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  <title>Marie-Lyse Paquin</title>
  <link href="http://quebec.huffingtonpost.ca/author/index.php?author=marielyse-paquin"/>
  <updated>2013-05-22T10:05:07-04:00</updated>
  <author>
    <name>Marie-Lyse Paquin</name>
  </author>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Marie-Lyse Paquin</subtitle>
  <generator>Good old fashioned elbow grease.</generator>

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    <title>Voter dans le champ</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/marielyse-paquin/developpement-regional_b_1828505.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1828505</id>
    <published>2012-08-24T14:18:56-04:00</published>
    <updated>2012-10-24T05:12:11-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Pourquoi s'entasse-t-on encore dans les villes et les banlieues? Comment se fait-il qu'il n'y ait toujours pas de trains rapides avec des pains au chocolat et du café pour sortir de la ville le samedi matin? Le temps s'est-il arrêté? Lorsqu' Internet a commencé à se répandre, j'étais excitée à l'idée de pouvoir travailler de n'importe où. Fini les embouteillages, les troupeaux dans le métro, le smog, les appartements trop chers et les ascenseurs du centre-ville.]]></summary>
    <author>
        <name>Marie-Lyse Paquin</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marielyse-paquin/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marielyse-paquin/"><![CDATA[Dans le film R&eacute;publique, un ab&eacute;c&eacute;daire populaire d'Hugo Latulippe, l'intarissable Serge Bouchard lan&ccedil;ait &laquo;Un historien qui va &agrave; Laval est tr&egrave;s d&eacute;prim&eacute;.&raquo; Je ne saurais dire si ce sont mes &eacute;tudes d'histoire ou l'image que je me faisais des villes et de la mobilit&eacute;du futur qui me d&eacute;prime le plus. Pourquoi s'entasse-t-on encore dans les villes et les banlieues? Comment se fait-il qu'il n'y ait toujours pas de trains rapides avec des pains au chocolat et du caf&eacute; pour sortir de la ville le samedi matin? Le temps s'est-il arr&ecirc;t&eacute;?<br />
<br />
Lorsqu' Internet a commenc&eacute; &agrave; se r&eacute;pandre, j'&eacute;tais excit&eacute;e &agrave; l'id&eacute;e de pouvoir travailler de n'importe o&ugrave;. Fini les embouteillages, les troupeaux dans le m&eacute;tro, le smog, les appartements trop chers et les ascenseurs du centre-ville. Exit les banlieues d&eacute;nu&eacute;es de charmes, parsem&eacute;es de centres d'achats et de boulevards Taschereau. Retour vers la campagne, vers les vrais hivers et les &eacute;t&eacute;s moins collants, l'air pur, les enfants qui grimpent aux arbres et les tartes aux pommes maison. La r&eacute;volution industrielle a d&eacute;racin&eacute; nos anc&ecirc;tres de leurs terres, nous allions enfin profiter de la nature sans isolement, au sein de communaut&eacute;s dynamiques et ouvertes. J'&eacute;tais pour ainsi dire, dans le champ! On estime que 70% de la population mondiale vivra dans des villes d'ici 2050.  <br />
<br />
Dans mes r&ecirc;ves futuristes,les grandes villes devenaient avant tout des lieux de loisirs et de culture que de travail. On s'efforcerait plut&ocirc;t de d&eacute;velopper des villes intelligentes &agrave; dimension humaine desservies par des transports ultras rapides et agr&eacute;ables. La ville de Qu&eacute;bec a embo&icirc;t&eacute; le pas, il reste &agrave; esp&eacute;rer que les &laquo; villes de province &raquo; continueront &agrave; germer. <br />
<br />
