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  <title>Jerry Beaudoin</title>
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  <updated>2013-05-24T11:20:33-04:00</updated>
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    <name>Jerry Beaudoin</name>
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  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Jerry Beaudoin</subtitle>
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    <title>Prendre le virage de l'éducation</title>
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    <published>2012-03-16T00:30:11-04:00</published>
    <updated>2012-05-15T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Il y a de ces thèmes à la mode, ces thèmes utilisés à toutes les sauces et dont on aime bien se draper à l'occasion. Que ce soit dans un élan de populisme visant à s'attirer les faveurs de la population ou simplement pour se donner bonne conscience. Malheureusement, l'éducation fait figure dominante à ce chapitre depuis plusieurs mois déjà. 
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        <name>Jerry Beaudoin</name>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/jerry-beaudoin/"><![CDATA[Il y a de ces th&egrave;mes &agrave; la mode, ces th&egrave;mes utilis&eacute;s &agrave; toutes les sauces et dont on aime bien se draper &agrave; l'occasion. Que ce soit dans un &eacute;lan de populisme visant &agrave; s'attirer les faveurs de la population ou simplement pour se donner bonne conscience. Malheureusement, l'&eacute;ducation fait figure dominante &agrave; ce chapitre depuis plusieurs mois d&eacute;j&agrave;. Tant au niveau des partis politiques &eacute;tablis depuis de nombreuses ann&eacute;es qu'au niveau de ceux qui font leur arriv&eacute;e dans le paysage, on tente de nous servir un ramassis d'id&eacute;es d&eacute;cousues et sans v&eacute;ritable vision. &Eacute;tant des acteurs de premier plan du milieu &eacute;ducationnel qu&eacute;b&eacute;cois, nous tenons donc &agrave; prendre part au d&eacute;bat en d&eacute;boulonnant certains mythes propag&eacute;s et en proposant &agrave; notre tour des pistes de solutions pour r&eacute;solument prendre le virage de l'&eacute;ducation.<br />
<br />
Tout d'abord, nous trouvons louable que des politiciens d&eacute;sirent s'attaquer au probl&egrave;me du d&eacute;crochage scolaire. &Agrave; chaque fois qu'un jeune Qu&eacute;b&eacute;cois d&eacute;cide de l&acirc;cher l'&eacute;cole, c'est toute la soci&eacute;t&eacute; qui en est perdante. Or, de faire un parall&egrave;le entre le d&eacute;crochage scolaire et la comp&eacute;tence des enseignants qu&eacute;b&eacute;cois rel&egrave;ve d'une certaine malhonn&ecirc;tet&eacute; intellectuelle. Pire encore, on tente de nous faire gober qu'en augmentant le salaire de ces derniers de 20% et en les &eacute;valuant selon des crit&egrave;res encore flous, on r&eacute;ussira &agrave; diminuer grandement la port&eacute;e de la probl&eacute;matique. Nous trouvons d'ailleurs &eacute;tonnant qu'une bonne partie de la population ach&egrave;te ce constat des plus douteux. <br />
<br />
D'abord, cette adh&eacute;sion spontan&eacute;e &agrave; une hausse salariale est tout de m&ecirc;me surprenante alors qu'au cours des derni&egrave;res ann&eacute;es, &agrave; maintes reprises, nous nous sommes fait regarder de haut quand nous demandions des majorations salariales beaucoup moins g&eacute;n&eacute;reuses. Nos dol&eacute;ances trouvaient un accueil plut&ocirc;t froid dans la population alors que maintenant, parce qu'un chef populaire lance un ballon politique, une majorit&eacute; de gens seraient en faveur d'une augmentation beaucoup plus substantielle ? Selon nous, il est davantage question ici de man&oelig;uvres &eacute;lectoralistes de bas &eacute;tage que d'une r&eacute;elle reconnaissance de l'ampleur du travail des enseignants. Nous nous en d&eacute;solons.<br />
<br />
