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  <title>Jacques Bensimon</title>
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  <updated>2013-05-19T22:41:10-04:00</updated>
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    <name>Jacques Bensimon</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Jacques Bensimon</subtitle>
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    <title>Le Québec cuisine</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1441042</id>
    <published>2012-04-24T13:15:51-04:00</published>
    <updated>2012-06-24T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[En ces temps difficiles pour tous, comme un peu partout en Occident, la cuisine au Québec est devenue presque une obsession, une forme de religion. On s'y adonne avec délectation et gourmandise. Entre amis, dans des « partys », en famille on ne parle plus que de bouffe, que ce soit pour s'échanger des recettes trouvées sur Internet, dans le dernier livre d'un grand chef ou, plus que jamais, à la télévision.]]></summary>
    <author>
        <name>Jacques Bensimon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/"><![CDATA[Aux fourneaux !<br />
<br />
En ces temps difficiles pour tous, comme un peu partout en Occident, la cuisine au Qu&eacute;bec est devenue presque une obsession, une forme de religion. On s'y adonne avec d&eacute;lectation et gourmandise. Entre amis, dans des &laquo; partys &raquo;, en famille on ne parle plus que de bouffe, que ce soit pour s'&eacute;changer des recettes trouv&eacute;es sur Internet, dans le dernier livre d'un grand chef ou, plus que jamais, &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision.<br />
<br />
Le Qu&eacute;bec n'&eacute;chappe pas &agrave; ce ph&eacute;nom&egrave;ne social et culturel qui semble avoir pris le monde moderne de court. Je me concentrerai ici sur ce ph&eacute;nom&egrave;ne qui a envahi toutes nos cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision francophones. J'ai recens&eacute; plus d'une douzaine de programmes diff&eacute;rents de chez nous qui se font comp&eacute;tition sur le th&egrave;me de la cuisine, et cela souvent aux m&ecirc;mes heures d'&eacute;coute. Si nous additionnons ceux qui se diffusent sur les cha&icirc;nes canadiennes-anglaises et am&eacute;ricaines, on arrive &agrave; plus de 30 &eacute;missions culinaires! <br />
<br />
Ces programmes, pour &ecirc;tre originaux et attirer une client&egrave;le assidue, prennent diff&eacute;rentes formes : ils peuvent aller du style traditionnel (&laquo; &Agrave; la di Stasio &raquo; &agrave; TQ), &agrave; un jeu (&laquo; &Agrave; table &raquo; sur TV5), se concentrer sur la sant&eacute; (&laquo; Kampa&iuml; &raquo; &agrave; Radio-Canada), vous aider &agrave; faire des &eacute;conomies (&laquo; Solutions gourmandes &agrave; moins de 5 $ sur Canal Vie), vous faire voyager (&laquo; Fourchette et sac &agrave; dos &raquo; sur Canal &Eacute;vasion) voire m&ecirc;me se transformer en t&eacute;l&eacute;-r&eacute;alit&eacute; (&laquo; Un souper presque parfait &raquo; sur V).<br />
<br />
Si cela a pour effet de faire le succ&egrave;s de V avec ses plus de 600,000 t&eacute;l&eacute;spectateurs en moyenne, &ccedil;a n'a pas l'air de faire bouger pour autant les cotes d'&eacute;coute de T&eacute;l&eacute;-Qu&eacute;bec qui reste fig&eacute; &agrave; 3% de part de march&eacute; et 1.2% pour TV5. <br />
<br />
Pourtant, ces &eacute;missions, qui se veulent diff&eacute;rentes les unes des autres, sont fonci&egrave;rement bas&eacute;es sur le m&ecirc;me principe. Quoi qu'il en soit, on vous fera baver d'envie avec des recettes plus succulentes les unes que les autres. Dans tous les cas, il y aura des invit&eacute;s, souvent des com&eacute;diens ou des humoristes pour &laquo;&eacute;picer la sauce&raquo; de commentaires dr&ocirc;les. Cela se d&eacute;roulera, la plupart du temps, dans un d&eacute;cor de cuisine ou de salle &agrave; manger, ce qui fera faire de grosses &eacute;conomies d'investissements &agrave; nos producteurs. Le tout se r&eacute;sumera &agrave; apprendre, &agrave; rigoler ou &agrave; pleurer de rire avec ses invit&eacute;s, alors que le but ultime est de satisfaire nos papilles et notre panse. <br />
<br />
Pourquoi un tel succ&egrave;s ?<br />
<br />
Dans ce genre de programmes culinaires, ce qui m'intrigue le plus c'est de savoir pourquoi ces &eacute;missions sont si populaires &agrave; ce moment-ci au Qu&eacute;bec? Cela r&eacute;v&egrave;le-t-il quelque chose sur nous et notre soci&eacute;t&eacute;?<br />
<br />
J'h&eacute;site entre deux interpr&eacute;tations :<br />
<br />
1)	En tant que Qu&eacute;b&eacute;cois, nous sommes arriv&eacute;s &agrave; &ecirc;tre bien dans notre peau, &agrave; vouloir profiter de la vie de fa&ccedil;on h&eacute;doniste. Le plaisir gustatif va donc de pair avec une sorte de jouissance. C'est une fa&ccedil;on de d&eacute;couvrir son patrimoine, de voyager &agrave; travers le monde par le biais des saveurs, des &eacute;pices et des go&ucirc;ts diff&eacute;rents.<br />
<br />
