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  <title>Marc-André Robert</title>
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  <updated>2013-06-19T12:34:08-04:00</updated>
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    <name>Marc-André Robert</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Marc-André Robert</subtitle>
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    <title>Cette Histoire politique qui doit aussi s'apprendre au cinéma</title>
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    <published>2013-02-21T12:47:56-05:00</published>
    <updated>2013-04-23T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[« Or, actuellement, ce qui s'offre [au grand écran] aux Québécois passionnés d'histoire [politique], qui veulent cultiver leur ''Je me souviens'', ce ne sont pratiquement que des récits états-uniens. » Ces mots de l'éditorialiste Antoine Robitaille dans les pages du Devoir de mardi, faisant suite au dossier sur l'histoire au cinéma publié dans l'édition du weekend dernier, font état d'une réalité (l'absence du cinéma politique de fiction au Québec) qui en cache une autre. Celle d'une ignorance face à notre histoire politique et nationale.]]></summary>
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        <name>Marc-André Robert</name>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/"><![CDATA[&laquo; Or, actuellement, ce qui s'offre [au grand &eacute;cran] aux Qu&eacute;b&eacute;cois passionn&eacute;s d'histoire [politique], qui veulent cultiver leur ''Je me souviens'', ce ne sont pratiquement que des r&eacute;cits &eacute;tats-uniens. &raquo; Ces mots de l'&eacute;ditorialiste Antoine Robitaille dans les pages du Devoir de mardi, faisant suite au dossier sur l'histoire au cin&eacute;ma publi&eacute; dans l'&eacute;dition du weekend dernier, font &eacute;tat d'une r&eacute;alit&eacute; (l'absence du cin&eacute;ma politique de fiction au Qu&eacute;bec) qui en cache une autre. Celle d'une ignorance face &agrave; notre histoire politique et nationale. Repr&eacute;sentation du rapport plus que t&eacute;nu que l'on entretient collectivement avec notre pass&eacute; politique, le cin&eacute;ma semble condamn&eacute; &agrave; ne revisiter que tr&egrave;s &eacute;pisodiquement (et maladroitement?) notre r&eacute;cit national. En effet, comment pourrions-nous esp&eacute;rer produire des fictions de qualit&eacute; sur des personnages et &eacute;v&eacute;nements politiques que l'on connait &agrave; peine. Surtout alors que plusieurs chapitres de notre histoire d'avant 1960 souffrent encore d'une mise &agrave; l'index (Grande Noirceur). Or, c'est bien l&agrave; que le r&ocirc;le des historiens doit, entre autres, se jouer. Pas seulement dans les livres acad&eacute;miques, mais aussi dans les salles de montage, au sein d'&eacute;quipes de production, de sc&eacute;naristes.<br />
<br />
Tandis que l'on d&eacute;nonce et condamne, depuis longtemps et sur toutes les tribunes, le d&eacute;sint&eacute;r&ecirc;t des jeunes envers notre histoire (nationale) et, par cons&eacute;quent, leur ignorance de la chose historique, certains experts de l'&eacute;ducation, p&eacute;dagogues et historiens ont cherch&eacute; &agrave; r&eacute;former les programmes scolaires en mati&egrave;re d'histoire (grugeant la connaissance au profit de la comp&eacute;tence), d'autres revendiquent d&eacute;sormais plus d'heures d'enseignement de l'histoire nationale aux niveaux secondaire et coll&eacute;gial (Coalition pour l'histoire). Au-del&agrave; des initiatives intra muros, il faut se rendre &agrave; l'&eacute;vidence: l'histoire qu&eacute;b&eacute;coise, politique et nationale, a terriblement besoin d'une campagne de promotion.<br />
<br />
Le cin&eacute;ma, la t&eacute;l&eacute;, la webt&eacute;l&eacute; peuvent et doivent jouer ce r&ocirc;le publicitaire. Et les historiens, scribes des &eacute;v&eacute;nements et personnages du pass&eacute;, peuvent et doivent s'asseoir derri&egrave;re les cam&eacute;ras. Surtout puisque l'Histoire politique (d'ailleurs), depuis les dix ou quinze derni&egrave;res ann&eacute;es, n'a jamais &eacute;t&eacute; aussi populaire au grand comme au petit &eacute;cran. Le dossier du Devoir soulignait l'omnipr&eacute;sence de Clio (la politicienne) dans la cuv&eacute;e am&eacute;ricaine des Oscars cette ann&eacute;e. Or cet attachement hollywoodien pour le Grand R&eacute;cit am&eacute;ricain ne date pas d'hier. On pourrait citer &eacute;galement nombre de s&eacute;ries t&eacute;l&eacute; historiques ou d'inspiration historique, am&eacute;ricaines et d'ailleurs (Rome, Spartacus, Mad Men, Downton Abbey, Un Village fran&ccedil;ais, The Tudors, The Borgias) ou encore d'&eacute;missions documentaires (Apocalypse: la Deuxi&egrave;me Guerre mondiale; Amour, haine et propagande; Pour l'histoire...) connaissant, dans l'ensemble, des succ&egrave;s remarquables. Chose certaine: l'Histoire politique a la cote! Et chez les Qu&eacute;b&eacute;cois, qui en consomment abondamment.<br />
<br />
Est-ce &agrave; dire que les publics qu&eacute;b&eacute;cois n'ont pas le go&ucirc;t de leur propre histoire? Certainement pas. L'Histoire demeure un canevas sur lequel on brosse assez r&eacute;guli&egrave;rement des dramatiques. Pensons notamment &agrave; Gerry (2011), Frisson des collines (2011), Le Poil de la b&ecirc;te (2010), L'Heure de v&eacute;rit&eacute;(2009), 1981 (2009), Je me souviens (2009), Le Pi&egrave;ge am&eacute;ricain (2008), Un &eacute;t&eacute; sans point ni coup s&ucirc;r (2008), Maurice Richard (2005), C.R.A.Z.Y. (2005). Par ailleurs, Rouge sang (2013), qui sort prochainement en salles et auquel faisait r&eacute;f&eacute;rence Antoine Robitaille, s'inscrit parfaitement dans ce registre (dramatique sur fond historique). Ou encore aux s&eacute;ries Mus&eacute;e Eden (Radio-Canada, 2010), Les Rescap&eacute;s (Radio-Canada, 2010-2012), Nos &Eacute;t&eacute;s (TVA, 2005-2008), Le N&eacute;gociateur (TVA, 2005-2008).<br />
<br />
Les Qu&eacute;b&eacute;cois s'int&eacute;ressent donc &agrave; l'Histoire, m&ecirc;me &agrave; la leur. Comment expliquer alors que depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, on compte &agrave; peine trois films de fiction historique &agrave; caract&egrave;re politique ayant pris l'affiche sur nos &eacute;crans: Nouvelle-France (Jean Beaudin, 2004), 15 f&eacute;vrier 1839 (Pierre Falardeau, 2001) et Le D&eacute;serteur (Simon Lavoie, 2008). De m&ecirc;me qu'une seule s&eacute;rie t&eacute;l&eacute;: Ren&eacute; L&eacute;vesque (Giles Walker, 2006). Au surplus, dans le lot, seuls la s&eacute;rie Ren&eacute; L&eacute;vesque et le film 15 f&eacute;vrier 1839 portent sp&eacute;cifiquement sur des personnages politiques de notre histoire. C'est tout de m&ecirc;me &eacute;tonnant! Frilosit&eacute; des organismes producteurs, des cin&eacute;astes? Manque de sc&eacute;narios? Pourtant, la litt&eacute;rature historique qu&eacute;b&eacute;coise regorge de biographies, d'&eacute;tudes et d'essais sur des personnalit&eacute;s et &eacute;v&eacute;nements politiques qui ont fa&ccedil;onn&eacute; notre Histoire.<br />
<br />
Certains diront, comme le rappelle Antoine Robitaille dans son &eacute;ditorial, &laquo; qu'il est impossible de rapporter fid&egrave;lement un &eacute;v&eacute;nement pass&eacute;, tout &eacute;tant toujours ''biais&eacute;'' &raquo;. Certes, l'Histoire (avec un grand H) n'existe pas au cin&eacute;ma ni &agrave; la t&eacute;l&eacute;. Elle n'existe pas plus dans les livres, m&ecirc;me les plus acad&eacute;miques et th&eacute;oriques. Les historiens seront toujours condamn&eacute;s &agrave; interpr&eacute;ter l'Histoire &agrave; partir des documents et archives et selon un point de vue bien personnel. Et ces interpr&eacute;tations, quoiqu'appuy&eacute;es par des sources et m&eacute;thodes, seront toujours bien subjectives. Deux chercheurs travaillant sur un m&ecirc;me personnage, un m&ecirc;me &eacute;v&eacute;nement, arriveront parfois &agrave; des interpr&eacute;tations compl&egrave;tement oppos&eacute;es. C'est le propre de la discipline historique. Que le Maurice Duplessis de Denys Arcand (Duplessis, 1978) attire la critique (positive ou n&eacute;gative) est souhaitable. &Ccedil;a nous permet, collectivement, de discuter notre pass&eacute;, de s'y int&eacute;resser! Et d'avoir envie d'y retourner.<br />
<br />
Car le cin&eacute;ma demeure une porte d'entr&eacute;e toute d&eacute;sign&eacute;e vers l'Histoire. Les historiens(ne)s doivent investir davantage le terrain cin&eacute;matographique.<br />
<br />
Il y a certes l'argent qui demeure un frein &agrave; la production d'oeuvres que l'on dit &laquo; lourdes &raquo;, c'est-&agrave;-dire qui n&eacute;cessitent la cr&eacute;ation de d&eacute;cors, de costumes et d'effets sp&eacute;ciaux co&ucirc;teux. Ceci dit, l'ing&eacute;niosit&eacute;, la cr&eacute;ativit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise a d&eacute;montr&eacute;, depuis longtemps, qu'on sait faire mieux avec moins. Et puis il y a la technologie qui permet aujourd'hui, &agrave; moindre frais, de d&eacute;ployer un d&eacute;cor d'antan tout aussi cr&eacute;dible (Mus&eacute;e Eden l'a bien r&eacute;ussi d'ailleurs). L'argent n'explique donc pas tout.<br />
<br />
Et dire qu'il n'existe pas encore de film(s) sur Champlain et la fondation de Qu&eacute;bec, sur Montcalm et la bataille des Plaines d'Abraham, sur Lafontaine et Baldwin et la qu&ecirc;te du gouvernement responsable, sur Lord Durham et l'Acte d'Union, sur Henri-Bourassa et l'opposition &agrave; la conscription de 1917, sur la fondation du parti Union nationale &agrave; l'&eacute;poque du gouvernement Taschereau, sur le gouvernement Godbout et le droit de vote des femmes, sur la gr&egrave;ve d'Asbestos de 1949 et la r&eacute;pression duplessiste... ! C'est autant de moments de notre histoire nationale auxquels le cin&eacute;ma et la t&eacute;l&eacute; pourraient nous initier. Pour nous donner pas juste le go&ucirc;t de l'Histoire, mais de notre Histoire.]]></content>
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    <title>Le très Honorable Jacques Parizeau... ce nobody</title>
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    <published>2013-02-14T16:00:54-05:00</published>
    <updated>2013-04-16T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[En écoutant la radio mardi dernier, j'ai réalisé que  Jacques Parizeau est  un nobody pour bien des gens. Un nobody dont l'opinion vaut autant que celle de n'importe qui. Est-ce simplement une extension du peu de reconnaissance sociale que l'on témoigne envers nos aînés? Il y a quand même quelque chose d'indécent là-dedans. 

