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  <title>Louis Balthazar</title>
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  <updated>2013-05-22T17:32:47-04:00</updated>
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    <name>Louis Balthazar</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Louis Balthazar</subtitle>
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    <title>La leçon philosophique politique de Barack Obama</title>
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    <published>2013-01-24T09:38:47-05:00</published>
    <updated>2013-03-26T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le discours inaugural qui a fait suite à la seconde investiture de Barak Obama peut être considéré comme un des grands discours présidentiels de l'histoire américaine. Je voudrais souligner ici les éléments de philosophie politique inclus dans ce discours. Les Américains sont très fiers, à juste titre, de leur déclaration d'indépendance, judicieusement conçue et rédigée par le grand fondateur de la démocratie américaine, Thomas Jefferson.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
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    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[Le discours inaugural qui a fait suite &agrave; la seconde investiture de Barack Obama peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un des grands discours pr&eacute;sidentiels de l'histoire am&eacute;ricaine.<br />
<br />
Je voudrais souligner ici les &eacute;l&eacute;ments de philosophie politique inclus dans ce discours. Les Am&eacute;ricains sont tr&egrave;s fiers, &agrave; juste titre, de leur d&eacute;claration d'ind&eacute;pendance, judicieusement con&ccedil;ue et r&eacute;dig&eacute;e par le grand fondateur de la d&eacute;mocratie am&eacute;ricaine, Thomas Jefferson. Comme cela convient dans les circonstances, Obama s'en remet &agrave; ce texte quasi sacr&eacute; pour annoncer la politique de son second mandat. <br />
<br />
<strong>L'individualisme am&eacute;ricain</strong><br />
<br />
<em>&laquo; Ce qui fait de nous des Am&eacute;ricains, d&eacute;clare-t-il, c'est notre all&eacute;geance &agrave; une id&eacute;e, articul&eacute;e dans cette d&eacute;claration &eacute;mise il y a plus de deux cents ans. &raquo;</em> Puis il cite ces mots qui sont des articles de foi pour tous les citoyens am&eacute;ricains :<em> &laquo; Nous tenons ces v&eacute;rit&eacute;s pour &eacute;videntes par elles-m&ecirc;mes que tous les hommes sont n&eacute;s &eacute;gaux et que leur Cr&eacute;ateur les a dot&eacute;s de droits inali&eacute;nables parmi lesquels la vie, la libert&eacute; et la recherche du bonheur. &raquo;</em> Comme la suite du texte de la D&eacute;claration mentionne que les gouvernements n'ont &eacute;t&eacute; institu&eacute;s que pour garantir ces droits, on interpr&egrave;te habituellement cette affirmation comme la sacralisation de l'individualisme lib&eacute;ral. Il n'appartient pas au gouvernement de faire le bonheur du citoyen mais bien &agrave; celui-ci d'organiser sa vie comme il l'entend, dans le plein exercice de sa libert&eacute; et sa propre recherche du bonheur.  On y voit l'apologie d'un gouvernement minimaliste.<br />
<br />
Obama ne remet pas en question cet individualisme fondamental. Il le qualifie cependant en faisant remarquer que <em>&laquo; les patriotes de 1776 n'ont pas combattu pour remplacer la tyrannie d'un roi par les privil&egrave;ges d'un petit nombre ou la r&egrave;gle de la foule anarchique. Ils nous ont donn&eacute; une R&eacute;publique, un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, confiant &agrave; chaque g&eacute;n&eacute;ration la mission de sauvegarder le credo fondateur. &raquo;</em><br />
<br />
En d'autres termes, l'&eacute;tablissement d'une r&eacute;publique donne un sens pr&eacute;cis aux libert&eacute;s individuelles. Elles affectent des citoyens qui ont des responsabilit&eacute;s envers l'ensemble de la soci&eacute;t&eacute; qui est leur patrie. Elles ne peuvent s'exercer que dans le contexte de l'&eacute;galit&eacute;. Il est bien vrai que cette &eacute;galit&eacute; ne d&eacute;passe gu&egrave;re la naissance selon le libell&eacute; de la D&eacute;claration. Mais les Am&eacute;ricains s'entendent g&eacute;n&eacute;ralement pour affirmer que &laquo; l'&eacute;galit&eacute; des chances &raquo; doit pr&eacute;valoir et affecter tous le citoyens.<br />
<br />
<strong>L'esprit r&eacute;publicain</strong><br />
<br />
L'esprit r&eacute;publicain comporte donc une certaine dose de solidarit&eacute; qu'on aurait tort d'interpr&eacute;ter comme du socialisme &agrave; l'instar des ennemis d'Obama dans l'extr&ecirc;me-droite am&eacute;ricaine. Cette solidarit&eacute; est bien exprim&eacute;e par les premiers mots de la Constitution r&eacute;publicaine de 1787, repris vigoureusement par le discours pr&eacute;sidentiel : &laquo; Nous le peuple &raquo;, c'est-&agrave;-dire nous les citoyens d&eacute;positaires de la souverainet&eacute; nationale, nous le peuple souverain. C'est dans cet esprit qu'Obama peut poursuivre :<br />
<br />
<em>&laquo; Ensemble, nous avons constat&eacute; qu'un libre march&eacute; ne se d&eacute;veloppe pas sans la r&eacute;gulation qui assure la comp&eacute;tition et l'&eacute;quit&eacute;. Ensemble, nous avons d&eacute;cid&eacute; qu'une grande nation se doit de pr&ecirc;ter attention  &agrave; ceux qui sont vuln&eacute;rables et &agrave; prot&eacute;ger sa population des pires dangers et infortunes de la vie. &raquo;</em> Cela ne veut pas dire, poursuit le pr&eacute;sident, qu'il faille s'en remettre au seul gouvernement pour enrayer tous les maux de la soci&eacute;t&eacute;: <em>&laquo;nous avons toujours compris que, suivant l'&eacute;volution, notre fid&eacute;lit&eacute; &agrave; nos principes fondateurs requiert de nouvelles solutions; que la pr&eacute;servation de nos libert&eacute;s individuelles requiert en d&eacute;finitive une action collective. &raquo;</em><br />
<br />
Cette action collective est n&eacute;cessaire si &laquo; nous le peuple &raquo; prenons bien conscience que les &Eacute;tats-Unis ne sont pas fid&egrave;les &agrave; leurs principes fondateurs si la richesse est concentr&eacute;e dans une poign&eacute;e de personnes quand la grande majorit&eacute; des citoyens ne parvient pas &agrave; joindre les deux bouts. Cette action collective est encore n&eacute;cessaire pour maintenir l'&eacute;galit&eacute; des chances pour tous, y compris les homosexuels, les immigrants et tous ceux qui sont affect&eacute;s par les d&eacute;sastres qui r&eacute;sultent des changements climatiques.<br />
<br />
Voil&agrave; qui justifie, aux yeux d'Obama toutes les interventions qu'il se promet de mettre en oeuvre au cours de son second mandat : le contr&ocirc;le des armes &agrave; feu, le r&egrave;glement du probl&egrave;me des immigrants ill&eacute;gaux, une politique de diminution des gaz &agrave; effets de serre, le maintien des grands programmes d'assurance-maladie et de s&eacute;curit&eacute; sociale.  En effet, d&eacute;clare le pr&eacute;sident au point d'en faire froncer les sourcils de plusieurs<em> &laquo; nous n'avons pas &agrave; choisir entre le soin de la g&eacute;n&eacute;ration qui a b&acirc;ti ce pays et l'investissement dans la g&eacute;n&eacute;ration qui b&acirc;tira son avenir. &raquo;</em><br />
<br />
Pour bien traduire le dynamisme de cet esprit de citoyennet&eacute; r&eacute;publicaine, le pr&eacute;sident se livre &agrave; une merveilleuse allit&eacute;ration en alignant des &eacute;v&eacute;nements qui ont concr&eacute;tis&eacute; peu &agrave; peu le principe de l'&eacute;galit&eacute; des chances : Seneca Falls &eacute;voque les premiers moments de la lutte des femmes am&eacute;ricaines pour obtenir le doit de vote, Selma rappelle la marche de Martin Luther King dans cette ville de la G&eacute;orgie en 1965 pour &eacute;tablir le droit civil des Afro-Am&eacute;ricains et Stonewall est le nom d'un bar gai de New York qui a &eacute;t&eacute; l'objet d'une descente injuste en 1969. Tout cela se produit dans le temps et r&eacute;v&egrave;le que la fid&eacute;lit&eacute; &agrave; des principes est toujours susceptible de se traduire diff&eacute;remment selon l'&eacute;volution des mentalit&eacute;s et des soci&eacute;t&eacute;s.<br />
<br />
Voil&agrave; donc la mission que le pr&eacute;sident Obama assigne aux citoyens de la R&eacute;publique des &Eacute;tats-Unis, de faire en sorte que<em> &laquo; la vie, la libert&eacute; et la poursuite du bonheur &raquo;</em> aient un sens pour chacun d'entre eux.<br />
<br />
Cet individualisme n'est pas possible sans le concours de tous les citoyens, sans une action collective qui doit &ecirc;tre confi&eacute;e au gouvernement.<br />
<br />
Ce programme demeure sans doute fortement teint&eacute; d'utopie.  Compte tenu de la forte opposition &agrave; laquelle le pr&eacute;sident doit faire face, il sera s&ucirc;rement mis &agrave; l'&eacute;preuve. Il convenait tout de m&ecirc;me de l'exprimer, tout particuli&egrave;rement &agrave; ceux qui appartiennent &agrave; un parti qui se dit toujours r&eacute;publicain.<br />
<br />
<strong>EN IMAGES:</strong><br />
<br />
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    <title>La succession de Hillary Clinton</title>
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    <published>2012-11-22T13:41:53-05:00</published>
    <updated>2013-01-22T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Il semble bien que le voyage de Hillary Clinton, accompagnant le Président Obama en Asie et son bref séjour en Israël et en Égypte, auront été les derniers périples de son brillant mandat à la tête du Secrétariat d'État américain. Qui lui succèdera? Le président n'a pas annoncé officiellement le nom de la personne qui sera soumise à la ratification du Sénat. D'après la plupart des observateurs, c'est Susan Rice, présentement ambassadrice aux Nations Unies, qui sera nommée.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[Il semble bien que le voyage de Hillary Clinton, accompagnant le Pr&eacute;sident Obama en Asie et son bref s&eacute;jour en Isra&euml;l et en &Eacute;gypte, auront &eacute;t&eacute; les derniers p&eacute;riples de son brillant mandat &agrave; la t&ecirc;te du Secr&eacute;tariat d'&Eacute;tat am&eacute;ricain. Qui lui succ&egrave;dera? Le pr&eacute;sident n'a pas annonc&eacute; officiellement le nom de la personne qui sera soumise &agrave; la ratification du S&eacute;nat. D'apr&egrave;s la plupart des observateurs, c'est Susan Rice, pr&eacute;sentement ambassadrice aux Nations Unies, qui sera nomm&eacute;e. Elle appara&icirc;t comme la pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e d'Obama. Il la conna&icirc;t depuis longtemps. Elle l'a conseill&eacute;e durant la campagne de 2008.<br />
<br />
Elle est pr&eacute;sentement aux prises avec des accusations venant des r&eacute;publicains, tels John McCain, de l'Arizona (le candidat r&eacute;publicain &agrave; la pr&eacute;sidence en 2008) et Lindsey Graham de la Caroline du Sud. Les m&eacute;dias s'y int&eacute;ressent beaucoup. La population semble raffoler des questions relatives aux responsabilit&eacute;s &agrave; l'occasion d'un drame.<br />
<br />
C'est l'attaque terroriste dans laquelle l'ambassadeur Chris Stevens a perdu la vie &agrave; Benghazi, le 11 septembre dernier, qui est en cause. Une date fatidique! Mitt Romney a tent&eacute; gauchement d'utiliser l'&eacute;v&eacute;nement pour des fins partisanes durant la campagne pr&eacute;sidentielle. Mal lui en prit. Le pr&eacute;sident s'en est bien tir&eacute; en invoquant la gravit&eacute; de la situation qui devait &eacute;chapper &agrave; la politisation.<br />
<br />
Mais les interrogations demeurent. Tout particuli&egrave;rement quant au r&ocirc;le de Susan Rice au lendemain de la trag&eacute;die. C'est elle qui a &eacute;t&eacute; charg&eacute;e d'accorder une s&eacute;rie d'entrevues aux diverses cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision. Elle aurait d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment associ&eacute; l'attentat aux nombreuses r&eacute;actions des populations musulmanes &agrave; l'affreux et blasph&eacute;matoire vid&eacute;o &laquo; L'innocence de l'Islam &raquo; produit par un Am&eacute;ricain; sans faire r&eacute;f&eacute;rence au terrorisme du r&eacute;seau Al Qaeda, dont on sait maintenant qu'il est le seul responsable. Elle aurait fait preuve d'irresponsabilit&eacute;, d'incomp&eacute;tence. Elle aurait tromp&eacute; la population et ne m&eacute;riterait donc pas d'acc&eacute;der &agrave; la direction des Affaires &eacute;trang&egrave;res.<br />
<br />
Quel est le sens de ces accusations?<br />
<br />
Quel que soit le bien-fond&eacute; de ces accusations qui font maintenant l'objet d'une commission sp&eacute;ciale du S&eacute;nat, elles traduisent une inqui&eacute;tude fondamentale chez ses auteurs : une conception de la politique &eacute;trang&egrave;re qu'on veut opposer &agrave; celle d'Obama.<br />
<br />
La faute qu'on reproche &agrave; Susan Rice, c'est de n'avoir pas d&eacute;cel&eacute; spontan&eacute;ment le mal absolu qui se dresse contre les &Eacute;tats-Unis, cet ennemi qu'il faut sans cesse diaboliser pour se donner bonne conscience. En d&eacute;non&ccedil;ant les terroristes malfaisants, les responsables am&eacute;ricains sont ainsi dispens&eacute;s d'&eacute;voquer leurs propres responsabilit&eacute;s, de reconna&icirc;tre leurs propres erreurs, de tenir une politique plus nuanc&eacute;e, plus discr&egrave;te et de renoncer &agrave; l'exceptionnalisme qui n'a plus gu&egrave;re de sens dans le monde d'aujourd'hui, s'il en a jamais eu. Les r&eacute;publicains esp&egrave;reraient prolonger la dichotomie manich&eacute;iste qui a tant servi les &Eacute;tats-Unis au cours de la guerre froide et plus r&eacute;cemment durant la &laquo; guerre globale au terrorisme &raquo; de George W. Bush.<br />
<br />
Tout en poursuivant la lutte au terrorisme d'une mani&egrave;re plus discr&egrave;te, Obama a voulu mettre en oeuvre, d'une mani&egrave;re bien incompl&egrave;te, une nouvelle politique au cours de son premier mandat. Une politique fond&eacute;e sur la multipolarit&eacute; et l'interd&eacute;pendance. C'est l&agrave; ce qu'une femme, comme Susan Rice, appartenant &agrave; l'&eacute;cole de l'internationalisme lib&eacute;ral, pourrait articuler au cours des prochaines ann&eacute;es &agrave; titre de Secr&eacute;taire d'&Eacute;tat aux Affaires &eacute;trang&egrave;res.<br />
<br />
Derri&egrave;re la mise en cause de Susan Rice, c'est le leadership discret, instrumentalis&eacute; dans l'intervention en Lybie, qui est en question. Les r&eacute;publicains soutiennent que l'administration Obama a fait preuve de n&eacute;gligence en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; dans cet &Eacute;tat encore bien fragile. C'est aussi la tendance propre &agrave; Obama de ne pas pr&eacute;senter les &Eacute;tats-Unis comme une superpuissance infaillible et de reconna&icirc;tre que les &Eacute;tats-Unis ont beaucoup &agrave; apprendre des autres d&eacute;mocraties, de plus en plus nombreuses dans cet univers tiss&eacute; d'interd&eacute;pendances.<br />
<br />
