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  <title>Léa Clermont-Dion</title>
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  <updated>2013-05-24T11:36:57-04:00</updated>
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    <name>Léa Clermont-Dion</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Léa Clermont-Dion</subtitle>
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    <title>La rentrée étudiante montréalaise: à coup de matraque?</title>
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    <published>2012-08-29T00:00:00-04:00</published>
    <updated>2012-10-28T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[RENTRÉE - Malgré la fin du printemps, l'essoufflement de l'été, voilà que quelques surprises attendaient les étudiants en ce jour de rentrée. Le mouvement de grève le plus important de l'histoire du Québec ne semble pas avoir pris fin.]]></summary>
    <author>
        <name>Léa Clermont-Dion</name>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/lea-clermont-dion/"><![CDATA[Le 27 ao&ucirc;t dernier, &agrave; l'Universit&eacute; de Montr&eacute;al, les anti-&eacute;meutes attendaient les &eacute;tudiants qu&eacute;b&eacute;cois. D&eacute;j&agrave; apr&egrave;s deux jours de rentr&eacute;e,  plusieurs arrestations ont &eacute;t&eacute; faites. Sur les m&eacute;dias sociaux, certains &eacute;tudiants confirment &eacute;galement la tenue de sourici&egrave;res sur le campus. Un journaliste de Radio-Canada, Dominic Brassard, avan&ccedil;ait quant &agrave; lui sur Twitter que l'acc&egrave;s aux m&eacute;dias sur le campus &eacute;tait refus&eacute;. <br />
<br />
Apr&egrave;s <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2012/05/21/manifestation-montreal-violence-arrestation-greve-etudiante-quebec-canada_n_1532309.html" target="_hplink">le printemps &eacute;rable</a> que nous avons v&eacute;cu au Qu&eacute;bec, il n'&eacute;tait pas &eacute;tonnant de s'attendre &agrave; une rentr&eacute;e scolaire tendue. Apr&egrave;s six grandes manifestations nationales rassemblant chaque fois plus de 100 000 personnes, apr&egrave;s le tintamarre des casseroles, apr&egrave;s l'&eacute;chec des n&eacute;gociations avec le gouvernement, voil&agrave; que les &eacute;tudiants qu&eacute;b&eacute;cois reviennent en classe en pleine p&eacute;riode &eacute;lectorale. En effet, c'est par milliers qu'ils ont refus&eacute;, en mars dernier, la hausse des frais de scolarit&eacute; qui &eacute;tait impos&eacute;e d'abord &agrave; 75% puis &agrave; 82%. Malgr&eacute; la fin du printemps, l'essoufflement de l'&eacute;t&eacute;, voil&agrave; que quelques surprises attendaient les &eacute;tudiants en ce jour de rentr&eacute;e. Le mouvement de gr&egrave;ve le plus important de l'histoire du Qu&eacute;bec ne semble pas avoir pris fin.<br />
<br />
Apr&egrave;s la loi 78 devenue la loi 12, aussi surnomm&eacute;e la "loi matraque", apr&egrave;s les milliers d'arrestations, apr&egrave;s les gaz lacrymog&egrave;ne et les bombes fumig&egrave;nes, apr&egrave;s la menace et les coups de matraque, que reste-t-il de la d&eacute;mocratie qu&eacute;b&eacute;coise?<br />
<br />
Le calme &eacute;tait revenu depuis le d&eacute;but de la campagne &eacute;lectorale. Sans crier gare, Guy Breton, recteur de l'Universit&eacute; de Montr&eacute;al, a donn&eacute; une dr&ocirc;le de couleur &agrave; la rentr&eacute;e montr&eacute;alaise. Une couleur gris&acirc;tre, presque noire. Une couleur qui nous rappelle le carr&eacute; noire port&eacute; au moment le plus difficile de la crise sociale qui a terni le printemps qu&eacute;b&eacute;cois.<br />
<br />
<center>***</center><br />
<br />
