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  <title>Florent Conti</title>
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  <updated>2013-05-20T00:51:46-04:00</updated>
  <author>
    <name>Florent Conti</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Florent Conti</subtitle>
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    <title>Ce n'est pas une conspiration, c'est une campagne électorale</title>
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    <published>2012-08-18T10:57:00-04:00</published>
    <updated>2012-10-18T05:12:09-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[On pourrait bien croire à une conspiration. Comme s'ils s'étaient tous passés le mot pour faire perdurer le cynisme et le conservatisme latent. Ce que les médias sont présentement en train de faire pendant cette campagne électorale est pire qu'Anticosti, pire que la corruption ou que le néolibéralisme, devenu insulte suprême pour les uns et apanage de fer pour les autres... Ce que les médias québécois font de façon consciente et involontairement à la fois, c'est garder l'électorat bien confortablement dans l'immobilisme et la perduration du système. Parce qu'il est bien très bien comme ça le système.]]></summary>
    <author>
        <name>Florent Conti</name>
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    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/florent-conti/"><![CDATA[On pourrait bien croire &agrave; une conspiration. Comme s'ils s'&eacute;taient tous pass&eacute;s le mot pour faire perdurer le cynisme et le conservatisme latent. Ce que les m&eacute;dias sont pr&eacute;sentement en train de faire pendant cette campagne &eacute;lectorale est pire qu'Anticosti, pire que la corruption ou que le n&eacute;olib&eacute;ralisme, devenu insulte supr&ecirc;me pour les uns et apanage de fer pour les autres... Ce que les m&eacute;dias qu&eacute;b&eacute;cois font de fa&ccedil;on consciente et involontairement &agrave; la fois, c'est garder l'&eacute;lectorat bien confortablement dans l'immobilisme et la perduration du syst&egrave;me. Parce qu'il est bien tr&egrave;s bien comme &ccedil;a le syst&egrave;me.<br />
<br />
Si un (&eacute;)lecteur n'a comme source que La Presse, Le Devoir, Radio-Canada, et sans oublier Quebecor, peu de chance qu'il voit au-del&agrave; de la vie politique vibrante que le Qu&eacute;bec pourrait avoir si ses &eacute;lites daignaient laisser un peu de leur confort.<br />
<br />
Jean-Martin Aussant a d&eacute;pos&eacute; une demande d'injonction pour participer au d&eacute;bat Radio-Canada-T&eacute;l&eacute;-Qu&eacute;bec et a bien raison de tenter de faire bouger les choses, malgr&eacute; les propositions peu avant-gardistes de son parti sur la question nationale. Jean-Martin Aussant que personne n'a &eacute;pargn&eacute; aux d&eacute;buts de sa nouvelle formation politique tente bien que mal de prouver son point, mais les m&eacute;dias ne vont vraisemblablement pas &ecirc;tre tr&egrave;s indulgents.<br />
<br />
Qu&eacute;bec Solidaire, de son c&ocirc;t&eacute;, semble pr&ecirc;t &agrave; accepter sans trop faire de pol&eacute;mique de se faire &eacute;carter des d&eacute;bats de TVA. &laquo;Au moins, on a Radio-Canada&raquo;, que &ccedil;a doit se dire dans les bureaux de campagne.<br />
<br />
La question est: Quel syst&egrave;me autre qu'ultra-conservateur peut bien ignorer &agrave; ce point les petits partis, qui certes n'ont pas la &laquo;susceptibilit&eacute; de gouverner le Qu&eacute;bec&raquo;, mais qui contribuent au pluripartisme?<br />
<br />
Pas besoin d'avoir pris des cours de science politique pour savoir que c'est bien l&agrave; le n&oelig;ud d'une vie politique saine, avoir plusieurs partis viables.<br />
<br />