2)	Ou bien alors sommes-nous une soci&eacute;t&eacute; de plus en plus tourn&eacute;e sur elle m&ecirc;me, &eacute;gocentriste, qui n'en a rien &agrave; faire de l'autre, notre voisin ou celui qui est dans le besoin.<br />
<br />
Que l'on opte pour l'une ou l'autre de ces interpr&eacute;tations l'avantage &agrave; avoir tant de programmes sur nos ondes, c'est qu'ils nous aident &agrave; atteindre un objectif important, celui de s'&eacute;loigner de la &laquo; malbouffe &raquo; pour nous concentrer sur ce qui est sain et bon pour notre sant&eacute;.<br />
<br />
Il y aura sans doute d'autres interpr&eacute;tations &agrave; ajouter &agrave; celles-ci, mais je dirai plut&ocirc;t que du fait que nous nous sentons mieux dans notre peau, nous avons besoin parfois de nous rel&acirc;cher, d'aller voir ailleurs. Apr&egrave;s tout, il n'y aucun mal &agrave; cela, pour autant que nous acceptions, individuellement, que ce soit une r&eacute;alit&eacute; qui se fait parfois au d&eacute;triment de notre conscience collective.<br />
<br />
Ceci dit, si ces programmes de t&eacute;l&eacute;vision sur la cuisine n'&eacute;taient pas aussi nombreux, par quoi pourrions-nous les remplacer? D'autres enqu&ecirc;tes polici&egrave;res sur la corruption, d'autres reportages sur la gr&egrave;ve des &eacute;tudiants ou des &eacute;missions sur la situation financi&egrave;re mondiale pas tr&egrave;s r&eacute;jouissante? Serait-ce peut-&ecirc;tre l&agrave; notre fa&ccedil;on de prendre une distance pour ne pas plonger dans la d&eacute;prime collective?<br />
<br />
Vers des solutions viables :<br />
<br />
 Ma proposition serait d'explorer quelques pistes de solutions : l'une d'elles est d&eacute;j&agrave; mise en place dans les provinces fran&ccedil;aises. Une fois l'an, vers la Saint-Jean, tous les voisins d'une rue s'organisent pour partager une bouffe collective;  l'autre serait que nos producteurs de programmes de cuisine ajouteraient une composante sociale &agrave; leur contenu. De quelle fa&ccedil;on ? Simplement en partageant les plats cuisin&eacute;s en studio avec des sans-abris, des personnes dans le besoin ou des maisons d'accueil. Il me semble que cela ferait du bien &agrave; tout le monde.]]></content>
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    <title>Intouchables, du baume dans le coeur</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/jacques-bensimon/intouchables-quebec-cinema_b_1418321.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1418321</id>
    <published>2012-04-13T07:02:54-04:00</published>
    <updated>2012-06-13T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Finalement, après plus de 6 mois d'attente, la comédie Intouchables  qui a battu tous les records d'audience en France aboutira sur nos écrans québécois à compter du 13 avril 2012. Dans une France prise par des élections ennuyeuses, avec un taux de chômage élevé, une baisse du pouvoir d'achat et des grèves continuelles, les Gaulois de 2011-12 sont en déprime sociale, politique et économique.]]></summary>
    <author>
        <name>Jacques Bensimon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/"><![CDATA[Finalement, apr&egrave;s plus de 6 mois d'attente, la com&eacute;die <em>Intouchables </em> qui a battu tous les records d'audience en France aboutira sur nos &eacute;crans qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; compter du 13 avril 2012.<br />
<br />
Dans une France prise par des &eacute;lections ennuyeuses, avec un taux de ch&ocirc;mage &eacute;lev&eacute;, une baisse du pouvoir d'achat et des gr&egrave;ves continuelles, les Gaulois de 2011-12 sont en d&eacute;prime sociale, politique et &eacute;conomique.<br />
<br />
Arrive &agrave; point nomm&eacute; un film qui remonte le moral des Fran&ccedil;ais, leur redonne un sens d'espoir et le plaisir de rire. Le film <em>Intouchables</em>, d'Olivier Nakache et &Eacute;ric Tol&eacute;dano, a surgi au bon moment pour remplir cette fonction.<br />
<br />
<em>Intouchables </em>met en jeu deux personnages que tout s&eacute;pare &agrave; la base, mais qui vont s'appr&eacute;cier dans leur diff&eacute;rence. Philippe est un millionnaire t&eacute;trapl&eacute;gique. Suite &agrave; un accident,  il est paralys&eacute; du cou aux pieds. Il a besoin que l'on s'occupe de lui 24 heures sur 24. Driss est un jeune ch&ocirc;meur, braqueur &agrave; ses heures, qui sort tout juste de prison et qui ne d&eacute;sire qu'une chose, encaisser son &laquo; bien-&ecirc;tre social &raquo; pour reprendre sa place dans la cit&eacute; d&eacute;grad&eacute;e qu'il habite. Par d&eacute;fi, il acceptera pour un temps de travailler pour Philippe en tant qu'aide-soignant.<br />
<br />
B&acirc;tis autour d'un principe simple pour une com&eacute;die, ces deux &ecirc;tres que tout oppose vont se confronter, se juger, se mesurer, et d&eacute;couvrir de l'estime l'un pour l'autre, et cela pour le plus grand plaisir des spectateurs.<br />