Le monde du travail doit aussi s'adapter plus rapidement. Ici et l&agrave;, on commence &agrave; comprendre doucement que le t&eacute;l&eacute;travail et la r&eacute;organisation des heures de travail sont b&eacute;n&eacute;fiques pour notre sant&eacute; mentale et celle de notre plan&egrave;te. On parle sans cesse de place en garderies, mais tr&egrave;s peu d'am&eacute;nagement des heures de travail. Je lisais r&eacute;cemment qu'une entreprise flamande commen&ccedil;ait &agrave; organiser le travail des parents divorc&eacute;s selon leur semaine de garde des enfants. En voil&agrave; une belle id&eacute;e!<br />
<br />
Cette campagne &eacute;lectorale me rappelle qu'on s'emp&ecirc;tre trop souvent dans les micros-probl&egrave;mes en perdant les horizons plus larges. Je me souci peu des micro-promesses chaque matin, ni de savoir quel politicien est le plus fiable, je veux des projets macro, du long terme, j'ai soif de v&eacute;ritables r&ecirc;ves collectifs et de beaut&eacute;. Parce qu'il n'y a rien qui me rend plus fi&egrave;re que notre territoire...au-del&agrave; de Laval. J'ai v&eacute;cu en France et aux &Eacute;tats-Unis, j'ai compar&eacute; et jug&eacute; s&eacute;v&egrave;rement le Qu&eacute;bec, mais lorsque je retrouve les lacs, les montagnes, et les horizons de mon enfance, ma belle &laquo; province &raquo; est &agrave; moiti&eacute; pardonn&eacute;e. <br />
<br />
Nous sommes si riches sans le savoir. Encore faut-il que les Qu&eacute;b&eacute;cois moins privil&eacute;gi&eacute;s puissent non seulement profiter des retomb&eacute;es &eacute;conomiques de nos ressources naturelles, mais aussi de la beaut&eacute;, de l'horizon. &Ecirc;tes-vous d&eacute;j&agrave; all&eacute;s &agrave; la plage d'Oka un week-end de canicule? On s'y entasse comme des sardines grill&eacute;es et un filet de cr&egrave;me solaire flotte sur le lac. On compte environ 400 000 lacs au Qu&eacute;bec, mais les citadins ont du mal &agrave; acc&eacute;der &agrave; des plages publiques sans passer 2 heures dans le trafic. <br />
<br />
D&eacute;veloppement r&eacute;gional, protection et mise en valeur de nos ressources, transports rapides et abordables, voil&agrave; des mots porteurs d'un avenir d&eacute;cloisonn&eacute;. On &eacute;touffe dans des micro-d&eacute;bats de chiffres et les &laquo; band aids &raquo; appos&eacute;s les uns sur les autres. <br />
<br />
Heureusement, on applaudit de plus en plus fort, les chefs assez courageux pour nous ouvrir un v&eacute;ritable horizon. J'esp&egrave;re que nous serons de plus en plus nombreux &agrave; voter dans le champ.]]></content>
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    <title>C'est Une Révolte? Non Sire, C'est Une Révolution!</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.com/marielyse-paquin/greve-etudiante_b_1539248.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1539248</id>
    <published>2012-05-23T10:29:41-04:00</published>
    <updated>2012-07-23T05:12:05-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Je suis de ceux qui croient que ce sont les idées qui changent le monde pas les technologies, ni le fric, les idées! Et ces idées elles circulent depuis un bon moment déjà. Certains disent que les jeunes mêlent tout, mais même embrouillés, ils voient la faillite du système. Nés dans les années 90, nourris aux idées altermondistes, témoins des crises économiques, de la corruption et de l'état lamentable de la planète que les générations précédentes leur ont léguée, ils sont forcés de regarder plus loin en avant, au-delà de la crise actuelle et de la pensée à court terme de nos gouvernements.]]></summary>
    <author>
