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  <title>Louis Rousseau</title>
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  <updated>2013-06-19T12:25:50-04:00</updated>
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    <name>Louis Rousseau</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Louis Rousseau</subtitle>
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    <title>Nouveau regard sur les «Deux solitudes»</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1861631</id>
    <published>2012-09-06T12:16:36-04:00</published>
    <updated>2012-11-06T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le Parti Québécois devrait se rendre compte qu'il a ici une responsabilité particulière. Que fera-t-il immédiatement pour que certains de ses projets législatifs ne soient pas perçus comme appartenant à un nationalisme d'exclusion pratiqué par une certaine droite française? Qui mettra en pratique la tradition de Gérald Godin et de René Lévesque à l'égard de nos compatriotes d'arrivée plus récente?]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Rousseau</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/</uri>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/"><![CDATA[Mon ami Pierre n'est pas n&eacute; ici. Il partage notre histoire commune depuis 43 ans. C'est un Qu&eacute;b&eacute;cois passionn&eacute; dont le regard saisit souvent des images de nous-m&ecirc;mes que nous ne voyons pas. Par exemple, voyant s'afficher les r&eacute;sultats des &eacute;lections de mardi, il y a vu une nouvelle manifestation de ce que l'on nomme depuis si longtemps les &laquo; Deux solitudes &raquo;. C'est faux dans le d&eacute;tail, me semble-t-il, mais terriblement vrai globalement. <br />
<br />
D'un c&ocirc;t&eacute;, le bloc du vote lib&eacute;ral dont on sait qu'il est tr&egrave;s majoritairement allophone et anglophone; de l'autre presque tous les autres partis qui, pour la premi&egrave;re fois depuis les ann&eacute;es soixante-dix, portent la vari&eacute;t&eacute; des nuances du choix d&eacute;mocratique.<br />
<br />
La majorit&eacute; de l'&eacute;lectorat qu&eacute;b&eacute;cois se disperse d'une fa&ccedil;on normale du centre droit jusqu'&agrave; la gauche plus progressiste. Faisant la promotion de la question nationale ou souhaitant la taire, cette majorit&eacute; situera toutefois bon nombre de ses d&eacute;bats sur des pr&eacute;misses nationalistes diversement &eacute;nonc&eacute;es. L&agrave; se trouve la possibilit&eacute; d'une assembl&eacute;e nationale d'o&ugrave; peuvent &eacute;merger des d&eacute;cisions majoritaires importantes, fruits de n&eacute;gociations d'adversaires d&eacute;mocratiques inspir&eacute;s par le bien g&eacute;n&eacute;ral. Une des deux solitudes est en train de s'&eacute;manciper au plan politique en instituant la diversit&eacute; politique en son sein. Le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois ne doit plus tenter de capturer toutes ces couleurs. Il devra appuyer le changement de notre r&eacute;gime &eacute;lectoral pour la prendre en compte. Il doit activer d'urgence le renouvellement g&eacute;n&eacute;rationnel de sa base militante.<br />
<br />
Ce qui m'inqui&egrave;te le plus, dans ce contexte, c'est la force de conscription unitaire du Parti lib&eacute;ral. J'appr&eacute;hende tout particuli&egrave;rement qu'on nous r&eacute;v&egrave;le bient&ocirc;t qu'il a agr&eacute;g&eacute;, une nouvelle fois, la majorit&eacute; des citoyens qu&eacute;b&eacute;cois d'arriv&eacute;e r&eacute;cente. Malgr&eacute; l'extr&ecirc;me diversit&eacute; des pays d'origine comme des appartenances culturelles et religieuses, celles et ceux qu'on d&eacute;signe trop souvent uniquement par le qualificatif d'immigrants se sentent exclus de la majorit&eacute;, m&ecirc;me celles et ceux qui parlent un fran&ccedil;ais dont la qualit&eacute; est &eacute;quivalente &agrave; celle de la majorit&eacute; d'ascendances canadienne-fran&ccedil;aise. Et pourtant nombreuses parmi ces personnes sont celles qui ne demandent qu'&agrave; participer au processus d'&eacute;mancipation nationale.<br />
<br />
