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  <title>Francine Pelletier</title>
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  <updated>2013-05-25T09:50:51-04:00</updated>
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    <name>Francine Pelletier</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Francine Pelletier</subtitle>
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    <title>Harper et la danse du ventre</title>
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    <published>2012-12-13T10:09:04-05:00</published>
    <updated>2013-02-12T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Je sais. On n'associe pas facilement Stephen Harper - qui ressemble à une figure de Playmobil, selon Richard Desjardins - à un exercice de déhanchement lascif. Mais l'annonce en grande pompe cette semaine de l'appropriation d'une partie des sables bitumineux par la Chine équivalait à une danse du ventre sur la place publique. 

Un petit coup de hanche par-ci pour nous assurer que "le Canada n'était pas à vendre", un autre petit coup de hanche par-là pour dire (aux investisseurs étrangers) que le pays était néanmoins "open for business".]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Je sais. On n'associe pas facilement Stephen Harper (qui, selon Richard Desjardins, ressemble &agrave; une figure de Playmobil) &agrave; un exercice de d&eacute;hanchement lascif. Mais l'annonce en grande pompe cette semaine de l'appropriation d'une partie des sables bitumineux par la Chine &eacute;quivalait &agrave; une danse du ventre sur la place publique. <br />
<br />
Un petit coup de hanche par-ci pour nous assurer que "le Canada n'&eacute;tait pas &agrave; vendre", un autre petit coup de hanche par-l&agrave; pour dire (aux investisseurs &eacute;trangers) que le pays &eacute;tait n&eacute;anmoins "<em>open for business</em>". On assistait, c'est le moins qu'on puisse dire, &agrave; des contorsions de taille, d'ailleurs peu repr&eacute;sentatives du premier ministre canadien. Dire une chose et son contraire n'est pas tellement Stephen Harper et, pourtant, c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce qu'il faisait en donnant le <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/07/confirmation-achat-nexen-cnooc_n_2259910.html" target="_hplink">feu vert &agrave; la soci&eacute;t&eacute; d'&Eacute;tat chinoise CNOOC</a>, tout en pr&eacute;cisant, la minute d'apr&egrave;s, qu'<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/10/vente-nexen-ottawa-defense_n_2272727.html" target="_hplink">il ne permettrait plus ce qu'il venait de permettre</a>. <br />
<br />
"Sage d&eacute;cision", vint la r&eacute;action au verdict tant attendu. De fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, commentateurs et &eacute;conomistes ont applaudi le choix de Harper, voyant dans ce double discours une fa&ccedil;on de forcer la main de la Chine, pour ce qui est de nos propres investissements chez eux, tout en prot&eacute;geant le Canada des vell&eacute;it&eacute;s de soci&eacute;t&eacute;s &eacute;tatiques &eacute;trang&egrave;res.<br />
<br />
Il faut dire que le premier ministre canadien semble plus enclin, ces temps-ci, &agrave; mettre de l'eau dans son vin. Son gouvernement a admis avoir fait une erreur en nommant un <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/23/michael-ferguson-verificateur-general-pas-bilingue_n_2006155.html" target="_hplink">v&eacute;rificateur g&eacute;n&eacute;ral unilingue</a> et s'est depuis rang&eacute; derri&egrave;re la <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/10/bilinguisme-agents-parlement_n_2271628.html" target="_hplink">proposition du NPD exigeant le bilinguisme</a> des grands commis de l'&Eacute;tat. Harper s'est &eacute;galement inscrit en faux contre les recommandations d'un comit&eacute; conservateur cherchant &agrave; &eacute;largir les cat&eacute;gories d'armes &agrave; feu permises au pays. Il a m&ecirc;me tap&eacute; sur les doigts de son ami Benjamin Netanyahu, suite &agrave; l'annonce par Isra&euml;l de la cr&eacute;ation de nouvelles colonies juives en territoire palestinien.<br />
<br />
L'Histoire reconna&icirc;tra sans doute Stephen Harper comme un grand &eacute;quilibriste sachant m&eacute;nager l'opinion publique canadienne (plut&ocirc;t au centre de l'&eacute;chiquier politique) tout en poursuivant ses politiques (beaucoup plus &agrave; droite). L'Histoire se souviendra aussi de lui comme d'un grand cachotier.  L'accord commercial qui est derri&egrave;re l'entente conclue cette semaine avec la Chine, l'Accord sur la promotion et la protection des investissements &eacute;trangers (APIE), n'a pas &eacute;t&eacute; soumis au Parlement malgr&eacute; les <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/12/vente-nexen-critiques_n_2287512.html?utm_hp_ref=politique" target="_hplink">r&eacute;clamations des partis d'opposition</a>. <br />
<br />
Au cours des 20 derni&egrave;res ann&eacute;es, le Canada a sign&eacute; 24 accords semblables. Tous ont &eacute;t&eacute; &eacute;tudi&eacute;s pendant plusieurs jours en Chambre, sauf celui-ci qui, de l'avis de plusieurs, est beaucoup plus complexe. Mis &agrave; part les suspicions d'espionnage et de comp&eacute;tition d&eacute;loyale qui collent aux pratiques commerciales chinoises, il y a le fait que la Chine p&egrave;se tr&egrave;s lourd dans la balance, et le Canada tr&egrave;s peu. Bref, elle a vraisemblablement un pouvoir sur notre territoire que nous n'aurons jamais chez eux. La Chine pourrait-elle donc poursuivre le gouvernement canadien s'il tentait d'entraver l'exploitation des sables bitumineux pour des raisons sanitaires ou environnementales?<br />
<br />
C'est la crainte de plusieurs environnementalistes. Au-del&agrave; du fait qu'une part des ressources naturelles albertaines appartient d&eacute;sormais &agrave; un pays &eacute;tranger, ce qui semble au moins inqui&eacute;ter Stephen Harper, il y a le scandale environnemental, ce qui ne semble pas l'inqui&eacute;ter le moindrement. L&agrave;-dessus, il demeure obstin&eacute;ment r&eacute;actionnaire. Apr&egrave;s avoir reni&eacute; son <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/02/09/kyoto-le-canada-savait_n_1266403.html" target="_hplink">engagement envers l'accord de Kyoto</a>, le gouvernement Harper s'est vu d&eacute;cerner, &agrave; la conf&eacute;rence de Doha il y a deux semaines, le "fossile du jour" pour avoir refus&eacute; d'aider les pays pauvres face aux changements climatiques.<br />
<br />
Les sables bitumineux, deuxi&egrave;me plus grande r&eacute;serve p&eacute;troli&egrave;re au monde, expliquent d'ailleurs pourquoi le gouvernement a reni&eacute; ses engagements vis-&agrave;-vis la <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/05/08/gaz-effet-de-serre-canada_n_1500251.html" target="_hplink">r&eacute;duction des gaz &agrave; effet de serre</a>. Il fallait choisir entre les objectifs de r&eacute;duction de gaz d'ici 2020 ou les objectifs de doubler la production p&eacute;troli&egrave;re des sables d'ici 2021 (&agrave; 4 milliards de barils par jour). En c&eacute;dant une importante compagnie albertaine &agrave; la Chine, le deuxi&egrave;me plus grand consommateur d'&eacute;nergie au monde, le gouvernement Harper a r&eacute;solument fait son nid. Et au diable l'environnement. En plus de d&eacute;truire d'immenses superficies de for&ecirc;t bor&eacute;ale, les sables bitumineux sont beaucoup plus polluants que la production p&eacute;troli&egrave;re traditionnelle.<br />
<br />
Bien des experts le disent: la d&eacute;gradation de l'environnement est la plus grave question &eacute;thique de l'heure. Quand cette v&eacute;rit&eacute; finira par rattraper les contorsionnistes de ce monde, toutes leurs man&oelig;uvres pour mousser l'&eacute;conomie, au d&eacute;triment de l'environnement, auront l'air aussi ridicules qu'un homme bedonnant s'affairant &agrave; rouler des hanches.<br />
<br />
Le blogue de <a href="http://www.francinepelletierleblog.com/" target="_hplink">Francine Pelletier</a><br />
<br />
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    <link href="http://i.huffpost.com/gen/774999/thumbs/s-STEPHEN-HARPER-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Échec, dites-vous?</title>
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    <published>2012-12-05T14:36:57-05:00</published>
    <updated>2013-02-04T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Justin Trudeau a beau essayer de minimiser son attaque contre le registre des armes, le mal est fait, pour ne pas dire le mensonge. De controversé qu'il a pu paraître, le registre est tout sauf un échec. Les chefs de police, en ville comme en province, sont unanimes.  "Le registre a sauvé des vies et fait du Canada un pays plus sécuritaire. Nous l'éliminons à nos risques et périls", affirmait le chef de police de Toronto, Bill Blair, en février 2012. Les statistiques sont d'ailleurs éloquentes.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Il y a toutes sortes de fa&ccedil;ons de dire "&eacute;chec"  --bide, d&eacute;boire, faillite, fiasco, four, insucc&egrave;s, naufrage, revers-- mais abolition n'en est pas une. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/03/registre-des-armes-deputes-liberaux-accord-justin-trudeau_n_2232695.html?utm_hp_ref=politique" target="_hplink">N'en d&eacute;plaise &agrave; Justin Trudeau</a>.<br />
<br />
&Eacute;chec veut dire qui n'a pas fonctionn&eacute; alors qu'abolition veut dire qui cesse d'exister, peu importe si la chose a bien fonctionn&eacute; ou pas. Par exemple, les conf&eacute;rences de presse hebdomadaires sur la colline Parlementaire, la version longue du recensement de Statistique Canada, les tourn&eacute;es culturelles &agrave; l'&eacute;tranger, les mesures de calcul de dommages environnementaux... ont toutes tr&egrave;s bien fonctionn&eacute;, mais ont n&eacute;anmoins toutes &eacute;t&eacute; abolies par le gouvernement Harper. <br />
<br />
Justin Trudeau<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/12/03/trudeau-armes_n_2233826.html?utm_hp_ref=politique" target="_hplink"> a beau essayer de minimiser son attaque </a>contre le registre des armes, le mal est fait, pour ne pas dire le mensonge. De controvers&eacute; qu'il a pu para&icirc;tre, le registre est tout sauf un &eacute;chec. Les chefs de police, en ville comme en province, sont unanimes.  "Le registre a sauv&eacute; des vies et fait du Canada un pays plus s&eacute;curitaire. Nous l'&eacute;liminons &agrave; nos risques et p&eacute;rils", affirmait le chef de police de Toronto, Bill Blair, en f&eacute;vrier 2012.<br />
<br />
Les statistiques sont d'ailleurs &eacute;loquentes. Les femmes tu&eacute;es par leur conjoint le sont dans 72% des cas par une arme dite &agrave; &eacute;paule. Ces armes ne comprennent pas seulement les sympathiques "fusils &agrave; chasser le canard", qui ont marqu&eacute; l'enfance de Justin Trudeau, mais &eacute;galement les armes semi-automatiques, dont le Ruger mini-14 utilis&eacute; par Marc L&eacute;pine le 6 d&eacute;cembre, 1989. Le registre des armes, rappelons-le, est n&eacute; dans la foul&eacute;e des &eacute;v&eacute;nements tragiques de l'&Eacute;cole Polytechnique. Il est d'ailleurs doublement curieux que le candidat &agrave; la chefferie du PLC ait choisi de s'en prendre au registre &agrave; quelques jours du 23e anniversaire du 6 d&eacute;cembre. Et le jour m&ecirc;me o&ugrave; un footballeur am&eacute;ricain abattait sa compagne par balles, avant de se suicider devant ses entra&icirc;neurs. <br />
<br />
M. Trudeau, qui a vot&eacute; maintes fois en faveur du fameux registre, devrait pourtant savoir que, depuis son entr&eacute;e en vigueur en 1991, les homicides conjugaux par fusils et carabines ont chut&eacute; de 69% et les homicides conjugaux par armes &agrave; feu (autres) de 74%. De plus, le taux global d'homicide conjugal, tous moyens confondus, a chut&eacute; de 44%.  Illustration pertinente que moins il y a de fusils, moins il y a de violence. <br />
<br />
Alors, &eacute;chec, dites-vous? Du cafouillage dans sa mise en application, certainement, un co&ucirc;t sensiblement plus &eacute;lev&eacute; que pr&eacute;vu, &eacute;galement. Mais encore l&agrave;, un peu de perspective est de rigueur. Aux &Eacute;tats-Unis, la violence arm&eacute;e co&ucirc;te 6.6 milliards par ann&eacute;e. Au Canada, on estime que le registre des armes a &eacute;pargn&eacute; aux contribuables 1.4 milliard depuis 1995. Pour faramineux qu'ils puissent para&icirc;tre, les co&ucirc;ts du registre (au-dessus de 500 millions, difficile de savoir exactement) sont quand m&ecirc;me moindres. Notons &eacute;galement que le registre est consult&eacute; non moins de 17,000 fois par jour par les corps policiers.<br />
<br />
Avant que Justin Trudeau parle d'&eacute;chec, et ouvre une bo&icirc;te de Pandore au sein du Parti lib&eacute;ral du Canada, il n'y avait que les conservateurs pour d&eacute;clamer ainsi. Il y avait beau avoir de la dissension dans les rangs lib&eacute;raux et m&ecirc;me n&eacute;o-d&eacute;mocrates, on tenait &ccedil;a mort par "principe". Car le contr&ocirc;le des armes s'&eacute;l&egrave;ve non seulement contre la violence faite aux femmes, mais contre cette id&eacute;e du Far West qui privil&eacute;gie le droit individuel (&agrave; porter une arme) sur le droit collectif (&agrave; la s&eacute;curit&eacute;).<br />