        <name>Marie-Lyse Paquin</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marielyse-paquin/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marielyse-paquin/"><![CDATA[Lorsque j'ai &eacute;crit le billet sur les <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/marielyse-paquin/les-lois-intolerables_b_1368196.html" target="_hplink">lois intol&eacute;rables</a> de Stephen Harper en mars dernier, je ne me doutais pas que le gouvernement du Qu&eacute;bec voterait une loi encore plus intol&eacute;rable. <br />
<br />
Quand le gouvernement Harper a &eacute;t&eacute; &eacute;lu majoritaire, je me suis dit : &laquo; &Ccedil;a va &eacute;clater! &raquo; Quand une grande part des citoyens ne se reconnaissent plus dans les id&eacute;ologies des deux paliers de gouvernement, quand des leaders d&eacute;termin&eacute;s partent le bal, quand les artistes et intellectuels s'indignent, quand le clivage entre les g&eacute;n&eacute;rations s'agrandit, quand un gouvernement multiplie les maladresses et les insultes, on secoue un cocktail explosif. J'imaginais Jean Charest &eacute;crire &laquo; Aujourd'hui, rien &raquo; dans son journal apr&egrave;s la grande marche du 22 mars, comme Louis XVI le jour de la prise de la Bastille. Un jour, on dira peut-&ecirc;tre que Charest pensait mater une r&eacute;volte alors qu'il &eacute;tait devant un embryon de r&eacute;volution. <br />
<br />
Je suis de ceux qui croient que ce sont les id&eacute;es qui changent le monde pas les technologies, ni le fric, les id&eacute;es! Et ces id&eacute;es elles circulent depuis un bon moment d&eacute;j&agrave;. Certains disent que les jeunes m&ecirc;lent tout, mais m&ecirc;me embrouill&eacute;s, ils voient la faillite du syst&egrave;me. N&eacute;s dans les ann&eacute;es 90, nourris aux id&eacute;es altermondistes, t&eacute;moins des crises &eacute;conomiques, de la corruption et de l'&eacute;tat lamentable de la plan&egrave;te que les g&eacute;n&eacute;rations pr&eacute;c&eacute;dentes leur ont l&eacute;gu&eacute;e, ils sont forc&eacute;s de regarder plus loin en avant, au-del&agrave; de la crise actuelle et de la pens&eacute;e &agrave; court terme de nos gouvernements. <br />
<br />
Vous pouvez leur faire des le&ccedil;ons d'histoire, dire qu'ils sont trop radicaux, ils retiendront les id&eacute;aux bafou&eacute;s, les r&ecirc;ves non r&eacute;alis&eacute;s. Ont-ils tort?<br />
<br />
J'ai entendu des manifestants crier &laquo; D&eacute;mocratie directe &raquo; et j'ai lu sur Twitter &laquo; Charest, extr&ecirc;me droite &raquo;. J'avoue que &ccedil;a m'a donn&eacute; tr&egrave;s envie de retourner enseigner l'histoire au C&eacute;gep! Tr&egrave;s envie de passer mes journ&eacute;es avec eux pour d&eacute;battre des id&eacute;es. Oui, d&eacute;battre! On a souvent peur ici de d&eacute;battre, je m'en suis rendu compte en vivant en France. <br />
<br />
Je viens d'une famille o&ugrave; l'on &eacute;vite le plus possible les sujets glissants. Mes grands-parents &eacute;taient des p&eacute;quistes &laquo; purs et durs &raquo; et d&eacute;testaient les riches. Aux derni&egrave;res &eacute;lections, ma grand-m&egrave;re de 92 ans s'est tourn&eacute;e vers Qu&eacute;bec Solidaire et elle casse les oreilles de ma m&egrave;re avec la cause &eacute;tudiante! Mes parents voulaient la paix et votaient pour les Lib&eacute;raux, mais ma m&egrave;re a vot&eacute; orange aux derni&egrave;res &eacute;lections et elle tournera le dos aux lib&eacute;raux aux prochaines &eacute;lections. Il n'y a pas que les jeunes qui ne suivent plus les vieux partis! <br />
<br />
Devant des forces oppos&eacute;es, je suis revenue de la France et des &Eacute;tats-Unis, plus &agrave; gauche que je ne le serais devenue si j'&eacute;tais rest&eacute;e ici. Je m'&eacute;nerve contre mon fr&egrave;re d&egrave;s qu'il a le malheur de parler de la bourse ou des gens qui ont r&eacute;ussi avec de grosses cabanes et des Lamborghinis.<br />
