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  <title>Ludovic Soucisse</title>
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  <updated>2013-05-22T02:32:32-04:00</updated>
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    <name>Ludovic Soucisse</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Ludovic Soucisse</subtitle>
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    <title>Pourquoi le vote stratégique c'est la démocratie!</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1840472</id>
    <published>2012-08-29T14:08:43-04:00</published>
    <updated>2012-10-29T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Certains indépendantistes de gauche s'insurgent depuis le début de la campagne électorale contre l'éventualité même de considérer la possibilité d'entendre un péquiste soulever la question du votre stratégique. En fait, il semble qu'il soit devenu profondément anti-démocratique de proposer aux gens de faire quelque réflexion que ce soit sur la question du vote utile.]]></summary>
    <author>
        <name>Ludovic Soucisse</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/ludovic-soucisse/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/ludovic-soucisse/"><![CDATA[Certains ind&eacute;pendantistes de gauche s'insurgent depuis le d&eacute;but de la campagne &eacute;lectorale contre l'&eacute;ventualit&eacute; m&ecirc;me de consid&eacute;rer la possibilit&eacute; d'entendre un p&eacute;quiste soulever la question du votre strat&eacute;gique. En fait, il semble qu'il soit devenu profond&eacute;ment anti-d&eacute;mocratique de proposer aux gens de faire quelque r&eacute;flexion que ce soit sur la question du vote utile.   <br />
<br />
Le vote est toutefois une action qui doit s'ancrer dans un syst&egrave;me d'institutions politiques et d&eacute;mocratiques donn&eacute;. Cela signifie qu'on ne peut totalement exclure de notre choix des consid&eacute;rations ext&eacute;rieures qui d&eacute;terminent le fonctionnement de la d&eacute;mocratie de notre soci&eacute;t&eacute;.   <br />
Dans un syst&egrave;me de tradition britannique comprenant un mode de scrutin &laquo; uninominal &agrave; un tour &raquo; comme celui dans lequel nous composons, nous avons souvent raison d'&ecirc;tre d&eacute;&ccedil;us du manque de repr&eacute;sentativit&eacute; que le syst&egrave;me offre &agrave; ses citoyens.  Il est math&eacute;matiquement possible (et probable) d'&eacute;lire un gouvernement minoritaire quand pr&egrave;s de 65% des gens ont vot&eacute; pour d'autres partis. Il est aussi possible d'&eacute;lire un candidat lorsque pr&egrave;s de 70% des &eacute;lecteurs se prononcent contre ce dernier le jour du scrutin (comme ce sera tr&egrave;s probablement le cas dans les comt&eacute;s de Nicolet-B&eacute;cancour ou de Jean-Lesage).  Toutefois, dans un tel cas, on peut au moins se r&eacute;jouir que tous les candidats aient des chances similaires de se faire &eacute;lire, ce qui vient confirmer l'adage voulant que chaque vote compte v&eacute;ritablement. <br />
<br />
Dans la pr&eacute;sente &eacute;lection, il existe un tr&egrave;s grand nombre de circonscriptions o&ugrave; les partisans de la gauche, ne sachant plus comment s'entendre entre eux, se font une lutte si f&eacute;roce que leurs efforts serviront tr&egrave;s probablement &agrave; donner la victoire &agrave; des lib&eacute;raux ou encore caquistes. Il ne s'agit pas ici de critiquer la (tr&egrave;s int&eacute;ressante) lutte entre Nicolas Girard du PQ et  de Fran&ccedil;oise David de QS dans Gouin. Dans les deux cas, un d&eacute;put&eacute; progressiste et ind&eacute;pendantiste sera &eacute;lu. Le malheur de cette lutte r&eacute;side dans le fait qu'un de ces deux candidats n'aura pas de voix au Parlement &agrave; la prochaine l&eacute;gislature. Il ne s'agit pas non plus de Rosemont ou de Hochelaga-Maisonneuve o&ugrave; Qu&eacute;bec solidaire, bien que plus fort qu'avant, ne divisera pas le vote au point de faire &eacute;lire un caquiste ou un lib&eacute;ral. <br />