D'apr&egrave;s une publication r&eacute;cente du Council on Foreign Relations, &laquo; s'adapter &agrave; la multipolarit&eacute; ne signifie pas qu'il faille renoncer au leadership des &Eacute;tats-Unis. Un leadership de coalition signifie que les &Eacute;tats-Unis vont diriger en collaboration et par des accords r&eacute;ciproques plut&ocirc;t que de recourir &agrave; la pr&eacute;pond&eacute;rance, aux menaces et &agrave; la coercition &raquo; (Daniel Deudney et John Ikenberry, &laquo; An American Grand Strategy for a Post-exceptionalist Era &raquo;. Voil&agrave; un programme qui pourrait bien &ecirc;tre mis en oeuvre au cours de second mandat d'Obama. <br />
<br />
Derri&egrave;re l'opposition &agrave; Susan Rice, c'est ce programme qui est en cause.  Ce pourrait bien &ecirc;tre l'esprit de la politique &eacute;trang&egrave;re d'Obama.]]></content>
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    <title>Un choix de politique étrangère pour les Américains</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/louis-balthazar/politique-etrangere_b_1970202.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1970202</id>
    <published>2012-10-16T10:45:29-04:00</published>
    <updated>2012-12-16T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[ La politique étrangère demeure le plus souvent un enjeu mineur pour l'électorat américain. Pour le reste du monde cependant, la politique étrangère est la question fondamentale. Nous nous demandons tous, hors des États-Unis, comment le comportement de la superpuissance affectera le monde dans lequel nous vivrons au cours des quatre prochaines années.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[La politique &eacute;trang&egrave;re demeure le plus souvent un enjeu mineur pour l'&eacute;lectorat am&eacute;ricain. En d&eacute;pit de l'importance croissante qu'on accorde &agrave; de pr&eacute;tendues failles de s&eacute;curit&eacute; dans les missions am&eacute;ricaines au Moyen-Orient, il ne semble pas que cela puisse devenir un facteur important de l'&eacute;quation de la campagne pr&eacute;sidentielle. <br />
<br />
Pour le reste du monde cependant, la politique &eacute;trang&egrave;re est la question fondamentale. Nous nous demandons tous, hors des &Eacute;tats-Unis, comment le comportement de la superpuissance affectera le monde dans lequel nous vivrons au cours des quatre prochaines ann&eacute;es. <br />
<br />
<strong>Une certaine continuit&eacute; <br />
</strong><br />
La politique &eacute;trang&egrave;re des &Eacute;tats-Unis comporte une machinerie si lourde qu'elle ne peut g&eacute;n&eacute;ralement &ecirc;tre modifi&eacute;e d'une mani&egrave;re substantielle par un changement &agrave; la pr&eacute;sidence. <br />
Ainsi, au cours du mandat qui s'ach&egrave;ve, on a pu observer beaucoup plus de continuit&eacute; qu'on l'aurait cru. Le pr&eacute;sident Obama apportait avec lui de grands espoirs, une volont&eacute; de rupture fondamentale avec l'administration de George W. Bush, un nouvel esprit insuffl&eacute; &agrave; la diplomatie am&eacute;ricaine. Les grands discours de 2009 rompaient &agrave; ce point avec la politique de la canonni&egrave;re du dernier gouvernement r&eacute;publicain que le nouveau pr&eacute;sident s'est vu attribuer le prix Nobel de la paix. <br />
<br />
Cependant, dans les faits, les &Eacute;tats-Unis demeuraient bien engag&eacute;s dans une guerre aussi meurtri&egrave;re qu'inutile en Afghanistan. Obama a m&ecirc;me approuv&eacute; un accroissement notable des effectifs. La lutte au terrorisme se poursuivait syst&eacute;matiquement, bien qu'elle faisait l'objet de moins de d&eacute;clarations et qu'elle se concentrait davantage sur des cibles pr&eacute;cises. On a observ&eacute; une augmentation significative des attaques d'avions robot (les fameux drones) accompagn&eacute;s d'effets meurtriers dans les populations civiles. La prison de Guantanamo est toujours en place. Les relations ne se sont gu&egrave;re am&eacute;lior&eacute;es, ni avec la Russie, ni avec la Chine, ni avec la Cor&eacute;e du Nord, ni avec l'Iran, ni en fait avec la plupart des pays du monde. <br />
<br />
Le pr&eacute;sident a obtenu un grand succ&egrave;s avec la capture de Ben-Laden. Mais voil&agrave; justement une op&eacute;ration qui ne se distingue gu&egrave;re du style des interventions muscl&eacute;es de l'administration pr&eacute;c&eacute;dente. On peut en dire autant de l'assassinat cibl&eacute; d'Al-Awlaki, un citoyen am&eacute;ricain, au Y&eacute;men, en septembre 2011, et de plusieurs autres cibles de drones.<br />
<br />
On pourrait continuer sur cette veine et en venir &agrave; la conclusion, dont plusieurs ne se sont pas priv&eacute;s, que la politique d'Obama poursuivait celle de George W. Bush, bien qu'en adoptant un style nouveau. Tout d&eacute;pend de ce qu'on entend par &laquo; style &raquo;. Mais on aurait tort d'enfermer la diplomatie am&eacute;ricaine sous Obama dans de vaines paroles sans cons&eacute;quence. Malgr&eacute; toutes les continuit&eacute;s de cette diplomatie, malgr&eacute; ses t&acirc;tonnements et ses m&eacute;saventures, elle a n&eacute;anmoins &eacute;t&eacute; affect&eacute;e par un esprit nouveau. <br />
<br />
<strong>Une nouvelle perception du monde <br />
</strong><br />
Barack Obama est un &ecirc;tre complexe et sa politique est souvent le fruit de longues r&eacute;flexions et d'un souci d'&eacute;quilibre qui en devient parfois obsessionnel. Sa perception du monde est aussi marqu&eacute;e par la complexit&eacute;. C'est ce qui le distingue fondamentalement de son pr&eacute;d&eacute;cesseur et aussi, tout probablement, de son adversaire r&eacute;publicain dans la course &agrave; la pr&eacute;sidence.  <br />
<br />
George W. Bush voyait les relations internationales en termes fort simples : Washington demeurait incontestablement la seule grande puissance et le seul grand r&eacute;servoir de bienveillance pour le monde entier. Barack Obama, au contraire, per&ccedil;oit un monde en flux constant, vou&eacute; &agrave; la multipolarit&eacute;. Il est bien conscient que les &Eacute;tats-Unis ne sont plus la seule grande puissance qui compte. Tout en visant &agrave; maximiser la puissance am&eacute;ricaine, il est conscient de g&eacute;rer la destin&eacute;e et les actions d'une puissance en d&eacute;clin relatif. Non pas que les &Eacute;tats-Unis ne demeureront pas encore longtemps le pays le plus puissant du monde, mais ils devront tenir compte de plus en plus des autres acteurs majeurs du syst&egrave;me international. <br />
<br />
Parmi bien d'autres, deux traits de la diplomatie obamienne illustrent fort bien cette nouvelle conscience &agrave; Washington. D'abord, la reconnaissance des faillites pass&eacute;es. Il va de soi que cela ne peut &ecirc;tre claironn&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement. Barack Obama s'est content&eacute; de le faire une seule fois d'une mani&egrave;re explicite. C'est au moment de son discours du 4 juin 2009, au Caire, un discours qui annon&ccedil;ait &agrave; sa fa&ccedil;on, le printemps arabe qui allait se manifester un an et demi plus tard. En pleine Guerre froide, a-t-il os&eacute; dire, les &Eacute;tats-Unis ont jou&eacute; un r&ocirc;le dans le renversement d'un gouvernement iranien d&eacute;mocratiquement &eacute;lu.C'&eacute;tait suffisant pour qu'on lui reproche de renoncer &agrave; l'exceptionnalisme am&eacute;ricain selon lequel les &Eacute;tats-Unis ont toujours raison. <br />
<br />
La seconde marque de cette nouvelle diplomatie s'est manifest&eacute;e au moment de l'intervention en Lybie. Obama a bien voulu que les forces arm&eacute;es am&eacute;ricaines viennent en aide aux rebelles oppos&eacute;s &agrave; la dictature de Khadafi, mais il a insist&eacute; pour que cela se fasse discr&egrave;tement, laissant la premi&egrave;re place &agrave; la France et au Royaume-Uni. En pratique, les forces am&eacute;ricaines jouaient toujours un r&ocirc;le pr&eacute;pond&eacute;rant, mais la discr&eacute;tion am&eacute;ricaine est demeur&eacute;e telle qu'on a pu accuser Obama de diriger dans l'ombre (leadership frombehind). Encore ici, c'&eacute;tait une premi&egrave;re dans l'histoire am&eacute;ricaine. Jamais Washington n'avait accept&eacute; de faire partie d'une alliance qu'elle ne contr&ocirc;lait pas visiblement. <br />
<br />
<strong>L'&eacute;nigme Romney <br />
</strong><br />
Il est difficile d'identifier clairement ce que serait la politique &eacute;trang&egrave;re d'un Mitt Romney. Si l'on se fie &agrave; ses discours de campagne &eacute;lectorale, notamment celui qu'il a livr&eacute;, le 6 octobre dernier au Virginia Military Institute, il faut croire qu'un pr&eacute;sident Romney chercherait &agrave; affirmer sans nuances le leadership des &Eacute;tats-Unis au Moyen-Orient, un leadership qu'appellent de leurs v&oelig;ux, selon lui, la plupart des acteurs de la r&eacute;gion. Il s'engage &agrave; &laquo; projeter la puissance am&eacute;ricaine &raquo; d'une mani&egrave;re plus d&eacute;cisive que jamais. D&egrave;s les premiers jours de son administration, il entrerait en confrontation avec les leaders chinois qu'il accuse de manipuler grossi&egrave;rement les taux de change. Il s'opposerait aussi plus vigoureusement qu'Obama &agrave; la Russie de Wladimir Poutine, &agrave; ses yeux le pire ennemi des &Eacute;tats-Unis. <br />
<br />
Mais il semble bien qu'en d&eacute;finitive, en d&eacute;pit d'une rh&eacute;torique plus muscl&eacute;e, le nouveau pr&eacute;sident ne modifierait pas sensiblement la politique d'Obama dans des dossiers comme l'opposition &agrave; la construction nucl&eacute;aire en Iran, l'aide aux rebelles syriens ou le retrait graduel des troupes en Afghanistan. <br />
<br />
Romney pourrait aussi surprendre, comme jadis le belliqueux Nixon qui est all&eacute; embrasser Mao en 1972. Mais, il semble clair, pour le moment, qu'il ne voudrait renoncer ni &agrave; l'exceptionnalisme am&eacute;ricain ni au leadership tous azimuts. <br />
<br />
<strong>Un choix clair <br />
</strong><br />
En somme, les Am&eacute;ricains feront un choix d&eacute;terminant, le 6 novembre prochain. Ils pourront reporter au pouvoir un pr&eacute;sident qui para&icirc;t bien dispos&eacute; &agrave; gouverner dans le cadre d'un monde de plus en plus complexe. Un monde dans lequel la puissance am&eacute;ricaine subit un net d&eacute;clin, tout relatif qu'il soit. Il semble bien que Barack Obama ferait oublier un exceptionnalisme am&eacute;ricain qui a toujours repos&eacute; d'ailleurs, sur une fiction. Tout indique aussi qu'il poursuivrait un leadership discret dans un monde de plus en plus multipolaire. <br />
<br />
Par contre, Mitt Romney annonce une pr&eacute;sidence am&eacute;ricaine qui fermerait les yeux sur un d&eacute;clin qu'on consid&egrave;re &agrave; droite comme une pure fabrication lib&eacute;rale. Un nouveau pr&eacute;sident r&eacute;publicain voudrait rev&ecirc;tir le manteau de Ronald Reagan et clamer &agrave; nouveau la grandeur et l'invincibilit&eacute; des &Eacute;tats-Unis, sans trop se soucier de la complexit&eacute; du monde de 2013. C'est notre responsabilit&eacute;, disait-il r&eacute;cemment, d'utiliser la puissance de l'Am&eacute;rique pour fa&ccedil;onner l'histoire et non pour diriger dans l'ombre, laissant notre destin&eacute;e &agrave; la merci des &eacute;v&eacute;nements. <br />
<br />
Voil&agrave; un choix plut&ocirc;t clair.]]></content>
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    <title>Perspectives de la campagne présidentielle aux États-Unis</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1876980</id>
    <published>2012-09-12T09:44:09-04:00</published>
    <updated>2012-11-12T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[« Ben Laden est mort, General Motors est en vie ». Voilà le slogan de campagne proposé par le vice-président Joe Biden lors de la récente Convention du Parti démocrate. Quel que soit l'impact de cette formule, il est clair que la grande manifestation partisane a donné un léger avantage aux Démocrates en dépit de l'état lamentable de l'économie. Jamais, dans l'histoire récente, un président américain n'a été réélu alors que le taux de chômage dépassait 7,2%. Barack Obama fera-t-il mentir cette règle impitoyable avec un taux qui dépasse 8%?]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[&laquo; Ben Laden est mort, General Motors est en vie &raquo;. Voil&agrave; le slogan de campagne propos&eacute; par le vice-pr&eacute;sident Joe Biden lors de la r&eacute;cente Convention du Parti d&eacute;mocrate. Quel que soit l'impact de cette formule, il est clair que la grande manifestation partisane a donn&eacute; un l&eacute;ger avantage aux D&eacute;mocrates en d&eacute;pit de l'&eacute;tat lamentable de l'&eacute;conomie. Jamais, dans l'histoire r&eacute;cente, un pr&eacute;sident am&eacute;ricain n'a &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;lu alors que le taux de ch&ocirc;mage d&eacute;passait 7,2%. Barack Obama fera-t-il mentir cette r&egrave;gle impitoyable avec un taux qui d&eacute;passe 8%?<br />
<br />
<strong>Les avantages d'Obama<br />
</strong><br />
Pour le moment, Obama est en avance dans les &Eacute;tats cl&eacute;s sur lesquels se concentre la campagne. En raison du syst&egrave;me d'&eacute;lection par un coll&egrave;ge &eacute;lectoral o&ugrave;, dans la plupart des &Eacute;tats, les membres de ce coll&egrave;ge votent tous de la m&ecirc;me fa&ccedil;on selon le vote populaire, plusieurs &Eacute;tats sont d&eacute;j&agrave; acquis &agrave; l'un ou l'autre des candidats. La campagne est pratiquement termin&eacute;e dans des &Eacute;tats comme la Californie, New York, Illinois et autres (gains assur&eacute;s pour Obama), Texas, Arizona et autres (gains assur&eacute;s pour Romney). Reste une dizaine d'&Eacute;tats qui pourraient pencher d'un c&ocirc;t&eacute; ou de l'autre. C'est l&agrave; que se jouera la campagne d'ici le 6 novembre.<br />
<br />
L'avance du pr&eacute;sident est attribuable &agrave; plusieurs facteurs. D'abord sa personnalit&eacute;. M&ecirc;me si Obama est souvent jug&eacute; hautain et froid, il attire tout de m&ecirc;me la sympathie, bien davantage que son adversaire Mitt Romney qui n'arrive pas &agrave; passer la rampe. De plus, les politiques sociales du pr&eacute;sident lui attirent une nette pr&eacute;s&eacute;ance chez les femmes. Il jouit aussi d'une forte popularit&eacute; chez les Latinos (personnes issues de l'immigration d'Am&eacute;rique latine).Ses prises de position en mati&egrave;re d'immigration lui valent la faveur de cette population en forte croissance. Le programme du Parti r&eacute;publicain qui ferme la porte &agrave; la r&eacute;gularisation des immigrants ill&eacute;gaux est plut&ocirc;t mal re&ccedil;u par les Am&eacute;ricains issus de l'immigration. Enfin, le vote des Afro-Am&eacute;ricains est toujours assur&eacute; pour le premier pr&eacute;sident noir de l'histoire des &Eacute;tats-Unis.<br />
<br />
Les trois d&eacute;bats qui auront lieu au cours du mois d'octobre pourraient &ecirc;tre d&eacute;terminants quant &agrave; l'issue de la campagne. Les deux candidats s'y pr&eacute;parent d&eacute;j&agrave; et les arguments ne manquent pas de part et d'autre pour d&eacute;stabiliser l'adversaire. Le moindre &eacute;cart dans la prestation de chacun pourrait &ecirc;tre fatal. Or, il semble bien qu'Obama soit en meilleure posture dans ce domaine. Il est certainement meilleur orateur queMitt Romney toujours enclin aux gaffes. Il sait habituellement faire preuve d'une contenance remarquable. Il pourrait bien dominer les d&eacute;bats.<br />