Mais non. On &eacute;coute le T&eacute;l&eacute;journal et c'est comme s'il n'y avait que trois partis au Qu&eacute;bec. Ou plut&ocirc;t deux et demi. On ouvre La Presse en ce mardi matin orageux et on lit &laquo;L'agenda des chefs&raquo;. Pour La Presse au Qu&eacute;bec, il n'y a que Pauline Marois, Fran&ccedil;ois Legault, et Jean Charest. Trois vieux politiciens d'une ancienne g&eacute;n&eacute;ration qui a h&eacute;rit&eacute; d'un syst&egrave;me en d&eacute;clin, c'est &ccedil;a la politique qu&eacute;b&eacute;coise pour La Presse qui pense avoir l'autorit&eacute; sur-d&eacute;mocratique de choisir de son propre gr&eacute; ses invit&eacute;s.<br />
<br />
La couverture m&eacute;diatique des campagnes &eacute;lectorale ne devrait pas &ecirc;tre un Tout Le Monde En Parle g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;. Bien s&ucirc;r, les &laquo;sachants&raquo; sont au courant que Qu&eacute;bec va voter PLQ, que le reste des cyniques va strat&eacute;giquement tomber dans les bras d'un agonisant PQ, et que s'il arrive &agrave; bien para&icirc;tre, Fran&ccedil;ois Legault pourrait devenir premier ministre comme on devient PDG d'Air Transat.<br />
<br />
Bien s&ucirc;r qu'ils savent tous &ccedil;a, mais au moins pourraient-ils faire semblant de participer au d&eacute;bat d&eacute;mocratique et donner une exposition &eacute;gale pour tous les partis accept&eacute;s par la Direction G&eacute;n&eacute;rale des &Eacute;lections?<br />
<br />
&Agrave; ne faire &eacute;cho que de ces trois &laquo;principaux&raquo; partis, &agrave; ne communiquer que les actions des &laquo;figures principales&raquo;, les m&eacute;dias qu&eacute;b&eacute;cois, m&ecirc;me dans le m&eacute;tier noble du journalisme d'actualit&eacute;s, sont tomb&eacute;s dans le fait divers, ou pire, dans la politique spectacle pouss&eacute;e &agrave; son extr&ecirc;me. Au passage: superbe strat&eacute;gie p&eacute;quiste, le coup des candidats vedettes et des r&eacute;v&eacute;lations fringantes.<br />
<br />
Bien s&ucirc;r, les patrons de presse et de t&eacute;l&eacute; se d&eacute;fendent en disant qu'ils respectent les lois &eacute;lectorales, qu'ils donnent leur chance &agrave; tout le monde, les journalistes vedettes s'indignent, l'ombudsman s'en m&ecirc;le, et on nous sert le blabla pr&eacute;-&eacute;crit habituel. On a des politiciens qui font d&eacute;j&agrave; &ccedil;a tr&egrave;s bien.<br />
<br />
Ici ce n'est m&ecirc;me pas du sensationnel que les m&eacute;dias font, c'est de l'ensommeillement en direct, de la manipulation cynique inconsciente. Soi-disant, les m&eacute;dias au Qu&eacute;bec &laquo;savent&raquo;. On tend &agrave; vitesse &eacute;clair vers une soci&eacute;t&eacute; de &laquo;sachants&raquo; comme Fran&ccedil;ois Legault plonge sur le vote anglophone.<br />
<br />
Les m&eacute;dias, qu'ils le veuillent ou non, sont en train de contribuer &agrave; cette glaciation de la vie politique qu&eacute;b&eacute;coise en choisissant leurs invit&eacute;s. Pourtant on pourrait s'attendre que le quatri&egrave;me pouvoir ne demeure pas qu'un simple &eacute;ditorialiste bon march&eacute; comme il en pullule de partout, et donne sa chance &agrave; tous en suivant une objectivit&eacute; impartiale o&ugrave; tout parti quel qu'il soit se voit attribu&eacute; le m&ecirc;me temps d'antenne, le m&ecirc;me rayonnement, et que cela soit contr&ocirc;l&eacute;.<br />
<br />
Apr&egrave;s, c'est aux m&eacute;dias de soulever les contradictions des uns et des autres lors des d&eacute;bats et des entrevues, aux chefs et candidats de d&eacute;gurgiter leur m&ecirc;me discours bien poli et format&eacute;, aux &eacute;lecteurs de croire &agrave; tel ou tel mensonge &eacute;lectoraliste. Et rendu &agrave; ce point l&agrave;, c'est le meilleur (ou le pire) qui gagne.]]></content>