<br />
Que s'est-il donc pass&eacute; dans la t&ecirc;te de number 1 son pour qu'il ait senti le besoin de retourner sa veste (de daim)? <br />
<br />
Depuis qu'il a enfourch&eacute; sa rossinante dans la course &agrave; la chefferie, Justin Trudeau se pr&eacute;sente comme le grand rassembleur --des jeunes, des nouveaux arrivants, des Albertains comme des Qu&eacute;b&eacute;cois et, non la moindre, de la classe moyenne-- et carbure, pour ce faire, aux strat&eacute;gies am&eacute;ricaines. &Agrave; l'instar de Barack Obama, il parle d'unir le pays en transcendant les chicanes de partis et de redonner "de la dignit&eacute; &agrave; la classe moyenne". <br />
<br />
&Agrave; venir jusqu'ici, l'emprunt se tol&eacute;rait, voire se justifiait. Mais de l&agrave; &agrave; pr&eacute;tendre que le port d'armes est une question "d'identit&eacute; canadienne"? De la bouillie pour les chats. Non seulement le Canada est &agrave; des ann&eacute;es-lumi&egrave;re de l'histoire et de la constitution am&eacute;ricaines qui consacre the "right to bear arms", il n'y a rien de fondamental du fait de devoir, ou non, enregistrer ses armes. Il s'agit d'une simple formalit&eacute;, Bon Dieu, l'&eacute;quivalent d'enregistrer son auto. <br />
<br />
On voudrait nous faire croire &agrave; une injustice fondamentale vis-&agrave;-vis du monde rural alors que la v&eacute;ritable injustice concerne toutes les victimes des armes &agrave; feu, en commen&ccedil;ant par les femmes, notamment en r&eacute;gion dont les deux tiers sont entour&eacute;es d'armes qui pourraient un jour &ecirc;tre utilis&eacute;es contre elles. D'ailleurs, selon le rapporteur sp&eacute;cial des Nations-Unies, les pays qui ne r&eacute;glementent pas suffisamment les armes &agrave; feu manquent &agrave; leurs obligations envers les femmes, en vertu de la loi internationale.<br />
<br />
Justin Trudeau aurait int&eacute;r&ecirc;t &agrave; remettre les priorit&eacute;s &agrave; la bonne place. <br />
<br />
<a href="http://www.francinepelletierleblog.com/" target="_hplink">http://www.francinepelletierleblog.com/</a><br />
<br />
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    <title>La question qui tue</title>
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    <published>2012-11-29T11:52:51-05:00</published>
    <updated>2013-01-29T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[La destitution cette semaine du maire de Toronto, Rob Ford, relève à nouveau le contraste entre Montréal et Toronto. Bien que le tempérament du maire pose problème, le fait d'avoir utilisé du papier entête de la ville pour mousser ses bonnes oeuvres est une peccadille en comparaison à ce que l'on découvre à Montréal. Alors, avant que Macleans magazine nous refasse le coup, disons-le tous en choeur: la corruption a une ville, voire une province, et jusqu'à preuve du contraire, elles se trouvent de ce côté-ci de l'Outaouais. La question, maintenant, celle qu'on répugne à se poser, c'est pourquoi?]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[La destitution cette semaine du maire de Toronto, Rob Ford, rel&egrave;ve &agrave; nouveau le contraste entre Montr&eacute;al et Toronto, mais cette fois, en mati&egrave;re &eacute;thique. D'une part, une avalanche de compromission, de collusion et de d&eacute;tournement de fonds de la part de (trop) nombreux ing&eacute;nieurs, fonctionnaires et entrepreneurs en construction. D'autre part, un maire arrogant qui ne croit pas dans les proc&eacute;dures gouvernementales, mais dont le seul crime, du moins pour l'instant, est de penser que les r&egrave;gles ne s'appliquent pas &agrave; lui. <br />
<br />
Bien que le temp&eacute;rament du maire pose probl&egrave;me, le fait d'avoir utilis&eacute; du papier ent&ecirc;te de la ville pour mousser ses bonnes oeuvres est une peccadille en comparaison &agrave; ce que l'on d&eacute;couvre &agrave; Montr&eacute;al. Non seulement le bouillant politicien n'a pas tent&eacute; de s'enrichir aux d&eacute;pens des contribuables, il a &eacute;t&eacute; &eacute;lu en 2010 "to stop the gravy train", mettre un terme aux largesses gouvernementales, le dada des populistes de droite dont M. Ford fait partie. La s&eacute;v&eacute;rit&eacute; de la peine qui lui a &eacute;t&eacute; impos&eacute;e ne fait d'ailleurs que creuser le foss&eacute; "moral" entre les deux m&eacute;tropoles. <br />
<br />
On attend Toronto au d&eacute;tour, bien s&ucirc;r. La ville Reine a elle aussi son cort&egrave;ge de mafiosos, plus redoutables encore que les n&ocirc;tres, dit-on. Mais, pour l'instant, on ne d&eacute;c&egrave;le aucun geste d&eacute;plac&eacute;. Et que dire de l'ex-PDG de SNC-Lavallin, Pierre Duhaime, les menottes aux mains? Une affaire qui n'a rien &agrave; voir avec la mafia et qui noircit Montr&eacute;al davantage.<br />
<br />
Alors, avant que <em>Macleans </em>magazine nous refasse le coup, disons-le tous en choeur: la corruption a une ville, voire une province, et jusqu'&agrave; preuve du contraire, elles se trouvent de ce c&ocirc;t&eacute;-ci de l'Outaouais. <br />
<br />
La question, maintenant, celle qu'on r&eacute;pugne &agrave; se poser, c'est pourquoi?  <br />
<br />
Chaque fois que les m&eacute;dias canadiens-anglais posent la question, en tout cas, la r&eacute;ponse est toujours la m&ecirc;me: le m&eacute;chant nationalisme, peu importe si le f&eacute;d&eacute;ralisme est grandement responsable de l'avant-dernier scandale digne de ce nom (les commandites). Comme le rappelait G&eacute;rard Bouchard dans Le Devoir, le nationalisme est en fait responsable de nos plus belles r&eacute;ussites: l'acc&egrave;s &agrave; l'&eacute;ducation sup&eacute;rieure, le degr&eacute; de syndicalisation, la responsabilisation de l'&Eacute;tat sont tous tributaires du "mod&egrave;le qu&eacute;b&eacute;cois". M. Bouchard se faisait un devoir de nous le rappeler pour contrer l'effet d&eacute;moralisant des r&eacute;v&eacute;lations de la Commission Charbonneau.<br />
<br />
En fait, il y a un &eacute;norme paradoxe dans cette juxtaposition d'ombre et de lumi&egrave;re. Si, comme le croyait Sigmund Freud, la civilisation est la capacit&eacute; de refouler nos pires instincts pour le bien collectif, comment expliquer que nous soyons coupables d'autant de tricheries tout en ayant fait tant de belles choses?... <br />
<br />
Une partie de la r&eacute;ponse doit bien r&eacute;sider dans l'aspect collectif versus individuel. Quand il y a un d&eacute;sir de r&eacute;alisation collective, on est &agrave; son meilleur; quand il s'agit d'un d&eacute;sir purement individuel, la part du d&eacute;mon en chacun de nous, comme le rappelaient les invit&eacute;s de Catherine Perrin &agrave; RC cette semaine, peut facilement l'emporter sur la part d'ange. C'est donc dire que, loin d'inviter les d&eacute;rapages, la ferveur nationaliste nous garderait dans le droit chemin, plut&ocirc;t que son contraire.<br />
<br />
Mais s'il ne s'agit pas d'une tare nationaliste de quoi alors s'agit-il? <br />
<br />
Pour avoir v&eacute;cue dans les deux m&eacute;tropoles et, surtout, d'&ecirc;tre pass&eacute;e de l'emploi de Radio-Canada (&agrave; Montr&eacute;al) &agrave; celle de CBC (&agrave; Toronto), je peux t&eacute;moigner des diff&eacute;rences profondes entre ces deux mondes. D'une ville &agrave; l'autre, on ne con&ccedil;oit pas la vie en soci&eacute;t&eacute; de la m&ecirc;me fa&ccedil;on. <br />
<br />
Le mod&egrave;le anglo-saxon est immens&eacute;ment plus "hands on", rigoureux ou, si vous voulez, tatillon, que peut l'&ecirc;tre le mod&egrave;le qu&eacute;b&eacute;cois. Que ce soit de la bonne fa&ccedil;on de traverser la rue ou de mener une enqu&ecirc;te journalistique, on est tenu sur une courte laisse &agrave; Toronto. Le sentiment qu'il y a une bonne (et mauvaise) fa&ccedil;on de faire les choses, qu'il y a des r&egrave;gles &agrave; suivre, est omnipr&eacute;sent l&agrave;-bas. &Agrave; Montr&eacute;al, l'improvisation, la spontan&eacute;it&eacute;, le libre arbitre sont davantage valoris&eacute;s, et ceux qui sortent du moule davantage applaudis. Personne, ici, va vous crier des b&ecirc;tises si vous osez traverser la rue en diagonale. <br />
<br />
&Eacute;videmment, ces traits culturels n'expliquent pas la fraude comme telle, seulement la pente savonneuse. Sans vouloir d&eacute;crire le Qu&eacute;bec comme une r&eacute;publique de bananes, peut-&ecirc;tre faut-il regarder du c&ocirc;t&eacute; des pays du tiers monde pour y voir plus clair. <br />
<br />
L'absence, dans ces pays, de tradition d&eacute;mocratique, de lois et d'institutions bien &eacute;tablies, explique tr&egrave;s souvent la corruption &eacute;tatique. Bien qu'on aime se d&eacute;crire ici comme une des "plus vieilles d&eacute;mocraties au monde", l'emprise s&eacute;culaire de l'&Eacute;glise catholique sur nos institutions a un peu tordu l'implantation d'une telle tradition d&eacute;mocratique. L'&Eacute;glise, d'abord, n'a jamais &eacute;t&eacute; d&eacute;mocratique et ses normes ne peuvent &ecirc;tre confondues avec des lois. Jacques Languirand, je crois, en a d&eacute;j&agrave; fait l'expos&eacute;. Bref, l'histoire du Qu&eacute;bec est immens&eacute;ment plus cahoteuse que ne l'est l'histoire du Canada anglais. Sans pr&eacute;tendre avoir la r&eacute;ponse, peut-&ecirc;tre y a-t-il l&agrave; un &eacute;l&eacute;ment du puzzle.<br />
<br />
&Agrave; mon avis, mieux vaut r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; la "question qui tue" que se laisser assommer par l'&eacute;tendue des d&eacute;g&acirc;ts.<br />
<br />
<a href="http://www.francinepelletierleblog.com/" target="_hplink">http://www.francinepelletierleblog.com/</a><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--261367--HH><br />
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    <title>Notre Prince William à nous</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2171223</id>
    <published>2012-11-21T12:38:08-05:00</published>
    <updated>2013-01-21T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[À le voir dimanche dernier à Tout le monde en parle, en pleine possession de sa superbe machinerie (en plus, il embellit en vieillissant, le maudit) détendu, charmant, flirtant même avec le fou du roi, Dany Turcotte, admettez-le que je suis irrésistible, murmurait son langage corporel... le fils number one de Pierre Elliott Trudeau et candidat à la chefferie libérale exsudait la confiance en soi.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Des &eacute;tudes r&eacute;centes montrent que les gens qui ont de belles gueules se font mieux traiter que les "ordinaires" parmi nous. Non seulement les regarde-t-on davantage, on les &eacute;coute plus et, surtout, on leur accorde des qualit&eacute;s d'int&eacute;grit&eacute; et de cr&eacute;dibilit&eacute; sans pourtant en avoir la preuve, mis &agrave; part le blanc de leurs yeux et la courbe de leurs mentons. C'est injuste mais c'est comme &ccedil;a. Et Justin Trudeau, visiblement, le sait mieux que quiconque.<br />
<br />
&Agrave; le voir dimanche dernier &agrave; <em>Tout le monde en parle</em>, en pleine possession de sa superbe machinerie (en plus, il embellit en vieillissant, le maudit) d&eacute;tendu, charmant, flirtant m&ecirc;me avec le fou du roi, Dany Turcotte, admettez-le que je suis irr&eacute;sistible, murmurait son langage corporel... le fils <em>number one</em> de Pierre Elliott Trudeau et candidat &agrave; la chefferie lib&eacute;rale exsudait la confiance en soi.<br />
<br />
Des deux nets avantages que Justin Trudeau poss&egrave;de &agrave; ce moment-ci de la course, son patronyme et son sex-appeal, il n'est pas dit que le deuxi&egrave;me aspect ne lui rapporte pas davantage. Le coeur des jeunes filles, c'est clair, bat la chamade, et pas seulement des jeune filles. La combinaison de ces deux formidables atouts font de JT notre Prince William &agrave; nous, le seul &agrave; pr&eacute;tendre &agrave; une certaine noble lign&eacute;e, sans n&eacute;cessairement l'avoir m&eacute;rit&eacute;, en plus d'&ecirc;tre vachement agr&eacute;able &agrave; regarder. <br />
<br />
Justin a d'ailleurs donn&eacute; une r&eacute;ponse digne de <em>Paris Match</em>, et de son statut de beau prince, en parlant du divorce de ses parents comme l'erreur qu'il voudrait lui-m&ecirc;me &eacute;viter. C'&eacute;tait de loin la r&eacute;ponse la plus d&eacute;routante qu'il ait donn&eacute;. Comme c'est son habitude, l'aspirant jeune chef &agrave; mis du temps &agrave; r&eacute;pondre, marquant le coup, nous donnant amplement de temps d'imaginer sa r&eacute;ponse. <br />
<br />
"L'erreur que votre p&egrave;re a commise que vous ne referez pas", demande Guy A Lepage.<br />
<br />
Il ne referait pas le coup de la taxe sur l'&eacute;nergie, j'ai tout de suite pens&eacute;, vu ses efforts &agrave; reconqu&eacute;rir l'Alberta depuis sa nomination. Ou, mieux, il ne planterait pas un couteau dans le dos des Qu&eacute;b&eacute;cois, pour une question de constitution. La question cherchait manifestement ce genre de r&eacute;ponse. J'&eacute;tais parfaitement dans le champ.  <br />
<br />
"Il n'a pas su garder sa famille unie et... s'est divorc&eacute; avec ma m&egrave;re", est venue la r&eacute;ponse.<br />
<br />