<br />
<strong>Les avantages de Romney<br />
</strong><br />
Par contre, le candidat r&eacute;publicain repr&eacute;sente toujours un espoir de changement. Il domine nettement aupr&egrave;s des hommes blancs de la classe moyenne chez qui l'argument individualiste traditionnel p&egrave;se toujours tr&egrave;s lourd. &laquo; Ce sont des individus qui ont fait la grandeur de l'Am&eacute;rique &raquo;, proclamait Ronald Reagan. Cette affirmation touche encore profond&eacute;ment la fiert&eacute; du m&acirc;le am&eacute;ricain prompt &agrave; recourir &agrave; ses propres moyens et &agrave; d&eacute;noncer les entraves dans l'atteinte de ses objectifs.<br />
<br />
Le candidat r&eacute;publicain est aussi favoris&eacute; par les lois &eacute;lectorales. Selon une tradition anachronique, chacun des &Eacute;tats de l'Union est responsable du processus de l'&eacute;lection du pr&eacute;sident. Une majorit&eacute; d'entre eux est contr&ocirc;l&eacute;e par des R&eacute;publicains qui s'&eacute;vertuent souvent &agrave; imposer des r&egrave;gles strictes et parfois tatillonnes  comme l'obligation de d&eacute;tenir une carte d'identit&eacute;, la limitation du vote par anticipation ou d'autres mesures discriminatoires.  L'effet de ces r&egrave;gles est de limiter le vote de certaines cat&eacute;gories de citoyens susceptibles de voter d&eacute;mocrate.  On se souvient de la situation rocambolesque de la Floride &agrave; l'&eacute;lection de 2000.<br />
<br />
Enfin, des &eacute;v&eacute;nements inattendus peuvent toujours affecter consid&eacute;rablement la candidature fragile du pr&eacute;sident sortant. Par exemple, une grave intensification de la d&eacute;b&acirc;cle &eacute;conomique ou une crise internationale. On sait notamment que le premier ministre d'Isra&euml;l, Benjamin Netanyahou, fera tout ce qu'il peut pour faire battre Obama qu'il accuse sans cesse de faiblesse &agrave; l'endroit de l'Iran et de son programme nucl&eacute;aire. S'il fallait qu'Isra&euml;l ex&eacute;cute sa menace de bombarder les installations nucl&eacute;aires iraniennes, Obama se trouverait en fort mauvaise posture. S'il volait au secours de son alli&eacute;, il pr&eacute;cipiterait une crise grave au Moyen-Orient : un cauchemar pour les &Eacute;tats-Unis. S'il s'abstenait d'intervenir, il serait aussit&ocirc;t accus&eacute; par son adversaire d'abandonner un alli&eacute; fid&egrave;le et de manquer de leadership. Dans les deux cas, l'effet imm&eacute;diat pourrait favoriser le candidat r&eacute;publicain.<br />
<br />
<strong>Des lendemains difficiles<br />
</strong><br />
Si Obama parvient  &agrave; se faire r&eacute;&eacute;lire, cela pourra fort bien se traduire par une victoire &agrave; la Pyrrhus. En effet, non seulement les probl&egrave;mes demeurent-ils toujours &eacute;normes pour un pr&eacute;sident am&eacute;ricain dans le contexte mondial actuel, mais il semble bien qu'un Obama se trouverait &agrave; nouveau &agrave; faire face &agrave; une Chambre des Repr&eacute;sentants domin&eacute;e par les R&eacute;publicains. Il se peut aussi que les D&eacute;mocrates perdent le contr&ocirc;le du S&eacute;nat qui joue un r&ocirc;le primordial quant &agrave; la nomination des juges, celle des diplomates et la ratification des trait&eacute;s. M&ecirc;me si la majorit&eacute; des si&egrave;ges de la Chambre haute appartenait toujours au parti du pr&eacute;sident, il appara&icirc;t &agrave; peu pr&egrave;s impossible que cette majorit&eacute; atteigne le 60% qui la mettrait &agrave; l'abri des tracasseries de la minorit&eacute;, comme la menace du flibustier. Les D&eacute;mocrates sont encourag&eacute;s par la perspective d'un leadership r&eacute;publicain qui ne pourrait plus poursuivre l'objectif de faire battre le pr&eacute;sident &agrave; la prochaine &eacute;lection puisque ce serait un dernier mandat pour Obama. On esp&egrave;re donc que les compromis seraient d&eacute;sormais possibles. Des espoirs bien fragiles!<br />
<br />
D'autre part, si Mitt Romney devenait pr&eacute;sident, tout ce qu'on pourrait esp&eacute;rer, c'est qu'il en vienne &agrave; modifier son programme de sorte &agrave; sauvegarder l'essentiel de la s&eacute;curit&eacute; sociale et aussi certains &eacute;l&eacute;ments de l'Obamacare, le programme d'assurance-maladie qui devrait entrer en vigueur en 2014. Pour le moment, &agrave; regarder l'ensemble du programme r&eacute;publicain, on voit mal en quoi il se distingue de celui des ann&eacute;es 2000 qui ont pr&eacute;cipit&eacute; le d&eacute;sastre &eacute;conomique actuel. On a beau ignorer l'h&eacute;ritage de George W. Bush, son ombre plane toujours une future pr&eacute;sidence Romney, avec en moins le conservatisme de compassion qu'affectionnait l'&eacute;lu (?) de 2000.<br />
<br />
Chose certaine, le pr&eacute;sident des &Eacute;tats-Unis de 2013, quel qu'il soit, est appel&eacute; &agrave; une t&acirc;che hercul&eacute;enne. Face &agrave; une population m&eacute;contente, il devra g&eacute;rer d'une mani&egrave;re ou de l'autre un d&eacute;clin relatif de la puissance am&eacute;ricaine. <br />
<br />
C'est &agrave; suivre avec un immense int&eacute;r&ecirc;t, surtout pour nous qui sommes condamn&eacute;s &agrave; vivre dans l'orbite am&eacute;ricaine.]]></content>
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    <title>L'espoir de changement, cette fois-ci, appartient aux Républicains</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1871828</id>
    <published>2012-09-10T14:08:57-04:00</published>
    <updated>2012-11-10T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[En 2012, on ne peut plus affirmer que « tout est possible » et les Démocrates peinent à démontrer que les États-Unis sont en meilleure posture qu'ils l'étaient il y quatre ans. Le Président peut cependant se targuer d'avoir relancé l'économie, imposé une certaine discipline aux milieux financiers, instauré un programme d'assurance-maladie presque universel, mis sur pied des programmes d'aide à l'éducation et proposé des solutions pour contrer des déficits insupportables, rejetés cavalièrement par un Congrès républicain hostile.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[Il est bien loin le temps o&ugrave; un jeune candidat, issu de la minorit&eacute; noire, suscitait l'enthousiasme et faisait na&icirc;tre de nouveaux espoirs dans un pays en mauvaise passe. En 2008, Obama pouvait faire une superbe campagne avec le fameux &laquo; yes we can &raquo; comme cri de ralliement.<br />
<br />
En 2012, on ne peut plus affirmer que &laquo; tout est possible &raquo; et les D&eacute;mocrates peinent &agrave; d&eacute;montrer que les &Eacute;tats-Unis sont en meilleure posture qu'ils l'&eacute;taient il y quatre ans.<br />
<br />
<strong>Un bilan plus que convenable</strong><br />
<br />
Le Pr&eacute;sident peut cependant se targuer d'avoir relanc&eacute; l'&eacute;conomie, impos&eacute; une certaine discipline aux milieux financiers, instaur&eacute; un programme d'assurance-maladie presque universel, mis sur pied des programmes d'aide &agrave; l'&eacute;ducation et propos&eacute; des solutions pour contrer des d&eacute;ficits insupportables, rejet&eacute;s cavali&egrave;rement par un Congr&egrave;s r&eacute;publicain hostile. En politique &eacute;trang&egrave;re, il aura instaur&eacute; un style nouveau de coop&eacute;ration tout en recentrant la lutte au terrorisme contre des adversaires bien cibl&eacute;s. Il aura mis fin &agrave; la guerre en Irak et annonc&eacute; la fin prochaine de celle en Afghanistan. Beaucoup de bourdes et de faillites ont &eacute;t&eacute; oubli&eacute;es &agrave; la faveur de la capture de Ben-Laden qui a valu au pr&eacute;sident l'approbation g&eacute;n&eacute;rale et la stature d'un Commandant-en-chef efficace.<br />
<br />
<strong>Un candidat r&eacute;publicain pitoyable</strong><br />
<br />
Mitt Romney est s&ucirc;rement l'un des candidats pr&eacute;sidentiels les plus faibles des derni&egrave;res ann&eacute;es. Il peine &agrave; se donner une image positive et demeure affubl&eacute; d'&eacute;normes contradictions dans sa carri&egrave;re politique. Il aurait pu se pr&eacute;senter comme un valeureux h&eacute;ritier de l'aile mod&eacute;r&eacute;e de son parti. De par son p&egrave;re, George Romney, candidat aux primaires pr&eacute;sidentielles de 1968 et de par son mandat comme gouverneur du Massachusetts, il appartenait &agrave; une belle tradition r&eacute;publicaine, conservatrice mais respectueuse des acquis du New Deal et affect&eacute; d'un certain sens des responsabilit&eacute;s gouvernementales. Durant ses ann&eacute;es &agrave; Beacon Hill, il a cr&eacute;&eacute; un programme public d'assurance-maladie qui a servi de mod&egrave;le &agrave; celui d'Obama, favoris&eacute; le libre choix en mati&egrave;re d'avortement,  le contr&ocirc;le des armes et la lutte au r&eacute;chauffement climatique. Les p&eacute;nibles &eacute;lections primaires de son parti l'ont forc&eacute; &agrave; retraiter sur tous ces plans et &agrave; se conformer &agrave; l'une des plateformes les plus &eacute;troitement conservatrices qu'on n'ait jamais vues aux &Eacute;tats-Unis.<br />
<br />
On aurait pu croire et esp&eacute;rer qu'une fois d&eacute;gag&eacute; de ses adversaires d'extr&ecirc;me-droite, il se serait sensiblement rapproch&eacute; du centre. Mais il n'en est rien. Il continue de renier son pass&eacute; et son h&eacute;ritage. Il n'ose plus faire valoir son exp&eacute;rience au gouvernement d'un &Eacute;tat et doit se contenter de se pr&eacute;senter presque exclusivement comme un homme d'affaires, fier de son grand succ&egrave;s &agrave; la t&ecirc;te d'une entreprise de capitalisation. Il tarde &agrave; rendre compte de ses d&eacute;clarations de revenu et demeure toujours la cible de ceux qui l'accusent d'avoir b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'injustes abris fiscaux. On pourrait encore esp&eacute;rer que Romney, une fois &eacute;lu pr&eacute;sident, laisserait place au syndrome de &laquo; Nixon en Chine &raquo; et pourrait se permettre de r&eacute;aliser des politiques progressistes. Cette esp&eacute;rance est an&eacute;antie par le choix de son colistier, Paul Ryan. Ce dernier, bien connu pour le programme &eacute;conomique qu'il a propos&eacute; en tant que pr&eacute;sident de la Commission du Budget au Congr&egrave;s, s'est enferm&eacute; dans les perspectives simplistes  des coupures d'imp&ocirc;ts accompagn&eacute;es de fortes restrictions des programmes sociaux et de l'augmentation des d&eacute;penses militaires. Romney ent&eacute;rine les vues de Ryan et s'en remet presque exclusivement aux  libert&eacute;s individuelles pour restaurer l'&eacute;conomie.<br />
<br />
Ajoutez &agrave; cela l'absence totale de charisme du candidat r&eacute;publicain, ses propensions aux faux pas et aux gaucheries. On pourrait en conclure que la victoire sera facile pour Barack Obama qui appara&icirc;t toujours plus sympathique aux yeux des Am&eacute;ricains. <br />
<br />
<strong>Les Am&eacute;ricains sont moroses</strong><br />
<br />
C'est sans compter sur la morosit&eacute; ambiante de l'&eacute;lectorat, sur la profonde insatisfaction des Am&eacute;ricains envers leur gouvernement. Obama a bien pu relancer l'&eacute;conomie, rescaper des banques et sauver General Motors. Il n'en a pas moins failli lamentablement au chapitre des emplois et de la relance de l'immobilier. Que cela soit d&ucirc; &agrave; la mauvaise volont&eacute; des R&eacute;publicains du Congr&egrave;s et &agrave; leur obstruction syst&eacute;matique des programmes de stimulation de l'emploi et de lutte au d&eacute;ficit, il n'en reste pas moins que la classe moyenne se porte mal. On ne peut m&ecirc;me pas se consoler en constatant que la pente est ascendante. Au contraire, tout va de plus en plus mal. Selon un sondage r&eacute;cent, 72% des Am&eacute;ricains croient que l'&eacute;conomie nationale et la lutte au d&eacute;ficit sont sur la mauvaise voie, 67% croient qu'il en est de m&ecirc;me pour l'emploi et la lutte au ch&ocirc;mage et 57% d&eacute;plorent que les affaires publiques sont en mauvais &eacute;tat. De l&agrave; &agrave; faire porter le bl&acirc;me pour cet &eacute;tat de choses au pr&eacute;sident, il n'y a qu'un pas qu'on franchit all&egrave;grement.<br />
<br />
Selon la formule tranchante d'un commentateur de Washington, le pire ennemi d'Obama n'est pas Romney, mais Obama lui-m&ecirc;me ou &agrave; tout le moins l'image que s'en font des millions d'Am&eacute;ricains, ce qui revient au m&ecirc;me en politique.<br />
<br />
En cons&eacute;quence, jusqu'&agrave; maintenant, la campagne a &eacute;t&eacute; fortement n&eacute;gative des deux c&ocirc;t&eacute;s. Pour Obama, s'il est vrai que son image de pr&eacute;sident d&eacute;ficient est son pire ennemi, ce serait peine perdue de s'enfermer dans son bilan, f&ucirc;t-il fort valable. Son meilleur atout demeure la faiblesse de son adversaire et la campagne d&eacute;mocrate ne s'est pas priv&eacute;e d'exploiter cette situation et de fondre sur les contradictions et carences de Mitt Romney. &Agrave; l'inverse, du c&ocirc;t&eacute; r&eacute;publicain, l'hostilit&eacute; qu'inspire le pr&eacute;sident en divers milieux et le profond d&eacute;senchantement &agrave; son &eacute;gard sont des th&egrave;mes faciles auxquels on a largement recours. L'espoir de changement, cette fois-ci, appartient aux R&eacute;publicains.<br />
<br />
<strong>Les grandes conventions nationales<br />
</strong><br />
Les grandes conventions partisanes ont-elles chang&eacute; la donne? Puisque ces conventions sont devenues &agrave; peu pr&egrave;s inutiles &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; les candidats sont d&eacute;j&agrave; d&eacute;sign&eacute;s, elles se r&eacute;sument &agrave; de grands spectacles m&eacute;diatiques susceptibles de r&eacute;chauffer l'enthousiasme des militants et de redorer l'image du candidat. Les discours des t&eacute;nors auxquels on fait appel ont continu&eacute; de puiser dans les arguments n&eacute;gatifs, mais il fallait bien aussi chanter les m&eacute;rites du candidat.<br />
<br />
Ainsi, &agrave; Tampa Bay, les R&eacute;publicains ont voulu rendre leur candidat plus humain, plus sympathique, en faisant parler son &eacute;pouse et en mettant en &eacute;vidence ses qualit&eacute;s de p&egrave;re de famille. Le candidat &agrave; la vice-pr&eacute;sidence, un Paul Ryan plus m&eacute;diatique a pu aussi faire valoir sa forte personnalit&eacute;, mettre en &eacute;vidence sa force de caract&egrave;re, sa sinc&eacute;rit&eacute;, son courage &agrave; &eacute;noncer un programme concret en vue de mettre de l'ordre dans les finances publiques. On en a profit&eacute; pour chanter les vertus des traditions am&eacute;ricaines de libert&eacute; individuelle et de m&eacute;fiance &agrave; l'endroit du gouvernement.<br />
<br />