<br />
C'est toutefois des luttes comme celles auxquelles on assiste dans les circonscriptions de Laurier-Dorion, de Sainte-Marie-Saint-Jacques, de Jean-Lesage, de Jean-Talon, de Hull et d'Outremont qui me font douter de l'interpr&eacute;tation que certains font du compromis en d&eacute;mocratie. <br />
<br />
Tout en &eacute;tant bien &eacute;videmment un syst&egrave;me politique dans lequel les citoyens, sans &eacute;gard &agrave; leur statut social, peuvent s'exprimer par le biais d'un vote aux &eacute;lections l&eacute;gislatives pour &eacute;lire des repr&eacute;sentants qui seront l&eacute;gislateurs et contr&ocirc;leurs de l'action gouvernementale au Parlement, la d&eacute;mocratie c'est aussi autre chose.  Dans un contexte comme celui dans lequel nous vivons, c'est la possibilit&eacute; et m&ecirc;me l'obligation de prioriser les enjeux sur lesquels notre vote portera. C'est d'utiliser le plus de rationalit&eacute; possible pour tenter au mieux que possible d'identifier l'adversaire principal.  C'est de penser que des victoires, &ccedil;a se gagne par la force du compromis. C'est aussi comprendre que la d&eacute;mocratie, c'est de r&ecirc;ver &agrave; des r&eacute;formes, mais c'est aussi &ecirc;tre souple sur les moyens pour y arriver, pour paraphraser Fran&ccedil;ois Legault. <br />
<br />
C'est donc contre cet absolutisme d'un vote obstin&eacute; &agrave; gauche du centre gauche que les Lis&eacute;e et Marois se prononcent lorsqu'ils appellent au vote strat&eacute;gique dans ces quelques circonscriptions qui feront probablement la diff&eacute;rence le 4 septembre. <br />
<br />
Parce que les solidaires, aiment toujours davantage voir un p&eacute;quiste qu'un &laquo; caquiste &raquo; au Parlement.  Parce que pour un progressiste qui h&eacute;site, il vaut mieux avoir un PQ imparfait au pouvoir qu'un PLQ parfaitement camp&eacute; contre soi qui gouverne. Parce que la grande majorit&eacute; des partisans d'Option nationale r&ecirc;ve quand m&ecirc;me &agrave; un gouvernement souverainiste (m&ecirc;me moins press&eacute; qu'eux) &agrave; la t&ecirc;te de l'&Eacute;tat. <br />
<br />
Tous ces d&eacute;tails parfois aga&ccedil;ants, les solidaires, les verts et les partisans d'ON les r&eacute;futent en se r&eacute;fugiant dans l'obstination d'un vote qu'ils r&ecirc;vent plus repr&eacute;sentatif de leurs int&eacute;r&ecirc;ts. Souvent toutefois, leur enthousiasme organis&eacute; permet &agrave; leurs adversaires de droite de se moquer de leur amateurisme et de les d&eacute;passer au dernier droit.  La droite a toujours &eacute;t&eacute; beaucoup plus habile pour se rassembler et &agrave; comprendre certains principes inh&eacute;rents au vote strat&eacute;gique, ce qui fait en sorte qu'elle ne sent pas le besoin d'en d&eacute;battre en public. <br />
<br />
Le vote utile n'est donc pas fait pour &ecirc;tre syst&eacute;matique et c'est ce qui le rend l&eacute;gitime et utile dans plusieurs cas. Je dis donc que la d&eacute;mocratie c'est de ne jamais renier les r&ecirc;ves que l'on peut avoir, mais qu'il s'agit, dans notre cas du moins, d'un syst&egrave;me tr&egrave;s imparfait ou le vote strat&eacute;gique est n&eacute;cessaire pour penser pouvoir avancer dans la direction qu'on croit &ecirc;tre la bonne.]]></content>
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    <title>Quatre débats à la rescousse de la démocratie</title>
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    <published>2012-08-10T09:59:00-04:00</published>
    <updated>2012-10-10T05:12:15-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[En cette campagne estivale, en plus d'avoir droit à une joute électorale des plus imprévisibles, nous assistons aussi à une lutte entre la télévision publique (Radio-Canada et Télé-Québec) et la télé privée (TVA).  Avec l'annonce d'un grand débat à quatre (ou cinq) chefs le 19 août sur les ondes de la télé publique et de trois face-à face entre les chefs des trois principaux partis du 20 au 22 août sur TVA, les Québécois pourront pour une fois tirer profit de cette bataille que se font les géants des médias depuis des années.]]></summary>