Fran&ccedil;ois Cluzet qui nous a le plus souvent habitu&eacute;s &agrave; des r&ocirc;les dramatiques, nous donne ici une le&ccedil;on de jeu comique tout en retenue, en pince sans rire, et en faire-valoir de son employ&eacute; Driss. Tout son jeu se d&eacute;roule dans ses yeux, son regard, ses mimiques puisqu'il est compl&egrave;tement paralys&eacute;.<br />
<br />
Omar Sy, gr&acirc;ce &agrave; ce film, nous r&eacute;v&egrave;le toute la mesure de son talent comique. Force de la nature, au rire communicatif, Omar Sy fait partie de cette p&eacute;pini&egrave;re de comiques que la cha&icirc;ne Canal Plus a aid&eacute; &agrave; d&eacute;velopper depuis sa cr&eacute;ation, il y a 28 ans. Il est surtout connu en France pour la s&eacute;rie quotidienne &laquo; Omar et Fred &raquo; qu'il coanime avec Fred Testo sur ce r&eacute;seau. En f&eacute;vrier 2012, il est consacr&eacute;, lors des C&eacute;sar, meilleur com&eacute;dien de l'ann&eacute;e, gr&acirc;ce au r&ocirc;le de Driss. Aujourd'hui Omar Sy est la troisi&egrave;me personnalit&eacute; pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e des Fran&ccedil;ais.<br />
<br />
Ce film, &agrave; la fois &eacute;mouvant et humoristique, n'est cependant pas sans faiblesses dans sa structure dramatique. S'inspirant d'un fait divers r&eacute;el, qu'ils avaient vu dans un reportage &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, Nakache et Tol&eacute;dano, dont c'est le quatri&egrave;me long m&eacute;trage, ont fabriqu&eacute; des personnages &agrave; la limite de la caricature.<br />
Ainsi Philippe, le personnage paralys&eacute;, est archimillionnaire, vit dans un pavillon parisien d'&eacute;poque, se paie des peintures de ma&icirc;tres et s'offre une &eacute;curie de voitures hors pair. Alors que Driss vient de la banlieue parisienne o&ugrave; tout ne semble que mis&egrave;re, drogue, violence et famille recompos&eacute;e. Driss apprendra son r&ocirc;le d'aide-soignant en quelques jours, quand on sait qu'il faut des ann&eacute;es pour &ecirc;tre form&eacute; &agrave; ce dur m&eacute;tier.<br />
Il faut dire que le jus comique que les r&eacute;alisateurs arrivent &agrave; extraire de ces deux com&eacute;diens compense amplement pour les faiblesses de sc&eacute;nario. Il n'est donc pas surprenant &laquo; qu'Intouchables &raquo; ait battu tous les records de &laquo; Box-office &raquo; du cin&eacute;ma fran&ccedil;ais avec 19.5 millions d'entr&eacute;es, alors que c'est un succ&egrave;s majeur en Espagne, en Italie et en Allemagne ou plus de 7 millions d'Allemands ont d&eacute;j&agrave; appr&eacute;ci&eacute; ce film. &Agrave; ce jour le film a fait des recettes totalisant plus de $300 millions.<br />
<br />
D&eacute;tail qui a son importance et que l'on rel&egrave;ve de fa&ccedil;on inusit&eacute;e dans le g&eacute;n&eacute;rique de fin, on peut y lire une note discr&egrave;te : <br />
<br />
&laquo; 5% des profits r&eacute;alis&eacute;s par <em>Intouchables </em>vont &agrave; l'<a href="http://www.simondecyrene.org" target="_hplink">Association Simon de Cyr&egrave;ne</a> &raquo; pour cr&eacute;er des lieux de vie pour handicap&eacute;s. Gr&acirc;ce &agrave; Philippe Pozzo di Borgo, le parapl&eacute;gique dans la vraie vie, et &agrave; la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; des producteurs, l'Association &agrave; pu percevoir &agrave; ce jour 800,000 euros (plus d'un $1millon) qui permettront de b&acirc;tir deux projets de logements pour handicap&eacute;s et de recruter du personnel pour s'occuper d'eux.<br />
<br />
Il n'est pas surprenant que les fr&egrave;res Weinstein, qui ont un flair &agrave; toute &eacute;preuve, aient d&eacute;cid&eacute; de prendre ce film en distribution aux &Eacute;tats-Unis. Malgr&eacute; la &laquo; touche magique &raquo; de Harvey Weinstein, je ne pense pas que ce film soit un succ&egrave;s aussi retentissant dans ce pays que le fut <em>The Artist.</em> Ceci dit, comme toujours chez les Am&eacute;ricains, le sc&eacute;nario est d&eacute;j&agrave; achet&eacute; pour en faire un &laquo; remake &raquo; avec des com&eacute;diens mondialement connus (Colin Firth) dans une version &agrave; la sauce hollywoodienne.<br />
<br />
De mon c&ocirc;t&eacute;, je vous recommande sans h&eacute;siter d'aller voir l'original qui sort sur nos &eacute;crans qu&eacute;b&eacute;cois.  <em>Intouchables </em>est un pur bonheur, comme ce printemps qui dure, il vous mettra du baume dans le c&oelig;ur !<br />
 <br />
]]></content>
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    <title>Le couperet 10% ou la culture mise à mal</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/jacques-bensimon/budget-couperet-culture_b_1407117.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1407117</id>
    <published>2012-04-09T09:01:00-04:00</published>
    <updated>2012-06-09T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[La semaine dernière, le gouvernement fédéral annonçait dans son budget une réduction des dépenses de 5,2 milliards de dollars, la suppression de19.200 emplois, et l'âge d'admissibilité à la retraite à 67 ans. La table est ainsi mise par les conservateurs de Stephen Harper pour les trois prochaines années. 