<br />
Mais j'aime l'ouverture d'esprit de mon microcosme, parce que je connais plusieurs trentenaires qui se sont engueul&eacute;s avec leurs parents au cours des derni&egrave;res semaines. La crise actuelle a &ccedil;a de beau, elle nous oblige &agrave; prendre position, &agrave; nous attaquer &laquo; aux vraies affaires &raquo;. Les lignes &eacute;ditoriales des m&eacute;dias nous frappent, de plein fouet peu importe la grosseur de leur cahier week-end!<br />
<br />
Cette crise nous permet aussi d'entendre des voix d'intellectuels trop souvent occult&eacute;s derri&egrave;re l'information spectacle. J'&eacute;tais fi&egrave;re de lire<a href="http://www.ledevoir.com/societe/education/350481/une-loi-scelerate-et-une-infamie" target="_hplink"> la lettre des historiens</a> dans <em>le Devoir </em> et je hochais la t&ecirc;te en lisant le texte de Marc Ouimet, <em><a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/350467/j-ai-le-quebec-en-berne" target="_hplink">J'ai le Qu&eacute;bec en berne</a></em>.<br />
<br />
Remarquez que les gens de sciences humaines reprennent le haut du pav&eacute; quand on s'attaque aux fondements de notre soci&eacute;t&eacute;... <br />
<br />
Lundi matin, apr&egrave;s une nuit agit&eacute;e au centre-ville comme dans ma t&ecirc;te, le texte de Christian Nadeau dans la vid&eacute;o<em> <a href="http://www.youtube.com/watch?v=NtY6S6TpyDw" target="_hplink">Un grand tonnerre</a></em> m'a fait l'effet de 20 expressos. Je garde cette vid&eacute;o comme source historique si j'ai le grand privil&egrave;ge d'enseigner aux prochaines g&eacute;n&eacute;rations turbulentes.<br />
<br />
Au-del&agrave; des sondages, ce sont les images de la foule qui marchait aux c&ocirc;t&eacute;s des &eacute;tudiants au 100e jour de gr&egrave;ve que nous retiendrons.]]></content>
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    <title>Ma tête, mon cœur et mes couilles</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1429065</id>
    <published>2012-04-17T00:42:07-04:00</published>
    <updated>2012-06-16T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[On aimerait tant trouver des règles universelles de l'amour, l'expliquer biologiquement et le contrôler avec des pilules. Bien que les recherches sur les hormones de désir et d'attachement progressent, on n'explique toujours pas l'amour. Pourquoi aime-t-on? L'amour entre hommes et femmes est-il vraiment nécessaire pour assurer la survie de notre espèce? L'amour maternel, certes, mais pourquoi l'amour romantique?]]></summary>
    <author>
        <name>Marie-Lyse Paquin</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marielyse-paquin/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marielyse-paquin/"><![CDATA[Une amie c&eacute;libataire s'amusait &agrave; dire que nous &eacute;tions comme les l&eacute;preux modernes : pauvres &acirc;mes esseul&eacute;es qui n'ont pas encore trouv&eacute; la &laquo; bonne &raquo;  personne. Je subis le supplice de la question chaque semaine au tribunal des h&eacute;r&eacute;tiques : &laquo;Pourquoi t'as pas de chum?!&raquo;<br />
<br />
En plus de toute la liturgie populaire qui nous enseigne comment aimer, comment baiser, comment &laquo;durer en couple&raquo;, tout le monde &eacute;labore des th&eacute;ories et vous recommande son psy qui vous aidera &agrave; voir le &laquo;bon&raquo; quand il passera. Je parie que je pourrais faire fortune avec un concept r&eacute;volutionnaire <em>&Ecirc;tes-vous plus de type chat, chien, bi, ou autre animal? Trouver votre &acirc;me soeur en posant une seule question!</em> Je me demande encore comment classer les gens de type &laquo; tapir &raquo;, mais le bestseller est en route. <br />
