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  <title>Frédéric Bastien</title>
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  <updated>2013-05-22T16:57:46-04:00</updated>
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    <name>Frédéric Bastien</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Frédéric Bastien</subtitle>
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    <title>Loi 101 au cégep: le PQ se trompe de cible</title>
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    <published>2012-08-24T09:33:56-04:00</published>
    <updated>2012-10-24T05:12:11-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Notons d'abord que les néo-québécois et les francophones de souche qui s'inscrivent dans les collèges anglophones ont fait au préalable 11 années de scolarité en français. Leur choix se fonde sur un désir de mieux maîtriser la langue de Shakespeare pour bien réussir dans la vie. S'il est indéniable que plusieurs se rapprochent ainsi de la communauté anglophone, ils ne deviennent pas pour autant des assimilés au terme de ce processus et ne désapprennent pas à parler français.]]></summary>
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        <name>Frédéric Bastien</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/"><![CDATA[Depuis le d&eacute;clenchement des &eacute;lections, le Parti qu&eacute;b&eacute;cois a clairement r&eacute;it&eacute;r&eacute; sa promesse d'&eacute;tendre la loi 101 au coll&eacute;gial afin d'emp&ecirc;cher les francophones et les allophones de faire leur c&eacute;gep en anglais. Cette mesure est notamment pr&eacute;sent&eacute;e comme n&eacute;cessaire pour emp&ecirc;cher l'anglicisation de la m&eacute;tropole et du march&eacute; du travail qu&eacute;b&eacute;cois. S'il est d'une importance primordiale de d&eacute;fendre la langue fran&ccedil;aise au Qu&eacute;bec, force est de constater que les p&eacute;quistes se trompent de cible pour atteindre cet objectif. <br />
<br />
Notons d'abord que les n&eacute;o-qu&eacute;b&eacute;cois et les francophones de souche qui s'inscrivent dans les coll&egrave;ges anglophones ont fait au pr&eacute;alable 11 ann&eacute;es de scolarit&eacute; en fran&ccedil;ais. Leur choix se fonde sur un d&eacute;sir de mieux ma&icirc;triser la langue de Shakespeare pour bien r&eacute;ussir dans la vie. S'il est ind&eacute;niable que plusieurs se rapprochent ainsi de la communaut&eacute; anglophone, ils ne deviennent pas pour autant des assimil&eacute;s au terme de ce processus et ne d&eacute;sapprennent pas &agrave; parler fran&ccedil;ais. C'est une situation que je constate ann&eacute;e apr&egrave;s ann&eacute;e au Coll&egrave;ge Dawson o&ugrave; j'enseigne depuis 2007. <br />
<br />
Notons par ailleurs que le Parti qu&eacute;b&eacute;cois devra livrer une grosse bataille pour arriver &agrave; ses fins, notamment en raison de l'opposition d'une partie importante de l'opinion publique. Comme l'a not&eacute; le candidat vedette du PQ L&eacute;o Bureau-Blouin, lui-m&ecirc;me ancien pr&eacute;sident de l'association des &eacute;tudiants de niveau coll&eacute;gial, le d&eacute;bat &laquo;divise beaucoup les gens&raquo;. Maniant l'euph&eacute;misme, il affirme que son parti aura &laquo; beaucoup de travail &agrave; ce niveau-l&agrave;&raquo;. <br />
<br />
En somme les p&eacute;quistes se pr&eacute;parent &agrave; d&eacute;penser une formidable &eacute;nergie dans une bataille p&eacute;riph&eacute;rique. Forc&eacute;ment, un tel capital politique ne sera plus disponible pour faire autre chose. Il est frappant de constater &agrave; cet &eacute;gard que Pauline Marois ne parle jamais des anglophones unilingues. A chaque session je suis frapp&eacute; de voir dans mes cours un nombre important de jeunes anglophones qui ne parlent pas fran&ccedil;ais, sans compter de nombreux coll&egrave;gues dans cette situation. Suivant le recensement de 2006, la r&eacute;gion de Montr&eacute;al comptait 262 810  unilingues, soit le tiers de la communaut&eacute; anglophone. Ce niveau constitue un peu plus du double de la proportion de francophones hors-Qu&eacute;bec qui sont unilingues et qui se situe &agrave; 16%.<br />
<br />
Entre un entre un francophone bilingue, un n&eacute;o-qu&eacute;b&eacute;cois bilingue et un anglophone unilingue il est pourtant tellement &eacute;vident que c'est le dernier cas de figure qui pose un r&eacute;el probl&egrave;me &agrave; la francisation du Qu&eacute;bec.  Malgr&eacute; cela on cherchera en vain dans le programme p&eacute;quiste quelque mesure pour rem&eacute;dier &agrave; cette situation, par exemple en for&ccedil;ant le r&eacute;seau scolaire anglophone &agrave; augmenter le nombre de classes d'immersion en fran&ccedil;ais, voire &agrave; les rendre obligatoire. A terme une telle politique pourrait pourtant rem&eacute;dier &agrave; l'unilinguisme inacceptable de plusieurs de nos concitoyens anglophones. <br />
<br />
Certains r&eacute;torqueront qu'une telle mesure est vou&eacute;e &agrave; l'&eacute;chec. Les Anglo-qu&eacute;b&eacute;cois ont en effet le droit de contr&ocirc;ler leur r&eacute;seau scolaire en vertu des interpr&eacute;tations que la Cour supr&ecirc;me a faites de l'article 23 de la charte canadienne des droits et libert&eacute;s. Si Qu&eacute;bec for&ccedil;ait les commissions scolaires &agrave; augmenter le nombre de classes d'immersion, celles-ci pourraient contester devant les tribunaux.<br />
<br />
Cet argument ne devrait pourtant pas arr&ecirc;ter un parti qui se veut le d&eacute;fenseur des int&eacute;r&ecirc;ts sup&eacute;rieurs du Qu&eacute;bec. La charte nous a &eacute;t&eacute; impos&eacute;e de fa&ccedil;on ill&eacute;gitime en 1982 suite &agrave; un jugement de la Cour supr&ecirc;me qui a priv&eacute; le Qu&eacute;bec de son droit de veto, ce qui avait ouvert la porte &agrave; un rapatriement constitutionnel sans l'accord des Qu&eacute;b&eacute;cois. Si Ren&eacute; L&eacute;vesque avait pu, il aurait utilis&eacute; l'arme du veto pour faire avorter la charte. Pourquoi? Parce que Pierre Trudeau a inclus dans celle-ci des droits linguistiques et des dispositions sur le multiculturalisme que les tribunaux ont aussit&ocirc;t interpr&eacute;t&eacute; dans un sens d&eacute;favorable aux int&eacute;r&ecirc;ts du Qu&eacute;bec en mati&egrave;re de langue et de culture. De plus, l'interf&eacute;rence des juges a port&eacute; atteinte &agrave; la comp&eacute;tence exclusive du Qu&eacute;bec en mati&egrave;re d'&eacute;ducation.<br />
