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  <title>Jean-Claude Hébert</title>
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  <updated>2013-06-19T23:27:07-04:00</updated>
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    <name>Jean-Claude Hébert</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Jean-Claude Hébert</subtitle>
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    <title>La démocratie masquée</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1508803</id>
    <published>2012-05-11T07:58:31-04:00</published>
    <updated>2012-07-11T05:12:13-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le Barreau du Québec juge légitime l'objectif poursuivi par la proposition législative. Cependant, fait-on valoir, les manifestants pacifiques désireux de conserver l'anonymat ne devraient pas être ciblés si leur déguisement « n'a pas pour but de faciliter la perpétration d'une infraction criminelle, incluant la participation à une manifestation tumultueuse ».]]></summary>
    <author>
        <name>Jean-Claude Hébert</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/jean-claude-hebert/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/jean-claude-hebert/"><![CDATA[La Charte canadienne, dans son pr&eacute;ambule, pr&eacute;cise que le Canada est fond&eacute; sur des principes qui reconnaissent la supr&eacute;matie de Dieu et du droit. Sauf une r&egrave;gle &agrave; l'effet contraire, les citoyens sont libres d'agir comme ils l'entendent. En revanche, les policiers doivent agir en conformit&eacute; des pouvoirs et obligations pr&eacute;vus par la loi. En somme, la supr&eacute;matie du droit n'est pas celle d'une personne qui impose son droit &agrave; autrui.<br />
<br />
Le contr&ocirc;le d'une manifestation publique n'a rien d'une comp&eacute;tition au fleuret. La mission des policiers consiste &agrave; prot&eacute;ger la paix publique et enqu&ecirc;ter sur les infractions commises. Les agents de la paix doivent r&eacute;agir promptement, avec efficacit&eacute; et souplesse, dans un contexte p&eacute;rilleux. <br />
<br />
Selon le Code criminel, une &eacute;meute existe l&eacute;galement lorsqu'un attroupement ill&eacute;gal a commenc&eacute; &agrave; troubler la paix de fa&ccedil;on tumultueuse. S'il est convaincu qu'une &eacute;meute est en cours, un policier peut ordonner, de fa&ccedil;on audible, la dispersion des gens pr&eacute;sents. La loi pr&eacute;voit la possibilit&eacute; que la d&eacute;claration se termine par &laquo; Dieu sauve la Reine &raquo; ! Dieu merci, cette mention n'est pas obligatoire...<br />
<br />
Averti de l'existence d'une &eacute;meute, un policier qui, sans excuse valable, omet de prendre toutes les mesures raisonnables pour r&eacute;primer le soul&egrave;vement populaire commet une infraction de n&eacute;gligence.<br />
<br />
S'agissant du droit de manifester sur la place publique, la Charte canadienne prot&egrave;ge la &laquo; libert&eacute; de r&eacute;union pacifique &raquo;. Voil&agrave; pourquoi le Code criminel interdit les attroupements ill&eacute;gaux et les &eacute;meutes. Les droits de ceux qui s'expriment publiquement s'arr&ecirc;tent l&agrave; o&ugrave; commencent les droits de ceux qui les &eacute;coutent ou qui sont contraints de le faire.<br />
<br />
<strong>L'expression masqu&eacute;e<br />
</strong><br />
L'anonymat d'un d&eacute;nonciateur suscite la m&eacute;fiance. Dans le contexte trouble d'une manifestation publique, le port d'un masque est-il justifi&eacute; dans une soci&eacute;t&eacute; libre et d&eacute;mocratique?<br />
<br />