&Agrave; Charlotte, en Caroline du Nord, d'apr&egrave;s la plupart des observateurs, les D&eacute;mocrates ont eu plus de succ&egrave;s en r&eacute;pliquant aux R&eacute;publicains. Il semble que Michelle Obama ait mieux r&eacute;ussi qu'Ann Romney &agrave; glorifier son illustre &eacute;poux. Bill Clinton, jouissant d'une &eacute;norme popularit&eacute;, a livr&eacute; un message de grande qualit&eacute;, faisant valoir sa gouvernance d&eacute;mocrate des ann&eacute;es 90, alors qu'il r&eacute;ussissait &agrave; combler le d&eacute;ficit public tout en se permettant d'augmenter les imp&ocirc;ts. Il a pu rappeler &eacute;loquemment la lourde responsabilit&eacute; de l'administration r&eacute;publicaine de George W. Bush dans les d&eacute;boires de l'&eacute;conomie am&eacute;ricaine: &eacute;normes d&eacute;penses et coupures de taxes! Il a demand&eacute; aux Am&eacute;ricains de reconna&icirc;tre qu'Obama ne pouvait pas tout faire en quatre ans et qu'il fallait lui donner du temps. Oubliant les hostilit&eacute;s de 2008, Clinton a donn&eacute; un appui solide et sans &eacute;quivoque &agrave; Barack Obama.<br />
<br />
Le pr&eacute;sident lui-m&ecirc;me a su r&eacute;chauffer ses militants et faire preuve d'une &eacute;loquence qui rappelait la campagne de 2008. Dans un discours en crescendo, il a fait valoir ses r&eacute;alisations, tout en reconnaissant qu'elles sont bien partielles, il a fait appel aux solidarit&eacute;s dont sont capables les Am&eacute;ricains. &Agrave; l'individualisme d&eacute;nud&eacute; des R&eacute;publicains, il a oppos&eacute; l'engagement social : &laquo; la libert&eacute; n'est pas valable sans un engagement envers les autres &raquo;. Il a repris le th&egrave;me de l'espoir en attribuant les efforts de son administration aux citoyens am&eacute;ricains eux-m&ecirc;mes : &laquo; you made it &raquo; (c'est vous qui avez fait cela). Enfin, parlant au milieu des acclamations, il a r&eacute;p&eacute;t&eacute; : &laquo; je ne vous ai jamais dit que ce serait facile &raquo;. L'enthousiasme &eacute;tait d&eacute;lirant.<br />
<br />
Au lendemain de la convention, le pr&eacute;sident est en meilleure posture que jamais. Si l'&eacute;lection avait lieu demain matin, il serait tout probablement &eacute;lu. Mais la v&eacute;ritable campagne ne fait que commencer. Dans un billet ult&eacute;rieur, je ferai &eacute;tat des &eacute;tapes &agrave; venir et des emb&ucirc;ches d'une course &agrave; la pr&eacute;sidence o&ugrave; des surprises et des revirements sont toujours possibles.]]></content>
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    <title>PQ minoritaire et promotion de la langue française</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/louis-balthazar/langue-francaise-pq_b_1867189.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1867189</id>
    <published>2012-09-08T13:03:10-04:00</published>
    <updated>2012-11-08T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Il est bien regrettable que des quartiers montréalais autrefois francophones se soient transformés aussi rapidement. Non pas qu'il faille déplorer l'apparition de la multiethnicité dans plusieurs secteurs de la ville. C'est là, au contraire, un enrichissement. Le grand mal, c'est plutôt l'exode massif des francophones vers les banlieues. Comment voulez-vous que les immigrants s'intègrent à la majorité si cette majorité n'est plus visible autour d'eux?]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[Le nouveau gouvernement du Parti qu&eacute;b&eacute;cois sera-t-il en mesure de mettre en oeuvre son programme en mati&egrave;re identitaire? Il semble bien que les partis d'opposition feront obstacle aux aspects coercitifs des politiques envisag&eacute;es : limitation de l'acc&egrave;s au c&eacute;geps anglophones, tests de citoyennet&eacute;, charte de la la&iuml;cit&eacute;.<br />
<br />
Ce pourrait &ecirc;tre l'occasion pour le gouvernement de Pauline Marois de recourir &agrave; des moyens moins radicaux, plus incitatifs dans la poursuite des m&ecirc;mes objectifs. En mati&egrave;re de langue, notamment, il n'y a aucune raison de renoncer &agrave; entraver l'&eacute;rosion du fran&ccedil;ais &agrave; Montr&eacute;al. &Agrave; cet &eacute;gard, l'objectif fondamental, c'est l'int&eacute;gration harmonieuse des immigrants, leur utilisation du fran&ccedil;ais sur la place publique et leur adh&eacute;sion &agrave; la culture qu&eacute;b&eacute;coise.<br />
<br />
Des lois peuvent contribuer &agrave; l'atteinte de cet objectif, mais le meilleur moyen demeure l'instauration d'un climat d'amiti&eacute; civique. Ce sont les interactions fr&eacute;quentes entre immigrants et citoyens d&eacute;j&agrave; &eacute;tablis qui favorisent davantage l'int&eacute;gration. Dans la mesure o&ugrave; les immigrants se retrouvent entre eux dans des ghettos ou quartiers ethniques, il y a bien peu de chances qu'ils s'int&egrave;grent &agrave; la culture publique commune.<br />
<br />
Il est bien regrettable que des quartiers montr&eacute;alais autrefois francophones se soient transform&eacute;s aussi rapidement. Non pas qu'il faille d&eacute;plorer l'apparition de la multiethnicit&eacute; dans plusieurs secteurs de la ville. C'est l&agrave;, au contraire, un enrichissement. Le grand mal, c'est plut&ocirc;t l'exode massif des francophones vers les banlieues. Comment voulez-vous que les immigrants s'int&egrave;grent &agrave; la majorit&eacute; si cette majorit&eacute; n'est plus visible autour d'eux?<br />
<br />
On comprend bien les raisons qui entra&icirc;nent les jeunes Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; s'installer dans la couronne du 450. Le prix des maisons y est plus abordable, les taxes moins &eacute;lev&eacute;es et, semble-t-il, aux yeux de plusieurs, la qualit&eacute; de vie meilleure. Dans une dynamique bien nord-am&eacute;ricaine, on se retrouve dans des agglom&eacute;rations passablement homog&egrave;nes, loin des bruits et transformations de la ville. On &eacute;chappe ainsi au devoir d'accueil des immigrants et &agrave; la v&eacute;ritable vie urbaine. Sans compter le d&eacute;sastre &eacute;cologique produit par l'incessante circulation entre la m&eacute;tropole et les banlieues qui l'entourent et l'&eacute;touffent.<br />
<br />
Il est impossible de contrer directement cette tendance. Mais un gouvernement peut d&eacute;ployer plusieurs moyens incitatifs pour encourager les francophones &agrave; demeurer sur l'ile de Montr&eacute;al. Par des politiques d'urbanisme, de subventions, d'aides diverses &agrave; l'habitation en milieu urbain. On peut aussi lancer des campagnes de promotion du bonheur de vivre en ville, quand ce ne serait que pour se rapprocher de son milieu de travail au point de s'y rendre &agrave; pied ou en v&eacute;lo. On fait bien des campagnes publicitaires contre l'usage du tabac ou la vitesse en automobile. Pourquoi pas une grande campagne de valorisation de la vie urbaine, pour des motifs &eacute;cologiques, esth&eacute;tiques, historiques et combien d'autres.<br />
<br />
Je demande peut-&ecirc;tre l'impossible &agrave; un gouvernement qui vient de se faire &eacute;lire pour une tr&egrave;s grande part par des &eacute;lecteurs de banlieues. Mais ce gouvernement s'est aussi engag&eacute; &agrave; promouvoir la langue fran&ccedil;aise. Cela veut dire concr&egrave;tement stimuler l'usage de la langue fran&ccedil;aise dans la m&eacute;tropole de Montr&eacute;al. Comment le visage de cette ville demeurera-t-il fran&ccedil;ais si les francophones s'en &eacute;loignent?<br />
<br />
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    <title>Le culte des armes à feu</title>
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    <published>2012-07-21T12:46:47-04:00</published>
    <updated>2012-09-20T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Dans un pays où un timide programme d'assurance-maladie est encore impopulaire, comment penser qu'on puisse accepter facilement le contrôle des armes ? Si les Américains sont encore si peu sensibles au sort de trente millions des leurs qui n'ont pas les moyens de s'assurer des services de la médecine, comment voulez-vous qu'ils croient opportun de prévenir d'autres tueries au moyen de nouvelles règlementations et de restrictions aux libertés individuelles ?]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[Une autre tuerie aux &Eacute;tats-Unis. Un &eacute;v&eacute;nement presque banal. Cela se produit plus de vingt fois par ann&eacute;e. Cette fois-ci, la r&eacute;alit&eacute; cruelle du carnage rejoint la fiction populaire. On croyait que cela faisait partie du film.<br />
<br />
Le film, c'est plus que <em>Batman</em>. C'est l'histoire m&ecirc;me des &Eacute;tats-Unis. C'est le culte de l'individu, de l'individu fort, ind&eacute;pendant, capable de se faire justice &agrave; lui-m&ecirc;me. C'est Batman, mais aussi Superman, Spiderman et le cow-boy, h&eacute;ros du Far West incarn&eacute; par les John Wayne et autres grands Am&eacute;ricains. Charlton Heston fut pr&eacute;sident et membre honorifique &agrave; vie de la National Rifle Association, le plus puissant lobby de l'histoire des &Eacute;tats-Unis qui compte pourtant des milliers de membres. Une organisation qui existe depuis 1871 et s'&eacute;vertue &agrave; combattre quelque contr&ocirc;le que ce soit des armes &agrave; feux en vertu du sacro-saint second amendement de la Constitution, partie du Bill of Rights ou Charte des droits : &laquo; Une milice bien organis&eacute;e &eacute;tant n&eacute;cessaire &agrave; la s&eacute;curit&eacute; d'un &Eacute;tat libre, le droit qu'a le peuple de d&eacute;tenir et de porter des armes ne sera pas transgress&eacute;. &raquo; <br />
<br />
Peu importe que la possession individuelle d'une arme &agrave; feu n'ait plus rien &agrave; voir de nos jours avec une milice bien organis&eacute;e en vue de la s&eacute;curit&eacute; de l'&Eacute;tat. Il s'agit toujours d'un droit profond&eacute;ment inscrit dans la culture am&eacute;ricaine et dans la signification qu'elle attribue &agrave; la libert&eacute;. Ainsi la v&eacute;n&eacute;rable Cour supr&ecirc;me des &Eacute;tats-Unis ent&eacute;rine le droit individuel de porter une arme. Aussi r&eacute;cemment qu'en 2008, elle invalide un r&egrave;glement du district de Columbia comportant une obligation de d&eacute;clarer la possession d'armes.<br />
<br />
Sans doute un grand nombre d'Am&eacute;ricains s'activent avec raison pour &eacute;tablir &agrave; tout le moins une forme de contr&ocirc;le de la vente et de la possession des armes &agrave; feux. Ainsi, &agrave; la suite de la tuerie de Denver, un personnage aussi prestigieux que le maire de New York, Michael Bloomberg, s'empresse de d&eacute;clarer : &laquo;Il est peut-&ecirc;tre temps que les deux hommes qui veulent &ecirc;tre pr&eacute;sident des &Eacute;tats-Unis se l&egrave;vent et nous disent ce qu'ils vont faire &agrave; ce sujet, car il s'agit &agrave; l'&eacute;vidence d'un probl&egrave;me qui concerne tout le pays.&raquo;<br />
<br />
Mais en m&ecirc;me temps, des voix s'&eacute;l&egrave;vent dans les milieux conservateurs pour souhaiter au contraire que le droit strict de tout individu de garder sur lui ou pr&egrave;s de lui une arme &agrave; feu soit non seulement pr&eacute;serv&eacute; mais encourag&eacute;. Si plus de personnes avaient &eacute;t&eacute; arm&eacute;es dans la salle du Multiplex de Denver, le tueur aurait peut-&ecirc;tre fait moins de victimes. Voil&agrave; ce qu'on peut toujours soutenir au pays de l'Oncle Sam. On peut imaginer les batailles de rue auxquelles donnerait lieu l'universalisation du droit de d&eacute;fense par les armes. Cela n'emp&ecirc;che pas plusieurs Am&eacute;ricains de pr&ocirc;ner le caract&egrave;re dissuasif des armes &agrave; feux.<br />
<br />
<strong>Une question de campagne &eacute;lectorale ?</strong><br />
<br />
En cons&eacute;quence, il y a peu de chances que les candidats &agrave; la pr&eacute;sidence fassent campagne sur cette question. De toute fa&ccedil;on, Mitt Romney s'est d&eacute;j&agrave; prononc&eacute; en faveur de la libert&eacute; absolue selon la ligne conservatrice qui pr&eacute;vaut pr&eacute;sentement dans le Parti r&eacute;publicain. Certes il a d&eacute;j&agrave; favoris&eacute; le contr&ocirc;le des armes, mais l&agrave; dessus comme sur bien d'autres questions, il a eu t&ocirc;t fait de changer d'avis en fonction des pressions dont il est l'objet. Quant &agrave; Obama, lui aussi a d&ucirc; att&eacute;nuer ses engagements de 2008. Dans une campagne o&ugrave; la moindre allusion &agrave; la solidarit&eacute; sociale et &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; de la r&eacute;gulation &eacute;tatique fait scandale, il serait &eacute;tonnant qu'il se mette &agrave; plaider en faveur d'une autre intervention gouvernementale. D&eacute;j&agrave; ses adversaires et m&ecirc;me des observateurs soi-disant ind&eacute;pendants lui reprochent de ne pas &eacute;pouser le sens de la libert&eacute; individuelle inscrite au c&oelig;ur de la tradition am&eacute;ricaine. Imaginez le proc&egrave;s qu'on lui fera s'il ose s'aventurer sur la question du droit de porter des armes.<br />
<br />
Dans un pays o&ugrave; un timide programme d'assurance-maladie est encore impopulaire, comment penser qu'on puisse accepter facilement le contr&ocirc;le des armes ? Si les Am&eacute;ricains sont encore si peu sensibles au sort de trente millions des leurs qui n'ont pas les moyens de s'assurer des services de la m&eacute;decine, comment voulez-vous qu'ils croient opportun de pr&eacute;venir d'autres tueries au moyen de nouvelles r&egrave;glementations et de restrictions aux libert&eacute;s individuelles ?]]></content>
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    <title>Une victoire limitée pour Obama</title>
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    <published>2012-06-29T09:20:17-04:00</published>
    <updated>2012-08-29T05:12:05-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Certes, il a dû se plier à de pénibles compromis, comme celui d'abandonner sa nette préférence pour un système public universel. Le programme qui a été sauvegardé par la Cour suprême demeure confiné au privé. Il se contente de stimuler l'assurance individuelle en offrant une aide ponctuelle et surtout en limitant les coûts de l'assurance. Malgré tout, ce programme constitue un grand pas en avant pour la sécurité de dizaines de millions d'Américains.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[Il faut le dire et le redire. Le jugement historique de la Cour supr&ecirc;me des &Eacute;tats-Unis, le 28 juin dernier, comporte d'abord une grande victoire pour la population am&eacute;ricaine, qu'elle en soit consciente ou non. C'est une victoire pour 30 millions d'Am&eacute;ricains qui n'ont pas les moyens de se pourvoir d'une assurance-maladie. Une victoire pour tous ceux qui sont menac&eacute;s de perdre leur assurance en raison de leur condition physique. Une victoire aussi pour ceux qui n'osent quitter un emploi ali&eacute;nant pour ne pas perdre l'assurance attach&eacute;e &agrave; cet emploi.<br />
<br />
<strong>Une victoire pour Obama<br />
</strong><br />
C'est aussi &eacute;videmment une illustre victoire pour celui qui s'est obstin&eacute; &agrave; r&eacute;aliser le projet qui &eacute;tait au c&oelig;ur de sa campagne &eacute;lectorale : faire en sorte que l'ensemble des Am&eacute;ricains soit prot&eacute;g&eacute; contre les d&eacute;penses excessives occasionn&eacute;es par la maladie, &agrave; l'instar de la grande majorit&eacute; des populations de pays d&eacute;velopp&eacute;s. Obama a r&eacute;ussi, de peine et de mis&egrave;re, contre vents et mar&eacute;es, contre l'opposition f&eacute;roce des puissants lobbies des soci&eacute;t&eacute;s d'assurance, de l'industrie pharmaceutique et d'autres organisations du monde de la sant&eacute;.<br />