    <author>
        <name>Ludovic Soucisse</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/ludovic-soucisse/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/ludovic-soucisse/"><![CDATA[En cette campagne estivale, en plus d'avoir droit &agrave; une joute &eacute;lectorale des plus impr&eacute;visibles, nous assistons aussi &agrave; une lutte entre la t&eacute;l&eacute;vision publique (Radio-Canada et T&eacute;l&eacute;-Qu&eacute;bec) et la t&eacute;l&eacute; priv&eacute;e (TVA).  Avec l'annonce d'un grand d&eacute;bat &agrave; quatre (ou cinq) chefs le 19 ao&ucirc;t sur les ondes de la t&eacute;l&eacute; publique et de trois face-&agrave; face entre les chefs des trois principaux partis du 20 au 22 ao&ucirc;t sur TVA, les Qu&eacute;b&eacute;cois pourront pour une fois tirer profit de cette bataille que se font les g&eacute;ants des m&eacute;dias depuis des ann&eacute;es. <br />
<br />
Les quatre principaux partis politiques sont pr&ecirc;ts depuis le printemps pour cette campagne et l'id&eacute;e d'un d&eacute;bat qui devait inclure Qu&eacute;bec solidaire &eacute;tait devenue incontournable depuis que le parti avait fait &eacute;lire Amir Khadir en d&eacute;cembre 2008. Ce d&eacute;bat plus traditionnel, les partis l'attendent depuis longtemps, car sa forme est connue et le type d'&eacute;changes qu'on y retrouve est celui auquel les partis sont habitu&eacute;s depuis 1998 (qui f&ucirc;t le premier d&eacute;bat &agrave; inclure le chef d'un troisi&egrave;me parti). <br />
<br />
Depuis 1994, les plans de campagnes des diff&eacute;rents partis politiques prennent en consid&eacute;ration la tenue d'un seul d&eacute;bat qui  les propulse ensuite dans le tout dernier droit de la campagne &eacute;lectorale. <br />
Une campagne &eacute;lectorale &agrave; quatre d&eacute;bats vient changer la donne pour les conseillers politiques qui pr&eacute;voient les &laquo; lignes &raquo; de leurs chefs sur chacun des sujets et qui sont aussi ceux qui inventent les coups d'&eacute;clat des chefs lors de ces confrontations t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es. Qu&eacute;bec solidaire et Option nationale (sous r&eacute;serve de leur participation) tenteront de jouer le tout pour le tout lors du premier d&eacute;bat, tandis que pour les trois autres chefs, la r&eacute;elle confrontation aura lieu lors des trois jours suivants. Les strat&eacute;gies seront donc compl&egrave;tement diff&eacute;rentes et laisseront davantage de place aux vraies personnalit&eacute;s des chefs. <br />
<br />
<strong>Des face-&agrave;-face incontournables<br />
</strong><br />
Les trois d&eacute;bats en duos entre MM. Legault et Charest ainsi que Mme Marois seront l'occasion pour les chefs d'aller au-del&agrave; des phrases faciles et des lignes d'attaque. Ils devront confronter directement leurs valeurs, leurs styles et leurs id&eacute;es avec un adversaire au moins aussi pr&eacute;par&eacute; qu'eux et ce, dans un cadre qui donnera (id&eacute;alement) le m&ecirc;me temps de parole aux deux bellig&eacute;rants. Cet exercice forcera les chefs &agrave; improviser rapidement et &agrave; nous montrer une partie d'eux-m&ecirc;mes qu'on a trop peu souvent l'occasion de voir.  <br />
<br />
Lors des derni&egrave;res &eacute;lections pr&eacute;sidentielles en France, le d&eacute;bat entre MM. Hollande et Sarkozy nous a montr&eacute; tout le potentiel que pouvait avoir ce type d'exercice. TVA innove donc en nous donnant l'opportunit&eacute; d'&ecirc;tre t&eacute;moins d'un r&eacute;el d&eacute;bat entre les trois politiciens qui peuvent aspirer &agrave; devenir chef du prochain gouvernement. On pouvait s'attendre &agrave; l'indignation de Qu&eacute;bec solidaire d'&ecirc;tre tenu &agrave; l'&eacute;cart de ces d&eacute;bats. La d&eacute;cision de TVA est toutefois la bonne, car selon tous les sc&eacute;narios probables, QS ne fera &eacute;lire qu'entre un et trois d&eacute;put&eacute;s et n'est donc pas dans la course pour former le gouvernement. <br />