<br />
On comprend mal pourquoi le Parti qu&eacute;b&eacute;cois ne veut pas reprendre ce d&eacute;bat fondamental en for&ccedil;ant les commissions scolaires anglophones &agrave; mettre en place plus de programmes d'immersion. Certes un &eacute;ventuel gouvernement p&eacute;quiste pourrait bien voir la Cour supr&ecirc;me lui barrer la route. Dans un tel cas il pourrait alors exiger un amendement bilat&eacute;ral &agrave; la constitution comme il l'avait fait sous Lucien Bouchard pour mettre en place les commissions scolaires linguistiques. Cela constituerait une exigence bien plus fondamentale que de demander le rapatriement des pouvoirs en mati&egrave;re de main-d'&oelig;uvre comme le fait actuellement Pauline Marois. Est-ce trop demander au PQ de mieux comprendre comment d&eacute;fendre le fran&ccedil;ais et de ne pas oublier qu'il est primordial de poser des gestes pour s'opposer &agrave; la loi constitutionnelle de 1982?<br />
<br />
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    <title>Campagne électorale: le PQ est en retard d'une guerre</title>
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    <published>2012-08-11T11:41:20-04:00</published>
    <updated>2012-10-11T05:12:07-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[On dit des militaires qu'ils font souvent l'erreur de se préparer à livrer la dernière guerre. Ils oublient les nouvelles conditions qui apparaissent et s'aperçoivent trop tard que leurs plans sont désuets quand le nouveau conflit arrive. C'est ce qui se produit actuellement au Parti québécois.]]></summary>
    <author>
        <name>Frédéric Bastien</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/"><![CDATA[On dit des militaires qu'ils font souvent l'erreur de se pr&eacute;parer &agrave; livrer la derni&egrave;re guerre. Ils oublient les nouvelles conditions qui apparaissent et s'aper&ccedil;oivent trop tard que leurs plans sont d&eacute;suets quand le nouveau conflit arrive. C'est ce qui se produit actuellement au Parti qu&eacute;b&eacute;cois. <br />
<br />
Apr&egrave;s avoir atteint des sommets il y a un peu plus d'un an, l'engouement pour le parti de Fran&ccedil;ois Legault avait beaucoup diminu&eacute;. La CAQ peinait &agrave; d&eacute;finir son agenda, une confusion incarn&eacute;e entre autres par le fameux &laquo; on verra &raquo; de son chef. Le PQ avait clairement repris la t&ecirc;te dans les intentions de vote. M&ecirc;me apr&egrave;s avoir appuy&eacute; les gr&eacute;vistes durant le conflit &eacute;tudiant, le PQ restait au coude-&agrave;-coude avec le PLQ et sa confortable avance chez les francophones assurait son &eacute;lection. Les premiers jours de la campagne ont boulevers&eacute; ce sc&eacute;nario.<br />
<br />
Que s'est-il pass&eacute;? Les caquistes ont d'abord recrut&eacute; plusieurs candidats cr&eacute;dibles capables d'inspirer confiance et de les pr&eacute;senter d&eacute;sormais comme une alternative cr&eacute;dible aux lib&eacute;raux. Le PQ n'est plus le seul &agrave; afficher une bonne &eacute;quipe, la CAQ l'a surpass&eacute; &agrave; ce jeu en recrutant Jacques Duchesneau. Par&eacute; d'une aura d'incorruptible, l'ancien chef de police vient de ravir d'un coup sec aux p&eacute;quistes un des enjeux importants de cette campagne, celui de l'int&eacute;grit&eacute;. <br />
<br />
Qu'en est-il de l'autre th&egrave;me qui domine cette campagne jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, la gr&egrave;ve &eacute;tudiante? Fran&ccedil;ois Legault demeure un opposant ferme &agrave; la gr&egrave;ve, il a m&ecirc;me promis qu'il s&eacute;virait contre les professeurs qui se joindraient aux gr&eacute;vistes lors de la rentr&eacute;e scolaire. Son message, coh&eacute;rent et limpide, est en phase avec l'opinion majoritaire qui, selon presque tous les sondages, situe &agrave; 60% l'appui des Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; la hausse des droits de scolarit&eacute;. <br />
<br />
Sur cette question le PQ est en porte-&agrave;-faux avec la majorit&eacute;. Marois a plut&ocirc;t pris fait et cause pour la gr&egrave;ve d&egrave;s le d&eacute;but, aimant&eacute;e par l'aile gauche de son parti.  Ayant visiblement constat&eacute; que son flirt avec un mouvement minoritaire n'est pas rentable &eacute;lectoralement, elle tente depuis le d&eacute;but de l'&eacute;t&eacute; de r&eacute;trop&eacute;daler. Elle a enlev&eacute; son carr&eacute; rouge et invite maintenant les &eacute;tudiants &agrave; rentrer en classe et &agrave; faire une tr&ecirc;ve. Dans le but apparent de grappiller des votes du c&ocirc;t&eacute; des 60% oppos&eacute;s &agrave; la gr&egrave;ve, elle est all&eacute;e plus loin cette semaine. La chef p&eacute;quiste a d&eacute;clar&eacute; vouloir encadrer la d&eacute;mocratie &eacute;tudiante, sous-entendant qu'elle d&eacute;savouait les m&eacute;thodes des associations &eacute;tudiantes lors de la tenue de votes de gr&egrave;ve.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--243569--HH> <br />
Cette d&eacute;claration est en compl&egrave;te contradiction avec tout ce que Marois a dit et fait au cours du printemps &eacute;rable. Elle s'en est d'ailleurs rendu compte puisqu'elle est revenue sur ses propos. Il n'est aucunement question d'encadrer les activit&eacute;s des associations &eacute;tudiantes, a-t-elle alors pr&eacute;cis&eacute;, promettant plut&ocirc;t qu'on en rediscuterait lors d'un sommet apr&egrave;s son &eacute;lection. <br />
<br />
N'incarnant plus la lutte &agrave; la corruption et tentant maladroitement de m&eacute;nager la ch&egrave;vre et le chou sur la question de la gr&egrave;ve, il ne reste plus au PQ que la question nationale pour marquer des points. Malheureusement pour elle, ici aussi Marois se tire joyeusement dans les pieds. Il y a quelques jours elle martelait que son parti &eacute;tait le seul &agrave; d&eacute;fendre l'identit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise. Les p&eacute;quistes promettent plusieurs choses &agrave; ce chapitre. Entre autres, ils r&eacute;duiraient l'immigration et renforceraient la loi 101, notamment en ne permettant plus aux francophones et aux allophones de fr&eacute;quenter les c&eacute;geps anglophones. De m&ecirc;me le PQ veut pr&eacute;senter une charte de la la&iuml;cit&eacute; qui viendrait baliser les accommodements raisonnables tout en s'opposant &agrave; la logique du multiculturalisme canadien. <br />