Genre de r&eacute;plique o&ugrave; l'on est partag&eacute; entre un certain d&eacute;dain et une certaine admiration, comme lorsque sa m&egrave;re Margaret est partie s'&eacute;clater, du temps qu'elle habitait le 24 Sussex, avec les Rolling Stones &agrave; New York. Une r&eacute;ponse &agrave; mille lieux de la t&ecirc;te mais assez proche, on devine, du coeur.  <br />
<br />
J'admets faire partie de ceux qui attendent Justin Trudeau au d&eacute;tour. Je le vois davantage comme "le fils de sa m&egrave;re", pas seulement &agrave; cause des ressemblances physiques, mais parce qu'il transpire l'&eacute;motivit&eacute; bien davantage que l'intellect.  Mais j'admets aussi qu'il donne un bien meilleur spectacle que j'aurais imagin&eacute;. Non seulement son combat de boxe a-t-il &eacute;t&eacute; un coup de g&eacute;nie, le jeune loup est plus d&eacute;termin&eacute;, plus capable de prendre la critique et plus engag&eacute; qu'on l'aurait cru. <br />
<br />
S&ucirc;r, la reconstruction du Parti lib&eacute;ral f&eacute;d&eacute;ral semble une t&acirc;che si gigantesque qu'on imagine mal Trudeau junior comme l'homme de la situation. Pour ne rien dire de la "substance" qui se fait attendre. Les grandes id&eacute;es ne sont pas toujours au rendez-vous dans les discours de JT. Mais rendons quand m&ecirc;me &agrave; C&eacute;sar. En plus de sa capacit&eacute; de performer, l'aspirant chef s'est appropri&eacute; une id&eacute;e capitale : la n&eacute;cessit&eacute; de miser sur la classe moyenne et ainsi r&eacute;clamer le centre de l'&eacute;chiquier politique. L'id&eacute;e lui vient directement de la sc&egrave;ne am&eacute;ricaine, &ccedil;a sent d'ailleurs un peu trop l'emprunt, mais rien ne dit qu'il n'y a pas du milage &agrave; faire avec &ccedil;a, au nord du 49e parall&egrave;le.<br />
<br />
Une des grandes le&ccedil;ons du 6 novembre est que les Am&eacute;ricains, malgr&eacute; une polarisation intense entre la gauche et la droite ces derni&egrave;res ann&eacute;es, pr&eacute;f&egrave;rent finalement &ecirc;tre gouvern&eacute;s au centre. Or ce qui est vrai des USA l'est davantage du Canada, de nature beaucoup moins extr&ecirc;me que nos voisins du sud. Malgr&eacute; notre nouvel axe politique gauche-droite -- Stephen Harper au pouvoir et la nouvelle opposition NPD obligent -- il est fort &agrave; parier que la majorit&eacute; canadienne est centriste dans l'&acirc;me. <br />
<br />
En allant chercher les m&ecirc;mes &eacute;l&eacute;ments qui ont donn&eacute; la victoire &agrave; Obama, les immigrants, les femmes, les gais, c'est-&agrave;-dire en grignotant tant dans la cour des conservateurs (les immigrants) et des n&eacute;o-d&eacute;mocrates (les femmes, les gais), en plus de faire le plein chez les jeunes et les vieux lib&eacute;raux, Justin Trudeau pourrait peut-&ecirc;tre bien remettre le PLC sur la carte sans trop de remue-m&eacute;ninges, encore moins l'id&eacute;e de faire le pont entre les "deux peuples fondateurs" .<br />
<br />
En le regardant faire ses pirouettes dans la cour du roi, dimanche dernier, j'ai compris que j'avais probablement sous-estim&eacute; notre jeune prince. Saura-t-il nous impressionner davantage?  Reste &agrave; voir. Ou, comme dirait son p&egrave;re, <em>just watch him</em>. Les m&eacute;dias, pour ne rien dire de la popularit&eacute; galopante de JT, nous y condamnent de toute fa&ccedil;on. <br />
<br />
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    <title>Sexe, pouvoir et scandales</title>
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    <published>2012-11-15T10:41:11-05:00</published>
    <updated>2013-01-15T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le fait d'être admiré par une (relativement) jeune femme, dont le pouvoir est essentiellement sexuel, peut paraître irrésistible à un homme plus vieux qui, lui, a tous les pouvoirs, sauf peut-être celui de planter son drapeau, sexuellement parlant, comme il l'entend. Ces femmes, qui veulent se rapprocher du pouvoir en le baisant, sont de véritables pièges à cons (dans tous les sens du mot) pour ces géants aux pieds d'argile.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
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    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Admettez que &ccedil;a change de la Commission Charbonneau. De la parade de petits hommes gris qui ont tous la m&ecirc;me chose &agrave; dire: les enveloppes d'argent, les billets de hockey, les parties de golf, le business as usual ... qu'aucun d'entre eux n'a senti le besoin de remettre en question jamais. D&eacute;primant. Le fait que certains disent ne pas avoir accept&eacute; les services de prostitu&eacute;es n'a rien pour r&eacute;jouir non plus. Pour certains, il n'y avait que les "filles" de sales l&agrave;-dedans. Mais l'argent?... Doublement d&eacute;primant.<br />
<br />
Le scandale entourant les g&eacute;n&eacute;ralissimos am&eacute;ricains nous change heureusement le mal de place. D'abord, il s'agit de h&eacute;ros de guerre, du fameux 1%, non pas des plus riches mais des personnes les plus influentes aux &Eacute;tats-Unis. Le g&eacute;n&eacute;ral quatre &eacute;toiles David Petraeus, qui a d&ucirc; d&eacute;missionner de son nouveau poste de chef de la CIA suite &agrave; sa relation avec sa pseudo-biographe Paula Broadwell, est consid&eacute;r&eacute; comme le plus grand leader militaire depuis les g&eacute;n&eacute;raux MacArthur et Eisenhower. Il &eacute;tait vu, dit le New York Times, comme un "demi-dieu" tellement ses strat&eacute;gies en Irak et en Afghanistan avaient impressionn&eacute;es.<br />
<br />
Ensuite, l'erreur fatale ici n'est pas de la simple avarice --assez banale merci, nous dit la Commission Charbonneau-- mais d'avoir mang&eacute; du "fruit d&eacute;fendu", ce que les Am&eacute;ricains prennent tr&egrave;s au s&eacute;rieux. La liste de grosses gommes qui sont tomb&eacute;es de leur piedestal suite &agrave; des histoires de cul est particuli&egrave;rement longue aux USA. Gary Hart, Bill Clinton, John Edwards, Al Gore, Eliot Spitzer, Newt Gingrich, David Petraeus... Et la liste pourrait bient&ocirc;t inclure le successeur de Petraeus en Afghanistan, le G&eacute;n&eacute;ral John R. Allen, si les milliers de courriels envoy&eacute;s &agrave; l'autre ravissante brunette dans cette histoire, Jill Kelley, &eacute;galement femme mari&eacute;e accusant 20 ans de moins, et un net penchant pour l'homme en uniforme, s'av&egrave;rent concluants.<br />
<br />
Le pr&eacute;sident am&eacute;ricain Lyndon B. Johnson, rappelle la chroniqueure du New York Times Maureen Dowd, disait que deux choses rendaient les hommes politiques "stupides": l'envie et le sexe. Particuli&egrave;rement stupide, pourrait-on ajouter, quand il s'agit de sexualit&eacute;. <br />
<br />
Il y a bien s&ucirc;r tous ceux qui jugent les relations extra-conjugales immorales, mais ce n'est pas ce que Johnson voulait dire. Sauf les ultra-conservateurs, tout le monde admet que les infid&eacute;lit&eacute;s sont dans l'ordre normal des choses ou, du moins, d'un long et tortueux s&eacute;jour sur terre. Bref, ce n'est pas qu'un pr&eacute;sident des E-U ou qu'un chef des Forces arm&eacute;es aient eu une relation avec une autre femme (que leur l&eacute;gitime) qui pose tant probl&egrave;me. C'est l'absurdit&eacute; en quelque sorte de la situation et, peut-&ecirc;tre surtout, leur incapacit&eacute; &agrave; le voir. C'est &ccedil;a qui est nono.<br />
<br />
Dans presque tous les cas, l'&eacute;quation est la m&ecirc;me: attirante jeune femme + admiration b&eacute;ate + homme plus vieux + pouvoir = boum.  Ce n'est pas tant une question sexuelle qu'une question de pouvoir, dans le fond. Tous ces grands hommes se retrouvent au sommet de la pyramide pour avoir <em>outperformed</em>, sur-perform&eacute;s, et ils en sont &eacute;minemment conscients. Le g&eacute;n&eacute;ral Petraeus, pourtant l'oppos&eacute; d'un vantard, s'est d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent&eacute; &agrave; un d&icirc;ner &agrave; Washington avec toutes ses m&eacute;dailles &eacute;pingl&eacute;es sur son veston (de civil, s'entend). On s'habitue &agrave; d&eacute;placer plus gros que soi. Ces hommes de pouvoir s'attendent &agrave; ce que le monde les salue. <br />
<br />
Apr&egrave;s 38 ans de mariage, comme celui du g&eacute;n&eacute;ral Petraeus, ce genre d'admiration (de la part de la "l&eacute;gitime") n'&eacute;tait sans doute plus tellement dans les cartes. Ce n'est pas par hasard, &eacute;crit Frank Bruni dans le NY Times, "si Bill Clinton a eu une relation avec une stagiaire &agrave; la Maison Blanche, Newt Gingrich avec une aide au Congr&egrave;s, John Edwards avec une femme qui l'a suivi avec une cam&eacute;ra pour cr&eacute;er des mini-hagiographies de lui et Petraeus avec une femme qui a sign&eacute; une biographie de lui si &eacute;logieuse que Jon Stewart s'en est moqu&eacute; en disant ne plus savoir si le g&eacute;n&eacute;ral &eacute;tait "incroyable" ou "franchement incroyable."<br />
<br />
Le fait d'&ecirc;tre admir&eacute; par une (relativement) jeune femme, dont le pouvoir est essentiellement sexuel, peut para&icirc;tre irr&eacute;sistible &agrave; un homme plus vieux qui, lui, a tous les pouvoirs, sauf peut-&ecirc;tre celui de planter son drapeau, sexuellement parlant, comme il l'entend. Ces femmes, qui veulent se rapprocher du pouvoir en le baisant, sont de v&eacute;ritables pi&egrave;ges &agrave; cons (dans tous les sens du mot) pour ces g&eacute;ants aux pieds d'argile.<br />
<br />
C'est une dynamique qui cr&egrave;ve les yeux sauf, curieusement, aux colosses qui en font partie. Bien qu'ils aient tout &agrave; perdre, ceux-ci demeurent convaincus de pouvoir contr&ocirc;ler la situation. C'est leur truc, apr&egrave;s tout. Ils ne voient donc rien venir et inventent des stratag&egrave;mes un peu grossiers, tels qu'inviter Monica Lewinski directement dans le bureau pr&eacute;sidentiel ou encore, &eacute;crire des courriels compromettants en utilisant un simple "drop box", comme l'ont fait le g&eacute;n&eacute;ral et son paramour.<br />
<br />
Les trag&eacute;diens grecs ont un bien beau mot pour d&eacute;crire l'homme plus grand que nature qui se plante par orgueil: <em>hubris</em>. Celui qu'on d&eacute;nommait le "moine guerrier", David Petraeus, en est un autre bel exemple. Et, contrairement &agrave; ce qu'on peut penser, sa chute n'a pas &eacute;t&eacute; caus&eacute;e, cette fois, par le puritanisme am&eacute;ricain. Tout indique qu'on avait l'intention d'ignorer sa liaison illicite. Non, le g&eacute;n&eacute;ral a &eacute;t&eacute; d&eacute;fait &agrave; cause du d&eacute;nomm&eacute; <em>agent shirtless</em>, l'agent du FBI a qui Jill Kelly, la sir&egrave;ne # 2 dans cette histoire, a parl&eacute; des courriels mena&ccedil;ants qu'elle recevait de Paula Broadwell. Mme Kelley connaissait cet agent qui lui avait d&eacute;j&agrave; envoy&eacute; des photos de lui... torse nu! <br />
<br />
Une histoire de cul (ou deux) qui donc commence, &agrave; ses tortueux d&eacute;buts, par une autre simili histoire de cul, pour ensuite retontir, &agrave; tort, entre les mains d'un congressman r&eacute;publicain revanchard, qui lui avertira la t&ecirc;te du FBI... avec les cons&eacute;quences qu'on conna&icirc;t. <br />
<br />
Les Grecs auraient un fun noir avec &ccedil;a.<br />
<br />
<a href="http://www.francinepelletierleblog.com/" target="_hplink">http://www.francinepelletierleblog.com/</a>]]></content>
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    <title>Mauvaise blague</title>
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    <published>2012-11-05T09:43:16-05:00</published>
    <updated>2013-01-05T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Fort mauvaise blague que ce jugement d'outrage au tribunal émis contre Gabriel Nadeau- Dubois. Quelqu'un devrait avertir l'honorable Denis Jacques qu'il y a eu (grâce justement au mouvement étudiant) élection au Québec, que les Libéraux ont perdu et que les méthodes dures préconisées par le PLQ, notamment la loi 78 et l'appel aux tribunaux, ont non seulement été condamnées par le Barreau du Québec mais rejetées par la majorité des Québécois.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
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    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Fort mauvaise blague que ce <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/04/nadeau-dubois-gouvernement-marois_n_2073416.html" target="_hplink">jugement d'outrage au tribunal</a> &eacute;mis contre Gabriel Nadeau- Dubois. Quelqu'un devrait avertir l'honorable Denis Jacques qu'il y a eu (gr&acirc;ce justement au mouvement &eacute;tudiant) &eacute;lection au Qu&eacute;bec, que les Lib&eacute;raux ont perdu et que les m&eacute;thodes dures pr&eacute;conis&eacute;es par le PLQ, notamment la loi 78 et l'appel aux tribunaux, ont non seulement &eacute;t&eacute; condamn&eacute;es par le Barreau du Qu&eacute;bec mais rejet&eacute;es par la majorit&eacute; des Qu&eacute;b&eacute;cois. Bref, plusieurs choses ont chang&eacute; depuis le moment o&ugrave; la requ&ecirc;te du tristement c&eacute;l&egrave;bre Jean-Fran&ccedil;ois Morasse, l'&eacute;tudiant en arts plastique qui s'est pr&eacute;sent&eacute; deux fois plut&ocirc;t qu'une devant les tribunaux, lui a &eacute;t&eacute; soumis. <br />
 <br />