Face à de telles coupures, il est vrai que la somme de 191 millions de dollars à Patrimoine semble disparaître devant l'énormité des enjeux. ]]></summary>
    <author>
        <name>Jacques Bensimon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/"><![CDATA[La semaine derni&egrave;re, le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral annon&ccedil;ait dans son budget une r&eacute;duction des d&eacute;penses de 5,2 milliards de dollars, la suppression de 19.200 emplois, et l'&acirc;ge d'admissibilit&eacute; &agrave; la retraite &agrave; 67 ans. La table est ainsi mise par les conservateurs de Stephen Harper pour les trois prochaines ann&eacute;es. <br />
<br />
Face &agrave; de telles coupures, il est vrai que la somme de 191 millions de dollars &agrave; Patrimoine -- dont 132,3 millions de dollars coup&eacute;s aux trois agences f&eacute;d&eacute;rales &oelig;uvrant dans l'audiovisuel -- semble dispara&icirc;tre devant l'&eacute;normit&eacute; des enjeux. Ce gouvernement a fait le choix arbitraire de couper &eacute;quitablement 10 % du budget de Radio-Canada, de T&eacute;l&eacute;film et de l'ONF. Voyons donc ces chiffres de plus pr&egrave;s pour mieux comprendre leurs cons&eacute;quences sur ces trois agences. <br />
<br />
Sur un budget de 1,1 milliard dollars, SRC-CBC sera amput&eacute; de 115 millions de dollars. Il est &eacute;vident que devant cette somme imposante, m&ecirc;me en &eacute;tant le plus cr&eacute;atif au monde, la direction de Radio-Canada a sabr&eacute; dans son personnel en coupant 650 postes, il devra couper sans doute dans son secteur des nouvelles et sa programmation aux heures de grande &eacute;coute.<br />
<br />
T&eacute;l&eacute;film se trouve devant un d&eacute;fi plus complexe, op&eacute;rer une ponction de 10,6 millions de dollars sur un budget de 110 millions de dollars. Malgr&eacute; la somme annonc&eacute;e, les cons&eacute;quences sur cette agence seront aussi profondes que pour la SRC. Ceci arrive au moment m&ecirc;me o&ugrave; notre cin&eacute;ma national, particuli&egrave;rement au Qu&eacute;bec, est en train de nous prouver qu'il arrive &agrave; une maturit&eacute; sans &eacute;gal dans son histoire.<br />
<br />
Quant &agrave; l'ONF, qui avait d&eacute;j&agrave; un budget amoindri par des coupes successives, il devra trouver 6,7 millions de dollars dans un budget de 67 millions. Il va ponctionner ces sommes, entre autres dans des coupures de 73 postes et la fermeture de son centre sur la rue Saint-Denis, incluant sa Roboth&egrave;que. Cela aura comme cons&eacute;quence de s'attaquer aux fibres m&ecirc;mes de cet organisme qui venait justement de prendre un tournant majeur vers les nouvelles technologies de pointe.<br />
<br />
Le plus grave, c'est de voir comment ce gouvernement fait fausse route en s'attaquant directement aux valeurs qu'il d&eacute;fend lui-m&ecirc;me. Pourquoi ? Contrairement &agrave; une notion r&eacute;pandue dans certains milieux, nos trois agences ne vivent pas dans des tours d'ivoire loin de la r&eacute;alit&eacute; du monde. Depuis au moins trois d&eacute;cennies, elles sont devenues des partenaires incontournables de l'industrie priv&eacute;e de la production audiovisuelle au pays.<br />
<br />
Bien avant que le concept de partenariat &laquo; public-priv&eacute; &raquo; ne soit devenu la panac&eacute;e de nos gouvernements, la coproduction entre nos maisons de production et nos trois agences f&eacute;d&eacute;rales &eacute;taient devenues monnaie courante.<br />
<br />
Aujourd'hui, l'industrie de l'image au Canada est &eacute;valu&eacute;e &agrave; 5,5 milliards de dollars, cr&eacute;ant plus de 128 000 emplois allant de sc&eacute;naristes &agrave; &eacute;clairagistes, de producteurs &agrave; r&eacute;alisateurs.<br />
Hors ce r&eacute;gime minceur de plus de 123 millions de dollars, que le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral impose sur les trois prochaines ann&eacute;es, va avoir des cons&eacute;quences majeures dans le milieu de la production priv&eacute;e.<br />
<br />
Certes, nos trois agences vont int&eacute;grer leurs coupures en r&eacute;duisant et en &eacute;liminant certaines de leurs activit&eacute;s cl&eacute;s. Par contre, l'industrie priv&eacute;e de la production, son partenaire primordial et essentiel, lui n'aura pas l'alternative de se tourner ailleurs pour le manque &agrave; gagner qu'il subira de ce fait.<br />
Qui va alors coproduire vos s&eacute;ries dramatiques pr&eacute;f&eacute;r&eacute;es avec Radio-Canada ?<br />
Qui va financer les prochains films de nos cin&eacute;astes de plus en plus reconnus internationalement ?<br />
Qui va investir dans ces programmes pr&eacute;curseurs, utilisant les nouvelles technologies de pointe ?<br />
<br />
De plus, ces trois agences publiques, contrairement aux diffuseurs priv&eacute;s, ont des mandats tr&egrave;s stricts d'investisseurs et de d&eacute;couvreurs de talent qui font la richesse cr&eacute;atrice de notre pays. En sabrant leurs fonds, le gouvernement Harper s'attaque de fait &agrave; la racine historique de leur mandat de base, celui d'&ecirc;tre un service public patrimonial au service de tous les Canadiens. Les grands groupes priv&eacute;s, eux, ne sont nullement tenus par ce type de mandat. Si les lois du march&eacute; ou les cotes d'&eacute;coute ne cr&eacute;ent pas de profit, ils seront les derniers &agrave; investir dans le d&eacute;veloppement du talent artistique &eacute;mergeant de notre pays.<br />