Au Qu&eacute;bec, les frustrations se font entendre de partout. Les r&eacute;actions fusent sur le m&eacute;dias sociaux. Camille Robert, la coporte-parole de la CLASSE, l'une des plus importantes associations &eacute;tudiantes, s'exprime sur Facebook: "S&eacute;rieusement pas envie d'entendre parler de partis politiques, ni d'&eacute;lections, ni de tweets, ni de plateforme (...) Le probl&egrave;me n'est pas partisan, il est social, syst&eacute;mique. Quand un recteur se permet de faire entrer la police dans une universit&eacute;, c'est la soci&eacute;t&eacute; qui est en crise."<br />
<br />
Dans <a href="http://voir.ca/ianik-marcil/" target="_hplink">son blogue du Journal Voir</a>, Ianik Marcil, &eacute;conomiste qu&eacute;b&eacute;cois, critique s&eacute;v&egrave;rement le geste de Guy Breton, recteur de l'Universit&eacute; de Montr&eacute;al, d'envoyer les troupes anti-&eacute;meutes pour la rentr&eacute;e estudiantine: "Votre r&ocirc;le, monsieur le recteur, est d'assurer la libert&eacute; d'enseignement. D'apaiser les tensions lorsqu'elles existent. D'aller vers les &eacute;tudiants et les professeurs gr&acirc;ce auxquels votre autorit&eacute; vous est accord&eacute;e, pas de les confronter. Ni d'envoyer des flics arm&eacute;s jusqu'aux dents.Vos gestes sont une honte &agrave; tout l'h&eacute;ritage occidental de l'institution &agrave; laquelle vous devez tout." Dans sa diatribe, Ianik Marcil remettait en cause le r&ocirc;le que prend aujourd'hui l'universit&eacute;.<br />
<br />
Les r&eacute;actions d'ahurissement sont nombreuses. Le sort des &eacute;tudiants est toujours incertain. Avec le chaos de la rentr&eacute;e et les signes d'intimidation de la police, les Qu&eacute;b&eacute;cois ont quelque peu de difficult&eacute; &agrave; croire qu'ils sont bien chez eux.<br />
<br />
Blandine Parchemal, &eacute;tudiante au doctorat en philosophie &agrave; l'Universit&eacute; de Montr&eacute;al, &eacute;tait &eacute;galement pr&eacute;sente sur le campus. Toujours dans les pages du Voir, elle exprime elle aussi un lettre au recteur: "Nous n'aurions pu imaginer que des gardes de s&eacute;curit&eacute; nous filmeraient dans les couloirs, nous montreraient du doigt, nous menaceraient et obligeraient nos professeurs &agrave; donner leurs cours et ce, sous peine d'amendes sal&eacute;es." <br />
<br />
<strong>L'intimidation</strong><br />
N'est-ce pas l&agrave; de l'intimidation? Est-ce acceptable dans une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;mocratique dans laquelle nous vivons de voir des enjeux de soci&eacute;t&eacute; se r&eacute;gler sous le joug de la pr&eacute;sence polici&egrave;re ? Non, ce n'est pas &agrave; coup de menace, de pression et de chantage que la question de l'&eacute;ducation se r&egrave;glera. Apr&egrave;s l'adoption de la loi matraque, voil&agrave; encore un triste &eacute;v&eacute;nement qui nous laisse croire que nous vivons dans un esquisse d'&Eacute;tat policier au Qu&eacute;bec.<br />
<br />
Pour plusieurs, il semble injuste de croire qu'un probl&egrave;me de soci&eacute;t&eacute; aussi important puisse se r&eacute;gler ainsi sous la couleur de l'intimidation institutionnalis&eacute;e. &Agrave; croire qu'on ne souhaite pas avoir de r&eacute;el d&eacute;bat de soci&eacute;t&eacute;. &Agrave; croire que la marchandisation du savoir est une invention d'&eacute;nergum&egrave;nes. &Agrave; croire qu'on ne doit pas questionner le r&ocirc;le de l'universit&eacute;. &Agrave; croire que les milliers d'&eacute;tudiants qui ont manifest&eacute; dans les rues le printemps dernier n'avaient pas de l&eacute;gitimit&eacute;. &Agrave; croire que Guy Breton prend les &eacute;tudiants pour des imb&eacute;ciles. C'est du moins l'image m&eacute;prisante qu'il renvoie lorsqu'il accueille les &eacute;tudiants de l'Universit&eacute; de Montr&eacute;al avec des troupes anti-&eacute;meutes. <br />