<br />
<strong>M&eacute;dias et politique<br />
</strong><br />
On reproche sans cesse aux m&eacute;dias de n'offrir qu'une infime partie de l'information disponible aux citoyens. En plus de s&eacute;lectionner les nouvelles selon ce qu'ils consid&egrave;rent &ecirc;tre int&eacute;ressant, la tendance des m&eacute;dias &agrave; interpr&eacute;ter le message des politiciens plut&ocirc;t que de laisser ces derniers s'exprimer (par le biais de&laquo; clips &raquo; plus longs que les 7 ou 10 secondes actuelles) fait en sorte qu'il semble y avoir bien peu de communication non filtr&eacute;e entre les citoyens et ceux qui aspirent &agrave; les repr&eacute;senter. Ces quatre d&eacute;bats seront une des rares occasions pour les citoyens d'analyser et  de juger des discours des chefs de partis sans ces filtres interpr&eacute;tatifs que sont les bulletins de nouvelles ou les articles de presse &eacute;crite.<br />
<br />
En p&eacute;riode non-&eacute;lectorale, les &eacute;missions d'affaires publiques qui traitent de politique qu&eacute;b&eacute;coise sont (trop) peu nombreuses et celles qui sont diffus&eacute;es quotidiennement restent souvent en surface, invitent peu d'experts et surtout, ces derni&egrave;res ne donnent pratiquement jamais la parole aux politiciens. Lorsqu'on compare la qualit&eacute; des &eacute;missions politiques d'ici avec celles de nos voisins canadiens anglais (sur CBC ou sur CTV), avec celles des Fran&ccedil;ais et celles des Am&eacute;ricains, on ne peut que se d&eacute;soler de voir qu'on accorde si peu d'attention aux d&eacute;bats politiques. <br />
<br />
Cette fois, en plus de la couverture m&eacute;diatique traditionnelle de la campagne &eacute;lectorale, la pr&eacute;sentation de ces quatre d&eacute;bats donne davantage l'impression que nos entreprises de presse prennent au s&eacute;rieux leur r&ocirc;le d'information du public. On ne peut que s'en r&eacute;jouir.<br />
<br />
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    <title>Médias, sondages et politique spectacle</title>
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    <published>2012-08-02T12:31:56-04:00</published>
    <updated>2012-10-02T05:12:06-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Si, comme lors de nombreuses campagnes électorales dans le passé, les médias mettent plus d'efforts à analyser la course à la victoire qu'à informer les gens sur les qualités et défauts des chefs de partis, des candidats et les valeurs qu'ils défendent, cela confirmera le changement qui s'est observé aux États-Unis et au Canada au cours des dernières années. La course à la victoire est plus importante que les idées véhiculées dans cette même course.]]></summary>
    <author>
        <name>Ludovic Soucisse</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/ludovic-soucisse/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/ludovic-soucisse/"><![CDATA[Au cours des 35 prochains jours, des centaines de journalistes de partout au Qu&eacute;bec et &oelig;uvrant dans tous les types de m&eacute;dias, seront &agrave; pied d'&oelig;uvre pour couvrir les &eacute;v&egrave;nements politiques de cette campagne &eacute;lectorale. Nous assisterons &agrave; une avalanche de points de presse, &agrave; des annonces quotidiennes, &agrave; des gaffes politiques et &agrave; des d&eacute;bats par m&eacute;dias interpos&eacute;s. Id&eacute;alement, les journaux, les sites web d'information et les bulletins de nouvelles pr&eacute;senteront du contenu politique ce qui aidera les citoyens &agrave; mieux comprendre les enjeux de la campagne et, ultimement, &agrave; faire leur choix. L'utilisation des r&eacute;sultats de sondages risque toutefois de damer le pion aux &laquo; vraies nouvelles &raquo;.  <br />
<br />