<br />
Il y a toute une discussion &agrave; faire sur le bien-fond&eacute; ou non de ces mesures et elles devraient provoquer un d&eacute;bat important. Le probl&egrave;me est qu'on en parle peu parce que la chef p&eacute;quiste ne parvient pas &agrave; s'imposer sur ce sujet. L'identit&eacute; semble pour elle un th&egrave;me comme les autres. Elle le saupoudre au besoin et n'en parle jamais avec passion, comme si c'&eacute;tait la m&ecirc;me chose que promettre d'ensemencer une rivi&egrave;re &agrave; saumons sur la C&ocirc;te-Nord. Pire encore, elle se contredit. Elle invite d&eacute;sormais les anglophones &agrave; appuyer son parti. L'enjeu de l'&eacute;lection, leur a-t-elle dit vendredi, consiste &agrave; &eacute;lire un bon gouvernement. La question nationale ne se posera que plus tard. <br />
<br />
Si la chef p&eacute;quiste pense vraiment ce qu'elle dit, cela doit signifier que l'affirmation du Qu&eacute;bec est secondaire &agrave; ses yeux. &Agrave; moins qu'elle pense qu'il n'y a pas de contradiction entre les aspirations des anglophones et celles des nationalistes sur les questions identitaires.<br />
<br />
Ici comme dans le dossier dans la gr&egrave;ve, Pauline Marois et son &Eacute;tat-major ne r&eacute;alisent pas &agrave; quel point il est dommageable de promettre tout et son contraire. Avec la nouvelle cr&eacute;dibilit&eacute; de la CAQ, il est d&eacute;sormais insuffisant de miser simplement sur l'impopularit&eacute; du gouvernement Charest, de recourir au client&eacute;lisme et d'attendre que la r&egrave;gle de l'alternance fasse son &oelig;uvre. Ce plan de campagne n'est plus valide et, &agrave; moins d'un changement de cap dramatique, les p&eacute;quistes vont subir de plein fouet le feu ennemi.]]></content>
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    <title>Jean Charest est déjà gagnant</title>
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    <published>2012-05-18T00:23:44-04:00</published>
    <updated>2012-07-17T05:12:20-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Il y a quatre mois à peine, Jean Charest était à la tête d'un gouvernement usé et corrompu et semblait se diriger vers une défaite électorale aussi certaine qu'humiliante. Cette chute de rideau lui réservait une place peu enviable dans l'histoire, à mettre en parallèle avec le régime honni d'Alexandre Taschereau. Sauf que la grève étudiante lui a donné un nouveau souffle qui pourrait désormais le porter au pouvoir pour une 4e fois.]]></summary>
    <author>
        <name>Frédéric Bastien</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/"><![CDATA[Il y a quatre mois &agrave; peine, Jean Charest &eacute;tait &agrave; la t&ecirc;te d'un gouvernement us&eacute; et corrompu et semblait se diriger vers une d&eacute;faite &eacute;lectorale aussi certaine qu'humiliante. Cette chute de rideau lui r&eacute;servait une place peu enviable dans l'histoire, &agrave; mettre en parall&egrave;le avec le r&eacute;gime honni d'Alexandre Taschereau. Sauf que la gr&egrave;ve &eacute;tudiante lui a donn&eacute; un nouveau souffle qui pourrait d&eacute;sormais le porter au pouvoir pour une 4e fois. <br />
<br />
Comme le veut le vieil adage, la s&eacute;curit&eacute; est la m&egrave;re de tous les biens. Dans l'&eacute;chelle des besoins, celle-ci arrive avant tout le reste, car elle est la condition n&eacute;cessaire au fonctionnement de toute soci&eacute;t&eacute; civilis&eacute;e. Sans elle l'activit&eacute; &eacute;conomique est paralys&eacute;e, il n'y a aucune justice sociale et l'honn&ecirc;tet&eacute; des dirigeants devient une question pratiquement impertinente.  Avec la loi sp&eacute;ciale, incarner  la loi l'ordre contre l'anarchie des rouges semble &ecirc;tre d&eacute;sormais la carte de ma&icirc;tresse du premier ministre, qui pr&eacute;sentera l'&eacute;lection comme un choix entre son parti ou celui de la chienlit. Malhonn&ecirc;tement, mais efficacement, il associera p&eacute;quistes et caquistes aux anarchistes, utilisant le fait que ces deux partis peinent &agrave; livrer un message clair sur la gr&egrave;ve.<br />
<br />
C'est le cas de Fran&ccedil;ois Legault d'abord qui se dit partisan de la fermet&eacute;, mais qui s'oppose &agrave; la loi sp&eacute;ciale du gouvernement. Pourquoi? Il accuse le premier ministre de pelleter le probl&egrave;me &agrave; plus tard. Peut-&ecirc;tre, mais cette raison semble incongrue pour quelqu'un se r&eacute;clamant de la loi et l'ordre. Surtout apr&egrave;s que le m&ecirc;me Legault ait invit&eacute; la police &agrave; lib&eacute;rer manu militari l'acc&egrave;s aux campus.<br />
<br />
<br />
M&ecirc;me absence de coh&eacute;rence du c&ocirc;t&eacute; du Parti qu&eacute;b&eacute;cois. Pauline Marois promet grosso modo de donner satisfaction aux gr&eacute;vistes, porte le carr&eacute; rouge et d&eacute;nonce la violence. &Agrave; chaque occasion elle s'en prend par ailleurs &agrave; l'incomp&eacute;tence du gouvernement dans ce dossier. <br />
 <br />
Le probl&egrave;me vient du fait que sa posture encourage tacitement les protestataires, incluant la minorit&eacute; violente, &agrave; poursuivre leur mouvement. Ceux-ci se d&eacute;lectent visiblement des attaques p&eacute;quistes contre les lib&eacute;raux.  Leur int&eacute;r&ecirc;t est donc de multiplier les gestes d'&eacute;clats pour fournir de nouvelles munitions &agrave; l'opposition officielle, laquelle les utilise immanquablement pour bombarder un gouvernement pr&eacute;sent&eacute; comme seul responsable de la situation. En somme Marois nourrit la crise et accuse ensuite les lib&eacute;raux d'&ecirc;tre incapables de la r&eacute;gler. Volontairement ou pas, elle agit ici de mani&egrave;re irresponsable en alimentant elle-m&ecirc;me un cercle vicieux. <br />
<br />
Pour les p&eacute;quistes la sortie de crise passe par la n&eacute;gociation, laquelle aurait &eacute;t&eacute; boud&eacute;e par Charest. Mais celui-ci pourra facilement contrer ces accusations en faisant valoir les concessions qu'il a mises sur la table durant la gr&egrave;ve. Il rappellera aussi que la hausse des droits de scolarit&eacute; a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e dans un budget il y a plus d'un an et que les &eacute;tudiants ont par la suite refus&eacute; d'en discuter avec le gouvernement pendant des mois, histoire de mieux lancer par la suite leur contestation dans la rue.<br />