<br />
<strong>Apr&egrave;s les &eacute;lections?</strong><br />
Les Qu&eacute;b&eacute;cois attendent, en partie, de voir le r&eacute;sultat des &eacute;lections provinciales du 4 septembre pour mieux &eacute;valuer la situation des &eacute;tudiants. En effet, Jean Charest, chef du Parti lib&eacute;ral du Qu&eacute;bec, brigue pour un troisi&egrave;me mandat le poste de premier ministre du Qu&eacute;bec. C'est bien son gouvernement qui a impos&eacute; la hausse de 82% des droits de scolarit&eacute;. Sa rivale ayant le plus de chances de le remplacer, Pauline Marois, chef du Parti qu&eacute;b&eacute;cois, a promis d'abroger la "loi matraque". Elle compte &eacute;galement &eacute;mettre un moratoire sur la hausse des frais de scolarit&eacute; jusqu'&agrave; la tenue d'un Sommet sur l'&eacute;ducation sup&eacute;rieure. <br />
<br />
Le 4 septembre arrivera bien vite, mais en attendant, nous sommes bien pantois de voir avec quelle maladresse les universit&eacute;s ont d&eacute;cid&eacute; d'accueillir les &eacute;tudiants qu&eacute;b&eacute;cois. Ceux-ci n'ont d'ailleurs pas dit leur dernier mot, car aucun r&eacute;el d&eacute;bat de soci&eacute;t&eacute; n'a &eacute;t&eacute; entam&eacute; sur l'avenir des universit&eacute;s, du savoir et de l'&eacute;ducation des g&eacute;n&eacute;rations qu&eacute;b&eacute;coises futures.<br />
<br />
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    <title>Un 22 avril sans frontière</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/lea-clermont-dion/un-22-avril-sans-frontiere_b_1420189.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1420189</id>
    <published>2012-04-12T08:04:56-04:00</published>
    <updated>2012-06-12T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le 22 avril, comme des milliers d'autres, je vais répondre à l'appel de la collectivité, celui du gros bon sens. Dominic Champagne, éveilleur de conscience renseigné, nous questionne. Mon dernier séjour au Honduras m'a fait établir un lien clair entre la situation d'ici et celle d'ailleurs.]]></summary>
    <author>
        <name>Léa Clermont-Dion</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/lea-clermont-dion/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/lea-clermont-dion/"><![CDATA[<em>&Agrave; titre de photographe, L&eacute;a Clermont-Dion a accompagn&eacute; Lynn Dolen, directrice des communications d'Oxfam-Qu&eacute;bec, sur le terrain de l'organisation qui m&egrave;ne plusieurs projets en s&eacute;curit&eacute; alimentaire et hydrique au Honduras.</em><br />
<br />
Le 22 avril, comme des milliers d'autres, je vais r&eacute;pondre &agrave; l'appel de la collectivit&eacute;, celui du gros bon sens. Dominic Champagne, &eacute;veilleur de conscience renseign&eacute;,<a href="http://voir.ca/jepenseque/2012/03/19/22-avril-2012-declaration-de-dominic-champagne/" target="_hplink"> nous questionne</a>. Mon dernier s&eacute;jour au Honduras m'a fait &eacute;tablir un lien clair entre la situation d'ici et celle d'ailleurs.<br />
<br />
La semaine derni&egrave;re, je me suis rendue au Honduras, l'un des pays les plus pauvres en Am&eacute;rique latine apr&egrave;s Haiti, le Guatemala et le Nicaragua. Ma r&eacute;flexion sur la n&eacute;cessit&eacute; de marcher est devenue encore plus claire, &eacute;vidente et universelle. L'inqui&eacute;tude face &agrave; notre avenir est globale. Il est n&eacute;cessaire de marcher pour le bien commun, car les enjeux du Nord sont reli&eacute;s aux enjeux du Sud. Les gestes que nous posons au Qu&eacute;bec comme soci&eacute;t&eacute; influencent directement le sort de pays comme le Honduras.<br />