<br />
En conclusion sur des coupes budg&eacute;taires de 5,2 milliards de dollars pourquoi s'en prend-on &agrave; ces trois agences f&eacute;d&eacute;rales de l'audiovisuel ? La seule r&eacute;ponse logique c'est que ces coupures sont purement d'ordre politique et id&eacute;ologique. Ce sabrage &agrave; la tron&ccedil;onneuse va faire mal &agrave; nos agences, mais bien pire, il va scier les jambes d'une industrie de la production en pleine expansion. C'est donc TOUT le secteur de la culture qui va en souffrir. <br />
<br />
Le seul c&ocirc;t&eacute; positif de ce mauvais sc&eacute;nario, c'est que c'est dans son premier budget comme gouvernement majoritaire le gouvernement Harper s'est attaqu&eacute; &agrave; ces trois agences, il ne pourra donc pas r&eacute;cidiver dans les trois prochaines ann&eacute;es sans donner l'air de r&eacute;gler de comptes revanchards qui ressemblerait plus &agrave; de l'acharnement pr&eacute;programmer.<br />
<br />
Il serait temps de voir &agrave; Ottawa des politiciens, tous partis confondus, arr&ecirc;ter une bonne fois pour toutes de jouer au ballon politique avec les arts pour se rendre &agrave; l'&eacute;vidence que la culture est une industrie rentable comparable &agrave; n'importe quelle autre.<br />
<br />
La culture porte notre image chez nous et dans le monde, de telles valeurs ne s'ach&egrave;tent pas et n'ont pas de prix.<br />
<br />
]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/291771/thumbs/s-JIM-FLAHERTY-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Why Chop Down the Arts?</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1410043</id>
    <published>2012-04-07T11:51:41-04:00</published>
    <updated>2012-06-07T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Why has the federal government targeted the CBC, Telefilm and the National Film Board? The only logical answer is that these cuts are purely political and ideological. Ottawa's politicians must stop using the arts as a political football and realize that culture is a profitable industry comparable to any other.]]></summary>
    <author>
        <name>Jacques Bensimon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/"><![CDATA[Last week, the federal government <a href="http://www.theglobeandmail.com/news/politics/tory-budget-slashes-52-billion-in-spending-gives-boomers-a-pass-on-oas/article2386044/" target="_hplink">announced in its budget spending cuts of $5.2 billion</a>, the plan to remove 19,200 jobs, and raise the age of eligibility for retirement benefits at 67. The stage was thus set by the Harper Conservatives for the next three years.<br />
<br />
Faced with such drastic sums, it is true that the amount of <a href="http://www.theglobeandmail.com/news/arts/can-james-moore-be-both-arts-champion-and-axe-man/article2387290/" target="_hplink">$191 million to Heritage Canada</a> -- including a $132.3 million cut to three federal agencies involved in the film and TV industries -- seems to disappear before the enormity of the stakes.<br />
<br />
This government has chosen a cut of <a href="http://www.montrealgazette.com/entertainment/Telefilm/6382993/story.html" target="_hplink">10 per cent</a> to the budget of the CBC, Telefilm, and the NFB.<br />
<br />
Let us analyze these figures more closely to better understand their impact on these three institutions. On a budget of $1.1 billion, CBC will be cut by $115 million. It is clear that faced with such an impressive sum, even being the most creative in the world, the CBC had no choice but to <a href="http://www.vancouversun.com/news/cuts+jobs+wants+radio/6414407/story.html" target="_hplink">cut its staff by 650 positions</a>. It will probably cut its news department as well as its prime time programming both in French and in English.<br />
<br />
Telefilm is facing a more complex challenge, cutting $10.6 million on a budget of $110 million is far from easy. This comes at a time when our national cinema and its filmmakers are showing us that they are reaching a maturity unmatched in our history.<br />
<br />
As for the NFB, which have had its budget diminished by successive cuts, it must now find $6.7 million in a budget of $67 million. It will siphon the money by <a href="http://www.cbc.ca/news/arts/story/2012/04/04/nfb-job-losses.html" target="_hplink">cutting 73 positions</a> and closing its viewing facilities both in Toronto and Montreal. This will result in affecting the very fibers of this organization, which had just taken a major shift towards new technologies.<br />
<br />
The worst thing is to see that this government moving in the wrong direction by attacking directly the very values ​​it defends. <br />
<br />
Why? Contrary to a widespread notion in some quarters, our three institutions do not live in ivory towers far from the real world. For at least three decades, they have become indispensable partners to the private film and television industries in our country.<br />