<br />
Difficile de badiner sur l'amour, on vous analyse, on vous psychanalyse, on cherche vos sch&eacute;mas. Tout ce que vous dites pourra &ecirc;tre retenu contre vous. Note &agrave; moi-m&ecirc;me : n'&eacute;cris plus rien sur l'amour sauf &laquo;Je t'aime&raquo; pas de questions, pas d'explications, pas de courriels nocturnes, juste &laquo; Je t'aime &raquo; &agrave; l'encre ou en gla&ccedil;age de g&acirc;teau.<br />
<br />
On aimerait tant trouver des r&egrave;gles universelles de l'amour, l'expliquer biologiquement et le contr&ocirc;ler avec des pilules. Bien que les recherches sur les hormones de d&eacute;sir et d'attachement progressent, on n'explique toujours pas l'amour. Pourquoi aime-t-on? L'amour entre hommes et femmes est-il vraiment n&eacute;cessaire pour assurer la survie de notre esp&egrave;ce? L'amour maternel, certes, mais pourquoi l'amour romantique? <br />
<br />
Dans cette qu&ecirc;te de sens de nos amours insens&eacute;s, un vulgarisateur scientifique allemand un peu rebelle et sans d&eacute;tour m'a s&eacute;duite, platoniquement parlant. Dans son essai<em> Amour, d&eacute;construction d'un sentiment</em>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_David_Precht" target="_hplink">Richard David Precht</a>, mieux connu pour son livre  <em>Qui suis-je, si je suis, combien?</em> fait un remarquable effort de synth&egrave;se d'une multitude de recherches issues de domaines vari&eacute;s : biologie, psychologie, anthropologie, sociologie, histoire et philosophie.<br />
<br />
D&eacute;construction d'abord de plusieurs th&eacute;ories de psychologie &eacute;volutionniste qui cherchent &agrave; nous faire croire que l'amour est un sentiment ordonn&eacute;, dans un but de reproduction optimale. D&eacute;cortication ensuite, du d&eacute;sir, de l'&eacute;namourement et du sentiment amoureux : &laquo; Le fait de d&eacute;sirer sexuellement est li&eacute; &agrave; nos pulsions; celui de tomber amoureux est en rapport tr&egrave;s &eacute;troit avec nos parents et nos exp&eacute;riences d'enfants; quant &agrave; la personne que nous aimons, il s'agit tr&egrave;s largement d'une question de concepts personnels.&raquo;<br />
<br />
Je ne reprendrai pas ici tout le raisonnement de Precht qu'il faut lire tranquillement en savourant sa verve et son humour intelligent. Chose certaine, il p&eacute;n&egrave;tre au c&oelig;ur d'un mal-&ecirc;tre r&eacute;sultant de l'id&eacute;ologie romantique: &laquo;ce qui &eacute;tait au d&eacute;part le produit de l'imagination d'artistes appartenant &agrave; des classes sup&eacute;rieures est devenu une exigence commune... Il nous faut la passion et la compr&eacute;hension, l'&eacute;motion et le d&eacute;sir de protection.&raquo;<br />
<br />
Sexe, amour, intensit&eacute; et dur&eacute;e : rien de moins! Et par extension, notre id&eacute;al de famille n'a jamais &eacute;t&eacute; plus sacr&eacute; et exigeant qu'aujourd'hui. Le romantisme qui se voulait r&eacute;volutionnaire &agrave; l'&eacute;poque r&egrave;gne toujours trois si&egrave;cles plus tard comme une bonne recette hollywoodienne.<br />
<br />
Ceux qui attendent que la &laquo; bonne personne &raquo; change leur vie d'un coup de baguette magique passent &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la vie. &Agrave; l'autre extr&ecirc;me, ceux qui, &agrave; la suite d'une s&eacute;rie d'&eacute;checs amoureux, ont compl&egrave;tement baiss&eacute; les bras et citent sans cesse les statistiques de divorce m'inqui&egrave;tent tout autant.<br />
<br />