Le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois devrait se rendre compte qu'il a ici une responsabilit&eacute; particuli&egrave;re. Que fera-t-il imm&eacute;diatement pour que certains de ses projets l&eacute;gislatifs ne soient pas per&ccedil;us comme appartenant &agrave; un nationalisme d'exclusion pratiqu&eacute; par une certaine droite fran&ccedil;aise? Qui mettra en pratique la tradition de G&eacute;rald Godin et de Ren&eacute; L&eacute;vesque &agrave; l'&eacute;gard de nos compatriotes d'arriv&eacute;e plus r&eacute;cente? Il ne s'agit pas ici de mesures l&eacute;gislatives d'abord et essentiellement, mais d'une attitude plus ouverte &agrave; la diff&eacute;rence, de changements &agrave; long terme, de renouvellement.<br />
<br />
Dans bien des milieux, les deux solitudes n'existent plus. Ce vieil h&eacute;ritage n'int&eacute;resse gu&egrave;re les plus jeunes qui inventent l'avenir dans un joyeux m&eacute;tissage. Il y a de la place &agrave; la table commune. Le repas est meilleur lorsqu'on laisse la peur &agrave; la porte. En ce lendemain d'&eacute;lection, cela ne semble pas encore acquis! Faux en particulier, mais vrai en g&eacute;n&eacute;ral?<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--248534--HH><br />
 <br />
<HH--236SLIDEEXPAND--246846--HH><br />
<br />
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    <title>Clarifier le caractère laïc de l'État Québécois</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/louis-rousseau/laicite-quebec_b_1783270.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1783270</id>
    <published>2012-08-15T13:55:42-04:00</published>
    <updated>2012-10-15T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Je doute fort que, dans l'état actuel des choses, les moins de quarante ans se sentent interpelés par la question de la laïcité. Les assemblées publiques au cours desquelles ce thème a fait l'objet de débats toujours forts passionnés rassemblaient une majorité de têtes blanches. La religion dont on veut séparer l'État a le plus souvent ici la forme fantomatique de l'institution catholique-romaine prête à retrouver sa domination d'antan, ou celle, aussi imaginaire, d'un islam de l'immigration dissimulant dans les mosquées des fanatiques violents en mal d'imposer chez nous comme ailleurs les règles de la charria.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Rousseau</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/"><![CDATA[Je doute fort que, dans l'&eacute;tat actuel des choses, les moins de quarante ans se sentent interpel&eacute;s par la question de la la&iuml;cit&eacute;. Les assembl&eacute;es publiques au cours desquelles ce th&egrave;me a fait l'objet de d&eacute;bats toujours forts passionn&eacute;s rassemblaient une majorit&eacute; de t&ecirc;tes blanches. La religion dont on veut s&eacute;parer l'&Eacute;tat a le plus souvent ici la forme fantomatique de l'institution catholique-romaine pr&ecirc;te &agrave; retrouver sa domination d'antan, ou celle, aussi imaginaire, d'un islam de l'immigration dissimulant dans les mosqu&eacute;es des fanatiques violents en mal d'imposer chez nous comme ailleurs les r&egrave;gles de la charria.<br />
<br />
La tr&egrave;s forte r&eacute;action populaire qui est apparue sous la forme de la crise des accommodements raisonnables &agrave; la suite de plusieurs jugements de la Cour supr&ecirc;me du Canada, r&eacute;v&eacute;lait un profond malaise identitaire de la majorit&eacute; d'ascendances canadiennes-fran&ccedil;aises dont l'appartenance catholique &eacute;tait devenue davantage un fait de culture qu'un fait de pratique religieuse active. Pourquoi fallait-il tol&eacute;rer des pratiques religieuses publiques minoritaires alors que nous avions accept&eacute; de faire dispara&icirc;tre celles de la majorit&eacute; dans un espace public de plus en plus s&eacute;cularis&eacute;?<br />
<br />
La cr&eacute;ation de la commission Bouchard-Taylor (2007) aura permis au Parti lib&eacute;ral d'esquiver ce d&eacute;bat g&ecirc;nant lors de sa victoire &eacute;lectorale de 2008 et d'esp&eacute;rer qu'il meure de lui-m&ecirc;me. Tout le monde conna&icirc;t la note qu'il faut donner &agrave; la d&eacute;claration de Jean Charest : &laquo; On a fait la mise en &oelig;uvre de la majorit&eacute; des recommandations du rapport Bouchard-Taylor &raquo;. Un ou deux sur dix?<br />
<br />