On devrait collectivement accorder plus de mérite aux interventions de nos anciens premiers ministres (péquistes). D'abord parce qu'il est sain et souhaitable qu'ils participent toujours au débat public. Mais aussi parce qu'ils disposent d'une incroyable expérience politique et publique qui ne peut être que bénéfique.]]></summary>
    <author>
        <name>Marc-André Robert</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/"><![CDATA[Mardi, en syntonisant la radio, je tombe (le mot est de circonstance, vous verrez) sur une ligne ouverte portant sur la <a href="http://www.ledevoir.com/societe/education/370711/la-gratuite-est-realiste-dit-jacques-parizeau" target="_hplink">sortie publique de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau</a> au sujet de la r&eacute;aliste <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/02/12/sortie-jacques-parizeau-gratuite-des-ministres-banalisent_n_2670884.html?utm_hp_ref=politique" target="_hplink">gratuit&eacute; scolaire universitaire</a>. Actualit&eacute; oblige. &laquo;&Ecirc;tes-vous d'accord avec les propos de M. Parizeau?&raquo;, demande-t-on aux auditeurs. Tour &agrave; tour, courriels, appels et interventions partagent les ondes. On se dit en faveur de la gratuit&eacute;. On se dit contre. Les raisons sont nombreuses de part et d'autre. Je suis int&eacute;ress&eacute; par le sujet. Voil&agrave; que j'&eacute;ternue spontan&eacute;ment. <br />
<br />
En reprenant mes sens, comme si le monde venait tout juste de basculer, il me prend alors de percevoir la question au second degr&eacute;: &laquo;Accordez-vous de l'importance aux propos de M. Parizeau?&raquo;, ou encore &laquo;Trouvez-vous son intervention l&eacute;gitime et souhaitable?&raquo;. Les multiples commentaires des auditeurs prennent soudainement un tout autre sens. Je r&eacute;alise que pour bien des gens, Jacques Parizeau est un <em>nobody</em>. Pis, que bien des gens s'estiment plus ferr&eacute;s, sinon intelligents que lui sur un sujet tel que celui de la gratuit&eacute; scolaire universitaire. Un <em>nobody</em>. Dont l'opinion vaut autant que celle de n'importe qui.<br />
<br />
Pas qu'il l'ait toujours &eacute;t&eacute; un <em>nobody</em> (quoique pour certains, &ccedil;a ne semble pas clair). On dirait qu'il l'est devenu par la force du temps. Un vieux, et dans le sens tellement p&eacute;joratif du terme. Tellement qu'on l'a consacr&eacute;, il y a quelques ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;, premi&egrave;re &laquo;belle-m&egrave;re&raquo; du PQ. Notons que le terme n'est pas anodin. Dans l'imaginaire collectif qu&eacute;b&eacute;cois, la belle-m&egrave;re est niaise, grincheuse, redoutable, envahissante... d&eacute;test&eacute;e? &Agrave; tout le moins ridiculis&eacute;e.<br />
<br />
Puis je songe naturellement &agrave; Bernard Landry, &eacute;galement ancien premier ministre, qui y va &agrave; l'occasion de sorties publiques similaires sur des enjeux de soci&eacute;t&eacute; vari&eacute;s. R&eacute;cemment par exemple, il commentait la situation entourant l'<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/01/29/petrolia-bernard-landry-reaction_n_2577410.html" target="_hplink">exploitation du p&eacute;trole gasp&eacute;sien</a> par la compagnie P&eacute;trolia. Il fallait entendre, d&egrave;s le lendemain, le <a href="http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2013/02/01/001-roussy-landry-petrole.shtml" target="_hplink">maire de Gasp&eacute; Fran&ccedil;ois Roussy</a> s'en prendre &agrave; M. Landry, d&eacute;clarant que &laquo;l'ancien premier ministre aurait d&ucirc; mieux s'informer avant d'intervenir sur le sujet&raquo;. M. Landry, un autre vieux. Une autre belle-m&egrave;re. Qui critique toujours tout. Qui n'est plus dans la partie. Qui devrait se taire (pour plusieurs p&eacute;quistes). Que peut-il bien conna&icirc;tre sur le sujet? <br />
<br />
J'aurai pu citer Lucien Bouchard aussi. Les exemples seraient tout aussi pertinents. Mais il n'a pas d&eacute;fray&eacute; la manchette tr&egrave;s r&eacute;cemment.<br />
<br />
<strong>N.B. </strong>J'aurais bien aim&eacute; citer un exemple ancien premier-ministrable du c&ocirc;t&eacute; des Lib&eacute;raux (parmi les deux encore vivants: Daniel Johnson fils et <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/01/10/charest-avocat-mccarthy-tetrault_n_2448794.html" target="_hplink">Jean Charest</a>), or ceux-ci tendent myst&eacute;rieusement &agrave; dispara&icirc;tre prestement dans le priv&eacute; apr&egrave;s services rendus. Quoique Pierre Marc Johnson a, lui aussi, rejoint le groupe... <br />
<br />
<em>Le billet de Marc-Andr&eacute; Robert se poursuit apr&egrave;s la galerie</em><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--280436--HH><br />
<br />
Pourtant, et c'est ce qui &eacute;tonne le plus, ces deux hommes (Parizeau et Landry) en plus d'avoir occup&eacute; le plus haut poste public au Qu&eacute;bec, ils ont contribu&eacute; &agrave; b&acirc;tir l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois tel qu'on le conna&icirc;t aujourd'hui et depuis la R&eacute;volution tranquille. <br />
<br />
<strong>M. Parizeau:</strong> conseiller &eacute;conomique des gouvernements Lesage et Johnson (p&egrave;re), il a contribu&eacute; &agrave; la fondation de la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;rale de financement (SGF) et de la Caisse de d&eacute;p&ocirc;t et de placements (CDP), il a d'ailleurs si&eacute;g&eacute; aux conseils d'administration de ces organismes, ministre des Finances dans le cabinet L&eacute;vesque, et j'en passe. Et je ne parle pas de sa carri&egrave;re de professeur aux Hautes &eacute;tudes commerciales (HEC) de 1955 &agrave; 1976, puis 1985 &agrave; 1989, directeur de l'Institut d'&eacute;conomie appliqu&eacute;e des HEC de 1973 &agrave; 1976.<br />
<br />
<strong>M. Landry: </strong>conseiller au cabinet L&eacute;vesque, adjoint au directeur g&eacute;n&eacute;ral de la planification du minist&egrave;re des Richesses naturelles, coordonnateur qu&eacute;b&eacute;cois du Conseil canadien des ministres des Richesses naturelles, ministre des Relations internationales et ministre des Finances, puis vice-premier ministre. Lui aussi professeur, en sciences administratives &agrave; l'&Eacute;cole des sciences de la gestion de l'UQAM (1986 &agrave; 1994, et depuis 2006). Entre autres.<br />
<br />
On est loin des <em>nobody</em> d&eacute;cri&eacute;s par monsieur et madame tout le monde! Pourtant, l'exp&eacute;rience et les comp&eacute;tences n'y font rien tant le culte de la premi&egrave;re personne surpasse aujourd'hui le savoir et la sagesse de ceux que l'on ne reconnait plus qu'aux rides et cheveux blancs. Chez nos voisins &eacute;tatsuniens, la r&eacute;alit&eacute; est diam&eacute;tralement oppos&eacute;e. Chaque sortie publique de l'ancien pr&eacute;sident d&eacute;mocrate Bill Clinton (devrais-je plut&ocirc;t &eacute;crire pr&eacute;sident Clinton, puisqu'aux &Eacute;tats-Unis, un pr&eacute;sident le demeure jusqu'&agrave; sa mort) est critiqu&eacute;e oui, mais respect&eacute;e, consid&eacute;r&eacute;e, analys&eacute;e. Ind&eacute;pendamment des all&eacute;geances id&eacute;ologiques et partisanes, les Am&eacute;ricains reconnaissent l'intelligence et la sagesse de leurs (pr&eacute;c&eacute;dents) pr&eacute;sidents. M&ecirc;me s'ils baignent dans la m&ecirc;me trag&eacute;die t&eacute;l&eacute;-r&eacute;alitaire et r&eacute;seau-socialis&eacute;e du <em>me, myself and I</em> que nous. <br />
<br />
Est-ce simplement une extension du peu de reconnaissance sociale que l'on t&eacute;moigne envers nos a&icirc;n&eacute;s? Ceux que l'on est si preste &agrave; condamner &agrave; l'isolement des CHSLD. Que l'on va visiter seulement quand et si on trouve le temps. Ces malades qui nous co&ucirc;tent cher. D'ailleurs, pas besoin de regarder bien loin pour trouver des exemples de cette repr&eacute;sentation condescendante et trouble du rapport que l'on entretient avec nos a&icirc;n&eacute;s. Sur nos t&eacute;l&eacute;viseurs. Dans la s&eacute;rie <em>Unit&eacute; 9</em> cette ann&eacute;e, le grand-p&egrave;re est malade, d&eacute;sax&eacute;, abuseur par-dessus le march&eacute;. Dans <em>19-2</em>, le vieux p&egrave;re est alcoolique, born&eacute;, criminel. Tiens, pour compl&eacute;ter le trio radiocanadien, dans <em>Les Bougon</em> (2004-2006), P&eacute;p&egrave;re Bougon &eacute;tait paralys&eacute; en chaise roulante, pratiquement sourd, muet et aveugle. Tout un portrait de notre troisi&egrave;me &acirc;ge!<br />
<br />