<br />
Long before the concept of "public-private" partnership had become ​​our government's panacea, co-productions ventures between private production companies and our three federal institutions had become commonplace.<br />
<br />
Today, the audiovisual industry in Canada is <a href="http://www.telefilm.ca/document/en/01/17/Budget-2012-FAQ.pdf" target="_hplink">estimated at $7.46 billion</a>, <a href="http://www.telefilm.ca/document/en/01/17/Budget-2012-FAQ.pdf" target="_hplink">creating over 128,000 jobs</a> from lighting designers to writers, producers to filmmakers. This radical diet of more than $132 million will change our private audiovisual industry forever.<br />
<br />
Certainly, our three agencies will integrate their cuts in-house by reducing and eliminating some of their key activities. By contrast, the private industry will have no alternative but to look elsewhere for the shortfall that they will suffer as a result of these cuts.<br />
<br />
- Who will then co-produce your favorite CBC drama series?<br />
- Who will invest in our filmmakers who are increasingly recognized internationally?<br />
- Who will co-venture with the NFB into new technologies?<br />
<br />
Moreover, these three public agencies, unlike private broadcasters, have strict mandates of investors and talent scouts who are the future creative wealth of our country. By cutting their funds, the Harper government is attacking the very root of their core mandate: being a public service to all Canadians. Large private groups have no obligation for this type of mandate. If market forces or ratings do not create profit, they will be the last to invest in Canada's emerging artistic talent.<br />
<br />
In conclusion, on budget cuts of $ 5.2 billion, why has the federal government targeted these three federal agencies? The only logical answer is that these cuts are purely political and ideological. This chainsaw massacre is going to hurt our agencies, but much worse, it will cut the legs of our booming production industry. The entire cultural sector will suffer.<br />
<br />
It is time to see Ottawa's politicians from all parties stop using the arts as a political football and realize that culture is a profitable industry comparable to any other.<br />
<br />
What's more, culture carries our images at home and around the world; such values ​​can not be bought and they have no price.]]></content>
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    <title>Des distributeurs de films à la mitaine</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1297384</id>
    <published>2012-02-26T00:39:45-05:00</published>
    <updated>2012-04-26T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Vous êtes-vous déjà posé la question : pourquoi doit-on attendre si longtemps entre la sortie d'un film étranger et sa distribution souvent tardive dans les salles du Québec? Alors que nos journalistes nous parlent de ces films dès leur sortie dans les grands festivals du monde, pourquoi -- à notre époque où la rapidité d'accès grâce à l'informatique -- doit-on attendre si longtemps avant de les voir sur nos écrans? ]]></summary>
    <author>
        <name>Jacques Bensimon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/"><![CDATA[Vous &ecirc;tes-vous d&eacute;j&agrave; pos&eacute; la question : pourquoi doit-on attendre si longtemps entre la sortie d'un film &eacute;tranger et sa distribution souvent tardive dans les salles du Qu&eacute;bec? Je ne parle pas ici du cin&eacute;ma am&eacute;ricain pour qui le Canada et le Qu&eacute;bec sont consid&eacute;r&eacute;s comme une extension de leur march&eacute; local. Ainsi, m&ecirc;me un film fran&ccedil;ais comme &laquo; L'artiste&raquo; se trouve sur nos &eacute;crans en ce moment simplement parce qu'il a &eacute;t&eacute; achet&eacute; par des Am&eacute;ricains, les fr&egrave;res Weinstein.<br />
<br />
Citons plut&ocirc;t des films comme &laquo; Les Intouchables &raquo; dont on nous annonce la sortie sous peu chez nous. <br />
Pourtant ce film est sorti en France l'automne dernier pour battre tous les records d'entr&eacute;e avec 19 millions de spectateurs dans ce pays.<br />
                                                 <br />
Alors que nos journalistes nous parlent de ces films d&egrave;s leur sortie dans les grands festivals du monde, pourquoi -- &agrave; notre &eacute;poque o&ugrave; la rapidit&eacute; d'acc&egrave;s gr&acirc;ce &agrave; l'informatique -- doit-on attendre si longtemps avant de les voir sur nos &eacute;crans? <br />
<br />
Vous remarquerez que cette lenteur s'applique au cin&eacute;ma alors que ce n'est pas le cas pour un livre sorti en France, ou un CD qui nous vient du Royaume Uni ! <br />
<br />
Les films &eacute;trangers sont achet&eacute;s ou pr&eacute;-achet&eacute;s par des distributeurs de chez nous lors des grands festivals et march&eacute;s &agrave; travers le monde. Ces compagnies - qui au Qu&eacute;bec se limitent &agrave; une poign&eacute;e de moins de dix - mettent ainsi la main sur ces films en les achetant pour le territoire qu&eacute;b&eacute;cois, ou pour tout le Canada.   <br />
<br />