<br />
<img src="http://i.huffpost.com/gen/566149/thumbs/s-HONDURAS-large640.jpg"><br />
<em>Cr&eacute;dit photo: L&eacute;a Clermont-Dion, 2012, Antonio Ortiz, El Rincon, Honduras<br />
</em><br />
Cet &Eacute;tat, en plus de voir ses ressources exploit&eacute;es par les &eacute;trangers, doit s'adapter aux effets des changements climatiques qui perturbent le cycle saisonnier. Les paysans ont d&ucirc; mal &agrave; s'adapter aux perturbations m&eacute;t&eacute;orologiques, aucune aide est apport&eacute;e par le gouvernement.<br />
<br />
Dans la petite communaut&eacute; d'El Rincon pr&egrave;s de San Lorenzo dans la r&eacute;gion de Valle, au sud-ouest du Honduras, un homme plut&ocirc;t petit, mais fier comme personne, vit sur le haut d'une colline. Il tient sa fermette avec sa femme et ses enfants. Il s'appelle Antonio. Depuis des ann&eacute;es, il s'adapte, tant bien que mal aux saisons s&egrave;ches plus longues, aux temp&ecirc;tes tropicales plus dures.  Comme plusieurs, il a &eacute;t&eacute; pris de court avec les inondations de novembre dernier qui ont fait perdre la vie &agrave; beaucoup trop d'individus. D'ann&eacute;e en ann&eacute;e, m&egrave;re nature se fait plus impr&eacute;visible que jamais.<br />
<br />
Si 72% des Honduriens souffrent d'ins&eacute;curit&eacute; alimentaire et que 23% d'entre eux sont sous-aliment&eacute;s, c'est qu'il y a un lien direct &agrave; faire avec les changements climatiques. Carlos Velasquez, chef de projet pour Oxfam-Qu&eacute;bec, explique comment la d&eacute;forestation en territoire montagneux r&eacute;duit &eacute;norm&eacute;ment la capacit&eacute; de r&eacute;tention d'eau dans les sols et les nappes phr&eacute;atiques. Les changements climatiques entra&icirc;nent donc des risques plus s&eacute;rieux d'&eacute;rosion et d&eacute;gradent la qualit&eacute; de l'eau tout en diminuant sa quantit&eacute;. La s&eacute;curit&eacute; alimentaire de paysans comme Antonio est menac&eacute;e, car leur acc&egrave;s &agrave; l'eau est grandement r&eacute;duit par ces perturbations m&eacute;t&eacute;orologiques.<br />
<br />
Selon un rapport du PNUE, le Programme des Nations Unies pour l'environnement,  la d&eacute;forestation repr&eacute;sente un r&eacute;el fl&eacute;au pour le pays. 80 000 hectares sont ras&eacute;s chaque ann&eacute;e. R&eacute;sultat? Perte de 35% de la v&eacute;g&eacute;tation d'ici 30 ans. Est-il n&eacute;cessaire de s'inqui&eacute;ter? Oui, selon les coop&eacute;rants d'Oxfam-Qu&eacute;bec sur le terrain.<br />
<br />
Leur projet, dans leur jargon, le PRASA, est un appui &agrave; la s&eacute;curit&eacute; alimentaire dans les bassins-versants des rivi&egrave;res Nacaome et Goascoran du sud du Honduras. Ils aident les communaut&eacute;s comme celle d'El Rincon &agrave; faire face aux changements climatiques en pensant diff&eacute;remment leurs semences, en utilisant des filtres &agrave; eau, etc. Antonio doit sa fiert&eacute; &agrave; la maintenance de sa ferme dont l'organisation est sans pareil. Victime des changements climatiques, il doit adapter la culture de ses terres. Les ONGs sur le terrain l'appuient dans sa d&eacute;marche.<br />
<br />
Antonio Ortiz s'adapte comme il peut avec l'aide de partenaires locaux et les coop&eacute;rants d'Oxfam-Qu&eacute;bec. Le d&eacute;balancement des saisons est criant, les p&eacute;riodes de s&eacute;cheresse s'allongent. Lors des inondations massacrantes de novembre, Antonio a tout perdu. Quoi faire? <br />
<br />