Il y a quand m&ecirc;me quelque chose d'ind&eacute;cent l&agrave;-dedans. Il me semble qu'on devrait peut-&ecirc;tre, collectivement, accorder plus de m&eacute;rite aux interventions de nos anciens premiers ministres (p&eacute;quistes). D'abord parce qu'il est sain et souhaitable qu'ils participent toujours au d&eacute;bat public, mais aussi parce qu'ils disposent d'une incroyable exp&eacute;rience politique et publique qui ne peut &ecirc;tre que b&eacute;n&eacute;fique. Que l'on soit d'accord ou pas avec eux, pouvons-nous le reconna&icirc;tre au moins?<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--245138--HH>]]></content>
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    <title>Pour éviter la fascisation de la culture</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2631869</id>
    <published>2013-02-07T10:12:30-05:00</published>
    <updated>2013-04-09T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le chroniqueur Éric Duhaime commentait hier sur Facebook l'analyse du rapport coûts/recettes du cinéma québécois produit entre 2010 et 2012 publiée dans Le Journal de Québec. Cette étude révélait, entre autres, le coût total des subventions accordées aux productions, de l'ordre de 180 millions $, ainsi que les recettes aux guichets. En s'improvisant maître à penser dans le domaine comme lui seul sait le faire,  Duhaime clamait que la « soviétisation de notre culture se poursuit [et que nos] artistes se transforment, lentement mais surement, en fonctionnaires de la subvention. »]]></summary>
    <author>
        <name>Marc-André Robert</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/"><![CDATA[Le chroniqueur - ou devrais-je dire saut d'humeuriste? - &Eacute;ric Duhaime commentait hier sur Facebook l'analyse du rapport co&ucirc;ts/recettes du cin&eacute;ma qu&eacute;b&eacute;cois produit entre 2010 et 2012 publi&eacute;e dans Le <em>Journal de Qu&eacute;bec</em>. Cette &eacute;tude r&eacute;v&eacute;lait, entre autres, le co&ucirc;t total des subventions accord&eacute;es aux productions, de l'ordre de 180 millions $, ainsi que les recettes aux guichets, pour la m&ecirc;me p&eacute;riode, de l'ordre de 46 millions $. En s'improvisant ma&icirc;tre &agrave; penser dans le domaine comme lui seul sait le faire,  Duhaime clamait que la &laquo; sovi&eacute;tisation de notre culture se poursuit [et que nos] artistes se transforment, lentement mais surement, en fonctionnaires de la subvention. &raquo; Selon lui, nos &laquo; films plaisent de [plus] en [plus] &agrave; certains fonctionnaires et &agrave; certaines pseudo-&eacute;lites et de [moins] en [moins] au grand public. &raquo; Pour conclure encore plus intelligemment que &laquo; C'est comme cela qu'on appauvrit &eacute;conomiquement et culturellement le Qu&eacute;bec! &raquo; <br />
<br />
Son commentaire fait suite au bilan &laquo; catastrophe &raquo; des productions qu&eacute;b&eacute;coises au box-office de 2012, lequel a g&eacute;n&eacute;r&eacute; d&eacute;j&agrave; son lot de critiques. Il rejoint par ailleurs ceux de M. Guzzo, pr&eacute;sident des salles du m&ecirc;me nom, qui proposait, pour toute solution, moins de films &laquo; lamentards &raquo; et plus de com&eacute;dies estivales. Ou encore celui de la c&eacute;l&egrave;bre com&eacute;dienne et femme d'affaires Caroline N&eacute;ron pour qui le rem&egrave;de tiendrait purement et simplement dans la diminution de dialogues et dans l'ajout de plus de trames sonores... Je n'y avais pas pens&eacute;!<br />
<br />
Au-del&agrave; de l'anachronique maccarthysme qui semble l'affliger depuis quelques ann&eacute;es, Duhaime s'inscrit en continuit&eacute; avec la pens&eacute;e libertarienne de cette &eacute;trange frange de droite dont il se fait le porte-&eacute;tendard. Ces gens qui revendiquent &agrave; outrance la libert&eacute; individuelle supr&ecirc;me, la pleine domination de la loi du march&eacute; et de la concurrence, et la disparition de tout ce qui s'approche de pr&egrave;s ou de loin d'un appareil &eacute;tatique consid&eacute;r&eacute; comme l'engeance de tous les maux de notre soci&eacute;t&eacute;. On ne peut donc lui reprocher de tenir &agrave; ses id&eacute;es. Soit. Et loin de moi l'id&eacute;e de lui d&eacute;montrer qu'il se trompe.<br />
<br />
Il doit cependant r&eacute;aliser que les arts et la culture ne peuvent se mesurer exclusivement en termes &eacute;conomiques. Je dis bien &laquo; ne peuvent &raquo;, pas &laquo; ne doivent &raquo;. Car il est impossible de mesurer avec pr&eacute;cision les retomb&eacute;es directes, mais surtout indirectes du rayonnement artistique et culturel d'une soci&eacute;t&eacute;. Si, pour le cin&eacute;ma, on s'en tient exclusivement aux recettes des entr&eacute;es en salle pour justifier ou condamner les subventions, on s'engage dans les voies du sophisme. <br />
<br />
Chose certaine, depuis 2005, en d&eacute;pit 1) de la baisse annuelle progressive des entr&eacute;es en salle pour les films qu&eacute;b&eacute;cois, 2) de la diminution du nombre de productions, et 3) de la diminution des subventions, notre septi&egrave;me art est plus f&eacute;licit&eacute; &agrave; l'&eacute;tranger (festivals, prix) que jamais auparavant. Trois nominations en trois ans aux Oscars dans la cat&eacute;gorie du meilleur film en langue &eacute;trang&egrave;re (Incendies, Monsieur Lazhar, Rebelle). La derni&egrave;re nomination avant cela remonte &agrave; 2004 avec Les Invasions barbares de Denys Arcand et avant cela... en 1989 avec J&eacute;sus de Montr&eacute;al (encore de Denys Arcand). On fait donc plus avec moins. Mais est-ce pour autant la preuve que le cin&eacute;ma (et les arts) continuera de rayonner m&ecirc;me si on lui coupe toujours plus les vivres? Duhaime r&eacute;pondra tant mieux ou tant pis: loi du march&eacute; oblige! Je dirai pour ma part que je ne crois pas que ce soit la bonne question. La question est plut&ocirc;t triple. D'abord, notre septi&egrave;me art rayonne-t-il &agrave; l'&eacute;tranger? La r&eacute;ponse est oui. Ensuite, notre septi&egrave;me rayonne-t-il sur notre propre territoire? La r&eacute;ponse est non (ou pas assez). Mais en a-t-il les moyens? La r&eacute;ponse est aussi non. <br />
<br />
Car dans un milieu comme le cin&eacute;ma o&ugrave; la concurrence est &agrave; toute fin pratique &eacute;clips&eacute;e par le monopole du march&eacute; am&eacute;ricain qui dispose de moyens (de production, de distribution et publicitaires) astronomiques face &agrave; ceux, d&eacute;risoires, du Qu&eacute;bec, mais aussi du Canada, de la France et d'un peu partout en Occident, on peut se demander si le libre march&eacute; demeure souhaitable. Pays de la libert&eacute; individuelle par excellence, les &Eacute;tats-Unis ne disposent-ils pas d'une loi antitrust pour favoriser la concurrence? Les subventions f&eacute;d&eacute;rales et qu&eacute;b&eacute;coises au cin&eacute;ma (bien maigres ceci dit) sont l&agrave; justement pour prot&eacute;ger l'identit&eacute; et la culture nationales et &eacute;viter (ou limiter) les d&eacute;rives du march&eacute;... et la fascisation de la culture par les Am&eacute;ricains, pour reprendre un vocabulaire anachronique qui semble vous plaire, M. Duhaime. Un peu comme l'Exception culturelle d&eacute;velopp&eacute;e d'abord par le ministre fran&ccedil;ais de la Culture Andr&eacute; Malraux d&egrave;s 1959, devenu depuis les ann&eacute;es 1990 un concept en droit international visant la protection de la culture. Encore r&eacute;cemment, le premier ministre fran&ccedil;ais Jean-Marc Ayrault r&eacute;affirmait que la &laquo; culture n'est pas une marchandise comme les autres, la concurrence notamment avec nos amis d'outre-Atlantique ne se fait pas toujours &agrave; armes &eacute;gales et l'Europe doit savoir prot&eacute;ger ses cultures nationales dans leurs diversit&eacute;s, leurs richesses, leurs inventivit&eacute;s. &raquo; (<em>Le Devoir</em>, 14 janvier 2013)<br />
<br />
La question &agrave; se poser est plut&ocirc;t de savoir si, &agrave; armes &eacute;gales justement, le cin&eacute;ma qu&eacute;b&eacute;cois performerait aussi bien sinon mieux que son rival hollywoodien. Peut-&ecirc;tre. Peut-&ecirc;tre pas. Toujours est-il qu'on peut en revanche ais&eacute;ment mesurer l'effet b&eacute;n&eacute;fique des subventions sur la performance et le rayonnement ext&eacute;rieur de notre cin&eacute;ma national. Et un Qu&eacute;bec francophone - presque noy&eacute; dans une mer continentale anglophone - qui rayonne &agrave; l'&eacute;tranger, c'est tout &agrave; fait souhaitable. Que vous soyez ind&eacute;pendantiste ou pas. Simplement pour cette raison, M. Duhaime, il me semble que vous devriez cesser de critiquer les subventions aux arts et au cin&eacute;ma.]]></content>
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    <title>Jean Charest et l'usure du pouvoir</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1456330</id>
    <published>2012-04-27T10:40:32-04:00</published>