Ce faisant, il est vrai que ces quelques distributeurs prennent des risques. Misant sur le succ&egrave;s d'un film dans son pays d'origine n'est certes pas une garantie que celui-ci r&eacute;pondra &agrave; nos sensibilit&eacute;s qu&eacute;b&eacute;coises.<br />
Par contre, pour s'assurer de minimiser les risques et amortir leurs investissements, ces compagnies tentent d'acqu&eacute;rir le maximum de droits d'exploitation : les droits de salles de cin&eacute;ma, mais aussi les autres droits : ceux de vente &agrave; nos r&eacute;seaux de t&eacute;l&eacute;vision, de la sortie DVD sur notre march&eacute; national. <br />
<br />
Si cela a pour but de les rassurer en bons hommes d'affaires, cela a aussi le d&eacute;faut majeur que toutes ces tractations prennent &eacute;norm&eacute;ment de temps entre la n&eacute;gociation et l'aboutissement de ces films sur nos &eacute;crans de cin&eacute;ma. Ce syst&egrave;me - archa&iuml;que, il faut le dire - qui fonctionnait il y a encore quelques ann&eacute;es, s'av&egrave;re aujourd'hui une approche d&eacute;su&egrave;te, par rapport &agrave; l'informatique. <br />
<br />
Pourquoi?<br />
<br />
Parce que, par le biais de la Toile, une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de pirates ont, par l'entremise de sites ill&eacute;gaux, acc&egrave;s &agrave; tous les films du monde gratuitement, presqu'aussit&ocirc;t qu'ils sortent dans leur pays respectif. <br />
Pendant qu'un distributeur de chez nous est encore en train de n&eacute;gocier l'achat de droits, le film, lui, est d&eacute;j&agrave; diffus&eacute; ill&eacute;galement sur l'Internet. <br />
<br />
Ainsi donc, des films sp&eacute;cifiques comme &laquo; Les Intouchables &raquo; ou &laquo; Une S&eacute;paration &raquo; sont d&eacute;j&agrave; sur l'Internet alors qu'ils sont tout juste annonc&eacute;s au grand public qu&eacute;b&eacute;cois. Je peux &eacute;tendre cette liste de longs m&eacute;trages qui sortiront sous peu chez nous en vous parlant de &laquo; Case d&eacute;part &raquo; de Fabrice &Eacute;bou&eacute; ou encore les deux remakes de &laquo; La Guerre des Boutons &raquo; qui ont soulev&eacute;, lors de leur sortie, une vaste pol&eacute;mique en France. <br />
<br />
O&ugrave; va-t-on ainsi?<br />
<br />
Alors que nos distributeurs locaux fonctionnent encore &laquo; &agrave; la mitaine &raquo;, de nouveaux joueurs, ceux-ci l&eacute;gaux, pointent d&eacute;j&agrave; leur nez dans ce dossier. Netflix ou Hulu sont des compagnies sur l'Internet, qui, &agrave; moindres co&ucirc;ts mensuels, vous donnent acc&egrave;s &agrave; une vid&eacute;oth&egrave;que immense et diverse. Dans un autre genre, Apple avec son magasin iTunes et bient&ocirc;t son ITV, s'attaquera aussi &agrave; ce march&eacute;.<br />
<br />
Il est vrai que pour le moment ces pseudo-diffuseurs, qui ont pignon sur rue un peu partout dans le monde, se limitent &agrave; des films moins r&eacute;cents. Par contre, leur puissance &eacute;conomique qui augmente sans cesse, les inciteront bient&ocirc;t &agrave; bloquer les droits internationaux pour des films nouveaux et originaux, voir &agrave; investir dans ces productions.<br />
<br />
Si nos distributeurs locaux ne font pas attention, ils seront bient&ocirc;t mis hors jeu par ces g&eacute;ants qui auront la l&eacute;galisation de la distribution mondiale. <br />
On peut choisir d'&ecirc;tre nationaliste dans notre approche envers la consommation culturelle, il n'en reste pas moins que les gens veulent voir les films &agrave; leur sortie dans leur pays respectif, quand ils font la manchette de nos journaux, sans devoir attendre la d&eacute;cision de nos distributeurs pour dicter le moment o&ugrave; nous devrions les voir.  <br />
<br />
&laquo; Les Intouchables &raquo; sortira au Qu&eacute;bec dans quelques semaines, &laquo; Une s&eacute;paration &raquo; vient de sortir chez nous avec un an de retard par rapport au Festival de Berlin o&ugrave; il a gagn&eacute; l'Ours d'Or en 2011. <br />
La prochaine fois, auriez-vous la patience d'attendre ?!  <br />
<br />
]]></content>
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    <title>Polisse: Film coup de poing</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1294860</id>
    <published>2012-02-23T00:58:57-05:00</published>
    <updated>2012-04-23T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Pour nous faire comprendre la vie de cette brigade, la réalisatrice nous présente des cas plus effrayants les uns que les autres. Heureusement, elle sait ici et là saupoudrer ses propos en y mettant un brin d'humour afin de nous laisser respirer avant le prochain coup de poing. ]]></summary>
    <author>
        <name>Jacques Bensimon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/jacques-bensimon/"><![CDATA[Notre soci&eacute;t&eacute; est-elle donc devenue si insensible qu'elle jette en p&acirc;ture ce qu'elle a de plus pr&eacute;cieux : nos enfants? C'est un des constats auxquels la r&eacute;alisatrice fran&ccedil;aise Ma&iuml;wenn nous confronte avec <em>Polisse</em>, un film au regard cru sur une &eacute;quipe de policiers qui &oelig;uvre au sein de la Brigade de la Protection des Mineurs (BPM) du 19e arrondissement de Paris (sortie au Qu&eacute;bec le 29 f&eacute;vrier 2012).<br />