Nos &eacute;lus planchent actuellement sur des ajouts au Code criminel ou &agrave; la r&eacute;glementation municipale pour sanctionner les manifestants masqu&eacute;s. Prochainement, un comit&eacute; parlementaire fera l'&eacute;tude du projet de loi C-309 d&eacute;pos&eacute; par le d&eacute;put&eacute; conservateur Blake Richards. Il est propos&eacute; de sanctionner p&eacute;nalement les participants &agrave; une &eacute;meute ou &agrave; un attroupement ill&eacute;gal lorsque ceux-ci portent un masque (ou autre d&eacute;guisement), sans excuse l&eacute;gitime, dans le but de dissimuler leur identit&eacute;. <br />
<br />
Du c&ocirc;t&eacute; gouvernemental, selon le d&eacute;put&eacute; Rob Clarke, un ancien de la GRC, la prohibition de se masquer lors d'une manifestation publique dissuaderait les casseurs de violer la loi en raison de l'usage r&eacute;pandu de la captation d'images &agrave; l'aide de t&eacute;l&eacute;phones cellulaires et de cam&eacute;ras de surveillance. <br />
<br />
&Agrave; son avis, le projet de loi favorise l'arrestation d'individus masqu&eacute;s avant le passage &agrave; l'acte. Bref, il s'agit d'une &laquo; mesure pr&eacute;ventive &raquo; susceptible de prot&eacute;ger les biens de tiers innocents et qui, du coup, favorise les protestataires pacifiques.<br />
<br />
Que pense l'opposition officielle de cette initiative? Selon la d&eacute;put&eacute; Charmaine Borg, le projet de loi &laquo; enl&egrave;ve le droit d'un citoyen de manifester de mani&egrave;re anonyme &raquo;. Elle y voit un &laquo; risque de profilage politique des personnes exer&ccedil;ant leurs libert&eacute;s civiles &raquo;. <br />
<br />
Le Barreau du Qu&eacute;bec juge l&eacute;gitime l'objectif poursuivi par la proposition l&eacute;gislative. Cependant, fait-on valoir, les manifestants pacifiques d&eacute;sireux de conserver l'anonymat ne devraient pas &ecirc;tre cibl&eacute;s si leur d&eacute;guisement &laquo; n'a pas pour but de faciliter la perp&eacute;tration d'une infraction criminelle, incluant la participation &agrave; une manifestation tumultueuse &raquo;. <br />
<br />
Le Barreau sugg&egrave;re d'incriminer le port d'un masque fait &laquo; dans le but &raquo; de violer la loi. C'est inutile : le Code criminel comporte d&eacute;j&agrave; une infraction similaire.<br />
<br />
Dans une tribune publi&eacute;e r&eacute;cemment (<em>Le Devoir</em>), le professeur Francis Dupuis-D&eacute;ry de l'UQAM disait que les anarchistes, communistes, &eacute;cologistes et f&eacute;ministe radicales du Black Blocs jugent &laquo; utile et juste de perturber l'ordre social et d'exprimer une col&egrave;re l&eacute;gitime &raquo;. Cette n&eacute;buleuse de casseurs pr&eacute;conise &laquo; l'argument de la vitrine cass&eacute;e &raquo;, d'ajouter le professeur Dupuis-D&eacute;ry. D'o&ugrave;, la n&eacute;cessit&eacute; d'&ecirc;tre masqu&eacute;.<br />
<br />
Sans l'arbitrage des lois, privil&eacute;giant chacun leur int&eacute;r&ecirc;t personnel, les citoyens se causeraient mutuellement pr&eacute;judice. Par cons&eacute;quent, toute loi p&eacute;nale comporte des limites ou des contraintes &agrave; l'exercice des droits et libert&eacute;s fondamentaux. <br />
<br />
Sur la place publique, que l'on soit manifestant ou simple badaud, c'est un principe de proportionnalit&eacute; qui r&eacute;git notre comportement. Les prohibitions d&eacute;cr&eacute;t&eacute;es par l'&Eacute;tat doivent &ecirc;tre dans un rapport raisonnable avec la fin recherch&eacute;e.<br />
<br />
Pour quiconque participe &agrave; un grand rassemblement, l'interdiction d'&ecirc;tre masqu&eacute; est conforme &agrave; la libert&eacute; de r&eacute;union pacifique garantie par la Constitution. Par contre, l'atteinte &agrave; l'anonymat d'un manifestant est minimale. Cette restriction n'emp&ecirc;che pas l'exercice du droit de manifester paisiblement.]]></content>