<br />
Il a r&eacute;ussi l&agrave; o&ugrave; avaient &eacute;chou&eacute; plusieurs de ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs depuis Th&eacute;odore Roosevelt. Certes, il a d&ucirc; se plier &agrave; de p&eacute;nibles compromis, comme celui d'abandonner sa nette pr&eacute;f&eacute;rence pour un syst&egrave;me public universel. Le programme qui a &eacute;t&eacute; sauvegard&eacute; par la Cour supr&ecirc;me demeure confin&eacute; au priv&eacute;. Il se contente de stimuler l'assurance individuelle en offrant une aide ponctuelle et surtout en limitant les co&ucirc;ts de l'assurance. Malgr&eacute; tout, ce programme constitue un grand pas en avant pour la s&eacute;curit&eacute; de dizaines de millions d'Am&eacute;ricains.<br />
<br />
C'est un atout ind&eacute;niable pour la dure campagne &eacute;lectorale du pr&eacute;sident en vue de sa r&eacute;&eacute;lection pour un second mandat. Il se pr&eacute;sentera &agrave; la population aur&eacute;ol&eacute;e de cette victoire. Il pourra enfin se concentrer sur les succ&egrave;s de son administration plut&ocirc;t que sur les faiblesses de son adversaire. Le jugement de la plus haute Cour conf&egrave;rera s&ucirc;rement une l&eacute;gitimit&eacute; nouvelle &agrave; l'Obamacare.<br />
<br />
<strong>Une victoire bien limit&eacute;e<br />
</strong><br />
Il ne s'agit pas pour autant d'une victoire d&eacute;cisive. Pour l&eacute;gitime que soit devenue la loi sur l'accessibilit&eacute; aux soins de sant&eacute;, elle n'en devient pas populaire. Le candidat Mitt Romney s'est empress&eacute; de le faire remarquer. Une loi conforme &agrave; la Constitution n'en est pas n&eacute;cessairement une bonne loi, loin s'en faut. Une forte majorit&eacute; d'Am&eacute;ricains continue de s'opposer &agrave; cette loi. C'est difficile &agrave; comprendre de l'ext&eacute;rieur. Mais il faut bien constater que la plupart des Am&eacute;ricains sont d&eacute;j&agrave; satisfaits de l'assurance-maladie dont ils d&eacute;fraient personnellement les primes ou dont ils b&eacute;n&eacute;ficient de par un emploi ou un programme de retraite. Que 50 millions de personnes ne soient pas assur&eacute;es, c'est l&agrave; &eacute;videmment un scandale, mais cela ne se traduit que d'une fa&ccedil;on minime dans l'opinion publique et encore moins dans l'&eacute;lectorat. Ce qui pr&eacute;vaut plut&ocirc;t dans la population, c'est la satisfaction &agrave; l'endroit d'un syst&egrave;me qui pr&eacute;serve la libert&eacute; individuelle. C'est aussi un grand malaise eu &eacute;gard &agrave; un dispositif qui, tout en sauvegardant une d&eacute;marche priv&eacute;e, en vient &agrave; contraindre 30 millions de personnes &agrave; s'assurer sous peine de contraventions.<br />
<br />
Or le jugement rendu par le juge-en-chef John Roberts porte une &eacute;valuation nuanc&eacute;e de ce dispositif. Il ne le l&eacute;gitime pas en raison de la clause constitutionnelle qui autorise la r&eacute;gulation des activit&eacute;s commerciales des &Eacute;tats, mais bien parce que les sanctions impos&eacute;es &agrave; ceux qui ne se conformeraient pas &agrave; l'obligation de se pourvoir d'une assurance-maladie constituent &agrave; ses yeux une taxe et rel&egrave;ve donc du pouvoir de taxation du Congr&egrave;s. Les adversaires du pr&eacute;sident ont d&eacute;j&agrave; saut&eacute; sur cette justification pour en faire un argument dans leur lutte au programme pr&eacute;sidentiel. Obama s'&eacute;tait bien d&eacute;fendu d'assimiler les p&eacute;nalit&eacute;s pr&eacute;vues &agrave; une taxe. Il s'&eacute;tait d'ailleurs engag&eacute; &agrave; ne pas imposer de nouveaux imp&ocirc;ts &agrave; la classe moyenne. On r&eacute;p&egrave;tera &agrave; sati&eacute;t&eacute; que le pr&eacute;sident a trahi ses promesses.<br />
<br />
Enfin, le programme d'accessibilit&eacute; aux soins de sant&eacute; demeure fort complexe et ne se traduit pas en formules simples. Les r&eacute;publicains ont beau jeu de le d&eacute;noncer comme contraire aux libert&eacute;s individuelles, entra&icirc;nant le pays dans la ruine en raison de co&ucirc;ts astronomiques. Ils ont aussi beau jeu de se livrer &agrave; des affirmations carr&eacute;ment mensong&egrave;res : Obama introduirait une distance entre les personnes et leur m&eacute;decin, il restreindrait les choix individuels, il diminuerait le programme d'aide aux personnes &acirc;g&eacute;es, le Medicare et d'autres &eacute;normit&eacute;s comme les soi-disant comit&eacute;s de la mort (&laquo; death panels &raquo;) qui seraient charg&eacute;s d'&eacute;valuer au rabais des soins procur&eacute;s aux vieillards en fin de vie.<br />
<br />
Il faudra donc que le pr&eacute;sident s'applique comme jamais &agrave; r&eacute;futer ces mensonges, &agrave; mieux expliquer son programme, &agrave; faire valoir ses avantages &eacute;vidents pour l'ensemble de la population aussi bien que pour les d&eacute;munis. Le jugement de la Cour supr&ecirc;me lui donne un erre d'aller, mais il comptera, somme toute, assez peu dans ses chances de succ&egrave;s &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle du 6 novembre prochain.<br />
<br />
Obama a gagn&eacute; une bataille. Il est encore loin d'avoir gagn&eacute; la guerre.]]></content>
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    <title>Modèle américain ou utilitarisme</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1556387</id>
    <published>2012-05-30T12:48:37-04:00</published>
    <updated>2012-07-30T05:12:13-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[À l'occasion de cet interminable conflit étudiant, plusieurs ont voulu voir dans les revendications étudiantes le rejet d'un soi-disant modèle universitaire américain qu'on aime opposer à un modèle européen. Le premier serait fondé sur des frais de scolarité élevés, sur l'esprit de compétition et la marchandisation du savoir. Le second s'appuierait au contraire sur un financement étatique assurant la gratuité scolaire, sur une tradition humaniste et la valorisation des connaissances pour l'amour d'elles-mêmes.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[&Agrave; l'occasion de cet interminable conflit &eacute;tudiant, plusieurs ont voulu voir dans les revendications &eacute;tudiantes le rejet d'un soi-disant mod&egrave;le universitaire am&eacute;ricain qu'on aime opposer &agrave; un mod&egrave;le europ&eacute;en. Le premier serait fond&eacute; sur des frais de scolarit&eacute; &eacute;lev&eacute;s, sur l'esprit de comp&eacute;tition et la marchandisation du savoir. Le second s'appuierait au contraire sur un financement &eacute;tatique assurant la gratuit&eacute; scolaire, sur une tradition humaniste et la valorisation des connaissances pour l'amour d'elles-m&ecirc;mes. Les universit&eacute;s qu&eacute;b&eacute;coises seraient en train de passer d'un mod&egrave;le &agrave; l'autre avec la hausse des frais de scolarit&eacute;.<br />
<br />
C'est l&agrave;, je crois, une caract&eacute;risation plut&ocirc;t simpliste. Il est bien vrai que les universit&eacute;s qu&eacute;b&eacute;coises se comportent de plus en plus comme de grandes entreprises avides de rentabilit&eacute;, engag&eacute;es dans une comp&eacute;tition f&eacute;roce pour attirer le plus grand nombre d'&eacute;tudiants et surtout pour obtenir les subventions de recherche les plus lucratives. Il est bien vrai, et cela ne date pas d'aujourd'hui, que le savoir est souvent consid&eacute;r&eacute; chez nous comme une denr&eacute;e commercialisable, comme un produit utile et utilisable. Cela devrait-il changer si le gouvernement renon&ccedil;ait &agrave; la hausse des frais de scolarit&eacute;? <br />
<br />
Dissipons d'abord une erreur d'interpr&eacute;tation courante. La hausse des frais de scolarit&eacute;, pour contestable qu'elle soit, ne signifie en rien l'abandon du financement &eacute;tatique des universit&eacute;s. Elle fait passer cette part de financement de 88 &agrave; 83%. Peut-on vraiment parler d'un abandon?  On ne saurait non plus accuser les autres provinces canadiennes d'avoir abandonn&eacute; le financement des universit&eacute;s. Les frais de scolarit&eacute; y sont plus &eacute;lev&eacute;s qu'au Qu&eacute;bec, mais encore tr&egrave;s bas si on les compare &agrave; ceux des grandes universit&eacute;s am&eacute;ricaines priv&eacute;es.<br />
<strong><br />
Le syst&egrave;me universitaire am&eacute;ricain</strong><br />
<br />
Quant aux &Eacute;tats-Unis, on semble ignorer que des universit&eacute;s publiques, financ&eacute;es pour une grande part par les &Eacute;tats, y permettent un taux relativement &eacute;lev&eacute; d'accessibilit&eacute;, sans parler de la diversit&eacute; des bourses disponibles gr&acirc;ce aux grandes fondations. Dans certains cas, ces universit&eacute;s publiques sont prestigieuses, notamment celles du r&eacute;seau californien qui incluent U.C.L.A et Berkeley. Le cas de la City University of New York est aussi digne de mention. Il est bien vrai que les grandes universit&eacute;s priv&eacute;es exigent des droits d'admission astronomiques, mais certaines d'entre elles en viennent, gr&acirc;ce &agrave; un g&eacute;n&eacute;reux syst&egrave;me de bourses, &agrave; accueillir une majorit&eacute; d'&eacute;tudiants peu fortun&eacute;s.<br />
<br />
Ce syst&egrave;me am&eacute;ricain est-il fond&eacute; sur la comp&eacute;tition et la marchandisation du savoir? Conduit-il tout droit &agrave; la destruction de la connaissance pour l'amour d'elle-m&ecirc;me? Pas n&eacute;cessairement. Sans doute, la pratique de faire subventionner des chaires par les grandes entreprises contribue pour une bonne part &agrave; un certain mercantilisme universitaire. Il n'est pas rare non plus qu'on applique des crit&egrave;res de productivit&eacute; et de rentabilit&eacute; aux universit&eacute;s.<br />
<br />
Mais cela n'est pas universel aux &Eacute;tats-Unis, il s'en faut. Notons d'abord que tout le syst&egrave;me anglo-saxon nord-am&eacute;ricain (incluant les universit&eacute;s canadiennes) est fond&eacute; sur un premier cycle universitaire vou&eacute; plus ou moins &agrave; la formation g&eacute;n&eacute;rale des &eacute;tudiants. En principe, on ne fr&eacute;quente pas le coll&egrave;ge (quatre ann&eacute;es de premier cycle) pour se sp&eacute;cialiser ou acc&eacute;der &agrave; une profession. Le coll&egrave;ge nord-am&eacute;ricain est d'abord un niveau d'&eacute;ducation. Certes on s'y pr&eacute;pare tout de m&ecirc;me le plus souvent &agrave; une profession, mais il s'agit d'une sp&eacute;cialisation partielle qui n'occupe que les deux derni&egrave;res ann&eacute;es du cycle. On n'est admis dans une &eacute;cole professionnelle, par exemple dans une Facult&eacute; de Droit ou de M&eacute;decine ou de G&eacute;nie, qu'apr&egrave;s avoir compl&eacute;t&eacute; le baccalaur&eacute;at ou B.A. <br />
<br />
Il existe m&ecirc;me des universit&eacute;s qui n'offrent que le premier cycle ou coll&egrave;ge et constituent souvent des mod&egrave;les d'&eacute;ducation humaniste. Les liberal arts colleges sont malheureusement r&eacute;serv&eacute;s le plus souvent &agrave; une &eacute;lite de fortune. Mais ils sont tout de m&ecirc;me profond&eacute;ment consacr&eacute;s &agrave; la formation des esprits et &agrave; la connaissance pour l'amour d'elle m&ecirc;me.<br />
<br />
<strong>Utilitarisme qu&eacute;b&eacute;cois<br />
</strong><br />
Au Qu&eacute;bec, en revanche, nos universit&eacute;s ont &eacute;t&eacute; f&acirc;cheusement organis&eacute;es en fonction de sp&eacute;cialisation pr&eacute;coce. Nos c&eacute;geps ne peuvent &ecirc;tre compar&eacute;s aux coll&egrave;ges am&eacute;ricains puisqu'ils ne correspondent qu'&agrave; la premi&egrave;re ann&eacute;e du premier cycle anglo-saxon. On entre donc en facult&eacute; d&egrave;s l'&acirc;ge de 19 ans avec un seul dipl&ocirc;me d'&eacute;tudes coll&eacute;giales (DEC) pour s'engager d&eacute;j&agrave; dans ce qu'on appelle un baccalaur&eacute;at sp&eacute;cialis&eacute;. Les trois ann&eacute;es de premier cycle sont consacr&eacute;es le plus souvent (&agrave; l'exception du Bacc g&eacute;n&eacute;ral qui n'est gu&egrave;re valoris&eacute;) &agrave; l'acquisition de connaissances dans une seule discipline. On consid&egrave;re que la formation fondamentale est bel et bien termin&eacute;e avec le DEC. Ainsi, nos bacheliers se consid&egrave;rent souvent d&eacute;j&agrave; comme des professionnels.<br />
<br />
De plus, la mentalit&eacute; utilitariste impr&egrave;gne nos universit&eacute;s depuis la R&eacute;volution tranquille. On a tendance &agrave; consid&eacute;rer l'&eacute;ducation comme un investissement, selon le slogan &laquo; Qui s'instruit s'enrichit &raquo;. Combien de fois me suis-je fait demander par mes &eacute;tudiants &agrave; quoi allaient leur servir les cours que je leur dispensais! Combien de fois nos universit&eacute;s se sont-elles fait reprocher d'&ecirc;tre d&eacute;connect&eacute;es de la r&eacute;alit&eacute;, de ne pas bien pr&eacute;parer au march&eacute; du travail! Et que dire des crit&egrave;res de rentabilit&eacute; qu'on impose souvent &agrave; nos programmes?<br />
<br />
Depuis les ann&eacute;es 70, la carri&egrave;re d'un professeur d'universit&eacute; est &eacute;valu&eacute;e en fonction des subventions de recherche et bien peu en fonction de l'enseignement au premier cycle. En cons&eacute;quence, la plupart des professeurs cherchent &agrave; se d&eacute;lester des t&acirc;ches d'enseignement &agrave; ce niveau. Nos universit&eacute;s s'en remettent fr&eacute;quemment &agrave; des charg&eacute;s de cours, bien mal r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s, pour assurer un grand nombre de cours de premier cycle. Cette situation a &eacute;t&eacute; souvent d&eacute;cri&eacute;e, mais elle dure depuis plusieurs ann&eacute;es.<br />
<br />
Par contre, dans plusieurs universit&eacute;s am&eacute;ricaines, on demande aux professeurs les plus chevronn&eacute;s de dispenser des cours de premi&egrave;re ann&eacute;e de premier cycle  et les charg&eacute;s de cours se font beaucoup plus rares que chez nous.<br />
<br />
On a donc tort de faire porter tout le bl&acirc;me sur un soi-disant mod&egrave;le am&eacute;ricain. On gagnerait plut&ocirc;t beaucoup en interrogeant la grande tradition britannique de l'humanisme  universitaire et de la libert&eacute; intellectuelle.<br />
<br />
Quant &agrave; la gratuit&eacute; scolaire, elle demeure sans doute un bel id&eacute;al d&eacute;mocratique, mais il faudrait bien examiner les raisons  pour lesquelles nos gouvernements, de toutes tendances, y ont renonc&eacute; au cours de cinquante derni&egrave;res ann&eacute;es.]]></content>
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    <title>Obama et le mariage gai: audace et risque calculé</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1509489</id>
    <published>2012-05-11T11:25:10-04:00</published>