Au moment o&ugrave; le Qu&eacute;bec est en train de passer d'un r&eacute;gime religieux culturel &agrave; un r&eacute;gime religieux pluraliste &agrave; dominance chr&eacute;tienne dont s'accommode fort bien la g&eacute;n&eacute;ration montante (Meunier), il importe malgr&eacute; tout de clarifier officiellement la neutralit&eacute; de l'&Eacute;tat face &agrave; toutes les traditions religieuses auxquelles appartient ou n'appartient plus sa population. Il y a sur ce point un consensus fort. Qu&eacute;bec solidaire comme le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois en font un &eacute;l&eacute;ment de leur programme de gouvernement. Option nationale n'en parle pas tandis que les Lib&eacute;raux restent confus, sans doute prisonniers de vieux r&eacute;flexes client&eacute;listes communautariens.<br />
<br />
Je ne parviens pas &agrave; &ecirc;tre s&eacute;duit par la proposition d'une Charte de la la&iuml;cit&eacute;. Deux objections me retiennent. La premi&egrave;re est l&eacute;gale : il faudra disposer de la constitution d'un &Eacute;tat ind&eacute;pendant pour lui conf&eacute;rer la force supr&ecirc;me que l'on en attend. La seconde est plus pragmatique: je doute que l'on puisse d&eacute;duire du principe g&eacute;n&eacute;ral un syst&egrave;me de r&egrave;gles &eacute;videntes. Les d&eacute;bats r&eacute;cents concernant le port de signes religieux par les fonctionnaires de l'&Eacute;tat en t&eacute;moignent.<br />
<br />
&Agrave; quels groupes de personnes peut-on imposer l'obligation de ne pas manifester son appartenance religieuse ou irr&eacute;ligieuse? La commission Bouchard-Taylor proposait ceux qui disposent de la puissance de contrainte, les juges et les policiers. Le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois propose d'&eacute;largir l'obligation &agrave; tous ceux qui &eacute;margent directement ou indirectement aux mandats de l'&Eacute;tat, ce qui inclut le monde hospitalier comme celui de l'&eacute;ducation. Devant l'objection assez forte que cela va nuire &agrave; l'int&eacute;gration dans le monde du travail d'un certain nombre de femmes musulmanes qui portent le voile par convictions religieuses, par exemple, le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois r&eacute;pond que l'&Eacute;tat doit baliser l'int&eacute;gration de ces femmes en leur permettant de s'&eacute;manciper (sans pr&eacute;ciser de quoi). Qu&eacute;bec solidaire, plus &agrave; gauche, pr&eacute;f&egrave;re accepter ces femmes et leurs choix religieux. Je ne crois donc pas &agrave; la force pacificatrice d'une charte. Mieux vaudrait l'adoption de r&egrave;gles adapt&eacute;es &agrave; chaque milieu de travail.<br />
<br />
Pour cela, il faudra de nouveaux d&eacute;bats dans le cadre des travaux de l'Assembl&eacute;e nationale. Voici ce que j'y proposerais, &agrave; propos du port de signes religieux de toute nature:<br />
<br />
Que l'&Eacute;tat &eacute;tablisse la r&egrave;gle imposant un devoir de r&eacute;serve vestimentaire quant au port de signes religieux. Cette limitation du droit d'exprimer ses opinions religieuses serait faite au nom de la responsabilit&eacute; de l'&Eacute;tat de manifester sa neutralit&eacute; dans ce domaine et son fonctionnement non discriminatoire. Les interventions de l'&Eacute;tat en situation de la&iuml;cit&eacute; doivent en effet, pour &ecirc;tre efficaces, &ecirc;tre per&ccedil;ues comme offrant la protection d'une &eacute;galit&eacute; de traitement citoyen, ce que l'affichage des convictions religieuses particuli&egrave;res ne garantit pas. On peut penser qu'il y a l&agrave; analogie avec le devoir de r&eacute;serve concernant les opinions politiques du m&ecirc;me personnel. <br />
<br />
Quant &agrave; l'extension de l'application de cette r&egrave;gle, une r&eacute;flexion plus pouss&eacute;e s'impose. Devrait-elle s'appliquer exclusivement aux repr&eacute;sentants de l'&Eacute;tat ayant des contacts visuels avec les autres citoyens et citoyennes? J'incline plut&ocirc;t dans ce sens, car la limitation de la libert&eacute; individuelle doit toujours &ecirc;tre faite avec une prudence extr&ecirc;me. <br />
<br />
Clarifier la la&iuml;cit&eacute; de l'&Eacute;tat. Assur&eacute;ment! Au moyen d'une Charte, cela se discute!<br />
<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--244928--HH>]]></content>
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    <title>L'art de la trappe</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1772464</id>
    <published>2012-08-13T09:44:57-04:00</published>