Avec une ligne de d&eacute;part o&ugrave; les trois principaux partis politiques peuvent math&eacute;matiquement aspirer &agrave; former le prochain gouvernement, les risques d'assister &agrave; une couverture m&eacute;diatique qui se concentrera essentiellement sur la course &agrave; la victoire et sur le positionnement des diff&eacute;rents partis et de leurs chefs dans les sondages d'opinion sont grands. Dans le langage de la communication, ce ph&eacute;nom&egrave;ne s'appelle le &laquo; Horse race coverage &raquo; de la politique. Ce type de traitement s'oppose au &laquo; Issue coverage &raquo; qui se d&eacute;finit par une information qui se concentre davantage sur la couverture des enjeux &eacute;lectoraux et des propositions de politiques publiques effectu&eacute;es par les diff&eacute;rents partis et candidats. <br />
<br />
C'est devenu un classique lors d'&eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales: les m&eacute;dias engagent des firmes de sondages qui, presque quotidiennement, prennent le pouls de la population. Ces entreprises de presse ont donc de nouveaux r&eacute;sultats tous les deux ou trois jours concernant les intentions de vote des Qu&eacute;b&eacute;cois. Il devient facile pour eux d'utiliser ces donn&eacute;es pour en faire des nouvelles. Mais en sont-elles? <br />
<br />
Les r&eacute;sultats de sondages ne sont en fait rien de plus qu'une photo momentan&eacute;e de l'opinion d'un groupe (repr&eacute;sentant en principe la diversit&eacute; de l'opinion publique) sur des questions donn&eacute;es. Il faut analyser ces donn&eacute;es avec prudence et surtout &eacute;viter les g&eacute;n&eacute;ralisations et les conclusions lorsque les r&eacute;sultats indiquent par exemple qu'un candidat perd deux points de pourcentage, ou qu'un autre en gagne quatre. <br />
<br />
Combien de ces professionnels de l'information ont une formation en analyse de m&eacute;thodologie de la recherche? Lesquels d'entre eux peuvent expliquer l'importance d'une marge d'erreur ou du type d'&eacute;chantillonnage? Pour interpr&eacute;ter les r&eacute;sultats de ces enqu&ecirc;tes, les journalistes feront souvent appel &agrave; des experts. Notez bien toutefois: les experts seront davantage r&eacute;quisitionn&eacute;s pour analyser les sondages que pour analyser les propositions politiques des aspirants au poste de chef du gouvernement.  <br />
<br />
Les sondages sont une source d'analyse confortable pour les journalistes. Ils peuvent se servir des tendances observ&eacute;es pour conclure un reportage, pour cadrer une nouvelle et m&ecirc;me pour confronter les politiciens. Les sondages n'ont pas tous les maux, loin de l&agrave;. Ils ont en effet la qualit&eacute; d'indiquer aux gouvernants les fluctuations de l'opinion publique sur des dossiers importants. N'eut &eacute;t&eacute; de ces enqu&ecirc;tes, le gouvernement n'aurait jamais instaur&eacute; les deux derni&egrave;res commissions d'enqu&ecirc;tes, le PQ n'aurait pas fait d'examen de conscience et de nombreuses politiques publiques n'auraient peut-&ecirc;tre jamais vu le jour au fil des ann&eacute;es.   <br />
<br />
Mais est-ce qu'une campagne &eacute;lectorale doit seulement &ecirc;tre un moment o&ugrave; on se concentre &agrave; analyser lequel des partis a le plus de chance de l'emporter? Il est important en effet de conna&icirc;tre le positionnement des diff&eacute;rents partis. Toutefois, il est au moins tout aussi important d'avoir une information &eacute;clair&eacute;e sur les propositions des ces derniers et sur les enjeux de la campagne &eacute;lectorale. <br />
<br />
Les m&eacute;dias ne nous indiquent pas quoi penser, mais bien &agrave; quoi penser. Lorsqu'ils d&eacute;cident de prioriser certaines nouvelles &agrave; d'autres et lorsqu'ils traitent un dossier avec un angle particulier, les m&eacute;dias nous imposent un cadrage. Si les sondages repr&eacute;sentent la majorit&eacute; des nouvelles, c'est que les m&eacute;dias consid&egrave;rent que cette information prime sur le reste. <br />
<br />