&Agrave; lire son jugement, on se croirait six mois derri&egrave;re, alors que le gouvernement Charest voulait &agrave; tout prix faire croire que les &eacute;tudiants, et plus pr&eacute;cis&eacute;ment Gabriel Nadeau- Dubois, constituaient une menace &agrave; l'ordre &eacute;tabli. Le juge Denis Jacques reprend les m&ecirc;mes termes acrimonieux en accusant l'ex-porte-parole de la CLASSE de "pr&ocirc;ner l'anarchie et encourager la d&eacute;sob&eacute;issance civile". Sans se sentir le moindrement oblig&eacute; d'en faire la d&eacute;monstration, par ailleurs.  <br />
 <br />
On comprend l'intention de porter ce jugement en appel, surtout apr&egrave;s avoir lu les 20 pages en question. En plus de faire fi des changements survenus au Qu&eacute;bec, ce jugement est une insulte &agrave; l'intelligence et, on l'esp&egrave;re, au droit comme tel. <br />
 <br />
Laissons de c&ocirc;t&eacute;, pour l'instant, le fait que le juge Jacques, pressenti comme candidat lib&eacute;ral en 2004, a des accointances avec le PLQ. Il serait d'ailleurs int&eacute;ressant de savoir comment sa nomination &agrave; la Cour sup&eacute;rieure s'est faite (avec ou sans<em> post-it</em>?), mais c'est pour un autre jour.<br />
 <br />
Laissons de c&ocirc;t&eacute; aussi le fait qu'il beurre &eacute;pais avec sa citation de John F. Kennedy ("le d&eacute;ni de la loi est le chemin le plus s&ucirc;r vers la tyrannie") &eacute;tant donn&eacute; que le pr&eacute;sident am&eacute;ricain d&eacute;fendait, ici, le droit d'un protestaire, James Meredith, premier Noir &agrave; fouler le sol d'une universit&eacute; s&eacute;gr&eacute;gationniste en 1962. L'universit&eacute; du Mississippi voulait &eacute;vincer Meredith et il a fallu qu'il soit accompagn&eacute; par des policiers pour &ecirc;tre admis. Kennedy craignait qu'il y ait de la violence contre l'&eacute;tudiant t&eacute;m&eacute;raire et, dans un discours &agrave; la radio,  invoque le respect des nouvelles normes anti-s&eacute;gr&eacute;gationnistes, et non pas l'application co&ucirc;te que co&ucirc;te de la loi.<br />
 <br />
C'est pas parce qu'on est juge, faut croire, qu'on sait d&eacute;coder les &eacute;v&eacute;nements qui nous entourent. <br />
 <br />
Passons aussi sur la litanie de citations qui cherche &agrave; d&eacute;montrer comment l'outrage au tribunal "vise &agrave; garantir la primaut&eacute; du droit sur l'arbitraire." Vu le d&eacute;tournement de sens fait des mots de Kennedy, ces citations ne sont gu&egrave;re convaincantes en plus d'&ecirc;tre prises hors contexte.<br />
 <br />
Venons-en &agrave; l'essentiel et, surtout, &agrave; ce que le juge Jacques ne dit pas.  <br />
 <br />
D'abord, que l'outrage au tribunal est "<a href="http://www.faitsetcauses.com/2012/11/01/gnd-apres-loutrage-au-tribunal-lamende-ou-la-prison/" target="_hplink">la seule occasion en mati&egrave;res civiles o&ugrave; la peine d'emprisonnement est applicable</a>". C'est donc extr&ecirc;mement grave comme accusation et ne peut &ecirc;tre port&eacute;e qu'avec beaucoup de discernement. L'outrage au tribunal exige que la preuve soit faite "hors de tout doute raisonnable", le magistrat devant d&eacute;montrer de fa&ccedil;on indubitable que l'accus&eacute; avait comme intention de miner "l'autorit&eacute; et la dignit&eacute; de la cour." <br />
 <br />
Le juge Jacques ne fait absolument pas cette d&eacute;monstration. Il admet, d'ailleurs, que l'ordonnance d'injonction, obtenue par Jean-Fran&ccedil;ois Morasse, le 12 avril 2012, n'a pas &eacute;t&eacute; "signifi&eacute;e", c'est-&agrave;-dire remise en mains propres, &agrave; Gabriel Nadeau-Dubois, la seule fa&ccedil;on d'&ecirc;tre absolument s&ucirc;r de la transmission d'informations. C'est pour &ccedil;a que les huissiers existent. <br />
 <br />
Il admet aussi que l'Association des &eacute;tudiants en arts plastiques qui, elle, avait copie de l'ordonnance, ne l'a pas transmise au porte-parole de la CLASSE, non plus. Le juge d&eacute;duit seulement que, vu les propos tenus &agrave; RDI, Gabriel Nadeau-Dubois devait conna&icirc;tre l'ordonnance. C'est ce qu'on appelle faire les coins ronds.<br />
 <br />
Interrog&eacute; &agrave; RDI le 13 mai 2012, GND dit regretter le manque de solidarit&eacute; de certains &eacute;tudiants devant la "volont&eacute; d&eacute;mocratique qui s'est exprim&eacute;e &agrave; travers le vote de gr&egrave;ve." Il poursuit: "je crois qu'il est tout &agrave; fait l&eacute;gitime pour les &eacute;tudiants et &eacute;tudiantes de prendre les moyens pour faire respecter le choix d&eacute;mocratique qui a &eacute;t&eacute; fait d'aller en gr&egrave;ve."<br />
 <br />
Non seulement ces propos ne refl&egrave;tent pas "hors de tout doute" la connaissance de l'ordonnance du 12 avril, il s'agit d'une opinion personnelle ("je crois") et non, comme le maintient le juge Jacques, une incitation "&agrave; contrevenir" &agrave; l'ordonnance. Comme dit un commentateur du site juridique Faits et Cause: "Est-ce l&eacute;gal pour un juge de travestir les propos de l'accus&eacute;?"<br />
 <br />
De plus, le juge justifie son accusation d'incitation &agrave; contrevenir &agrave; la loi en contrastant, &agrave; trois reprises, les propos tenus par Gabriel Nadeau-Dubois avec ceux de son confr&egrave;re L&eacute;o Bureau-Blouin, alors leader de la FECQ et &eacute;galement interview&eacute; &agrave; RDI ce jour-l&agrave;.  M. Bureau-Blouin, on le sait, a toujours &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute; le leader &eacute;tudiant le plus mod&eacute;r&eacute;. Ce qu'on sait moins, et ce que de toute &eacute;vidence le juge ici ignore, c'est que LBB ne voulait pas de cette gr&egrave;ve, qu'il y a &eacute;t&eacute; forc&eacute; par ces propres membres, pr&egrave;s d'un tiers de son membership l'abandonnant par la suite en faveur de la CLASSE, vu la mollesse de direction &agrave; la FECQ. <br />
<br />
L&eacute;o Bureau-Blouin peut difficilement &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; un mod&egrave;le pour comment mener la gr&egrave;ve, vu son pr&eacute;jug&eacute; favorable pour le maintien des cours. <br />
<br />
Ce qui m'am&egrave;ne &agrave; la lacune la plus criante de ce jugement : nulle part admet-on le droit de mobilisation ou d'assembl&eacute;e des &eacute;tudiants. Alors qu'un jugement ant&eacute;rieur pr&eacute;cise que "le Tribunal ne discute pas le droit de certains &eacute;tudiants de soutenir et de participer au boycottage des cours", le juge Jacques, lui, se contente d'affirmer que "le droit de gr&egrave;ve &eacute;tudiant ne trouve assise dans aucune loi". <br />
<br />
De l&agrave; &agrave; traiter Gabriel Nadeau Dubois de m&eacute;chant anarchiste, il n'y a qu'un pas, franchi ici all&egrave;grement. En disant vouloir sauvegarder "la confiance du public" en l'administration de la justice, le juge Jacques vient, au contraire, de la miner.  <br />
 <br />
En attendant que la Cour d'appel se prononce sur ce jugement &eacute;hont&eacute;ment biais&eacute;, il y a urgence pour le nouveau gouvernement, ainsi que pour le Barreau du Qu&eacute;bec, d'&eacute;claircir le statut l&eacute;gal des associations &eacute;tudiantes. Au m&ecirc;me titre que les syndicats, leurs droits de protestation et de mobilisation doivent &ecirc;tre reconnus. Ceux et celles qui nous ont redonn&eacute; le go&ucirc;t de se tenir debout m&eacute;ritent mieux que de croupir dans un flou juridique. <br />
<br />
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</a><br />
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<strong>La manifestation montr&eacute;alaise de jeudi</strong><br />
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<strong>Et quelques r&eacute;actions Twitter</strong><br />
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    <title>Le cube de sucre</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2049714</id>
    <published>2012-10-31T11:15:25-04:00</published>
    <updated>2012-12-31T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[N'est-il pas temps d'adopter une autre attitude dans cet éternel débat linguistique? La discussion est souvent plate à mort parce qu'elle consiste surtout à taper sur l'anglais et à chercher à punir les bilinguals, plutôt qu'à célébrer la langue que nous avons, inévitablement anglicisée qu'elle peut parfois être. Tenez. Un des plus beaux mots québécois est, en fait, un mot anglais. Enfirouapé, qui vient de "in fur wrapped" (enveloppé dans la fourrure). Autre belle gymnastique que celle-là.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Un cube de sucre &agrave; c&ocirc;t&eacute; d'un gallon de caf&eacute;. L'expression est du romancier Yves Beauchemin et r&eacute;sume, mieux que les statistiques encore, le sentiment de p&eacute;ril en la demeure qui revient p&eacute;riodiquement nous hanter, petite minorit&eacute; francophone en Am&eacute;rique que nous sommes.  <br />
<br />
Les derni&egrave;res statistiques, faut dire, n'ont rien de tr&egrave;s rassurant. Peu importe si les donn&eacute;es ne sont pas enti&egrave;rement fiables, nous dit Statistique Canada, le mal est fait. Ou devrais-je dire le bien? Ce n'est jamais de trop de se poser la question de la survivance puisqu'au fond, c'est notre raison d'&ecirc;tre, LA chose qui nous distingue des voisins et nous donne, comme dirait Ren&eacute; Homier-Roy, du pep dans le soulier.  <br />
<br />
Merci, donc, &agrave; Stephen Harper d'avoir fait sauter la version longue du recensement, ce qui a tordu quelque peu les derniers r&eacute;sultats, notamment en gonflant le nombre de personnes ayant l'anglais comme langue maternelle.  Comme &ccedil;a, on peut, nous, s'&eacute;nerver un peu plus et l'ha&iuml;r, lui, davantage. <br />
<br />
Mais parmi toutes les prescriptions qui circulent pour mieux d&eacute;fendre le fran&ccedil;ais, il y a celle, assez curieuse, de s'en prendre au fran&ccedil;ais acadien. Dans Le Devoir, Christian Rioux se lamente du franglais du groupe Radio-Radio et Antoine Robitaille reprend sensiblement la m&ecirc;me toune en pointant la chanteuse hot Lisa Leblanc.  <br />
<br />
Peut-&ecirc;tre parce que j'ai les deux pieds au Nouveau-Brunswick en ce moment, ou peut-&ecirc;tre parce que j'ai grandi (ai-je le courage de l'avouer?...) &agrave; Ottawa, je sens le besoin de dire <em>hold your horses</em>. C'est trop facile de cracher sur les anglicismes des francophones hors QC, alors que le fran&ccedil;ais qu&eacute;b&eacute;cois, tel que pratiqu&eacute; dans les rues de Montr&eacute;al notamment, n'est pas toujours un mod&egrave;le d'&eacute;l&eacute;gance. Les gens qui vivent dans des maisons de verres (comme disent les Chinois), ne devraient pas tirer de roches.  <br />
<br />
&Agrave; n'y voir que du feu, c'est-&agrave;-dire de l'anglais, il me semble qu'on passe ici &agrave; c&ocirc;t&eacute; de quelque chose de fondamental. D'abord, c'est immens&eacute;ment plus difficile, voire h&eacute;ro&iuml;que, de r&eacute;sister &agrave; l'anglais en Acadie ou en Ontario, on n'ose m&ecirc;me pas imaginer le Manitoba, la Saskatchewan ou les Territoires du Nord-Ouest, qu'au Qu&eacute;bec. Le vrai miracle de la survivance, il est l&agrave;. Et pourtant, il n'est &agrave; peu pr&egrave;s jamais reconnu par les francophones purs et durs du Qu&eacute;bec.  <br />
<br />
Il faut &ecirc;tre obstin&eacute; pas &agrave; peu pr&egrave;s, capable de vivre un peu tout seul dans sa bulle, se foutre de ce que les autres pensent --on vit apr&egrave;s tout dans un monde o&ugrave; tout le monde r&ecirc;ve d'&ecirc;tre un <em>winner</em>, de faire partie du groupe dominant-- il faut &ecirc;tre magnifiquement anormale pour maintenir la francit&eacute; contre vents et mar&eacute;es. Et puis, il y a la pure inventivit&eacute; et gymnastique de la langue, l'espi&egrave;glerie consomm&eacute;e de continuellement puiser dans les deux langues en m&ecirc;me temps. D'accord. "Les lights &eacute;taient on, mais le driver &eacute;tait gone", c'est peut-&ecirc;tre pousser l'enveloppe un peu loin. Mais essayez, pour voir. Garanti que &ccedil;a brasse les neurones. "C&acirc;lice de tabarnac de maudit b&acirc;tard" n'en demande pas tant, je vous en passe un papier.  <br />
<br />
Du haut de sa majorit&eacute;, le Qu&eacute;bec n'a pas l'impression que les petites minorit&eacute;s &eacute;parpill&eacute;es au pays, ces n&eacute;gligeables petites miettes de sucre, comptent dans la grande bataille contre l'Apocalypse. Comme disait Ren&eacute; L&eacute;vesque, tous des "dead ducks" (l'anglais est de lui) dans l'espace de quelques g&eacute;n&eacute;rations. Ils sont plus vuln&eacute;rables, bien s&ucirc;r. Il est &eacute;vident aussi que pour se d&eacute;velopper, pas seulement tenir le fort, il faut plus que des gens qui parlent fran&ccedil;ais. Il faut quelque chose qui s'appelle de la culture et par cons&eacute;quent, une masse critique de gens qui veulent imaginer leur existence ensemble.  <br />
<br />
Mais il ne faudrait pas sous-estimer leur valeur pour autant. Les francos extramuros sont comme des canaris dans la mine. Le jour o&ugrave; ils vont tomber de leur perchoir est le jour o&ugrave; nous piquerons tous un peu plus du nez.  <br />
<br />