    <updated>2012-10-13T05:12:11-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[La trappe libérale comporte un mécanisme à deux coups: utiliser l'énergie de la révolte étudiante pour qu'elle se détruise elle-même, pour ensuite la transformer un appât destiné à attirer la population. Le premier coup est en marche. Le calendrier de reprise de la session d'hiver dans les CÉGEPS oblige les associations étudiantes à commencer la convocation des premières assemblées générales. Poursuite de la grève, trêve jusqu'au 5 septembre, reprise des cours afin de sauver la session, les alternatives sont rares et toutes risquées.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Rousseau</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/"><![CDATA[Le 8 ao&ucirc;t, le m&eacute;canisme de la trappe imagin&eacute;e par les pr&eacute;dateurs de l'espace public du Parti lib&eacute;ral du Qu&eacute;bec a commenc&eacute; &agrave; se d&eacute;clencher. Comme le savent les trappeurs autochtones et blancs, attraper un animal sauvage est tout un art. Il faut conna&icirc;tre &agrave; fond les go&ucirc;ts et les habitudes de l'animal &agrave; pi&eacute;ger, choisir le type de trappe adapt&eacute;, placer la trappe au bon endroit et la dissimuler. On ne prend pas un carcajou avec une trappe &agrave; rats et du fromage! Le trappage politique, si on veut s'y livrer, suppose donc une connaissance tr&egrave;s fine de la b&ecirc;te &agrave; pi&eacute;ger et de la meilleure technique pour y parvenir.<br />
<br />
La trappe lib&eacute;rale comporte un m&eacute;canisme &agrave; deux coups: utiliser l'&eacute;nergie de la r&eacute;volte &eacute;tudiante pour qu'elle se d&eacute;truise elle-m&ecirc;me, pour ensuite la transformer un app&acirc;t destin&eacute; &agrave; attirer la population. Le premier coup est en marche. Le calendrier de reprise de la session d'hiver dans les C&Eacute;GEPS oblige les associations &eacute;tudiantes &agrave; commencer la convocation des premi&egrave;res assembl&eacute;es g&eacute;n&eacute;rales. Poursuite de la gr&egrave;ve, tr&ecirc;ve jusqu'au 5 septembre, reprise des cours afin de sauver la session, les alternatives sont rares et toutes risqu&eacute;es. Le gouvernement sortant tentera de travestir en grande victoire l'ordre revenu ou le chaos &eacute;ventuel dans l'&eacute;ducation sup&eacute;rieure. <br />
<br />
L'exercice d&eacute;mocratique de la fin de l'&eacute;t&eacute; passe obligatoirement par cette trappe construite pour capturer la majorit&eacute; de la population pour quatre ans. J'ai de gros doutes sur l'habilet&eacute; du trappeur improvis&eacute;. Il s'est souvent tromp&eacute;. On le voit venir depuis plusieurs mois. Surtout, sa trappe est incapable de capturer et de liquider tout le mouvement social qui s'est mis en branle depuis quelques ann&eacute;es d&eacute;j&agrave; et que la r&eacute;volution &eacute;rable a dot&eacute; d'une &eacute;nergie cr&eacute;ative de masse, exp&eacute;riment&eacute;e dans la rue comme dans l'espace m&eacute;diatique.<br />
<br />
Je veux ici t&eacute;moigner d'un espoir plut&ocirc;t que d'analyser des rapports de force. Beaucoup d'autres professeurs pourraient avouer &agrave; peu pr&egrave;s les m&ecirc;mes sentiments et les m&ecirc;mes convictions. Cela explique d'ailleurs la r&eacute;sistance de plusieurs &agrave; la loi 12 qui viole la libert&eacute; li&eacute;e &agrave; l'acte de penser et de parler des enseignants et des &eacute;tudiants.<br />
<br />
J'ai eu le privil&egrave;ge de vivre l'aventure de la naissance et de la croissance de l'universit&eacute; publique de l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois de 1969 &agrave; 2010. &Agrave; la fin des ann&eacute;es quatre-vingt-dix, j'&eacute;tais devenu assez pessimiste sur l'&eacute;volution de l'institution, dans toutes ses composantes. La bureaucratisation tous azimuts des processus administratifs internes et de ceux qui pr&eacute;sident au financement de la recherche &eacute;tait devenue un obstacle &agrave; la cr&eacute;ativit&eacute; et au changement. Le professeur-entrepreneur s'imposait de plus en plus comme mod&egrave;le<br />
Mon bonheur de travailler se logeait de plus en plus dans l'enseignement. <br />
<br />