<br />
De toute mani&egrave;re la question n'est plus l&agrave;. Lorsqu'ils critiquent l'inaptitude des lib&eacute;raux, caquistes et p&eacute;quistes sont d&eacute;sormais en retard d'une guerre. Ce discours &eacute;tait efficace avant la gr&egrave;ve. Quand des vitrines volent en &eacute;clat, quand ponts, m&eacute;tro et routes sont  paralys&eacute;s, c'est de loi et d'ordre dont les citoyens souhaitent entendre parler. Et ils ne veulent surtout pas que des groupuscules violents puissent dicter sa conduite au gouvernement &eacute;lu par la majorit&eacute;.<br />
<br />
On doit se souvenir &agrave; cet &eacute;gard de la campagne municipale de 1970 &agrave; Montr&eacute;al, en pleine crise d'octobre. &Agrave; l'&eacute;poque les forces syndicales et progressistes s'&eacute;taient regroup&eacute;es dans un nouveau parti, le FRAP. Or des militants de cette formation politique s'&eacute;taient mis &agrave; scander des slogans pro-FLQ lors d'une de leurs assembl&eacute;es. Ne faisant ni de une ni de deux, le maire Jean Drapeau a saut&eacute; sur l'occasion pour associer  frapistes et felquistes.  R&eacute;sulat : le parti civique a pulv&eacute;ris&eacute; le FRAP, raflant tous les si&egrave;ges au conseil municipal. <br />
<br />
Si un tel triomphe est exclu pour le chef lib&eacute;ral, il pourrait en surprendre plus d'un lors du prochain scrutin, servi qu'il est par l'ineptie de l'opposition, l'acharnement des &eacute;tudiants et la violence radicale d'une minorit&eacute; d'anarchistes. Certes rien n'est &eacute;crit dans le ciel. De nouveaux retournements de situation sont possibles et le premier ministre peut encore perdre. Mais il pr&eacute;sentera alors sa d&eacute;faite comme une bataille de principe et de conviction, conduite au nom du Qu&eacute;bec lucide et du respect de la soci&eacute;t&eacute; de droit, faisant oublier au moins partiellement la corruption et le cynisme qui auront marqu&eacute; son r&egrave;gne.  D'une certaine fa&ccedil;on, Jean Charest est d&eacute;j&agrave; gagnant.]]></content>
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    <title>Radicalisme étudiant: une bénédiction pour Charest</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1457492</id>
    <published>2012-04-27T00:18:30-04:00</published>
    <updated>2012-06-26T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[S'il est important d'avoir des amis en politique, il est encore plus fondamental d'avoir un ennemi. La présence de celui-ci permet aux hommes et aux femmes politiques de se définir. Jean Charest ne cèdera pas.  Son intérêt est de poursuivre ce combat jusqu'aux élections. Il avait besoin d'incarner une cause et se cherchait un ennemi. Les casseurs et la CLASSE se sont offerts sur un plateau d'argent. Le radicalisme étudiant est une bénédiction pour les libéraux.]]></summary>
    <author>
        <name>Frédéric Bastien</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/"><![CDATA[S'il est important d'avoir des amis en politique, il est encore plus fondamental d'avoir un ennemi. La pr&eacute;sence de celui-ci permet aux hommes et aux femmes politiques de se d&eacute;finir. Suivant le philosophe allemand Karl Schmidt, l'ennemi constitue l'antith&egrave;se de ce qu'un politicien veut incarner. Il est ce que le feu est &agrave; l'eau ou le froid au chaud. Il symbolise tout ce qu'un parti et son leader d&eacute;testent et combattent. Priv&eacute;e de cet antagonisme fondamental, l'action d'un acteur politique perd tout son sens.<br />
<br />
Jean Charest a parfaitement compris cette dynamique dans l'actuel conflit avec les &eacute;tudiants. Avant la gr&egrave;ve, son gouvernement allait se pr&eacute;senter devant l'&eacute;lectorat comme une administration us&eacute;e &agrave; la corde par les scandales li&eacute;s &agrave; la corruption. Le niveau d'impopularit&eacute; des lib&eacute;raux atteignait des sommets. Ceux-ci n'arrivaient plus &agrave; incarner quoi que ce soit de positif aux yeux de la population.<br />
<br />
Mais voil&agrave; que depuis plusieurs semaines la d&eacute;cision gouvernementale de hausser les frais de scolarit&eacute; soul&egrave;ve une partie de la population &eacute;tudiante. Comme les mod&eacute;r&eacute;s n'ont pas su s'imposer, une minorit&eacute; d'&eacute;tudiants radicaux donne le ton au conflit. Ils multiplient les gestes de violence, intimident, cassent et en d&eacute;cousent avec la police.  Leur but n'est pas tant de lutter contre la hausse des droits de scolarit&eacute; que de vivre une exp&eacute;rience r&eacute;volutionnaire et anarchiste. C'est ce qu'on a vu notamment lorsqu'un groupe a investi un auditorium de l'Universit&eacute; de Montr&eacute;al, brisant la porte &agrave; coup de b&eacute;lier, vandalisant tout sur son passage, agitant le drapeau rouge des communistes. <br />
<br />
Les gestes de cette nature se sont multipli&eacute;s tellement ces derni&egrave;res semaines qu'on peine &agrave; les compter.  Voil&agrave; qui est parfait semble se dire Jean Charest. Les sondages d&eacute;montrent que la majorit&eacute; de la population appuie son gouvernement sur la hausse des droits de scolarit&eacute;. Sans compter qu'une immense majorit&eacute; r&eacute;prouve la violence des radicaux ou encore l'ambigu&iuml;t&eacute; hypocrite dont fait preuve la CLASSE devant les d&eacute;bordements. Dans ce qui est devenu une crise mena&ccedil;ant l'autorit&eacute; de l'&Eacute;tat, c'est vers leur premier ministre &eacute;lu que la majorit&eacute; des Qu&eacute;b&eacute;cois semble se tourner spontan&eacute;ment. Celui-ci incarne la l&eacute;gitimit&eacute; nationale en &eacute;tant le premier responsable de l'ordre et de la s&eacute;curit&eacute; de tous devant l'anarchie.<br />
<br />
Ce comportement n'est pas unique au Qu&eacute;bec. L'histoire est riche de retournements de situations qui m&eacute;ritent d'&ecirc;tre rappel&eacute;s en ce moment. Apr&egrave;s les &eacute;meutes de mai 68 en France, le pr&eacute;sident Charles de Gaulle a d&eacute;clench&eacute; des &eacute;lections l&eacute;gislatives. Son parti a alors r&eacute;ussi un balayage &eacute;lectoral qui a litt&eacute;ralement lamin&eacute; la gauche. <br />