    <updated>2012-06-27T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Jean Charest occupe les fonctions de premier ministre depuis le 29 avril 2003. Dans quelques jours, cela fera 9 ans qu'il dirige le Québec et ses destinées. Trop long ou pas assez, c'est selon. Mais s'il remporte les prochaines élections, on pourra certainement parler dorénavant du règne Charest. L'histoire l'intronisera à ce club sélect de dirigeants politiques québécois accros du pouvoir qui ont, chacun et à leur façon, marqué le Québec des 100+ dernières années par des mandats (continus ou interrompus) plus que décennaux.]]></summary>
    <author>
        <name>Marc-André Robert</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/"><![CDATA[Jean Charest occupe les fonctions de premier ministre depuis le 29 avril 2003. Dans quelques jours, cela fera 9 ans qu'il dirige le Qu&eacute;bec et ses destin&eacute;es. Trop long ou pas assez, c'est selon. Mais s'il remporte les prochaines &eacute;lections, on pourra certainement parler dor&eacute;navant du r&egrave;gne Charest. L'histoire l'intronisera &agrave; ce club s&eacute;lect de dirigeants politiques qu&eacute;b&eacute;cois accros du pouvoir qui ont, chacun et &agrave; leur fa&ccedil;on, marqu&eacute; le Qu&eacute;bec des 100+ derni&egrave;res ann&eacute;es par des mandats (continus ou interrompus) plus que d&eacute;cennaux. Ils sont aujourd'hui quatre et demain peut-&ecirc;tre cinq. En plus de leur long&eacute;vit&eacute; politique, ils ont au moins deux autres points en commun: 1) ils ont ax&eacute; leurs programmes politiques sur le d&eacute;veloppement &eacute;conomique, et 2) l'usure du pouvoir et le scandale ont eu raison de leurs gouvernements. Est-ce dire que d&eacute;veloppement &eacute;conomique rime avec scandale?<br />
<br />
<h3>Lomer Gouin</h3><br />
<br />
Le premier d'entre eux, le lib&eacute;ral Lomer Gouin, a gouvern&eacute; la province de Qu&eacute;bec de 1905 &agrave; 1920, soit pour un total de quinze ans. Pour l'historien Richard Jones, sur le plan id&eacute;ologique, &laquo; Gouin se rallia au lib&eacute;ralisme classique voulant, par exemple, que l'&Eacute;tat se fie aux entrepreneurs priv&eacute;s pour favoriser le d&eacute;veloppement &eacute;conomique. &raquo; [<a href=" http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&amp;id_nbr=8163">Dictionnaire biographique du Canada en ligne</a>] &Agrave; ce chapitre, il investit beaucoup d'&eacute;nergie pour attirer des capitaux am&eacute;ricains dans la province. Parmi ses bons coups, notons qu'il a r&eacute;ussi &agrave; gagner une augmentation du subside f&eacute;d&eacute;ral aux provinces en 1906, de m&ecirc;me que l'annexion du district d'Ungava au territoire de la province en 1912, nomm&eacute; alors Nouveau-Qu&eacute;bec. Il fut &eacute;galement un grand d&eacute;fenseur du d&eacute;veloppement de l'&eacute;ducation. Il permit l'augmentation du salaire des instituteurs et cr&eacute;a deux &eacute;coles techniques &agrave; Montr&eacute;al et &agrave; Qu&eacute;bec. En 1909 enfin, il mit sur pied le Bureau des commissaires pour lutter contre la corruption municipale &agrave; Montr&eacute;al.<br />
<br />
En 1914, son gouvernement fut toutefois &eacute;clabouss&eacute; par une affaire de corruption: l'affaire Mousseau-B&eacute;rard-Bergevin, du nom des trois hommes politiques impliqu&eacute;s. Le d&eacute;put&eacute; Joseph-Octave Mousseau et les deux conseillers l&eacute;gislatifs Louis-Philippe B&eacute;rard et Achille Bergevin du parti Lib&eacute;ral, pi&eacute;g&eacute;s par le  Montreal Daily Mail, avaient accept&eacute; de faux pots-de-vin en &eacute;change de la promesse d'adoption d'un bill priv&eacute; favorable &agrave; une compagnie. Maniganc&eacute;e par le Montreal Daily Mail, l'affaire fut publi&eacute;e et, devant les protestations populaires, les hommes durent d&eacute;missionner. Certains soup&ccedil;onn&egrave;rent l'existence d'un v&eacute;ritable syst&egrave;me de pots-de-vin du genre au sein du gouvernement Gouin, mais la d&eacute;mission des trois hommes mit fin &agrave; l'histoire sans qu'une enqu&ecirc;te puisse &eacute;claircir davantage l'affaire.<br />
<br />
<h3>Louis-Alexandre Taschereau</h3><br />
<br />
Le deuxi&egrave;me, lib&eacute;ral lui aussi et successeur de Lomer Gouin, Louis-Alexandre Taschereau a occup&eacute; le poste de premier ministre de la province pendant pr&egrave;s de 16 ans, de 1920 1936. Avocat de formation et fils d'un juge de la Cour Supr&ecirc;me, Taschereau, dans la veine de Gouin, favorisa le d&eacute;veloppement industriel de la province ainsi que le d&eacute;veloppement de l'hydro&eacute;lectricit&eacute;. Il travailla activement &agrave; freiner l'&eacute;migration des Canadiens fran&ccedil;ais vers les &Eacute;tats-Unis. Il a &eacute;galement cr&eacute;&eacute; les deux &eacute;coles des Beaux-Arts de Montr&eacute;al et de Qu&eacute;bec. L'historien Bernard Vigod, qui a r&eacute;dig&eacute; une biographie de Taschereau parue en 1996, le d&eacute;crit ainsi: &laquo;B&ecirc;te noire des nationalistes qu&eacute;b&eacute;cois, il accueille favorablement l'afflux de capitaux am&eacute;ricains dans les ann&eacute;es 20 et demeure sourd aux demandes de r&eacute;formes socio-&eacute;conomiques de la population dans les ann&eacute;es 30. &raquo; [<a href=" http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/louisalexandre-taschereau">L'encyclop&eacute;die canadienne</a>] La crise &eacute;conomique de 1929 affaiblit grandement son gouvernement. Ce contexte pr&eacute;caire, coupl&eacute; &agrave; certaines r&eacute;formes qui ne plaisent pas &agrave; l'ensemble des membres de son parti, entra&icirc;ne la d&eacute;fection de l'aile gauche dite &laquo; radicale &raquo; qui, sous le leadership de Paul Gouin, fonde l'Action lib&eacute;rale nationale (qui deviendra plus tard l'Union nationale par la fusion avec le Parti conservateur en 1935).<br />
<br />
Tout comme Gouin, Taschereau est &eacute;clabouss&eacute; par le scandale politique. Contrairement &agrave; Gouin toutefois, il devra lui-m&ecirc;me d&eacute;missionner apr&egrave;s la r&eacute;v&eacute;lation d'une affaire de corruption devant le Comit&eacute; des comptes publics impliquant notamment son fr&egrave;re Antoine, qui s'&eacute;tait appropri&eacute; les int&eacute;r&ecirc;ts des fonds appartenant &agrave; l'Assembl&eacute;e l&eacute;gislative. Devant la pression populaire et politique de l'opposition officielle, Taschereau n'a d'autres choix que de jeter la serviette pour sauver l'honneur de son parti. Les &eacute;lections de 1936 ne lui donnent cependant pas raison. C'est l'Union nationale de Maurice Duplessis qui est alors port&eacute;e au pouvoir.<br />
<br />
<h3>Maurice Duplessis</h3><br />
<br />
Ce qui nous am&egrave;ne &agrave; notre troisi&egrave;me candidat s&eacute;lect, le champion du groupe, nul autre que Maurice Duplessis, dit le Chef, qui tiendra les r&ecirc;nes de la province pendant plus de 18 ans: de 1936 &agrave; 1939, puis de 1944 &agrave; 1959. L'une des figures politiques les plus controvers&eacute;es de notre histoire, Duplessis marque cette p&eacute;riode pr&eacute;c&eacute;dent la R&eacute;volution tranquille qui, dans la m&eacute;moire collective, demeure celle d'une &laquo; Grande noirceur &raquo;. Selon son biographe, Conrad Black, &laquo;Duplessis affirme l'autorit&eacute; du gouvernement du Qu&eacute;bec sur l'&Eacute;glise, se bat contre le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral et r&eacute;ussit &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer, du moins partiellement, la comp&eacute;tence concurrentielle de taxation directe apr&egrave;s la Deuxi&egrave;me Guerre mondiale &raquo; [<a href=" http://www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/maurice-le-noblet-duplessis">L'encyclop&eacute;die canadienne</a>]. Autoritaire, il est reconnu pour sa rigidit&eacute; &agrave; l'&eacute;gard des syndicats (gr&egrave;ve d'Asbestos) et des journalistes (Le Devoir), son anticommunisme d&eacute;mesur&eacute; (Loi du cadenas) et son m&eacute;pris envers les intellectuels, artistes et les sciences sociales. On ne lui reconnait toutefois pas que des mauvais coups. Sous son r&egrave;gne, il d&eacute;veloppe l'&eacute;lectrification rurale, le r&eacute;seau routier de la province, les h&ocirc;pitaux ainsi que les &eacute;coles techniques et professionnelles, de m&ecirc;me que certaines facult&eacute;s de sciences et de g&eacute;nie dans les universit&eacute;s. En 1945, il cr&eacute;e &eacute;galement Radio-Qu&eacute;bec pour concurrencer Radio-Canada. En 1948, son gouvernement adopte le fleurdelis&eacute; comme drapeau officiel de la province. Et en 1954, il instaure l'imp&ocirc;t provincial sur le revenu qui m&egrave;nera &agrave; une r&eacute;duction de l'imp&ocirc;t f&eacute;d&eacute;ral. <br />
<br />
