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  <title>Michel Paillé</title>
  <link href="http://quebec.huffingtonpost.ca/author/index.php?author=michel-paille"/>
  <updated>2013-06-19T19:21:56-04:00</updated>
  <author>
    <name>Michel Paillé</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Michel Paillé</subtitle>
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    <title>Le «rapport Longpré» sur la francisation et l'intégration des immigrants</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3414136</id>
    <published>2013-06-11T23:40:11-04:00</published>
    <updated>2013-06-11T23:40:18-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Je nomme volontairement «Rapport Longpré», le livre d'une enseignante en francisation auprès des immigrants depuis 2007. Intitulé Québec cherche Québécois pour relation à long terme et plus - comprendre les enjeux de l'immigration, il est signé Tania Longpré. On y trouve plus de 30 recommandations concrètes très pertinentes,]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[Les d&eacute;put&eacute;s de l'Assembl&eacute;e nationale sollicitent parfois l'opinion des citoyens. Ceux-ci peuvent alors pr&eacute;senter, &agrave; diverses <em>Commissions parlementaires</em>, <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/participer-consultation-publique/produire-memoire.html" target="_hplink">un &laquo;m&eacute;moire&raquo; pour exprimer leur point de vue</a>. Alors qu'elle &eacute;tait d&eacute;put&eacute;e (1976-1989), <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/lavoie-roux-therese-4045/biographie.html" target="_hplink">Mme Th&eacute;r&egrave;se Lavoie-Roux</a> s'est r&eacute;f&eacute;r&eacute;e quelques fois, par inadvertance, au &laquo;rapport Henripin&raquo;. Comme il s'agissait d'un m&eacute;moire parmi d'autres, il m'a sembl&eacute; que ce lapsus avait donn&eacute; &agrave; <a href="http://demo.umontreal.ca/repertoire-departement/vue/henripin-jacques/" target="_hplink"> Jacques Henripin</a>, doyen des d&eacute;mographes au Qu&eacute;bec, une plus grande importance. <br />
<br />
Je nomme volontairement &laquo;Rapport Longpr&eacute;&raquo;, le livre d'une enseignante en francisation aupr&egrave;s des immigrants depuis 2007. Intitul&eacute; <a href="http://www.editions-stanke.com/quebec-cherche-quebecois-pour-relation-long-terme-plus/tania-longpre/livre/9782760411074" target="_hplink"><em>Qu&eacute;bec cherche Qu&eacute;b&eacute;cois pour relation &agrave; long terme et plus - comprendre les enjeux de l'immigration</em> </a>(Stank&eacute;), il est sign&eacute; Tania Longpr&eacute;. Comme on y trouve plus d'une trentaine de recommandations concr&egrave;tes tr&egrave;s pertinentes, je propose d'accueillir ce livre comme un rapport au gouvernement. Je regroupe ici la plupart des recommandations sous trois th&egrave;mes. <br />
<br />
<strong>Francisation obligatoire et financement </strong><br />
<br />
Consid&eacute;rant que &laquo;la francisation des [immigrants] adultes au Qu&eacute;bec est facultative [et] ne donne pas un revenu suffisant&raquo; (p. 92), Mme Longpr&eacute; y va de plusieurs recommandations touchant ces deux aspects. Elle propose que &laquo;nous devrions mettre l'apprentissage du fran&ccedil;ais et la bonne int&eacute;gration de nos immigrants au sommet de la liste de nos priorit&eacute;s. Le gouvernement devrait exiger que chaque immigrant passe par un processus obligatoire de francisation ayant comme objectif de le rendre plus fonctionnel dans la soci&eacute;t&eacute;&raquo; (p. 92). <br />
<br />
En outre, elle s'interroge sur les co&ucirc;ts de la francisation. &laquo;Notez bien, pr&eacute;cise-t-elle, que je parle ici d' "investissements" et non pas de "d&eacute;penses"&raquo; (p. 142). Elle sugg&egrave;re alors que &laquo;malgr&eacute; les co&ucirc;ts que cela engendrerait, tous ceux qui viennent s'&eacute;tablir au Qu&eacute;bec devraient pouvoir recevoir une aide financi&egrave;re pour se franciser&raquo; (p. 29) et qu'&laquo;il serait urgent de bonifier ce financement&raquo; (p. 60). <br />
<br />
<em>A contrario</em>, Tania Longpr&eacute; d&eacute;nonce le financement de cours d'anglais aux immigrants. Sa proposition est tr&egrave;s claire.<br />
<br />
<blockquote>&laquo;En aucun cas, le gouvernement du Qu&eacute;bec ne devrait financer des cours d'anglais. Ceux qui le souhaitent pourraient s'inscrire &agrave; des cours d'anglais qu'ils paieraient&raquo; (p. 133). </blockquote><br />
<br />
Par ailleurs, elle distingue &laquo;capacit&eacute; d'accueil&raquo; et &laquo;capacit&eacute; d'int&eacute;gration&raquo; (p. 30). Elle insiste, y revenant quelques fois. &laquo;Combien d'immigrants avons-nous les moyens de franciser?&raquo; (p. 30) - &laquo;Les seuils d'immigration ne devraient pas augmenter plus vite que les ressources qui sont attribu&eacute;es &agrave; l'int&eacute;gration&raquo; (p. 114) - &laquo;On devrait privil&eacute;gier la qualit&eacute; des int&eacute;grations plut&ocirc;t que la quantit&eacute; d'admissions&raquo; (p. 138). <br />
<br />
Enfin, conscient que le Qu&eacute;bec a fortement augment&eacute; ses seuils d'immigration, <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/348351/immigration-recherche-francisation-desesperement" target="_hplink">sans hausser les ressources de francisation et d'int&eacute;gration</a>, le rapport Longpr&eacute; souligne qu'il y a du rattrapage &agrave; faire. &laquo;Avant d'augmenter le nombre d'admissions, il faut pouvoir int&eacute;grer tous ceux qui sont d&eacute;j&agrave; ici et qui ont tr&egrave;s souvent besoin d'un coup de pouce pour se sentir ici chez eux&raquo; (p. 146). <br />
<br />
Notons que le <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-14-40-1.html" target="_hplink">Projet de loi 14</a>, s'il &eacute;tait adopt&eacute;, ajouterait &agrave; la <a href="http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&amp;file=/C_12/C12.HTM" target="_hplink">Charte des droits et libert&eacute;s de la personne</a> un &laquo;droit d'apprendre le fran&ccedil;ais et de b&eacute;n&eacute;ficier de mesures raisonnables d'accueil et d'int&eacute;gration &agrave; la vie qu&eacute;b&eacute;coise&raquo; pour tous les immigrants (art. 57). De plus, deux lois concernant l'immigration seraient retouch&eacute;es, notamment sur la francisation et son financement (art. 65 &agrave; 74). <br />
<br />
<strong>Francisation, culture, identit&eacute;  </strong><br />
<br />
Comme &laquo;l'enseignant est souvent le premier Qu&eacute;b&eacute;cois que conna&icirc;t plus intimement le nouvel arrivant&raquo;, et comme il est souvent celui &agrave; qui &laquo;on s'adresse en premier&raquo;, Tania Longpr&eacute; recommande que les universit&eacute;s &laquo;outille[nt] davantage les enseignants sp&eacute;cialis&eacute;s en immigration ou en fran&ccedil;ais langue seconde, pour faire en sorte [qu'ils] puissent &ecirc;tre de v&eacute;ritables "guides" du Qu&eacute;bec, des "points de rep&egrave;re" qui pourraient renseigner leurs &eacute;tudiants sur des sujets vari&eacute;s, bien au-del&agrave; de la langue&raquo; (p. 139). Elle propose aussi un &laquo;cours obligatoire portant sur la soci&eacute;t&eacute; et l'histoire qu&eacute;b&eacute;coises devraient &ecirc;tre ajout&eacute; au cursus des futurs enseignants se dirigeant vers l'accueil et l'int&eacute;gration des immigrants&raquo; (p. 153). <br />
<br />
Il allait de soi qu'une telle recommandation engage aussi le corps enseignant lui-m&ecirc;me:<br />
<br />
<blockquote>&laquo;Nous ne devrions pas enseigner seulement la langue, mais aussi ajouter dans nos cours un module de d&eacute;couverte de notre soci&eacute;t&eacute;, de ses m&oelig;urs ainsi que de notre fa&ccedil;on de vivre. (...) L'enseignant devrait &ecirc;tre celui qui enseigne les habitudes de vie au Qu&eacute;bec; [...] il serait opportun, pour ne pas dire n&eacute;cessaire, d'&eacute;largir la mission des enseignants en francisation pour y int&eacute;grer un volet culturel&raquo; (p. 149 et 151). </blockquote><br />
<br />
Consciente du rel&acirc;chement de la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise relativement &agrave; sa propre identit&eacute;, l'auteure cherche &agrave; motiver les siens comme suit : &laquo;Nous devrions avoir comme objectif principal de faire en sorte, et sans g&ecirc;ne aucune, que les gens qui viennent ici veuillent se sentir bien et fassent de notre culture la leur ; [nous devrions] la promouvoir et la diffuser positivement, pour que tous aient envie d'y adh&eacute;rer (p. 49). Si nous ne nous affirmons pas et n'insistons pas sur le respect de nos valeurs, nos immigrants ne comprendront jamais l'importance de se joindre &agrave; nous, puisqu'ils ne comprendront pas ce que nous sommes&raquo; (p. 58).<br />
<br />
Fait &agrave; noter, ce &laquo;nous&raquo; vient d'une Qu&eacute;b&eacute;coise dont la m&egrave;re est n&eacute;e en Italie (p. 13). Bel exemple des effets des mariages inter-linguistiques que j'ai d&eacute;j&agrave; d&eacute;crits sur mon <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/mariages-interlinguistiques_b_1648831.html" target="_hplink">blogue au Huffington Post Qu&eacute;bec</a>. <br />
<br />
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<br><br />
<br />
<strong>S'affirmer devant les cultures et les religions </strong><br />
<br />
Selon le Rapport Longpr&eacute;, de nombreux parents immigr&eacute;s placent leur vie familiale au-dessus de nos lois sur l'&eacute;ducation. En effet, des &eacute;coliers s'absentent pendant plusieurs semaines pour aller dans leur pays d'origine ! &Agrave; cet &eacute;gard, il recommande de prendre les mesures n&eacute;cessaires pour &laquo;que les parents se rendent compte qu'au Qu&eacute;bec l'&eacute;ducation des enfants est un enjeu de premi&egrave;re importance qui doit passer avant la religion ou les vacances&raquo; (p. 167).<br />
<br />
&Agrave; propos de religion, Madame Longpr&eacute; rapporte, que lors de certaines f&ecirc;tes religieuses, les taux d'absent&eacute;isme sont si &eacute;lev&eacute;s dans certaines classes, qu'il n'est pas possible pour les enseignants d'aborder de nouvelles notions, ou de faire passer des examens. Ainsi, elle recommande sans d&eacute;tour &laquo;de baliser la la&iuml;cit&eacute; au Qu&eacute;bec, [de statuer] enfin sur la question avant que des difficult&eacute;s plus importantes encore [ne] surviennent&raquo; (p. 160).<br />
<br />
Par ailleurs, au sein du personnel, le nombre d'&laquo;absences [r&eacute;mun&eacute;r&eacute;es] pour f&ecirc;tes religieuses&raquo; varie selon que l'on soit orthodoxe, juif, musulman ou autre. Comme &laquo;une injustice demeure une injustice&raquo; (p. 164), l'auteure fait cette recommandation: &laquo;Si l'on donne neuf jours de cong&eacute; pay&eacute;s aux musulmans, il faut en donner autant &agrave; tous les enseignants, quelle que soit leur religion, pour &ecirc;tre &eacute;quitable envers tous&raquo; (p. 162). <br />
<br />
Cependant, le Rapport Longpr&eacute; pr&eacute;f&egrave;re la recommandation suivante: &laquo;Nous ne devrions avoir absolument aucune honte &agrave; d&eacute;cr&eacute;ter un calendrier unique fait en fonction de nos jours f&eacute;ri&eacute;s traditionnels (qui n'ont aujourd'hui, je le r&eacute;p&egrave;te, plus rien de religieux aux yeux de l'&Eacute;tat) et qui assurerait la coh&eacute;rence du syst&egrave;me&raquo; (p. 163). <br />
<br />
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<br><br />
<br />
<strong>&laquo;Labourer la mer&raquo;, disait-il!</strong><br />
<br />
Il y aura bient&ocirc;t 25 ans, le gouvernement Bourassa publiait un &laquo;&Eacute;nonc&eacute; de politique en mati&egrave;re d'immigration et d'int&eacute;gration&raquo;: <a href="http://www.micc.gouv.qc.ca/publications/fr/ministere/Enonce-politique-immigration-integration-Quebec1991.pdf" target="_hplink"><em>Au Qu&eacute;bec pour b&acirc;tir ensemble</em> (1990)</a>. Substantiel, ce document reste encore une r&eacute;f&eacute;rence majeure. Vieilli, et critiqu&eacute; depuis sa publication - notamment par Jacques Henripin -, il aurait bien besoin d'&ecirc;tre repens&eacute;. <br />
<br />
&Agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque, lors d'un colloque o&ugrave; je participais, un professeur de fran&ccedil;ais a fait &eacute;tat du caract&egrave;re absurde de sa t&acirc;che aupr&egrave;s des immigrants. Repartant toujours de z&eacute;ro avec tout nouveau groupe, il avait le sentiment de &laquo;labourer la mer&raquo;. Trahissant une profonde frustration par sa voix, il r&eacute;p&eacute;tait n'avoir jamais r&eacute;ussi &agrave; conduire ses &eacute;tudiants-immigrants &agrave; un niveau suffisant de ma&icirc;trise du fran&ccedil;ais. <br />
<br />
Le t&eacute;moignage de Tania Longpr&eacute;, r&eacute;dig&eacute; &agrave; partir d'un v&eacute;cu professionnel et d'un bon sens de l'observation, fait &eacute;cho &agrave; cet enseignant du d&eacute;but des ann&eacute;es 1990. Il confirme que le Qu&eacute;bec a fait du surplace relativement &agrave; la francisation et &agrave; l'int&eacute;gration des immigrants. Tel qu'illustr&eacute; ici, l'auteure propose des mesures concr&egrave;tes &agrave; implanter. Comme d'autres avant moi (<a href="http://www.ledevoir.com/culture/livres/372677/pour-une-meilleure-integration-au-nous-quebecois" target="_hplink">Louis Cornellier</a>, <a href="http://" target="_hplink">Maxime Duchesne</a>, <a href="http://www.vigile.net/Quebec-cherche-Quebecois-pour" target="_hplink">Denis Moni&egrave;re</a>), je reconnais l'importance de sa contribution. Et je nomme encore son livre: &laquo;Rapport Longpr&eacute;&raquo;.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/1109449/thumbs/s-QUEBEC-FLAG-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

<entry>
    <title>Question d'éthique: peut-on soutenir la cause du français au mépris de la science?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/question-ethique-francais-demographie-quebec_b_3299489.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3299489</id>
    <published>2013-05-23T00:31:26-04:00</published>
    <updated>2013-05-23T00:31:30-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Pour motiver davantage les élus de l'Assemblée nationale à renforcer notre politique linguistique, certains en sont venus à faire un usage abusif de l'«indice de vitalité linguistique» (IVL). Pourtant, depuis la commission Gendron (1968-1973), au moins une demi-douzaine de démographes ont fait des mises en garde. Hélas, des interprétations nettement abusives sont réapparues.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[Plus de 35 ans apr&egrave;s la loi 101 vot&eacute;e en 1977, l'ardeur des associations b&eacute;n&eacute;voles vou&eacute;es &agrave; la p&eacute;rennit&eacute; du fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec n'a pas fl&eacute;chi. Au contraire, sous l'impulsion de quelques chefs de file, elle s'est m&ecirc;me renforc&eacute;e. Cependant, quelques intervenants imp&eacute;tueux, sans doute bien intentionn&eacute;s, font fl&egrave;che de tout bois pour d&eacute;fendre la cause du fran&ccedil;ais. Ce fut le cas d'<a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/cce-40-1/journal-debats/CCE-130314.html" target="_hplink">Option nationale</a>, le 14 mars 2013, devant la commission parlementaire charg&eacute;e de l'examen du <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-14-40-1.html" target="_hplink">projet de loi 14</a>. <br />
<br />
Pour motiver davantage les &eacute;lus de l'Assembl&eacute;e nationale &agrave; renforcer notre politique linguistique, certains en sont venus &agrave; faire un usage abusif de l'&laquo;indice de vitalit&eacute; linguistique&raquo; (IVL). Pourtant, depuis la <a href="http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/Qc-Gendron.htm" target="_hplink">commission Gendron (1968-1973)</a>, au moins une demi-douzaine de d&eacute;mographes ont fait des mises en garde. H&eacute;las, des interpr&eacute;tations nettement abusives sont r&eacute;apparues, notamment dans l'<em>Action nationale</em> (1) en 2011 et en 2012, for&ccedil;ant deux interventions de ma part, en <a href="http://www.google.ca/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=3&amp;cad=rja&amp;sqi=2&amp;ved=0CDsQFjAC&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.assnat.qc.ca%2FMedia%2FProcess.aspx%3FMediaId%3DANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_70387%26process%3DDefault%26token%3DZyMoxNwUn8ikQ%2BTRKYwPCjWrKwg" target="_hplink">octobre 2011</a>, puis en <a href="http://www.google.ca/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=1&amp;cad=rja&amp;ved=0CC4QFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.assnat.qc.ca%2FMedia%2FProcess.aspx%3FMediaId%3DANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_70389%26process%3DDefault%26token%3DZyMoxNwUn8ikQ%2BTRKYwPCjWrKwg%2BvIv" target="_hplink">d&eacute;cembre 2012</a>(fichiers .pdf)). <br />
<br />
<strong>L'indice de vitalit&eacute; linguistique</strong> <br />
<br />
On obtient l'IVL en divisant tout simplement le nombre de personnes qui parlent une langue par celui de langue maternelle correspondante. Un r&eacute;sultat plus petit que l'unit&eacute; indique une r&eacute;gression du groupe, comme c'est le cas chez les francophones hors-Qu&eacute;bec. Dans le cas contraire, il y a progression du nombre de locuteurs par rapport aux effectifs de langue maternelle. <br />
<br />
L'IVL transpose la <a href="http://www.aim.ufr-physique.univ-paris7.fr/CHARNOZ/homepage/GRAVITATION/grav5.html" target="_hplink">loi de Newton</a> dans le domaine linguistique. Ainsi, chaque groupe linguistique ne subirait l'attraction des autres groupes qu'en fonction de leur proximit&eacute; (allant jusqu'aux arrondissements municipaux) et du nombre de personnes dont c'est la langue maternelle. L'IVL postule donc que les personnes de langue maternelle fran&ccedil;aise - et seulement celles-ci - sont ambassadrices du fran&ccedil;ais, tandis que celles de langue maternelle anglaise seraient les seules &agrave; faire la promotion de l'anglais. <br />
<br />
Ce postulat est manifestement faux. D'abord, les personnes de langues tierces sont totalement ignor&eacute;es: peu importe la langue de leur vie publique, les IVL du fran&ccedil;ais et de l'anglais ne sont nullement modifi&eacute;s. Ensuite, que fait-on des nombreux francophones bilingues <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/le-fracais-au-quebec_b_1388431.html" target="_hplink">prompts &agrave; s'exprimer en anglais plut&ocirc;t qu'en fran&ccedil;ais</a>? Enfin, qu'en est-il des anglophones qui s'expriment en fran&ccedil;ais? <br />
<br />
<strong>Vitalit&eacute; du fran&ccedil;ais et de l'anglais au Qu&eacute;bec</strong> <br />
<br />
Le graphique ci-dessous illustre l'&eacute;volution de l'indice de vitalit&eacute; du fran&ccedil;ais (trait bleu) et de l'anglais (trait rouge) au Qu&eacute;bec entre 1971 et 2011. Elle montre un &eacute;cart de plus en plus grand &agrave; l'avantage de l'anglais entre les deux s&eacute;ries d'IVL, sauf au recensement de 2011 <a href="http://www.ledevoir.com/politique/canada/377429/prudence-reaffirme-statistique-canada" target="_hplink">dont les donn&eacute;es sont &agrave; prendre avec pr&eacute;cautions</a>. <br />
<br />
<center><img alt="2013-05-18-201305FaireflchedetoutboisFigure1.JPG" src="http://images.huffingtonpost.com/2013-05-18-201305FaireflchedetoutboisFigure1.JPG" width="614" height="338" /></center><br />
<br><br />
<br />