<br />
En 1972, la m&ecirc;me chose s'est produite lors des &eacute;lections pr&eacute;sidentielles am&eacute;ricaines. Apr&egrave;s quatre ann&eacute;es de r&eacute;voltes contre-culturelles sur les campus am&eacute;ricains et au sein de la gauche radicale, les Am&eacute;ricains ont r&eacute;&eacute;lu le conservateur Richard Nixon avec une majorit&eacute; sans pr&eacute;c&eacute;dent.<br />
<br />
Le m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne s'est r&eacute;p&eacute;t&eacute; au milieu des ann&eacute;es 80 en Grande-Bretagne. Margaret Thatcher &eacute;tait tr&egrave;s impopulaire dans les sondages. Le syndicat des mineurs du charbon a alors d&eacute;cid&eacute; de se lancer dans une gr&egrave;ve violente &agrave; caract&egrave;re insurrectionnel. Ne faisant ni de une ni de deux, la Dame de Fer a saut&eacute; &agrave; pieds joints dans la m&ecirc;l&eacute;e, ordonnant aux forces de l'ordre de r&eacute;primer la r&eacute;volte. Apr&egrave;s plusieurs mois d'un affrontement violent, les mineurs sont rentr&eacute;s dans le rang. Thatcher a ensuite &eacute;t&eacute; r&eacute;&eacute;lue triomphalement pour un troisi&egrave;me mandat de suite, du jamais vu en 160 ans. <br />
<br />
Sans aller jusqu'&agrave; pr&eacute;dire une telle renaissance  lib&eacute;rale, qui nous dit aujourd'hui que Jean Charest ne r&eacute;ussira pas le tour de force de se faire r&eacute;&eacute;lire en incarnant la loi et l'ordre? Cela est d'autant plus possible que l'opposition souffre de la polarisation de l'opinion. Plus le conflit se durcit, plus les avis sont tranch&eacute;s. On est plus seulement pour ou contre la gr&egrave;ve mais  pour ou contre la loi et l'ordre. Faute de vouloir appuyer pleinement le gouvernement, l'opposition est prise entre deux feux. Pauline Marois d&eacute;nonce la violence mais elle et ses d&eacute;put&eacute;s portent le carr&eacute; rouge que plusieurs &eacute;lecteurs associent d&eacute;sormais &agrave; l'anarchie. Parions que les &eacute;lecteurs ne comprennent pas tr&egrave;s bien sa position.<br />
<br />
M&ecirc;me genre d'ambigu&iuml;t&eacute; pour Fran&ccedil;ois Legault. Il dit appuyer la hausse mais demande au gouvernement de n&eacute;gocier. Cette posture est difficile &agrave; comprendre. Elle est aussi surprenante venant de celui qui promet de faire un grand m&eacute;nage dans les finances, la fonction publique et les corporatismes en s'attaquant aux vaches sacr&eacute;es.<br />
<br />
Jean Charest ne c&egrave;dera pas.  Son int&eacute;r&ecirc;t est de poursuivre ce combat jusqu'aux &eacute;lections. Il avait besoin d'incarner une cause et se cherchait un ennemi. Les casseurs et la CLASSE se sont offerts sur un plateau d'argent. Le radicalisme &eacute;tudiant est une b&eacute;n&eacute;diction pour les lib&eacute;raux.]]></content>
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    <title>Trentième anniversaire de la charte: la prophétie britannique</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1431103</id>
    <published>2012-04-17T09:47:51-04:00</published>
    <updated>2012-06-17T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Par une chaude journée d'avril, il y a trente ans jour pour jour, la loi constitutionnelle de 1982 était officiellement proclamée au cours d'une cérémonie grandiose sur la colline parlementaire. La charte des droits était née, malgré l'absence de René Lévesque...et en dépit d'un orage mêlé de grêle venu frapper au beau milieu des célébrations. Mais il y avait aussi un autre absent, Margaret Thatcher, qui avait décliné l'invitation de Pierre Trudeau.]]></summary>
    <author>
        <name>Frédéric Bastien</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/"><![CDATA[Par une chaude journ&eacute;e d'avril, il y a trente ans jour pour jour, la loi constitutionnelle de 1982 &eacute;tait officiellement proclam&eacute;e au cours d'une c&eacute;r&eacute;monie grandiose sur la colline parlementaire. La charte des droits &eacute;tait n&eacute;e, malgr&eacute; l'absence de Ren&eacute; L&eacute;vesque...et en d&eacute;pit d'un orage m&ecirc;l&eacute; de gr&ecirc;le venu frapper au beau milieu des c&eacute;l&eacute;brations. <br />
<br />
Mais il y avait aussi un autre absent, Margaret Thatcher, qui avait d&eacute;clin&eacute; l'invitation de Pierre Trudeau. Elle avait pourtant appuy&eacute; son initiative de rapatriement de bout en bout, malgr&eacute; une forte opposition provinciale et en d&eacute;pit de la r&eacute;ticence de plusieurs parlementaires &agrave; Westminster. Mais la charte &eacute;tait pour elle un embarras. Les festivit&eacute;s c&eacute;l&eacute;brant son entr&eacute;e en vigueur ne l'int&eacute;ressaient pas. La guerre des Falkland lui a fourni l'excuse parfaite pour &eacute;viter le voyage. <br />
<br />
Sa r&eacute;action refl&eacute;tait le malaise qui existait au sein de la classe politique &agrave; Westminster. Si les parlementaires voulaient tous que le Canada devienne un pays compl&egrave;tement ind&eacute;pendant, ils &eacute;taient troubl&eacute;s de devoir voter un projet de loi portant atteinte &agrave; la souverainet&eacute; du parlement. Leurs doutes constituaient autant d'avertissements pour notre pays, &agrave; la veille de son entr&eacute;e dans l'&egrave;re de la charte. <br />
<br />
L'argument le plus fort en faveur de l'implantation de celle-ci consistait &agrave; dire que les Canadiens allaient enfin obtenir leurs libert&eacute;s. Comment? Gr&acirc;ce &agrave; l'intervention des juges qui, en interpr&eacute;tant la charte, allaient pouvoir invalider les lois vot&eacute;es par les &eacute;lus du peuple au nom du respect des droits. <br />
<br />
