservatives</a>, or a vote in favour of independence?) and with somewhat conflicting commitments (asbestos, referendums on grassroots initiatives, etc.), the PQ will have to show a lot of confidence if it is to survive in a minority position. The latest federal situation showed us that confidence and determination, much more than moderation and cooperation, are the best weapons when facing an opposition that is certainly in the majority, but is also often cautious to defeat the government and send the population back to the voting booths. Even though everyone is quick to parade around flexing their muscles, no one wants the awful responsibility of explaining to voters why parliament is dysfunctional... Like Danton once said, what the PQ needs is audacity, more audacity, and ever more audacity!<br />
<br />
Since Lucien Bouchard's government, PQ support has slowly whittled away, election by election, year by year. From nearly 43 per cent in 1998, they were at 35 per cent in 2008, after a low of 28 per cent in 2007. Yesterday, Pauline Marois' party received 31.94 per cent of the vote. Lucien Bouchard's application of a 0 deficit policy caused a slow migration of a number of left-wing voters towards the UFP and l'Option Citoyenne, which would merge to give birth to Qu&eacute;bec Solidaire, who succeeded in defeating Nicolas Girard in Gouin. <br />
<br />
The PQ's ambiguity on the national question ("winning conditions," "moral assurance of winning," "separatist government") prompted a number of militants to leave, these "caribous" Fran&ccedil;ois Legault mentioned, who found a new forum with Option Nationale. All these people didn't come home on September 4, and the only things the PQ could count on for victory was a split in the federalist vote and the weariness of the population. It will take more than the repetition of a few incantations for the PQ to rebuild, little by little, a larger electoral base; if they don't change and try to understand the motivations of separatists who've left the fold, the PQ will be doomed to be in competition with QS and ON in the coming months and years. <br />
<br />
They have one card left to play. If Pauline Marois were to unambiguously reconnect with the social-democratic roots of her party, rather than limiting herself to a well-meaning rigorous centrist line; if the PQ were in spite of it all to engage in the pedagogy of independence, instead of starting a referendum process; if the PQ could ignore egotistic considerations of numbers of seats to finally get beyond cosmetic changes (fixed-date elections, reduction of contributions) and propose a rebuilding of our democratic system; yes, if they did all that, it could breathe new life into the PQ. Especially, the determination and commitment of the new prime minister on a number of issues could quickly allow her to lay the political groundwork for a campaign in which she could obtain the parliamentary majority she lacks today. <br />
<br />
Too many times, the PQ has disappointed the population and those who had placed their hope in their actions. Too many times, partisan politics and excessive prudence weakened its political momentum. The PQ has the duty not to disappoint and this will be an even more difficult task as a minority government. If it was to once again fall short of its commitments or go back on its fundamental principles, it would suffer the same fate as Daniel Johnson's Union Nationale, who slowly disappeared from our political landscape after a brief and fleeting increase in momentum. Today, the PQ is alone, facing itself.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--248545--HH><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--248548--HH>]]></content>
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    <title>Le PQ face à lui-même</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/victoire-pq_b_1857761.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1857761</id>
    <published>2012-09-05T11:03:56-04:00</published>