L'&eacute;cart de plus en plus grand entre les indices du fran&ccedil;ais et de l'anglais contredit toutes les &eacute;tudes qui ont montr&eacute; la progression graduelle du fran&ccedil;ais dans les substitutions linguistiques des allophones depuis trois d&eacute;cennies. Alors qu'en 1981 la &laquo;force d'attraction du fran&ccedil;ais relativement &agrave; l'anglais&raquo; <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/sociolinguistique/castonguay_indicvitlngues20050526.pdf" target="_hplink">n'&eacute;tait que de 25,7%, elle d&eacute;passait 39% en 1996, voire 45% en 2001</a> (p. 17), pour atteindre 51% en 2006. Sous toutes r&eacute;serves, le recensement de 2011 donnerait une force de 52%. <br />
<br />
Il y a plus de 40 ans, les d&eacute;mographes Charbonneau et Maheu (2) ont d&eacute;crit les facteurs agissant, avec plus ou moins d'intensit&eacute;, sur le r&eacute;sultat de l'IVL. En plus des substitutions linguistiques, il faut compter la f&eacute;condit&eacute;, la mortalit&eacute; et les migrations. Ce sont l&agrave; des facteurs d&eacute;mographiques qui n'agissent pas uniform&eacute;ment sur les groupes linguistiques. Dans le cas des villes et des arrondissements, l'IVL est influenc&eacute; par les migrations interr&eacute;gionales et par les d&eacute;m&eacute;nagements au sein d'une m&ecirc;me ville. <br />
<br />
Bref, interpr&eacute;ter les indices du graphique ci-dessus comme si les substitutions linguistiques &eacute;taient seules en cause est r&eacute;ducteur. Il y a plus de 30 ans, les d&eacute;mographes Lachapelle et Henripin ont distingu&eacute; les &laquo;propensions &agrave; accomplir un transfert linguistique [de leurs] effets&raquo; (3). Comme l'IVL r&eacute;sulte de plusieurs facteurs, il ne permet pas de d&eacute;partager les effets des substitutions linguistiques de ceux des facteurs d&eacute;mographiques. <br />
<br />
<em>Le billet se poursuit apr&egrave;s la galerie</em><br />
<br />
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<br><br />
<br />
Plus r&eacute;cemment, <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes2011/20110909_perspectives_demolinguistiques.pdf" target="_hplink">le d&eacute;mographe Marc Termote a d&eacute;duit de ses projections d&eacute;molinguistiques</a> le peu d'importance des substitutions linguistiques dans l'ensemble des facteurs en cause : <br />
<br />
<blockquote>&laquo;Le gain annuel que le groupe fran&ccedil;ais peut esp&eacute;rer r&eacute;aliser gr&acirc;ce &agrave; la mobilit&eacute; linguistique des immigrants de langue maternelle tierce repr&eacute;sente vraiment peu de choses au regard des pertes dues au d&eacute;ficit des naissances chez les francophones et au regard de l'arriv&eacute;e annuelle de quelques 30 000 immigrants non francophones&raquo;.</blockquote> <br />
<br />
La ligne verte au centre du graphique d&eacute;limite deux zones. Or, la &laquo;zone virtuelle&raquo;, plus importante que la &laquo;zone r&eacute;elle&raquo;, indique &laquo;qu'il n'y a jamais eu au Qu&eacute;bec suffisamment d'allophones &agrave; franciser&raquo; (<a href="http://www.google.ca/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=3&amp;cad=rja&amp;sqi=2&amp;ved=0CDsQFjAC&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.assnat.qc.ca%2FMedia%2FProcess.aspx%3FMediaId%3DANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_70387%26process%3DDefault%26token%3DZyMoxNwUn8ikQ%2BTRKYwPCjWrKwg" target="_hplink">octobre 2011, p. 41</a>) pour esp&eacute;rer un indice de vitalit&eacute; du fran&ccedil;ais plus fort que celui de l'anglais. Pour y parvenir, il aurait fallu &laquo;assimiler&raquo; des Anglos-Qu&eacute;b&eacute;cois en tr&egrave;s grand nombre! <br />
<br />
<strong>Invraisemblance de l'IVL</strong><br />
<br />
En comparant le Qu&eacute;bec &agrave; d'autres provinces canadiennes, et en opposant Montr&eacute;al &agrave; d'autres villes canadiennes, j'ai soulign&eacute; en <a href="http://www.google.ca/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=3&amp;cad=rja&amp;sqi=2&amp;ved=0CDsQFjAC&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.assnat.qc.ca%2FMedia%2FProcess.aspx%3FMediaId%3DANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_70387%26process%3DDefault%26token%3DZyMoxNwUn8ikQ%2BTRKYwPCjWrKwg" target="_hplink">octobre 2011</a>(fichier .pdf) l'invraisemblance des r&eacute;sultats: <br />
<br />
<blockquote>&laquo;[En 2006] l'indice de vitalit&eacute; de l'anglais dans le reste du Canada (1,149) est nettement inf&eacute;rieur &agrave; celui du Qu&eacute;bec (1,296), et plus particuli&egrave;rement dans les quatre provinces de l'Atlantique (1,04). De plus, c'est &agrave; Montr&eacute;al que l'on trouve l'indice de vitalit&eacute; de l'anglais le plus &eacute;lev&eacute; avec 1,486, devan&ccedil;ant Toronto (1,307).&raquo;</blockquote> <br />
<br />
Qui oserait dire que l'anglais se porte mieux au Qu&eacute;bec que dans le reste du Canada? Qui pourrait croire que l'anglais se porte &agrave; merveille &agrave; Montr&eacute;al comparativement &agrave; d'autres grandes villes canadiennes dont Toronto? Devant de telles aberrations, force est d'&eacute;carter l'indice de vitalit&eacute; comme instrument de mesure. Plaider malgr&eacute; tout la cause du fran&ccedil;ais au moyen de cet indice soul&egrave;ve une question d'&eacute;thique. <br />
<br />
<blockquote><strong>Sources</strong><br />
(1) Au moment de la r&eacute;daction de ce billet, les archives du site Internet de <em>L'Action nationale</em>, alors en refonte, n'&eacute;taient pas accessibles pour ins&eacute;rer des hyperliens. Le lecteur devra recourir aux imprim&eacute;s: mars 2011 (p. 48-57), avril 2011 (p. 30-35) et mars 2012 (p. 53-76) s'il veut en savoir plus.<br />
(2) Hubert Charbonneau et Robert Maheu (1973). <em>Les aspects d&eacute;mographiques de la question linguistique</em>, Commission d'enqu&ecirc;te sur la situation de la langue fran&ccedil;aise et sur les droits linguistiques au Qu&eacute;bec, p. 244-245. <br />
(3) R&eacute;jean Lachapelle et Jacques Henripin (1980). <em>La situation d&eacute;molinguistique au Canada</em>, Montr&eacute;al, L'Institut de recherches politiques, p. 122 (italiques dans le texte).</blockquote>]]></content>
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    <title>Loi 101: Québec invité à faire pire que Trudeau en 1982!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/loi-101-quebec-invite-a-faire-pire-que-trudeau-en-1982_b_3155370.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3155370</id>
    <published>2013-04-26T06:54:01-04:00</published>
    <updated>2013-04-26T06:54:12-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Proposer l'admissibilité à l'école anglaise des enfants originaires de pays anglophones apparaît tout naturel et simple. Or, amender la loi 101 pour définir une catégorie d'immigrants privilégiés en comparaison aux autres, c'est ouvrir une boite de Pandore. S'agit-il du pays de naissance ou du pays de dernière résidence avant de migrer? S'agit-il de la langue maternelle?]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[La publication de <em><a href="http://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/livres/bataille-londres-2281.html" target="_hplink">La Bataille de Londres: Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel</a></em> de l'historien Fr&eacute;d&eacute;ric Bastien, nous a ramen&eacute; aux ann&eacute;es 1980. Profitant de la d&eacute;faite du OUI au r&eacute;f&eacute;rendum qu&eacute;b&eacute;cois de 1980, le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, a proc&eacute;d&eacute; au rapatriement de la constitution canadienne. Le 17 f&eacute;vrier 1982, une nouvelle loi constitutionnelle entrait en vigueur, sans l'accord du Qu&eacute;bec. Une charte des droits et libert&eacute;s ench&acirc;ss&eacute;e dans cette constitution a eu pour effet de limiter les pouvoirs du seul &Eacute;tat francophone d'Am&eacute;rique du Nord, notamment en mati&egrave;re de langue d'enseignement. <br />
<br />
Pendant cinq ans (1977-1982), les r&egrave;gles d'admissibilit&eacute; &agrave; l'&eacute;cole anglaise au Qu&eacute;bec &eacute;taient tout &agrave; fait conformes aux pouvoirs conf&eacute;r&eacute;s aux provinces par la <a href="http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/Const/page-1.html" target="_hplink">Loi constitutionnelle de 1867</a> (appel&eacute;e &agrave; l'&eacute;poque <em>British North America Act</em>). Essentiellement, seuls &laquo;les enfants dont le p&egrave;re ou la m&egrave;re a re&ccedil;u au Qu&eacute;bec, l'enseignement primaire en anglais&raquo;, avaient droit d'&ecirc;tre inscrits dans le r&eacute;seau scolaire public de langue anglaise. <br />
<br />
&Agrave; l'&eacute;t&eacute; 1984, un jugement de la Cour supr&ecirc;me du Canada &eacute;tendait le lieu des &eacute;tudes primaires des parents &agrave; l'ensemble du Canada. Ainsi, la &laquo;clause Canada&raquo;, d&eacute;crite dans la <a href="http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/Const/page-15.html#h-38" target="_hplink">Charte canadienne des droits et libert&eacute;s</a> (art. 23), l'emportait sur la &laquo;clause Qu&eacute;bec&raquo; d&eacute;finie dans la <a href="http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&amp;file=/C_11/C11.html" target="_hplink">Charte de la langue fran&ccedil;aise</a> (art. 73). Cons&eacute;quemment, tous les &eacute;coliers originaires des autres provinces canadiennes qui r&eacute;pondent aux crit&egrave;res de la Charte canadienne, peuvent faire leurs &eacute;tudes en anglais au Qu&eacute;bec depuis bient&ocirc;t 30 ans. <br />
<br />
<em>Le billet de Michel Paill&eacute; se poursuit apr&egrave;s la galerie</em><br />
<br />
<center><HH--236SLIDEEXPAND--268481--HH></center><br />
<br><br />
<br />
<strong>La suggestion de M. Robert Libman</strong><br />
<br />
R&eacute;cemment, M. Robert Libman, ancien chef du <a href="http://www.quebecpolitique.com/partis-politiques/les-partis/parti-egalite/" target="_hplink">Parti &eacute;galit&eacute;</a>, a formul&eacute; &laquo;une proposition simple et sans d&eacute;tour&raquo; (&laquo;<a href="http://www.montrealgazette.com/news/Opinion+challenge+Jean+Fran%C3%A7ois+Lis%C3%A9e+immigrants+from+anglophone/7483194/story.html" target="_hplink"><em>a simple and straightforward suggestion</em></a>&raquo;). Il s'agirait tout simplement d'admettre &agrave; l'&eacute;cole anglaise les enfants des immigrants qui arrivent au Qu&eacute;bec en provenance de pays comme les &Eacute;tats-Unis, la Grande-Bretagne ou l'Australie. <br />
<br />
Cette proposition n'a rien d'original, car elle vient tout droit du &laquo;Rapport Chambers&raquo; pr&eacute;sent&eacute; au gouvernement du Qu&eacute;bec il y a plus de 20 ans. En effet, le rapport du <em>Groupe de travail sur le r&eacute;seau scolaire anglophone</em> pr&eacute;sid&eacute; par Mme Gretta Chambers, recommandait en 1992 d'y admettre tout enfant &laquo;originaire d'un pays anglophone du monde&raquo;. Selon le rapport, cette recommandation &laquo;se traduirait par une baisse d'un pour cent seulement dans le secteur fran&ccedil;ais, [...] alors que le r&eacute;seau anglophone y trouverait un regain de vigueur&raquo; substantiel. <br />
<br />
M. Libman ne dit pas autre chose:<br />
<blockquote>&laquo;Admettre dans les &eacute;coles anglaises tous les enfants [immigrants] de langue maternelle anglaise, [...] conduirait environ 8 000 nouveaux &eacute;coliers par ann&eacute;e dans le r&eacute;seau scolaire anglais, pour une stimulation tournant autour de 8 %. Ce faisant, cet apport se traduirait par une diff&eacute;rence de 1% sur les inscriptions dans le r&eacute;seau scolaire francophone du Qu&eacute;bec, soit un recul &agrave; peine perceptible&raquo; [traduction libre]. </blockquote><br />
<br />
Dans ma <a href="http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/actionnationale/src/1998/04/07/1998-04-07.pdf" target="_hplink">critique du Rapport Chambers</a> (1998), j'ai montr&eacute; qu'il est plus ad&eacute;quat de mesurer l'effet d'une telle proposition en calculant combien d'enfants immigrants auraient acc&egrave;s &agrave; l'&eacute;cole de langue anglaise au fur et &agrave; mesure de leur arriv&eacute;e. Car, il devrait aller sans dire pour tous que &laquo;l'immigration internationale a un effet de cumul sur les inscriptions scolaires&raquo; (p. 15), surtout dans la r&eacute;gion de Montr&eacute;al o&ugrave; elle est toujours tr&egrave;s fortement concentr&eacute;e.<br />
<br />
<strong>60 pays anglophones</strong> <br />
<br />
Fort d'un ouvrage du sociolinguiste <a href="http://www.teluq.uquebec.ca/cgi-bin/diverscite/genermtl/url.cgi?no_cours=cv&amp;action=3&amp;no_reference=20" target="_hplink">Claude Truchot</a> (<em>L'anglais dans le monde contemporain</em>, Le Robert, 1990), j'ai pu tenir compte de deux listes distinctes de pays anglophones: ceux de langue officielle anglaise, et ceux o&ugrave; l'anglais joue &laquo;un r&ocirc;le important de langue v&eacute;hiculaire&raquo;. <br />
<br />
Dans le premier groupe, on compte bien s&ucirc;r les &Eacute;tats-Unis et la Grande-Bretagne, mais aussi plusieurs pays des Cara&iuml;bes, d'Afrique et d'Asie. Bien que l'Australie et la Nouvelle-Z&eacute;lande y apparaissent, il faut noter que tr&egrave;s peu de personnes s'&eacute;tablissent au Qu&eacute;bec en provenance de ces deux pays. Cependant, dans le deuxi&egrave;me groupe, on note la pr&eacute;sence, entre autres, de l'Inde, du Pakistan, du Bangladesh, du Sri Lanka et de l'&Icirc;le Maurice d'o&ugrave; proviennent de nombreux immigrants. Au total, 60 pays sont concern&eacute;s, dont 35 nous am&egrave;nent suffisamment de nouveaux arrivants pour appara&icirc;tre nomm&eacute;ment dans les compilations statistiques annuelles. <br />
<br />
<a href="http://www.bdso.gouv.qc.ca/docs-ken/multimedia/PB1200FR_Immigration2011.pdf" target="_hplink">Les donn&eacute;es relatives &agrave; la p&eacute;riode quinquennale 2007-2011</a> r&eacute;v&egrave;lent que le Qu&eacute;bec a accueilli en moyenne annuellement, un peu plus de 8 000 immigrants n&eacute;s dans ces 35 principaux pays anglophones, soit 16,5 % de notre immigration internationale totale. De ce nombre, environ le quart sont des enfants qui doivent aller &agrave; l'&eacute;cole, ce que M. Libman semble avoir oubli&eacute;. Par cons&eacute;quent, 2 000 enfants immigrants par ann&eacute;e - et non 8 000 - auraient pu s'inscrire dans une &eacute;cole anglaise plut&ocirc;t que fran&ccedil;aise entre 2007 et 2011. &Agrave; ce nombre, s'ajoutent les enfants n&eacute;s au Qu&eacute;bec de parents originaires de ces pays anglophones. <br />
<br />
Il est curieux de constater que cette question rebondisse apr&egrave;s une longue p&eacute;riode de hausse des inscriptions dans le r&eacute;seau scolaire anglophone. En effet, les effectifs ont augment&eacute; <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes/fascicule_04.pdf" target="_hplink">de 110 700 en 1993-1994 &agrave; 123 000 en 2003-2004</a> (p. 13), portant ainsi l'importance du r&eacute;seau scolaire anglophone de 9,6 % &agrave; 11,1 %. En moyenne au cours de la d&eacute;cennie 2000, 11 % des &eacute;coliers du Qu&eacute;bec &eacute;tudiaient en anglais malgr&eacute; une diminution des effectifs absolus <a href="http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/IndicLinguistiquesDomaineEduc2011__Annexe_p.pdf" target="_hplink">jusqu'&agrave; 107 100 en 2010-2011 (perte de 10,4%)</a>. Le secteur de langue fran&ccedil;aise perdait quant &agrave; lui 11,2% de sa client&egrave;le. <br />
<br />
<strong>L'ouverture d'une boite de Pandore</strong><br />
<br />
&Agrave; premi&egrave;re vue, proposer l'admissibilit&eacute; &agrave; l'&eacute;cole anglaise des enfants originaires de pays anglophones appara&icirc;t tout naturel et simple d'application. Or, amender la loi 101 pour d&eacute;finir une cat&eacute;gorie d'immigrants privil&eacute;gi&eacute;s en comparaison aux autres, c'est ouvrir une boite de Pandore. <br />
<br />
S'agit-il du pays de naissance ou du pays de derni&egrave;re r&eacute;sidence avant de migrer? Cette question n'est pas insignifiante, car le second crit&egrave;re est plus g&eacute;n&eacute;reux: des immigrants venus de partout passent notamment par les &Eacute;tats-Unis et la Grande-Bretagne avant de s'&eacute;tablir ici. S'agit-il de la langue maternelle comme l'a sugg&eacute;r&eacute; M. Libman? Si tel est le cas, il faut noter que si l'on peut prouver d'o&ugrave; l'on vient, on ne peut pas en faire autant pour sa langue maternelle. <br />
<br />
Mais peu importe le(s) crit&egrave;re(s) retenu(s), il y a gros &agrave; parier que certains lobbies travailleraient au recrutement &agrave; l'&eacute;tranger du plus grand nombre possible de ces personnes ainsi privil&eacute;gi&eacute;es. Enfin, &eacute;tendre la &laquo;clause Canada&raquo; de la Charte canadienne &agrave; l'ensemble de la plan&egrave;te pour en faire une &laquo;clause universelle&raquo;, reviendrait &agrave; endosser indirectement le coup de force constitutionnel de 1982 en faisant tout simplement pire.<br />
<br />
<strong>VOIR AUSSI</strong><br />
<br />
<center><HH--236SLIDEEXPAND--290806--HH></center>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/1026116/thumbs/s-PIERRE-TRUDEAU-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>La loi 101 jusqu'au cégep: la langue oui, mais la culture et la cohésion sociale aussi</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/la-loi-101-jusquau-cegep-_b_2993048.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2993048</id>
    <published>2013-04-03T06:22:59-04:00</published>
    <updated>2013-06-03T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[La culture, la cohésion sociale, voilà deux grandes oubliées dans le débat entourant la langue d'enseignement au collégial. Je constate une fois encore qu'au Québec, la question linguistique est un gros arbre qui cache bien d'autres dimensions de vie en société. Dans le cas particulier de l'intégration des immigrants, croire qu'il suffit de leur faire apprendre quelques rudiments de français pour les laisser à leur sort ensuite est un leurre.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[Le d&eacute;bat portant sur l'extension de la Charte de la langue fran&ccedil;aise (loi 101) au-del&agrave; des &eacute;tudes secondaires couve depuis bien longtemps au Qu&eacute;bec. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/loi-101-quebec_b_1836277.html" target="_hplink">Lors des &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales de 2012</a>, le Parti qu&eacute;b&eacute;cois et Option nationale s'entendaient sur la n&eacute;cessit&eacute; de restreindre l'admissibilit&eacute; aux c&eacute;geps anglophones, ce que Qu&eacute;bec solidaire r&eacute;cusait. Sans doute parce que le gouvernement Marois est minoritaire, <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-14-40-1.html" target="_hplink">le projet de loi 14</a>, actuellement &agrave; l'&eacute;tude, garde intacte la pleine libert&eacute; de choix de la langue d'enseignement au coll&eacute;gial. <br />
<br />
<strong>Le c&eacute;gep en lui-m&ecirc;me</strong><br />
<br />
Lors de la r&eacute;cente course &agrave; la direction du Parti lib&eacute;ral du Qu&eacute;bec, cette question aurait pu &ecirc;tre tranch&eacute;e indirectement. En effet, le candidat Pierre Moreau, arriv&eacute; deuxi&egrave;me, avait mis en doute la pertinence m&ecirc;me de ce niveau d'enseignement. <a href="http://www.ledevoir.com/societe/education/368769/l-ecole-du-desir" target="_hplink">La r&eacute;ponse de David Desjardins</a>, chroniqueur au <em>Devoir</em>, bien que sans allusion aucune &agrave; la langue d'enseignement, nous y conduit de belle fa&ccedil;on. <br />
<br />
De la chronique de David Desjardins, je retiens ces deux paragraphes qui ont l'heur de r&eacute;pondre coup sur coup &agrave; Pierre Moreau et au gagnant de la course, Philippe Couillard : <br />