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    <title>Je ne sais rien</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1613695</id>
    <published>2012-06-21T10:00:00-04:00</published>
    <updated>2012-08-21T05:12:05-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Quand j'ai publié mon billet de blogue à propos du Voir, ce n'était pas à propos du Voir. C'était à propos de la sphère médiatico-culturelle. Le fait est qu'il n'y a que le Voir. Et que tout le monde aime quand il y a plusieurs choses. Mais j'évoque le Voir, car l'état de ce dernier m'importe.]]></summary>
    <author>
        <name>Florent Conti</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/florent-conti/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/florent-conti/"><![CDATA[Quand je publie mon <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/florent-conti/voir-ailleurs_b_1603701.html?utm_hp_ref=canada-quebec" target="_hplink">billet de blogue</a> &agrave; propos du <em>Voir</em>, ce n'est pas &agrave; propos du <em>Voir</em>. C'est &agrave; propos de la sph&egrave;re m&eacute;diatico-culturelle. Le fait est qu'il n'y a que le <em>Voir</em>. Et que tout le monde aime quand il y a plusieurs choses. Mais j'&eacute;voque le <em>Voir</em>, car l'&eacute;tat de ce dernier m'importe.<br />
<br />
Certes, c'est une erreur de dire que le <em>Voir </em>est le symbole de l'&eacute;chec des journaux &agrave; s'adapter. Fort, faux et injuste, compte tenu du fait que le journal a justement d&eacute;velopp&eacute; sa communaut&eacute; 2.0 et s'est renouvel&eacute; gr&acirc;ce &agrave; son &eacute;mission &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision (encore une fois profitant du fait qu'il n'y a qu'elle), certaines nouvelles sections, etc. Le journal a r&eacute;ussi &agrave; proposer un concept bien &agrave; lui. Mais cela ne change rien &agrave; la situation que le <em>Voir </em>- &agrave; l'instar d'autres journaux et du reste du monde - est en crise. Et tout le monde tente de trouver des strat&eacute;gies pour limiter la casse.<br />
<br />
On ne va pas commencer &agrave; tirer pas sur l'ambulance. Et je ne veux pas faire la le&ccedil;on, que ce soit &agrave; l'entreprise ou &agrave; l'&eacute;quipe de r&eacute;daction, sur comment faire leur travail parce que je sais (oui cette fois je sais quelque chose) qu'ils font de leur mieux.<br />
<br />
Je ne dis pas que l'&eacute;quipe de r&eacute;daction change, je ne vise personne en particulier. Ce que j'&eacute;voque, c'est un concept qui a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; appliqu&eacute; et qui, pour moi, n'am&eacute;liore rien. Nous faire croire que tout va bien, c'est un peu comme dire que le Plateau est &agrave; la mode. C'est un peu comme se conforter dans un vieux souvenir.<br />
<br />
Je n'y connais rien, alors pourquoi parlais-je? Pourtant, quand j'&eacute;voque les mesures d'aust&eacute;rit&eacute;, ne jouons pas les dupes. Aujourd'hui, gens du milieu comme gens hors du milieu connaissent la situation. Je ne sais rien, &agrave; part ce genre de discussion &agrave; chaque nouvelle rencontre:<br />
<br />
- Sinon, que fais-tu dans la vie?<br />
- Journalisme.<br />
- Ah, c'est pas facile, hein? Il parait qu'il y a de moins en moins de travail.<br />
<br />
Oui. Merci. Je sais.<br />
<br />
Mais dans ce billet de blogue, o&ugrave; est la <a href="https://twitter.com/SimonJodoin/status/214763480727814145" target="_hplink">th&eacute;orie fumeuse</a>? <br />
<br />
Ce que j'&eacute;cris ne vise pas le <em>Voir</em>. Ce que je dis n'avance aucune th&eacute;orie. D'ailleurs, o&ugrave; est le besoin de th&eacute;orie pour une chose si insignifiante?<br />
<br />
Quand j'&eacute;cris ma petite histoire et mes petites envies de magazine culturel, je me base sur ce dont je pense qu'on a besoin et ce que je sais. Mais comprenez, je ne sais rien!<br />