    <updated>2012-11-05T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[La courte victoire d'hier (moins de 1% de différence avec le PLQ, quatre sièges d'écart) a un goût doux amer ce matin, d'autant plus avec les événements tristes et déplorables du Métropolis. Cette victoire n'offre pas au PQ les marges de manœuvre nécessaires à la réalisation de son programme. Surtout, les résultats décevants d'hier traduisent bien l'état d'esprit d'une population et d'un électorat souverainiste peu enthousiasteset qui peinent encore à se reconnaître dans le parti qui formera le prochain gouvernement et ce, malgré neuf années de règne libéral. Aujourd'hui, alors qu'il est appelé aux commandes, le PQ se doit de faire un premier bilan politique.]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[&Ccedil;a y est. Les &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales sont d&eacute;sormais<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/09/04/les-resultats-en-direct-elections-quebec_n_1843270.html?utm_hp_ref=canada-quebec" target="_hplink"> choses du pass&eacute;</a> et Pauline Marois deviendra dans quelques jours<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/09/05/pauline-marois-un-discours-de-conciliation_n_1857084.html?utm_hp_ref=canada-quebec" target="_hplink"> la premi&egrave;re femme</a> &agrave; occuper le poste de premier ministre du Qu&eacute;bec.Pr&egrave;s de dix ans apr&egrave;s la d&eacute;faite &eacute;lectorale de 2003, il s'agit donc d'un retour au pouvoir pour un parti qui peine, depuis de nombreuses ann&eacute;es, &agrave; reconqu&eacute;rir le c&oelig;ur des Qu&eacute;b&eacute;cois et clairement red&eacute;finir ses orientations politiques. La courte victoire d'hier (moins de 1% de diff&eacute;rence avec le PLQ, quatre si&egrave;ges d'&eacute;cart) a un go&ucirc;t doux amer ce matin, d'autant plus avec les &eacute;v&eacute;nements tristes et d&eacute;plorables du M&eacute;tropolis. Cette victoire n'offre pas au PQ les marges de man&oelig;uvre n&eacute;cessaires &agrave; la r&eacute;alisation de son programme. Surtout, les r&eacute;sultats d&eacute;cevants d'hier traduisent bien l'&eacute;tat d'esprit d'une population et d'un &eacute;lectorat souverainiste peu enthousiastes et qui peinent encore &agrave; se reconna&icirc;tre dans le parti qui formera le prochain gouvernement et ce, malgr&eacute; neuf ann&eacute;es de r&egrave;gne lib&eacute;ral. Aujourd'hui, alors qu'il est appel&eacute; aux commandes, le PQ se doit de faire un premier bilan politique.<br />
<br />
<strong>Une d&eacute;mocratie us&eacute;e<br />
</strong><br />
Rarement l'&eacute;tat de d&eacute;cr&eacute;pitude de notre &eacute;difice d&eacute;mocratique ne nous aura apparu plus flagrant que durant cette &eacute;lection. Des partis qui en appellent au &laquo; vote strat&eacute;gique &raquo;, &agrave; &laquo; bloquer &raquo; un parti plut&ocirc;t que d'en &eacute;lire un autre et qui proc&egrave;dent &agrave; des campagnes de peur, plut&ocirc;t que d'en appeler &agrave; notre raison ou de nous convaincre par les valeurs de leur programme. Une campagne o&ugrave; l'on aura fait de la culpabilisation des petits partis un argument de vente, plut&ocirc;t que de tenter de comprendre les raisons qui ont pouss&eacute; des milliers de Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; regarder ailleurs et &agrave; chercher de nouveaux porteurs de projets. Des &eacute;lections o&ugrave; les grands m&eacute;dias auront &eacute;touff&eacute; la voix des formations politiques non-institutionnalis&eacute;es, alors que certains de leurs repr&eacute;sentants brillaient par leur absence aux d&eacute;bats organis&eacute;s par les grands r&eacute;seaux, malgr&eacute; le fait qu'elles soient repr&eacute;sent&eacute;es au sein m&ecirc;me de notre Assembl&eacute;e nationale. Et surtout, une &eacute;lection qui couronnera un parti qui, malgr&eacute; le fait qu'il soit rejet&eacute; par pr&egrave;s de 70% de la population, pourra exercer, dans sa totalit&eacute; ou non, la r&eacute;alit&eacute; du pouvoir dans les prochains mois...<br />
<br />