<br />
<blockquote>Au secondaire et au primaire, on [...] apprend [...] le monde: quels sont ses contours, comment le nommer, l'&eacute;crire et le compter. On marche &agrave; quatre pattes dans un univers o&ugrave; tout ram&egrave;ne invariablement &agrave; son nombril, &agrave; des envies qui sont programm&eacute;es par les parents, la culture ambiante, les amis, la t&eacute;l&eacute; et l'ordi, toutes frelat&eacute;es par un &eacute;go&iuml;sme enfantin. &Agrave; l'universit&eacute;? On est d&eacute;j&agrave; dans la sp&eacute;cialisation, dans une machine &agrave; fabriquer des professionnels, tourn&eacute;e vers l'emploi.</blockquote> <br />
<br />
<blockquote>Pour plusieurs, le c&eacute;gep sera l'unique occasion de sortir d'une vie moul&eacute;e par cette logique du monde du travail, de l'utilitarisme et de la consommation. C'est pour cela que, plus navrant encore que la suggestion de Moreau, il y a la r&eacute;ponse par laquelle Le Bon Docteur Couillard (marque d&eacute;pos&eacute;e) a rapidement mis le couvercle sur le d&eacute;bat: les c&eacute;geps sont d'importants leviers &eacute;conomiques pour les r&eacute;gions. Point.</blockquote><br />
<br />
Au nouveau chef du PLQ, M. Desjardins rappelle que &laquo;le c&eacute;gep r&eacute;pond &agrave; une autre exigence que celle de fabriquer des travailleurs ou de cr&eacute;er de l'emploi en r&eacute;gion : celle de former [...] des citoyens&raquo;. Et &agrave; ceux qui doutent de la pertinence des c&eacute;geps, il pr&eacute;cise qu'en &laquo;quelques cours de fran&ccedil;ais et de philosophie, on tente de donner &agrave; des enfants les outils pour r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; leur condition, pour apprendre &agrave; douter de tout, et surtout d'eux-m&ecirc;mes&raquo;. <br />
<br />
Bref, les &eacute;tudes coll&eacute;giales ne sont pas qu'une &eacute;tape ordinaire, voire &laquo;en trop&raquo;, dans notre syst&egrave;me d'&eacute;ducation. C'est plut&ocirc;t un moment privil&eacute;gi&eacute; dans la formation de citoyens responsables. Revoir la question sous l'angle de la langue d'enseignement en rajoute davantage. <br />
<br />
<strong>Le c&eacute;gep en fran&ccedil;ais </strong><br />
<br />
En d&eacute;fendant la pertinence des c&eacute;geps comme il l'a fait, David Desjardins m'a ramen&eacute; &agrave; <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/293036/libre-opinion-cegep-101-une-reflexion-s-impose" target="_hplink">un texte de Charles Gill</a>. Ce dernier soutient que des &eacute;tudes coll&eacute;giales en fran&ccedil;ais, notamment pour les &eacute;coliers de la loi 101, sont incontournables pour &laquo;diffuser un ciment culturel, un d&eacute;nominateur commun par lequel nous [pourrions] arriver &agrave; nous comprendre, &agrave; &eacute;changer&raquo;. <br />
<br />
Ce &laquo;ciment culturel&raquo; et ce &laquo;d&eacute;nominateur commun&raquo;, M. Gill les voit dans le programme de litt&eacute;rature au c&eacute;gep. En effet, la formation en litt&eacute;rature dans les c&eacute;geps consiste &agrave; &laquo;analyser des textes litt&eacute;raires&raquo;, &agrave; &laquo;expliquer les repr&eacute;sentations du monde&raquo; et &agrave; &laquo;appr&eacute;cier des textes de la litt&eacute;rature qu&eacute;b&eacute;coise&raquo;. J'ajoute la cr&eacute;ation litt&eacute;raire. <br />
<br />
Or, la grande majorit&eacute; des jeunes ne feront de la litt&eacute;rature qu'au c&eacute;gep. Ainsi, pour les enfants de la loi 101 scolaris&eacute;s en fran&ccedil;ais au primaire et au secondaire, comme pour les francophones n&eacute;s ici, cette &eacute;tape sera perdue, peut-&ecirc;tre &agrave; jamais, pour tous ceux qui s'inscrivent dans un c&eacute;gep o&ugrave; l'enseignement se donne en anglais. <br />
<br />
D'o&ugrave; cette question de Charles Gill: &laquo;O&ugrave; donc les &eacute;tudiants du coll&eacute;gial apprendront-ils l'histoire du Qu&eacute;bec et les &oelig;uvres litt&eacute;raires fondatrices de son identit&eacute; si ce n'est dans ce cours, lequel s'ins&egrave;re dans un programme qui pr&eacute;pare l'&eacute;tudiant &agrave; en saisir toute la splendeur?&raquo;. A fortiori lorsqu'on aura enfin enrichi le trop faible <a href="http://www.coalitionhistoire.org/contenu/le_quebec_ne_se_souvient_plus_resultats_desastreux_d_une_recherche_sur_lenseignement_de" target="_hplink">programme d'enseignement en histoire au coll&eacute;gial</a>. <br />
<br />
<blockquote><strong>LIRE AUSSI:</strong> <a href="10 trucs pour d&eacute;go&ucirc;ter nos jeunes de leur histoire" target="_hplink">10 trucs pour d&eacute;go&ucirc;ter nos jeunes de leur histoire</a></blockquote><br />
<br />
Puisque nous sommes toujours insatisfaits des r&eacute;sultats de la francisation apr&egrave;s 35 ans de loi 101, nous en sommes venus &agrave; <a href="http://demolinguistique.blogspot.ca/2010/08/le-choix-du-cegep-au-dela-de-la-langue.html" target="_hplink">ne plus voir la dimension culturelle de l'int&eacute;gration des immigrants</a>. Pour plusieurs, sinon pour la majorit&eacute;, le libre acc&egrave;s au c&eacute;gep de langue anglaise pour tous n'est qu'une affaire de langue. Le c&eacute;gep ne serait, dans leur esprit, qu'une autre institution pour y apprendre l'anglais. &Agrave; mon avis, apprendre l'anglais au c&eacute;gep, c'est trop tard, car comment &eacute;tudier les sciences, la philosophie ou les math&eacute;matiques de niveau coll&eacute;gial dans une langue que l'on ne maitrise pas d&eacute;j&agrave;? <br />
<br />
<strong>&Eacute;chos en Commission parlementaire</strong><br />
<br />
La dimension culturelle abord&eacute;e par Charles Gill a trouv&eacute; un &eacute;cho &agrave; la Commission parlementaire charg&eacute;e de faire l'examen du projet de loi 14. Le 14 mars 2013, Catherine Dorion a fait <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/cce-40-1/journal-debats/CCE-130314.html" target="_hplink">&eacute;tat des t&eacute;moignages qu'elle a re&ccedil;us</a> lors d'un documentaire qu'elle a r&eacute;alis&eacute; aupr&egrave;s d'immigrants d&eacute;j&agrave; bien int&eacute;gr&eacute;s &agrave; la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise. La majorit&eacute; d'entre eux, affirme-t-elle, auraient admis avoir commenc&eacute; &agrave; s'int&eacute;resser &agrave; la culture du Qu&eacute;bec au c&eacute;gep: <br />
<br />
<blockquote>&laquo;Au c&eacute;gep, [on devient] un citoyen, c'est vraiment le passage o&ugrave; on rencontre les gens avec qui on va travailler plus tard, on devient un travailleur, un citoyen&raquo;. Ces immigrants affirment avoir &laquo;rencontr&eacute; dans les c&eacute;geps francophones des Qu&eacute;b&eacute;cois francophones qui leur ont transmis, fait partager leur culture ; [...] leur pr&eacute;jug&eacute; s'est d&eacute;fait, s'est &eacute;tiol&eacute; petit &agrave; petit.&raquo; Ces immigrants sont devenus &laquo;des ponts entre deux communaut&eacute;s&raquo;, la leur &laquo;pleine de pr&eacute;jug&eacute;s&raquo;, et celles des francophones &laquo;qui ne connaissaient pas les immigrants, pleins de pr&eacute;jug&eacute;s&raquo; aussi. Ils ont aid&eacute; &agrave; la &laquo;coh&eacute;sion sociale [...] au Qu&eacute;bec&raquo;.</blockquote> <br />
<br />
La culture, la coh&eacute;sion sociale, voil&agrave; deux grandes oubli&eacute;es dans le d&eacute;bat entourant la langue d'enseignement au coll&eacute;gial. Je constate une fois encore qu'au Qu&eacute;bec, la question linguistique est un gros arbre qui cache bien d'autres dimensions de vie en soci&eacute;t&eacute;. Dans le cas particulier de l'int&eacute;gration des immigrants, croire qu'il suffit de leur faire apprendre quelques rudiments de fran&ccedil;ais pour les laisser &agrave; leur sort ensuite est un leurre. Le grand t&eacute;moignage lucide et sans d&eacute;tour de Longpr&eacute; - <a href="http://www.editions-stanke.com/Quebec-cherche-Quebecois-pour-relation-long-terme-plus/Tania-Longpre/livre/9782760411074" target="_hplink"><em>Qu&eacute;bec cherche Qu&eacute;b&eacute;cois pour relation &agrave; long terme et plus</em></a> - l'illustre tr&egrave;s clairement. J'y reviendrai.<br />
<br />
<strong>VOIR AUSSI</strong><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--268481--HH>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/839029/thumbs/s-DIANE-DE-COURCY-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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<entry>
    <title>42% de nos Anglos voudraient quitter le Québec ! Prémonition ou rengaine?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/sondage-anglophones-quitter-le-quebec_b_2743489.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2743489</id>
    <published>2013-02-22T15:54:06-05:00</published>
    <updated>2013-04-24T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Un sondage réalisé par EKOS Research a révélé que «42 % des personnes interrogées ont déclaré avoir envisagé de quitter la province à la suite de la victoire du PQ» aux élections générales québécoises de septembre. Peut-on vraiment croire à de telles intentions migratoires? Quand l'actualité politique nous ramène à la langue ou à la souveraineté, d'aucuns cherchent à faire un lien entre «le sort», réel ou appréhendé, des Anglo-Québécois, et notre déficit migratoire avec le reste du Canada.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[Un sondage r&eacute;alis&eacute; par EKOS Research a r&eacute;v&eacute;l&eacute; que <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/02/18/002-sondage-anglophones-droits.shtml" target="_hplink">&laquo;42 % des personnes interrog&eacute;es ont d&eacute;clar&eacute; avoir envisag&eacute; de quitter la province &agrave; la suite de la victoire du PQ&raquo;</a> aux &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales qu&eacute;b&eacute;coises de septembre 2012. Peut-on vraiment croire &agrave; de telles intentions migratoires chez plus de 2 anglophones sur 5? Quand l'actualit&eacute; politique nous ram&egrave;ne &agrave; la langue ou &agrave; la souverainet&eacute;, d'aucuns cherchent &agrave; faire un lien entre &laquo;le sort&raquo;, r&eacute;el ou appr&eacute;hend&eacute;, des Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois, et notre d&eacute;ficit migratoire avec le reste du Canada. <br />
<br />
Les derni&egrave;res donn&eacute;es diffus&eacute;es montrent une perte nette de seulement 8 000 Qu&eacute;b&eacute;cois de langue maternelle anglaise au cours de la p&eacute;riode quinquennale 2001-2006. Comme ces pertes sont 13 fois inf&eacute;rieures &agrave; celles de la p&eacute;riode 1976-1981 (106 300), voudrait-on laisser entendre que <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-14-40-1.html" target="_hplink">le projet de loi 14, qui cherche &agrave; renforcer la loi 101</a>, nous ram&egrave;nerait &agrave; la situation qui pr&eacute;valait &agrave; l'&eacute;poque de son adoption (1977) ? <br />
<br />
Tenter de lier les mouvements migratoires &agrave; la conjoncture politique peut venir d'une bonne intuition. Encore faudrait-il se donner les moyens de bien faire voir la relation entre les causes et leurs effets. Or, bien que rien d'&eacute;vident ne soit propos&eacute;, jouons le jeu en consid&eacute;rant les donn&eacute;es de 8 recensements cons&eacute;cutifs pr&eacute;sent&eacute;es au Tableau 1. <br />
<br />
<img alt="2013-02-22-MigrationsanglosQCvsROC19662006.JPG" src="http://images.huffingtonpost.com/2013-02-22-MigrationsanglosQCvsROC19662006.JPG" width="473" height="482" /><br />
<br />
<strong>Relation de causes &agrave; effets </strong><br />
<br />
D'embl&eacute;e, constatons que les Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois n'ont pas attendu les lois linguistiques des ann&eacute;es 1970 ni l'&eacute;lection d'un premier gouvernement souverainiste en 1976, pour quitter en grands nombres le Qu&eacute;bec. Les donn&eacute;es du Tableau 1 montrent en effet des pertes nettes de plus de 52 000 anglophones &agrave; chacune des p&eacute;riodes quinquennales 1966-1971 et 1971-1976. <br />
<br />
Plus particuli&egrave;rement, notons qu'&agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; le gouvernement Bourassa faisait du fran&ccedil;ais la langue officielle du Qu&eacute;bec (<a href="http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/quebec-loi-1974.htm" target="_hplink">loi 22 de 1974</a>), intervenant ainsi dans le monde du travail et sur la langue d'enseignement, moins d'anglophones ont quitt&eacute; le Qu&eacute;bec (94 100) qu'au cours de la p&eacute;riode pr&eacute;c&eacute;dente (99 100 en 1966-1971). La loi 22 &eacute;tait pourtant une premi&egrave;re dans l'histoire du Qu&eacute;bec ! <br />
<br />
Il faut attendre l'&eacute;lection p&eacute;quiste de 1976 avec son projet de r&eacute;f&eacute;rendum et sa <a href="http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&amp;file=/C_11/C11.html" target="_hplink">Charte de la langue fran&ccedil;aise</a> (loi 101 de 1977), pour voir 131 500 Qu&eacute;b&eacute;cois de langue maternelle anglaise partir du Qu&eacute;bec &agrave; destination des autres provinces ou des territoires canadiens. Compte tenu des migrations effectu&eacute;es en sens inverse, les pertes nettes de la minorit&eacute; anglophone pour la p&eacute;riode 1976-1981 ont &eacute;t&eacute;, tel que not&eacute; plus haut, de plus de 106 000 personnes. <br />
<br />
Les ann&eacute;es 1990 ont &eacute;t&eacute; marqu&eacute;es par le retour du PQ au pouvoir (1994) sous la direction d'un Jacques Parizeau bien d&eacute;cid&eacute; &agrave; tenir un r&eacute;f&eacute;rendum rapidement. Promesse tenue d&egrave;s 1995, avec pour r&eacute;sultat une quasi-victoire du OUI. Or, le nombre de Qu&eacute;b&eacute;cois de langue maternelle anglaise qui ont migr&eacute; ailleurs au Canada, a tourn&eacute; autour d'une moyenne de 52 200 par lustre. Avec la p&eacute;riode quinquennale pr&eacute;c&eacute;dente (1986-1991), la d&eacute;cennie 1990 forme une p&eacute;riode stable de 15 ans (d&eacute;parts moyens de 52 600). Les pertes migratoires nettes des anglophones furent alors deux fois moins importantes (25 300) que celles des ann&eacute;es 1966-1976. <br />
<br />
En somme, si la relation recherch&eacute;e peut appara&icirc;tre &eacute;vidente au temps du gouvernement L&eacute;vesque, elle n'est pas au rendez-vous &agrave; l'&eacute;poque de Parizeau. Pour l'ensemble des 40 ann&eacute;es consid&eacute;r&eacute;es au Tableau 1, la relation entre la conjoncture politique et les migrations anglophones appara&icirc;t plut&ocirc;t erratique. De toute fa&ccedil;on, limiter la conjoncture politique &agrave; la langue et au projet de souverainet&eacute; est pour le moins tr&egrave;s sommaire. D'autres dimensions de la vie politique devraient entrer en compte. Sans compter le contexte &eacute;conomique et le climat social, pour ne s'en tenir qu'&agrave; ces aspects importants. <br />
<br />
<strong>Enqu&ecirc;ter sur les intentions de migrer  </strong><br />
<br />
Le sociologue Gary Caldwell s'&eacute;tait d&eacute;j&agrave; pench&eacute; sur une telle relation dans les ann&eacute;es 1970-1980. Apr&egrave;s avoir constat&eacute; la r&eacute;duction rapide du d&eacute;ficit migratoire des anglophones &agrave; la fin des ann&eacute;es 1970, il notait qu'il s'en trouvait toujours <a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus_pi4%5bfile%5d=publications/pubb106/b106_resume.html" target="_hplink">un certain nombre pr&ecirc;t &agrave; annoncer leur intention de quitter le Qu&eacute;bec</a> par &laquo;familles enti&egrave;res&raquo; (p. 85). <br />
<br />
Sachant qu'interroger des personnes sur leurs intentions de migrer surestime largement les comportements r&eacute;els, le sondage d'EKOS Research n'a rien de pr&eacute;monitoire. Il nous ram&egrave;ne plut&ocirc;t une rengaine. Nous avons d&eacute;j&agrave; vu ce vieux film noir et blanc qui n'a pas pris de couleurs au cours des d&eacute;cennies. <br />
<br />
Nul doute que de tr&egrave;s nombreux anglophones sont tr&egrave;s attach&eacute;s depuis longtemps au Qu&eacute;bec. Par contre, d'autres sont d'abord Canadiens ; pour eux, migrer d'une province &agrave; une autre, impliquant le Qu&eacute;bec, c'est circuler au sein de leur pays, le Canada. Je dis bien &laquo;circuler&raquo;, car les donn&eacute;es du Tableau 1 impliquent des retours au point d'origine : des Ontariens ou des Albertains, que l'on confond avec des Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois, nous quittent pour retourner chez eux ou aller dans une autre province ; &agrave; l'inverse, des anglophones originaires du Qu&eacute;bec reviennent ici, en provenance du reste du Canada. <br />
<br />
<strong>Et la p&eacute;riode 2006-2001 ?</strong><br />
<br />
Le 26 juin prochain, des donn&eacute;es sur la p&eacute;riode quinquennale 2006-2011 seront diffus&eacute;es par Statistique Canada. Toutefois, elles ne seront pas comparables &agrave; celles du Tableau 1. En effet, <a href="http://www.ledevoir.com/politique/canada/367802/est-ce-la-fin-des-recensements" target="_hplink">le gouvernement Harper ayant mis fin &agrave; l'obligation l&eacute;gale de r&eacute;pondre</a> &agrave; un long questionnaire traditionnel, Statistique Canada l'a remplac&eacute; par une &laquo;<a href="http://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/index-fra.cfm" target="_hplink">Enqu&ecirc;te nationale aupr&egrave;s des m&eacute;nages (ENM)</a>&raquo;. <br />
<br />
Puisque nul n'est tenu de r&eacute;pondre &agrave; une enqu&ecirc;te, les r&eacute;sultats seront n&eacute;cessairement biais&eacute;s. Les personnes en mouvement &eacute;tant moins susceptibles de r&eacute;pondre que les s&eacute;dentaires, je suis de ceux qui croient que les r&eacute;sultats portant sur les mouvements migratoires pourraient &ecirc;tre sous-estim&eacute;s. Tous croisements de ces donn&eacute;es avec d'autres caract&eacute;ristiques comme le sexe, l'&acirc;ge, la citoyennet&eacute;, etc., pourraient nous leurrer davantage.<br />
<br />
<strong>EN IMAGES:</strong><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--234067--HH>]]></content>
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    <title>L'heure juste sur le français: doit-on se méfier des organismes de la loi 101?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/heure-juste-sur-le-francais_b_2610970.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2610970</id>
    <published>2013-02-04T13:16:04-05:00</published>
    <updated>2013-04-06T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Dans son premier billet sur le HuffPost Québec en 2013, mon collègue Maxime Duchesne a proposé de «faire le ménage» au Conseil supérieur de la langue française (CSLF).  Selon Duchesne, on trouve parmi ses 7 membres, plusieurs conseillers ayant «des liens avec le Parti libéral». Ils auraient été nommés «pour défendre l'inaction linguistique du gouvernement Charest». Ce serait nommément le cas de Mme Sylvia Martin-Laforge...]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[Dans son premier billet sur le <em>HuffPost Qu&eacute;bec</em> en 2013, mon coll&egrave;gue Maxime Duchesne a propos&eacute; de <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/maxime-duchesne/conseil-superieur-de-la-langue-francaise_b_2464354.html" target="_hplink">&laquo;faire le m&eacute;nage&raquo; au Conseil sup&eacute;rieur de la langue fran&ccedil;aise (CSLF)</a>. Selon Duchesne, on trouve parmi ses 7 membres, plusieurs conseillers ayant &laquo;des liens avec le Parti lib&eacute;ral&raquo;. Ils auraient &eacute;t&eacute; nomm&eacute;s &laquo;pour d&eacute;fendre l'inaction linguistique du gouvernement Charest&raquo;. Ce serait nomm&eacute;ment le cas de Mme Sylvia Martin-Laforge.<br />