En juin 1958, le journaliste au Devoir Pierre Laporte d&eacute;voile au grand jour le scandale de la Corporation du gaz naturel, qui implique alors directement l'Union nationale de Duplessis. Laporte d&eacute;couvre que six ministres du gouvernement et quatre conseillers l&eacute;gislatifs ont &laquo; sp&eacute;cul&eacute; et empoch&eacute; de substantiels profits lors de la vente du r&eacute;seau public de gaz naturel &agrave; l'entreprise priv&eacute;e &raquo; [Jean-Charles Panneton, Pierre Laporte, 2012, p. 136]. L'affaire donne &eacute;videmment des munitions &agrave; l'opposition officielle et aux d&eacute;tracteurs de Duplessis. Mais ce sera ultimement la mort du Chef, le 7 septembre 1959, qui sonnera la fin de son r&egrave;gne.<br />
<br />
<h3>Robert Bourassa</h3><br />
<br />
Le dernier, mais non le moindre, Robert Bourassa connait deux mandats comme premier ministre. D'abord entre 1970 et 1976, puis entre 1985 et 1994, pour un total de 14 ans de pouvoir. P&egrave;re de la Baie James, Bourassa favorise le d&eacute;veloppement des richesses hydro&eacute;lectriques du Qu&eacute;bec dans le Grand Nord et se fait le promoteur de l'Accord de libre-&eacute;change adopt&eacute; par le gouvernement Mulroney avec le Mexique et les &Eacute;tats-Unis. Parmi ses bons coups, notons l'assurance-maladie adopt&eacute;e en juillet 1970, la Charte qu&eacute;b&eacute;coise des droits et libert&eacute;s de la personne en 1975 et la premi&egrave;re loi reconnaissant le fran&ccedil;ais comme seule langue officielle du Qu&eacute;bec en 1974.<br />
<br />
C'est sous son premier gouvernement que son parti est aux prises avec des histoires de scandales et de corruption li&eacute;es &agrave; la construction des installations olympiques. Cela m&egrave;ne &agrave; son renversement par le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois de Ren&eacute; L&eacute;vesque en 1976. <br />
<br />
<h3>Et Jean Charest?</h3><br />
<br />
Ce bref survol biographique des quelques premiers ministres du Qu&eacute;bec ayant &eacute;t&eacute; en poste pendant plus de 10 ans d&eacute;montre une chose: l'usure du pouvoir semble mener in&eacute;vitablement vers les scandales. Et le gouvernement de Jean Charest ne fait malheureusement pas exception &agrave; la r&egrave;gle. Ax&eacute; sur l'&eacute;conomie, tout comme ses coll&egrave;gues s&eacute;lects, il semble plus en phases avec les compagnies et les int&eacute;r&ecirc;ts du priv&eacute; qu'avec la d&eacute;fense du bien commun et de l'int&eacute;r&ecirc;t collectif. Mais contrairement aux autres accros du pouvoir, que pouvons-nous r&eacute;ellement reconnaitre &agrave; son gouvernement au chapitre des grandes r&eacute;alisations? Difficile de r&eacute;pondre...<br />
<br />
Si ses manoeuvres politiques des deux derni&egrave;res ann&eacute;es auront permis d'&eacute;tioler l'impact politique de l'affaire de collusion et de corruption dans l'industrie de la construction, laquelle pourrait possiblement impliquer son propre gouvernement, il n'en demeure pas moins qu'une lourde odeur de scandale plane au-dessus de son parti. Et c'est sans compter les multiples manifestations populaires contre les politiques de son gouvernement: la pr&eacute;sente gr&egrave;ve &eacute;tudiante, la plus importante de l'histoire du Qu&eacute;bec contemporain; l'opposition &agrave; l'exploitation des gaz de schistes et au d&eacute;veloppement de centrales hydro&eacute;lectriques sur certaines rivi&egrave;res vierges; les nombreuses critiques adress&eacute;es au Plan Nord et &agrave; la dilapidation de nos richesses naturelles; et quoi d'autre?<br />
<br />
Chose certaine, quand &ccedil;a craque de partout, c'est signe que la fin approche. L'histoire nous l'a clairement appris.]]></content>
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    <title>Étudiants boursiers et grévistes</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1402520</id>
    <published>2012-04-04T12:42:42-04:00</published>
    <updated>2012-06-04T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Candidats à la maîtrise et au doctorat en fin de parcours, nous sommes en outre de ceux que la hausse n'affectera pas, ou si peu. Nous serons sortis de l'université bien avant 2017, année où elle atteindra 1 625$. Et pourtant, nous avons choisi de nous engager dans la grève étudiante actuelle, et ce pour trois raisons.]]></summary>
    <author>
        <name>Marc-André Robert</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/"><![CDATA[<p>Concernant le pr&eacute;sent d&eacute;bat sur la hausse des droits de scolarit&eacute;, je tiens &agrave; vous faire part du point de vue d'un groupe d'&eacute;tudiants universitaires (dont je fais partie) qui rejettent cette hausse, les &eacute;tudiants boursiers des grands organismes subventionnaires provinciaux et f&eacute;d&eacute;raux, point de vue exprim&eacute; par la lettre ouverte qui suit, pens&eacute;e et r&eacute;dig&eacute;e par Jules Racine Saint-Jacques, doctorant en histoire &agrave; l'Universit&eacute; Laval. La liste des signataires de cette lettre appara&icirc;t au bas de celle-ci.</p><br />
<blockquote><br />
<p>Cette lettre collective s'inscrit en faux contre une &eacute;ducation sup&eacute;rieure con&ccedil;ue comme un investissement personnel et contre le savoir repr&eacute;sent&eacute; comme une marchandise. Elle r&eacute;pond aux d&eacute;tracteurs du mouvement &eacute;tudiant qui ne voient dans les gr&eacute;vistes que de jeunes &eacute;go&iuml;stes refusant de contribuer au d&eacute;veloppement du syst&egrave;me universitaire en payant leur &laquo; juste part &raquo;.</p><br />
<p>Nous sommes de ces &eacute;tudiants &laquo; riches &raquo; parfaitement capables d'absorber la hausse. R&eacute;cipiendaires de bourses d'excellence des grands organismes subventionnaires provincial et f&eacute;d&eacute;ral, nous appartenons &agrave; la classe la mieux nantie de la population estudiantine. En effet, nos revenus exc&egrave;dent ceux de la plupart de nos coll&egrave;gues et m&ecirc;me, parfois, ceux du corps enseignant. Candidats &agrave; la ma&icirc;trise et au doctorat en fin de parcours, nous sommes en outre de ceux que la hausse n'affectera pas, ou si peu. Nous serons sortis de l'universit&eacute; bien avant 2017, ann&eacute;e o&ugrave; elle atteindra 1 625$.</p><br />
<p>Et pourtant, nous avons choisi de nous engager dans la gr&egrave;ve &eacute;tudiante actuelle, et ce pour trois raisons.</p><br />
<p>Nous nous battons afin de d&eacute;passer le r&ecirc;ve de nos anc&ecirc;tres, d'abord, qui ont collectivement pos&eacute; l'&eacute;ducation au fondement de la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise. Les Marie Lacoste, G&eacute;rin-Lajoie, Georges-Henri L&eacute;vesque, Arthur Tremblay, Jeanne Lapointe, Alphonse-Marie Parent, Jacques-Yvan Morin, Claude Ryan et autres devanciers qui avaient compris que le salut du peuple qu&eacute;b&eacute;cois passait n&eacute;cessairement par un acc&egrave;s plus ouvert au savoir. Rallumant leur flambeau, nous marchons aujourd'hui pour l'id&eacute;al d'une &eacute;ducation sup&eacute;rieure universellement accessible.</p><br />
<p>Nous nous battons pour nos contemporains, ensuite. Pour les plus pauvres d'entre nous qui ont d&eacute;j&agrave; trop souffert des insuffisances du syst&egrave;me de pr&ecirc;ts et bourses pour se r&eacute;jouir b&eacute;atement des 60 millions de dollars qu'on pr&eacute;voit y injecter. Pour ceux-l&agrave; qui, depuis 2008, sont quatre fois plus nombreux &agrave; solliciter l'aide de Moisson Montr&eacute;al et qui constituent aujourd'hui plus de 10% des b&eacute;n&eacute;ficiaires de cette banque alimentaire. Nous combattons aussi pour nos coll&egrave;gues de la classe moyenne, cette majorit&eacute; trop souvent silencieuse dont les parents ne sont ni assez riches pour payer leurs &eacute;tudes, ni assez pauvres pour permettre &agrave; leurs enfants de toucher l'aide financi&egrave;re de l'&Eacute;tat.</p><br />
<p>Nous nous battons, enfin, pour nos enfants. Afin qu'ils aient une chance &eacute;gale d'acc&eacute;der au savoir de leur choix. Non pas forc&eacute;ment celui qui leur garantira le retour le plus rapide sur leur investissement, mais celui qui fera d'eux de meilleurs citoyens. Non pas un savoir uniquement pratique et moul&eacute; sur le march&eacute; de l'emploi, mais un savoir &agrave; vocation plus utile, encore. Un savoir qui d&eacute;veloppera leur sens critique et fera d'eux non pas de simples agents &eacute;conomiques, sourds et aveugles aux injustices du monde, satisfaits de leur propre condition sociale, mais des hommes et des femmes plus complets, plus cultiv&eacute;s, plus instruits et mieux outill&eacute;s pour apporter une contribution originale &agrave; leur soci&eacute;t&eacute;. Et pour porter plus loin, &agrave; leur tour, les r&ecirc;ves de leurs anc&ecirc;tres.</p><br />