En 1970, le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois s'engageait formellement, dans son programme &eacute;lectoral, &agrave; <a href="http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/carrefour/201106/16/01-4409859-la-reforme-du-mode-de-scrutin-evacuee-du-programme-du-pq.php" target="_hplink">r&eacute;former le mode de scrutin et nos institutions</a> en faisant explicitement une place plus grande &agrave; la proportionnalit&eacute;. L'on s'y engageait &agrave; r&eacute;former ce syst&egrave;me que Ren&eacute; L&eacute;vesque lui-m&ecirc;me jugeait infect afin qu'il soit plus repr&eacute;sentatif de la volont&eacute; populaire, exprim&eacute;e par les suffrages. Quarante-deux ann&eacute;es plus tard, et malgr&eacute; dix-huit ann&eacute;es pass&eacute;es au pouvoir, non seulement le PQ n'a jamais r&eacute;form&eacute; ce mode de scrutin d&eacute;suet, mais il a m&ecirc;me &eacute;vacu&eacute; formellement sa r&eacute;forme de son programme &eacute;lectoral, s'en remettant plut&ocirc;t &agrave; une commission qui serait charg&eacute;e de reprendre encore une fois les travaux d&eacute;j&agrave; effectu&eacute;s par la Commission jadis dirig&eacute;e par Jean-Pierre Charbonneau. Il suffirait pourtant, afin de trancher la question, d'avoir le courage politique d'en appliquer les conclusions...<br />
<br />
Il y avait quelque chose de path&eacute;tique &agrave; voir le PQ culpabiliser les &eacute;lecteurs ayant choisi de donner leur appui &agrave; Qu&eacute;bec solidaire ou Option nationale. On leur reprochait de favoriser l'&eacute;lection de Jean Charest ou de Fran&ccedil;ois Legault, ou m&ecirc;me de nuire &agrave; la r&eacute;alisation de l'ind&eacute;pendance du Qu&eacute;bec, plut&ocirc;t que de tenter de comprendre les raisons profondes de leurs choix politiques. L'on ne quitte jamais un parti de gait&eacute; de c&oelig;ur, encore moins lorsque l'on s'aventure sur ce long chemin de Damas qu'est la formation d'un &laquo; tiers parti &raquo; dans notre syst&egrave;me britannique bipartisan. <br />
<br />
Le PQ devrait comprendre qu'au moment o&ugrave; l'opinion publique n'est plus camp&eacute;e entre deux options, mais bien partag&eacute;e dans un spectre politique qui balaie de nombreux enjeux ou pr&eacute;occupations (le r&eacute;sultat d'hier en est une illustration brillante), il aurait eu avantage &agrave; favoriser une r&eacute;forme du mode de scrutin qui aurait donn&eacute; une repr&eacute;sentation aux autres formations politiques souverainistes et progressistes. Cela aurait &eacute;t&eacute;, &agrave; mon sens, un signe de maturit&eacute; &eacute;vident et un message fort envoy&eacute; aux citoyens du Qu&eacute;bec : votre vote compte! Un message fort envoy&eacute; aux Qu&eacute;b&eacute;cois pour leur dire que notre Assembl&eacute;e nationale ne sera plus le th&eacute;&acirc;tre de ces joutes partisanes pitoyables, mais sera bien dirig&eacute;e par une coalition gouvernementale regroupant tant les p&eacute;quistes que les solidaires ou les optionistes. <br />
<br />
Au moment o&ugrave; nous devons proc&eacute;der &agrave; de profonds changements sociaux et politiques, comment imposer une quelconque vision et s'appuyer virtuellement sur une courte &laquo; l&eacute;gitimit&eacute; populaire &raquo; alors que 68% des Qu&eacute;b&eacute;cois ont, dans les faits, tourn&eacute; le dos au nouveau gouvernement? La r&eacute;forme du mode de scrutin appara&icirc;t aujourd'hui, encore plus qu'hier, n&eacute;cessaire. Notre d&eacute;mocratie et l'&eacute;volution normale de nos institutions y sont pr&eacute;par&eacute;es depuis longtemps.<br />
<br />
<strong>L'obligation de ne pas d&eacute;cevoir<br />
</strong><br />