<br />
Cette conseill&egrave;re &eacute;tant Directrice g&eacute;n&eacute;rale du <a href="http://www.qcgn.ca/mission-vision/" target="_hplink"><em>Quebec Community Groups Network</em></a> (QCGN), Maxime Duchesne ne peut concevoir qu'elle si&egrave;ge au CSLF en toute libert&eacute;. En t&eacute;moignerait, la similitude de pens&eacute;e entre le QCGN et sa DG &agrave; propos des &eacute;coles passerelles, comme du choix de la langue d'enseignement pour tous au c&eacute;gep.<br />
<br />
Puisque les mandats de Mme Martin-Laforge et de <a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/pubf230/f230.pdf" target="_hplink">la plupart des conseillers nomm&eacute;s en janvier 2008</a> viennent d'arriver &agrave; &eacute;ch&eacute;ance, la ministre Diane De Courcy pourrait tous les remplacer. Autant profiter de l'occasion pour revenir &agrave; la loi 101 originelle (1977, art. 190) en optant pour des mandats &agrave; &eacute;ch&eacute;ances &eacute;chelonn&eacute;es. Ainsi, on &eacute;viterait de faire table rase &agrave; nouveau en 2018.<br />
<br />
<strong>L'ancien Conseil de la langue fran&ccedil;aise que j'ai connu (1980-2002)<br />
</strong><br />
<a href="http://www.canlii.org/fr/qc/legis/lois/lrq-c-c-11/derniere/lrq-c-c-11.html" target="_hplink">La loi 101 stipule que les membres du Conseil sont nomm&eacute;s</a> &laquo;apr&egrave;s consultation d'organismes [...] repr&eacute;sentatifs des consommateurs, des milieux de l'&eacute;ducation, des communaut&eacute;s culturelles, des syndicats et du patronat&raquo;. N'&eacute;tant pas d&eacute;sign&eacute;s par ces organismes, les membres ne les repr&eacute;sentent pas. Au temps o&ugrave; je travaillais au Conseil de la langue fran&ccedil;aise (CLF), je n'ai jamais senti que les membres parlaient au nom d'une institution ou d'une association quelconque. D'ailleurs, une opinion, m&ecirc;me unanime, n'engagerait pas l'organisme au m&ecirc;me titre qu'un Conseil d'administration.<br />
<br />
&Agrave; l'&eacute;poque du Pr&eacute;sident Jean Martucci (1985-1987), j'ai travaill&eacute; avec 3 conseillers au sein d'un comit&eacute; qui a conduit &agrave; l'<em><a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus_pi4%5bfile%5d=http%3A%2F%2Fwww.cslf.gouv.qc.ca%2Fpublications%2Favis107%2Favis107.htm&amp;highlight=" target="_hplink">Avis sur les aspects d&eacute;molinguistiques de l'&eacute;volution de la population du Qu&eacute;bec</a></em> (1986). Jamais je n'ai senti que ces membres parlaient au nom des organismes o&ugrave; ils avaient &eacute;t&eacute; recrut&eacute;s. Par exemple, Mme Lily Tasso, journaliste, ne s'exprimait pas au nom de <em>La Presse</em>.<br />
<br />
Je dois &agrave; la t&eacute;nacit&eacute; de quelques administrateurs, la publication de 3 &eacute;tudes, dont 2 contre l'objection d'un conseiller. En 1989, des <a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus_pi4%5bfile%5d=http%3A%2F%2Fwww.cslf.gouv.qc.ca%2Fpublications%2Fpubc160%2Fc160ch1.html&amp;highlight=" target="_hplink">projections d&eacute;molinguistiques concernant l'&icirc;le de Montr&eacute;al</a> ne m'auraient jamais &eacute;t&eacute; command&eacute;es sans la volont&eacute; du Secr&eacute;taire du CLF, Robert L'Heureux. <a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus_pi4%5bfile%5d=http%3A%2F%2Fwww.cslf.gouv.qc.ca%2Fpublications%2Fpubc168%2Fc168_resume.html&amp;highlight=Les|%C3%A9coliers|Canada" target="_hplink"><em>Les &eacute;coliers du Canada admissibles &agrave; recevoir leur instruction en fran&ccedil;ais ou en anglais</em></a> a paru en 1991 malgr&eacute; les tractations d'une conseill&egrave;re. Enfin, contre les objections d'un membre du &laquo;Comit&eacute; du suivi&raquo;, le directeur de la recherche &agrave; l'Office qu&eacute;b&eacute;cois de la langue fran&ccedil;aise (OQLF) m'a command&eacute; une <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes/notemetho_paille.pdf" target="_hplink">critique m&eacute;thodologique substantielle touchant les recensements</a> (2008). Dans tous ces exemples, il s'agissait d'une premi&egrave;re.<br />
<br />
<strong>Qui trop embrasse mal &eacute;treint</strong><br />
<br />
Quand un petit organisme voit trop grand, au mieux il pi&eacute;tine, au pire il &eacute;choue. Voici deux exemples montrant bien qu'il en va beaucoup plus des administrateurs que des conseillers.<br />
<br />
Entre d&eacute;cembre 1991 et f&eacute;vrier 1995, j'ai travaill&eacute; avec 3 coll&egrave;gues du CLF au sein du <a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/pubf135/f135.pdf" target="_hplink">comit&eacute; &laquo;D&eacute;mographie-Immigration-Langue&raquo; (DIL)</a>. Comptant au d&eacute;part 12 membres, dont 6 conseillers, cet ambitieux comit&eacute; a tourn&eacute; en rond en tentant de remplir un mandat d&eacute;mentiel dont le premier objectif &agrave; lui seul se lisait comme suit :<br />
<br />
<blockquote>&laquo;&eacute;tudier les interactions entre les immigrants, les communaut&eacute;s culturelles et les institutions qu&eacute;b&eacute;coises afin de rep&eacute;rer les facteurs qui sont les plus capables d'assurer le succ&egrave;s de la politique linguistique d&eacute;finie selon des crit&egrave;res, notamment, de diffusion, d'utilisation, de connaissance, d'int&eacute;gration, d'identification et de loyaut&eacute;&raquo; (<em>ibid</em>., p. 23).</blockquote><br />
<br />
Apr&egrave;s avoir &eacute;crit plusieurs versions d'un volumineux rapport, le comit&eacute; l'a <a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/pubf139/f139.pdf" target="_hplink">remis au Conseil qui l'a adopt&eacute;</a> avant de le &laquo;tabletter&raquo;. Voil&agrave; un bel exemple d'une administration qui a occup&eacute; son monde inutilement. Aucun conseiller n'a remis en question, en plus de 4 ans, le mandat, la taille et le modus operandi du comit&eacute;.<br />
<br />
<a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus_pi4%5bfile%5d=http%3A%2F%2Fwww.cslf.gouv.qc.ca%2Fpublications%2Fpubf141%2Ff141.html#3.3" target="_hplink">En 1997, le CLF a &eacute;t&eacute; charg&eacute; de la mise en &oelig;uvre</a> d'un &laquo;indice de langue d'usage public&raquo; (ILUP). Contrairement au comit&eacute; DIL, ce mandat &eacute;tait au moins accompagn&eacute; d'importantes ressources, notamment du financement d'une vaste enqu&ecirc;te (&eacute;chantillon de 14 206 personnes). Au fur et &agrave; mesure de l'avancement des travaux, des coll&egrave;gues chercheurs et moi-m&ecirc;me avons fait part &agrave; notre employeur de nos inqui&eacute;tudes d'ordre conceptuel et m&eacute;thodologique. En vainc. <a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/pubb148/formatpdf/b148.pdf" target="_hplink">Rendu public en ao&ucirc;t 1999</a>, l'ILUP s'est av&eacute;r&eacute; <a href="http://michelpaille.blogspot.ca/2009/05/lindice-de-langue-dusage-public-ilup.html" target="_hplink">une monumentale catastrophe</a>.<br />
<br />
<strong>&Agrave; propos de l'Office qu&eacute;b&eacute;cois de la langue fran&ccedil;aise</strong><br />
<br />
Maxime Duchesne rappelle la temp&ecirc;te suscit&eacute;e au d&eacute;but de 2008 quand l'OQLF, alors pr&eacute;sid&eacute; par Mme France Boucher, a retard&eacute; la publication de plusieurs &eacute;tudes. En janvier 2008, l'OQLF avait planifi&eacute; le lancement de plusieurs &eacute;tudes au milieu du mois, dont celles qui m'avaient &eacute;t&eacute; command&eacute;es par contrats. Mais une d&eacute;cision irr&eacute;fragable venue de tr&egrave;s haut a contraint l'Office &agrave; tout reporter.<br />
<br />
Jusqu'&agrave; la parution de ces ouvrages en mars 2008, on a pest&eacute; publiquement contre la PDG de l'Office. Mais une fois ces &eacute;tudes rendues publiques, les m&eacute;dias, qui les avaient tant r&eacute;clam&eacute;es, en ont fait peu de cas. C'est dans ce contexte que l'Institut de recherche sur le fran&ccedil;ais en Am&eacute;rique (IRFA) a &eacute;t&eacute; fond&eacute; <a href="http://www.irfa.ca/site/a-propos/presentation-des-chercheurs-2/guy-rocher/" target="_hplink">sous la pr&eacute;sidence d'honneur de M. Guy Rocher</a>.<br />
<br />
Maxime Duchesne, comme bien d'autres, ont plac&eacute; tant d'espoirs dans l'IRFA, que toute &eacute;tude produite par les organismes de la loi 101 est devenue suspecte. H&eacute;las, l'IRFA <a href="http://www.irfa.ca/site/" target="_hplink">qui a toujours un site Internet</a>, n'op&egrave;re plus, faute de fonds. Dommage, car toute &eacute;mulation incite la communaut&eacute; scientifique au surpassement.<br />
<br />
On ne saurait, &agrave; mon avis, pr&eacute;sumer que tout ce qui vient des organismes de la loi 101 soit douteux en soi. D'o&ugrave; qu'elle vienne, toute &eacute;tude doit &ecirc;tre jug&eacute;e &agrave; son m&eacute;rite. Faisons la part des choses : d'une part, appr&eacute;cions la qualit&eacute; d'un ouvrage <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes/etude_07.pdf" target="_hplink">comme celui de Jacques Maurais publi&eacute; par l'Office en 2008</a> ; d'autre part, inqui&eacute;tons-nous <a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/316656/changement-d-orientation-a-l-office-quebecois-de-la-langue-francaise-au-dela-des-mots-les-termes" target="_hplink">avec un groupe d'anciens terminologues du m&ecirc;me Office</a>, de la qualit&eacute; de notre <em>Grand dictionnaire terminologique</em>.<br />
<br />
<strong>EN IMAGES:</strong><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--268481--HH>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/973880/thumbs/s-FRENCH-CANADIANS-SOFT-ETHNOCIDE-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Québec Franco: un acrostiche inspiré par une lectrice du HuffPost Québec</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/societe-quebec_b_2439448.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2439448</id>
    <published>2013-01-10T09:54:03-05:00</published>
    <updated>2013-03-12T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[En acceptant l'invitation du Huffington Post Québec d'écrire des billets à mon propre rythme, je ne croyais pas pouvoir intervenir très souvent. À d'autres blogueurs rencontrés à la soirée inaugurale de février 2012, je disais ne pas m'attendre à trouver dans l'actualité matière à interventions très soutenues. Or, non seulement ai-je produit 12 billets en 9 mois (mi-mars à mi-décembre), mais encore ai-je dû laisser filer quelques sujets interpelant un démographe.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[En acceptant l'invitation du <em>Huffington Post Qu&eacute;bec</em> d'&eacute;crire des billets &agrave; mon propre rythme, je ne croyais pas pouvoir intervenir tr&egrave;s souvent. &Agrave; d'autres blogueurs rencontr&eacute;s &agrave; la soir&eacute;e inaugurale de f&eacute;vrier 2012, je disais ne pas m'attendre &agrave; trouver dans l'actualit&eacute; mati&egrave;re &agrave; interventions tr&egrave;s soutenues. Or, non seulement ai-je produit 12 billets en 9 mois (mi-mars &agrave; mi-d&eacute;cembre), mais encore ai-je d&ucirc; laisser filer quelques sujets interpelant un d&eacute;mographe. <br />
<br />
Prenant connaissance de l'<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/simon-leduc/simon-leduc-annee-2012-de-a-a-z-_b_2411174.html" target="_hplink">ab&eacute;c&eacute;daire de Simon Leduc le 2 janvier dernier</a>, j'ai eu l'id&eacute;e d'un acrostiche form&eacute; par les 12 lettres des mots <strong>QU&Eacute;BEC FRANCO</strong>. J'ai fait appel, au sein de ma famille, &agrave; l'une de mes lectrices des plus assidues mais aussi des plus exigeantes : Claudine. Je lui ai demand&eacute; de choisir spontan&eacute;ment les phrases ou les paragraphes qui ont retenu son attention. Pour compl&eacute;ter l'acrostiche, j'ai d&ucirc; refuser l'un de ses choix.  <br />
<br />
<strong>Q : Qu&eacute;bec</strong>  <br />
<blockquote>&laquo;[...] &agrave; la lumi&egrave;re de la d&eacute;mographie, on serait en droit de se demander comment faire entendre la voix d'un Qu&eacute;bec qui compte de moins en moins [au sein du Canada], alors que la minorit&eacute; francophone de l'ensemble du pays se retrouve de plus en plus concentr&eacute;e dans la seule province o&ugrave; la constitution ne la prot&egrave;ge pas [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/francophones-quebec_b_1424288.html" target="_hplink">billet du 13 avril 2012</a>]?&raquo;</blockquote> <br />
Cette tendance lourde a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e par le recensement de 2011. L'&eacute;lection d'un gouvernement f&eacute;d&eacute;ral majoritaire en mai 2011, sans l'apport du Qu&eacute;bec, est une cons&eacute;quence de cette r&eacute;gression continue.<br />
 <br />
<strong>U : Urbain (&eacute;talement) </strong><br />
Ph&eacute;nom&egrave;ne commun &agrave; toutes les grandes agglom&eacute;rations urbaines de la plan&egrave;te, l'&eacute;talement de la population montr&eacute;alaise dans les banlieues du 450 est surtout le fait des francophones. Tenter de contrer cette tendance lourde oblige &agrave; tenir compte de la tr&egrave;s forte concentration de l'immigration &agrave; Montr&eacute;al et de son &laquo;effet domino&raquo;. Claudine a retenu cette citation du professeur &eacute;m&eacute;rite Raymond Breton :  <br />
<blockquote>&laquo;Si les natifs se sentent menac&eacute;s dans leurs habitudes, leurs fa&ccedil;ons d'utiliser les institutions et les espaces publics, d'&eacute;duquer leurs enfants, bref, s'ils se sentent 'envahis', ils chercheront &agrave; laisser ce milieu : ils d&eacute;m&eacute;nageront en banlieue, ils changeront de travail, ils placeront leurs enfants dans une &eacute;cole priv&eacute;e, etc. [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/francais-quebec_b_1905803.html" target="_hplink">billet du 25 septembre 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
<strong>&Eacute; : &Eacute;conomie</strong><br />
<blockquote>[Selon John Ibbitson du <em>Globe and Mail</em>] 'une forte &eacute;conomie et une politique d'immigration agressive a prot&eacute;g&eacute; le Canada du choc d&eacute;mographique d&eacute;coulant d'une f&eacute;condit&eacute; &agrave; la baisse (traduction libre)'. &laquo;Ces propos &eacute;tonnent. Car la politique canadienne d'immigration n'a jamais compens&eacute; une f&eacute;condit&eacute; n'assurant plus le remplacement des g&eacute;n&eacute;rations depuis 40 ans. En d&eacute;pit de la hausse des 12 derni&egrave;res ann&eacute;es [...], le Canada a cumul&eacute;, en quatre d&eacute;cennies, un important d&eacute;ficit des naissances [...] [et] n'a aucune raison de bomber le torse pour se donner en exemple &agrave; [...] l'Europe [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/immigration-canada_b_1723293.html" target="_hplink">billet du 1er ao&ucirc;t 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
<strong>B : Baby-boomers</strong><br />
<blockquote>&laquo;[Dans] la pr&eacute;sente d&eacute;cennie [...], les baby-boomers perdent graduellement leur majorit&eacute; dans les groupes d'&acirc;ge o&ugrave; se concentre la population active. [Mais], bien que les baby-boomers prennent tour &agrave; tour leur retraite, ils joueront encore longtemps un r&ocirc;le important au sein de la soci&eacute;t&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral. N'exercent-ils pas d&eacute;j&agrave; leur droit de vote avec plus d'intensit&eacute; que les jeunes [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/demographie-quebec_b_1550936.html" target="_hplink">billet du 29 mai 2012</a>]?&raquo;</blockquote> <br />
Toutefois, Claudine se demande si les comportements &eacute;lectoraux ont &laquo;chang&eacute; depuis le 'printemps &eacute;rable'&raquo;. <a href="http://journalmetro.com/actualites/national/210086/elections-2012-les-jeunes-sont-retournes-aux-urnes/" target="_hplink">Il semble que oui selon Fran&ccedil;ois G&eacute;lineau</a>, car 62,5% des jeunes de 18 &agrave; 24 ans auraient vot&eacute; aux &eacute;lections de septembre 2012, comparativement &agrave; 36,2% en 2008. <br />
<strong>E : Exogamie</strong> <br />
<blockquote>&laquo;Bien que l'exogamie [...] soit l'exception [...], le choix du partenaire, en termes linguistiques, [...] exprime la diversification des groupes linguistiques, notamment celle des francophones que l'on qualifie encore de 'pure laine'. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, comme au tournant des ann&eacute;es 2010, la pr&eacute;f&eacute;rence des Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois est [...] all&eacute;e vers des femmes de langue maternelle fran&ccedil;aise [...], soit 74,7% en 1990-1992 et de 75,2% en 2009-2011. Le choix des anglophones n'a rien d'exceptionnel, [car] les allophones en font autant (70,8% en 1990-1992, 76,4% en 2009-2011) [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/mariages-interlinguistiques_b_1648831.html" target="_hplink">billet du 4 juillet 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
<strong>C : Cheval de Troie</strong> <br />
<blockquote>&laquo;Il n'est pas banal de savoir combien de francophones bilingues voient dans l'usage de l'anglais une langue plus prestigieuse et plus efficace en divers domaines : travail, communications, commerce, affaires, information (journaux, radio, t&eacute;l&eacute;), carri&egrave;re scientifique ou artistique, etc. Apr&egrave;s tant d'ann&eacute;es de laisser faire, il est urgent d'abattre ce cheval de Troie que l'&Eacute;tat a laiss&eacute; grossir au sein de la majorit&eacute; francophone. Que ces francophones soient 150 000, 200 000, voire 300 000, n'a pas la m&ecirc;me signification que s'ils n'&eacute;taient que quelques centaines plac&eacute;s dans des situations particuli&egrave;res [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/le-fracais-au-quebec_b_1388431.html" target="_hplink">billet du 30 mars 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
<strong>F : F&eacute;condit&eacute;</strong><br />
<blockquote>&laquo;La politique linguistique du Qu&eacute;bec, aussi renforc&eacute;e serait-elle, ne saurait faire fi de notre contexte d&eacute;mographique. Depuis plus de 40 ans, la f&eacute;condit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise v&eacute;g&egrave;te sous le seuil de remplacement des g&eacute;n&eacute;rations. Ni l'immigration internationale dans son ensemble, ni les substitutions linguistiques favorables au fran&ccedil;ais (notamment chez les femmes de langues maternelles tierces de plus en plus nombreuses &agrave; &eacute;lever leurs enfants en fran&ccedil;ais), ne peuvent compenser la faiblesse de notre f&eacute;condit&eacute; [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/loi-101-quebec_b_1836277.html" target="_hplink">billet du 28 ao&ucirc;t 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
<strong>R : Recrutement</strong>  <br />
<blockquote>&laquo;[...] tenter de mieux s&eacute;lectionner les candidats serait d'autant plus difficile que le nombre d'immigrants recherch&eacute;s est &eacute;lev&eacute;. D&eacute;j&agrave; d&eacute;bord&eacute;s de travail par l'importante augmentation des derni&egrave;res ann&eacute;es, les agents de recrutement acceptent 'tous les candidats se rapprochant plus ou moins du seuil d'acceptation'. Pourtant, ce seuil est d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s bas! Bref, le syst&egrave;me de s&eacute;lection des immigrants ne donnerait pas les r&eacute;sultats escompt&eacute;s [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/politiqueimmigration_b_1355245.html" target="_hplink">billet du 17 mars 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
<strong>A : Anglicisation</strong> <br />