    <updated>2012-07-11T05:12:13-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[La déclaration du Président Obama en faveur du mariage gai, ce mercredi, 9 mai, constitue une percée historique dans l'histoire des droits civils aux États-Unis. Sans doute, il ne s'agit que d'un simple avis sans aucune conséquence légale. Il faut noter aussi que le président réagit à des initiatives de son entourage.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[La d&eacute;claration du Pr&eacute;sident Obama en faveur du mariage gai, ce mercredi, 9 mai, constitue une perc&eacute;e historique dans l'histoire des droits civils aux &Eacute;tats-Unis. Sans doute, il ne s'agit que d'un simple avis sans aucune cons&eacute;quence l&eacute;gale. Il faut noter aussi que le pr&eacute;sident r&eacute;agit &agrave; des initiatives de son entourage : l'imprudente affirmation du vice-pr&eacute;sident Biden dans une entrevue &agrave; l'&eacute;mission &laquo;Meet the Press&raquo;, le dimanche pr&eacute;c&eacute;dent, des prises de position d'autres membres du gouvernement, dont le ministre de l'&Eacute;ducation, Arne Duncan. Il n'en reste pas moins que le pr&eacute;sident s'engage r&eacute;solument en exprimant son opinion. Il aurait pr&eacute;f&eacute;r&eacute; s'en tenir &agrave; un appui &agrave; une union civile qui conf&egrave;re aux couples d'homosexuels les m&ecirc;mes droits que ceux dont jouissent les couples mari&eacute;s, mais il prend conscience de l'importance symbolique du mariage, m&ecirc;me &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; cette institution est en d&eacute;clin. Il t&eacute;moigne d'une &eacute;volution qui l'am&egrave;ne &agrave; croire que les droits fondamentaux des homosexuels doivent inclure celui de s'engager mutuellement et civilement par le mariage.<br />
<br />
<strong>&Eacute;volution de l'opinion publique<br />
</strong><br />
Les propos du pr&eacute;sident refl&egrave;tent aussi une &eacute;volution significative de l'opinion publique am&eacute;ricaine. De r&eacute;cents sondages r&eacute;v&egrave;lent en effet que plus de la moiti&eacute; des Am&eacute;ricains approuvent d&eacute;sormais la l&eacute;galisation du mariage des homosexuels. Cela pourra para&icirc;tre &eacute;tonnant aux yeux de ceux qui sont demeur&eacute;s riv&eacute;s aux d&eacute;clarations des candidats &agrave; l'investiture r&eacute;publicaine au cours de cette rocambolesque campagne qui aura occup&eacute; les m&eacute;dias durant de longs mois. On a fait grand &eacute;tat du conservatisme de la population am&eacute;ricaine, de la forte influence d'une droite religieuse intransigeante. On occultait par l&agrave; une &eacute;volution irr&eacute;versible de la mentalit&eacute; am&eacute;ricaine vers une plus grande lib&eacute;ralisation des m&oelig;urs. Ainsi les autorit&eacute;s religieuses ont pu faire les gorges chaudes sur la question de la contraception tandis que la grande majorit&eacute; des femmes am&eacute;ricaines n'y portaient gu&egrave;re d'attention.<br />
<br />
Le Pr&eacute;sident Obama se sent donc en territoire s&ucirc;r quand il ose se prononcer sur la question du mariage gai. En cette ann&eacute;e &eacute;lectorale, il compte que sa d&eacute;claration ne lui co&ucirc;tera pas trop de votes dans la mesure o&ugrave; ceux qui condamnent fermement l'union des homosexuels devaient appuyer le candidat r&eacute;publicain de toute fa&ccedil;on. Il compte par ailleurs que son engagement lui vaudra de nouveaux appuis, notamment dans les milieux artistiques de Hollywood susceptibles de lui octroyer de g&eacute;n&eacute;reuses contributions &agrave; sa campagne &eacute;lectorale.<br />
<br />
<strong>Une habile strat&eacute;gie?<br />
</strong><br />
Plusieurs voient aussi dans la d&eacute;claration du pr&eacute;sident une strat&eacute;gie qui consiste &agrave; ramener son adversaire Mitt Romney sur le terrain du conservatisme moral o&ugrave; il s'est embourb&eacute; durant les primaires. En effet, le candidat r&eacute;publicain, d&eacute;sormais assur&eacute; de son investiture, cherche maintenant &agrave; s'&eacute;loigner de l'atmosph&egrave;re &eacute;touffante des guerres culturelles et &agrave; courtiser un &eacute;lectorat du centre qui s'int&eacute;resse bien davantage aux questions &eacute;conomiques et au bilan peu reluisant du pr&eacute;sident en mati&egrave;re d'emplois et de niveau de vie. Qu'il le veuille ou non, Romney devra r&eacute;agir aux pressions de la droite religieuse et s'opposer &agrave; Obama qu'on veut d&eacute;peindre comme un ant&eacute;christ et un ennemi de la religion et de la morale. Compte tenu de l'&eacute;volution de la mentalit&eacute; am&eacute;ricaine, le pr&eacute;sident ne pourrait que sortir gagnant d'une telle lutte. La droite religieuse exerce beaucoup d'influence sur les r&eacute;publicains, mais elle demeure minoritaire dans l'ensemble de l'&eacute;lectorat. <br />
<br />
<strong>Un risque politique<br />
</strong><br />
Il n'est pas s&ucirc;r que tout aille aussi bien pour le pr&eacute;sident. D'abord, il faut toujours prendre en compte que l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle se fait dans le cadre d'un coll&egrave;ge &eacute;lectoral. Il ne s'agit pas tellement de gagner des votes individuels, mais d'obtenir la majorit&eacute; dans le plus grand nombre d'&Eacute;tats. Or il y a maintenant 31 &Eacute;tats qui ont banni le mariage des homosexuels, le plus souvent au moyen de clauses de leur constitution. Le dernier de la liste est la Caroline du Nord, o&ugrave; 60% de la population vient d'appuyer un amendement constitutionnel &agrave; cet effet. C'est l&agrave; un de ces &laquo; swing states &raquo; o&ugrave; Obama l'a emport&eacute; en 2008 et qui devrait lui demeurer fid&egrave;le s'il devait acc&eacute;der &agrave; un second mandat. Par ailleurs, il n'y a que 7 &Eacute;tats qui ont l&eacute;galis&eacute; le mariage gai.<br />
<br />
On peut compter aussi sur l'hostilit&eacute; d&eacute;clar&eacute;e des autorit&eacute;s de l'&Eacute;glise catholique et de la plupart des autres &Eacute;glises chr&eacute;tiennes. Obama avait re&ccedil;u l'adh&eacute;sion d'une majorit&eacute; de catholiques en 2008. Il pourrait bien perdre cette majorit&eacute; en novembre prochain. Il pourrait aussi perdre des appuis parmi la communaut&eacute; hispanique d&eacute;j&agrave; susceptible de l'appuyer en masse en raison des politiques r&eacute;publicaines en mati&egrave;re d'immigration. Les latinos ne sont pas tr&egrave;s favorables au mariage homosexuel. Il en va de m&ecirc;me des Afro-Am&eacute;ricains qui ont aussi manifest&eacute; de fortes r&eacute;ticences sur cette question.<br />
<br />
Bien s&ucirc;r, le mariage gai ne sera pas l'enjeu majeur de l'&eacute;lection. Mais dans un contexte de lutte serr&eacute;e o&ugrave; rien n'est assur&eacute;, la d&eacute;claration du Pr&eacute;sident Obama demeure une audace, un pari dangereux en m&ecirc;me temps qu'un moment historique de l'&eacute;volution des droits civils aux &Eacute;tats-Unis.]]></content>
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    <title>Six millions de Français se réfugient dans l'extrême droite</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/louis-balthazar/marine-le-pen-_b_1452986.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1452986</id>
    <published>2012-04-25T14:06:50-04:00</published>
    <updated>2012-06-25T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Comment expliquer ce succès du Front national qui constitue la grande nouvelle de cette élection? Il faut d'abord constater que le Parti d'extrême droite a réussi à sortir de sa marginalité et à élargir considérablement sa clientèle électorale. Il a profité du désenchantement de la classe ouvrière à l'égard au Parti socialiste. En France aujourd'hui, tout comme aux États-Unis, au Canada et dans bien d'autres pays, le travailleur moyen s'est éloigné de la gauche syndicaliste.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[La campagne du premier tour de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle fran&ccedil;aise aura &eacute;t&eacute; jug&eacute;e plut&ocirc;t terne par plusieurs observateurs. Elle a tout de m&ecirc;me suscit&eacute; un enthousiasme qui se manifeste rarement ailleurs. Le candidat du Front de gauche, Jean-Luc M&eacute;lanchon a ressuscit&eacute; l'atmosph&egrave;re des grands meetings d'autrefois avec un immense rassemblement &agrave; la Bastille. Les deux candidats de t&ecirc;te ont voulu l'imiter avec des assembl&eacute;es monstres &agrave; la Concorde et au Ch&acirc;teau de Vincennes. M&eacute;lenchon nous a valu des retours nostalgiques aux grandes passions r&eacute;volutionnaires, des &eacute;vocations de 1789 et m&ecirc;me de 1793, la r&eacute;volution jacobine, de la Commune de Paris de 1871, de Victor Hugo, Jean Jaur&egrave;s et L&eacute;on Blum. La ferveur suscit&eacute;e &eacute;tait telle qu'on pr&eacute;voyait, &agrave; un moment donn&eacute;, que le Front de gauche allait finir troisi&egrave;me, d&eacute;passant le Front national. Les r&eacute;sultats furent plus modestes. M&eacute;lenchon a d&ucirc; se contenter de 11% des suffrages. C'est Marine Le Pen qui s'est hiss&eacute;e au troisi&egrave;me rang, obtenant un nombre record d'appui des Fran&ccedil;ais, avec 18% des votes, soit plus de 6 millions de voix. Comment expliquer ce succ&egrave;s du Front national qui constitue la grande nouvelle de cette &eacute;lection?<br />
<br />
<strong>La mont&eacute;e du Front national<br />
</strong><br />
Il faut d'abord constater que le Parti d'extr&ecirc;me droite a r&eacute;ussi &agrave; sortir de sa marginalit&eacute; et &agrave; &eacute;largir consid&eacute;rablement sa client&egrave;le &eacute;lectorale. Il a profit&eacute; du d&eacute;senchantement de la classe ouvri&egrave;re &agrave; l'&eacute;gard au Parti socialiste. En France aujourd'hui, tout comme aux &Eacute;tats-Unis, au Canada et dans bien d'autres pays, le travailleur moyen s'est &eacute;loign&eacute; de la gauche syndicaliste. On n'est plus socialiste de p&egrave;re en fils, comme ce fut longtemps le cas. Quantit&eacute; de salari&eacute;s sont plut&ocirc;t s&eacute;duits par les arguments de la droite autour de la s&eacute;curit&eacute;, de l'opposition aux &eacute;lites intellectuelles de gauche aussi bien qu'&agrave; celles du grand capitalisme. Ils joignent volontiers la masse de petits propri&eacute;taires fran&ccedil;ais qui ont toujours vot&eacute; &agrave; droite. Certes, l'appui &agrave; la gauche est toujours beaucoup plus fort en France que dans les autres pays occidentaux. Mais cet appui, tout en demeurant le fait de milieux populaires, est aussi, pour une bonne part, celui de la classe dite des &laquo;bobos&raquo;, h&eacute;ritiers de mai 68, aujourd'hui relativement bien nantis.<br />
<br />
Plus encore, le Front national est parvenu &agrave; s&eacute;duire des jeunes de tous horizons, d&eacute;sabus&eacute;s par les faillites des grands partis pr&egrave;s du pouvoir. En cons&eacute;quence, il acquiert une respectabilit&eacute; nouvelle, s'&eacute;loignant de plus en plus de sa r&eacute;putation d'extr&eacute;misme, de racisme et d'antis&eacute;mitisme. Marine Le Pen s'est d&eacute;marqu&eacute;e significativement du style de son p&egrave;re, en se gardant bien des d&eacute;clarations abusives qui lui &eacute;taient coutumi&egrave;res. Finies les allusions d&eacute;sobligeantes &agrave; la Seconde Guerre mondiale, &agrave; la Guerre d'Alg&eacute;rie, aux soi-disant bienfaits de la colonisation. Elle s'en tient plut&ocirc;t &agrave; un nationalisme intransigeant de bon aloi. Elle insiste sur les valeurs r&eacute;publicaines, sur la la&iuml;cit&eacute;, se situant ainsi aux antipodes de l'Action fran&ccedil;aise d'autrefois qui pr&ocirc;nait une France monarchique et catholique.<br />
<br />
Elle peut donc se pr&eacute;senter comme chef d'un grand parti de droite au point de souhaiter l'implosion du Parti de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) pour devenir la v&eacute;ritable opposition &agrave; un &eacute;ventuel gouvernement socialiste. D&eacute;passant l'horizon de la pr&eacute;sidentielle, elle songe d&eacute;j&agrave; aux l&eacute;gislatives de juin prochain o&ugrave; elle esp&egrave;re obtenir un nombre suffisant de d&eacute;put&eacute;s pour faire reconna&icirc;tre le Front national comme un groupe parlementaire.<br />
<br />
<strong>Un programme radical et explosif<br />
</strong><br />
Le programme de Marine Le Pen n'en demeure pas moins radical et explosif. Tout en faisant la promotion d'un id&eacute;al gaullien centr&eacute; sur la grandeur de la nation fran&ccedil;aise et l'Europe des patries, il propose  un renversement profond de la situation actuelle : la n&eacute;gation de tous les progr&egrave;s de l'int&eacute;gration europ&eacute;enne, le retour &agrave; une monnaie nationale, un repliement presque total de la France sur elle-m&ecirc;me. On propose encore une limitation drastique de l'immigration, le renvoi de tous les immigrants ill&eacute;gaux et la r&eacute;pression syst&eacute;matique de toutes les manifestations culturelles et religieuses jug&eacute;es contraires aux valeurs dites fran&ccedil;aises. Pour les partisans du Front national, il y a deux sortes de citoyens, les vrais Fran&ccedil;ais et ceux qui ne se sont pas encore suffisamment int&eacute;gr&eacute;s. <br />
<br />
Ce programme nettement populiste s'en prend aussi aux &eacute;lites de la finance et de l'industrie, notamment aux entreprises multinationales sans indiquer clairement comment on corrigerait les abus attribu&eacute;s &agrave; ces &eacute;lites et quel serait une politique &eacute;conomique viable d'une France isol&eacute;e dans un monde d'interd&eacute;pendances croissantes.<br />
<br />
On entend des &eacute;lecteurs du Front national justifier leur vote en exprimant leur ras-le-bol des institutions europ&eacute;ennes ali&eacute;nantes, de r&egrave;glementations qui &eacute;touffent la vie et les bonnes traditions. &laquo; On ne se sent plus chez nous dans notre pays, d&eacute;plorent ces gens, nous sommes envahis par les &eacute;trangers, par leurs coutumes, leurs manifestations religieuses. &raquo;  L'ennemi c'est donc le multiculturalisme, l'immigrant qui ne s'int&egrave;gre pas, c'est aussi le f&eacute;d&eacute;ralisme europ&eacute;en qui impose la pr&eacute;sence d'autres nationaux sur le territoire fran&ccedil;ais.<br />
<br />
Voil&agrave; des arguments populistes, appuy&eacute;s par un soi-disant gros bon sens, par un conservatisme tout naturel, par un sentiment d'ali&eacute;nation et d'impuissance. Des th&egrave;mes qui trouvent des &eacute;chos dans le Qu&eacute;bec d'aujourd'hui. Combien de Qu&eacute;b&eacute;cois se plaignent aussi de ce qu'ils ne se sentent plus chez eux dans un Qu&eacute;bec qui a perdu son &acirc;me! Combien sont enclins &agrave; op&eacute;rer des distinctions entre les vrais Qu&eacute;b&eacute;cois, ceux de la majorit&eacute; francophone et les autres.<br />
<br />
On peut comprendre le succ&egrave;s du Front national en France mais on peut aussi esp&eacute;rer que ce succ&egrave;s demeure limit&eacute;. Car on a tout lieu de s'inqui&eacute;ter de la prolif&eacute;ration d'une droite ultranationaliste qui ne manquerait pas de produire des effets pervers un peu partout.]]></content>
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    <title>L'Amérique n'est pas bénie par Dieu</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1409746</id>
    <published>2012-04-07T09:41:37-04:00</published>