Quel plaisir toujours neuf de faire d&eacute;couvrir quelque chose des &eacute;nigmes que les humains constituent pour eux-m&ecirc;mes! Mais je sentais mes &eacute;tudiants de plus en plus inquiets, remplis de peurs. Peu d'entre eux respiraient la confiance en l'avenir. J'avais l'impression qu'un tr&egrave;s grand nombre arrivait d&eacute;j&agrave; solidement format&eacute; par la soci&eacute;t&eacute; marchande. J'ai mis du temps &agrave; comprendre la port&eacute;e de leur engagement dans la gr&egrave;ve de 2005 contre l'augmentation des frais de scolarit&eacute;. Je me suis engag&eacute; moi-m&ecirc;me avec un certain scepticisme dans la gr&egrave;ve de 2009 des professeurs de l'UQAM men&eacute;e pour sauver notre universit&eacute; d'un d&eacute;sastre appr&eacute;hend&eacute;.<br />
<br />
Dans les deux cas, &agrave; ma grande surprise, c'est &agrave; partir d'une lutte n&eacute;e sur le territoire &laquo; &eacute;conomiste &raquo; que des id&eacute;aux humanistes et d&eacute;mocratiques concernant l'acc&egrave;s pour tous et toutes &agrave; un savoir libre ont dynamis&eacute; l'engagement des participants. Y aurait-il autre chose que des &eacute;clats sans suite dans l'histoire? Y aurait-il quelque chose comme un courant de r&eacute;volte? Une forte proportion de jeunes pensent que oui et trouvent de solides &eacute;chos aupr&egrave;s des g&eacute;n&eacute;rations qui les pr&eacute;c&egrave;dent.<br />
<br />
De m&ecirc;me que des milliers de Qu&eacute;b&eacute;cois, j'ai vu se d&eacute;ployer &agrave; partir de f&eacute;vrier beaucoup plus qu'une deuxi&egrave;me gr&egrave;ve contre la hausse des frais de scolarit&eacute;. Le pouvoir n&eacute;o-lib&eacute;ral a tout fait pour isoler cet enjeu et le d&eacute;peindre, dans sa logique individualiste, comme une question d'investissement. Mais le mouvement &eacute;tudiant s'est transform&eacute; en vaste mouvement social. Paroles critiques for&ccedil;ant l'admiration, gestes de r&eacute;volte festive utilisant la force communautaire des rituels de rue, prise de conscience des liens entre toutes les dimensions d'une crise locale et mondiale, voil&agrave; ce que le mouvement &eacute;tudiant nous a permis d'&eacute;prouver.<br />
<br />
La trappe des &eacute;lections ne pourra pas l'&eacute;touffer. Les meilleures trappes sont celles que l'on ne voit pas. Le mauvais trappeur lib&eacute;ral risque fort ici de se retrouver attrap&eacute; par des citoyens clairvoyants. Sondage positif ou non, Monsieur Legault, qui nous propose comme avenir collectif de &laquo; balancer les livres &raquo;, n'a d&eacute;cid&eacute;ment pas ce qu'il faut pour deviner la complexit&eacute; du r&eacute;el. Le manque d'imagination globale du Parti qu&eacute;b&eacute;cois l'emp&ecirc;che de jouer un r&ocirc;le historique qu'une majorit&eacute; aurait sans doute pr&eacute;f&eacute;r&eacute; lui reconna&icirc;tre. Et les autres partis seront entrav&eacute;s par nos r&egrave;gles &eacute;lectorales.<br />
<br />
Il faudra donc recommencer rapidement l'exercice &eacute;lectoral. En faire autre chose qu'une arme pour trappeurs. En modifier les r&egrave;gles v&eacute;tustes d'abord. La vague de fond se propagera &agrave; son rythme. L'apr&egrave;s quatre septembre se pr&eacute;pare d&eacute;j&agrave; avec passion et intelligence d'ensemble. Plut&ocirc;t que de craindre le pi&egrave;ge, il y a bien des raisons d'esp&eacute;rer. Une patience t&ecirc;tue et collective s'impose.]]></content>
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    <title>Déracinés du système</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/louis-rousseau/manawan-quebec_b_1745488.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1745488</id>
    <published>2012-08-06T00:00:31-04:00</published>
    <updated>2012-10-05T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le premier août, jour du déclenchement des élections, nous apprenions l'arrestation des deux Grands-Mères et celle de leur neveu Jacob. Quelque part, à la jonction entre deux chemins forestiers, à 250 km au nord de l'élection en cours, se joue un drame relaté uniquement par un média social, le seul qui ose nous relier, du Sud au Nord, avec une vision du monde que nous n'avons toujours pas intégrée.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Rousseau</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/"><![CDATA[La sc&egrave;ne se passe le 26 juillet, &agrave; la jonction de deux chemins forestiers, &agrave; 250 kilom&egrave;tres &agrave; vol d'oiseau au nord de l'&eacute;lection qu&eacute;b&eacute;coise en cours. Elle est triste et digne. Sauf qu'ici, l'oiseau que tient d&eacute;licatement dans ses mains un neveu algonquin est un b&eacute;b&eacute; qui ne sait pas encore voler. Il est tomb&eacute; d'un arbre.<br />
<br />