Les changements climatiques subis par le Honduras font partie d'une probl&eacute;matique plus globale. Les choix de nos gouvernements au Qu&eacute;bec ont un impact direct sur ces d&eacute;gradations climatiques. Nous sommes tous responsables. Le 22 avril, je marcherai aussi pour Antonio. <br />
]]></content>
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    <title>Ma grand-mère et les étudiants</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1372030</id>
    <published>2012-03-22T07:29:57-04:00</published>
    <updated>2012-05-22T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Pauline Lortie, la mère de ma mère, est née en 1929. Il lui arrive parfois de suivre des cours de science politique à l'université du troisième âge. À 83 ans, elle fait partie de cette génération qui a vu naître un Québec moderne laissant place à un projet de société inspirant. De Maurice Duplessis à Jean Lesage, elle a  vu le système d'éducation évoluer. Elle a été aux premières loges de la création de l'accessibilité aux études.]]></summary>
    <author>
        <name>Léa Clermont-Dion</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/lea-clermont-dion/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/lea-clermont-dion/"><![CDATA[Pauline Lortie, la m&egrave;re de ma m&egrave;re, est n&eacute;e en 1929. Il lui arrive parfois de suivre des cours de science politique &agrave; l'universit&eacute; du troisi&egrave;me &acirc;ge. &Agrave; 83 ans, elle fait partie de cette g&eacute;n&eacute;ration qui a vu na&icirc;tre un Qu&eacute;bec moderne laissant place &agrave; un projet de soci&eacute;t&eacute; inspirant. De Maurice Duplessis &agrave; Jean Lesage, elle a  vu le syst&egrave;me d'&eacute;ducation &eacute;voluer. Elle a &eacute;t&eacute; aux premi&egrave;res loges de la cr&eacute;ation de l'accessibilit&eacute; aux &eacute;tudes. <br />
<br />
Parfois, il m'arrive de converser avec elle au t&eacute;l&eacute;phone. Elle m'&eacute;tonne &agrave; tout coup par sa vivacit&eacute; d'esprit. Elle se tient en vie de fa&ccedil;on singuli&egrave;re en restant bien au courant de ce qui se passe ici. Depuis quelques mois, non pas sans passion, elle me raconte avec d&eacute;tails les derniers &eacute;v&eacute;nements de la gr&egrave;ve &eacute;tudiante.  Elle s'enflamme, s'enthousiasme, s'int&eacute;resse &agrave; cette jeunesse qui lui rappelle des souvenirs d'une &eacute;poque pass&eacute;e o&ugrave; la rue &eacute;tait consid&eacute;r&eacute;e comme un haut lieu d'expression.<br />
<br />
Hier soir, au t&eacute;l&eacute;phone, Pauline poss&eacute;dait cette &eacute;tincelle dans la voix. Elle m'a partag&eacute; quelques mots et j'ai eu envie de vous les transmettre. Ce sont des mots simples, des mots qui inspirent et qui donnent un tantinet espoir.<br />
<br />
-Ma grand-m&egrave;re:<br />
L&eacute;a, c'est &eacute;pouvantable.<br />
<br />
-Moi:<br />
Quoi grand-maman?<br />
<br />
-Ma grand-m&egrave;re:<br />
Le gouvernement. &Ccedil;a m'enrage de voir autant d'individualisme, d'effronterie. Autant d'appuis de ce gouvernement. <br />
<br />
-Moi:<br />
Je sais...<br />
<br />
-Ma grand-m&egrave;re:<br />
Je crois en votre avenir, en notre avenir. <br />
<br />
Elle prend son souffle. <br />
<br />
-Ma grand-m&egrave;re:<br />
Line Beauchamp, elle me rend malade. Quelle...quelle effronterie. <br />
<br />
Silence.<br />
<br />
-Ma grand-m&egrave;re:<br />
J'aimerais &ecirc;tre l&agrave; demain... Je vous appuie.<br />
<br />
-Moi:<br />
J'y serai pour toi grand-maman.<br />
<br />
Ma grand-m&egrave;re est parfois h&eacute;sitante, parfois elle manque un peu d'assurance. Hier soir, elle &eacute;tait d'une force implacable, parce qu'elle croit en nous. <br />