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    <title>L'État-gendarme</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1250194</id>
    <published>2012-02-13T04:30:00-05:00</published>
    <updated>2012-04-13T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[En matière de fouilles, perquisitions et saisies d'ordinateurs, c'est présentement la curée pour les agences d'application de la loi. Celles-ci jouissent d'un accès illimité aux données informatiques.]]></summary>
    <author>
        <name>Jean-Claude Hébert</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/jean-claude-hebert/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/jean-claude-hebert/"><![CDATA[Coul&eacute; dans le bronze de la Constitution en 1982, le texte de la Charte canadienne des droits et libert&eacute;s est immuable. La d&eacute;licate fonction d'interpr&eacute;tation incombe aux juges. <br />
<br />
Apr&egrave;s une &eacute;tape d'effervescence, marqu&eacute;e par une approche lib&eacute;rale des droits et libert&eacute;s fondamentaux, nous connaissons une p&eacute;riode d'ajustement o&ugrave; le balancier de la s&eacute;curit&eacute; publique p&egrave;se lourdement. Apr&egrave;s trente ans, o&ugrave; en sommes-nous et que nous r&eacute;serve l'avenir?<br />
<br />
<strong>La loi et l'ordre</strong><br />
<br />
En mati&egrave;re p&eacute;nale, l'actuel gouvernement f&eacute;d&eacute;ral pr&eacute;conise une action muscl&eacute;e. Alors que les pouvoirs d'enqu&ecirc;te des agents de l'&Eacute;tat s'&eacute;largissent et pullulent, la r&eacute;pression des contrevenants s'alourdit. &Agrave; n'en point douter, l'&Eacute;tat-gendarme renforce sa mise.<br />
<br />
L'utilisation, par salves successives, de l'arsenal r&eacute;pressif n'est jamais l'apanage d'une politique globale coh&eacute;rente. Devant la grogne de certains segments de l'opinion publique et des sautes d'humeur des &eacute;lus, la rationalit&eacute; du droit p&eacute;nal canadien se disloque. Une banalisation des droits et libert&eacute;s fondamentaux s'ensuit.<br />
<br />
Dans l'air du temps, la <a href="http://www.justice.gc.ca/fra/nouv-news/cp-nr/2011/doc_32637.html" target="_hplink">Loi sur la s&eacute;curit&eacute; des rues et des communaut&eacute;s</a> (C-10) agit en trompe-l'&oelig;il. Source de m&eacute;fiance et de tension sociale, le climat d'ins&eacute;curit&eacute; est r&eacute;cup&eacute;r&eacute; par des initiatives politiciennes populistes. La peur nourrit la peur. Celle-ci appelle &agrave; renforcer l'arsenal r&eacute;pressif. <br />
<br />
La myopie du gouvernement conservateur envers les causes sociales de la criminalit&eacute; et sa m&eacute;fiance envers l'autorit&eacute; judiciaire favorisent un traitement format&eacute; des contrevenants. L'automatisme des sanctions rogne le principe fondamental de l'individualisation des peines.<br />
<br />
Assimil&eacute;es b&ecirc;tement aux &laquo;droits des criminels&raquo;, les garanties juridiques de la Charte canadienne sont grossi&egrave;rement oppos&eacute;es aux &laquo;droits des victimes&raquo;. Bancale, cette &eacute;quation est trompeuse. <br />
<br />
<strong>Invasion de la vie priv&eacute;e</strong><br />
<br />
Dans un proche avenir, la haute magistrature devra red&eacute;finir le p&eacute;rim&egrave;tre de protection de la vie priv&eacute;e, un droit garanti par la Charte canadienne. Plusieurs m&eacute;thodes d'enqu&ecirc;te refl&egrave;tent le souci d'accro&icirc;tre efficacement la r&eacute;pression de la criminalit&eacute;. Du coup, les nouvelles technologies offrent aux agents de l'&Eacute;tat des moyens de s'immiscer davantage dans la sph&egrave;re d'intimit&eacute; des citoyens.<br />
<br />