Apr&egrave;s un mois d'une campagne convenue aux messages parfois contradictoires (<a href="http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2012/201208/08/01-4563376-pauline-marois-en-appelle-aux-federalistes-fatigues.php" target="_hplink">&eacute;tait-ce une &eacute;lection contre Charest,</a> une &eacute;lection <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2012/201208/26/01-4568245-conservateurs-souverainistes-marois-corrige-le-tir.php" target="_hplink">entre progressistes et conservateurs</a> ou un scrutin en vue de r&eacute;aliser l'ind&eacute;pendance?) et aux engagements parfois invers&eacute;s (amiante, r&eacute;f&eacute;rendums d'initiative populaire, etc.), le PQ devra faire preuve d'un r&eacute;el aplomb s'il esp&egrave;re survivre dans une situation minoritaire. La derni&egrave;re exp&eacute;rience f&eacute;d&eacute;rale nous aura r&eacute;v&eacute;l&eacute; que l'aplomb et la d&eacute;termination, bien plus que la mod&eacute;ration et la concertation, sont souvent les meilleures armes face &agrave; une opposition certes majoritaire, mais souvent frileuse &agrave; renverser un gouvernement et replonger la population en &eacute;lections. Si tous sont prompts &agrave; parader et montrer leurs muscles, personne ne veut porter l'odieux de devoir expliquer aux &eacute;lecteurs les raisons du disfonctionnement du parlement... Comme disait Danton, il faudra au PQ de l'audace, de l'audace, encore de l'audace! <br />
<br />
Depuis le gouvernement de Lucien Bouchard, les appuis du PQ se sont lentement &eacute;tiol&eacute;s, d'&eacute;lection en &eacute;lection, d'ann&eacute;e en ann&eacute;e. De pr&egrave;s de 43% en 1998, ils &eacute;taient &agrave; 35% en 2008, apr&egrave;s un creux de 28% en 2007.Hier, le parti de Pauline Marois recueillait 31,94% des suffrages. L'application du d&eacute;ficit 0 par Lucien Bouchard a fait migrer, petit &agrave; petit, nombre d'&eacute;lecteurs de gauche vers l'UFP et Option citoyenne qui allaient donner naissance, en se fusionnant, &agrave; Qu&eacute;bec solidaire qui a r&eacute;ussit a d&eacute;faire Nicolas Girard dans Gouin. L'ambig&uuml;it&eacute; du PQ &agrave; propos de la question nationale (&laquo; conditions gagnantes &raquo;, &laquo; assurance morale de gagner &raquo;, &laquo; gouvernance souverainiste &raquo;) a provoqu&eacute; le d&eacute;part de nombreux militants, ces &laquo; caribous &raquo; dont parlait Fran&ccedil;ois Legault, qui se sont dot&eacute;s d'un nouveau v&eacute;hicule avec Option nationale. Tous ces gens ne sont pas revenus au bercail le 4 septembre et le PQ n'a pu compter que sur la division du vote f&eacute;d&eacute;raliste et la lassitude de la population afin d'arracher un gouvernement. Il faudra plus que des formules incantatoires pour que le PQ puisse reb&acirc;tir, petit &agrave; petit, une base &eacute;lectorale plus large; &agrave; d&eacute;faut de changer et de comprendre les motivations des souverainistes en rupture de banc, le PQ est condamn&eacute; &agrave; voir QS et ON lui faire comp&eacute;tition dans les mois et ann&eacute;es &agrave; venir. Il lui reste, cependant, une derni&egrave;re carte. Si Pauline Marois devait renouer clairement dans les prochains mois avec les racines social-d&eacute;mocrates de sont parti, plut&ocirc;t que de s'enferrer dans le discours rigoriste du centre bien pensant ; si le PQ devait malgr&eacute; tout reprendre la p&eacute;dagogie de l'ind&eacute;pendance, &agrave; d&eacute;faut de pouvoir enclencher un processus r&eacute;f&eacute;rendaire; si le PQ devait ignorer les consid&eacute;rations &eacute;go&iuml;stes de sa d&eacute;putation pour enfin aller au-del&agrave; des mesures cosm&eacute;tiques (&eacute;lections &agrave; date fixe, abaissement des contributions) et proposer une refondation de notre syst&egrave;me d&eacute;mocratique ; oui, si le PQ devait faire tout cela, il pourrait conna&icirc;tre une seconde vie. Surtout, la d&eacute;termination et l'engagement de la nouvelle premi&egrave;re ministre sur de nombreux dossiers pourraient rapidement lui permettre de jeter les bases politiques sur lesquelles mener campagne afin de d&eacute;crocher la majorit&eacute; parlementaire qui lui fait aujourd'hui d&eacute;faut.<br />
<br />
Trop de fois le PQ a d&eacute;&ccedil;u la population et ceux qui avaient mis leurs espoirs en son action. Trop de fois, la partisannerie et l'exc&egrave;s de prudence sont venus affaiblir son &eacute;lan politique. Le PQ a le devoir de ne pas d&eacute;cevoir et cette t&acirc;che sera d'autant plus difficile en situation minoritaire. S'il devait encore manquer &agrave; ses engagements ou renier ses principes fondamentaux, il conna&icirc;tra le sort de ces formations qui, comme l'Union nationale de Daniel Johnson, sont lentement disparues de notre paysage politique apr&egrave;s un bref et fugace regain d'&eacute;nergie. Le PQ est aujourd'hui seul, face &agrave; lui-m&ecirc;me.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--248534--HH><br />