    <updated>2012-06-07T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[« L'Amérique [entendez les États-Unis] n'est pas bénie par Dieu. Elle est la pourvoyeuse de violence dans le monde d'aujourd'hui ». Voilà ce que déclarait en 1967 un pasteur baptiste. Il s'appelait Martin Luther King, grand inspirateur du mouvement d'émancipation des Afro-Américains, assassiné en 1968. Devenu une icône dans le paysage américain, il est invoqué à plusieurs reprises par le président actuel qui en a fait son modèle.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[&laquo; L'Am&eacute;rique [entendez les &Eacute;tats-Unis] n'est pas b&eacute;nie par Dieu. Elle est la pourvoyeuse de violence dans le monde d'aujourd'hui &raquo;. Voil&agrave; ce que d&eacute;clarait en 1967 un pasteur baptiste. Il s'appelait Martin Luther King, grand inspirateur du mouvement d'&eacute;mancipation des Afro-Am&eacute;ricains, assassin&eacute; en 1968. Devenu une ic&ocirc;ne dans le paysage am&eacute;ricain, il est invoqu&eacute; &agrave; plusieurs reprises par le pr&eacute;sident actuel qui en a fait son mod&egrave;le.<br />
<br />
<br />
<strong>La religion toujours pr&eacute;sente aux &Eacute;tats-Unis</strong><br />
<br />
En d&eacute;pit de cette d&eacute;claration provocatrice, Martin Luther King ne remettait pas en question le r&ocirc;le de la religion dans l'histoire des &Eacute;tats-Unis. Bien au contraire. C'est en raison de l'h&eacute;ritage de foi chr&eacute;tienne dont il assurait la transmission qu'il revendiquait les droits fondamentaux de la minorit&eacute; noire aux &Eacute;tats-Unis. Mais il osait reconna&icirc;tre les d&eacute;faillances de la tradition am&eacute;ricaine &agrave; cet &eacute;gard. Il d&eacute;non&ccedil;ait le mythe d'un mod&egrave;le am&eacute;ricain infaillible et vertueux.<br />
<br />
Quel contraste avec le tableau que nous pr&eacute;sentent les interminables primaires du Parti r&eacute;publicain d'aujourd'hui. Oubliant tous les enjeux majeurs de cette campagne pr&eacute;sidentielle, les Santorum et Gingrich n'ont eu cesse d'invoquer leurs soi-disant convictions religieuses pour se faire les garants de la fid&eacute;lit&eacute; aux pr&eacute;ceptes les plus traditionnels des religions chr&eacute;tiennes. Ils ont accus&eacute; le pr&eacute;sident Obama de mettre en p&eacute;ril la libert&eacute; religieuse en universalisant l'assurance-maladie jusqu'&agrave; la couverture de m&eacute;dicaments contraceptifs dont l'usage est toujours condamn&eacute; par certaines autorit&eacute;s religieuses. On a vu des &eacute;v&ecirc;ques catholiques am&eacute;ricains prendre parti vigoureusement contre les directives pr&eacute;sidentielles et se ranger r&eacute;solument du c&ocirc;t&eacute; r&eacute;publicain. Ces m&ecirc;mes pasteurs, qui s'&eacute;taient montr&eacute;s plut&ocirc;t timides &agrave; l'endroit du scandale de la p&eacute;dophilie dans l'&Eacute;glise,  montent aux barricades contre le recours &agrave; la contraception : une pratique pourtant tol&eacute;r&eacute;e depuis plusieurs d&eacute;cennies dans de larges secteurs de l'&Eacute;glise catholique.<br />
<br />
La forte pr&eacute;sence de la religion et de la pratique religieuse dans la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine n'a rien de nouveau. Depuis les origines bien repr&eacute;sent&eacute;es par l'&eacute;pop&eacute;e du Mayflower transportant des dissidents religieux vers une terre de libert&eacute; en passant par l'invocation au Cr&eacute;ateur dans la d&eacute;claration d'ind&eacute;pendance, le premier amendement de la Constitution garantissant la libert&eacute; religieuse et la remarquable floraison d'une multitude de confessions religieuses au 19i&egrave;me si&egrave;cle jusqu'au recours fr&eacute;quent &agrave; des principes religieux pour justifier des r&eacute;formes sociales au 20i&egrave;me, la religion est toujours demeur&eacute;e singuli&egrave;rement pr&eacute;sente aux &Eacute;tats-Unis.<br />
<br />
<br />
<strong>Une polarisation r&eacute;cente</strong><br />
<br />
Ce qui est nouveau, c'est la forte polarisation politique qui l'accompagne. Tous les sondages nous r&eacute;v&egrave;lent que les personnes les plus fid&egrave;les &agrave; la pratique religieuse sont plus susceptibles d'accorder leur appui &agrave; des candidats r&eacute;publicains tandis que les ath&eacute;es et les croyants non-pratiquants se rangent en grande majorit&eacute; du c&ocirc;t&eacute; des d&eacute;mocrates. Cela n'a pas toujours &eacute;t&eacute; le cas, il s'en faut. Durant les ann&eacute;es 1950, alors que les religions &eacute;taient en forte croissance, personne n'aurait song&eacute; &agrave; associer la croyance religieuse &agrave; un parti politique particulier. Si les catholiques votaient plut&ocirc;t d&eacute;mocrate et les protestants orthodoxes plut&ocirc;t r&eacute;publicain, cela relevait des traits sociologiques de ces affiliations et n'avait rien &agrave; voir avec des exigences religieuses.<br />
<br />
L'adh&eacute;sion &agrave; une confession religieuse n'&eacute;tait pas non plus reli&eacute;e au conservatisme et &agrave; la droite. Comme dans le cas de Martin Luther King, on pouvait puiser volontiers dans la tradition &eacute;vang&eacute;lique pour revendiquer la justice sociale. Des pr&ecirc;tres catholiques, comme les fr&egrave;res Berrigan, tous deux j&eacute;suites, ont contest&eacute; la guerre au Vietnam et la conscription obligatoire au point d'encourir l'arrestation et la prison. Avec la th&eacute;ologie de la lib&eacute;ration, qui avait ses adeptes dans des milieux catholiques aux &Eacute;tats-Unis, une certaine gauche chr&eacute;tienne s'&eacute;tait constitu&eacute;e. Les tenants de cette gauche ont cependant refus&eacute; de transformer leurs convictions religieuses en mouvement politique. Ils ont opt&eacute; pour la s&eacute;cularisation selon les param&egrave;tres du th&eacute;ologien protestant Harvey Cox qui publiait en 1968 un important ouvrage qui s'intitulait The Secular City.<br />
<br />
Il faut attendre les ann&eacute;es 1970 pour que l'aile droite et r&eacute;solument conservatrice du Parti r&eacute;publicain se mette &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer les &eacute;l&eacute;ments les plus fondamentalistes des mouvements religieux. Le pr&eacute;sident Jimmy Carter (1977-1981) pouvait toujours int&eacute;grer ses convictions baptistes de &laquo; bornagain &raquo; dans un programme d&eacute;mocrate fond&eacute; sur l'&eacute;quit&eacute; sociale et les droits de la personne. Mais apr&egrave;s lui, l'affirmation religieuse incarn&eacute;e dans le mouvement &eacute;vang&eacute;lique a pris une allure toute conservatrice et s'est align&eacute;e sur le Parti r&eacute;publicain de Ronald Reagan et plus tard sur celui de George W. Bush.<br />
<br />
On croyait avoir tout entendu de la part du pr&eacute;sident r&eacute;publicain des ann&eacute;es 2000. C'&eacute;tait sans compter avec Rick Santorum dont le discours religieux atteint un paroxysme voisin du ridicule tout en connaissant de remarquables succ&egrave;s dans certaines couches sociales du Parti r&eacute;publicain. Qu'est-ce &agrave; dire? Faut-il s'attendre &agrave; l'&eacute;closion d'une th&eacute;ocratie aux &Eacute;tats-Unis? <br />
<br />
Il faut d'abord constater qu'au moment m&ecirc;me o&ugrave; se manifeste cette fusion toxique du religieux et du politique, la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine se s&eacute;cularise de plus en plus. La pratique religieuse est &agrave; la baisse depuis de nombreuses ann&eacute;es. Les recours intempestifs de la droite religieuses ont fait long feu en plusieurs cas dont le plus r&eacute;cent est la question de la contraception qui est en voie de faire perdre le vote f&eacute;minin au Parti r&eacute;publicain.<br />
<br />
Peut-&ecirc;tre les grands cris du fondamentalisme religieux aux &Eacute;tats-Unis correspondent-ils &agrave; une grande peur face &agrave; la modernit&eacute; et au progr&egrave;s qui entra&icirc;nent  avec eux une irr&eacute;m&eacute;diable croissance de la la&iuml;cit&eacute; et d'un r&ocirc;le plus discret de la croyance.<br />
<br />
En cette p&eacute;riode de P&acirc;ques, ils sont encore nombreux, aux &Eacute;tats-Unis, &agrave; voir dans le Christ ressuscit&eacute; une esp&eacute;rance de justice, de lib&eacute;ration et d'&eacute;quit&eacute; sociale pour tous. <br />
]]></content>
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    <title>Obama et son calvaire afghan</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/louis-balthazar/obama-politique-etrangere_b_1358723.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1358723</id>
    <published>2012-03-19T00:59:42-04:00</published>
    <updated>2012-05-18T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Au cours de la campagne présidentielle de 2008, Barack Obama revenait souvent sur son mindset, l'état d'esprit qui l'avait amené à s'opposer à l'aventure militaire en Irak. Il se disait essentiellement porté vers la solution pacifique des conflits. Selon cet esprit, la guerre ne devait être envisagée que comme un ultime recours.

On peut dire que le président est demeuré fidèle à cet esprit dans l'ensemble de sa politique étrangère. En témoigne sa récente déclaration en ce qui a trait à l'Iran.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[Au cours de la campagne pr&eacute;sidentielle de 2008, Barack Obama revenait souvent sur son <em>mindset</em>, l'&eacute;tat d'esprit qui l'avait amen&eacute; &agrave; s'opposer &agrave; l'aventure militaire en Irak. Il se disait essentiellement port&eacute; vers la solution pacifique des conflits. Selon cet esprit, la guerre ne devait &ecirc;tre envisag&eacute;e que comme un ultime recours.<br />
<br />
On peut dire que le pr&eacute;sident est demeur&eacute; fid&egrave;le &agrave; cet esprit dans l'ensemble de sa politique &eacute;trang&egrave;re. En t&eacute;moigne sa r&eacute;cente d&eacute;claration en ce qui a trait &agrave; l'Iran:<br />
<br />
<em>Si l'on veut dire &agrave; mon sujet que j'entretiens une pr&eacute;f&eacute;rence profonde pour la paix &agrave; l'oppos&eacute; de la guerre, qu'&agrave; chaque fois que j'envoie des jeunes hommes et jeunes femmes au champ de bataille et que je constate les cons&eacute;quences pour certains d'entre eux, s'ils ont la chance d'en revenir, et que cela p&egrave;se lourdement sur moi, je n'ai aucune excuse &agrave; offrir l&agrave; dessus.</em><br />
<br />
<strong>Le commandant en chef<br />
</strong><br />
Mais la politique obamienne est une constante dialectique. &Agrave; chacune de ses d&eacute;clarations, il oppose invariablement un &laquo; d'autre part &raquo; ou un &laquo; cependant &raquo;. Ainsi, en contrepartie de son rejet de la guerre en Irak, il s'engageait d&egrave;s le d&eacute;part &agrave; poursuivre une &laquo; guerre de n&eacute;cessit&eacute; &raquo; en Afghanistan. Les troupes am&eacute;ricaines s'y &eacute;taient engag&eacute;es d&egrave;s le lendemain des attaques du 11 septembre, selon une riposte consid&eacute;r&eacute;e comme l&eacute;gitime par la plupart des observateurs. Il fallait &eacute;radiquer le r&eacute;gime taliban qui avait abrit&eacute; le r&eacute;seau Al-Qa&iuml;da et son chef Ben Laden. Tout pacifiste qu'il f&ucirc;t, Obama savait bien qu'un candidat &agrave; la pr&eacute;sidence des &Eacute;tats-Unis doit appara&icirc;tre comme un futur commandant en chef, d&eacute;termin&eacute; &agrave; d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts de son pays par les armes quand il le faut. C'est dans la guerre en Afghanistan et la capture de Ben-Laden qu'il allait jouer ce r&ocirc;le.<br />
<br />
Obama a tenu promesse dans le cas du chef d'Al-Qa&iuml;da et de l'&eacute;limination de ce r&eacute;seau en Afghanistan. Certes, les m&eacute;thodes cavali&egrave;res utilis&eacute;es pour en finir avec Ben-Laden ont suscit&eacute; beaucoup de questions, mais tr&egrave;s peu aux &Eacute;tats-Unis, m&ecirc;me chez les commentateurs lib&eacute;raux. Pour le public am&eacute;ricain, c'est l&agrave; un grand succ&egrave;s de la politique &eacute;trang&egrave;re du pr&eacute;sident. On peut dire que cette capture est per&ccedil;ue comme le test majeur de sa pr&eacute;sidence, l&agrave; o&ugrave; il a fait para&icirc;tre son courage et sa d&eacute;termination, comme on aime &agrave; le souligner dans son entourage. Un grand atout pour sa r&eacute;&eacute;lection.<br />
<br />
Dans le cas de l'interminable guerre contre les talibans sur le sol afghan, Obama doit cependant accuser un &eacute;chec lamentable. On peine &agrave; reconna&icirc;tre le <em>mindset </em>qui devait lui faire renoncer &agrave; la violence quand elle n'appara&icirc;t pas n&eacute;cessaire. Le pr&eacute;sident doit regretter am&egrave;rement d'avoir c&eacute;d&eacute; aux pressions de son entourage, notamment celles d'un g&eacute;n&eacute;ral McChrystal qui allait se moquer de lui par la suite. C'&eacute;tait &agrave; l'automne 2009 : McChrystal proposait un &laquo; sursaut &raquo; de la guerre qui n&eacute;cessitait l'envoi de troupes additionnelles pour assurer la victoire. Apr&egrave;s m&ucirc;res r&eacute;flexions, Obama accepte d'envoyer 30 000 soldats de plus tout en s'engageant &agrave; amorcer un retrait d&egrave;s l'&eacute;t&eacute; 2011. C'&eacute;tait, &agrave; son dire, la d&eacute;cision la plus p&eacute;nible de sa pr&eacute;sidence.<br />
<br />
<strong>Gagner les c&oelig;urs et les esprits???<br />
</strong><br />
Selon la doctrine officielle et notamment celle d'un manuel r&eacute;dig&eacute; par le g&eacute;n&eacute;ral Petraus, on devait s'engager r&eacute;solument dans la conqu&ecirc;te des &laquo; c&oelig;urs et des esprits &raquo; plut&ocirc;t qu'&agrave; la r&eacute;pression syst&eacute;matique de l'ennemi. Il s'agissait, selon les mots m&ecirc;mes des responsables de l'intervention militaire, de construire des villages bien davantage que d'&eacute;liminer des talibans. <br />
<br />
On pouvait d&eacute;j&agrave; douter des vertus de cette strat&eacute;gie en 2009. Consid&eacute;rant le type de formation que re&ccedil;oivent les militaires am&eacute;ricains, il y avait lieu de se demander comment ces tueurs professionnels allaient tout &agrave; coup devenir de gentils missionnaires. Comment les born to kill allaient se transformer en diplomates?<br />
<br />
Les trois bavures r&eacute;centes, dont la succession appara&icirc;t difficilement fortuite, ont consacr&eacute; d&eacute;finitivement l'&eacute;chec de la nouvelle strat&eacute;gie afghane. Quelle que soit leur bonne volont&eacute;, les soldats am&eacute;ricains et leurs alli&eacute;s de l'OTAN sont toujours per&ccedil;us comme des envahisseurs. Tout comme au Vietnam, tout comme en Irak, dans cette guerre la plus longue de l'histoire des &Eacute;tats-Unis, le nationalisme local fait voir les soldats &eacute;trangers d'abord et avant tout comme des imp&eacute;rialistes. Les talibans, aussi m&eacute;prisables soient-ils, se pr&eacute;sentent  comme des patriotes.<br />
<br />
M&ecirc;me le pr&eacute;sident Karzai, qui a raison de craindre pour la survie de son r&eacute;gime corrompu, se doit de d&eacute;noncer les soldats am&eacute;ricains comme des &laquo; d&eacute;mons &raquo; au m&ecirc;me titre que les talibans. <br />
<br />