Le droit &agrave; la vie priv&eacute;e n'a pas la vocation d'assurer la pr&eacute;s&eacute;ance de l'individu sur la collectivit&eacute;. Cependant, il prot&egrave;ge l'autonomie de tous les citoyens contre la curiosit&eacute; de l'&Eacute;tat. Loin de contredire l'ordre public, ce droit fondamental est une valeur sociale. <br />
<br />
En raison de leur volatilit&eacute;, les donn&eacute;es informatiques peuvent ais&eacute;ment &ecirc;tre alt&eacute;r&eacute;es. Avant d'y avoir acc&egrave;s, l'&Eacute;tat veut en assurer l'int&eacute;grit&eacute;. En effet, la conservation des donn&eacute;es par des fournisseurs de services internet constitue un moyen d'enqu&ecirc;te efficace pour combattre la criminalit&eacute; informatique et d&eacute;busquer les infractions commises par Internet. <br />
<br />
Bient&ocirc;t autoris&eacute; par la loi, &laquo;l'acc&egrave;s l&eacute;gal&raquo; est consid&eacute;r&eacute; comme une technique d'enqu&ecirc;te. &Ccedil;a suppose l'interception de communications priv&eacute;es par branchement clandestin et la saisie d'information.<br />
Dans la plupart des cas d'intrusion gouvernementale dans la sph&egrave;re priv&eacute;e des citoyens (par exemple, les renseignements personnels), les agents &eacute;tatiques doivent obtenir une autorisation judiciaire fond&eacute;e sur l'existence de motifs raisonnables et probables de croire qu'une fouille, saisie ou perquisition permettra de recueillir des &eacute;l&eacute;ments de preuve d'une infraction. <br />
<br />
Lorsque l'attente reconnue en mati&egrave;re de respect de la vie priv&eacute;e est moindre (par exemple, les renseignements commerciaux), l'intrusion gouvernementale peut &ecirc;tre justifi&eacute;e sur la base de l'existence de soup&ccedil;ons raisonnables. En l'absence d'une expectative raisonnable de respect &agrave; la vie priv&eacute;e, aucune justification particuli&egrave;re n'est requise. <br />
<br />
L'am&eacute;nagement juridique de l'acc&egrave;s l&eacute;gal risque d'&ecirc;tre contest&eacute; devant les tribunaux. En effet, le gouvernement souhaite faciliter la collecte d'une panoplie de donn&eacute;es personnelles en proposant le plus bas standard juridique, soit le crit&egrave;re des soup&ccedil;ons raisonnables.<br />
<br />
En mati&egrave;re de fouilles, perquisitions et saisies d'ordinateurs, c'est pr&eacute;sentement la cur&eacute;e pour les agences d'application de la loi. Celles-ci jouissent d'un acc&egrave;s illimit&eacute; aux donn&eacute;es informatiques. &Agrave; cet &eacute;gard, il sied de rappeler le propos du juge Fish de la Cour supr&ecirc;me dans l'affaire Morelli : &laquo;Il est difficile d'imaginer une perquisition, une fouille et une saisie plus envahissantes et d'une plus grande ampleur ou plus attentatoires &agrave; la vie priv&eacute;e que celles d'un ordinateur personnel&raquo;. <br />
<br />
Nos ordinateurs, d'ajouter le juge Fish, contiennent souvent notre correspondance la plus intime. Ils renferment les d&eacute;tails de notre situation financi&egrave;re, m&eacute;dicale et personnelle. Ils r&eacute;v&egrave;lent m&ecirc;me nos int&eacute;r&ecirc;ts particuliers, pr&eacute;f&eacute;rences et propensions, enregistrant dans l'historique et la m&eacute;moire cache tout ce que nous recherchons, lisons, regardons ou &eacute;coutons sur Internet.<br />
<br />
&laquo; On peut donc, d'opiner le juge Fish, difficilement concevoir une violation de l'art. 8 ayant des r&eacute;percussions plus graves sur le droit &agrave; la protection de la vie priv&eacute;e que la Charte garantit...&raquo; Dans le contexte de l'acc&egrave;s l&eacute;gal, le l&eacute;gislateur peut-il autoriser l'intrusion &eacute;tatique dans la sph&egrave;re priv&eacute;e en recourant au plus bas standard de protection de la vie priv&eacute;e des citoyens? <br />
<br />
Un s&eacute;rieux doute existe.<br />
<br />
<br />
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