Bref, n'est-il pas temps d'adopter une autre attitude dans cet &eacute;ternel d&eacute;bat linguistique? La discussion est souvent plate &agrave; mort parce qu'elle consiste surtout &agrave; taper sur l'anglais et &agrave; chercher &agrave; punir les <em>bilinguals</em>, plut&ocirc;t qu'&agrave; c&eacute;l&eacute;brer la langue que nous avons, in&eacute;vitablement anglicis&eacute;e qu'elle peut parfois &ecirc;tre. Tenez. Un des plus beaux mots qu&eacute;b&eacute;cois est, en fait, un mot anglais. Enfirouap&eacute;, qui vient de "in fur wrapped" (envelopp&eacute; dans la fourrure). Autre belle gymnastique que celle-l&agrave;. <br />
<br />
L'anglais r&egrave;gne aujourd'hui sur le monde entre autres parce qu'elle est d'une flexibilit&eacute; extraordinaire, empruntant &agrave; droite et &agrave; gauche (il y en a trois fois plus de mots en anglais qu'en fran&ccedil;ais). Bref, moins fesses serr&eacute;es. Il faudrait s'en souvenir. Et puis, avant de rendre le c&eacute;gep fran&ccedil;ais obligatoire, ne pourrait-on pas commencer par faire des campagnes de valorisation et d'am&eacute;lioration du fran&ccedil;ais?  Ne pourrait-on pas commencer par rendre l'objet m&ecirc;me de notre d&eacute;sir plus attrayant? 'Stie. <br />
<br />
Comme les Lisa Leblanc, Patrice Desbiens, Jean-Marc Dalp&eacute; et autres "francos" venus du <em>dark side</em>,  j'ai opt&eacute; pour le Qu&eacute;bec afin de ne pas juste conserver, mais c&eacute;l&eacute;brer mon identit&eacute; francophone. Mais la c&eacute;l&eacute;bration, c'est pour quand au juste? <br />
<br />
<a href="http://www.francinepelletierleblog.com/ " target="_hplink">http://www.francinepelletierleblog.com/ <br />
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    <title>Applaudir Lino Zambito?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/francine-pelletier/lino-zambito-tout-le-monde-en-parle_b_2001508.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2001508</id>
    <published>2012-10-22T11:25:37-04:00</published>
    <updated>2012-12-22T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Lino Zambito, le gars "aux faux airs de Robert de Niro", est partout. Le rôle que l'ex-boss de la construction a joué à la Commission Charbonneau le rend sans doute incontournable. Mais de là à inviter le témoin vedette à Tout le monde en parle? Et surtout, à l'applaudir sur le plateau? Lino Zambito, malgré ce qu'on lui doit, est un homme accusé d'une bonne partie des crimes qu'il a si bien décrits devant la Commission Charbonneau.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Lino Zambito, le gars "aux faux airs de Robert de Niro", est partout. Le r&ocirc;le que l'ex-boss de laconstruction a jou&eacute; &agrave; la Commission Charbonneau le rend sans doute incontournable. M&ecirc;me si d'excellentes enqu&ecirc;tes journalistiques nous avaient d&eacute;j&agrave; mis au parfum de faits troublants --pots-de-vin, collusion, financement occulte des partis politiques-- il a fallu son m&eacute;ticuleux d&eacute;pe&ccedil;age de la situation, sous serment, rappelons-le, pour que tous les morceaux tombent en place. Il y a quelque chose de pourri dans le royaume et personne, d&eacute;sormais, peut en douter.  <br />
<br />
Mais de l&agrave; &agrave; inviter le t&eacute;moin vedette &agrave; <em>Tout le monde en parle</em>? Et surtout, &agrave; l'applaudir sur le plateau?<br />
<br />
Le tr&egrave;s populaire TLMEP ne donne pas que dans l'&eacute;talage de vedettes, c'est vrai, et navigue assez bien, r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale, entre ses nombreuses entrevues "poudr&eacute;es" (de stars) et ses moins nombreuses entrevues "visage &agrave; d&eacute;couvert" (d'affaires publiques), bien que celles-ci soient, de par la nature m&ecirc;me de l'&eacute;mission, assez <em>soft </em>merci.  Avec ses deux animateurs qui immanquablement bondissent sur sc&egrave;ne &agrave; chaque dimanche, embrassant par-ci, serrant des mains par-l&agrave;, l'atmosph&egrave;re est non seulement bon enfant mais donne l'impression d'un petit clan aux codes bien pr&eacute;cis. Le sentiment d'&ecirc;tre "entre nous" &agrave; TLMEP est omnipr&eacute;sent. <br />
<br />
Vous me voyez venir? Lino Zambito, malgr&eacute; ce qu'on lui doit, est un homme accus&eacute; d'une bonne partie des crimes qu'il a si bien d&eacute;crits devant la Commission Charbonneau. <br />
<br />
De matamore qu'il &eacute;tait &agrave; l'&eacute;mission Enqu&ecirc;te en 2009, il endosse d&eacute;sormais les habits du gentleman bandit. Non, il n'a pas toujours &eacute;t&eacute; un ange mais, que voulez-vous (gros haussement de grosses &eacute;paules, ici, le regard bien appuy&eacute;...), le syst&egrave;me est ainsi fait. Oui, il a fray&eacute; avec la mafia mais son souhait le plus sinc&egrave;re "pour ses enfants", comme pour l'ensemble des Qu&eacute;b&eacute;cois, c'est de contribuer aujourd'hui &agrave; assainir le syst&egrave;me...<br />
<br />
All&ocirc;? Plan&egrave;te Terre aux gagas de TLMEP...  Lino Zambito joue le bon gars aujourd'hui de la m&ecirc;me fa&ccedil;on qu'il a jou&eacute; le <em>tough as nails,</em> il y quelques ann&eacute;es : parce que c'est dans son int&eacute;r&ecirc;t. Punto. Il n'y a rien de particuli&egrave;rement brave ou h&eacute;ro&iuml;que l&agrave;-dedans. Je ne dis pas qu'il aurait fallu lui lancer des tomates mais de l&agrave; &agrave; applaudir un escroc, avec un certain talent d'acteur, soit, il y a un pas &agrave; ne pas franchir. <br />
<br />
Malgr&eacute; ses dons oratoires (et son faci&egrave;s non pas &agrave; la de Niro mais &agrave; la Sylvester Stallone, le gros beef qui ne demande qu'une deuxi&egrave;me chance dans la vie...), M. Zambito n'aurait sans doute pas r&eacute;ussi cet exploit dans aucune autre &eacute;mission d'affaires publiques. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment parce que l'&eacute;mission oblig&eacute;e du dimanche suinte l'enceinte sacr&eacute;e -- n'entre pas qui veut, dans ce temple de la renomm&eacute;e-- que la pente &eacute;tait savonneuse. L'&eacute;mission agit comme un perp&eacute;tuel hommage &agrave; nos vedettes du petit &eacute;cran. Le simple fait d'y &ecirc;tre admis &eacute;l&egrave;ve l'heureux &eacute;lu dans les rangs de la grande (mais aussi petite) famille qu&eacute;b&eacute;coise. Veux, veux pas, les blagues et le bon vin aidant, Lino Zambito &agrave; la fin de sa prestation &eacute;tait devenu un peu moins r&eacute;pr&eacute;hensible, et un peu plus un des n&ocirc;tres. <br />
<br />
Sans doute la raison pour laquelle il a lui-m&ecirc;me demand&eacute; d'&ecirc;tre invit&eacute; &agrave; TLMEP. Sans doute aussi la raison pourquoi il aurait fallu lui refuser cet honneur.<br />
<br />
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</a><br />
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    <title>Une fille qui brasse, il y en a pas 12,000</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1973508</id>
    <published>2012-10-17T09:57:43-04:00</published>
    <updated>2012-12-17T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[On a beau dire que Stéfanie Trudeau n'est pas un cas isolé, si la désormais célèbre policière du SPVM scandalise autant, et déclenche autant de menaces de mort, c'est en partie parce qu'elle est une femme. C'est immensément plus "laid" pour une femme de déraper comme elle l'a fait que pour n'importe quel de ses collègues masculins.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Malgr&eacute; tous les commentaires g&eacute;n&eacute;r&eacute;s par l'affaire "728" pas un, du moins que j'ai lu, qui parle du fait qu'il s'agisse d'une femme. Ce n'est pourtant pas anodin. On a beau dire que St&eacute;fanie Trudeau n'est pas un cas isol&eacute;, si la d&eacute;sormais c&eacute;l&egrave;bre polici&egrave;re du SPVM scandalise autant, et d&eacute;clenche autant de menaces de mort, c'est en partie parce qu'elle est une femme.  <br />
<br />
C'est immens&eacute;ment plus "laid" pour une femme de d&eacute;raper comme elle l'a fait que pour n'importe quel de ses coll&egrave;gues masculins. Un homme qui joue le bourreau, notamment dans la police, n'a rien de tr&egrave;s surprenant. Mais une femme?... L'ex-responsable de la formation &agrave; la SPVM, Vincent Arseneau, &eacute;crivait dans <em>Le Devoir</em> le 16 octobre que l'attitude et comportement de la polici&egrave;re &eacute;taient ceux d'une "b&ecirc;te sauvage". &Ccedil;a m'&eacute;tonnerait qu'il ait &eacute;crit &ccedil;a d'un agent du sexe fort.<br />
<br />
La transgression est d'autant plus outranci&egrave;re, et le spectacle immonde, que c'est la nature (f&eacute;minine) elle-m&ecirc;me qui transgresse ici. Du moins est-ce l'impression qui s'en d&eacute;gage. Il s'agit de quelque chose de plus grave qu'un simple p&eacute;tage de plomb. Bref, on reste avec l'id&eacute;e qu'il y a quelque chose de v&eacute;ritablement tordue chez une femme qui, visiblement, veut non seulement se comporter comme un homme, mais le pire macho qui soit. <br />
<br />
Je n'ai pas non plus entendu ou lu le mot "lesbienne", mais c'est &eacute;videmment aussi ce que tout le monde pense tout bas. Un autre aspect qui n'arrangera rien pour les femmes dans la police.  Bien que l'incident 728 devrait avoir des effets b&eacute;n&eacute;fiques sur l'attitude pr&eacute;conis&eacute;e &agrave; la SPVM, comme sur les m&eacute;canismes de d&eacute;tection de "pommes pourries", &ccedil;a risque aussi de mettre les polici&egrave;res un peu plus sur la corde raide. Dans un m&eacute;tier aussi manifestement masculin, il n'a pas d&ucirc; &ecirc;tre toujours facile pour les St&eacute;fanie Trudeau de ce monde d'&ecirc;tre accept&eacute;es. On a d'ailleurs un peu envie de lui demander ce qu'elle a mang&eacute; comme claques pour &ecirc;tre b&ecirc;te de m&ecirc;me. On ne na&icirc;t pas m&eacute;chante, on le devient. <br />
<br />
Apr&egrave;s de telles bavures, il se pourrait qu'on scrute la candidature de femmes polices plus attentivement, pour ne pas dire suspicieusement. Dommage. Je ne sais pas si vous avez remarqu&eacute;, mais, r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale, les polici&egrave;res ne ressemblent aucunement &agrave; St&eacute;fanie Trudeau par les temps qui courent. J'ai eu affaire &agrave; quelques reprises avec la police de Montr&eacute;al au cours des derniers mois et, &agrave; chaque fois, j'ai &eacute;t&eacute; frapp&eacute;e par leur courtoisie, leur souci d'aider et leur empathie, tant du c&ocirc;t&eacute; des policiers que des polici&egrave;res. Et pour ce qui est du physique de ces derni&egrave;res, c'est &agrave; se demander si on ne les choisit pas un peu pour leur look. Elles sont belles &agrave; voir ces polici&egrave;res, parce qu'elles semblent n'avoir rien sacrifi&eacute; de leur attrait physique au culot que leur demande leur m&eacute;tier. C'est dire qu'il y a eu une &eacute;volution des moeurs depuis l'arriv&eacute;e de St&eacute;fanie Trudeau &agrave; la police de Montr&eacute;al.<br />
<br />
Mais sans doute y a-t-il encore du chemin &agrave; faire. <br />
<br />
Dans son article, Vincent Arseneau distingue entre le mod&egrave;le de police communautaire et celui de "combattant du crime", d&eacute;plorant que la SPVM ait choisi d'augmenter les effectifs de ce dernier au d&eacute;triment de l'autre. Tous ceux et celles qui soignent encore leurs bleus suite aux manifs de ce printemps se sont frott&eacute;s &agrave; ce deuxi&egrave;me mod&egrave;le et entretiennent, &agrave; juste titre, une pi&egrave;tre opinion de la police. Mais si, comme moi, pour des raisons de chicane de voisins, de violence conjugale ou de vol &agrave; l'&eacute;talage, vous avez eu affaire &agrave; l'autre genre de police, alors c'est possible d'avoir une toute autre impression des forces de l'ordre.<br />
<br />
Souhaitons que l'affaire St&eacute;fanie Trudeau face pencher la balance encore davantage vers le mod&egrave;le soft des effectifs policiers que du mod&egrave;le hard.<br />
<br />
<a href="http://www.francinepelletierleblog.com/<br />
" target="_hplink">http://www.francinepelletierleblog.com/<br />
</a><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--256287--HH>]]></content>
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    <title>Le baiser de la victoire tourne au vinaigre</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1955618</id>
    <published>2012-10-10T15:14:43-04:00</published>
    <updated>2012-12-10T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[La photo a fait cent fois le tour du monde et capture magnifiquement la jubilation d'après-guerre. Prise à New York le jour de la capitulation du Japon, le 14 août, 1945, on y voit un marin américain, petit chapeau blanc bien calé sur la tête, embrassant fougueusement une femme vêtue de blanc. La rencontre de l'Amour et la Liberté...]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[La photo a fait cent fois le tour du monde et capture magnifiquement la jubilation d'apr&egrave;s-guerre. Prise &agrave; New York le jour de la capitulation du Japon, le 14 ao&ucirc;t, 1945, on y voit un marin am&eacute;ricain, petit chapeau blanc bien cal&eacute; sur la t&ecirc;te, embrassant fougueusement une femme v&ecirc;tue de blanc. C'est du Fred Astaire et Ginger Rogers tout crach&eacute; tellement le geste est th&eacute;&acirc;tral, la femme renvers&eacute;e par derri&egrave;re, l'homme pench&eacute; passionn&eacute;ment sur elle. La rencontre de l'Amour et la Libert&eacute;...<br />
<br />