C'est l&agrave; sans doute pour Obama, qui avait voulu consid&eacute;rer cette intervention comme une guerre juste, une d&eacute;faite humiliante. M&ecirc;me la n&eacute;gociation avec les talibans ne semble plus possible dans le contexte actuel. Il ne reste qu'&agrave; envisager un retrait acc&eacute;l&eacute;r&eacute; tout en t&acirc;chant de sauver la face et d'emp&ecirc;cher une conflagration. <br />
<br />
La campagne &eacute;lectorale du pr&eacute;sident d&eacute;mocrate ne devrait pas en souffrir d'une mani&egrave;re significative. Les r&eacute;publicains, toujours plus militaristes que les d&eacute;mocrates, pourront difficilement attribuer cette d&eacute;faite &agrave; l'esprit de conciliation d'Obama. Contrairement &agrave; l'op&eacute;ration libyenne, consid&eacute;r&eacute;e somme toute comme un succ&egrave;s, le leadership am&eacute;ricain en Afghanistan n'a jamais &eacute;t&eacute; discret. <br />
<br />
S'il est report&eacute; au pouvoir, Obama pourra au moins se consoler en pr&eacute;parant une fin de r&egrave;gne lib&eacute;r&eacute;e d'engagement militaire notable dans le contexte d'une doctrine qui cherche &agrave; limiter les interventions. <br />
<br />
&Agrave; condition, bien s&ucirc;r, de ne pas intervenir en Iran. Ce qui est encore loin d'&ecirc;tre assur&eacute;!<br />
]]></content>
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    <title>Barack Obama à son meilleur</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1315269</id>
    <published>2012-03-02T00:15:19-05:00</published>
    <updated>2012-05-01T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Devant les travailleurs de l'automobile réunis en congrès à Washington, le 27 février dernier, Obama prononce un discours singulièrement inspiré qui rappelle les beaux moments de la campagne de 2008. Il peut se targuer d'être parvenu à sauver l'industrie automobile avec une audacieuse intervention pour venir en aide à General Motors qui a repris aujourd'hui son premier rang mondial.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[Ils sont plusieurs aux &Eacute;tats-Unis et ailleurs pour d&eacute;plorer que Barack Obama ait trahi les esp&eacute;rances qu'il avait suscit&eacute;es en 2008 et 2009. L'audace de l'espoir semble s'&ecirc;tre &eacute;mouss&eacute;e sur le seuil de la Maison Blanche. Obama s'engageait &agrave; changer le cours des choses &agrave; Washington, mais rien n'a chang&eacute;. La m&ecirc;me petite politique semble bien suivre son cours. La prison de Guantanamo est toujours l&agrave; avec ses prisonniers qui n'ont pas droit &agrave; la justice comme s'ils &eacute;taient des sous-humains. Les Am&eacute;ricains sont toujours d&eacute;&ccedil;us de l'orientation de leur pays. Le taux de ch&ocirc;mage est encore trop &eacute;lev&eacute;.  M&ecirc;me si le Parti r&eacute;publicain s'enfonce dans la d&eacute;cr&eacute;pitude et le ridicule, son aspirant pr&eacute;sidentiel le plus vraisemblable, Mitt Romney, toujours soumis aux contestations, menace encore de d&eacute;loger Barack Obama.<br />
<br />
<strong>Obama a fait ce qu'il a pu<br />
</strong><br />
Et pourtant! Plusieurs des promesses de 2008 ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;es. Un audacieux plan de relance a &eacute;t&eacute; mis en marche, des programmes de travaux d'infrastructures ont &eacute;t&eacute; mis sur pied, la loi Dodd-Frank a impos&eacute; de lourdes r&egrave;glementations aux milieux financiers, un r&eacute;gime d'assurance-maladie, si imparfait soit-il, a &eacute;t&eacute; adopt&eacute;.  Il est bien vrai que le pr&eacute;sident a d&ucirc; renoncer &agrave; ses ambitions en mati&egrave;re d'environnement et d'immigration. Il a peut-&ecirc;tre baiss&eacute; les bras trop t&ocirc;t. Il s'est peut-&ecirc;tre obstin&eacute; trop longtemps &agrave; chercher des compromis avec ses adversaires r&eacute;publicains et les conservateurs de son propre parti au Congr&egrave;s. Il ne pr&eacute;voyait pas sans doute &agrave; quel point la hargne de ses ennemis allait produire ses effets d&egrave;s les premiers mois de sa pr&eacute;sidence. Les premiers rassemblements du Tea Party datent du printemps 2009. Alors m&ecirc;me que plusieurs d&eacute;mocrates du Congr&egrave;s h&eacute;sitaient &agrave; appuyer leur pr&eacute;sident, les r&eacute;publicains ont eu t&ocirc;t fait de se rallier &agrave; une exceptionnelle discipline partisane pour contrer &agrave; peu pr&egrave;s tout ce que proposait la Maison Blanche. Il n'en fallait pas plus pour qu'Obama apparaisse comme un pr&eacute;sident faible, impuissant, paralys&eacute;.<br />
<br />
Malgr&eacute; tout, Obama n'a pas flanch&eacute;. Et voici que, depuis quelque temps, le vent tourne en sa faveur. Il remporte des victoires au Congr&egrave;s en for&ccedil;ant les r&eacute;publicains &agrave; appuyer le maintien de baisses d'imp&ocirc;ts sur les salaires de la classe moyenne. Il appara&icirc;t maintenant comme le champion des travailleurs et de la classe moyenne face aux r&eacute;publicains qui se couvrent de ridicule en persistant dans leur refus de taxer les riches d'une mani&egrave;re &eacute;quitable.<br />
<br />
<strong>Un discours inspir&eacute;<br />
</strong><br />
Devant les travailleurs de l'automobile r&eacute;unis en congr&egrave;s &agrave; Washington, le 27 f&eacute;vrier dernier, il prononce un discours singuli&egrave;rement inspir&eacute; qui rappelle les beaux moments de la campagne de 2008. Il peut se targuer d'&ecirc;tre parvenu &agrave; sauver l'industrie automobile avec une audacieuse intervention pour venir en aide &agrave; General Motors qui a repris aujourd'hui son premier rang mondial. Il peut ridiculiser, sans le nommer, un Mitt Romney qui continue de critiquer ce plan de sauvetage. Pour contrer les r&eacute;publicains qui n'ont de cesse de se pr&eacute;senter comme les gardiens des valeurs et de la morale, il fait montre de ses propres valeurs sociales:<br />
<br />
		<em>Vous voulez parler de valeurs? Le dur travail, voil&agrave; une valeur. <br />
		Nous pr&eacute;occuper les uns des autres, voil&agrave; une valeur. Le principe selon <br />
		lequel nous sommes tous dans le m&ecirc;me bain, que je suis le gardien de <br />
		mon fr&egrave;re, le gardien de ma s&oelig;ur, voil&agrave; une valeur. Mais on parle toujours <br />
		de vous [les travailleurs syndiqu&eacute;s] comme si vous ne repr&eacute;sentiez<br />
		que des int&eacute;r&ecirc;ts sp&eacute;ciaux qui doivent &ecirc;tre battus en br&egrave;che. Depuis<br />
		quand les les hommes et les femmes qui travaillent fort sont-ils des <br />
		int&eacute;r&ecirc;ts sp&eacute;ciaux? Depuis quand l'id&eacute;e de l'entraide mutuelle est-elle <br />
		une mauvaise chose?</em><br />
<br />
Voici donc l'Obama des beaux jours, celui qui s'inspirait de son mod&egrave;le, Martin Luther King, pour &eacute;veiller les foules &agrave; une meilleure conscience sociale, voire &agrave; une juste interpr&eacute;tation de l'&eacute;vangile chr&eacute;tien. Le mot religion n'est pas apparu dans le discours du pr&eacute;sident, mais ses paroles ne traduisent-elles pas ce qu'il y a de meilleur dans le sentiment religieux? De quoi faire para&icirc;tre les Rick Santorum de ce monde comme des Pharisiens!<br />
<br />
De quoi surtout rappeler aux Am&eacute;ricains et au reste du monde que le r&ecirc;ve am&eacute;ricain ne tourne pas &agrave; l'individualisme &eacute;go&iuml;ste et &agrave; la croissance des in&eacute;galit&eacute;s.<br />
<br />
Durant la campagne de 2008, Obama avait &eacute;t&eacute; malmen&eacute; pour avoir os&eacute; parler de la n&eacute;cessit&eacute; de redistribuer les richesses. Il persiste et signe en 2012 et pourrait bien pr&eacute;valoir en d&eacute;pit de ceux qui lui reprochent d'alimenter la lutte des classes. Il faudrait seulement que l'&eacute;conomie continue sa lente remont&eacute;e, que le ch&ocirc;mage baisse encore de quelques points et que rien d'autre ne vienne perturber l'horizon. Mais il faut encore beaucoup d'audace pour esp&eacute;rer!<br />
<br />
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    <title>La dégénérescence du parti républicain</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1234996</id>
    <published>2012-02-08T04:30:17-05:00</published>
    <updated>2012-04-08T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Il faut remonter à 1964 pour identifier les premiers signes de la décrépitude du parti républicain.]]></summary>
    <author>
        <name>Louis Balthazar</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/louis-balthazar/"><![CDATA[Comment reconna&icirc;tre les id&eacute;es du fondateur Abraham Lincoln dans le Parti r&eacute;publicain d'aujourd'hui? Lincoln avait vou&eacute; son parti au r&eacute;tablissement de l'unit&eacute; de la nation am&eacute;ricaine et &agrave; la cause de l'abolition de l'esclavage au nom de l'&eacute;galit&eacute; et de la libert&eacute;. La bourgeoisie sudiste lui en a voulu au point de bouder son parti durant plus de cent ans.<br />
<br />
Comment reconna&icirc;tre le parti de Th&eacute;odore Roosevelt qui a fait sa marque avec des lois antitrust et une volont&eacute; de diminuer les &eacute;carts de richesse? Ce pr&eacute;sident r&eacute;publicain a &eacute;t&eacute; le fondateur du grand mouvement de protection de l'environnement. On lui doit les grands parcs nationaux des &Eacute;tats-Unis. Les r&eacute;publicains d'aujourd'hui entendent supprimer l'agence de protection de l'environnement, mise sur pied par Richard Nixon qui n'&eacute;tait pas tout &agrave; fait un d&eacute;mocrate.<br />
<br />
Comment reconna&icirc;tre le parti de Dwight Eisenhower qui a pr&eacute;sid&eacute; au bipartisme de la guerre froide et n'a jamais remis en question les grandes r&eacute;formes sociales du New Deal de Franklin Roosevelt? C'&eacute;tait l'&eacute;poque de l'&eacute;quilibre entre big business, big government et big unions. Ce pr&eacute;sident, ancien g&eacute;n&eacute;ral d'arm&eacute;e, est aussi celui qui a mis en garde (bien en vain) ses successeurs contre la menace du complexe militaro-industriel.<br />
<br />
Ce parti r&eacute;publicain repr&eacute;sentait certes des int&eacute;r&ecirc;ts conservateurs, ceux de la classe &eacute;conomique des grands poss&eacute;dants, mais il faisait preuve d'assez de sagesse et de sens du compromis pour maintenir le consensus am&eacute;ricain. Parmi ses repr&eacute;sentants, on trouve Nelson Rockefeller et James Lindsay, anciens gouverneurs de l'&Eacute;tat de New York, des s&eacute;nateurs comme Richard Lugar, Susan Collins et Olympia Snow, des pr&eacute;sidents comme Gerald Ford et George H. W. Bush.<br />
<br />
<strong>Que s'est-il pass&eacute;?</strong><br />
<br />
Il faut remonter &agrave; 1964 pour identifier les premiers signes de la d&eacute;cr&eacute;pitude du parti r&eacute;publicain. Le candidat choisi, cette ann&eacute;e-l&agrave;, &agrave; la convention r&eacute;publicaine, Barry Goldwater, appuy&eacute; &agrave; l'investiture par un certain Ronald Reagan, d&eacute;fend une id&eacute;ologie ultraconservatrice, hostile &agrave; l'&Eacute;tat-providence. Goldwater est d&eacute;fait &agrave; plate couture &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle. Mais ses id&eacute;es radicales feront leur chemin, remettant en cause les progr&egrave;s sociaux de l'&eacute;poque et l'&eacute;volution culturelle. Peu &agrave; peu, on fait valoir une nouvelle strat&eacute;gie sudiste qui consiste &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer les votes de la droite oppos&eacute;e, plus ou moins ouvertement, &agrave; la politique des droits civiques.  C'est un fait accompli aujourd'hui.<br />
<br />
En 1978, ce conservatisme sans partage fait son entr&eacute;e &agrave; Washington.  Aux &eacute;lections l&eacute;gislatives, les r&eacute;publicains gagnent 15 si&egrave;ges &agrave; la Chambre. Les nouveaux &eacute;lus sont vigoureusement oppos&eacute;s au consensus bipartite qui avait plus ou moins pr&eacute;valu jusque-l&agrave;. Parmi eux, un ancien professeur d'histoire de G&eacute;orgie, Newt Gingrich (<em>Voir George Packer, &laquo; <a href="http://www.foreignaffairs.com/articles/136402/george-packer/the-broken-contract" target="_hplink">The Broken Contract</a> &raquo;, Foreign Affairs, 11 oct. 2011</em>). Deux ans plus tard, Ronald Reagan acc&egrave;de &agrave; la Maison-Blanche. Les id&eacute;es de la nouvelle droite investissent le parti r&eacute;publicain. Il faut renverser l'&eacute;quilibre &eacute;tabli depuis la Deuxi&egrave;me Guerre mondiale, imposer la d&eacute;r&eacute;gulation, &eacute;craser les grands syndicats, purger le gouvernement des politiques sociales, laisser la voie libre aux grandes fortunes au nom de l'individualisme &agrave; outrance. Malgr&eacute; tout, Reagan a assez de sens commun et de flair politique pour accepter d'augmenter les imp&ocirc;ts et se montrer conciliant quant au libre choix &agrave; l'avortement.<br />
<br />
On connait la suite. Apr&egrave;s l'intervalle de Bush p&egrave;re, les r&eacute;publicains du Congr&egrave;s se montrent intransigeants &agrave; l'&eacute;gard de Bill Clinton et George W. Bush introduit le culte des coupures de taxe tout en s'engageant dans des politiques militaires ruineuses.  Aucun compromis possible avec Barack Obama qui est d&eacute;peint comme un dangereux socialiste.<br />
<br />
<strong>Romney, un r&eacute;publicain &agrave; l'ancienne?</strong><br />
<br />
Mitt Romney, qui deviendra bient&ocirc;t, semble-t-il, le candidat &agrave; la pr&eacute;sidence pour 2012, aurait tout pour r&eacute;tablir le pragmatisme et la sagesse du Parti r&eacute;publicain d'autrefois. Son p&egrave;re, candidat malheureux aux primaires de 1968, appartenait &agrave; cette tradition. Lui-m&ecirc;me a fait preuve d'un r&eacute;publicanisme mod&eacute;r&eacute; comme gouverneur du Massachusetts. Mais, &agrave; l'entendre se d&eacute;fendre contre les &laquo; enrag&eacute;s &raquo; de la mouvance contemporaine, tout porte &agrave; croire qu'il entend bien r&eacute;pudier son pass&eacute; aussi bien que la tradition de son parti. <br />
<br />
On retrouve dans son discours &agrave; peu pr&egrave;s tous les &eacute;l&eacute;ments du credo r&eacute;publicain &agrave; la mode du jour. Il faut rendre l'avortement ill&eacute;gal, bannir le mariage gai, chasser du pays les 12 millions d'immigrants sans-papiers, r&eacute;voquer l'assurance maladie, consid&eacute;rer le r&eacute;chauffement climatique comme une invention gauchiste, s'opposer &agrave; tout contr&ocirc;le des armes aussi bien qu'&agrave; tout accroissement des imp&ocirc;ts, abolir l'agence de protection de l'environnement et le minist&egrave;re de l'&Eacute;ducation. En politique &eacute;trang&egrave;re, il faut affirmer sans vergogne la puissance am&eacute;ricaine et son exceptionnalisme, envisager de bombarder l'Iran, donner raison en tout &agrave; Isra&euml;l et refuser aux Palestiniens le droit d'exister.<br />
<br />
&Eacute;videmment, Mitt Romney, bien connu pour sa flexibilit&eacute;, pourra trouver les moyens d'att&eacute;nuer certains de ces articles de foi, une fois qu'il sera lib&eacute;r&eacute; de l'enfer des primaires et s'adressera &agrave; l'ensemble des Am&eacute;ricains. Il le pourrait peut-&ecirc;tre davantage si jamais il devenait pr&eacute;sident. Jusqu'&agrave; quel degr&eacute;? Cela reste &agrave; voir.<br />
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