Quel est le lien avec l'&eacute;lection? &Agrave; la mi-juillet, les m&eacute;dias nous ont rapport&eacute; que des Atikamekw bloquaient une &eacute;quipe de bucherons de Produits forestiers R&eacute;solu de Montr&eacute;al. Cette compagnie, arm&eacute;e d'un droit de coupe officiel, voyait son &eacute;quipement et ses travailleurs emp&ecirc;ch&eacute;s de travailler sur leurs lots d&eacute;sign&eacute;s. Apr&egrave;s plusieurs jours de n&eacute;gociations, les Atikamekw r&eacute;sistants acceptaient, le vendredi 20 juillet, d'accepter la demande de la compagnie. Cela, sans en discuter avec d'autres membres de leur famille. Le 26 juillet, l'&eacute;quipe de la compagnie se heurte &agrave; nouveau &agrave; un barrage bien d&eacute;risoire &agrave; la jonction de deux chemins forestiers.<br />
<br />
La cam&eacute;ra nous montre d'abord une Grand-M&egrave;re autochtone qui prend son b&acirc;ton de parole et se dirige vers un groupe qui se tient debout au milieu de la route. Le groupe auquel elle s'adresse est compos&eacute; du sergent Saint-Louis de la SQ, de Guy Dionne, chef d'&eacute;quipe de la compagnie foresti&egrave;re, d'un agent de conservation de la nature qui filme le groupe autochtone et de deux observateurs blancs qui se tiennent au bord de la route.<br />
<br />
Le sergent Saint-Louis parle en premier. Il se pr&eacute;sente et demande le nom de son interlocutrice. Il explique qu'il ne prend pas parti dans le diff&eacute;rend, que son r&ocirc;le est de favoriser l'&eacute;laboration d'une entente pacifique. Si toutefois les autochtones persistent &agrave; emp&ecirc;cher les machines de passer, ils sont susceptibles de poursuites criminelles pour m&eacute;faits et d'&ecirc;tre accus&eacute;s d'avoir bris&eacute; la loi de la route, ce qui peut leur m&eacute;riter une amende.<br />
<br />
La Grand-M&egrave;re ne fait qu'une demande: que tous les bucherons approchent pour entendre ce qu'ils veulent leur expliquer. Ces Atikamekw demandent donc simplement de pouvoir parler directement &agrave; tous les bucherons demeur&eacute;s assis &agrave; l'arri&egrave;re. Dionne est g&ecirc;n&eacute; et ne sait trop quoi faire. Il n'est pas l&agrave; pour palabrer, mais pour traverser ou se voir refuser le passage, ce qui constituerait une offense au titre de la loi, &eacute;tat de fait dont t&eacute;moignera par la suite le sergent Saint-Louis. Il h&eacute;site puis explique qu'il repr&eacute;sente tous les bucherons et qu'il refuse de les stresser en leur faisant &eacute;couter les autochtone.<br />
<br />
La Grand-M&egrave;re accepte et annonce que son neveu, Jacob, veut leur montrer quelque chose. Celui-ci s'approche, tenant d&eacute;licatement un objet pos&eacute; sur un bout de tissu blanc. &laquo; Les travailleurs ne voient pas ce qui se passe ici &raquo;, dit-il en posant la petite perdrix par terre. Il s'est agenouill&eacute;.<br />
<br />
&laquo; Ceci est un b&eacute;b&eacute; oiseau. Chaque fois que vous faites tomber un arbre, vous ne voyez pas ceci. C'est pourquoi je voulais parler aux bucherons, pour qu'ils puissent voir ce qu'ils sont en train de faire. Il y a des orignaux qui courent autour d'ici, effray&eacute;s, jour et nuit. Il y a un petit ours qui court sans sa m&egrave;re. <br />
<br />
Ceci est notre vie. C'est &agrave; ceci que nous croyons. C'est la raison pour laquelle nous tentons de n&eacute;gocier quelque chose. Nous ne parlons pas &agrave; travers notre chapeau. (Montrant l'oiseau). Voil&agrave; la raison.<br />
<br />
Combien de nids avez-vous jet&eacute;s par terre cet &eacute;t&eacute;? Prenez-vous ceci en consid&eacute;ration? Combien d'autres animaux avez-vous chass&eacute;s de ce territoire? Alors, qu'est-ce que nous allons avoir &agrave; manger? Qu'est-ce que nous allons pouvoir montrer &agrave; nos enfants? Voil&agrave; pourquoi nous tentons de faire quelque chose.<br />
Ce n'est pas parce que nous sommes contre le syst&egrave;me. Ce n'est pas parce que nous sommes contre vos bucherons. C'est que nous voulons, c'est vous rendre conscients de la situation, d'introduire cela dans la conscience de l'industrie foresti&egrave;re, du gouvernement et de vous qui repr&eacute;sentez la justice, suppos&eacute;ment.<br />