]]></content>
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    <title>SPVM, tu m'indignes</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1339201</id>
    <published>2012-03-12T11:50:18-04:00</published>
    <updated>2012-05-12T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Ça me prend un peu au ventre ces jours-ci. Je regarde défiler les images de violence, d'abus, de brutalité. Ça me fait mal ici. Juste ici. Près du coeur. Le mouvement étudiant est fort, uni et solide. C'est beau, ça me fait du bien, ça me donne espoir. Mais, il y a un déséquilibre de forces évidentes. Tu ne me fais plus croire en la démocratie. Certes, je suis de plus en plus cynique face à cet idéal. Et toi, tu arrives à coups de bombes assourdissantes et tu détruis de plus belle mon rêve. SPVM, tu m'indignes.]]></summary>
    <author>
        <name>Léa Clermont-Dion</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/lea-clermont-dion/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/lea-clermont-dion/"><![CDATA[&Ccedil;a me prend un peu au ventre ces jours-ci. Je regarde d&eacute;filer les images de violence, d'abus, de brutalit&eacute;. &Ccedil;a me fait mal ici. Juste ici. Pr&egrave;s du coeur. Le mouvement &eacute;tudiant est fort, uni et solide. C'est beau, &ccedil;a me fait du bien, &ccedil;a me donne espoir. Mais, il y a un d&eacute;s&eacute;quilibre de forces &eacute;videntes. Tu ne me fais plus croire en la d&eacute;mocratie. Certes, je suis de plus en plus cynique face &agrave; cet id&eacute;al. Et toi, tu arrives &agrave; coups de bombes assourdissantes et tu d&eacute;truis de plus belle mon r&ecirc;ve. SPVM, tu m'indignes.<br />
<br />
Remarque, je n'ai rien contre la violence, parce qu'elle fait partie de la vie. Ce sentiment d'impuissance, de mal-&ecirc;tre qui te prend au plus profond de toi et qui te donne une envie de crier, parce que tu ne trouves pas toujours les mots pour qu'on t'entende, parce que tu veux changer une situation. On parle ici d'une violence naturelle, spontan&eacute;e.<br />
<br />
Il y a aussi la violence organis&eacute;e, celle dont tu te fais le porte-&eacute;tendard ces jours-ci. Elle ne me pla&icirc;t pas. J'&eacute;coutais le p&egrave;re de Francis Bernier, le jeune que tu as s&eacute;v&egrave;rement bless&eacute;, l'autre jour. As-tu des enfants? La mani&egrave;re dont tu agis avec les jeunes Qu&eacute;b&eacute;cois est inacceptable. Personne ne m&eacute;rite de perdre la vue, parce que tu abuses. Tu sais quoi? Les affrontements actuels me rappellent le printemps arabe. Nous vivons un printemps qu&eacute;b&eacute;cois men&eacute; de front par les &eacute;tudiants. Il y a r&eacute;pression de demandes l&eacute;gitimes, nobles et n&eacute;cessaires.  <br />
<br />
En passant, SPVM, je ne suis pas une anarchiste. Figure-toi donc que je crois &agrave; l'&Eacute;tat. Je crois aussi en la sociale d&eacute;mocratie. Ce que je peux te dire, c'est que je ne crois pas au gouvernement qui est &eacute;lu depuis le 14 avril 2003. Un gouvernement qui fait preuve d'arrogance envers les &eacute;tudiants qu&eacute;b&eacute;cois ces temps-ci. Une arrogance insupportable qui m'indigne.<br />
<br />
Les mouvements sociaux s'expriment de mani&egrave;re spontan&eacute;e. Il n'y a pas de mot d'ordre clair dans les manifestations, elles sont naturelles et profond&eacute;ment importantes pour l'expression de la collectivit&eacute;. Elles sont &agrave; la base de ce que tu es cens&eacute; d&eacute;fendre, par l'application de la loi et l'ordre. Quand tu lances une bombe assourdissante dans une foule, que tu blesses s&eacute;v&egrave;rement un &eacute;tudiant qui joue de l'harmonica, SPVM, tu m'indignes.<br />