<br />
C'est sans concession que nous sommes confront&eacute;s &agrave; cette fiction, tourn&eacute;e dans un style purement documentaire. Des policiers, hommes et femmes sont, &agrave; longueur d'ann&eacute;e, plong&eacute;s dans ce qu'il y a de plus sordide et de malsain dans notre soci&eacute;t&eacute;. Jour apr&egrave;s jour, ils font face &agrave; des p&eacute;dophiles, &agrave; des prostitu&eacute;s, des internautes exploitant la pornographique juv&eacute;nile, &agrave; la brutalit&eacute;, parfois subtile, parfois sauvage, faite sur des mineurs.<br />
<br />
Pour nous faire comprendre la vie de cette brigade, la r&eacute;alisatrice nous pr&eacute;sente des cas plus effrayants les uns que les autres. Heureusement, elle sait ici et l&agrave; saupoudrer ses propos en y mettant un brin d'humour afin de nous laisser respirer avant le prochain coup de poing. <br />
<br />
<iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/mfrxqJpJeIA" frameborder="0" allowfullscreen></iframe><br />
<br />
Nous sommes &eacute;bahis, h&eacute;b&eacute;t&eacute;s face &agrave; tant d'adultes agresseurs, sans aucune base de morale; face &agrave; des enfants innocents, victimes de leur na&iuml;vet&eacute;, qui n'ont aucun repaire devant des &ecirc;tres, souvent proches, parfois leurs propres parents. Ces flics sont le dernier rempart humain contre la sauvagerie presque incontr&ocirc;lable des adultes. Comment ces agents font-ils pour fonctionner tous les jours, garder le sourire, s'amuser, &eacute;lever leurs propres enfants, ou vivre une vie de couple?<br />
<br />
Justement, la r&eacute;alisatrice d&eacute;montre comment ces policiers, &agrave; force d'affronter tant de drames, deviennent &agrave; leur tour d&eacute;sax&eacute;s, incapables d'avoir une vie normale. Comme une &eacute;quipe soud&eacute;e, ces policiers ne sont bien qu'entre eux. Ils partagent tellement d'&eacute;motions fortes dans leur travail, que cela ne manque pas d'avoir une incidence sur leur vie familiale, jusqu'&agrave; perdre le recul n&eacute;cessaire leur permettant de se distancier et de mieux prot&eacute;ger leur &eacute;quilibre. Avec tant de col&egrave;re et de frustration, ils finissent par p&eacute;ter les plombs et s'en prennent les uns aux autres, s'invectivent, se battent, pour prouver, peut-&ecirc;tre, qu'ils sont bien vivants.<br />
<br />
C'est &agrave; la fois un constat terrible sur un m&eacute;tier difficile, mais aussi, par ricochet, une critique sur une soci&eacute;t&eacute; qui vit au bord de la crise de nerfs perp&eacute;tuelle, d'une France que l'on conna&icirc;t moins. Nous sommes loin ici des lieux touristiques, de la mode et du bon chic parisien. De fait, nous nous retrouvons plut&ocirc;t dans les bas fonds, la cour des miracles, pas bien loin du monde de Jean Valjean et des <em>Mis&eacute;rables </em>de Victor Hugo.<br />
<br />
<em>Polisse </em>est le troisi&egrave;me film d'une r&eacute;alisatrice qui, par son style, travaille en marge des sentiers battus du cin&eacute;ma traditionnel fran&ccedil;ais. Ma&iuml;wenn a d&eacute;velopp&eacute; une forme d'&eacute;criture cin&eacute;matographique qui lui est propre. Une de ses grandes forces, c'est de faire sortir les com&eacute;diens professionnels hors de leur armature d'acteurs pour les rendre humains, plus vrais que nature. Pour cela, elle place souvent ses com&eacute;diens face &agrave; des non-professionnels, ce qui les force &agrave; remettre leur jeu en question.<br />
<br />
Trois acteurs en particulier se distinguent dans <em>Polisse</em>. Il y a d'abord Joey Starr. Ce rappeur du groupe NTM - compagnon de la r&eacute;alisatrice dans la vie -- se r&eacute;v&egrave;le d'une humanit&eacute;, d'une v&eacute;rit&eacute; &eacute;poustouflante et d'une grande cr&eacute;dibilit&eacute;. Deux com&eacute;diennes, Karin Viard et Marina Fo&iuml;s, qui semblent tr&egrave;s soud&eacute;es &agrave; l'int&eacute;rieur de la brigade, finissent par se f&acirc;cher et s'envoyer des insultes d'une crudit&eacute; telle, que nous sommes mal &agrave; l'aise, comme des voyeurs, devant ce drame. L'engueulade entre elles est un num&eacute;ro si r&eacute;aliste qu'on ne fait plus la diff&eacute;rence entre les actrices et les polici&egrave;res. <br />
<br />
<em>Polisse</em>, dans son propos et son style, n'est pas sans nous faire penser &agrave; un film de Bertrand Tavernier <em>L-627</em> mais mieux r&eacute;ussi, et ce n'est pas peu dire! Plus pr&egrave;s de nous, au Qu&eacute;bec, ce film nous ram&egrave;ne &agrave; la duret&eacute; de la s&eacute;rie polici&egrave;re <em>19-2</em> ou au film de Paul Arcand, r&eacute;alis&eacute; en  2005, sur la DPJ, <em>Voleurs d'enfance</em>.<br />
<br />
Dans son long m&eacute;trage pr&eacute;c&eacute;dent, <em>Le Bal des Actrices</em>, Ma&iuml;wenn avait d&eacute;j&agrave; trouv&eacute; son style d'&eacute;criture narrative. Avec <em>Polisse</em>, pl&eacute;biscit&eacute; par le Prix du jury au festival de Cannes 2011, elle nous confirme qu'elle est une cin&eacute;aste accomplie et qu'elle va continuer &agrave; nous surprendre avec d'autres grands films.]]></content>
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