Thatcher pensait que cette approche &eacute;tait mauvaise. Au cours de l'un de ses premiers discours comme premi&egrave;re ministre, elle avait expliqu&eacute; sa d&eacute;termination &laquo;&agrave; revenir &agrave; l'un des principes fondamentaux de notre vie politique...la primaut&eacute; du parlement dans la d&eacute;fense des droits fondamentaux &raquo;. Cela voulait dire deux choses. D'abord les droits ne sont pas absolus. En l'absence d'incendie un homme ne peut crier au feu dans un cin&eacute;ma et invoquer ensuite sa libert&eacute; d'expression pour se justifier. Il y a toujours une limite aux droits et la Dame de Fer pensait que les &eacute;lus &eacute;taient mieux plac&eacute;s que les juges pour tracer la ligne. Elle croyait aussi que les parlementaires &eacute;taient meilleurs &agrave; d&eacute;finir et prot&eacute;ger les droits, gr&acirc;ce au d&eacute;bat politique, &agrave; coup d'argument et de contre-argument. Il revenait ensuite au peuple lors des &eacute;lections de d&eacute;cider quel parti &eacute;tait le meilleur d&eacute;fenseur de ses droits.<br />
<br />
Tel &eacute;tait le syst&egrave;me qui existait au Canada avant 1982. Il fonctionnait bien, mais n'&eacute;tait pas parfait. Le sort r&eacute;serv&eacute; &agrave; la minorit&eacute; japonaise durant la 2e Guerre mondiale constitue un exemple d'un d&eacute;rapage dramatique. Mais les choses ne sont pas diff&eacute;rentes aujourd'hui. Il y a quelques ann&eacute;es, en pleine guerre au terrorisme, les juges arm&eacute;s de la charte n'ont pu emp&ecirc;cher la d&eacute;portation de Maher Arar en Syrie afin qu'il soit tortur&eacute;. Ils n'ont pas &eacute;t&eacute; davantage capables de le ramener au pays. Mais quand sa situation a provoqu&eacute; une temp&ecirc;te au parlement suivie d'une indignation dans l'opinion publique, Ottawa a soudainement r&eacute;ussi &agrave; le ramener au pays, s'est excus&eacute; et lui a vers&eacute; 10 millions de dollars.<br />
	  <br />
Margaret Thatcher a donc bien anticip&eacute; que la charte ne prot&eacute;gerait pas mieux les droits. D'autres &eacute;taient aussi sceptiques, notamment John Ford, l'ambassadeur britannique &agrave; Ottawa. Le diplomate, dont le fr&egrave;re et la s&oelig;ur avaient &eacute;migr&eacute; au Canada, &eacute;tait pr&eacute;occup&eacute;. Au moment de quitter le pays en 1981, il envoyait un avertissement &agrave; Londres quant aux dangers de la charte. &laquo; Si elle &eacute;tait adopt&eacute;e, la constitution de M. Trudeau semble destin&eacute;e &agrave; cr&eacute;er des proc&eacute;dures judiciaires sans fin et porteuses de division &raquo;. Selon Ford, le Canada &eacute;tait &laquo; le pays le plus sur-gouvern&eacute; du monde &raquo;, ce qui cr&eacute;ait une distance entre le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral et les Canadiens ordinaires. Cette approche faisait l'affaire des bureaucrates, &laquo; qui ont int&eacute;r&ecirc;t &agrave; ce que le pouvoir f&eacute;d&eacute;ral s'accroisse&raquo;. Elle interpellait aussi &laquo; l'esprit des acad&eacute;miciens, des m&eacute;dias et, particuli&egrave;rement, des anglo-francophones de Montr&eacute;al qui se voit comme la v&eacute;ritable &eacute;lite &raquo;,   mais tout cela au d&eacute;triment des citoyens. Selon Ford, &laquo; la r&eacute;alisation du r&ecirc;ve de Trudeau pourrait entra&icirc;ner la mise en place d'une standardisation forc&eacute;e et arbitraire qui va ali&eacute;ner encore plus la population. D&eacute;j&agrave; le multiculturalisme plut&ocirc;t que le biculturalisme est devenu le concept &agrave; la mode au sein du gouvernement &raquo;.   <br />
<br />
Le message de Ford a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s bien re&ccedil;u &agrave; Londres et trente ans plus tard les &eacute;v&eacute;nements ont confirm&eacute; leur acuit&eacute;. Aliment&eacute; par des groupes de pression souvent financ&eacute;s &agrave; m&ecirc;me les fonds publics, les tribunaux se sont lanc&eacute;s dans une vaste entreprise de r&eacute;ing&eacute;nierie sociale. Gr&acirc;ce au multiculturalisme et &agrave; la discrimination positive, nos traditions sont &eacute;radiqu&eacute;es et des privil&egrave;ges sont octroy&eacute;s &agrave; des lobbies politiquement corrects au d&eacute;triment de l'&eacute;galit&eacute; de tous devant la loi. Par exemple le fait de porter un couteau &agrave; l'&eacute;cole est devenu un droit humain. M&ecirc;me chose pour le turban, puisque les policiers jouissent de la libert&eacute; fondamentale de le porter durant leur travail, faisant ainsi du pros&eacute;lytisme religieux alors qu'ils sont en service, une violation flagrante du principe de la s&eacute;paration de l'&Eacute;tat et de l'&Eacute;glise. <br />
<br />
Ces d&eacute;cisions autoritaires prises par l'&eacute;lite judiciaire lib&eacute;rale du pays a cr&eacute;&eacute; un profond ressentiment parmi les Canadiens ordinaires. Ceux-ci croient toujours qu'il revient aux immigrants de s'adapter &agrave; la culture et aux traditions des gens de leur nouveau pays plut&ocirc;t que l'inverse. Ils comprennent aussi intuitivement qu'une communaut&eacute; a besoin de valeurs communes pour exister et que les r&egrave;gles doivent &ecirc;tre les m&ecirc;mes pour tous. Dans un pays o&ugrave; existaient d&eacute;j&agrave; de fortes tensions r&eacute;gionales, la charte devait nous donner un nouveau sens d'appartenance. Elle a plut&ocirc;t ajout&eacute; aux divisions qui existaient d&eacute;j&agrave; en transformant le pays en un assemblage int&eacute;ress&eacute; de groupes de pression. Ceux-ci utilisent la constitution pour transformer leurs objectifs politiques en droit et faire des gains aux d&eacute;pens de l'ensemble. Ce r&eacute;sultat est diam&eacute;tralement oppos&eacute; &agrave; l'objectif vis&eacute;. La proph&eacute;tie britannique est devenue r&eacute;alit&eacute;.  <br />
]]></content>
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    <title>Droit à l'éducation: tel est pris qui croyait prendre</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1414264</id>
    <published>2012-04-10T07:42:39-04:00</published>
    <updated>2012-06-10T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Depuis quelques jours, les démarches juridiques se multiplient en rapport à la grève estudiantine. Des étudiants voulant retourner en classe se tournent vers les tribunaux pour que ceux-ci ordonnent la reprise des cours à coup d'injonctions. Certains obtiennent gain de cause et d'autres non. En entrevue au Devoir, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, a réagi en dénonçant la «judiciarisation» du conflit, c'est-à-dire l'utilisation des tribunaux et du droit pour régler un litige entre le gouvernement et les étudiants. «C'est un conflit qui est politique, et la justice ne saurait servir quand tu as perdu sur le terrain politique.»