<br />
Tu m'indignes, parce que tu abuses de ton pouvoir.<br />
Tu m'indignes, parce que tu ne respectes pas les r&egrave;gles du jeu.<br />
Tu m'indignes, parce que tu ne respectes pas la dignit&eacute; de tes citoyens.<br />
<br />
Non, la violence que tu as utilis&eacute;e le 7 mars dernier et &agrave; plusieurs autres reprises n'est pas l&eacute;gitime. Ce monopole louang&eacute; par notre syst&egrave;me de droits et libert&eacute;s m'indigne. S&eacute;rieusement.<br />
<br />
Fin de ce cri du c&oelig;ur. <br />
]]></content>
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    <title>Comment Harper nous fait reculer en plus de huit façons</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1327165</id>
    <published>2012-03-08T05:53:49-05:00</published>
    <updated>2012-05-08T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[8 mars 2012, journée internationale des femmes. Six ans déjà que vous êtes à la tête de notre gouvernement fédéral. Six ans que je m'implique comme je le peux au sein du mouvement des femmes. J'aimerais faire le bilan de ces années avec vous, monsieur Harper. Je ne voudrais pas faire preuve de flagornerie à votre endroit, alors disons-le comme ce l'est, vous faites reculer les femmes. Vous m'épuisez. Je suis un peu fatiguée. ]]></summary>
    <author>
        <name>Léa Clermont-Dion</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/lea-clermont-dion/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/lea-clermont-dion/"><![CDATA[Cher Stephen Harper,<br />
<br />
Je ne vous ferai pas de cachette. Entre vous et moi, je n'ai jamais &eacute;t&eacute; une partisane de vos all&eacute;geances politiques; du Parti r&eacute;formiste du Canada &agrave; l'Alliance canadienne, jusqu'&agrave; vos lanc&eacute;es au Parti conservateur. Ce n'est pas une surprise pour personne, d'autant plus que le pays que vous d&eacute;fendez n'est pas le mien. Qu'&agrave; cela ne tienne, c'est &ccedil;a le jeu d&eacute;mocratique, non? Je n'y crois pas trop.<br />
<br />
Depuis le 23 janvier 2006, je subis votre gouvernement minoritaire, minoritaire renforc&eacute; puis majoritaire. Plus la confiance de la d&eacute;mocratie vous est donn&eacute;e par les citoyens, plus j'ai de s&eacute;rieuses craintes pour l'avenir. Vous &eacute;raillez mes convictions inh&eacute;rentes. Je doute. J'angoisse un peu. Je ne r&ecirc;ve pas de la m&ecirc;me soci&eacute;t&eacute; que la v&ocirc;tre, c'est bien &eacute;vident. <br />
<br />
8 mars 2012, journ&eacute;e internationale des femmes. Six ans d&eacute;j&agrave; que vous &ecirc;tes &agrave; la t&ecirc;te de notre gouvernement f&eacute;d&eacute;ral. Six ans que je m'implique comme je le peux au sein du mouvement des femmes. J'aimerais faire le bilan de ces ann&eacute;es avec vous, monsieur Harper. Je ne voudrais pas faire preuve de flagornerie &agrave; votre endroit, alors disons-le comme ce l'est, vous faites reculer les femmes. Vous m'&eacute;puisez. Je suis un peu fatigu&eacute;e. <br />
<br />
<strong>Voici quelques faits qui expliquent pourquoi je crois que vous nous faites reculer.</strong><br />
<br />
<strong>Fait 1</strong>: Vous avez coup&eacute; 12 des 16 bureaux de Condition f&eacute;minine Canada.<br />
<br />
<strong>Fait 2</strong>: Vous avez aboli 61 des 131 postes au pays de Condition f&eacute;minine Canada.<br />
<br />
<strong>Fait 3</strong>: Vous avez r&eacute;duit de 43 % le budget de fonctionnement de Condition f&eacute;minine Canada, c'est-&agrave;-dire pr&egrave;s de 5 millions de dollars. <br />
<br />