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<HH--236SLIDEEXPAND--248409--HH><br />
<br><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--242234--HH><br />
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<HH--236SLIDEEXPAND--242175--HH>]]></content>
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    <title>Recteurs: un courant d'air de 300 000$</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-luc-brisson/rentree-universitaire_b_1839006.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1839006</id>
    <published>2012-08-29T09:16:35-04:00</published>
    <updated>2012-10-29T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Alors que la grève étudiante se répandait sur les campus universitaires et que des dizaines de milliers de manifestants battaient le pavé à Montréal comme ailleurs au Québec, nos recteurs, pourtant à la tête de nos établissements d'enseignement et donc les premiers concernés par la crise, se sont démarqués par leur discrétion. Tout au plus se sont-ils contentés, à deux ou trois reprises, d'ânonner la ligne officielle du gouvernement sur quelques plateaux de bulletins de nouvelles. Peur de sortir du rang?]]></summary>
    <author>
        <name>Pierre Luc Brisson</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/pierre-luc-brisson/"><![CDATA[La rentr&eacute;e universitaire est &agrave; peine entam&eacute;e que d&eacute;j&agrave;, les sc&egrave;nes d'intimidation et de grabuge se multiplient sur nos diff&eacute;rents campus. Ces deux derniers jours &agrave; l'Universit&eacute; de Montr&eacute;al, ce sont les policiers de l'escouade anti-&eacute;meute du SPVM qui ont investi les corridors de la respectable institution d'enseignement, proc&eacute;dant &agrave; l'arrestation de nombreux &eacute;tudiants. Au-del&agrave; des manifestations et des coups d'&eacute;clat (s&ucirc;rement discutables) de certains &eacute;tudiants, ces images de policiers capara&ccedil;onn&eacute;s - comme s'ils devaient faire face &agrave; une &eacute;meute violente! - d&eacute;ambulant dans les corridors d'une institution qui devrait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme un lieu &laquo; sacr&eacute; &raquo;, sont &agrave; mes yeux d'une violence symbolique inou&iuml;e. <br />
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Un lieu &laquo; sacr&eacute; &raquo; o&ugrave; le d&eacute;bat, le dialogue et la r&eacute;flexion devraient servir de mesure &agrave; toute chose. Un lieu o&ugrave; les diff&eacute;rents corps universitaires, tant le rectorat, le corps enseignant que les &eacute;tudiants, devraient avoir la responsabilit&eacute; d'assurer le calme et la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; de l'&eacute;tablissement mais surtout, d'&eacute;tablir un dialogue constructif garant de la vie universitaire. Si l'on peut certes questionner les agissements des uns et des autres, force est d'admettre qu'un acteur manque &agrave; l'appel : le recteur Guy Bretonde l'UdeMet ses diff&eacute;rents homologues des universit&eacute;s qu&eacute;b&eacute;coises.<br />
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Alors que la gr&egrave;ve &eacute;tudiante se r&eacute;pandait sur les campus universitaires et que des dizaines de milliers de manifestants battaient le pav&eacute; &agrave; Montr&eacute;al comme ailleurs au Qu&eacute;bec, nos recteurs, pourtant &agrave; la t&ecirc;te de nos &eacute;tablissements d'enseignement et donc les premiers concern&eacute;s par la crise, se sont d&eacute;marqu&eacute;s par leur discr&eacute;tion. Tout au plus se sont-ils content&eacute;s, &agrave; deux ou trois reprises, d'&acirc;nonner la ligne officielle du gouvernement sur quelques plateaux de bulletins de nouvelles. Peur de sortir du rang? Peur de se voir d&eacute;consid&eacute;rer en haut lieu ou crainte de voir les projecteurs de l'opinion publique et des m&eacute;dias se braquer sur leur administration parfois d&eacute;ficiente? Il y a s&ucirc;rement un peu de tout cela. <br />