<p>Pour ces raisons, nous continuerons le combat aux c&ocirc;t&eacute;s de nos coll&egrave;gues d'&eacute;tude, nous dont les ceintures ne seront pas trop serr&eacute;es par la hausse. Voil&agrave; bien mati&egrave;re &agrave; faire r&eacute;fl&eacute;chir ceux qui veulent r&eacute;duire les revendications du mouvement &eacute;tudiant &agrave; un &eacute;troit corporatisme, &agrave; de simples consid&eacute;rations individualistes. Notre engagement ne traduit pas un refus &eacute;go&iuml;ste de payer notre &laquo; juste part &raquo;. Il exprime plut&ocirc;t une volont&eacute; ferme de voir l'&eacute;ducation sup&eacute;rieure accessible &agrave; tous.</p><br />
<p>Le savoir est un bien commun. Nous sommes en gr&egrave;ve pour qu'il le demeure.</p><br />
</blockquote><br />
<p>Ont sign&eacute; cette lettre:</p><br />
<ul><br />
<li>Jules Racine St-Jacques, doctorat en histoire, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Steeve B&eacute;langer, doctorat en sciences des religions, Universit&eacute; Laval, doctorat en religion et syst&egrave;me de pens&eacute;e, EPHE</li><br />
<li>Gesa Bierwerth, doctorat en ethnologie et patrimoine, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>J&eacute;r&ocirc;me Boivin, doctorat en histoire, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Pierre-Olivier Bouchard, ma&icirc;trise en litt&eacute;rature, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>S&eacute;bastien Cardinal, doctorat en chimie, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Catherine Charron, doctorat en histoire, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Anne-Sophie Fournier-Plamondon, doctorat en histoire, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>&Eacute;milie Guilbeault-Cayer, doctorat en histoire, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Marc Gauthier, doctorat interuniversitaire en histoire de l'art, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Patrick Gigu&egrave;re, ma&icirc;trise en composition musicale, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Julia Hains, doctorat en &eacute;tudes litt&eacute;raires, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Cassandre Lambert-Pellerin, ma&icirc;trise en ethnologie et patrimoine, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Marie-Audrey Lavoie, doctorat en psychologie, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Marie-H&eacute;l&egrave;ne Mainguy, doctorat en &eacute;tudes anciennes, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Patrick Michel-No&euml;l, doctorat en histoire, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Marie-&Egrave;ve Ouellet, doctorat en histoire, Universit&eacute; de Montr&eacute;al</li><br />
<li>&Eacute;milie-Jade Poliquin, doctorat en &eacute;tudes anciennes, Universit&eacute; Laval, Universit&eacute; Toulouse II - Le Mirail</li><br />
<li>Ga&euml;lle Rioual, doctorat en &eacute;tudes anciennes, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Marc-Andr&eacute; Robert, doctorat en histoire, Universit&eacute; Laval</li><br />
<li>Mathieu Rocheleau, doctorat en histoire, Universit&eacute; Laval</li><br />
</ul><br />
<p>Ont appuy&eacute; cette lettre:</p><br />
<ul><br />
<li>Nicolas D&eacute;planche, doctorat en histoire, Universit&eacute; de Californie &agrave; Irvine</li><br />
<li>Genevi&egrave;ve Dorais, doctorat en histoire, Universit&eacute; du Wisconsin &agrave; Madison</li><br />
</ul>]]></content>
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    <title>La culture prend la poussière</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/marc-andre-robert/les-frasques-de-la-memoir_b_1284599.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1284599</id>
    <published>2012-03-09T06:11:24-05:00</published>
    <updated>2012-05-09T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Au moment du démantèlement de l'Office du film du Québec, l'ensemble de ses collections cinématographiques et de ses archives ont été remises aux Archives nationales du Québec. Heureusement, dirait-on. Or depuis, elles dorment paisiblement, sinon pour se faire réveiller à l'occasion par des chercheurs (comme moi...).  À une époque qui carbure littéralement aux émissions et téléséries à caractère historique, on a là un trésor culturel inouï. ]]></summary>
    <author>
        <name>Marc-André Robert</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/"><![CDATA[Voil&agrave; bient&ocirc;t trois ans. &Ccedil;a se passait le 15 mars 2009 sur notre petit &eacute;cran, &agrave; l'antenne de Radio-Canada. Le ministre f&eacute;d&eacute;ral du Patrimoine James Moore, qui avait (surprenamment!) accept&eacute; l'invitation de l'&eacute;quipe de Tout le monde en parle (connaissant la hantise des conservateurs pour le culte talk-show du dimanche soir qu&eacute;b&eacute;cois...), cr&eacute;ait un v&eacute;ritable malaise national en r&eacute;v&eacute;lant, dans un &eacute;lan de g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; un peu trop candide, sa totale ignorance vis-&agrave;-vis la chose culturelle &laquo; d'ici et de l&agrave; &raquo;, pour reprendre le titre du questionnaire de l'animateur Guy A. Lepage. Incapable d'identifier, entre autres, le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Lalibert&eacute;, le chanteur et po&egrave;te F&eacute;lix Leclerc, le metteur en sc&egrave;ne et cr&eacute;ateur Robert Lepage, pas plus que le cin&eacute;aste canadien Atom Egoyan. <br />
<br />
Je le disais, un malaise national. Pourquoi &eacute;voquer, ici, ce moment politico-culturel honteux? D'abord parce que la m&eacute;moire est une facult&eacute; qui oublie, au contraire de l'histoire. Mais surtout pour d&eacute;montrer, d'entr&eacute;e de jeu, une triste r&eacute;alit&eacute;. Celle de la subordination du culturel &agrave; l'&eacute;conomie, pour ne pas dire &agrave; l'ensemble des autres grands secteurs de la vie en soci&eacute;t&eacute;. Rassurons-nous, cette r&eacute;alit&eacute; ne touche pas que le <em>ROC</em> (Rest of Canada).<br />
<br />
Prenons le cas du Qu&eacute;bec. Peu de gens savent que notre ch&egrave;re province a d&eacute;j&agrave; dispos&eacute; d'un Office du film. &laquo; Oui, oui! L'Office national du film, on conna&icirc;t &ccedil;a! &raquo; Eh, non. Je ne parle pas de l'ONF, mais bien de l'Office du film du Qu&eacute;bec. L'OFQ. Un Office national du film qu&eacute;b&eacute;cois qui a exist&eacute; entre les ann&eacute;es 1940 et 1970. Fond&eacute; en 1941, tr&egrave;s exactement, par le premier ministre lib&eacute;ral Ad&eacute;lard Godbout (qui le nomme Service de Cin&eacute;-photographie). Deux ans apr&egrave;s la cr&eacute;ation de l'ONF. D&eacute;mantel&eacute; en 1975 par la Loi sur le cin&eacute;ma. Pas mal certain que nos politiciens auraient un mal fou &agrave; s'en souvenir, si &ccedil;a peut consoler notre pauvre ministre Moore. <br />
<br />
Bon, l'OFQ n'a jamais eu les moyens ni le rayonnement de son grand cousin. Il a toutefois produit  une tr&egrave;s grande quantit&eacute; de courts films documentaires touristiques, &eacute;ducatifs, scientifiques et d'actualit&eacute;. Des films d'une dur&eacute;e moyenne de quinze minutes. Ces films &eacute;taient diffus&eacute;s un peu partout en province dans les salles paroissiales, les &eacute;coles,  les cercles et associations agricoles et professionnelles, et j'en passe. On les diffusait &eacute;galement &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision (Radio-Canada et Radio-Qu&eacute;bec principalement) ainsi qu'&agrave; l'&eacute;tranger, dans les ambassades et les consulats. En France, aux &Eacute;tats-Unis, en Am&eacute;rique latine m&ecirc;me! Plus &eacute;tonnant encore, plusieurs de nos grands cin&eacute;astes qu&eacute;b&eacute;cois (que l'on conna&icirc;t tous &eacute;videmment, sauf pour notre pauvre ministre Moore...), y sont pass&eacute;s &agrave; un moment ou un autre dans leur carri&egrave;re. Jean-Claude Labrecque, Denys Arcand, Gilles Groulx, Gilles Carle, Claude Fournier, Arthur Lamothe, etc. Parmi les films produits par l'OFQ, et pour d&eacute;montrer toute leur richesse, notons la couverture de la visite du g&eacute;n&eacute;ral Charles de Gaulle au Qu&eacute;bec dans le cadre de l'inauguration d'Expo 67, immortalis&eacute;e dans deux courts m&eacute;trages, l'un de Jean-Claude Labrecque, <em>La visite du g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle au Qu&eacute;bec</em>, et l'autre de Claude Fournier,<em> Du g&eacute;n&eacute;ral au particulier</em>. &Agrave; voir absolument.  <br />
<br />
Au moment du d&eacute;mant&egrave;lement de l'Office du film du Qu&eacute;bec, l'ensemble de ses collections cin&eacute;matographiques et de ses archives ont &eacute;t&eacute; remises aux Archives nationales du Qu&eacute;bec. Heureusement, dirait-on. Or depuis, elles dorment paisiblement, sinon pour se faire r&eacute;veiller &agrave; l'occasion par des chercheurs (comme moi...).  &Agrave; une &eacute;poque qui carbure litt&eacute;ralement aux &eacute;missions et t&eacute;l&eacute;s&eacute;ries &agrave; caract&egrave;re historique, on a l&agrave; un tr&eacute;sor culturel inou&iuml;. Et sur cet aspect pr&eacute;cis, le gouvernement du Qu&eacute;bec pourrait certainement s'inspirer des initiatives d'institutions canadiennes telles que Radio-Canada et l'ONF, qui, depuis quelques ann&eacute;es, multiplient les occasions de mises en valeur et de diffusion de leurs archives cin&eacute;matographiques.<br />