<strong>Fait 4</strong>: Vous avez renforc&eacute; l'influence de l'organisme REAL women of Canada, un regroupement pro-vie et anti-f&eacute;ministe, qui &eacute;tend son influence sur votre gouvernement.<br />
<br />
<strong>Fait 5</strong>: Vous avez remis en doute le droit &agrave; l'avortement de mani&egrave;re peu subtile par le projet de loi C-484, la Loi visant les enfants non encore n&eacute;s victimes d'actes criminels.<br />
<br />
<strong>Fait 6:</strong> Vous avez jusqu'ici refus&eacute; cat&eacute;goriquement de l&eacute;gif&eacute;rer sur l'&eacute;quit&eacute; salariale et ce, malgr&eacute; le rapport d&eacute;pos&eacute; en mai 2004 par le Groupe de travail sur l'&eacute;quit&eacute; salariale conclut que la Loi canadienne sur les droits de la personne est tout simplement inefficace. <br />
<br />
D'ailleurs...<br />
<br />
<strong>Fait 7</strong>: Saviez-vous que de nos jours encore, les femmes qui travaillent &agrave; temps plein gagnent en moyenne 70 % du salaire des hommes.<br />
<br />
<strong>Fait 8</strong>: Saviez-vous que le Canada se classe bon 33e dans le monde en ce qui concerne l'&eacute;cart salarial entre hommes et femmes pour cette m&ecirc;me ann&eacute;e 2010.<br />
<br />
<strong>Fait 9</strong>: Saviez-vous que la moyenne estimative du revenu au travail pour les femmes, au Canada, est de 28 315 $, comparativement &agrave; 40 000 $ pour les hommes.<br />
<br />
<strong>Fait 10</strong>: Vous avez coup&eacute; le Programme de promotion de la femme (PPF) qui ne financera plus la recherche ni la d&eacute;fense des droits des femmes.<br />
<br />
<strong>Fait 11</strong>: Vous avez  coup&eacute; le International Planned Parenthood, cet organisme vou&eacute; &agrave; aider les femmes des pays en voie de d&eacute;veloppement pour mieux planifier leur maternit&eacute;. Et votre d&eacute;put&eacute; Brad Trost de Sakastoon-Humboldt s'en est vant&eacute;. <br />
<br />
<strong>Fait 12</strong>: Vous avez fait reculer le Canada sur le plan international en mati&egrave;re d'&eacute;galit&eacute; entre les hommes et les femmes du14e rang au 18e jusqu'au 30e.<br />
<br />
<strong>Fait 13</strong>: Vous n'avez fait aucune mention de la situation des femmes dans la plate-forme du Parti conservateur de 2011, Ici pour le Canada.<br />
<br />
<strong>Fait 14:</strong>  Vous avez fait un affront aux femmes victimes d'actes criminels. Votre ministre de la s&eacute;curit&eacute;, Vic Toews, a fait adopter le projet de loi C-19 pour l'abolition des armes &agrave; feu repr&eacute;sentant pr&egrave;s de 91% des 7.3 millions d'armes en circulation au Canada qui ne seront plus fich&eacute;es. La Coalition pour le contr&ocirc;le des armes, cr&eacute;&eacute;e &agrave; la suite des &eacute;v&eacute;nements du 6 d&eacute;cembre, s'inqui&egrave;te.<br />
<br />
Mais...<br />
<br />
<strong>Fait 15:</strong> Saviez-vous que 22 % des victimes de violence conjugale ont affirm&eacute; avoir &eacute;t&eacute; agress&eacute;es sexuellement, battues, &eacute;trangl&eacute;es ou menac&eacute;es &agrave; l'aide d'une arme &agrave; feu ou d'un couteau selon ce qu'affirme une &eacute;tude de Statistique Canada sur la violence familiale publi&eacute;e en 2009.<br />
<br />
***<br />
<br />
En 2015, lorsque vous serez pr&egrave;s de d&eacute;clencher des &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales au pays, je souhaite que le mouvement f&eacute;ministe aura r&eacute;ussi &agrave; freiner vos mesures politiques nous faisant tous un peu reculer. L'existence m&ecirc;me de votre gouvernement me laisse croire que notre place est encore importante dans notre soci&eacute;t&eacute; : l'&eacute;galit&eacute; est loin d'&ecirc;tre acquise.<br />
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