Ce n'est pas tout &agrave; fait ce qu'en pense une <a href="http://cratesandribbons.com/2012/09/30/the-kissing-sailor-or-the-selective-blindness-of-rape-culture-vj-day-times-square/" target="_hplink">blogueuse londonienne</a> qui assimile le geste &agrave; de l'agression sexuelle, pure et simple. Toute une hypoth&egrave;se. C'est l'&eacute;quivalent de d&eacute;clarer que La Joconde, le symbole par excellence du myst&egrave;re f&eacute;minin, est un homme (rumeurs qui ont d'ailleurs d&eacute;j&agrave; circul&eacute;).<br />
<br />
<img alt="kissing sailor times square" src="http://i.huffpost.com/gen/591370/thumbs/r-KISSING-SAILOR-TIMES-SQUARE-600x275.jpg?4" /><br />
<br />
Comment cette blogueuse, connue sous le nom de Leopard, et dont les propos ont eux aussi fait le<a href="http://www.theglobeandmail.com/life/the-hot-button/feminist-blogger-calls-iconic-second-world-war-kissing-photo-sexual-assault/article4593155/" target="_hplink"> tour du monde</a>, arrive-t-elle &agrave; voir un geste d'agression l&agrave; o&ugrave; l'on a toujours vu de la c&eacute;l&eacute;bration?<br />
<br />
Ce n'est que cette ann&eacute;e que l'identit&eacute; des deux amoureux a enfin &eacute;t&eacute; connue. Il s'agit de George Mendonsa, ex-marin de la US Navy, et de Greta Zimmer Friedman, ex-infirmi&egrave;re dentaire, 89 ans tous les deux, et bel et bien en vie. Contrairement &agrave; ce qu'on a pu penser toutes ces ann&eacute;es, les deux ne formaient pas un couple. La vraie femme de Mendonsa est d'ailleurs en arri&egrave;re-plan dans la photo, souriant, un peu &eacute;tonn&eacute;e, de l'effronterie de son &eacute;poux. Son George, en plus, &eacute;tait un brin &eacute;m&eacute;ch&eacute;.  <br />
<br />
Mais c'est surtout les propos de la dame en blanc, interview&eacute;e par CBS, qui ont fait bondir la blogueuse. &laquo;Je n'avais pas choisi d'&ecirc;tre embrass&eacute;e, le gars m'a juste empoign&eacute;e&raquo;, dit Mme Zimmer Friedman, notant au passage la force de son Rom&eacute;o. La blogueuse de Londres, ajoutant que d'autres clich&eacute;s du m&ecirc;me moment montrent l'infirmi&egrave;re avec un poing plaqu&eacute; contre la joue du marin, comme pour se d&eacute;fendre, conclut donc qu'il s'agit d'une agression. C'est seulement &laquo;l'aveuglement s&eacute;lectif de la culture de viol dans laquelle nous vivons&raquo;, dit-elle, qui permet de perp&eacute;tuer l'interpr&eacute;tation romantique et sentimentale de la c&eacute;l&egrave;bre photo.<br />
<br />
Si j'&eacute;tais prof d'&eacute;thique, je soumettrais la question &agrave; mes &eacute;tudiants. Faut-il voir dans ce baiser un beau geste, le plus beau, en fait, qui soit, ou au contraire, le plus insidieux et, pour les femmes, le plus dangereux qui soit?...<br />
<br />
Inutile de dire que la d&eacute;sormais c&eacute;l&egrave;bre blogueuse, Leopard, est f&eacute;ministe. Moi aussi. <br />
Je partage son &eacute;moi face &agrave; la banalisation du viol. Qu'il s'agisse de pubs, de paroles de rap ou de films porno, l'appropriation du corps des femmes est omnipr&eacute;sente et probl&eacute;matique. On voudrait que &ccedil;a cesse. Je crois aussi que trop de femmes se sentent oblig&eacute;es &laquo;d'endurer des sessions de flirt et de tripotage sans rien dire&raquo;, un premier pas vers l'agression sexuelle pure et dure. <br />
<br />
Mais de l&agrave; &agrave; d&eacute;crier V-J Day in Times Square, le titre de la photo, comme une supercherie?...<br />
<br />
Toute la difficult&eacute; du mouvement f&eacute;ministe est admirablement inscrite, en fait, dans cette photo. Si le f&eacute;minisme a mis autant de temps &agrave; prendre son envol, si les critiques qu'il a d&ucirc; essuyer, et essuie encore, sont aussi acerbes (&laquo;toutes des mal bais&eacute;es&raquo;), c'est pr&eacute;cis&eacute;ment que le f&eacute;minisme agit comme un reality check des rapports hommes-femmes. C'est immens&eacute;ment plus d&eacute;licat, comme analyse, que celle qui concerne, par exemple, la lutte des classes. Les riches et les pauvres ne vivent pas ensemble et tombent assez rarement amoureux l'un de l'autre. Alors que la proximit&eacute;, pour ne pas dire l'amour, entre hommes et femmes, est depuis toujours le fondement de la soci&eacute;t&eacute; dans laquelle on vit.<br />
<br />
La peur de mettre la hache dans la grande promesse de ce bas monde, l'amour (justement), est la raison pourquoi tant de gens, incluant des femmes, se dissocient du f&eacute;minisme. C'est aussi pourquoi Leopard s'est fait traiter de tous les noms suite &agrave; son blogue. On ne d&eacute;truit pas un ic&ocirc;ne impun&eacute;ment. <br />
<br />
Pour ma part, tout en applaudissant aux questions que pose ma cons&oelig;ur blogueuse, je n'arrive pas &agrave; voir de v&eacute;ritable agression dans cette photo, plut&ocirc;t un joyeux d&eacute;bordement. <br />
<br />
Je ne doute pas que M. Mendonsa ait &eacute;t&eacute; un peu macho sur les bords. (Depuis 1945, &laquo;il n'a pas arr&ecirc;t&eacute; de vouloir embrasser les femmes&raquo;, nous dit sa l&eacute;gitime &eacute;pouse). Mais son d&eacute;sir de c&eacute;l&eacute;bration est tellement l&eacute;gitime, tellement contagieux - il voulait c&eacute;l&eacute;brer la fin d'un conflit qui aurait pu lui co&ucirc;ter la vie - tellement loin d'un geste de domination ou d'humiliation, qu'il faut bien pardonner l'absence de permission. Et puis, que seraient les rapports humains enti&egrave;rement soumis &agrave; des codes de conduites, sans spontan&eacute;it&eacute; ni enthousiasme? Comme dirait Brel, il faut que bien le corps exulte. <br />
<br />
Bref, il y a des moments o&ugrave; le bon sens doit tout simplement l'emporter sur l'id&eacute;ologie.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/591370/thumbs/s-KISSING-SAILOR-TIMES-SQUARE-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Avortement, prise deux</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/francine-pelletier/avortement-canada_b_1936672.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1936672</id>
    <published>2012-10-03T14:30:56-04:00</published>
    <updated>2012-12-03T05:12:02-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Ce qu'il y a d'intéressant dans la motion de Mark Warawa, déposée une journée seulement après celle de son collègue Woodworth, c'est qu'elle vise, de prime abord, un but contraire : l'arrêt des avortements liés au sexe. Se disant perturbé par de récentes données indiquant que, dans certaines communautés, des femmes avortaient en apprenant qu'elles portaient une fille, voici donc un député conservateur se portant à la défense --ô surprise!-- de l'égalité hommes-femmes.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Apr&egrave;s Stephen Woodworth, voici Mark Warawa, un autre d&eacute;put&eacute; conservateur d'arri&egrave;re-banc voulant rouvrir le d&eacute;bat sur l'avortement, malgr&eacute; les pr&eacute;tentions contraires du conservateur en chef, Stephen Harper. Difficile de ne pas voir l&agrave; une esp&egrave;ce de jeu d'&eacute;checs redoutable. Le gouvernement Harper pourrait bien &ecirc;tre en train de devenir le Bobby Fisher de la politique f&eacute;d&eacute;rale. <br />
<br />
Il y a &agrave; peine une semaine, le Parlement a &eacute;t&eacute; appel&eacute; &agrave; voter sur la motion du d&eacute;put&eacute; Woodworth visant &agrave; red&eacute;finir le moment o&ugrave; commence la vie humaine. Bien que d&eacute;fait en Chambre, la moiti&eacute; des d&eacute;put&eacute;s conservateurs ont vot&eacute; en faveur de ce projet de loi, dont 10 ministres, incluant l'incons&eacute;quente ministre de la Condition f&eacute;minine, Rona Ambrose, et l'influent ministre de l'Immigration, Jason Kenney. <br />
<br />
Stephen Harper a beau r&eacute;p&eacute;ter que le d&eacute;bat sur l'avortement n'est pas sa tasse de th&eacute;, il est &eacute;vident que son parti, aujourd'hui majoritaire, est de plus en plus enclin &agrave; montrer ses vraies couleurs, c'est-&agrave;-dire sa morale conservatrice (dont les femmes, &eacute;videmment, sont les premi&egrave;res &agrave; faire les frais). Comme le disait le chroniqueur du Globe and Mail John Ibbitson,  impossible de ne pas voir dans cette prise de position, notamment de la part d'un Jason Kenney, la voie vers laquelle se dirige le PC, sinon sous Stephen Harper, du moins sous le prochain chef.<br />
<br />
Ce qu'il y a d'int&eacute;ressant dans la motion de Mark Warawa, d&eacute;pos&eacute;e une journ&eacute;e seulement apr&egrave;s celle de son coll&egrave;gue Woodworth, c'est qu'elle vise, de prime abord, un but contraire : l'arr&ecirc;t des avortements li&eacute;s au sexe. Se disant perturb&eacute; par de r&eacute;centes donn&eacute;es indiquant que, dans certaines communaut&eacute;s, des femmes avortaient en apprenant qu'elles portaient une fille, voici donc un d&eacute;put&eacute; conservateur se portant &agrave; la d&eacute;fense --&ocirc; surprise!-- de l'&eacute;galit&eacute; hommes-femmes. C'est la couleuvre, du moins, que voudrait nous faire avaler M. Warawa. <br />
<br />
L'odieux de cette pratique ne peut, bien s&ucirc;r, laisser personne indiff&eacute;rent.  Le d&eacute;put&eacute; en est que trop conscient. "Je pense que nous avons ici un projet de loi que tout le monde peut appuyer", dit-il. C'est pr&eacute;cis&eacute;ment l&agrave; o&ugrave; le jeu d'&eacute;checs entre en ligne de compte. La manoeuvre vise &agrave; amener des gens qui n'ont pas d'opinions arr&ecirc;t&eacute;es sur la question de l'avortement de se mouiller. Ou mieux, d'amener des personnes qui ont toujours d&eacute;fendu l'avortement, au nom du droit des femmes, de s'&eacute;lever contre la pratique pour les m&ecirc;mes raisons. La pente est mauditement savonneuse. Une fois l'avortement jug&eacute; inacceptable pour une raison bien identifi&eacute;e, il est difficile de pr&eacute;tendre qu'il n'est pas toujours inacceptable. <br />
<br />
Heureusement, les associations f&eacute;ministes comme les d&eacute;put&eacute;s de l'opposition n'ont pas l'intention de se laisser berner par ce guet-apens. "Nous ne croyons pas pour un instant que cette motion vise r&eacute;ellement &agrave; enrayer la s&eacute;lection des foetus", selon Julie Lalonde de la Coalition pour les droits &agrave; l'avortement. Mais bien que la motion risque fort d'&ecirc;tre d&eacute;faite lors du vote le printemps prochain, elle aura r&eacute;ussi &agrave; rouvrir, encore une fois, le d&eacute;bat sur l'avortement. Pr&eacute;cis&eacute;ment ce dont Stephen Harper clame qu'il ne veut pas. <br />
<br />
Mine de rien, on cherche ici &agrave; minimiser le droit des femmes &agrave; choisir leurs grossesses en faveur du droit des foetus femelles d'exister. En d'autres mots, on est en train d'&eacute;riger une sorte de hi&eacute;rarchie des droits des femmes o&ugrave; celles des non-n&eacute;es auraient pr&eacute;s&eacute;ance sur les femmes existantes. <br />
<br />
&Agrave; bien y penser, la manoeuvre est digne de Machiavel, bien davantage que de Bobby Fisher, et &agrave; condamner de plus belle.]]></content>
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    <title>Encore?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/francine-pelletier/fusillade-pq_b_1859184.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1859184</id>
    <published>2012-09-05T16:59:36-04:00</published>
    <updated>2012-11-05T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le Québec fabriquerait-il des fous furieux politiques? Denis Lortie, Marc Lépine et voici maintenant, Richard Henry Bain, trois hommes venus ébranler l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes, en tirant impunément sur des innocents. C'est sans compter évidemment Valéry Fabrikant et Kimveer Gill qui, tous, ont réglé leurs comptes le fusil au poing.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Le Qu&eacute;bec fabriquerait-il des fous furieux politiques?<br />
<br />
Denis Lortie, Marc L&eacute;pine et voici maintenant, Richard Henry Bain, trois hommes venus &eacute;branler l'id&eacute;e que nous nous faisons de nous-m&ecirc;mes, en tirant impun&eacute;ment sur des innocents. C'est sans compter &eacute;videmment Val&eacute;ry Fabrikant et Kimveer Gill qui, tous, ont r&eacute;gl&eacute; leurs comptes le fusil au poing. Seuls les trois premiers, par contre, avaient une "cause", une dent contre l'&eacute;volution des moeurs en quelque sorte. Un peu &agrave; la mani&egrave;re d'Anders Behring Breivik en Norv&egrave;ge, nous comptons au Qu&eacute;bec trois cas notoires d'hommes qui ont veng&eacute;, &agrave; coups de sang, ce qu'ils consid&eacute;raient comme des politiques inacceptables: L&eacute;pine s'en est pris au mouvement des femmes, Lortie et Bain au mouvement souverainiste. <br />
<br />
Bien s&ucirc;r qu'il y a ici un probl&egrave;me de sant&eacute; mentale, plus manifeste encore chez Bain que ses deux pr&eacute;d&eacute;cesseurs. Mais cela n'enl&egrave;ve rien au fait que ces trois hommes, contrairement aux fous furieux d'usage, ont &eacute;pingl&eacute; leur malheur sur le dos d'une question tr&egrave;s pr&eacute;cise, voire tr&egrave;s importante pour une majorit&eacute; de citoyens. Bref, il y a une motivation sociale derri&egrave;re leur folie furieuse.<br />
<br />
Pourquoi trois fois en moins de 30 ans? M&ecirc;me aux &Eacute;tats-Unis, champion mondial des tueries de masse, les causes sont rarement aussi pointues. Et pourquoi ici et non ailleurs au Canada? <br />
<br />