<br />
Et m&ecirc;me si une telle entreprise ne vient pas sans des investissements importants, il y a l&agrave; un potentiel &eacute;conomique certainement envisageable, que ce soit par la production d'&eacute;missions ou de t&eacute;l&eacute;s&eacute;ries s'appuyant sur ces archives, ou encore par la vente d'archives &agrave; la pi&egrave;ce comme le fait l'ONF. &Agrave; partir de la section &laquo; Images &raquo; de son site Web (http://images.onf.ca/images/pages/fr/), l'organisme canadien permet au public et aux entreprises l'achat de plans d'archives que l'on choisit parmi son impressionnante collection. Un bel exemple de rayonnement de notre culture cin&eacute;matographique.<br />
<br />
D'ici l&agrave;, il est &agrave; esp&eacute;rer que nos politiciens liront ce billet et pourrons, dans un avenir prochain, se souvenir de l'OFQ. Car si l'histoire n'oublie pas, contrairement &agrave; la m&eacute;moire, elle en d&eacute;pend irr&eacute;m&eacute;diablement.  <br />
]]></content>
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    <title>S'inspirer de l'histoire pour s'affirmer (enfin!) et clore le débat</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/marc-andre-robert/frais-scolarite-histoire_b_1291849.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1291849</id>
    <published>2012-02-23T14:15:51-05:00</published>
    <updated>2012-04-24T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[On l'entend souvent celle-là. Que la hausse proposée est "raisonnable", "juste". Pour faire passer la pilule, pour relativiser. Oh, parce qu'on relativise beaucoup dans ce dossier. Toujours par rapport aux autres universités canadiennes, à la moyenne canadienne. Le Québec est bon premier au Canada au chapitre de l'accès aux études universitaires, mais il faut travailler à réduire cette avance. C'est la survie du système scolaire qui en dépend!  ]]></summary>
    <author>
        <name>Marc-André Robert</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/"><![CDATA[La guerre est lanc&eacute;e. D'un c&ocirc;t&eacute;, une certaine &eacute;lite politico-&eacute;conomique (de droite), brillamment repr&eacute;sent&eacute;e par le gouvernement Charest, qui entend r&eacute;gler l'urgence du (soi-disant) sous-financement de nos universit&eacute;s par une hausse des droits de scolarit&eacute; des &eacute;tudiants. De l'autre, eh bien, les &eacute;tudiants principalement, mais aussi les professeurs et plusieurs groupes et associations, qui crient au scandale d'une telle mesure. Bon combat en perspective, m&ecirc;me si on pourrait dire que les d&eacute;s sont pip&eacute;s d'avance. La ministre Beauchamp mart&egrave;le que la hausse a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; vot&eacute;e dans le dernier budget, que la population comprend et endosse, que c'est "raisonnable" apr&egrave;s tout, que les vilains &eacute;tudiants n'ont pas &agrave; se plaindre, qu'ils doivent faire leur juste part dans ce dossier, que le pauvre contribuable est tann&eacute; de tout payer, que c'est "raisonnable" apr&egrave;s tout... L'ai-je d&eacute;j&agrave; dit?<br />
<br />
On l'entend souvent celle-l&agrave;. Que la hausse propos&eacute;e est "raisonnable", "juste". Pour faire passer la pilule, pour relativiser. Oh, parce qu'on relativise beaucoup dans ce dossier. Toujours par rapport aux autres universit&eacute;s canadiennes, &agrave; la moyenne canadienne. Le Qu&eacute;bec est bon premier au Canada au chapitre de l'acc&egrave;s aux &eacute;tudes universitaires, mais il faut travailler &agrave; r&eacute;duire cette avance. C'est la survie du syst&egrave;me scolaire qui en d&eacute;pend!  <br />
<br />
Justement, la chercheure Magaly Brodeur, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/magaly-brodeur/greve-etudiante-hausse-scolarite_b_1287367.html" target="_hplink">dans son plus r&eacute;cent billet au Huffington Post Qu&eacute;bec</a>, d&eacute;fend la position d'une hausse des frais (on devrait dire "droits" pour &ecirc;tre juste, mais elle a raison de se tromper) de scolarit&eacute; pour trois raisons: 1) parce qu'ils sont "raisonnables", 2) parce qu'elle se porte &agrave; la d&eacute;fense des pauvres g&eacute;n&eacute;rations futures mises en p&eacute;ril par le syst&egrave;me actuel, et 3) parce que l'&Eacute;tat n'a pas les moyens de financer ad&eacute;quatement le r&eacute;seau. Pardonnez-moi l'expression, mais c'est de la foutaise! <br />
<br />
Dans leur plus r&eacute;cent essai Universit&eacute; Inc. (Lux, 2011), les chercheurs &Eacute;ric Martin et Maxime Ouellet commentent et d&eacute;construisent huit mythes associ&eacute;s &agrave; la justification d'une hausse des droits de scolarit&eacute; universitaires, dont certains soulev&eacute;s par Brodeur. Il n'y aurait pas de sous-financement des universit&eacute;s, mais un malfinancement, selon les chercheurs. En &eacute;non&ccedil;ant la diff&eacute;rence entre les multiples fonds dont disposent nos institutions, ils montrent qu'actuellement, l'argent va davantage du c&ocirc;t&eacute; de la recherche et du marketing (la commercialisation et la bureaucratisation des universit&eacute;s) et moins du c&ocirc;t&eacute; de l'enseignement, dont la qualit&eacute; souffre et continuera de souffrir si rien n'est fait (augmentation croissante des charg&eacute;s de cours). Or, selon Martin et Ouellet, plut&ocirc;t que de hausser les droits de scolarit&eacute; des &eacute;tudiants pour accroitre la qualit&eacute; de l'enseignement, il ne suffirait que de r&eacute;orienter moins de 300 millions du 1.3 milliards de dollars du fonds de recherche des universit&eacute;s vers le fonds de fonctionnement (salaire, entretien, etc.) pour r&eacute;gler une grosse partie du probl&egrave;me. <br />
<br />
Il s'agit donc essentiellement d'un probl&egrave;me de nature gestionnaire. Nos universit&eacute;s ont les moyens de r&eacute;gler ce "sous-financement", qui n'en est pas un. C'est qu'elles ne se les donnent pas. On veut comp&eacute;titionner sur la sc&egrave;ne internationale avec des universit&eacute;s priv&eacute;es de renom, tel Harvard, alors on investit davantage dans la recherche et dans le recrutement de chercheurs. Au diable l'enseignement! Or, on pourrait d&eacute;cider, en tant que soci&eacute;t&eacute;, de valoriser l'&eacute;ducation et de se d&eacute;faire du march&eacute; de la commercialisation des &eacute;tudes. Revenir aux sources de la pens&eacute;e derri&egrave;re la modernisation de notre syst&egrave;me scolaire, telle qu'&eacute;nonc&eacute;e par le gouvernement lib&eacute;ral de Jean Lesage dans les ann&eacute;es 1960.<br />
<br />
<h4>"Qui s'instruit s'enrichit"</h4><br />
<br />
Le 21 avril 1961, le gouvernement Lesage met sur pied la Commission royale d'enqu&ecirc;te sur l'enseignement dans la province de Qu&eacute;bec, mieux connue sous le nom de Commission Parent, du nom de son pr&eacute;sident, Mgr Alphonse-Marie Parent, afin d'&eacute;tudier l'organisation et le financement de l'enseignement dans la province. La Commission si&egrave;ge de 1961 &agrave; 1966. Dans son rapport (en 5 volumes), les commissaires font une s&eacute;rie de recommandations dont "le postulat de base [...] est le droit &agrave; l'&eacute;ducation: assurer l'accessibilit&eacute; &agrave; l'enseignement secondaire ouvrira aux jeunes les portes de l'universit&eacute;." (<a href="http://www.revolutiontranquille.gouv.qc.ca/index.php?id=104&amp;tx_ttnews[tt_news]=136&amp;cHash=3cc5bcd6294853d185d0840cc4b14faf" target="_hplink">Portail R&eacute;volution tranquille</a>) De m&ecirc;me, ils encouragent "d'accorder aux universit&eacute;s des fonds suffisants pour leur permettre de soutenir et promouvoir l'&eacute;volution des connaissances dans tous les domaines." Ce qui signifie &agrave; la fois la recherche et l'enseignement. <br />
<br />
&Agrave; partir des recommandations du rapport, on cr&eacute;e, entre autres, le minist&egrave;re et le conseil sup&eacute;rieur de l'&eacute;ducation (1964), les c&eacute;geps (1967), l'Universit&eacute; du Qu&eacute;bec (1968). Tout ceci pour d&eacute;mocratiser le syst&egrave;me. Et pour compenser le retard du Qu&eacute;bec en mati&egrave;re d'&eacute;ducation par rapport aux autres provinces canadiennes, on fait le choix de tenir les frais (on parlait alors de frais, sans avoir peur des mots) de scolarit&eacute; universitaires au plus bas.<br />
<br />