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Maintenant, vous comprenez notre position. Vous voyez notre but, notre r&ecirc;ve. Le territoire de mon oncle est buch&eacute; &agrave; 80 % et ils vont tenter d'en couper encore? Sans compensation? Qu'allons-nous faire? Sommes-nous d&eacute;racin&eacute;s du syst&egrave;me? Nous n'avons pas de voix? Est-ce bien &ccedil;a votre d&eacute;mocratie pour rendre possible d'&eacute;craser les petites gens? Cela fait mal, non simplement &agrave; moi, mais &agrave; toutes les cr&eacute;atures du territoire. Les rivi&egrave;res sont d&eacute;rang&eacute;es. Que faites-vous aux poissons? Les animaux qui se d&eacute;placent la nuit, ils n'ont pas le temps de dormir. Voil&agrave; ce qui fait mal.<br />
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Alors si vous voulez continuer, allez-y et arr&ecirc;tez mes tantes. Arr&ecirc;tez les gens. Mais vous voyez ce que nous faisons, ce pour quoi nous r&eacute;sistons. &raquo; Jacob est encore agenouill&eacute;.<br />
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Le premier ao&ucirc;t, jour du d&eacute;clenchement des &eacute;lections, nous apprenions l'arrestation des deux Grands-M&egrave;res et celle de leur neveu Jacob. Quelque part, &agrave; la jonction entre deux chemins forestiers, &agrave; 250 km au nord de l'&eacute;lection en cours, se joue un drame relat&eacute; uniquement par un m&eacute;dia social, le seul qui ose nous relier, du Sud au Nord, avec une vision du monde que nous n'avons toujours pas int&eacute;gr&eacute;e. Si nous d&eacute;ferlons par milliers le jour de la terre, indign&eacute;s par les d&eacute;vastations, portant bien haut nos pancartes et ayant &agrave; peu pr&egrave;s appris par c&oelig;ur le petit cat&eacute;chisme du d&eacute;veloppement durable, comment osons-nous encore l'indiff&eacute;rence devant Jacob et les Grands-M&egrave;res?<br />
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<iframe frameborder="0" width="480" height="360" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xsimtg"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xsimtg_mamwi-unedited-uncut-version_news" target="_blank">Mamwi (unedited &amp;amp; uncut version)</a> <i>by <a href="http://www.dailymotion.com/maqex" target="_blank">maqex</a></i>]]></content>
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    <title>Éthique et corruption: rappel historique</title>
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    <published>2012-08-03T09:38:56-04:00</published>
    <updated>2012-10-03T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Pour les plus âgés qui peuvent se souvenir, comme pour les historiens, ce que nous vivons en ce début de période électorale peut rappeler les dernières années du règne de Duplessis. L'élection de 1956 avait donné lieu à un raz de marée en faveur de l'Union Nationale. L'achat massif des votes, le patronage donnant-donnant érigé en système incontesté, la création d'un ennemi imaginaire (le communisme) partout dissimulé et prêt à introduire le chaos dans la rue et dans les entreprises, la complicité active ou silencieuse de la majorité du clergé, etc., faisaient du vote une mascarade.]]></summary>
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        <name>Louis Rousseau</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-rousseau/"><![CDATA[Le th&egrave;me de l'&eacute;thique politique qu&eacute;b&eacute;coise est l'un de ceux qui a le don de faire honte aujourd'hui. Qu'on se rappelle le toll&eacute; g&eacute;n&eacute;ral qui a accueilli la page couverture du <em>Maclean's</em> il y a quelques mois. La valise du Bonhomme Carnaval d&eacute;bordant d'argent salle &eacute;tait tout simplement intol&eacute;rable. R&eacute;action premi&egrave;re: nous ne sommes pas les seuls &agrave; tol&eacute;rer la corruption au c&oelig;ur du fonctionnement de l'&Eacute;tat ou encore, ce n'est pas si pire que &ccedil;a! Mais pour plusieurs, sinon la majorit&eacute;, nous savions que cela &eacute;tait de pratique courante. Les recherches priv&eacute;es de certains parlementaires et surtout des journalistes d'enqu&ecirc;te, tendaient vers une conclusion accablante. La fraude &eacute;conomique et la transgression des r&egrave;gles d'impartialit&eacute; visant la justice et l'&eacute;quit&eacute; au sein de l'appareil d'&Eacute;tat &eacute;taient devenues syst&eacute;miques au Qu&eacute;bec. La d&eacute;ception, la honte et la r&eacute;volte citoyennes ont jailli de nos consciences. Quelque chose de sacr&eacute; &eacute;tait trahi. <br />