La question indispose, c'est s&ucirc;r. &Agrave; ce que je sache, elle n'a &eacute;t&eacute; pos&eacute;e qu'une seule fois publiquement, par l'ex-journaliste vedette du Globe and Mail, Jan Wong, qui d'ailleurs l'a pay&eacute;e tr&egrave;s cher, perdant sa chronique peu de temps apr&egrave;s, pas tant pour la question qu'elle posait que pour sa r&eacute;ponse. Originaire de Montr&eacute;al et de descendance chinoise, &eacute;crivant apr&egrave;s la fusillade perp&eacute;tr&eacute;e par Kimveer Gill au coll&egrave;ge Dawson, Mme Wong expliquait nos tueries &agrave; r&eacute;p&eacute;tition par le manque d'int&eacute;gration des immigrants. Le d&eacute;bat linguistique, selon elle, marginaliserait les nouveaux arrivants au Qu&eacute;bec davantage qu'ailleurs au Canada.<br />
<br />
L'analyse &eacute;tait boiteuse du fait que des cinq hommes, seulement un, Val&eacute;ry Fabrikant, est v&eacute;ritablement immigrant. Malgr&eacute; son nom indien, Kimveer Gill est n&eacute; &agrave; Lachine. Marc L&eacute;pine, lui, a beau &ecirc;tre de p&egrave;re Alg&eacute;rien, il vivait, parlait et se comportait comme un Qu&eacute;b&eacute;cois. Mais si la r&eacute;ponse sentait trop le r&egrave;glement de compte d'une Canadian vis-&agrave;-vis le Qu&eacute;bec, la question, elle, demeure enti&egrave;re, surtout apr&egrave;s ce qui vient de se passer au Metropolis cette semaine.<br />
<br />
Pourquoi un tel cauchemar se r&eacute;p&egrave;te-t-il au Qu&eacute;bec o&ugrave; on ne compte ni plus de violence, ni plus de fous qu'ailleurs? Pourquoi, en plus, semble-t-il y avoir une convergence de motifs: la question de la place des femmes et la question nationale?<br />
<br />
Il est &eacute;videmment trop t&ocirc;t pour savoir ce qui motivait Richard Henry Bain. Qui ou quoi visait-il exactement? Mais, devant l'horreur qui se r&eacute;p&egrave;te, on ne pourra pas &eacute;ternellement &eacute;viter de se poser la question de la sp&eacute;cificit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise.<br />
<br />
Pour ma part, je ne crois pas que le Qu&eacute;bec soit plus macho, moins pr&ecirc;t &agrave; accueillir des femmes ing&eacute;nieures ou une femme Premier ministre, qu'ailleurs. Encore moins, plus violent ou plus fou. Mais plus passionn&eacute;, plus politis&eacute;, plus investi dans le "corps social", plus tiss&eacute; serr&eacute; du fait de notre petit nombre et notre histoire tumultueuse... &ccedil;a oui. <br />
<br />
Le sentiment de famille qui s'est d&eacute;velopp&eacute; ici comme cons&eacute;quence d'avoir surv&eacute;cu &agrave; 400 ans de domination anglaise (merveilleux &agrave; vivre quand on se trouve du "bon c&ocirc;t&eacute;") veut aussi dire que le sentiment d'exclusion peut &ecirc;tre plus aigu qu'ailleurs, plus dur &agrave; vivre. Qu'il s'agisse des anglos vis-&agrave;-vis les francos, ou des hommes vis-&agrave;-vis des femmes. <br />
<br />
Le Qu&eacute;bec est le seul endroit en Am&eacute;rique du nord o&ugrave; l'on revit constamment, bien qu'en miniature, le conflit d'origine qui donna naissance au pays. Culturellement, cette tension perp&eacute;tuelle donne d'extraordinaires r&eacute;sultats. Politiquement?... les r&eacute;sultats sont moins probants.<br />
<br />
Ce d&eacute;nouement macabre des derni&egrave;res &eacute;lections a quand m&ecirc;me un aspect positif --du moins, pour Pauline Marois et sa "gouvernance souverainiste". La PM retrouve un capital de sympathie que les r&eacute;sultats peu reluisants du 4 septembre ne lui permettaient pas d'esp&eacute;rer. La voil&agrave; un peu mieux lanc&eacute;e dans cette grande aventure. Encore faut-il que &ccedil;a dure.<br />
<br />
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    <title>La transexualisation de la politique</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/francine-pelletier/femmes-politique_b_1844153.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1844153</id>
    <published>2012-08-30T14:45:01-04:00</published>
    <updated>2012-10-30T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Comment se fait-il qu'on en est encore là? À exiger des femmes de politiciens qu'elles jouent les chiens de faïence alors que les maris de politiciennes, eux, brillent par leur absence? On aperçoit bien de temps en temps un Claude Blanchet, mari de Pauline Marois, à ses côtés, mais il n'est pas envoyé en commando pour masculiniser ou "dés-humaniser" l'aspirante Première ministre. Faut dire que Mme Marois est suffisamment tough comme c'est là.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Pauvre Isabelle Brais. La femme de Fran&ccedil;ois Legault est forc&eacute;e, depuis quelques jours, de battre le trottoir aux c&ocirc;t&eacute;s de son aspirant Premier ministre de mari. Politique oblige. <br />
<br />
&laquo;Aujourd'hui, je suis presque oblig&eacute;e d'&ecirc;tre &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s&raquo;, a-t-elle confi&eacute; &agrave; la Presse canadienne. Oblig&eacute;e de faire une Michou ou une Ann Romney d'elle-m&ecirc;me, c'est-&agrave;-dire de se plier au douteux jeu politique qui consiste &agrave; sortir les &eacute;pouses du placard afin "d'arrondir les angles" de leur pas-tr&egrave;s-douce moiti&eacute;. <br />
<br />
Un peu insultant pour la gent f&eacute;minine, c'est s&ucirc;r. &Agrave; voir l'air crisp&eacute; de Mme Brais sur les photos, on soup&ccedil;onne qu'elle le pense aussi. Apr&egrave;s tout, on n'est plus au temps o&ugrave; la politique &eacute;tait la chasse gard&eacute;e d'hommes blancs h&eacute;t&eacute;ros de classe moyenne devant prouver leur "m&eacute;tal" en brandissant la l&eacute;gitime &eacute;pouse. L'&eacute;quivalent de tirer un lapin d'un chapeau, l'apparition de la "petite dame" (toujours visiblement admirative de son homme) &eacute;tait le signal magique que le politicien devant vous avait  1- une vie sexuelle "normale"  2- un coeur  3- une famille. Du bon stock, quoi.<br />
<br />
Nous ne sommes plus au temps o&ugrave; l'univers des femmes &eacute;tait essentiellement affectif et ceux des hommes se r&eacute;sumait &agrave; celui du travail, mais &agrave; voir la prestation tr&egrave;s attendue d'Ann Romney, &eacute;pouse du candidat r&eacute;publicain &agrave; la pr&eacute;sidence, on pourrait s'y m&eacute;prendre. <br />
<br />
"Tonight, I want to talk to you about love", a d&eacute;clar&eacute; Mme Romney devant la convention r&eacute;publicaine. Non seulement &ccedil;a suintait les bons sentiments, Mme Romney, qui a consacr&eacute; sa vie &agrave; &eacute;lever sa famille (5 enfants, 18 petits-enfants), n'a pas tant "humanis&eacute;" son Mitt que ramen&eacute; les bons vieux st&eacute;r&eacute;otypes qui nous ont longtemps encarcan&eacute;s. Femme = courage et &eacute;motion. Homme = force et intellect. Femme = second plan. Homme = premier plan.<br />
<br />
La suivant au podium, le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, a vite fait de montrer de quel bois il se chauffe, lui: "Je crois que nous nous laissons paralyser par notre besoin d'&ecirc;tre aim&eacute;s", a-t-il dit. Et v'lan dans les gencives. <br />
<br />
Comme d&eacute;monstration de la faiblesse, pour ne pas dire l'ineptitude, de l'univers f&eacute;minin (que venait d'&eacute;taler &agrave; grand renfort d'accord&eacute;on, Ann Romney),  c'est dur &agrave; battre. So much for love, et les femmes de politiciens jouant les &acirc;mes romantiques. <br />
<br />
Comment se fait-il qu'on en est encore l&agrave;? &Agrave; exiger des femmes de politiciens qu'elles jouent les chiens de fa&iuml;ence alors que les maris de politiciennes, eux, brillent par leur absence? On aper&ccedil;oit bien de temps en temps un Claude Blanchet, mari de Pauline Marois, &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, mais il n'est pas envoy&eacute; en commando pour masculiniser ou "d&eacute;s-humaniser" l'aspirante Premi&egrave;re ministre. Faut dire que Mme Marois est suffisamment <em>tough </em>comme c'est l&agrave;. <br />
<br />
Ce qui m'am&egrave;ne au coeur du sujet: la transexuelisation de la politique. <br />
<br />
La politique est plus compliqu&eacute;e &agrave; g&eacute;rer aujourd'hui du fait qu'on y retrouve des femmes aussi bien que des hommes. L'&eacute;lectorat est, par cons&eacute;quent, lui aussi plus complexe. <br />
<br />
La pr&eacute;sence des femmes veut dire que les politiciens ne peuvent plus se contenter d'&eacute;taler leur gentille &eacute;pouse, au moment appropri&eacute;, afin de passer le test de l'homme "complet". Les femmes --qui ont d&eacute;sormais, non seulement le droit de voter, mais leurs propres opinions et priorit&eacute;s-- doivent pouvoir s'identifier au politicien en question. N'en d&eacute;plaise &agrave; Fran&ccedil;ois Legault, &ccedil;a n'a rien &agrave; voir avec "la peur du changement". &Ccedil;a &agrave; voir avec ne pas aimer ce que propose le gars au podium (ou encore, la face du gars). <br />
<br />
&Agrave; venir jusqu'&agrave; maintenant, les hommes politiciens n'ont trouv&eacute; rien de mieux pour s&eacute;duire l'&eacute;lectorat f&eacute;minin que de s'enrubaner de leur l&eacute;gitime &eacute;pouse, peu importe (comble de mauvais t&eacute;l&eacute;-th&eacute;&acirc;tre) s'ils ne vivent plus ensemble. Ce serait le cas, veut la rumeur, d'un certain Premier ministre tr&egrave;s en vue ces temps-ci.<br />
<br />
Les femmes qui se pr&eacute;sentent en politique n'ont pas la partie facile pour autant. Bien qu'elles attirent une certaine sympathie chez l'&eacute;lectorat f&eacute;minin, elles ont besoin que les hommes les prennent au s&eacute;rieux, en commen&ccedil;ant par l'establishment politique auquel elles aspirent. La politique, comme le g&eacute;nie et la physique nucl&eacute;aire, demeure un monde d'hommes. Elles doivent non seulement plaire &agrave; l'&eacute;lectorat (d'abord masculin mais les femmes sont &agrave; convaincre aussi), elles doivent constamment prouver qu'elles m&eacute;ritent de prendre la place d'un homme.<br />
<br />
Peu surprenant, alors, que les pionni&egrave;res politiques (Indira Ghandi, Golda Meir, Margaret Thatcher, Lise Payette, Lise Bacon, Hillary Clinton, Pauline Marois, Manon Mass&eacute;...) soient un peu, assez, beaucoup masculines. Dans leurs cas, &ccedil;a ne prend pas juste de l'ambition, &ccedil;a prend un front de boeuf pour atteindre le podium. Le probl&egrave;me, c'est que &ccedil;a ne donne pas toujours de bons r&eacute;sultats.<br />
<br />
Prenons Pauline Marois, la femme qui voudrait devenir, d'ici quelques jours, premi&egrave;re Premi&egrave;re ministre du Qu&eacute;bec. Comme le souligne<a href="http://www.lactualite.com/politique/pauline-marois-letoffe-dun-premier-ministre" target="_hplink"> le portrait d'elle dans l'Actualit&eacute;</a>, il y a un d&eacute;calage entre la Marois au naturel et la Marois sous les feux de la rampe. En plus de ne pas &ecirc;tre capable de se faire une id&eacute;e rapidement (pas n&eacute;cessairement un probl&egrave;me f&eacute;minin), Mme Marois a tendance &agrave; se betonner pour mieux affronter la meute. Bref, elle en met trop. Elle appara&icirc;t plus dure, chicaneuse et agressive qu'elle l'est r&eacute;ellement. Tout &ccedil;a la dessert &eacute;norm&eacute;ment.  <br />
<br />
Alors que les hommes politiques ne sentent pas du tout qu'ils ont a chang&eacute; de personnalit&eacute; pour mieux s&eacute;duire l'&eacute;lectorat (f&eacute;minin ou autre), beaucoup de politiciennes, surtout plus vieilles, plus enclines &agrave; douter (comme Pauline Marois) d'elles-m&ecirc;mes, font de la surench&egrave;re de peur d'avoir l'air trop molle, faible, voire d'une femme. Le probl&egrave;me c'est que, loin d'augmenter leur capital de cr&eacute;dibilit&eacute; et de sympathie, cette transformation, toute inconsciente qu'elle soit, leur en enl&egrave;ve. <br />
<br />
A mon avis, le probl&egrave;me "transgenre" de Pauline Marois est malheureusement une des raisons pour lesquelles elle n'obtiendra pas la majorit&eacute; qu'elle souhaite, lundi prochain. <br />
<br />
<br />
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    <link href="http://i.huffpost.com/gen/737094/thumbs/s-PAULINE-MAROIS-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Les nonos qu'on mérite</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/francine-pelletier/avortement-viol_b_1827472.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1827472</id>
    <published>2012-08-24T09:07:53-04:00</published>
    <updated>2012-10-24T05:12:11-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le parti républicain a beau se dissocier des propos de Todd Akin, le pousser même à céder sa candidature, l'incident n'est pas si exceptionnel. D'autres républicains ont contribué à répandre le mythe des faux viols, comme des ressorts mystérieux du corps féminin. Le conservateur du North Dakota, Henry Aldridge, par exemple, croit que "le jus ne coule pas" chez les femmes "légitimement" violées. Un autre, Stephen Freind, croit que les femmes violées "secrètent une certaine secrétion" pour empêcher la grossesse.]]></summary>
    <author>
        <name>Francine Pelletier</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Deux pays. Deux campagnes &eacute;lectorales. Deux bourdes gargantuesques. <br />
<br />