]]></summary>
    <author>
        <name>Frédéric Bastien</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/"><![CDATA[Depuis quelques jours, les d&eacute;marches juridiques se multiplient en rapport &agrave; la gr&egrave;ve estudiantine. Des &eacute;tudiants voulant retourner en classe se tournent vers les tribunaux pour que ceux-ci ordonnent la reprise des cours &agrave; coup d'injonctions. Certains obtiennent gain de cause et d'autres non. En entrevue au <em>Devoir</em>, le pr&eacute;sident de la F&eacute;d&eacute;ration &eacute;tudiante coll&eacute;giale du Qu&eacute;bec (FECQ), L&eacute;o Bureau-Blouin, a r&eacute;agi en d&eacute;non&ccedil;ant la &laquo;judiciarisation&raquo; du conflit, c'est-&agrave;-dire l'utilisation des tribunaux et du droit pour r&eacute;gler un litige entre le gouvernement et les &eacute;tudiants. &laquo;C'est un conflit qui est politique, et la justice ne saurait servir quand tu as perdu sur le terrain politique.&raquo;<br />
<br />
On ne saurait mieux dire. Il revient au gouvernement de n&eacute;gocier ou pas avec les &eacute;tudiants pour r&eacute;soudre la crise actuelle. De m&ecirc;me, les &eacute;l&egrave;ves qui s'opposent &agrave; la gr&egrave;ve doivent convaincre une majorit&eacute; lors des assembl&eacute;es qui se tiennent sur le sujet. Il n'appartient pas aux juges de d&eacute;cr&eacute;ter des solutions en vertu de la justice.<br />
<br />
Le probl&egrave;me est que les &eacute;tudiants se font rattraper par o&ugrave; ils ont p&eacute;ch&eacute;. Depuis le d&eacute;but du conflit, plusieurs de leurs porte-parole affirment haut et fort que l'&eacute;ducation est un droit auquel le gouvernement attente en haussant les frais de scolarit&eacute;. Cette pr&eacute;misse est fausse. Souvenons-nous d'abord que les v&eacute;ritables libert&eacute;s fondamentales ont deux caract&eacute;ristiques. D'abord, elles ont surtout un caract&egrave;re d&eacute;fensif. Prenons le droit de gr&egrave;ve. Celui-ci prend sa source du fait qu'on ne peut obliger quelqu'un &agrave; travailler. Il est aussi li&eacute; &agrave; la libert&eacute; d'association. En l'exer&ccedil;ant, les gr&eacute;vistes n'obligent pas la soci&eacute;t&eacute; &agrave; leur payer ou leur fournir quoi que ce soit. Ils ne font que refuser de travailler (ou d'&eacute;tudier), car ils jugent inadmissibles les conditions dans lesquelles ils sont cens&eacute;s le faire.<br />
<br />
Un vrai droit est aussi universel, ce qui constitue sa deuxi&egrave;me caract&eacute;ristique. Tous en jouissent de la m&ecirc;me fa&ccedil;on. Or ceci est impossible dans le cas d'un &laquo;droit &agrave; l'&eacute;ducation&raquo;. Non pas que l'&eacute;ducation ne soit pas fondamentale et vitale pour une soci&eacute;t&eacute; moderne, mais on ne saurait la consid&eacute;rer comme un droit. Pourquoi? Parce qu'elle n&eacute;cessite une intervention active de la communaut&eacute; qui doit b&acirc;tir des &eacute;coles, payer des professeurs, etc. D&egrave;s lors, un &laquo;droit&raquo; &agrave; l'&eacute;ducation divise la soci&eacute;t&eacute; entre ceux qui financent l'&eacute;ducation et ceux qui en b&eacute;n&eacute;ficient, perdant du coup son caract&egrave;re universel.<br />
<br />
Comme elle n'est pas un droit, les d&eacute;cisions concernant l'&eacute;ducation doivent se prendre dans l'ar&egrave;ne politique, comme le rappelait la FECQ. Sauf que les &eacute;tudiants ont &eacute;rig&eacute; eux-m&ecirc;mes leurs objectifs politiques en quelque chose d'absolu: un droit &agrave; l'&eacute;ducation, sacr&eacute;, immanent et inviolable. Or il y a des dangers &agrave; utiliser ce genre d'intimidation intellectuelle, car la judiciarisation du politique est une arme &agrave; double tranchant. Elle a le f&acirc;cheux d&eacute;faut de souvent se retourner contre celui qui l'utilise. En clamant que le fait d'&eacute;tudier est un droit, les gr&eacute;vistes ont invit&eacute; leurs opposants &agrave; se tourner vers la justice pour qu'on cesse de les priver de leur droit &agrave; l'&eacute;ducation. Tel est pris qui croyait prendre!<br />
<br />
Mais il y a plus que la douce ironie de l'arroseur arros&eacute; dans cette histoire. Il y a aussi les dommages collat&eacute;raux. Avec la judiciarisation du d&eacute;bat, des juges ordonnent la reprise des cours. Ce faisant, ils risquent de porter atteinte &agrave; une vraie libert&eacute; fondamentale, le droit de gr&egrave;ve des &eacute;tudiants.<br />
<br />
<HH--236SLIDEPOLLAJAX--216597--HH>]]></content>
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    <title>Bilingual from coast to coast</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1389578</id>
    <published>2012-03-31T00:18:20-04:00</published>
    <updated>2012-05-30T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le gouvernement conservateur vient de nommer deux commissaires à l'immigration unilingues anglais pour la région de Montréal. Le ministre de l'immigration Jason Kenney n'y voit rien de mal. « Nous sommes dans un pays bilingue » clame-t-il sur le ton d'une évidence. De plus fait-il valoir, des francophones unilingues sont également nommés, oubliant de mentionner qu'il est impensable de nommer ceux qui parlent français seulement  dans le reste du Canada. 

La réaction du ministre traduit certainement l'indifférence du gouvernement conservateur face au Québec. Mais elle démontre surtout à quel point l'utopie d'un pays bilingue n'a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais. ]]></summary>
    <author>
        <name>Frédéric Bastien</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/"><![CDATA[Le gouvernement conservateur vient de nommer deux commissaires &agrave; l'immigration unilingues anglais pour la r&eacute;gion de Montr&eacute;al. Le ministre de l'immigration Jason Kenney n'y voit rien de mal. &laquo; Nous sommes dans un pays bilingue &raquo; clame-t-il sur le ton d'une &eacute;vidence. De plus fait-il valoir, des francophones unilingues sont &eacute;galement nomm&eacute;s, oubliant de mentionner qu'il est impensable de nommer ceux qui parlent fran&ccedil;ais seulement  dans le reste du Canada. La r&eacute;action du ministre traduit certainement l'indiff&eacute;rence du gouvernement conservateur face au Qu&eacute;bec. Mais elle d&eacute;montre surtout &agrave; quel point l'utopie d'un pays bilingue n'a jamais fonctionn&eacute; et ne fonctionnera jamais. <br />
<br />
Le bilinguisme canadien a &eacute;t&eacute; con&ccedil;u par Pierre Trudeau dont le grand projet a consist&eacute; &agrave; faire en sorte que tous les Canadiens puissent vivre dans la langue de leur choix partout au pays. Comment? D'abord en offrant des services gouvernementaux dans les deux langues de Vancouver &agrave; St-Jean de Terre-Neuve en passant par le Yukon. Ensuite en inventant une charte qui &eacute;l&egrave;ve au rang de droit fondamental le fait d'&eacute;tudier dans la langue de la minorit&eacute;, c'est-&agrave;-dire en anglais au Qu&eacute;bec et en fran&ccedil;ais dans le reste du pays. Finalement en faisant en sorte que le plus grand nombre de Canadiens parlent les deux langues officielles, donc en encourageant les &eacute;coles d'immersion, les &eacute;changes culturels et ainsi de suite. Dans ce pays r&ecirc;v&eacute;, th&eacute;orique et id&eacute;al, on peut vivre et travailler dans la langue de son choix,  comme les deux commissaires unilingues que le ministre Kenney a nomm&eacute;s, ou comme les quelque 300 000 anglophones qui vivent &agrave; Montr&eacute;al sans jamais parler fran&ccedil;ais. <br />
<br />