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Pour les plus &acirc;g&eacute;s qui peuvent se souvenir, comme pour les historiens, ce que nous vivons en ce d&eacute;but de p&eacute;riode &eacute;lectorale peut rappeler les derni&egrave;res ann&eacute;es du r&egrave;gne de Duplessis. L'&eacute;lection de 1956 avait donn&eacute; lieu &agrave; un raz de mar&eacute;e en faveur de l'Union Nationale. L'achat massif des votes, le patronage donnant-donnant &eacute;rig&eacute; en syst&egrave;me incontest&eacute;, la cr&eacute;ation d'un ennemi imaginaire (le communisme) partout dissimul&eacute; et pr&ecirc;t &agrave; introduire le chaos dans la rue et dans les entreprises, la complicit&eacute; active ou silencieuse de la majorit&eacute; du clerg&eacute;, etc., faisaient du vote une mascarade. Petit ouvrier du textile devenu petit aubergiste, mon p&egrave;re, par exemple, devait chaque ann&eacute;e remplir une enveloppe de beaux billets et la remettre au patroneux de l'Union Nationale sous peine de perdre sa licence. Quelle humiliation!<br />
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C'est dans ce contexte qu'en mai 1956 les abb&eacute;s Dion et O'Neil d&eacute;cid&egrave;rent d'en d&eacute;crier le sympt&ocirc;me &eacute;clatant d'un catholicisme qu&eacute;b&eacute;cois en pleine d&eacute;cadence. &laquo; Les &eacute;lections (...) ont donn&eacute; lieu &agrave; l'&eacute;talage public de principes et d'attitudes qui touchent &agrave; la morale chr&eacute;tienne &raquo;, &eacute;crivent-ils dans un texte destin&eacute; d'abord &agrave; un auditoire restreint de pr&ecirc;tres, mais dont <em>Le Devoir</em> s'emparera et qui sera comment&eacute; partout au Canada et m&ecirc;me &agrave; l'&eacute;tranger (&laquo; Lendemains d'&eacute;lection &raquo;). C'est ce m&ecirc;me texte qui sera au c&oelig;ur de <em>Le chr&eacute;tien et les &eacute;lections</em>, paru six semaines avant l'&eacute;lection de juin 1960. Ce best-seller politique &eacute;dit&eacute; par Jacques H&eacute;bert (33 400 copies) contribuera &agrave; la victoire historique des lib&eacute;raux aux d&eacute;pens de l'Union Nationale. Il contribuera puissamment &agrave; affermir une &eacute;thique politique dont s'inspireront toutes les lois balisant le fonctionnement de l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois contemporain et notre syst&egrave;me &eacute;lectoral actuel.<br />
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&Agrave; quoi peut bien servir ce rappel historique? &Agrave; nous remettre en m&eacute;moire un h&eacute;ritage critique essentiel. Le d&eacute;tournement de nos institutions communes en instruments d'exploitation de la majorit&eacute; au profit d'une minorit&eacute; est partout et toujours un processus gravissime. Au nom de quoi affirmer cela? Parce que ces institutions, conquises et cr&eacute;&eacute;es par des luttes populaires visant l'ench&acirc;ssement de la libert&eacute; et de la justice pour tous et toutes, sont garantes de ce qui d&eacute;passe chaque personne, la poursuite d'une vie bonne en commun. Il s'agit d'une finalit&eacute; historique et transcendante &agrave; la fois.<br />
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La commission Charbonneau ne r&egrave;glera pas la corruption politique actuelle. Elle en mesurera partiellement l'ampleur. Elle risque fort de demeurer sans suite en l'absence d'une revalorisation de toutes nos institutions d&eacute;mocratiques. Cela implique la manifestation publique d'un r&eacute;veil de notre &eacute;thique citoyenne afin d'appuyer les changements &agrave; venir dans nos r&egrave;gles communes. Nous en voyons les signes avant-coureurs. Un mouvement social puissant et complexe le porte d&eacute;j&agrave;.<br />
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En choisissant le 4 septembre comme date de l'&eacute;lection, les lib&eacute;raux veulent &eacute;videmment se soustraire &agrave; un jugement populaire inform&eacute; par une connaissance pr&eacute;cise des faits. Une premi&egrave;re action citoyenne s'impose donc pour emp&ecirc;cher une nouvelle d&eacute;gradation de nos m&oelig;urs et de nos institutions. Il s'agit d'une condition n&eacute;cessaire mais non suffisante. Elle permettra &agrave; un nouvel horizon politique de pouvoir se dessiner. Nous demeurerons responsables de la suite.<br />
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<HH--236SLIDEEXPAND--242234--HH>]]></content>
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