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Ceux que Denise Bombardier comparait le printemps dernier (<em>Le Devoir</em>, 24 mars) &agrave; des &laquo; banquiers &raquo;, &agrave; des dirigeants d'institutions financi&egrave;res dont les &eacute;moluments se rapprochent bien souvent de v&eacute;ritables pr&eacute;bendes, devront in&eacute;vitablement faire leur examen de conscience une fois la poussi&egrave;re retomb&eacute;e. Ont-ils &eacute;t&eacute; &agrave; la hauteur de la mission qui leur est confi&eacute;e, eux qui bien souvent gagnent le double, voire le triple du salaire du premier ministre du Qu&eacute;bec? A-t-on jamais vu le recteur Breton s'asseoir devant ses &eacute;tudiants r&eacute;unis en assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale et tenter de les apaiser? A-t-on jamais entendu un appel au dialogue, une proposition de n&eacute;gociation ou une invitation &agrave; d&eacute;fricher de nouvelles possibilit&eacute;s quant &agrave; l'avenir de l'universit&eacute;? Mais surtout, comment concevoir qu'un homme - ou une femme bien &eacute;videmment - dont la carri&egrave;re devrait &ecirc;tre d&eacute;volue &agrave; l'enseignement, &agrave; la mission p&eacute;dagogique puisse accepter de laisser entrer l'anti-&eacute;meute dans l'antre de son universit&eacute;? <br />
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En sommes-nous vraiment rendus l&agrave; : l'universit&eacute; &laquo; centre commercial&raquo; <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201204/13/01-4515077-manifestation-etudiante-la-demande-dinjonction-de-ludem-est-rejetee.php" target="_hplink">(les mots m&ecirc;mes d'un avocat de l'UdeM</a>) donc l'acc&egrave;s pour les &laquo; consommateurs &raquo; est assur&eacute; par des policiers arm&eacute;s? Ces d&eacute;cisions sont non seulement d&eacute;plorables, elles sont insens&eacute;es! Nul doute que l'heure des bilans finira par sonner ...<br />
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Au Moyen &Acirc;ge et jusqu'&agrave; une &eacute;poque pas si recul&eacute;e, l'on avait coutume de conf&eacute;rer le titre de <em>Magnificence </em>aux recteurs des universit&eacute;s europ&eacute;ennes. Un poste de prestige, le rang le plus &eacute;lev&eacute; de la communaut&eacute; universitaire, souvent confi&eacute; &agrave; des gens dont le parcours acad&eacute;mique, scientifique et la vie professorale devaient &ecirc;tre les garants de leur capacit&eacute; &agrave; tenir le cap d'une institution fondamentale pour notre soci&eacute;t&eacute;. Ces gens ne recevaient probablement pas<a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/03/28/004-remuneration-recteurs-controverse.shtml" target="_hplink"> les 370 000$ de salaire d&eacute;volus au recteur de l'UdeM</a>, par exemple, ni ne se d&eacute;pla&ccedil;aient <a href="http://www.journaldemontreal.com/2012/07/09/une-lexus-aux-frais-de-luniversite" target="_hplink">&agrave; l'aide d'une Lexus de fonction</a> comme le font certains. Mais ils devaient cependant &ecirc;tre beaucoup plus dignes d'occuper leur charge - car oui, il s'agit d'un honneur mais aussi d'une responsabilit&eacute; importante - que ne le sont nos &laquo; administrateurs &raquo; qu&eacute;b&eacute;cois, qui se sont transform&eacute;sces derniers temps en v&eacute;ritables courants d'air dans les couloirs de nos rectorats. <br />
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L'institution universitaire est mise &agrave; mal par la judiciarisationdes conflits et l'intervention muscl&eacute;e des corps policiers sur nos campus. Une longue tradition d'ind&eacute;pendance et de s&eacute;r&eacute;nit&eacute; est en train de voler en &eacute;clats : Messieurs, Mesdames les recteurs(trices), o&ugrave; &ecirc;tes-vous?]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/748239/thumbs/s-UDM-SPVM-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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