L'anglicisation fictive de milliers de personnes dans le traitement arbitraire des donn&eacute;es explique, en bonne partie, un important &eacute;cart de pr&egrave;s de 6 points (81% &agrave; 87%) pour d&eacute;terminer la proportion de francophones au Qu&eacute;bec en 2011. <br />
<blockquote>&laquo;En nombre absolu, la diff&eacute;rence d'estimation d&eacute;passe les 453 300 personnes, soit plus du double de la population francophone du Nouveau-Brunswick! [...] <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes/notemetho_paille.pdf" target="_hplink">une &eacute;tude critique publi&eacute;e par l'Office qu&eacute;b&eacute;cois de la langue fran&ccedil;aise</a> [en 2008] propose une fa&ccedil;on de tenir compte [du] multilinguisme sans ramener tout le monde &agrave; une seule langue maternelle, et sans forcer tous les r&eacute;pondants &agrave; n'utiliser qu'une langue au foyer [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/recensement-quebec-francais_b_2083725.html" target="_hplink">billet du 10 novembre 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
En 2011, la proportion de francophones au Qu&eacute;bec a &eacute;t&eacute; fix&eacute;e &agrave; 82,5% : 80 % ne parlant que le fran&ccedil;ais &agrave; la maison, et 2,5% le parlant avec au moins une autre langue. <br />
<strong>N : Nominations</strong> <br />
<blockquote>&laquo;Nommer des personnes ne sachant pas parler le fran&ccedil;ais pour occuper une fonction exigeant des contacts avec des francophones, va &agrave; l'encontre des objectifs vis&eacute;s par la loi 101. Que cela se produise 35 ans plus tard, d&eacute;montre bien que les mentalit&eacute;s n'ont pas chang&eacute; [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/langue-francaise-montreal_b_1467154.html" target="_hplink">billet du 10 mai 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
<strong>C : Choc</strong> <br />
<blockquote>&laquo;Psychiatre, Camille Laurin voyait dans sa politique linguistique une th&eacute;rapie de choc qui am&egrave;nerait les francophones &agrave; plus d'estime envers leur propre langue. Trente-cinq ans plus tard, il serait d&eacute;&ccedil;u de constater que de trop nombreux francophones bilingues donnent encore priorit&eacute; &agrave; l'anglais dans leur vie publique, tr&egrave;s souvent sans aucune n&eacute;cessit&eacute; [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/langlais-au-quebec_b_1976212.html" target="_hplink">billet du 18 octobre 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
<strong>O : Ontario</strong> <br />
<blockquote>&laquo;En 1977, Camille Laurin voulait faire en sorte que les personnes de langues tierces, en particulier les immigrants de l'avenir, optent graduellement pour le fran&ccedil;ais, avec la m&ecirc;me intensit&eacute; que leurs vis-&agrave;-vis ontariens adoptaient l'anglais comme langue parl&eacute;e au foyer. La langue ainsi librement choisie par des adultes, devient alors la langue maternelle des enfants d'immigrants qui naissent ici. [...] Pour y parvenir, notre politique linguistique misait sur le renforcement du fran&ccedil;ais dans la vie de tous les jours [<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/loi-101-vie-privee_b_2272979.html" target="_hplink">billet du 11 d&eacute;cembre 2012</a>].&raquo;</blockquote> <br />
La citation qui pr&eacute;c&egrave;de n'est pas le choix de Claudine. Sa pr&eacute;f&eacute;rence s'inspire du titre du billet : &laquo;En 35 ans, la loi 101 n'a jamais conduit au moindre diktat touchant la vie priv&eacute;e&raquo; :<br />
<blockquote>&laquo;Dans tout pays libre et d&eacute;mocratique, aucune loi ne saurait viser directement la vie priv&eacute;e des citoyens. Si une loi veut influencer les comportements des individus dans leur vie priv&eacute;e, elle ne peut le faire qu'indirectement par des moyens de nature publique. C'est le cas de la Charte de la langue fran&ccedil;aise (loi 101).&raquo;</blockquote>]]></content>
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    <title>En 35 ans, la loi 101 n'a jamais conduit au moindre diktat touchant la vie privée</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/loi-101-vie-privee_b_2272979.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2272979</id>
    <published>2012-12-11T00:53:04-05:00</published>
    <updated>2013-02-09T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[En affirmant que «la loi 101 n'a pas et n'a jamais eu comme objectif d'intervenir dans la vie des couples et des familles pour leur dicter la langue qui s'y parlera», M. Jean-Pierre Proulx (Le Devoir, 3 décembre 2012) ne courrait aucun risque. En effet, malgré tout l'ascendant que M. Camille Laurin, parrain de la loi 101, avait acquis sur ses collègues du gouvernement péquiste élu en 1976, jamais René Lévesque n'aurait accepté que l'on veuille «intervenir» et «dicter» quoi que ce soit, pas même à propos de la langue. Cette idée n'a jamais effleuré l'esprit de M. Laurin.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[En affirmant que &laquo;la loi 101 n'a pas et n'a jamais eu comme objectif d'intervenir dans la vie des couples et des familles pour leur dicter la langue qui s'y parlera&raquo;, <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/365405/l-imposition-de-la-loi-101-au-cegep-n-est-pas-justifiee" target="_hplink">M. Jean-Pierre Proulx (<em>Le Devoir</em>, 3 d&eacute;cembre 2012)</a> ne courrait aucun risque. En effet, malgr&eacute; tout l'ascendant que M. Camille Laurin, parrain de la loi 101, avait acquis sur ses coll&egrave;gues du gouvernement p&eacute;quiste &eacute;lu en 1976, jamais Ren&eacute; L&eacute;vesque n'aurait accept&eacute; que l'on veuille &laquo;intervenir&raquo; et &laquo;dicter&raquo; quoi que ce soit, pas m&ecirc;me &agrave; propos de la langue. Cette id&eacute;e n'a jamais effleur&eacute; l'esprit de M. Laurin. <br />
<br />
Ancien journaliste au <em>Devoir</em>, M. Proulx m'a toujours paru tr&egrave;s rigoureux, &agrave; commencer par la simple v&eacute;rification des faits. Outre qu'il se devait de faire un retour aux sources, il aurait pu douter de sa d&eacute;claration &agrave; sa face m&ecirc;me. D'abord, les sources montrent que nul n'a jamais propos&eacute; en 1977 une telle intervention politique jusque &laquo;dans la vie des couples et des familles&raquo;. De plus, outre que cette fa&ccedil;on d'intervenir se serait av&eacute;r&eacute;e concr&egrave;tement inapplicable, les tribunaux auraient t&ocirc;t fait de la d&eacute;clarer <em>ultra vires</em>. <br />
<br />
<strong>Des moyens de nature publique</strong> <br />
<br />
Dans tout pays libre et d&eacute;mocratique, aucune loi ne saurait viser directement la vie priv&eacute;e des citoyens. Si une loi veut influencer les comportements des individus dans leur vie priv&eacute;e, elle ne peut le faire qu'indirectement par des moyens de nature publique. C'est le cas de la <a href="http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&amp;file=/C_11/C11.html" target="_hplink">Charte de la langue fran&ccedil;aise</a> (loi 101). Les titres des chapitres III &agrave; VIII de la Charte disent clairement ce qu'elle vise dans le domaine public : l'administration, les organismes parapublics, le travail, le commerce et les affaires, l'enseignement.<br />
<br />
Mais certaines lois ont des vis&eacute;es touchant indirectement la vie priv&eacute;e. En g&eacute;n&eacute;ral, les intentions du l&eacute;gislateur sont tr&egrave;s clairement exprim&eacute;es et d&eacute;battues avant le vote des &eacute;lus sur de tels projets de lois. C'est le cas de la loi 101 comme des lois sur le tabac, tant du <a href="http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/tabac/index.php?loi_sur_le_tabac" target="_hplink">gouvernement du Qu&eacute;bec</a> que du <a href="http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/T-11.5/" target="_hplink">gouvernement f&eacute;d&eacute;ral</a>. Bien que la loi 101 n'oblige personne &agrave; parler le fran&ccedil;ais &agrave; son domicile, et bien que les lois sur le tabac n'interdisent pas de fumer chez soi - ni de fumer tout court -, elles cherchent cependant &agrave; influencer les comportements des personnes. <br />
<br />
Il est clair pour tous que nos lois sur le tabac veulent inciter les fumeurs &agrave; mettre fin &agrave; leur d&eacute;pendance et inviter les non-fumeurs, notamment les jeunes, &agrave; ne pas s'y adonner. &Agrave; ceux qui d&eacute;sirent en finir avec cette habitude nocive pour leur sant&eacute; et pour celle de leur entourage, on offre de l'aide, notamment par Internet (voir : <a href="http://jarrete.qc.ca" target="_hplink">jarrete.qc.ca</a> et <a href="http://defitabac.qc.ca" target="_hplink">defitabac.qc.ca</a>) ou par t&eacute;l&eacute;phone (1 888 JARRETE). <br />
<br />
<strong>&laquo;Un Qu&eacute;bec aussi fran&ccedil;ais que l'Ontario est anglais&raquo;</strong>  <br />
<br />
H&eacute;las, dans le cas de la loi 101 on oublie trop souvent que le l&eacute;gislateur voulait faire du fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec une langue aussi attrayante pour les immigrants que l'anglais en Ontario, province voisine explicitement donn&eacute;e en exemple. L'intense d&eacute;bat de l'ann&eacute;e 1977 entourant la conception, la r&eacute;daction et l'adoption de la loi 101, l'atteste amplement. <br />
<br />
En 1977, Camille Laurin voulait faire en sorte que les personnes de langues tierces, en particulier les immigrants de l'avenir, optent graduellement pour le fran&ccedil;ais, avec la m&ecirc;me intensit&eacute; que leurs vis-&agrave;-vis ontariens adoptaient l'anglais comme langue parl&eacute;e au foyer. La langue ainsi librement choisie par des adultes, devient alors la langue maternelle des enfants d'immigrants qui naissent ici. Au Qu&eacute;bec, autant faire en sorte que le fran&ccedil;ais soit pr&eacute;f&eacute;r&eacute; &agrave; l'anglais comme jadis. Pour y parvenir, notre politique linguistique misait sur le renforcement du fran&ccedil;ais dans la vie de tous les jours. <br />
<br />
Depuis que la loi 101 existe, plusieurs &eacute;tudes ont montr&eacute; une augmentation constante du choix des allophones en faveur du fran&ccedil;ais jusque dans leurs foyers. Bien que l'attrait du fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec demeure <a href="http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=535&amp;Itemid=48&amp;searchresult=1" target="_hplink">encore loin de celui de l'anglais en Ontario</a>, il y a eu progression. On l'a constat&eacute; &agrave; divers recensements (<em><a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes2011/20110909_MPaille.pdf" target="_hplink">Les caract&eacute;ristiques linguistiques de la population du Qu&eacute;bec : profil et tendances 1996-2006</a></em>, OQLF, 2011, 101-103), ainsi que chez les <a href="http://www.vigile.net/Un-progres-continu" target="_hplink">femmes de langues maternelles tierces qui ont eu un enfant au Qu&eacute;bec</a> au cours des derni&egrave;res d&eacute;cennies.]]></content>
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    <title>Le Québec français au recensement de 2011 : 81% ou 87% francophone?</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2083725</id>
    <published>2012-11-10T10:36:49-05:00</published>
    <updated>2013-01-10T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[La diffusion récente des données linguistiques du recensement de 2011 par Statistique Canada a donné lieu à un chassé-croisé de compilations ressemblant parfois à du bricolage. On semble chercher à démontrer ses convictions plutôt qu'à rendre compte de la réalité observée.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[La diffusion r&eacute;cente des <a href="http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/121024/dq121024a-fra.htm" target="_hplink">donn&eacute;es linguistiques du recensement de 2011 par Statistique Canada</a> a donn&eacute; lieu &agrave; un chass&eacute;-crois&eacute; de compilations ressemblant parfois &agrave; du bricolage. On semble chercher &agrave; d&eacute;montrer ses convictions plut&ocirc;t qu'&agrave; rendre compte de la r&eacute;alit&eacute; observ&eacute;e. Nous devons &agrave; Maxime Duchesne, un coll&egrave;gue blogueur du <em>Huffington Post Qu&eacute;bec</em>, d'avoir d&eacute;crit <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/maxime-duchesne/multilinguisme-declin-francais_b_2042585.html" target="_hplink">4 sc&eacute;narios conduisant chacun &agrave; des pourcentages de francophones et d'anglophones au Qu&eacute;bec</a>. Profitons de cette heureuse synth&egrave;se pour tenter de tirer &ccedil;a au clair.<br />
<br />
Le tableau 1 reproduit les proportions de francophones aux recensements de 2006 et de 2011 dont fait &eacute;tat M. Duchesne dans ses 4 sc&eacute;narios. J'ai ajout&eacute; les effectifs de population, ainsi que les taux annuels moyens de croissance.<br />
<br />
<img alt="2012-11-06-VSGelosoTableau1.JPG" src="http://images.huffingtonpost.com/2012-11-06-VSGelosoTableau1.JPG" width="628" height="328" /><br />
<br />
Ce tableau indique que la majorit&eacute; francophone du Qu&eacute;bec en 2011 se situait entre 81,2% et 86,7%, une diff&eacute;rence appr&eacute;ciable de 5,5 points. Une variante du sc&eacute;nario 4 (sc&eacute;nario 4bis) pousse l'&eacute;cart &agrave; 5,8 points. En nombre absolu, la diff&eacute;rence d'estimation d&eacute;passe les 453 300 personnes, soit plus du double de la population francophone du Nouveau-Brunswick! Ne pourrait-on pas &ecirc;tre plus pr&eacute;cis?<br />
<br />
<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/multilinguisme-declin-francais_b_2022871.html" target="_hplink">Dans son billet du 26 octobre, Vincent Geloso, </a>autre blogueur au <em>HuffPost</em>, identifie le premier sc&eacute;nario comme &eacute;tant celui &laquo;qui est mis de l'avant par ceux qui parlent d'un d&eacute;clin de la langue fran&ccedil;aise&raquo;. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/francais-quebec_b_2008956.html" target="_hplink">Dans un billet pr&eacute;c&eacute;dent, M. Geloso leur attribue la paternit&eacute; d'une crise linguistique</a> qui s&eacute;virait au Qu&eacute;bec actuellement. Tr&egrave;s optimiste, il opte pour le maximum de 87%, soit un pourcentage identique aux recensements de 2001 et de 2006. En toute logique, il conclut &laquo;que le fran&ccedil;ais n'est pas en d&eacute;clin&raquo;.<br />
<br />
Ce d&eacute;bat ne tiendrait-il qu'au degr&eacute; de jovialit&eacute; des personnes? Non, semble-t-il. Car <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/vincent-geloso/langue-quebec_b_2047441.html" target="_hplink">selon le troisi&egrave;me billet de Vincent Geloso</a>, &laquo;le multilinguisme brouille les cartes sur le fran&ccedil;ais&raquo;. Comme ce multilinguisme se trouve dans les &laquo;r&eacute;ponses multiples&raquo; aux questions sur les langues, la cacophonie viendrait du traitement, ou du bricolage, que l'on fait de ce type de donn&eacute;es.<br />
<br />
<strong>D&eacute;sembrouiller les donn&eacute;es sans les d&eacute;former</strong><br />
<br />
Tirons profit d'une <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes/notemetho_paille.pdf" target="_hplink">&eacute;tude critique publi&eacute;e par l'Office qu&eacute;b&eacute;cois de la langue fran&ccedil;aise (OQLF)</a> sur ce sujet. Cet ouvrage remet d'abord en question une m&eacute;thode arbitraire longtemps utilis&eacute;e dans le traitement des donn&eacute;es linguistiques (p. 37-59). Elle propose ensuite une fa&ccedil;on de tenir compte de ce multilinguisme sans ramener tout le monde &agrave; une seule langue maternelle, et sans forcer tous les r&eacute;pondants &agrave; n'utiliser qu'une langue au foyer (p. 64-72).<br />
<br />
La m&eacute;thode traditionnelle remise en question r&eacute;partit en deux ou trois groupes &eacute;gaux quiconque affirme avoir deux ou trois langues maternelles. Elle fait de m&ecirc;me pour toute personne qui dit parler deux ou trois langues &agrave; la maison. Or, contrairement &agrave; ce que l'on a longtemps pr&eacute;tendu, cette m&eacute;thode n'est pas neutre. En effet, elle infiltre de fausses informations parmi la grande masse de r&eacute;ponses uniques (96,9% en 2011).<br />
<br />
Un simple exemple suffit &agrave; illustrer les biais que ce type de traitement des donn&eacute;es apporte :<br />
<br />
<blockquote>Au recensement de 2011, 19 600 personnes du Qu&eacute;bec ont affirm&eacute; avoir le fran&ccedil;ais ET l'anglais comme langue maternelle. En outre, elles ont d&eacute;clar&eacute; parler le plus souvent le fran&ccedil;ais ET l'anglais &agrave; la maison. Or, la r&eacute;partition &eacute;gale partage les donn&eacute;es en quatre groupes de 4 900 personnes n'ayant qu'une SEULE langue maternelle et ne parlant qu'une SEULE langue au foyer chacun. Ainsi, le double bilinguisme de ces personnes dispara&icirc;t totalement. </blockquote><br />
<br />
<blockquote>De plus, des substitutions linguistiques sont invent&eacute;es de toutes pi&egrave;ces. D'une part, 4 900 personnes de langue maternelle fran&ccedil;aise deviennent des unilingues anglais au foyer. D'autre part, autant de personnes de langue maternelle anglaise ne parlent plus que le fran&ccedil;ais &agrave; la maison. En outre, l'ajout de 4 900 locuteurs &agrave; la minorit&eacute; anglophone est 10 fois plus important que les 4 900 personnes attribu&eacute;es &agrave; la majorit&eacute; francophone : 0,819% contre seulement 0,080%. La fausse anglicisation de ces pseudo-francophones a pour effet de gonfler l'attrait de l'anglais.</blockquote><br />
<br />
<blockquote>(Pr&eacute;cisons, pour rassurer M. Geloso, que cette m&eacute;thode de r&eacute;partition ne produit ni &laquo;demi-francophones&raquo;, ni &laquo;demi-anglophones&raquo;. Dans cet exemple, ce ne sont pas des personnes qui sont coup&eacute;es en deux, mais des donn&eacute;es agr&eacute;g&eacute;es qui sont r&eacute;parties moiti&eacute;-moiti&eacute;).</blockquote><br />
<br />
L'exemple que je viens de d&eacute;crire n'est pas le seul. C'est &eacute;galement le fait des 21 270 personnes de langues maternelles &laquo;fran&ccedil;aise et tierce&raquo; qui parlent ces deux langues au foyer : pr&egrave;s de 11 000 fausses substitutions linguistiques sont cr&eacute;&eacute;es de toute pi&egrave;ce dans ce cas-l&agrave;.<br />
<br />
Au total, 73 100 substitutions linguistiques fictives sont g&eacute;n&eacute;r&eacute;es par cette m&eacute;thode lorsqu'elle est appliqu&eacute;e au recensement de 2011. C'est pr&egrave;s de 22% des r&eacute;ponses multiples r&eacute;parties arbitrairement, proportion qui a peu vari&eacute;e depuis 1991 (OQLF, p. 93-94).<br />
<br />
<strong>Un portrait plus complet faisant place au plurilinguisme</strong><br />
<br />
On obtient un portrait plus complet de la situation linguistique en formant cinq classes de langues au lieu de trois. Les trois premi&egrave;res viennent directement des r&eacute;ponses uniques d&eacute;clar&eacute;es aux recensements : fran&ccedil;ais, anglais, autre. Les deux autres classes sont form&eacute;es de l'addition de toutes les d&eacute;clarations multiples qui incluent le fran&ccedil;ais (2,6% en 2011), et d'un second groupe form&eacute; des personnes qui n'ont pas mentionn&eacute; le fran&ccedil;ais (0,5% en 2011). (Quiconque s'int&eacute;resserait &agrave; la minorit&eacute; anglophone pourrait faire l'inverse).<br />
<br />
Le tableau 2 pr&eacute;sente les r&eacute;sultats aux cinq derniers recensements. L'usage du fran&ccedil;ais comme seule langue parl&eacute;e &agrave; la maison a r&eacute;gress&eacute; au cours des ann&eacute;es 2000, passant de 82,3% &agrave; 80%. L'usage du fran&ccedil;ais avec d'autres langues para&icirc;t stable en d&eacute;but de p&eacute;riode (1,6% entre 2001 et 2006). Elle augmente &agrave; 2,5% en 2011, sans doute en bonne partie par l'insertion de la question sur la langue parl&eacute;e dans le questionnaire court. En corollaire, cette croissance a s&ucirc;rement contribu&eacute; au recul du poids des personnes qui ne parlent que le fran&ccedil;ais (de 81,1% &agrave; 80%).<br />