Si, comme lors de nombreuses campagnes &eacute;lectorales dans le pass&eacute;, les m&eacute;dias mettent plus d'efforts &agrave; analyser la course &agrave; la victoire qu'&agrave; informer les gens sur les qualit&eacute;s et d&eacute;fauts des chefs de partis, des candidats et les valeurs qu'ils d&eacute;fendent, cela confirmera le changement qui s'est observ&eacute; aux &Eacute;tats-Unis et au Canada au cours des derni&egrave;res ann&eacute;es. La course &agrave; la victoire est plus importante que les id&eacute;es v&eacute;hicul&eacute;es dans cette m&ecirc;me course. <br />
<br />
Le travail de journaliste en est un qui est difficile. Les diff&eacute;rents imp&eacute;ratifs avec lesquels ces professionnels de l'information doivent travailler leur imposent une pression importante. Durant la prochaine campagne &eacute;lectorale, ce sera toutefois &agrave; eux de nous prouver qu'on peut encore r&ecirc;ver d'une information politique qui rapporte des faits plut&ocirc;t que des interpr&eacute;tations et surtout qui nous aide &agrave; comprendre les d&eacute;bats en profondeur, tout en &eacute;vitant la &laquo; politique spectacle &raquo; ou les citoyens ne seraient que des spectateurs.  <br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--242234--HH>]]></content>
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    <title>Twitter et les « spin doctors »</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1721060</id>
    <published>2012-07-31T07:32:18-04:00</published>
    <updated>2012-09-30T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Environ un million de Québécois sont abonnés à Twitter, ce qui représente plus ou moins 16% des 6 130 307 électeurs inscrits dans la province au dernier scrutin fédéral. En plus de constater que Twitter est un réseau social qui ne n'est pas implanté de manière aussi élargie que Facebook au sein des foyers québécois, il faut comprendre que la communauté politique sur Twitter est limitée à quelques milliers de personnes.]]></summary>
    <author>
        <name>Ludovic Soucisse</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/ludovic-soucisse/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/ludovic-soucisse/"><![CDATA[Le d&eacute;but du mois d'ao&ucirc;t marquera le lancement d'une campagne &eacute;lectorale qui sera la premi&egrave;re &agrave; compl&egrave;tement int&eacute;grer les m&eacute;dias sociaux et le web 2.0. Les signes d'une utilisation accrue et in&eacute;dite de Twitter au cours des prochains mois se font de plus en plus clairs et annoncent un changement important dans l'id&eacute;e qu'on pouvait se faire de la communication politique.  <br />
<br />
Les d&eacute;bats Twitter qui ont d&eacute;but&eacute; durant la gr&egrave;ve &eacute;tudiante et ceux qui font rage en cette p&eacute;riode pr&eacute;&eacute;lectorale sont r&eacute;serv&eacute;s &agrave; un nombre de personnes tr&egrave;s restreint qui s'adonnent &agrave; des guerres de mots et des attaques souvent personnelles qu'on appelle des #tweetfights. Lors de ces derni&egrave;res, les professionnels de la communication sont pr&ecirc;ts &agrave; tout pour discr&eacute;diter leurs homologues. Ces &laquo; spin doctors &raquo;  sont en effet des relayeurs d'information partisane dont le but est de cadrer certains messages pour que les rendre spectaculaires aux yeux des m&eacute;dias (qui eux peuvent d&eacute;cider ou non de les transmettre). Pour eux, Twitter est plateforme de promotion des id&eacute;es de leurs partis, mais aussi, un outil de d&eacute;nigrement des faits et gestes de leurs adversaires. <br />
<br />
Pour &ecirc;tre un hyperactif de Twitter, comme des dizaines de personnes qui gravitent dans la sph&egrave;re politique en sont, il faut y mettre un nombre d'heures tel que la cons&eacute;quence tr&egrave;s probable de cette implication est de couper les utilisateurs d'une r&eacute;alit&eacute; politique et sociale beaucoup nuanc&eacute;e et certainement moins dramatique que les bombes qu'ils tentent de faire exploser &agrave; tous moments. De tels comportements quasi-schizophr&eacute;niques &eacute;taient &agrave; pr&eacute;voir avec l'arriv&eacute;e de ce r&eacute;seau social dans la joute politique, mais n'ont rien de r&eacute;jouissant dans un contexte ou le cynisme est &agrave; son apog&eacute;e. <br />