Le probl&egrave;me vient du fait qu'il n'y a qu'au Qu&eacute;bec que le r&ecirc;ve de M. Trudeau fonctionne. Au nom du bilinguisme, le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral emploie les fonds publics pour y faire la promotion de l'anglais. Il donne de l'argent aux groupes qui veulent contester la loi 101, sous pr&eacute;texte de faire valoir le droit fondamental de vivre en anglais au Qu&eacute;bec et d'avoir acc&egrave;s &agrave; l'&eacute;cole anglaise publique et gratuite. Ce cadre institutionnel est tellement efficace qu'il fait en sorte que les Qu&eacute;b&eacute;cois francophones, comme les avocats plaidant devant la commission de l'immigration, doivent utiliser l'anglais faute de ne pouvoir &ecirc;tre bien compris par le commissaire, lequel sera d'autant enclin &agrave; ne pas faire d'effort qu'il sait tr&egrave;s bien que la grande majorit&eacute; des avocats au Qu&eacute;bec sait parler anglais.  <br />
<br />
Inutile de dire qu'il en va tout autrement dans le reste du Canada. Car le bilinguisme repose sur l'id&eacute;e fausse d'une sym&eacute;trie entre la situation des anglophones qu&eacute;b&eacute;cois et des francophones hors-Qu&eacute;bec. Ces derniers sont presque tous bilingues, faute de quoi il leur est impossible de travailler et vivre dans leur milieu. Malgr&eacute; l'&eacute;ducation en fran&ccedil;ais et des services gouvernementaux dans cette langue ici ou l&agrave;, leur taux d'assimilation est stratosp&eacute;rique. La r&eacute;alit&eacute; sociologique du pays demeure celle d'un Qu&eacute;bec o&ugrave; le fran&ccedil;ais est fragile et d'un Canada anglais...fondamentalement anglais! Les milliards de dollars investis par Ottawa au fil des ans n'ont rien fait pour changer cette situation, sinon en permettant bien s&ucirc;r aux anglophones du Qu&eacute;bec de r&eacute;sister au d&eacute;sir de francisation maintes fois exprim&eacute; par la majorit&eacute; de la province.   <br />
<br />
&Eacute;videmment il est bien plus commode de faire comme si tel n'&eacute;tait  pas la situation. Alors on vit dans la fiction d'une similitude entre les minorit&eacute;s linguistiques o&ugrave; qu'elles soient au pays. On fait semblant de s'occuper de la situation en ayant un commissaire aux langues  officielles, qui co&ucirc;te des millions de dollars et dont les rapports prennent syst&eacute;matiquement le chemin des tablettes ann&eacute;e apr&egrave;s ann&eacute;e. Et pendant que le fran&ccedil;ais recule partout incluant au Qu&eacute;bec, on nomme des unilingues anglophones pour nous rappeler la logique inh&eacute;rente du bilinguisme canadien, bilingual from coast to coast. <br />
]]></content>
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    <title>Droit de tenir un bordel: le retour au despotisme éclairé</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1385509</id>
    <published>2012-03-28T12:20:13-04:00</published>
    <updated>2012-05-28T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[On peut être pour ou contre la légalisation de la prostitution, mais il demeure que c'est aux élus de prendre une telle décision, pas aux tribunaux. L'habitude prise par les juges de se substituer aux gouvernements nous ramène à l'époque de Frédéric II de Prusse et à l'âge d'or du despotisme éclairé. 
]]></summary>
    <author>
        <name>Frédéric Bastien</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/frederic-bastien/"><![CDATA[Dans un jugement rendu le 26 mars dernier, la cour d'appel de l'Ontario a statu&eacute; que l'interdiction des bordels constitue une atteinte aux droits des prostitu&eacute;es. Celles-ci sont moins en danger lorsqu'elles pratiquent leur m&eacute;tier dans une maison close plut&ocirc;t que sur la rue. Leur droit &agrave; la s&eacute;curit&eacute;, garanti par la charte, est donc en cause suivant l'interpr&eacute;tation que font les juges de la constitution.  On peut &ecirc;tre pour ou contre la l&eacute;galisation de la prostitution, mais il demeure que c'est aux &eacute;lus de prendre une telle d&eacute;cision, pas aux tribunaux. L'habitude prise par les juges de se substituer aux gouvernements nous ram&egrave;ne &agrave; l'&eacute;poque de Fr&eacute;d&eacute;ric II de Prusse et &agrave; l'&acirc;ge d'or du despotisme &eacute;clair&eacute;. <br />
<br />
Plusieurs bons arguments sont avanc&eacute;s en faveur de la l&eacute;galisation de la prostitution. Mais la question rel&egrave;ve plut&ocirc;t de la l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique qui est n&eacute;cessaire pour faire un tel changement. Le gouvernement conservateur tenait &agrave; ce que la prostitution demeure ill&eacute;gale, m&ecirc;me lorsque pratiqu&eacute;e dans un bordel, et ils ont re&ccedil;u un mandat majoritaire des &eacute;lecteurs. Or voil&agrave; qu'un tribunal renverse les d&eacute;cisions du parlement sous couvert de droits de la personne. Pourtant ceux-ci ne sont jamais absolus, car il y a toujours une limite. Pour les conservateurs le droit &agrave; la s&eacute;curit&eacute; s'arr&ecirc;te lorsque des prostitu&eacute;es l'invoquent pour pouvoir pratiquer le plus vieux m&eacute;tier du monde dans un bordel. Pour les magistrats le contraire est vrai. <br />
Le probl&egrave;me vient du fait que les tribunaux sont convaincus qu'eux seuls sont habilit&eacute;s &agrave; d&eacute;terminer quelle est la limite des droits. Les &eacute;lus ne sauraient avoir la moindre comp&eacute;tence en cette mati&egrave;re. D'ailleurs, les juges l&egrave;vent souvent le nez sur ces derniers. Ils les voient comme une bande de querelleurs se disputant pour recueillir l'appui de l'opinion publique. Les magistrats, eux, d&eacute;terminent ce qui constitue les droits fondamentaux, une t&acirc;che infiniment plus noble &agrave; leurs yeux. <br />
<br />
Le probl&egrave;me de cette vision vient du fait qu'elle est &agrave; la fois &eacute;litiste et anti-d&eacute;mocratique. Le parlement est &eacute;lu et les politiciens sont donc plus en phase avec la soci&eacute;t&eacute; que les juges. Ils sont donc bien plus capables que ceux-ci de d&eacute;terminer quels sont les principes qui font consensus et qui constituent des droits, tout comme ils restent meilleurs &agrave; en tracer les limites. Et si les &eacute;lus se trompent, ceux qui leur succ&eacute;deront &agrave; la prochaine &eacute;lection auront tout le loisir de corriger la situation. <br />
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Il en va tout autrement des d&eacute;cisions judiciaires. Celles-ci sont autoritaires, car prises par des non-&eacute;lus. Une fois qu'un tribunal a tranch&eacute;, surtout s'il s'agit de la Cour supr&ecirc;me, il est tr&egrave;s difficile, voire carr&eacute;ment impossible, de revenir en arri&egrave;re. La soci&eacute;t&eacute; paye alors bien plus cher les erreurs de la magistrature.<br />
Ceux qui doutent de cet argument devraient r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; l'affaire Ernest Zundel, ce n&eacute;o-nazi n&eacute;gationniste de l'holocauste. En 1985 il a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; par une cour ontarienne &agrave; 15 mois de prison en vertu d'une loi interdisant de propager sciemment de fausses nouvelles. Trois ans plus tard, la Cour supr&ecirc;me statuait qu'en vertu de son interpr&eacute;tation de la charte, cette l&eacute;gislation violait la libert&eacute; d'expression. R&eacute;sultat : Zundel a &eacute;t&eacute; libre de r&eacute;pandre pendant 17 ans sa haine anti-juive jusqu'&agrave; ce qu'il soit arr&ecirc;t&eacute; pour menace &agrave; la s&eacute;curit&eacute; nationale, d&eacute;port&eacute; vers son pays d'origine l'Allemagne o&ugrave; il a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; &agrave; cinq ans de prison. Voil&agrave; ce que &ccedil;a donne, aussi, le despotisme &eacute;clair&eacute; de nos tribunaux.<br />
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