<br />
En tout cas, je ne suis pas de ceux qui croient qu'une soci&eacute;t&eacute; a la presse qu'elle m&eacute;rite. Les choses ne devraient pas &ecirc;tre ainsi. Je ne suis pas de ceux qui pensent que tout va bien dans le meilleur des mondes et qu'il faut acquiescer sans jamais questionner.<br />
<br />
Je ne souhaite pas non plus me conforter de ces temp&ecirc;tes dans des verres d'eau virtuels, ces pseudo-pol&eacute;miques misant plus sur la forme que sur des r&eacute;els d&eacute;bats concrets. Je ne suis pas un professionnel de l'indignation facile, et nulle envie ou besoin de le devenir. Je ne suis qu'un insignifiant ignorant na&iuml;f.<br />
<br />
&Agrave; jouer l'idiot utile du trafic internet, tant qu'&agrave; faire y exprimer ce que je pense. &laquo; Ce que je pense &raquo;, on dirait qu'il n'y a que cela aujourd'hui. Voyez moi-m&ecirc;me, oblig&eacute; de raconter ma vie.<br />
<br />
Donc. Ai-je le droit de dire CE QUE JE PENSE? De dire &laquo; JE PENSE QUE la pr&eacute;sence d'un magazine culturel manque &raquo;? De dire que je suis d&eacute;&ccedil;u de certaines choses?<br />
<br />
Ou non. Je ferme ma gueule, puis je lis chaque semaine le <em>Voir</em>. Le probl&egrave;me, c'est que chaque semaine, &ccedil;a me prend pas longtemps pour le lire, puis j'aime &ccedil;a lire. Le probl&egrave;me c'est que j'appr&eacute;cierai une plateforme comme le <em>Voir </em>pour &eacute;crire sur la culture, parce que j'aime &ccedil;a &eacute;crire.<br />
<br />
La chose qui m'indigne, ou plut&ocirc;t qui me cause un profond ennui, c'est qu'on n'accepte pas de se remettre en question. Ce sont ces gens remplis de &laquo; bien-pensance &raquo;, ceux qui se croient au sommet et qui n'acceptent pas la critique de quelque bord qu'ils soient. Ceux qui ne sont jamais dans le doute, ces intol&eacute;rants &agrave; la gueule ouverte qui d&eacute;nigrent avec leur verve facile et une condescendance hors du commun tout discours contradicteur.<br />
<br />
En fait, c'est surtout une marque de petite bourgeoisie de parvenus privil&eacute;gi&eacute;s aval&eacute;s par le syst&egrave;me. Qui je vise? Personne. Parce qu'inconsciemment, c'est tout le monde. L&agrave;, bien tranquilles, pr&ecirc;ts &agrave; tout pour ne pas perdre leur petit confort, leur petit salaire pour leur petit chalet dans le Nord, ou leurs petites vacances &agrave; Paris. Tout en arborant un carr&eacute; rouge. Sur ce sujet pourtant, ce sont ces gens qui ne semblent pas savoir grand chose. Et pourtant, ils s'expriment.<br />
<br />
De toute fa&ccedil;on, tout cela, ce billet, ce journal, cette vie m&eacute;diocre..., il faut se rappeler que nous ne sommes que de passage et que ce n'est que du vent.<br />
<br />
Fioouuuuuuuuuuuuu!]]></content>
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    <title>Voir ailleurs</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1603701</id>
    <published>2012-06-18T00:00:40-04:00</published>
    <updated>2012-08-17T05:12:10-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le Voir est dans l'impasse. Après 25 ans en "must have" du magazine culturel, il s'est transformé ces dernières années en un simple "good to have" dans la catégorie des journaux gratuits. La question qui se pose aujourd'hui est la suivante: à quand un magazine culturel québécois indépendant, payant si le gratuit est voué à disparaître?]]></summary>
    <author>
        <name>Florent Conti</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/florent-conti/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/florent-conti/"><![CDATA[<em>Le Voir</em> est dans l'impasse. Apr&egrave;s 25 ans en "must have" du magazine culturel, il s'est transform&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es en un simple "good to have" dans la cat&eacute;gorie des journaux gratuits.<br />