Dans toute cette mouvance politique sans pr&eacute;c&eacute;dent visant &agrave; moderniser le syst&egrave;me d'&eacute;ducation qu&eacute;b&eacute;cois, on clame haut et fort: "Qui s'instruit s'enrichit". On retrouvait m&ecirc;me ce slogan tr&egrave;s populaire le long des routes sur des panneaux-r&eacute;clames. L'&eacute;ducation &eacute;tait alors une fiert&eacute;. La fiert&eacute; d'un peuple. L'ancien premier ministre Bernard Landry signait, en 2010, un tr&egrave;s bon <a href="http://www.vigile.net/Qui-s-instruit-s-enrichit" target="_hplink">texte sur le sujet</a> sur le site Vigile.net.<br />
<br />
Pourquoi ne pas s'inspirer de cette pens&eacute;e et rendre pleinement accessible l'&eacute;ducation universitaire par la gratuit&eacute;? S'inspirer de l'Histoire. Au fond, il s'agit d'un choix de soci&eacute;t&eacute;, comme ce fut le cas pour la g&eacute;n&eacute;ration tranquille d'avant nous. Accepter que l'on puisse &ecirc;tre diff&eacute;rent dans notre fa&ccedil;on d'aborder notre vision de l'&eacute;ducation. Au-del&agrave; et par-del&agrave; la comp&eacute;tition commerciale universitaire. <br />
<br />
Le d&eacute;bat n'est pas lanc&eacute;, lui, parce qu'il l'est d&eacute;j&agrave; depuis (trop) longtemps...]]></content>
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    <title>Une corporation des historiens du Québec, au plus vite!</title>
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    <published>2012-02-17T11:08:17-05:00</published>
    <updated>2012-04-18T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[La récente polémique entourant la publication d'une biographie officielle (et commandée!) du premier ministre libéral Robert Bourassa par le romancier (j'insiste!) Georges-Hébert Germain et la réédition d'un essai biographique à saveur pamphlétaire du même homme politique par le politologue et journaliste Jean-François Lisée, au-delà des écueils éditoriaux insignifiants, pose une série de questions fondamentales justement quant au rôle, au savoir et à la place de l'historien dans notre société.]]></summary>
    <author>
        <name>Marc-André Robert</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/marc-andre-robert/"><![CDATA[Je suis historien. C'est vrai, je visite des mus&eacute;es d'histoire &agrave; l'occasion. J'&eacute;coute la cha&icirc;ne <em>Historia</em> parfois. Je m'int&eacute;resse aussi &agrave; mes anc&ecirc;tres. Je lis Philip Kerr et Ken Follett. Du c&ocirc;t&eacute; de la t&eacute;l&eacute;, j'ai ador&eacute; les s&eacute;ries <em>Rome</em>, <em>Mad Men</em>, le documentaire <em>Apocalypse: la Deuxi&egrave;me Guerre mondiale</em>. Ici, <em>Mus&eacute;e Eden</em> et <em>Les Rescap&eacute;s</em> aussi. Oh, et je connais quelques dates par coeur. 1534: la d&eacute;couverte du futur Canada par Jacques Cartier. 1837-1838: les r&eacute;bellions des Patriotes dans le Bas et le Haut-Canada. 1867: naissance de la Conf&eacute;d&eacute;ration canadienne. Bon, et j'en connais bien d'autres. Mais ce n'est pas ce qui fait de moi un historien.<br />
<br />
Non, non. Il y a plus. Je me dis historien <em>d'abord</em> puisque c'est la discipline que j'ai choisie comme domaine d'&eacute;tudes depuis bient&ocirc;t sept ans. J'ai d'abord compl&eacute;t&eacute; un baccalaur&eacute;at, puis une ma&icirc;trise. Et voil&agrave; que je vise d&eacute;sormais le doctorat. &Ccedil;a en fait des ann&eacute;es d'&eacute;tudes pour apprendre &agrave; &eacute;crire l'Histoire (avec un grand ou un petit &laquo; h &raquo;, c'est selon). Pour apprendre un m&eacute;tier. Celui d'historien.<br />
<br />
<a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/342813/combat-extreme-lisee-germain" target="_hplink">La r&eacute;cente pol&eacute;mique</a> entourant la publication d'une biographie officielle (et command&eacute;e!) du premier ministre lib&eacute;ral Robert Bourassa par le romancier (j'insiste!) Georges-H&eacute;bert Germain et la r&eacute;&eacute;dition d'un essai biographique &agrave; saveur pamphl&eacute;taire du m&ecirc;me homme politique par le politologue et journaliste Jean-Fran&ccedil;ois Lis&eacute;e, au-del&agrave; des &eacute;cueils &eacute;ditoriaux insignifiants, pose une s&eacute;rie de questions fondamentales justement quant au r&ocirc;le, au savoir et &agrave; la place de l'historien dans notre soci&eacute;t&eacute;.<br />
<br />
Rappelons un ou deux faits. Il y a pr&egrave;s de deux ans, M. Germain est contact&eacute; par la &laquo; Fiducie de comm&eacute;moration de la m&eacute;moire de Robert Bourassa &raquo; pour r&eacute;diger une biographie officielle du feu premier ministre. Grand amateur d'Histoire qu'il est, il s'empresse d'accepter la commande. Il entamera alors des recherches et m&egrave;nera une s&eacute;rie d'entrevues avec des proches de M. Bourassa pour &laquo; bien &raquo; documenter son ouvrage. Or, M. Germain, malgr&eacute; toute la bonne volont&eacute; qui l'anime, malgr&eacute; son int&eacute;r&ecirc;t soutenu pour l'Histoire, mais surtout pour l'hagiographie (il tient la chronique &laquo;Pour savoir &agrave; quels saints se vouer &raquo; &agrave; l'&eacute;mission radiophonique<em> La t&ecirc;te ailleurs</em> sur les ondes de la Premi&egrave;re cha&icirc;ne de Radio-Canada), d&eacute;tient une licence en g&eacute;ographie et un baccalaur&eacute;at en arts.<br />
<br />
Autrement dit, il n'a jamais &eacute;tudi&eacute; en histoire. Il n'a jamais &eacute;tudi&eacute; sa m&eacute;thode qui en fait une science &agrave; part enti&egrave;re dans le domaine des humanit&eacute;s. Du coup, il y va &agrave; t&acirc;tons, avec passion.<br />
<br />
Pour un romancier qui oeuvre en litt&eacute;rature, et donc en fiction, ce n'est certes pas obligatoire de d&eacute;tenir une formation d'historien, sinon pour la culture personnelle et citoyenne que de telles &eacute;tudes procurent. Toutefois, lorsque le romancier se fait appeler &agrave; devenir biographe, et surtout de personnalit&eacute;s politiques, un devoir de retenu devrait l'en dissuader. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on qu'un plombier ne s'improvise pas &eacute;lectricien. Le travail n'est pas le m&ecirc;me. &Eacute;videmment, tant le romancier, le journaliste, le blogueur que l'historien &eacute;crivent des textes. Mais la comparaison s'arr&ecirc;te l&agrave;. Car jouer indument dans les platebandes des autres est g&eacute;n&eacute;ralement un grand g&eacute;n&eacute;rateur d'inepties.<br />
<br />
C'est le cas pour l'ouvrage de M. Germain, truff&eacute; de petites erreurs historiques (brillamment relev&eacute;es par le journaliste du <em>Devoir </em>Antoine Robitaille dans<a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/342813/combat-extreme-lisee-germain" target="_hplink"> son r&eacute;cent article publi&eacute; le 16 f&eacute;vrier dernier</a>). Pis encore, l'auteur s'en d&eacute;fend! &laquo; Ce sont des choses qui nous ont &eacute;chapp&eacute;, &raquo; confie-t-il tout naturellement au <em>Devoir</em>. &laquo; Des erreurs factuelles, c'est s&ucirc;r, il y en a plein&raquo;, rench&eacute;rit-il. Pardon? &laquo; Mais moi, ce que j'ai voulu faire, c'est aller vers Robert Bourassa; tenter de voir qui &eacute;tait cet homme-l&agrave; dans la vie de tous les jours et de quelles valeurs morales il &eacute;tait habit&eacute;.&raquo; Oh, donc vous &eacute;tiez de bonne foi... Mais en quoi &ecirc;tre de bonne foi excuse-t-il de r&eacute;diger un ouvrage historique bourr&eacute; de faits non v&eacute;rifi&eacute;s? <br />
<br />
C'est grave. D'autant plus que les gens qui liront cette biographie prendront ces faits erron&eacute;s pour v&eacute;rit&eacute;. Bonsoir la rigueur de notre histoire! &Agrave; tout le moins, &ccedil;a donne de bonnes munitions aux tenants d'une r&eacute;forme en profondeur du programme d'enseignement de l'histoire aux niveaux du secondaire et du coll&eacute;gial. <br />
<br />
L'ouvrage de M. Germain, par son manque flagrant de m&eacute;thode et de rigueur, entache directement et indirectement l'image du v&eacute;ritable historien, celui-l&agrave; m&ecirc;me form&eacute; &agrave; l'universit&eacute;. Voil&agrave; pourquoi il nous incombe, en tant que soci&eacute;t&eacute;, de valoriser le r&ocirc;le, le savoir et la place de l'historien. Du vrai. Et &ccedil;a passe, &agrave; mon humble avis, par la cr&eacute;ation d'une corporation des historiens, qui r&egrave;glementerait ne serait-ce que l'usage du titre. Et qui conf&egrave;rerait aussi une reconnaissance l&eacute;gale et morale du travail et de la formation de l'historien. <br />
<br />
L'urgence est l&agrave;. Mais sans une volont&eacute; politique et culturelle forte, on continuera de massacrer notre histoire &agrave; coup de petites erreurs gliss&eacute;es ici et l&agrave;.<br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/504056/thumbs/s-ROBERT-BOURASSA-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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