<br />
<img alt="2012-11-06-VSGelosoTableau2.JPG" src="http://images.huffingtonpost.com/2012-11-06-VSGelosoTableau2.JPG" width="604" height="328" /><br />
<br />
Globalement, et abstraction faite d'une critique des sources plus pouss&eacute;e, le fait fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec se situait sous les 84% dans les ann&eacute;es 1990. Il a ensuite gliss&eacute; sous 83% &agrave; partir de 2006. La derni&egrave;re p&eacute;riode quinquennale aurait ajout&eacute; un l&eacute;ger recul suppl&eacute;mentaire de 0,2 point. C'est donc beaucoup moins que la perte de 0,6 point obtenue par la r&eacute;partition &eacute;gale des r&eacute;ponses multiples (tableau 1 : sc&eacute;nario 1).<br />
<br />
La variable &laquo;langue parl&eacute;e r&eacute;guli&egrave;rement&raquo; quant &agrave; elle, permet de <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes2011/20110909_MPaille.pdf" target="_hplink">mesurer combien de personnes qui ont fait une substitution linguistique, parlent encore leur langue maternelle</a> (p. 106-107 et 122-124). &Agrave; l'oppos&eacute;e, elle peut faire &eacute;tat d'un processus de francisation ou d'anglicisation en cours chez des personnes qui parlent toujours le plus souvent leur langue maternelle au foyer (p. 104-105 et 119-121).<br />
<br />
Enfin, <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes2011/20110909_perspectives_demolinguistiques.pdf" target="_hplink">si les tendances lourdes se poursuivent pendant encore 3 ans et demi </a>(p. 21-59), le recensement de 2016 devrait ajouter au tableau 2 une proportion de 79% dans la colonne &laquo;Fran&ccedil;ais seulement&raquo; et une autre de 2,5% dans la colonne &laquo;Multiples avec fran&ccedil;ais&raquo;. Ce qui donnerait 81,5% au total, soit un recul suppl&eacute;mentaire d'un point.<br />
<br />
<strong>LES FAITS SAILLANTS DU RECENSEMENT 2011</strong><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--208299--HH><br />
<br />
<strong>LES VILLES LES PLUS POPULEUSES AU PAYS</strong><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--208249--HH><br />
<br />
<b>TAUX DE CROISSANCE DES PRINCIPALES VILLES AU QU&Eacute;BEC</b><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--208269--HH>]]></content>
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<entry>
    <title>L'anglais au Québec : Un gros mensonge encore tenace après 35 ans de loi 101</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/langlais-au-quebec_b_1976212.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1976212</id>
    <published>2012-10-18T09:12:19-04:00</published>
    <updated>2012-12-18T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[M. Stephen A. Jarislowsky, président d'une «société agréée de conseillers en placements», a fait récemment quelques semonces aux Québécois francophones: réfractaires à l'anglais, ils s'isoleraient de l'humanité toute entière. Le 21 septembre 2012, il dénonçait un Québec voulant «supprimer l'anglais pour que le français puisse survivre» et «maintenir le peuple dans l'ignorance». Il affirmait que «nulle part ailleurs sur Terre, l'apprentissage de l'anglais n'est découragé».]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[M. Stephen A. Jarislowsky, pr&eacute;sident d'une &laquo;<a href="http://www.jfl.ca/francais/Apercu.html" target="_hplink">soci&eacute;t&eacute; agr&eacute;&eacute;e de conseillers en placements</a>&raquo;, a fait r&eacute;cemment quelques semonces aux Qu&eacute;b&eacute;cois francophones: r&eacute;fractaires &agrave; l'anglais, ils s'isoleraient de l'humanit&eacute; toute enti&egrave;re. <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/359705/le-quebec-est-devenu-un-etat-ermite" target="_hplink">Le 21 septembre 2012</a>, il d&eacute;non&ccedil;ait un Qu&eacute;bec voulant &laquo;supprimer l'anglais pour que le fran&ccedil;ais puisse survivre&raquo; et &laquo;maintenir le peuple dans l'ignorance&raquo;. Il affirmait que &laquo;nulle part ailleurs sur Terre, l'apprentissage de l'anglais n'est d&eacute;courag&eacute;&raquo;.<br />
<br />
Comme si cela n'&eacute;tait pas assez, il en rajoutait <a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/360927/en-reponse-a-mes-detracteurs" target="_hplink">le 9 octobre dernier</a> en posant la question suivante: &laquo;Est-ce que le fait de conna&icirc;tre l'anglais est un d&eacute;savantage pour un francophone?&raquo; Et pour faire bonne mesure, il affirme: &laquo;Je veux bien d&eacute;fendre le fran&ccedil;ais, mais pas l'exclusion de la langue mondiale&raquo;, l'anglais.<br />
<br />
<strong>Le r&eacute;chauff&eacute; de M. Jarislowsky</strong><br />
<br />
Il n'y a l&agrave; rien de nouveau. Au contraire, on croirait revenir aux vieux d&eacute;bats linguistiques des ann&eacute;es 1970. Puisqu'il le faut, rappelons quelques phrases tir&eacute;es d'un texte que j'ai fait para&icirc;tre dans le <a href="http://www.bulletinhistoirepolitique.org/le-bulletin/numeros-precedents/volume-18-numero-1/recension-christian-dufour-les-quebecois-et-l%E2%80%99anglais-le-retour-du-mouton-montreal-les-editeurs-reunis-2008/" target="_hplink">Bulletin d'histoire politique en 2009</a>. Elles montrent que M. Jarislowsky a tout faux depuis 35 ans: <br />
<br />
<blockquote>&laquo;On se rappellera que [...] les opposants au principe m&ecirc;me d'une politique linguistique ont cherch&eacute; &agrave; discr&eacute;diter ces lois [lois 22 et 101] en d&eacute;formant les intentions gouvernementales. Accus&eacute;s de fermeture sur eux-m&ecirc;mes, les francophones ont &eacute;t&eacute; montr&eacute;s du doigt comme voulant retrouver l'unilinguisme fran&ccedil;ais, r&eacute;el ou suppos&eacute;, de leurs anc&ecirc;tres.<br />
<br />
Devant l'Association des manufacturiers canadiens, M. Laurin [parrain de la loi 101], s'exprimait on ne peut plus clairement (2 mai 1977): &laquo;certains d&eacute;tracteurs de notre politique veulent [la] caricaturer sous l'image d'un repli sur soi, d'un unilinguisme qui [nous] couperait du reste de l'Am&eacute;rique du Nord. Rien n'est plus faux, car tel n'est pas du tout notre intention&raquo; (<a href="http://openlibrary.org/books/OL21000005M/Le_fran%C3%A7ais_langue_du_Qu%C3%A9bec" target="_hplink"><em>Le fran&ccedil;ais, langue du Qu&eacute;bec</em>, 1977, p. 48</a>).<br />
<br />
Mais la caricature a dur&eacute; et dure encore. [...] Plus de 30 ans apr&egrave;s l'adoption de la loi 101, d'aucuns cherchent encore &agrave; culpabiliser la majorit&eacute; francophone du Qu&eacute;bec relativement &agrave; la question linguistique. Souvent avec succ&egrave;s.&raquo;<br />
</blockquote><br />
Or, les recensements canadiens ont montr&eacute; que <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes2011/20110909_MPaille.pdf" target="_hplink">le bilinguisme chez les francophones du Qu&eacute;bec (p. 33-41)</a> a continu&eacute; &agrave; augmenter apr&egrave;s la loi 101. Camille Laurin a donc vu juste: sa politique linguistique n'a pas &eacute;t&eacute; per&ccedil;ue comme une invitation &agrave; l'unilinguisme fran&ccedil;ais. Mieux encore, on a m&ecirc;me observ&eacute; une grande ouverture &agrave; <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes2011/20110909_MPaille.pdf" target="_hplink">l'apprentissage de l'espagnol (p. 44-53)</a>, seule langue tierce au Qu&eacute;bec qui soit connue &agrave; travers tout le territoire, et plus particuli&egrave;rement chez les francophones.<br />
<br />
<strong>Un effet pervers chez les francophones bilingues</strong><br />
<br />
H&eacute;las, trop insister sur le bilinguisme individuel a eu des effets pervers. En effet. de nombreux francophones s'expriment en anglais devant des personnes qui, bien que parlant fran&ccedil;ais, se distinguent par certains traits physiques, par leurs v&ecirc;tements ou par un accent quelconque. Dans <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/le-fracais-au-quebec_b_1388431.html" target="_hplink">mon billet du 30 mars 2012</a>, j'ai fait de ce comportement, aux allures de profilage, un &laquo;cheval de Troie&raquo;.<br />
<br />
En mai 2004, <a href="http://www.ledevoir.com/non-classe/53868/lettres-l-alienation-des-francophones" target="_hplink">j'ai t&eacute;moign&eacute; de mes propres observations</a> &agrave; cet &eacute;gard. Voici l'une d'elles:<br />
<br />
<blockquote>&laquo;Dans un commerce du boulevard Ren&eacute;-L&eacute;vesque &agrave; Qu&eacute;bec, &agrave; quelques rues de l'Assembl&eacute;e nationale, un caissier demande en anglais &agrave; un couple visiblement immigr&eacute;: '<em>do you speak English</em>'?  Le jeune gar&ccedil;on qui les accompagnait lui explique, dans un tr&egrave;s bon fran&ccedil;ais, qu'il accompagne ses parents pour traduire dans leur langue d'origine.  Mon sang n'a fait qu'un tour quand j'ai entendu le caissier persister &agrave; ne parler qu'en anglais &agrave; cet &eacute;colier que la loi 101 a pourtant dirig&eacute; &agrave; l'&eacute;cole fran&ccedil;aise. Comme l'&eacute;colier ne comprenait rien, le caissier s'est finalement r&eacute;sign&eacute; &agrave; lui parler dans la langue officielle du Qu&eacute;bec!&raquo;</blockquote><br />
<br />
Psychiatre, Camille Laurin voyait dans sa politique linguistique une th&eacute;rapie de choc qui am&egrave;nerait les francophones &agrave; plus d'estime envers leur propre langue. Trente-cinq ans plus tard, il serait d&eacute;&ccedil;u de constater que de trop nombreux francophones bilingues donnent encore priorit&eacute; &agrave; l'anglais dans leur vie publique, tr&egrave;s souvent sans aucune n&eacute;cessit&eacute;.<br />
<br />
<strong>Le dos large de la mondialisation </strong><br />
<br />
La connaissance de l'anglais serait absolument n&eacute;cessaire parce qu'elle serait &agrave; jamais, selon M. Jarislowsky, la seule langue internationale des affaires. Sans d&eacute;tour, je pose la question suivante: pourrait-on identifier une seule entreprise du Qu&eacute;bec qui aurait rat&eacute; un important contrat d'affaires avec l'ext&eacute;rieur pour la seule raison qu'elle n'aurait pas trouv&eacute; des n&eacute;gociateurs s'exprimant en anglais? <br />
<br />
Ne cherchons pas cette pauvre entreprise, car elle n'existe pas. Comme le Qu&eacute;bec compte au moins <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes2011/20110909_MPaille.pdf" target="_hplink">3,3 millions de personnes sachant parler l'anglais (p. 38)</a> - parmi lesquelles la minorit&eacute; anglophone toute enti&egrave;re -, on ne manquera jamais de ressources humaines pour n&eacute;gocier des contrats avec l'&eacute;tranger, m&ecirc;me si nous devions le faire exclusivement en anglais. Et si jamais le Qu&eacute;bec venait &agrave; manquer de n&eacute;gociateurs anglophones, il n'aurait qu'&agrave; solliciter nos cousins francophones des autres provinces canadiennes qui parlent presque tous l'anglais, jusqu'&agrave; &eacute;lever, pour une bonne part, leurs enfants dans cette langue.<br />
<br />
Ce jour-l&agrave; n'arrivera jamais, car l'apprentissage de l'anglais au Qu&eacute;bec se poursuit toujours, notamment chez les francophones. Ne dit-on pas: &laquo;<a href="http://www.lapresse.ca/le-soleil/dossiers/le-francais-au-nouveau-brunswick/201008/01/01-4303008-le-francais-sapprend-langlais-sattrape.php" target="_hplink">le fran&ccedil;ais s'apprend, l'anglais s'attrape</a>&raquo;? L'offre d'anglais exc&eacute;dera toujours la demande, d'autant plus que tous les employ&eacute;s d'une entreprise qu&eacute;b&eacute;coise faisant de l'import-export, n'ont pas &agrave; faire usage de l'anglais.<br />
<br />
<strong>Fragments biographiques relatifs &agrave; l'anglais</strong><br />
<br />
J'ai fait une partie de mes &eacute;tudes universitaires en d&eacute;mographie &agrave; l'Universit&eacute; de Pennsylvanie, j'ai enseign&eacute; &agrave; l'Universit&eacute; Bishop's, ma fille est professeur d'anglais au coll&eacute;gial, mon fils a travaill&eacute; &agrave; Whisler et Ottawa, ma compagne est de langue maternelle allemande, ses deux filles sont traductrices, nous comptons plusieurs amis de langues maternelles diverses n&eacute;s &agrave; l'ext&eacute;rieur du Qu&eacute;bec.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/759682/thumbs/s-QUEBEC-SHOOTING-MAROIS-ATTACKED-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Jeune gouvernement minoritaire, vieil enjeu à négocier: le français</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/francais-quebec_b_1905803.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1905803</id>
    <published>2012-09-25T08:06:21-04:00</published>
    <updated>2012-11-25T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[L'élection d'un gouvernement minoritaire le 4 septembre dernier a rapidement conduit les analystes à comprendre que le gouvernement Marois devra négocier avec l'opposition pour faire voter certains éléments de son programme. Selon Michel David du Devoir, «le PQ ne sera pas en mesure de mettre en œuvre la 'gouvernance souverainiste'. Il faudra oublier la 'nouvelle loi 101' tout comme la citoyenneté québécoise, sans parler du référendum d'initiative populaire» (RIP).]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[L'&eacute;lection d'un gouvernement minoritaire le 4 septembre dernier a rapidement conduit les analystes &agrave; comprendre que le gouvernement Marois devra n&eacute;gocier avec l'opposition pour faire voter certains &eacute;l&eacute;ments de son programme. <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/358493/l-amere-victoire" target="_hplink">Selon Michel David du Devoir</a>, &laquo;le PQ ne sera pas en mesure de mettre en &oelig;uvre la 'gouvernance souverainiste'. Il faudra oublier la 'nouvelle loi 101' tout comme la citoyennet&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise, sans parler du r&eacute;f&eacute;rendum d'initiative populaire&raquo; (RIP). <br />
<br />
Les exemples de la gouvernance souverainiste et du RIP vont de soi, car le gouvernement aura devant lui une majorit&eacute; de d&eacute;put&eacute;s f&eacute;d&eacute;ralistes. Il en est de m&ecirc;me pour une loi 101 qui serait profond&eacute;ment &laquo;revue, corrig&eacute;e, augment&eacute;e&raquo;, comme diraient les &eacute;diteurs. Ce serait beaucoup trop demander &agrave; l'opposition. <br />
<br />
Par contre, le gouvernement ne se trouve pas dans une impasse compl&egrave;te. Il suffit de consulter le programme de la Coalition avenir Qu&eacute;bec (CAQ) - qui d&eacute;tient la &laquo;balance du pouvoir&raquo; sans l'apport de Qu&eacute;bec solidaire -, pour trouver dans &laquo;<a href="http://coalitionavenirquebec.org/enjeu/un-quebec-fort-fier-confiant/" target="_hplink">Un Qu&eacute;bec fort, fier, confiant</a>&raquo;, d'importantes similitudes avec le programme gouvernemental : <br />
<br />
<ul><li>Mettre fin &agrave; &laquo;la pratique des &eacute;coles passerelles&raquo;;</li><br />
<li>Augmenter les &laquo;ressources pour l'int&eacute;gration des immigrants &agrave; la majorit&eacute; francophone&raquo;;</li><br />
<li>Renforcer le &laquo;r&ocirc;le de l'Office [qu&eacute;b&eacute;cois] de la langue fran&ccedil;aise&raquo; (OQLF).</li></ul><br />
<br />
<br />
On pourrait en effet se mettre rapidement d'accord pour emp&ecirc;cher l'acc&egrave;s &agrave; l'enseignement public en anglais via les &eacute;coles priv&eacute;es non subventionn&eacute;es appel&eacute;es &laquo;passerelles&raquo;. Par contre, le renforcement de l'OQLF et l'augmentation des ressources vou&eacute;es &agrave; l'int&eacute;gration des immigrants est une affaire de gros sous. Il y a fort &agrave; parier que la CAQ exigera &laquo;de faire le m&eacute;nage&raquo; ici et l&agrave;, notamment &agrave; Hydro Qu&eacute;bec, afin de r&eacute;cup&eacute;rer des fonds publics qu'elle juge mal investis. <br />
<br />
De plus, &eacute;tendre &laquo;<a href="http://pq.org/actualite/communiques/lavenir_du_quebec_est_entre_vos_mains_consultez_notre_plateforme_electorale" target="_hplink">la port&eacute;e de la Charte [&agrave;] toutes les entreprises de plus de 10 employ&eacute;s</a>&raquo; pourrait s'av&eacute;rer aux yeux de la CAQ beaucoup trop co&ucirc;teux. Suffirait-il, comme le propose la CAQ, de doubler le budget de l'OQLF? Quant &agrave; l'admissibilit&eacute; aux c&eacute;geps, aux &eacute;coles de formation professionnelle et &agrave; l'&eacute;ducation des adultes de langue anglaise, il faut rappeler que m&ecirc;me les souverainistes ne s'entendent pas l&agrave;-dessus. <br />
<br />
<strong>L'effet domino de l'immigration sur la population montr&eacute;alaise </strong><br />
<br />
Par del&agrave; les programmes &eacute;lectoraux des partis politiques, d'autres aspects ont d&eacute;j&agrave; attir&eacute; l'attention. <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/358919/montreal-un-probleme-qu-on-ne-veut-pas-voir" target="_hplink">Normand Cusson</a> et <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/louis-balthazar/langue-francaise-pq_b_1867189.html" target="_hplink">Louis Balthazar</a> ont soulign&eacute;, entre autres, la question de l'&eacute;talement de la population francophone de Montr&eacute;al dans le 450. Le premier suppose &laquo;que les francophones abandonnent Montr&eacute;al de guerre lasse, incapables qu'ils ont &eacute;t&eacute; d'y poser leur empreinte apr&egrave;s un demi-si&egrave;cle de R&eacute;volution tranquille&raquo;. <br />
<br />
Quant &agrave; notre coll&egrave;gue Balthazar du <em>Huffington Post Qu&eacute;bec</em>, il note fort &agrave; propos que &laquo;[d]ans la mesure o&ugrave; les immigrants se retrouvent entre eux [...], il y a bien peu de chances qu'ils s'int&egrave;grent&raquo;. D'o&ugrave; la question pertinente suivante : &laquo;Comment voulez-vous que les immigrants s'int&egrave;grent &agrave; la majorit&eacute; si cette majorit&eacute; n'est plus visible autour d'eux?&raquo;<br />
<br />
On a donc tr&egrave;s vite d&eacute;bord&eacute; le cadre de la loi 101 pour identifier un facteur d&eacute;mographique tr&egrave;s lourd. Or, contrer l'&eacute;talement de la population autour de Montr&eacute;al-Laval-Longueuil, ne se ferait pas en claquant des doigts. T&acirc;che d'autant plus hercul&eacute;enne, compte tenu de l'effet domino de l'immigration internationale sur la population montr&eacute;alaise. <br />
<br />
<a href="http://www.crr.ca/en/library-a-clearinghouse/bibliographic-search/item/20174-actes-du-seminaire-sur-les-indicateurs-dintegration-des-immigrants" target="_hplink">Lors d'un s&eacute;minaire tenu &agrave; Montr&eacute;al en 1994</a>, le sociologue <a href="http://umanitoba.ca/honours/index.php?s=gg&amp;pg=ppl&amp;det=240" target="_hplink">Raymond Breton (professeur &eacute;m&eacute;rite, Universit&eacute; de Toronto)</a> a trait&eacute; de la r&eacute;action des populations d'accueil &agrave; l'arriv&eacute;e de nouveaux venus (1). Il a illustr&eacute; son propos en faisant un parall&egrave;le avec le monde des affaires : <br />
<br />
<blockquote>&laquo;Si une entreprise [...] recrute plusieurs nouveaux membres, [...] il est fort possible que les nouveaux soient d&eacute;finis comme &eacute;trangers et m&ecirc;me comme usurpateurs par les 'anciens' qui en &eacute;taient venus &agrave; consid&eacute;rer l'entreprise [...] comme <em>leur</em> entreprise. Ceci pourrait se produire m&ecirc;me si les nouveaux sont par ailleurs vus comme une main-d'&oelig;uvre dont l'entreprise a besoin. S'ils sont nombreux relativement aux anciens, leur seule pr&eacute;sence risque de remettre en question la culture d'entreprise et la fa&ccedil;on d'organiser le travail (p. 246-247)&raquo;. </blockquote><br />