Je me souviendrai toujours du regard de mes grands-parents quand nous les avons r&eacute;unis dans leur chambre d'h&ocirc;pital. Grand-papa n'avait plus toute sa t&ecirc;te, mais son c&oelig;ur &eacute;tait rest&eacute; avec elle. Mon fr&egrave;re et moi avons essuy&eacute; une larme devant ce vieil amour qui fut pourtant &agrave; des kilom&egrave;tres de l'id&eacute;al hollywoodien. <br />
Notre capacit&eacute; de r&ecirc;ver et nous projeter dans l'avenir nous distingue du royaume animal (enfin jusqu'&agrave; ce qu'un chimpanz&eacute; nous prouve le contraire!) Pendant que les scientifiques continuent de d&eacute;cortiquer le sentiment amoureux, on peut sourire en &eacute;coutant le slameur Grand Corps Malade chanter <em>Ma t&ecirc;te, mon c&oelig;ur et mes couilles. </em><br />
<br />
<iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/lb1pSnrKF-Y" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<br />
Au XXIe si&egrave;cle, la t&ecirc;te, le c&oelig;ur et le d&eacute;sir s'alignent encore parfois dans un miracle de la nature. <br />
 ]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/566283/thumbs/s-LOVE-BLIND-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Les Lois intolérables</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/marielyse-paquin/les-lois-intolerables_b_1368196.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1368196</id>
    <published>2012-03-20T16:50:08-04:00</published>
    <updated>2012-05-20T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Mon directeur de maîtrise, humaniste au savoir encyclopédique, nous disait avec un petit sourire en coin : «Les Anglais font des réformes et les Français font des révolutions.» Et les Québécois font des révolutions tranquilles, ai-je pensé. J'ai passé deux des plus belles années de ma vie au XVIIIe siècle et je m'y réfugie encore parfois, au milieu d'une rêverie révolutionnaire anachronique.
]]></summary>
    <author>
        <name>Marie-Lyse Paquin</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marielyse-paquin/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marielyse-paquin/"><![CDATA[Mon directeur de ma&icirc;trise, humaniste au savoir encyclop&eacute;dique, nous disait avec un petit sourire en coin : &laquo;Les Anglais font des r&eacute;formes et les Fran&ccedil;ais font des r&eacute;volutions.&raquo; Et les Qu&eacute;b&eacute;cois font des r&eacute;volutions tranquilles, ai-je pens&eacute;. <br />
<br />
J'ai pass&eacute; deux des plus belles ann&eacute;es de ma vie au XVIIIe si&egrave;cle et je m'y r&eacute;fugie encore parfois, au milieu d'une r&ecirc;verie r&eacute;volutionnaire anachronique.<br />
<br />
Ottawa, d&eacute;but du XXIe si&egrave;cle, le gouvernement conservateur entich&eacute; de la tradition monarchique anglaise, propose des &laquo; r&eacute;formes &raquo; intol&eacute;rables : Loi C-10 sur la justice criminelle, projet de loi C-32 sur les droits d'auteurs, projet d'abolition du registre des armes &agrave; feu, retrait de droits de gr&egrave;ve, retrait du protocole de Kyoto et j'en passe. Il devient coutume d'adopter des lois &agrave; grands coups de b&acirc;illon.<br />
<br />
Dans quelques ann&eacute;es, les historiens pourraient parler des Lois intol&eacute;rables du gouvernement Harper en r&eacute;f&eacute;rence aux Actes intol&eacute;rables qui ont men&eacute; &agrave; la R&eacute;volution am&eacute;ricaine. Quel sera le point de rupture? Qui prendra la Bastille?<br />
<br />
Sans &ecirc;tre devins ou futurologues, nous savons bien que nous ne pourrons pas continuer &agrave; vivre comme nos parents. Nous devinons &agrave; peine les sacrifices que nous devrons faire au cours des prochaines ann&eacute;es<br />