De surcro&icirc;t, il est malhonn&ecirc;te de tracer une corr&eacute;lation entre les conditions salariales des enseignants et la diminution du d&eacute;crochage scolaire. Cela &eacute;quivaudrait &agrave; dire que les professionnels du milieu de l'&Eacute;ducation font actuellement beaucoup moins d'efforts pour stimuler la r&eacute;ussite de leurs &eacute;l&egrave;ves que s'ils &eacute;taient mieux pay&eacute;s. Un tel constat porte directement atteinte aux principes de base de l'enseignement. Combien de fois, durant notre formation, nous a-t-on r&eacute;p&eacute;t&eacute; que d'&ecirc;tre enseignant n'est pas un m&eacute;tier comme les autres, mais plut&ocirc;t une sorte de vocation. Si nous ne nous opposons pas d'embl&eacute;e &agrave; ce que le travail des enseignants qu&eacute;b&eacute;cois soit mieux reconnu, nous trouvons le parall&egrave;le &eacute;tabli plut&ocirc;t douteux. Dans cette optique, un investissement massif pour diminuer le nombre d'&eacute;l&egrave;ves par classe (&agrave; 15 par exemple) et/ou pour augmenter consid&eacute;rablement les services offerts aux &eacute;l&egrave;ves, aurait beaucoup plus d'impact pour contrer le d&eacute;crochage scolaire. En fait, on pourrait m&ecirc;me parler ici d'un rem&egrave;de de cheval. Un suivi plus individualis&eacute; qui prend en compte le rythme et les forces de chacun des enfants constituerait selon nous une recette beaucoup plus gagnante.<br />
<br />
Par ailleurs, dans le sillage de cette esp&egrave;ce de chasse aux sorci&egrave;res initi&eacute;e il y a quelque temps, on a tent&eacute; de cantonner les probl&egrave;mes en &Eacute;ducation dans le cadre tr&egrave;s r&eacute;ducteur de la comp&eacute;tence des enseignants. C'est de bien mal conna&icirc;tre le milieu que de lancer la population sur une telle piste. Si, &agrave; priori, nous sommes loin d'&ecirc;tre convaincus de la pertinence d'&eacute;tablir un syst&egrave;me d'&eacute;valuation des enseignants, le flou artistique accompagnant cette id&eacute;e n'est pas pour nous rassurer. Le parti politique qui se fait porteur de cette id&eacute;e peine &agrave; d&eacute;montrer clairement sur quoi serait bas&eacute;e une telle &eacute;valuation. <br />
<br />
Encore une fois, on semble vouloir jouer aux p&egrave;res fouettards et faire porter un probl&egrave;me aussi complexe que le d&eacute;crochage scolaire sur les &eacute;paules d'une seule cat&eacute;gorie de personnes. Si certains enseignants en arrachent parfois un peu plus que d'autres, ne serait-il pas plus pertinent de mieux les outiller au cours de leur formation initiale, d&egrave;s l'universit&eacute;? Selon nous, c'est tout le cursus universitaire visant &agrave; former les nouveaux enseignants qui devrait &ecirc;tre revu. Il n'est pas normal, par exemple, que dans certaines universit&eacute;s, il n'y ait aucun cours visant &agrave; enseigner les rouages de l'apprentissage de la lecture &agrave; un &eacute;l&egrave;ve d'&acirc;ge primaire. Nous croyons aussi qu'il serait pertinent de resserrer les exigences au niveau de la connaissance de la langue fran&ccedil;aise. Il est &eacute;videmment inacceptable que certaines personnes responsables d'enseigner &agrave; nos enfants aient une si mauvaise connaissance du fran&ccedil;ais. Mais au lieu de s&eacute;vir apr&egrave;s coup, nous sommes convaincus que c'est au cours de la formation universitaire que les exigences doivent &ecirc;tre resserr&eacute;es et que les futurs enseignants doivent &ecirc;tre mieux outill&eacute;s. C'est d'ailleurs la voie que la Finlande a choisi d'emprunter, et ce, avec un succ&egrave;s qui fait l'envie de nombreuses nations &agrave; travers le monde!<br />
<br />
Nous croyons aussi en l'importance de la formation continue dans le cheminement du personnel enseignant. Or, un probl&egrave;me des plus fr&eacute;quents vient grandement diminuer les possibilit&eacute;s &agrave; ce chapitre. Dans les &eacute;tablissements scolaires, les enseignants doivent se battre pour se s&eacute;parer les miettes allou&eacute;es &agrave; la formation continue. Ainsi, m&ecirc;me si plusieurs font preuve d'une grande volont&eacute;, la plupart du temps, les budgets disponibles ne leur permettent pas de r&eacute;ussir &agrave; remplir leurs demandes. Sachant cela, il nous semble quelque peu malhonn&ecirc;te de pr&eacute;tendre que l'&eacute;tablissement d'une &eacute;valuation des enseignants permettrait de les obliger &agrave; suivre davantage de formation continue. La tr&egrave;s vaste majorit&eacute; des enseignants est stimul&eacute;e par ce genre d'activit&eacute;s et d&eacute;sire constamment r&eacute;actualiser ses m&eacute;thodes, mais faute de moyens financiers, elle doit se r&eacute;signer aux besoins minimaux. En ce sens, un parti politique qui proposera d'investir des sommes substantielles dans la formation continue des enseignants fera preuve d'une bien meilleure connaissance des v&eacute;ritables besoins des enseignants qu&eacute;b&eacute;cois.<br />