<br />
Fort de ces observations dans les milieux de travail, M. Breton a poursuivi ainsi : <br />
<br />
<blockquote>&laquo;cette description s'applique aux relations entre immigrants et natifs dans un milieu social quelconque. Si les natifs se sentent menac&eacute;s dans leurs habitudes, leurs fa&ccedil;ons d'utiliser les institutions et les espaces publics, d'&eacute;duquer leurs enfants, bref, s'ils se sentent 'envahis', ils chercheront &agrave; laisser ce milieu : ils d&eacute;m&eacute;nageront en banlieue, ils changeront de travail, ils placeront leurs enfants dans une &eacute;cole priv&eacute;e, etc. (p. 247)&raquo;. </blockquote><br />
<br />
Face &agrave; un tel constat, d'aucuns sugg&egrave;rent d'implanter une politique ayant pour but de contrer l'&eacute;talement de la population montr&eacute;alaise vers ses banlieues. Or, depuis la publication de <a href="http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/pubb150/b150.pdf" target="_hplink">ma monographie abordant ce sujet (1999)</a>, je n'ai pas encore vu l'ombre d'un commencement d'une politique &agrave; cet &eacute;gard. Pas plus d'ailleurs que notre politique de r&eacute;gionalisation de l'immigration qui m'a toujours sembl&eacute; un v&oelig;u pieux. <br />
<br />
Reste le nombre d'immigrants que le Qu&eacute;bec accueille annuellement. &Agrave; ce propos, la CAQ a propos&eacute; de faire passer le nombre d'immigrants de plus de 50 000 qu'il est, &agrave; 45 000 pour les deux prochaines ann&eacute;es. <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/337370/lettres-la-caq-et-l-immigration" target="_hplink">J'ai fait valoir en novembre 2011</a> qu'&laquo;un taux de 0,5 %, soit 40 000 immigrants par ann&eacute;e, devrait &ecirc;tre exceptionnel&raquo;. D'autant plus exceptionnel, qu'&agrave; mon avis, aucun gouvernement du Qu&eacute;bec ne s'est donn&eacute; les pleins moyens de sa politique afin de s'assurer de l'int&eacute;gration des immigrants &agrave; tous &eacute;gards. M&ecirc;me les dimensions <a href="http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-sociales-psychologie/20100419-le-chomage-augmente-chez-les-immigrants-malgre-leur-plus-grande-qualification.html" target="_hplink">&eacute;conomique</a> et <a href="http://www.vigile.net/Pour-une-Agence-de-la-francisation" target="_hplink">linguistique</a> auxquelles on pense en premier lieu, font d&eacute;faut. Que dire alors du <a href="http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/359754/les-prejuges-font-la-vie-dure-aux-locataires-immigrants" target="_hplink">social</a> et du <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/316297/lettres-notre-bulle-interculturelle" target="_hplink">culturel</a>?  <br />
<br />
(1) Raymond Breton, &laquo;L'appartenance progressive &agrave; une soci&eacute;t&eacute; : perspectives sur l'int&eacute;gration socioculturelle des immigrants&raquo;, Gouvernement du Qu&eacute;bec, <em>Actes du S&eacute;minaire sur les indicateurs d'int&eacute;gration des immigrants</em>, Montr&eacute;al, 1994, p. 239-252.]]></content>
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    <title>Élections 2012: refaire la loi 101 c'est bien, aller au-delà serait mieux</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/loi-101-quebec_b_1836277.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1836277</id>
    <published>2012-08-28T11:02:16-04:00</published>
    <updated>2012-10-28T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Plusieurs partis politiques qui sollicitent les électeurs dans la présente campagne électorale abordent la question linguistique. Deux d'entre eux proposent même de refaire la loi 101. Nul doute que ces propositions renforceraient notre politique linguistique. Cependant, elles ne seraient pas suffisantes. J'ose même affirmer qu'une loi 101 parfaite, intégralement appliquée avec rigueur et finesse, à l'abri de toutes contestations judiciaires, ne suffirait pas à assurer la pérennité du français au Québec. Les attitudes et les comportements des francophones eux-mêmes, ainsi que les tendances lourdes de la démographie, sont en cause.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[Plusieurs partis politiques qui sollicitent les &eacute;lecteurs dans la pr&eacute;sente campagne &eacute;lectorale abordent la question linguistique. Deux d'entre eux proposent m&ecirc;me de refaire la loi 101. Bien que l'application de toutes les mesures propos&eacute;es contribuerait &agrave; renforcer la situation du fran&ccedil;ais, elles ne suffiraient pas &agrave; assurer la p&eacute;rennit&eacute; du fait fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec. <br />
<br />
Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois (PQ) et Qu&eacute;bec solidaire (QS) promettent de refaire la loi 101. Constatant &laquo;une r&eacute;gression importante du fran&ccedil;ais sur le territoire qu&eacute;b&eacute;cois&raquo;, le <a href="http://pq.org/parti/programme" target="_hplink">PQ a inscrit dans son programme &eacute;lectoral</a> l'adoption d'une nouvelle Charte de la langue fran&ccedil;aise afin de lui &laquo;redonner [...] sa coh&eacute;rence, de la rendre plus claire et de l'&eacute;tendre &agrave; de nouveaux domaines&raquo;. <a href="http://www.quebecsolidaire.net/wp-content/uploads/2012/08/QS-Programme_Services_publics-Resolutions-dec2011.pdf" target="_hplink">Qu&eacute;bec solidaire quant &agrave; lui</a> &laquo;s'engage &agrave; r&eacute;viser la Charte de la langue fran&ccedil;aise (loi 101) pour lui redonner toute sa port&eacute;e d'origine&raquo;. <br />
<br />
<strong>Principaux domaines d'intervention </strong><br />
<br />
Outre cet engagement g&eacute;n&eacute;ral du PQ et de QS, ces partis insistent sur la langue du travail. &Agrave; cet &eacute;gard, Option nationale (ON) se joint aux deux autres partis souverainistes. <br />
<br />
Dans &laquo;<a href="http://www.quebecsolidaire.net/langue-francaise-debout-pour-travailler-et-se-faire-servir-en-francais/" target="_hplink">Debout pour travailler et se faire servir en fran&ccedil;ais</a>&raquo;, Fran&ccedil;oise David de Qu&eacute;bec solidaire propose &laquo;de faire passer de 50 &agrave; 10 le nombre de personnes employ&eacute;es par une entreprise pour que s'applique la Charte de la langue fran&ccedil;aise&raquo;. Il s'agit l&agrave; d'une proposition quasi identique &agrave; celle du PQ (minimum : 11 employ&eacute;s). Par contre, <a href="http://www.optionnationale.org/la-plateforme/5-pour-une-langue-et-une-culture-nationales" target="_hplink">Option nationale va plus loin en sugg&eacute;rant</a> d'&eacute;tendre cette dimension de la loi 101 &laquo;&agrave; toutes les entreprises au Qu&eacute;bec&raquo;, sauf &laquo;exception&raquo; au singulier. <br />
<br />
La langue d'enseignement fait aussi partie des promesses &eacute;lectorales. En effet, le PQ affiche son intention d'&eacute;tendre &laquo;aux c&eacute;geps et aux &eacute;coles de formation professionnelle ainsi qu'&agrave; l'&eacute;ducation des adultes les dispositions de l'actuelle Charte de la langue fran&ccedil;aise&raquo; qui concerne la langue d'enseignement au primaire et au secondaire. En cela, le PQ est imit&eacute; par ON. Par contre, <a href="http://quebecfrancais.org/node/3611" target="_hplink">QS s'oppose nettement &agrave; une telle extension de la loi 101</a>. <br />
<br />
Il y a consensus entre ces trois partis souverainistes sur la question des &laquo;&eacute;coles passerelles&raquo;. Cette promesse consiste, dans les mots du PQ, &agrave; &eacute;tendre &laquo;aux &eacute;coles non subventionn&eacute;es les dispositions de l'actuelle Charte de la langue fran&ccedil;aise appliqu&eacute;es aux &eacute;coles subventionn&eacute;es&raquo;. Ainsi, il ne serait plus possible d'&laquo;acheter&raquo; un droit d'admissibilit&eacute; aux &eacute;coles publiques de langue anglaise en passant par les &eacute;coles anglaises non subventionn&eacute;es. <br />
<br />
L'enseignement du fran&ccedil;ais aux immigrants adultes fait l'objet de quelques propositions dans les plates-formes ou les programmes &eacute;lectoraux. Le PQ affirme qu'il &laquo;rendra obligatoire les cours de francisation aux immigrants n'ayant pas une connaissance fonctionnelle de la langue fran&ccedil;aise&raquo;. Pour ce faire, il offre &laquo;une gamme &eacute;largie de cours de francisation [...] les soirs et les fins de semaine&raquo;. De plus, il s'interroge sur &laquo;la pertinence de r&eacute;tablir les COFI&raquo; (centres d'orientation et de formation des immigrants). <br />
<br />
Dans le cas d'ON, l'enseignement du fran&ccedil;ais ne sera destin&eacute; qu'aux r&eacute;fugi&eacute;s et &agrave; quelques professionnels tr&egrave;s sp&eacute;cialis&eacute;s, car &laquo;la connaissance fonctionnelle du fran&ccedil;ais [serait] un crit&egrave;re obligatoire pour immigrer au Qu&eacute;bec&raquo;. <br />
<br />
Pr&eacute;cisons que pour atteindre ces objectifs, QS, ON et la <a href="http://coalitionavenirquebec.org/wp-content/uploads/2012/07/Plateforme-20124.pdf" target="_hplink">Coalition avenir Qu&eacute;bec (CAQ)</a> pr&eacute;voient augmenter les ressources de l'Office qu&eacute;b&eacute;cois de la langue fran&ccedil;aise. <br />
<br />
<strong>Au-del&agrave; de la loi 101</strong><br />
<br />
Nul doute que ces propositions renforceraient notre politique linguistique. Cependant, elles ne seraient pas suffisantes. J'ose m&ecirc;me affirmer qu'une loi 101 parfaite, int&eacute;gralement appliqu&eacute;e avec rigueur et finesse, &agrave; l'abri de toutes contestations judiciaires, ne suffirait pas &agrave; assurer la p&eacute;rennit&eacute; du fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec. Les attitudes et les comportements des francophones eux-m&ecirc;mes, ainsi que les tendances lourdes de la d&eacute;mographie (1), sont en cause. <br />
<br />
Dans <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/le-fracais-au-quebec_b_1388431.html" target="_hplink">mon billet du 30 mars 2012</a>, j'ai fait allusion aux faibles &laquo;convictions des francophones &agrave; propos de leur propre langue&raquo;. Un segment important de la population francophone ne rate jamais une occasion de montrer ses aptitudes &agrave; parler l'anglais plut&ocirc;t que privil&eacute;gier tout naturellement le fran&ccedil;ais. Or, seul Qu&eacute;bec solidaire sugg&egrave;re des &laquo;actions permanentes de promotion, de sensibilisation, de valorisation de la culture et de la langue fran&ccedil;aise [afin] de rehausser l'int&eacute;r&ecirc;t de parler fran&ccedil;ais et la fiert&eacute; de bien le parler&raquo;. <br />
<br />
La politique linguistique du Qu&eacute;bec, aussi renforc&eacute;e serait-elle, ne saurait faire fi de notre contexte d&eacute;mographique. Depuis plus de 40 ans, la f&eacute;condit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise v&eacute;g&egrave;te sous le seuil de remplacement des g&eacute;n&eacute;rations. Ni l'immigration internationale dans son ensemble, ni les substitutions linguistiques favorables au fran&ccedil;ais (notamment chez les femmes de langues maternelles tierces de plus en plus nombreuses &agrave; &eacute;lever leurs enfants en fran&ccedil;ais), <a href="http://www.vigile.net/Un-progres-continu" target="_hplink">ne peuvent compenser la faiblesse de notre f&eacute;condit&eacute;</a>. <br />
<br />
Sait-on qu'un indice de f&eacute;condit&eacute; de 1,9 enfant entre 1972 et 1991 nous aurait apport&eacute; [...] 380 000 b&eacute;b&eacute;s suppl&eacute;mentaires pour l'ensemble du Qu&eacute;bec, dont au moins 300 000 de langue maternelle fran&ccedil;aise? Ces naissances suppl&eacute;mentaires, pourtant issues d'une f&eacute;condit&eacute; l&eacute;g&egrave;rement insuffisante pour assurer le remplacement des g&eacute;n&eacute;rations, auraient donn&eacute; cinq fois plus de locuteurs du fran&ccedil;ais que toutes les substitutions linguistiques cumul&eacute;es en 1991 (2). <br />
<br />
Voil&agrave; qui illustre d'une fa&ccedil;on bien concr&egrave;te une affirmation de Marc Termote voulant que &laquo;la mobilit&eacute; linguistique des immigrants de langue maternelle tierce repr&eacute;sente vraiment peu de choses au regard des pertes dues au d&eacute;ficit des naissances chez les francophones&raquo; (3). En somme, la p&eacute;rennit&eacute; du fait fran&ccedil;ais, essentiellement li&eacute;e &agrave; celle des francophones, ne saurait reposer uniquement sur une loi linguistique, aussi parfaite soit-elle. <br />
<br />
<br />
(1) Je n'aborde ici que la f&eacute;condit&eacute; pour l'ensemble du Qu&eacute;bec seulement. Cette question est trait&eacute;e plus longuement en conclusion du chapitre &laquo;Canada's Official Languages In the Provinces of Qu&eacute;bec and Ontario: A Demographic Comparison&raquo; que j'ai publi&eacute; dans : Michael A. Morris, ed., <em><a href="http://mqup.mcgill.ca/book.php?bookid=2455" target="_hplink">Canadian Language Policies in Comparative Perspective</a></em>, Montr&eacute;al et Kingston, McGill-Queen's University Press, 2010, p. 297-325). <br />
<br />
(2) Michel Paill&eacute;, &laquo;Langue et souverainet&eacute;. Le Qu&eacute;bec fran&ccedil;ais est-il d&eacute;compt&eacute; ?&raquo;, <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/327256/langue-et-souverainete-le-quebec-francais-est-il-decompte" target="_hplink"><em>Le Devoir</em>, 13 juillet 2011</a>. <br />
<br />
(3) Marc Termote, <em>Perspectives d&eacute;molinguistiques du Qu&eacute;bec et de la r&eacute;gion de Montr&eacute;al (2006-2056)</em>, <a href="http://www.oqlf.gouv.qc.ca/etudes2011/20110909_perspectives_demolinguistiques.pdf" target="_hplink">Qu&eacute;bec, Office qu&eacute;b&eacute;cois de la langue fran&ccedil;aise, 2011</a>, p. 46.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--242234--HH>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/733510/thumbs/s-PAULINE-MAROIS-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>La politique canadienne d'immigration: y a-t-il matière à bomber le torse?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/immigration-canada_b_1723293.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1723293</id>
    <published>2012-08-01T09:36:42-04:00</published>
    <updated>2012-10-01T05:12:03-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Devant la révision de la politique d'immigration canadienne, John Ibbitson, du Globe and Mail, (8 juillet 2012), témoigne de son ambivalence. Trouvant utiles, voire nécessaires, certaines mesures prises par le gouvernement fédéral, il s'inquiète par contre d'une révision qui conduirait à une baisse du nombre d'immigrants accueillis annuellement par le Canada.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[Devant la r&eacute;vision de la politique d'immigration canadienne, John Ibbitson, du <a href="http://www.theglobeandmail.com/news/national/to-ensure-prosperity-immigration-reform-must-not-halt-the-flow-of-newcomers/article4398758/?cmpid=rss1" target="_hplink"><em>Globe and Mail</em>, (8 juillet 2012)</a>, t&eacute;moigne de son ambivalence. Trouvant utiles, voire n&eacute;cessaires, certaines mesures prises par le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral, il s'inqui&egrave;te par contre d'une r&eacute;vision qui conduirait &agrave; une baisse du nombre d'immigrants accueillis annuellement par le Canada. <br />
<br />
Emp&ecirc;cher toute personne qui voudrait profiter de notre politique envers les r&eacute;fugi&eacute;s, et s&eacute;lectionner plus efficacement des travailleurs qualifi&eacute;s, trouvent gr&acirc;ce &agrave; ses yeux. Mais r&eacute;duire le nombre d'immigrants que le Canada admet chaque ann&eacute;e, pas question. Selon le titre de son article, il en irait de la prosp&eacute;rit&eacute; &eacute;conomique : &laquo;To ensure prosperity, immigration reform must not halt the flow of newcomers&raquo;. <br />
<br />
<strong>Le Canada, un exemple pour l'Europe?</strong><br />
<br />
Ibbitson craint que le Canada connaisse le sort de l'Europe. Selon le chroniqueur, pendant plusieurs d&eacute;cennies, des pays d'Europe ont tent&eacute; d'&eacute;viter une r&eacute;gression de leur population, une situation qui arrive &laquo;quand les femmes ont, en moyenne, moins de 2,1 enfants tandis que le rythme d'immigration ne compense pas (traduction libre)&raquo;. Alors que les Europ&eacute;ens voient &agrave; nouveau leur f&eacute;condit&eacute; repartir &agrave; la baisse souligne-t-il, le Canada a connu une hausse de 1,5 &agrave; 1,7 enfant par femme depuis l'ann&eacute;e 2000. <br />
<br />
Fort d'un incomparable flux d'immigration de plus de 250 000 personnes par ann&eacute;e (<a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/migrt_poplt_imigr/602.htm" target="_hplink">c'est notamment le cas depuis 2005</a>), l'&eacute;conomie canadienne, selon Ibittson, souffrirait d'une r&eacute;duction des flux migratoires. Outre les besoins appr&eacute;hend&eacute;s de main-d'&oelig;uvre, le Canada se priverait de payeurs de taxes additionnels pour soutenir les rentes des citoyens retrait&eacute;s. En outre, tout immigrant peut acheter &laquo;une maison, une automobile, un lave-vaisselle&raquo;. <br />
<br />
Bref, &laquo;une forte &eacute;conomie et une politique d'immigration agressive a prot&eacute;g&eacute; le Canada du choc d&eacute;mographique d&eacute;coulant d'une f&eacute;condit&eacute; &agrave; la baisse (traduction libre)&raquo;. <br />
<br />
Ces propos &eacute;tonnent. Car la politique canadienne d'immigration n'a jamais compens&eacute; une <a href="http://www4.rhdcc.gc.ca/auto/diagramme-chart/stg2/c_6_35_1_3_fra.png?20120605115314294" target="_hplink">f&eacute;condit&eacute; n'assurant plus le remplacement des g&eacute;n&eacute;rations depuis 40 ans</a>. En d&eacute;pit de la hausse des 12 derni&egrave;res ann&eacute;es&not; - augmentation encore nettement insuffisante -, le Canada a cumul&eacute;, en quatre d&eacute;cennies, un important d&eacute;ficit des naissances. Comme tout autre pays marqu&eacute; par une sous-f&eacute;condit&eacute; chronique, la <a href="http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPagePyramide?codePays=CAN" target="_hplink">pyramide des &acirc;ges du Canada</a> a subi une importante d&eacute;formation &agrave; sa base (chez les moins de 45 ans). <br />
<br />
Or, le tableau qui suit montre que le Canada n'a aucune raison de bomber le torse pour se donner en exemple &agrave; d'autres pays, dont ceux d'Europe.<br />
<br />
<img alt="2012-07-31-FigureMPvsIbbitson.JPG" src="http://images.huffingtonpost.com/2012-07-31-FigureMPvsIbbitson.JPG" width="555" height="315" /><br />
<br />
Malgr&eacute; quelques diff&eacute;rences d'un pays &agrave; l'autre, tous comptent une jeunesse qui s'amenuise, en parall&egrave;le &agrave; une population de 65 ans et plus dont l'importance augmente. <a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/struc_poplt/104.htm" target="_hplink">En 2011, les Canadiens de 0-4 ans</a> accusaient un d&eacute;ficit de 20% par rapport au groupe de 40-44 ans. <br />
<br />
<strong>Un discours r&eacute;current d&eacute;nonc&eacute;</strong><br />
<br />
Les propos de John Ibbitson sont typiques de ceux qui ont cours depuis longtemps au Canada et ailleurs. Gilles Paquet l'a rappel&eacute; r&eacute;cemment en ces termes : &laquo;ministres [...] de l'Immigration et m&eacute;dias r&eacute;p&egrave;tent encore [...] que l'immigration massive est in&eacute;vitablement une source d'avantages &eacute;conomiques importants, malgr&eacute; toutes les &eacute;tudes &eacute;conomiques qui d&eacute;montrent le contraire&raquo; (1). <br />