Au Qu&eacute;bec, le maire de Saguenay Jean Tremblay a somm&eacute; la candidate p&eacute;quiste Djemila Benhabib, ardente promotrice d'une charte de la la&iuml;cit&eacute;, de se taire. "C'est pas la charte comme telle, a-t-il dit. C'est de voir une personne, je ne suis m&ecirc;me pas capable de prononcer son nom, d'Alg&eacute;rie, qui ne conna&icirc;t pas notre culture, mais c'est elle qui va dicter les r&egrave;gles". <br />
<br />
Aux &Eacute;tats-Unis,  le repr&eacute;sentant r&eacute;publicain du Missouri, Todd Akin,<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/21/viol-akin-romney_n_1819739.html" target="_hplink"> s'est distingu&eacute;</a>, lui, par sa m&eacute;connaissance grossi&egrave;re de la biologie, pour ne rien dire du viol. "Si c'est un v&eacute;ritable viol,  a-t-il affirm&eacute;, le corps de la femme a des moyens pour arr&ecirc;ter la machine et ne pas tomber enceinte".<br />
<br />
Dans les deux cas, la b&ecirc;tise est &agrave; ce point consomm&eacute;e qu'il est tentant de n'y voir que du feu. C'est-&agrave;-dire de mettre &ccedil;a sur le compte des nonos de ce monde, point &agrave; la ligne. Mais ce serait une erreur. On a, apr&egrave;s tout, les nonos qu'on m&eacute;rite. <br />
<br />
Le parti r&eacute;publicain a beau se dissocier des propos de Todd Akin, le pousser m&ecirc;me &agrave; c&eacute;der sa candidature, l'incident n'est pas si exceptionnel. D'autres r&eacute;publicains ont contribu&eacute; &agrave; r&eacute;pandre le mythe des faux viols, comme des ressorts myst&eacute;rieux du corps f&eacute;minin. Le conservateur du North Dakota, Henry Aldridge, par exemple, croit que "le jus ne coule pas" chez les femmes "l&eacute;gitimement" viol&eacute;es. Un autre, Stephen Freind, croit que les femmes viol&eacute;es "secr&egrave;tent une certaine secr&eacute;tion" pour emp&ecirc;cher la grossesse.<br />
<br />
Au-del&agrave; des commentaires farfelus, il y a le parti r&eacute;publicain lui-m&ecirc;me qui de plus en plus "c&eacute;l&egrave;bre l'ignorance" que ce soit par rapport &agrave; la th&eacute;orie de l'&eacute;volution, les changements climatiques ou, encore, <a href="http://swampland.time.com/2012/08/21/why-akin-matters/?xid=newsletter-thepagebymarkhalperin." target="_hplink">l'avortement</a>. Il y a surtout un parti qui, avec l'arriv&eacute;e en force des membres du Tea Party en 2010, a &eacute;t&eacute; extraordinairement &eacute;fficace &agrave; faire reculer le droit &agrave; l'avortement dans bon nombre d'&eacute;tats am&eacute;ricains. <br />
<br />
Depuis 2011, pas moins de 124 propositions l&eacute;gislatives, un record, ont restreint la pratique de l'avortement. Le Mississippi, par exemple, est pass&eacute; de 14 cliniques d'avortement en 1980 &agrave; une seule aujourd'hui. Pour plus de la moiti&eacute; des femmes am&eacute;ricaines, il est difficile d'obtenir un avortement &agrave; l'heure actuelle. Alors, peu importe si la b&eacute;vue de Todd Akin lui co&ucirc;tera son poste ou non, la "guerre contre les femmes", men&eacute;e tambour battant par le Grand Old Party, persistera. <br />
<br />
Au Qu&eacute;bec, on a peine &agrave; imaginer un tel sexisme. Bien qu'on se demande si la charge du maire Tremblay contre Mme Benhabib ne s'en inspirait pas quand m&ecirc;me un peu, le probl&egrave;me ici est davantage la x&eacute;nophobie, la peur de l'Autre plut&ocirc;t que la peur des femmes. Et M. Tremblay n'est pas, lui non plus, unique dans son genre.<br />
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Les Qu&eacute;b&eacute;cois qui croient, &agrave; l'instar de Mario Dumont et Richard Martineau, que nous sommes trop "mous" face aux cultures &eacute;trang&egrave;res se font de plus en plus remarquer. Pensons au d&eacute;put&eacute; p&eacute;quiste Andr&eacute; Simard qui se plaignait le printemps dernier de la pratique de boucherie halal, ce qui ne correspond pas, selon lui, "aux valeurs qu&eacute;b&eacute;coises". <br />
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On pense aussi &agrave; Pauline Marois qui pas plus tard que cette semaine voulait exiger la connaissance du fran&ccedil;ais &agrave; tout candidat aux &eacute;lections scolaires, municipales ou provinciales. Mesure qui aurait cr&eacute;&eacute; deux classes de citoyens: les citoyens francophones, au-dessus de tout soup&ccedil;on, et les autres. Heureusement, une loi interdit une telle discrimination envers les anglophones et allophones, comme a vite fait de le rappeler Jean-Fran&ccedil;ois Lis&eacute;e. <br />
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On pense finalement &agrave; cette absurde charte de la la&iuml;cit&eacute; propos&eacute;e par le PQ qui interdirait "tout signe religieux ostentatoire", tout en permettant les crucifix de l'Assembl&eacute;e nationale et ailleurs. Deux poids, deux mesures: une pour les citoyens majoritaires (chr&eacute;tiens), une autre pour les minoritaires (musulmans, juifs ou autres). Comme &eacute;crit Michel C. Auger sur son blog: "La la&iuml;cit&eacute; n'est pas le droit du gouvernement d'interdire l'expression des croyances religieuses des citoyens. C'est le droit des citoyens de vivre en sachant que l'&Eacute;tat ne prendra pas parti pour une religion contre toutes les autres". <br />
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Or, la charte propos&eacute;e par le Parti Qu&eacute;b&eacute;cois fait exactement le contraire. Notez le saut particuli&egrave;rement p&eacute;rilleux qui consiste &agrave; invoquer "l'&eacute;galit&eacute; hommes-femmes" pour justifier l'interdiction de signes religieux (autres que ceux de la majorit&eacute;). En d'autres mots, par peur du sexisme, il faudrait verser dans la x&eacute;nophobie. C'est ce qu'on appelle se tortiller le derri&egrave;re pour chier droit.<br />
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<a href="http://www.francinepelletierleblog.com" target="_hplink">http://www.francinepelletierleblog.com</a>]]></content>
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    <title>François Legault et la planète Mars</title>
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    <published>2012-08-15T15:48:17-04:00</published>
    <updated>2012-10-15T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Plus de six mois maintenant que les jeunes se mobilisent, prennent la rue, discutent en assemblée, parlent aux médias, organisent des camps de formation, pétitionnent les tribunaux, imaginent (avec l'aide de certains grands poètes) des slogans : "Nous sommes les bêtes féroces de l'espoir"... Rien d'autre de ce qui s'est passé au Québec depuis le dernier référendum a su attirer autant d'attention. Et tout ça, grâce aux "jeunes".]]></summary>
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        <name>Francine Pelletier</name>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/francine-pelletier/"><![CDATA[Plus de six mois maintenant que les jeunes se mobilisent, prennent la rue, discutent en assembl&eacute;e, parlent aux m&eacute;dias, organisent des camps de formation, p&eacute;titionnent les tribunaux, imaginent (avec l'aide de certains grands po&egrave;tes) des slogans : "Nous sommes les b&ecirc;tes f&eacute;roces de l'espoir"...  Un v&eacute;ritable <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/greve-etudiante/" target="_hplink">tsunami d'activit&eacute;s</a> et de d&eacute;bats auxquels se sont int&eacute;ress&eacute;s de grands quotidiens comme <em>Le Monde</em> et le <em>New York Times</em> (et jusqu'au <em>Paris Match!</em>). <br />
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Rien d'autre de ce qui s'est pass&eacute; au Qu&eacute;bec depuis le dernier r&eacute;f&eacute;rendum a su attirer autant d'attention. Et tout &ccedil;a, gr&acirc;ce aux "jeunes". Gr&acirc;ce &agrave; eux, nous avons eu l'impression de vivre au coeur des &eacute;v&eacute;nements, d'&ecirc;tre au centre du monde. La fameuse phrase de Ren&eacute; L&eacute;vesque, "on est pas un p'tit peuple, on est quelque chose comme un grand peuple", prenait tout son sens tout &agrave; coup. Du courage, de la d&eacute;termination, de l'&eacute;loquence... en voulez-vous en v'l&agrave;.<br />
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Il &eacute;tait o&ugrave; Fran&ccedil;ois Legault pendant ce temps-l&agrave;? Sur la plan&egrave;te Mars?<br />
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Depuis deux jours, le caquiste en chef<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/14/francois-legault-jeunesse-quebecoise_n_1775572.html?utm_hp_ref=elections-quebec" target="_hplink"> accuse les jeunes Qu&eacute;b&eacute;cois de vouloir faire "la belle vie"</a>, les traitant de fain&eacute;ants compar&eacute;s &agrave; leurs vis-&agrave;-vis asiatiques, critiquant leurs "valeurs" et  leur "m&eacute;fiance face &agrave; la notion de productivit&eacute;". S'il fallait encore une preuve que le nouveau parti politique n'a d'yeux que pour ce qui fait tourner l'&eacute;conomie, la voil&agrave;. <br />
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D'ailleurs, les portraits-robots <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2012/201208/15/01-4565137-portraits-des-candidats-aux-elections.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&amp;utm_contenuinterne=cyberpresse_hotTopics_sujets-a-la-une_1664122_accueil_POS3" target="_hplink">publi&eacute;s aujourd'hui dans La Presse</a> d&eacute;montrent que la CAQ est le parti des hommes d'affaires par excellence. On croyait le Parti lib&eacute;ral prostr&eacute; &agrave; cet autel, mais non, le parti de Fran&ccedil;ois Legault (un comptable agr&eacute;e, apr&egrave;s tout) compte d&eacute;j&agrave; beaucoup plus de fid&egrave;les: 49% de ses membres viennent du milieu des affaires (contre seulement 27% au PLQ) et 78% sont des hommes. &Ccedil;a n'en fait de la cravate &ccedil;a, Madame.<br />
<br />
On pourrait donc dire que plus on sait compter (et encore, les promesses &eacute;lectorales de Legault ne tiennent pas n&eacute;cessairement la route), moins on sait &eacute;couter ou observer. Comme le rappelaient certains commentateurs cette semaine, les jeunes Qu&eacute;b&eacute;cois n'ont jamais &eacute;t&eacute; aussi scolaris&eacute;s, ni aussi nombreux &agrave; d&eacute;tenir un emploi, tout en &eacute;tudiant. Comme les Asiatiques pouss&eacute;s dans le dos par leurs parents (ce dont nous parle Fran&ccedil;ois Legault), ils se fendent en six pour arriver. <br />
<br />
La jeunesse nous a &eacute;galement d&eacute;montr&eacute;, ce printemps toujours, qu'elle avait quelque chose de plus pr&eacute;cieux que de l'ambition, elle avait de l'id&eacute;al: le go&ucirc;t d'am&eacute;liorer les choses, pas seulement pour elle-m&ecirc;me, mais pour tout le monde.<br />
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Comment se fait-il que Fran&ccedil;ois Legault ne voit rien de ce qui cr&egrave;ve les yeux en ce moment? <br />
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Apr&egrave;s avoir reni&eacute; son propre id&eacute;al de souverainet&eacute;, M. Legault fait la sourde oreille &agrave; tous les autres d&eacute;bats d'id&eacute;es qui surgissent actuellement. &Agrave; l'instar de la regrettable ADQ, il a cr&eacute;&eacute; un parti du ni-ni: ni f&eacute;d&eacute;raliste, ni souverainiste, ni &agrave; gauche, ni &agrave; droite. Le parti de la tirelire, ni plus ni moins, sans v&eacute;ritables id&eacute;es sauf celle de l'efficacit&eacute; et de la rentabilit&eacute;. M. Legault a beau faire ses petites g&eacute;nuflexions aux stations politiques d'usage --la sant&eacute;, l'&eacute;ducation, l'environnement, la culture-- son seul vrai projet est de "d&eacute;graisser" l'&Eacute;tat et d'inciter &agrave; la productivit&eacute;. <br />
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Cette rengaine de la rentabilit&eacute; est d'ailleurs renforc&eacute;e par le formidable Dr. Barette qui, gourmand en toute chose, veut voir les m&eacute;decins prendre de plus grosses bouch&eacute;es au travail. Sans le dire tout haut, l'ex-pr&eacute;sident des m&eacute;decins sp&eacute;cialistes croit que les femmes omnipraticiennes sont en train de donner un bien mauvais pli &agrave; la profession, avec cette f&acirc;cheuse manie qu'elles ont de vouloir s'occuper de leur famille et, donc, de r&eacute;duire leurs heures de travail. Le Dr. Barrette voudrait revenir au bon vieux temps. <br />
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Encore une fois, ce n'est pas voir ce qui se passe en soci&eacute;t&eacute;, ni comprendre ce qu'il faut faire pour s'adapter aux nouvelles r&eacute;alit&eacute;s. Pourtant friands de r&eacute;formes, ni Fran&ccedil;ois Legault ni son candidat vedette Ga&eacute;tan Barrette ont vu que la vraie r&eacute;forme &agrave; entreprendre c'est la transformation du monde du travail: une vraie conciliation travail-famille o&ugrave; les employeurs ne se sentiraient pas l&eacute;s&eacute;s et les parents, coupables. En voil&agrave; une r&eacute;forme qui en vaudrait la peine. <br />
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Mais il ne faut peut-&ecirc;tre pas trop en demander &agrave; un parti qui a d&eacute;cid&eacute; de vivre sur sa petite plan&egrave;te &agrave; lui. Peu surprenant, d'ailleurs, que certains &eacute;lecteurs l'aient rebaptis&eacute; le Couac.<br />
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<a href="http://www.francinepelletierleblog.com/<br />
" target="_hplink">http://www.francinepelletierleblog.com/<br />
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