 <br />
Alors que certains aimeraient faire du milieu de l'&eacute;ducation un secteur comptable et statique, nous croyons au contraire que c'est justement cette voie qui cause le plus grand nombre de probl&egrave;mes au Qu&eacute;bec. En fait, il y a une esp&egrave;ce de mur &agrave; mur malsain qui r&egrave;gne dans certaines sph&egrave;res du milieu scolaire qu&eacute;b&eacute;cois. Il est inconcevable que, dans certains cas, les r&egrave;gles qui pr&eacute;valent pour une &eacute;cole de Saint-Cyprien-des-Etchemins, par exemple, soient les m&ecirc;mes r&egrave;gles qui sont appliqu&eacute;es dans une &eacute;cole de Westmount. Il y a l&agrave; une profonde m&eacute;connaissance du milieu scolaire qui apporte son lot d'impacts n&eacute;fastes sur le cheminement scolaire des jeunes Qu&eacute;b&eacute;cois. <br />
<br />
Parfois, la rigidit&eacute; des structures paralyse le syst&egrave;me et tue toute possibilit&eacute; d'initiatives propres aux diff&eacute;rents milieux. Comment expliquer, par exemple, que les enveloppes budg&eacute;taires attribu&eacute;es &agrave; l'aide aux devoirs doivent obligatoirement &ecirc;tre d&eacute;l&eacute;gu&eacute;es &agrave; un soutien en dehors des heures de classe? Il nous semble ici qu'une plus grande latitude et moins de rigidit&eacute; pourraient permettre un meilleur suivi des &eacute;l&egrave;ves en difficult&eacute;. Par contre, il ne faudrait pas pr&eacute;tendre ici que notre prise de position en est une contre les commissions scolaires. Au contraire, nous croyons que davantage de pouvoirs et de latitude devraient &ecirc;tre d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s du minist&egrave;re vers ces derni&egrave;res. Il faudrait cesser de tenter d'appliquer un seul mod&egrave;le de gestion &agrave; toutes les &eacute;coles du Qu&eacute;bec! Une plus grande souplesse permettrait assur&eacute;ment de mieux r&eacute;pondre aux v&eacute;ritables besoins.<br />
 <br />
La conception de l'&eacute;ducation doit aussi changer. Elle ne doit pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e exclusivement comme l'affaire des enseignants. La r&eacute;ussite scolaire est davantage favoris&eacute;e lorsqu'il y a une implication tripartite des enfants, des parents et des enseignants. Quand chacun s'investit &agrave; sa pleine mesure, les r&eacute;sultats sont habituellement &agrave; la hauteur des attentes. L'exemple de l'&eacute;cole alternative pourrait d'ailleurs servir de mod&egrave;le &agrave; ce chapitre. Une co-&eacute;ducation bien dos&eacute;e permet une implication plus grande des parties concern&eacute;es. Chacun a ses responsabilit&eacute;s et doit les assumer pleinement. <br />
<br />
R&eacute;inventer l'&eacute;ducation au Qu&eacute;bec, c'est lib&eacute;rer les talents et permettre &agrave; chacun de s'&eacute;panouir, de d&eacute;velopper son plein potentiel,  d'accepter que tout le monde n'apprenne pas de la m&ecirc;me fa&ccedil;on. En fait, nous croyons que dans les prochaines ann&eacute;es, la classe politique devrait convier le Qu&eacute;bec &agrave; participer &agrave; un grand projet emballant, celui de nationaliser la r&eacute;ussite scolaire. Elle doit &ecirc;tre atteignable pour chacun et l'&eacute;galit&eacute; des chances doit devenir un leitmotiv quotidien qui inspirera la nation en entier. Le jour o&ugrave; l'&eacute;ducation deviendra r&eacute;ellement accessible pour tous de la garderie jusqu'&agrave; l'universit&eacute;, nous pourrons enfin dire que notre peuple aura choisi la voie du savoir, la voie de l'avenir.<br />
 <br />
<em>Jerry Beaudoin, enseignant, Montr&eacute;al<br />
Annie Dufort, orthop&eacute;dagogue, Montr&eacute;al<br />
Sylvie Colucci, enseignante, Montr&eacute;al<br />
Louis-Marc Poulin, enseignant, Saint-C&eacute;saire<br />
Brigitte B&eacute;dard, enseignante, Montr&eacute;al<br />
Jos&eacute;e Nadeau, enseignante, Montr&eacute;al<br />
Marie Lalande, conseill&egrave;re p&eacute;dagogique, Montr&eacute;al<br />
Barbara Laflamme, enseignante, Saint-Prosper<br />
Isabelle D'Amico, enseignante, Montr&eacute;al<br />
Annie Jolicoeur, enseignante, Montr&eacute;al<br />
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