<br />
Il y a un peu plus d'un an, le <em>Hour</em> (sous l'&eacute;gide de la soci&eacute;t&eacute; "Communications Voir") subissait une restructuration qui r&eacute;duisait son effectif de pupitreurs &agrave;... un r&eacute;dacteur. En mai dernier, le <em>Hour</em> <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/05/02/voir-saguenay-alma-fermeture_n_1472820.html" target="_hplink">fermait d&eacute;finitivement ses portes</a>, ou plut&ocirc;t, on d&eacute;barrassait l'unique bureau de l'unique membre permanent de la r&eacute;daction se situant entre les cubicules des autres r&eacute;dacteurs du <em>Voir</em> qui esp&egrave;rent chaque jour ne pas subir le m&ecirc;me sort.<br />
<br />
On ne peut souhaiter au <em>Voir</em> une telle fin. Mais ce serait dommage de voir le journal plier sous les m&ecirc;mes contraintes qui ont fait dispara&icirc;tre le gratuit anglophone. Ce n'est pas de la mauvaise gestion, c'est tout simplement une mauvaise adaptation. Et dans une soci&eacute;t&eacute; de march&eacute;, celui qui ne s'adapte pas dispara&icirc;t.<br />
<br />
Communications Voir semble &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute; &agrave; tendre vers un <a href="http://voir.ca/communications-voir/2012/05/03/changement-de-cap-pour-trois-publications-de-communications-voir-inc/" target="_hplink">mod&egrave;le</a> qui entre un peu en contradiction avec les valeurs de ses journaux.  Et ce mod&egrave;le, c'est le plus pr&eacute;caire des mod&egrave;les de journalisme &agrave; l'heure actuelle: r&eacute;duire les effectifs et changer le contenu. En d'autres termes : faire mieux avec moins. Quand apprendra-t-on que les mesures d'aust&eacute;rit&eacute; dans les crises actuelles n'ont comme seul et unique r&eacute;sultat que de prolonger l'agonie?<br />
<br />
Apr&egrave;s s'&ecirc;tre indign&eacute; au sujet de la r&eacute;mun&eacute;ration de ses blogueurs, apr&egrave;s avoir lutt&eacute; contre les vell&eacute;it&eacute;s f&eacute;d&eacute;rales de changer la place de la culture dans notre soci&eacute;t&eacute;, le <em>Voir</em> semble s'&ecirc;tre pris les pieds dans ses propres principes.<br />
<br />
On ne peut avoir des valeurs comme celles du <em>Voir</em>, et garder comme slogan "pour les consommateurs de culture". La vraie culture ne se consomme pas, elle s'appr&eacute;cie. Et c'est l&agrave; que le Voir a &eacute;chou&eacute; dans sa t&acirc;che de m&eacute;dium culturel. Le <em>Voir</em> a finalement lui aussi contribu&eacute; &agrave; cette transformation de la culture en produit de consommation pour les soirs et fins de semaine.<br />
<br />
La question qui se pose aujourd'hui est la suivante: &agrave; quand un magazine culturel qu&eacute;b&eacute;cois ind&eacute;pendant, payant si le gratuit est vou&eacute; &agrave; dispara&icirc;tre? Il serait faux de croire qu'il n'y a pas de march&eacute; pour cela. Les lecteurs pr&eacute;f&egrave;rent payer pour un vrai canard plut&ocirc;t que de ramasser un journal gratuit dans une pile d'autres papiers tous remplis d'annonces et o&ugrave; tra&icirc;ne entre deux publicit&eacute;s une critique de Transformers ou du dernier album de St&eacute;phanie Lapointe.<br />
<br />
Le <em>Voir</em>, qui avec 25 pages ne permet m&ecirc;me plus de faire partir un barbecue un jeudi soir de pluie, ne parait plus capable d'exister dans le monde d'aujourd'hui car il se trouve entre deux environnements: celui du contenu facile et celui du noble journalisme, celui de la culture populaire et des contenus ind&eacute;pendants.<br />
<br />