Quand on &eacute;voque les r&eacute;volutions, plusieurs voient l'image d'une foule enrag&eacute;e brandissant des t&ecirc;tes coup&eacute;es au bout d'une fourche. M&ecirc;me si nous gardons nos t&ecirc;tes bien viss&eacute;es sur nos &eacute;paules, les affrontements risquent de se multiplier, et la r&eacute;volution d'&ecirc;tre beaucoup moins tranquille si personne n'&eacute;coute.<br />
<br />
Et si nous convoquions des &laquo; &Eacute;tats G&eacute;n&eacute;raux &raquo; pour repenser en profondeur nos priorit&eacute;s et la distribution des richesses? Est-ce que les jeunes, les boomers, les riches, la classe moyenne et les pauvres d&eacute;fendront leurs privil&egrave;ges chacun dans leur coin? Est-ce qu'on arrivera au contraire &agrave; s'unir devant des ennemis communs? Que ces ennemis se nomment Harper, le r&eacute;chauffement climatique, la vente &agrave; rabais de nos ressources ou la contre-r&eacute;volution!<br />
<br />
L'&eacute;tincelle ne s'allumera peut-&ecirc;tre pas dans notre ancienne colonie fran&ccedil;aise, mais mon espoir d'assister &agrave; de profonds changements sociaux au cours de mon existence semble de plus en plus r&eacute;aliste.<br />
 Dans ma r&ecirc;verie anachronique, le mouvement des indign&eacute;s me rappelait la marche des femmes de Paris &agrave; Versailles pour r&eacute;clamer du pain &agrave; Louis XVI en octobre 1789.<br />
<br />
Enfant de la classe moyenne n&eacute;e au milieu des ann&eacute;es 70, je n'ai jamais manqu&eacute; de pain ni de Nutella. Je suis de cette g&eacute;n&eacute;ration qui a march&eacute; pour la Loi 101 au C&eacute;gep, qui a nourri de grands espoirs en 1995 et qui s'est r&eacute;fugi&eacute;e dans le travail, les nouvelles b&eacute;belles &laquo; r&eacute;volutionnaires &raquo; et un mini baby boom berc&eacute; par nos r&ecirc;ves fragiles de famille fonctionnelle.<br />
<br />
Je n'&eacute;tais pas &agrave; Berlin quand on a d&eacute;moli le mur, mais j'&eacute;tais &agrave; San Francisco le soir de l'&eacute;lection de Barack Obama. C'est l&agrave; que j'ai senti pour la premi&egrave;re fois l'extase collective, la joie qui &eacute;clate &agrave; chaque coin de rue, les larmes qui coulaient malgr&eacute; moi. C'est si bon de gagner quelque chose de plus grand qu'une coupe Stanley! Je me suis permis de croire &agrave; de grands changements, m&ecirc;me si tout le monde savait que les obstacles seraient de taille.<br />
<br />
Nous sommes de v&eacute;ritables cancres quand il s'agit d'apprendre les le&ccedil;ons de l'histoire. La lecture de la &laquo; Br&egrave;ve histoire du progr&egrave;s &raquo; de Ronald Wright devrait finir de vous en convaincre. N'emp&ecirc;che que j'esp&egrave;re contribuer &agrave; un nouveau point sur la ligne du temps au XXIe si&egrave;cle. Un gros point sans taches de sang, sous lequel il sera inscrit &laquo; Adoption d'un nouveau syst&egrave;me mondial de distribution des ressources et de la richesse. &raquo;<br />
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Et non, Internet n'est pas la R&eacute;volution, c'est un moyen de communication, un moteur &agrave; propulsion rapide de l'information. Quand les jeunes sont dans les rues, Jean Charest ne peut pas &eacute;crire dans son journal : &laquo; Aujourd'hui, rien &raquo; comme Louis XVI, le 14 juillet 1789. Quoique...<br />
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Au XXIe si&egrave;cle, on s'int&eacute;resse tellement &agrave; la technologie et si peu &agrave; l'Homme que je n'ai pas pu suivre les traces de mon professeur, le dernier humaniste qui a pris sa retraite peu apr&egrave;s ma graduation. <br />
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