<br />
Bref, il y a d&eacute;sinformation, ce que M. Paquet qualifie de &laquo;sornettes&raquo;, &laquo;b&ecirc;tises colport&eacute;es sans vergogne&raquo;, &laquo;propagande&raquo;, &laquo;d&eacute;cervelage&raquo;. Il n'est pas seul, car Mich&egrave;le Tribalat, d&eacute;mographe Fran&ccedil;aise, d&eacute;nonce les &laquo;arguments fallacieux&raquo; de ceux qui d&eacute;fendent le &laquo;politiquement correct&raquo; jusqu'&agrave; taire, minimiser ou d&eacute;molir &laquo;les &eacute;tudes dont les r&eacute;sultats ne respectent pas cet imp&eacute;ratif&raquo; (2). <br />
<br />
Rappelant fort &agrave; propos des projections de l'ONU (3) qui &laquo;d&eacute;montrai[en]t l'impossibilit&eacute; de compter sur l'immigration pour corriger nos d&eacute;s&eacute;quilibres d&eacute;mographiques&raquo; (p. 106), Mich&egrave;le Tribalat affirme que &laquo;[p]lacer l'immigration au c&oelig;ur de la probl&eacute;matique d&eacute;mographique met ind&ucirc;ment de c&ocirc;t&eacute; la question de la f&eacute;condit&eacute;, <a href="http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/actionnationale/src/1995/01/10/1995-01-10.pdf" target="_hplink">levier autrement plus efficace que l'immigration</a> pour r&eacute;guler les d&eacute;s&eacute;quilibres d&eacute;mographiques&raquo; (p. 107-108). <br />
<br />
John Ibbitson lui donne inconsciemment raison en affirmant &laquo;qu'aux environs de 2030, toute augmentation de la population canadienne viendra presque enti&egrave;rement de l'immigration&raquo;. S'il avait pouss&eacute; plus loin son examen des projections de Statistique Canada, il aurait vu une constante augmentation de l'immigration pour combler le d&eacute;ficit des naissances sur les d&eacute;c&egrave;s. <br />
<br />
En effet, une f&eacute;condit&eacute; trop faible de 1,7 enfant par femme conduit &agrave; une immigration en hausse de <a href="http://www.statcan.gc.ca/pub/91-520-x/2010001/t147-fra.htm" target="_hplink">319 000 personnes en 2030, 348 000 en 2040, 377 000 en 2050</a>, et ainsi de suite. Un tel sc&eacute;nario, qui cherche somme toute &agrave; remplir le tonneau des Dana&iuml;des, soul&egrave;ve la question de l'int&eacute;gration sociale abord&eacute;e par Gilles Paquet (p. 101-102) et celle des &laquo;nouveaux d&eacute;s&eacute;quilibres territoriaux&raquo; caus&eacute;s au sein des populations d'accueil dont traite Mich&egrave;le Tribalat (p. 107). <br />
<br />
Appliqu&eacute;es au Qu&eacute;bec, les critiques de Paquet et Tribalat nous ram&egrave;nent &agrave; la tr&egrave;s forte concentration de l'immigration au c&oelig;ur de la r&eacute;gion de Montr&eacute;al - accentuant le &laquo;deux Qu&eacute;bec en un&raquo; - ainsi qu'&agrave; l'immense d&eacute;fi de l'int&eacute;gration en fran&ccedil;ais. <br />
<br />
 <br />
(1) Gilles Paquet, &laquo;Un sujet tabou&raquo;, <em><a href="http://www.revueargument.ca/la-revue.html" target="_hplink">Argument</a></em>, 14-2, 2012, p. 97-104 ; citation p. 101.<br />
(2) Mich&egrave;le Tribalat, &laquo;Des deux c&ocirc;t&eacute;s de l'Atlantique : entre illusion et d&eacute;ni&raquo;, <em>Argument</em>, 14-2, 2012, p. 105-113 ; citation p. 112-113. <br />
(3) ONU, <em>Les migrations de remplacement : S'agit-il d'une solution au d&eacute;clin et au vieillissement des populations?</em>, <a href="http://oppenheimer.mcgill.ca/Les-migrations-de-remplacement-S?lang=en" target="_hplink">New York, 2000</a>.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/699711/thumbs/s-CANADA-OLYMPICS-MEDAL-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Mariages inter-linguistiques: les Anglo-Québécois dominent, les francophones sont prisés</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/mariages-interlinguistiques_b_1648831.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1648831</id>
    <published>2012-07-04T09:25:26-04:00</published>
    <updated>2012-09-03T05:12:07-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[En 2009-2011, la proportion d'Anglo-Québécois qui ont épousé une femme n'ayant pas l'anglais pour langue maternelle s'élevait à 41,4%, pour une importante augmentation additionnelle de 7 points en près de 20 ans.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[Dans <em>L'Actualit&eacute;</em> du 15 avril 2012, <a href="http://www.lactualite.com/societe/anglo-quebecois-quel-paradoxe" target="_hplink">Jean-Fran&ccedil;ois Lis&eacute;e rapporte</a> une &laquo;augmentation fulgurante de la proportion d'Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois qui choisissent un francophone pour conjoint&raquo;. Bien que mes souvenirs d'une communication donn&eacute;e au congr&egrave;s de l'Acfas en 1997 (<a href="http://demolinguistique101.blogspot.ca/2008/07/dmolinguistique-101-pertinence-et.html" target="_hplink">reprise plus tard dans un article</a>, p. 183-185) se soient estomp&eacute;s, cette affirmation m'a surpris.<br />
<br />
Le <em>Bulletin de mariage</em> du Qu&eacute;bec montrait en 1980, 1981 et 1982, que 31% des hommes de langue maternelle anglaise avaient &eacute;pous&eacute; des Qu&eacute;b&eacute;coises d'une autre communaut&eacute; linguistique. Dix ans plus tard (1990, 1991 et 1992), les donn&eacute;es du <em>Bulletin </em>r&eacute;v&eacute;laient une l&eacute;g&egrave;re hausse de l'exogamie des anglophones du Qu&eacute;bec avec 34,2%.<br />
<br />
<a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/etat_matrm_marg/507.htm" target="_hplink">Les donn&eacute;es du tableau suivant</a> permettent de faire tous les calculs n&eacute;cessaires &agrave; une nouvelle comparaison entre les ann&eacute;es 1990-1992 et les trois derni&egrave;res, soit 2009-2011.<br />
<br />
<a href="http://www.huffingtonpost.com/theblog/archive/MariagesselonLMQC19902009.html" onclick="window.open('http://www.huffingtonpost.com/theblog/archive/MariagesselonLMQC19902009.html','popup','width=508,height=590,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false">View image</a><br />
<br />
En 2009-2011, la proportion d'Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois qui ont &eacute;pous&eacute; une femme n'ayant pas l'anglais pour langue maternelle s'&eacute;levait &agrave; 41,4%, pour une importante augmentation additionnelle de 7 points en pr&egrave;s de 20 ans.<br />
<br />
En 1990-1992, 29,7% des Qu&eacute;b&eacute;cois de langues maternelles tierces (allophones) ont mari&eacute; une femme de langue maternelle anglaise ou fran&ccedil;aise. D&eacute;j&agrave; inf&eacute;rieure de plus de 4 points &agrave; celle des anglophones, l'exogamie des allophones a perdu quelques points en 2 d&eacute;cennies, glissant &agrave; 27,3% en 2009-2011. L'&eacute;cart s'est donc accru de plus de 14 points entre anglophones et allophones.<br />
<br />
Quant aux francophones, mes calculs (ajust&eacute;s pour tenir compte du fait que les majorit&eacute;s absolues ne peuvent atteindre une exogamie de 100%) donnent une proportion de 17,4% en 1990-1992 et de 23,9% en 2009-2011. L'exogamie des francophones en hausse, maintenant comparable &agrave; celle des allophones, ne peut cependant rivaliser avec celle des Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois. Ces derniers gardent donc le premier rang.<br />
<br />
<strong>Femmes francophones pris&eacute;es</strong><br />
<br />
Bien que l'exogamie, toutes langues confondues, soit l'exception (13,3% en 1990-1992, 15,9% en 2009-2011), le choix du partenaire, en termes linguistiques, n'est pas &agrave; d&eacute;consid&eacute;rer, car il exprime la diversification des groupes linguistiques, notamment celle <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/124634/lettres-un-mythe-tenace-le-pure-laine" target="_hplink">des francophones que l'on qualifie encore de &laquo;pure laine&raquo;</a>.<br />
<br />
Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, comme au tournant des ann&eacute;es 2010, la pr&eacute;f&eacute;rence des Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois est effectivement all&eacute;e vers des femmes de langue maternelle fran&ccedil;aise. Il s'agit d'ailleurs d'un choix tr&egrave;s marqu&eacute; de trois mariages sur quatre, soit 74,7% en 1990-1992 et de 75,2% en 2009-2011.<br />
<br />
Cette pr&eacute;f&eacute;rence des anglophones est-elle exceptionnelle? Voyons les choix des personnes de langues maternelles tierces.<br />
<br />
En 1990-1992, la proportion des hommes de langues maternelles tierces qui ont &eacute;pous&eacute; une francophone s'&eacute;tablissait &agrave; 70,8%, comparativement &agrave; 74,7% pour les Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois. Il s'agit donc d'un &eacute;cart de 4 points qui place les anglophones en t&ecirc;te. Or, cette diff&eacute;rence s'est estomp&eacute;e en 20 ans, jusqu'&agrave; donner une l&eacute;g&egrave;re avance aux allophones avec 76,4% contre 75,2%.<br />
<br />
Bref, si les anglophones pr&eacute;f&egrave;rent &eacute;pouser une femme de langue maternelle fran&ccedil;aise, les allophones en font autant. Le choix des anglophones n'a donc rien d'exceptionnel.<br />
<br />
<strong>Qu'en est-il pour les francophones?</strong><br />
<br />
Dans le cas des nouveaux conjoints de langue maternelle fran&ccedil;aise, les pr&eacute;f&eacute;rences des hommes ont chang&eacute; au cours des deux d&eacute;cennies consid&eacute;r&eacute;es.<br />
<br />
On note en effet, que leur choix est pass&eacute; de 56,3% en faveur d'une &eacute;pouse de langue maternelle anglaise en 1990-1992, &agrave; des unions privil&eacute;giant les femmes de langues maternelles tierces en 2009-2011 dans 54,7% des cas. En outre, j'ai remarqu&eacute; que cette pr&eacute;f&eacute;rence pour les allophones n'est pas r&eacute;cente : elle remonte au moins &agrave; l'an 2000.<br />
<br />
De ces mariages inter-linguistiques d&eacute;coulent 3 types de couples &laquo;bilingues&raquo; :<br />
<br />
<ul><li><strong>le type fran&ccedil;ais-anglais</strong> : majoritaire en 1990-1992, il &eacute;tait le fait de 43,3% des couples; en recul &agrave; 41,8%, il perdait la premi&egrave;re place en 2009-2011;</li><br />
<br />
<li><strong>le type fran&ccedil;ais-autre</strong> : il prend le premier rang en 2009-2011 avec 44%, pour un gain de 5,3 points depuis 1990-1992 alors qu'il formait 38,7% des couples inter-linguistiques;</li><br />
<br />
<li><strong>le type anglais-autre</strong> : les mariages entre la minorit&eacute; anglophone et les communaut&eacute;s issues d'une immigration tr&egrave;s diversifi&eacute;e au plan linguistique, vient toujours au troisi&egrave;me rang, loin derri&egrave;re les autres types ; ralliant 18% des mariages mixtes en 1990-1992, il a recul&eacute; &agrave; 14,2% en 2009-2011.</li></ul><br />
<br />
Il importe, en terminant, de relativiser l'importance de ces types de mariages mixtes dans l'ensemble des nouvelles unions form&eacute;es ces derni&egrave;res ann&eacute;es. En 2009-2011, le type de mariage fran&ccedil;ais-autre, bien que dominant, ne comptait que pour 7% des nouvelles unions. L'importance relative des mariages mixtes fran&ccedil;ais-anglais suivait avec 6,7%. Enfin, les mariages du type anglais-autre n'ont concern&eacute; que 2,3% des unions religieuses et civiles de 2009-2011.<br />
<br />
L'addition des deux types comprenant un conjoint ou une conjointe de langue maternelle anglaise donne 8,1% en 1990-1992 et 9% en 2009-2011. On conviendra que cette augmentation n'a rien de &laquo;fulgurante&raquo;, d'autant qu'en nombres absolus, il y a eu recul : de 6900 &agrave; 6000 nouvelles unions impliquant une personne de langue maternelle anglaise.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/661469/thumbs/s-ANTICHEATINGRING6-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Place aux jeunes: les baby-boomers cèdent graduellement leur majorité</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/michel-paille/demographie-quebec_b_1550936.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1550936</id>
    <published>2012-05-29T00:28:01-04:00</published>
    <updated>2012-07-28T05:12:10-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Au printemps 2011, deux jeunes dans la trentaine, que je connaissais déjà, me disaient avoir très hâte que leur génération supplante en nombre les baby-boomers. Me sachant démographe, ils m'ont demandé de leur dire quand les jeunes adultes seront suffisamment nombreux pour espérer jouer un rôle plus important dans la société.]]></summary>
    <author>
        <name>Michel Paillé</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/michel-paille/"><![CDATA[Au printemps 2011, deux jeunes dans la trentaine, que je connaissais d&eacute;j&agrave;, me disaient avoir tr&egrave;s h&acirc;te que leur g&eacute;n&eacute;ration supplante en nombre les baby-boomers (personnes n&eacute;es entre 1946 et 1966 <a href="http://www.horizons.gc.ca/doclib/HOR_v9n3_200702_f.pdf" target="_hplink">selon les d&eacute;mographes Jacques L&eacute;gar&eacute; et Pierre-Olivier M&eacute;nard</a>). &Agrave; leurs yeux, ces derniers prenaient encore trop de place dans la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise. L'un d'eux avait milit&eacute; au sein d'un parti politique, s'activant pour faire avancer ses id&eacute;es parmi les plus vieux militants. En vain.<br />
<br />
Me sachant d&eacute;mographe, ils m'ont demand&eacute; de leur dire quand les jeunes adultes seront suffisamment nombreux pour esp&eacute;rer jouer un r&ocirc;le plus important dans la soci&eacute;t&eacute;. Au fur et &agrave; mesure de l'arriv&eacute;e des baby-boomers &agrave; la retraite, ils sont &laquo;remplac&eacute;s&raquo; par des jeunes qui arrivent sur le march&eacute; du travail. Viendra alors un moment o&ugrave; la majorit&eacute; passera des baby-boomers aux plus jeunes qui les suivent.<br />
<br />
Pour d&eacute;marquer les jeunes g&eacute;n&eacute;rations de celles du baby-boom, mes jeunes interlocuteurs avaient &agrave; l'esprit la population adulte qui n'a connu, ni la <a href="http://agora.qc.ca/dossiers/Revolution_tranquille" target="_hplink">R&eacute;volution tranquille</a> des ann&eacute;es 1960, ni le <a href="http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/souveraineteassociation" target="_hplink">r&eacute;f&eacute;rendum sur le projet de souverainet&eacute;-association</a> tenu en 1980. J'ai alors fait remarquer que ces deux balises encadraient la crise d'octobre 1970, ainsi que le long d&eacute;bat linguistique qui a conduit aux <a href="http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/quebec-loi-1974.htm" target="_hplink">lois 22</a> <a href="http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&amp;file=/C_11/C11.html" target="_hplink">et 101</a> de 1974 et 1977 respectivement.<br />
<br />
J'ai convenu avec eux que la g&eacute;n&eacute;ration charni&egrave;re pouvait &ecirc;tre celle qui est n&eacute;e en 1966. Ainsi, m&ecirc;me s'ils avaient d&eacute;j&agrave; 14 ans au moment du r&eacute;f&eacute;rendum de 1980, ils &eacute;taient trop jeunes pour voter. Parions que la plupart n'en ont gard&eacute; qu'un vague souvenir, comme d'ailleurs de la <a href="http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/Const/TexteComplet.html" target="_hplink">Loi constitutionnelle de 1982</a> entr&eacute;e en vigueur alors que cette g&eacute;n&eacute;ration n'avait que 16 ans. <br />
<br />
<strong>La majorit&eacute; des baby-boomers s'effrite</strong><br />
<br />
Pour r&eacute;pondre &agrave; leur question, j'ai consult&eacute; les derni&egrave;res <a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/persp_poplt/pers2006-2056/pop_grage_sexe_09_a.htm" target="_hplink">projections d&eacute;mographiques de l'Institut de la statistique du Qu&eacute;bec</a> (ISQ). Calcul&eacute;es &agrave; partir du recensement de 2006, elles projettent la population du Qu&eacute;bec de 5 ans en 5 ans (2011, 2016, 2021, etc.). Les enfants n&eacute;s en 1966 avaient donc 40 ans au recensement de 2006.<br />
<br />
Tel que montr&eacute; par le tableau qui suit, les baby-boomers formaient en 2006 pr&egrave;s des deux tiers de la population des 25-64 ans. Le Qu&eacute;bec &eacute;tait alors encore loin d'un renversement de situation en faveur des plus jeunes. Mais les projections pour 2011 indiquent que les personnes de 25-44 ans arriveraient presque &agrave; &eacute;galit&eacute; avec les baby-boomers alors &acirc;g&eacute;s de 45-64 ans (les proportions sont de 47,4% et 52,6% respectivement). D&egrave;s lors, on ne devrait pas s'&eacute;tonner du fait que les jeunes de 25-49 ans en 2016 formeront pr&egrave;s de 60% des adultes de 25-64 ans.<br />
<br />
<img alt="2012-05-28-BBBoomersFig1x120.JPG" src="http://images.huffingtonpost.com/2012-05-28-BBBoomersFig1x120.JPG" width="440" height="451" /><br />
<br />
Une interpolation de ces r&eacute;sultats entre 2011 et 2016 m'a permis d'annoncer &agrave; mes jeunes curieux que c'est en ao&ucirc;t 2012 (mois symbolique) que devrait se produire la mise en minorit&eacute; d&eacute;mographique des baby-boomers encore en &acirc;ge de travailler. C'&eacute;tait plus t&ocirc;t qu'ils ne l'esp&eacute;raient alors!<br />
<br />
Toutefois, une mise en garde s'imposait. En effet, comme de plus en plus de personnes pourraient travailler au-del&agrave; de 65 ans, j'ai propos&eacute; &agrave; ces deux jeunes d'examiner les projections d&eacute;mographiques en ajoutant les 65-69 ans aux baby-boomers, d'autant plus que certains analystes incluent <a href="http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/babyboom" target="_hplink">toutes les naissances des ann&eacute;es 1940 dans le baby-boom</a>. Apr&egrave;s compilations, il s'est av&eacute;r&eacute; que ce moment serait repouss&eacute; d'un peu plus de deux ans (mois symbolique : septembre 2014). <br />
<br />
Enfin, l'ajout des 20-24 ans aux calculs - sans &eacute;gard au fait que plusieurs sont aux &eacute;tudes sup&eacute;rieures plut&ocirc;t que sur le march&eacute; du travail -, avait pour effet de faire perdre la majorit&eacute; d&eacute;mographique aux baby-boomers il y a d&eacute;j&agrave; quelques mois : f&eacute;vrier 2012 (mois symbolique).<br />
<br />
<strong>Outre le nombre, l'engagement</strong><br />
<br />
Cet examen des projections d&eacute;mographiques indique simplement qu'au d&eacute;but de la pr&eacute;sente d&eacute;cennie (en gros, la p&eacute;riode 2011-2016), les baby-boomers perdent graduellement leur majorit&eacute; dans les groupes d'&acirc;ge o&ugrave; se concentre la population active. On ne saurait toutefois &eacute;noncer, &agrave; partir de ce constat, une implacable loi des nombres au pouvoir magique.<br />
<br />
En effet, bien que les baby-boomers prennent tour &agrave; tour leur retraite, ils joueront encore longtemps un r&ocirc;le important au sein de la soci&eacute;t&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral. N'exercent-ils pas d&eacute;j&agrave; leur droit de vote avec plus d'intensit&eacute; que les jeunes. Incidemment, le sondeur Jean-Marc L&eacute;ger rappelait r&eacute;cemment que &laquo;<a href="http://www.ledevoir.com/societe/education/350600/face-a-face-de-generations" target="_hplink">[l]es jeunes constituent pr&egrave;s de 20 % de la population du Qu&eacute;bec, mais &agrave; peine 10 % de l'&eacute;lectorat</a>&raquo;?<br />
<br />
Les deux jeunes qui m'ont interrog&eacute;, et leurs nombreux amis qui piaffent derri&egrave;re eux, sont bien conscients qu'il ne suffira pas d'&ecirc;tre plus nombreux. Ils devront, disent-ils, prendre leur place, car on ne leur fera pas de cadeaux.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/524727/thumbs/s-YOUNG-WORKERS-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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