<br />
Environ un million de Qu&eacute;b&eacute;cois<a href="http://www.webfuel.ca/canada-social-media-statistics-2011/" target="_hplink"> sont abonn&eacute;s &agrave; Twitter</a>, ce qui repr&eacute;sente plus ou moins 16% des 6 130 307 &eacute;lecteurs<a href="http://www.elections.ca/scripts/OVR2011/defaultf.html" target="_hplink"> inscrits dans la province au dernier scrutin f&eacute;d&eacute;ral.</a> En plus de constater que Twitter est un r&eacute;seau social qui ne n'est pas implant&eacute; de mani&egrave;re aussi &eacute;largie que Facebook au sein des foyers qu&eacute;b&eacute;cois, il faut comprendre que la communaut&eacute; politique sur Twitter est limit&eacute;e &agrave; quelques milliers de personnes. Au moment d'&eacute;crire ce papier, environ 13 200 utilisateurs &eacute;taient abonn&eacute;s au compte officiel de Qu&eacute;bec Solidaire, ce qui en fait le parti politique le plus suivi du Qu&eacute;bec. Le PQ attirait quant &agrave; lui environ 11 700 abonn&eacute;s, la CAQ pr&egrave;s de 7 000, le PLQ 5 600 et Option nationale environ 4 100 personnes. La majorit&eacute; des acteurs politiques importants et des journalistes qui sont actifs sur ce r&eacute;seau social attirent entre 7 000 et 20 000 utilisateurs. Les &laquo;spin doctors &raquo; quant &agrave; eux ont entre 1 500 et 3 000 abonnements et abonn&eacute;s. <br />
<br />
Twitter est devenu incontournable lorsqu'on parle de message politique. Toutefois, avec quelque chose comme 25 000 utilisateurs &laquo; politiques &raquo;, qui repr&eacute;sentent &agrave; peine 0,4% des &eacute;lecteurs, il faut &eacute;viter de faire l'erreur de croire que Twitter repr&eacute;sente &laquo; le vrai monde &raquo; et ses id&eacute;es.  Il s'agit plut&ocirc;t d'une plateforme de discussion entre diff&eacute;rents acteurs de la soci&eacute;t&eacute; civile qui s'apparente peut-&ecirc;tre davantage &agrave; un carr&eacute; de sable. <br />
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Dans cette campagne &eacute;lectorale, Twitter sera un outil essentiel pour savoir presque en direct ce qui se passe dans toutes les r&eacute;gions du Qu&eacute;bec. Les professionnels de la communication tenteront de l'utiliser pour maximiser l'appui &agrave; leur parti politique. Ce sera toutefois aux d&eacute;pens de la nuance dans les d&eacute;bats et du respect de leurs adversaires.  <br />
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En p&eacute;riode normale, Twitter est une plateforme d'information et de discussion int&eacute;ressante et dynamique. Lors d'&eacute;v&egrave;nements politiques comme des &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales, ce r&eacute;seau social a toutefois le d&eacute;faut de donner une tribune &agrave; des centaines de personnes qui croient &ecirc;tre les seuls &agrave; d&eacute;tenir la v&eacute;rit&eacute; sur la mani&egrave;re dont il faut g&eacute;rer le Qu&eacute;bec et qui sont pr&ecirc;ts &agrave; prendre des heures &agrave; ne rien faire d'autre que d'angoisser sur la r&eacute;action que les autres joueurs du carr&eacute; de sable auront lorsque le prochain &laquo; tweet &raquo; &eacute;mergera.  <br />
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Il pourrait donc y avoir cet avertissement lors d'un abonnement sur ce r&eacute;seau social : Attention, Twitter peut rendre agressif lorsque mal utilis&eacute;. <br />
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<em>L'auteur est finissant &agrave; la ma&icirc;trise en science politique &agrave; l'Universit&eacute; Laval et a &eacute;t&eacute; boursier de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant de l'Assembl&eacute;e nationale du Qu&eacute;bec en 2011-2012. Ses recherches portent essentiellement sur la couverture m&eacute;diatique de la politique au Canada et au Qu&eacute;bec.  </em>]]></content>
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