On peut donc comprendre l'exasp&eacute;ration du r&eacute;dacteur en chef, Tristan Malavoy, et cette impossibilit&eacute; &agrave; joindre les deux bouts qui oblige chaque semaine &agrave; couper des feuillets, d'avoir chaque mois &agrave; gentiment remercier un <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/06/11/josee-legault-voir_n_1588362.html?ref=divertissement" target="_hplink">chroniqueur</a> ou un pigiste, et de faire semblant que le journal garde le cap de ses engagements en ces temps difficiles.<br />
<br />
Finalement, le <em>Voir </em>est le symbole le plus flambant de l'&eacute;chec des journaux &agrave; s'adapter au nouveau monde, malgr&eacute; le fait qu'il ait r&eacute;ussi &agrave; b&acirc;tir une belle communaut&eacute;.<br />
<br />
Maintenant, si la sc&egrave;ne culturelle et artistique qu&eacute;b&eacute;coise veut continuer &agrave; &ecirc;tre de qualit&eacute;, il faut se doter de r&eacute;f&eacute;rences, d'un papier o&ugrave; l'on lit par exemple sur des gens inconnus int&eacute;ressants et non l'inverse. <br />
<br />
Ce journal ne sera pas l'une de ces revues innombrables qui se lancent chaque ann&eacute;e. C'est un vrai projet qui doit &eacute;merger. Du neuf avec du vieux, du tr&egrave;s vieux. Pas le vieux des ann&eacute;es 1980 et des journaux gratuits. Mais le bon vieux magazine &agrave; la <em>Rolling Stone</em> ou <em>Les Inrocks'</em> (comme l'hebdomadaire &eacute;tait avant de prendre un penchant politique). Le bon vieux magazine dont on conserve les couvertures en papier glac&eacute;. Le bon vieux magazine qu'on lit en plusieurs fois parce qu'il est un peu long, qu'il a de vrais articles de fond, et qu'on ne s'en lasse pas. Mais qui au Qu&eacute;bec serait pr&ecirc;t &agrave; investir dans un format que l'on croit r&eacute;volu?<br />
<br />
Il va falloir un pari, un pari fou, un pari co&ucirc;teux qui ne se fera pas avec la g&eacute;n&eacute;ration de journalistes des ann&eacute;es 2000 qui n'ont pas beaucoup compris le monde qui les entoure. Et la r&eacute;volution ne se fera pas sur les vestiges d'un journal qui tente de perdurer sans se remettre vraiment en question. On ne change pas les choses en changeant d'&eacute;quipe de r&eacute;daction. Un journal, c'est comme un gouvernement. Quand vient le temps du vrai changement, il faut une r&eacute;volution et ne pas avoir peur de se salir les mains.<br />
<br />
Sinon, on fonce t&ecirc;te baiss&eacute;e dans une polarisation totale entre productions grand public et productions alternatives sans aucun m&eacute;dium pour faire le pont entre les deux, chose indispensable dans une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; l'on veut que la culture prenne son plein r&ocirc;le.]]></content>
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    <title>Xavier Anyways</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/florent-conti/laurence-anyways_b_1553809.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1553809</id>
    <published>2012-05-29T15:42:08-04:00</published>
    <updated>2012-07-29T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Pourquoi alors ne comprend-on donc pas au Québec que Xavier n'est pas à ranger dans la suite des Jean-Marc Vallée, des Denis Villeneuve, mais que son travail précède le cinéma québécois contemporain. C'est le propre des œuvres majeures de transcender leur époque. À l'instar du sujet en filigrane de son dernier film-la marge-, le cinéma de Xavier Dolan s'ancre dans cette périphérie qui sépare le cinéma du Cinéma, le divertissement auquel on s'attend, du cinéma avec une lettre capitale.]]></summary>
    <author>
        <name>Florent Conti</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/florent-conti/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/florent-conti/"><![CDATA[Un jour que je me croyais du c&ocirc;t&eacute; de ceux qui d&eacute;clarent ce qui est bon et ce qui ne l'est pas, j'avais &eacute;crit, en gros, que Xavier Dolan ne faisait pas du cin&eacute;ma.<br />
<br />
Je m'irritais de certains de ses plans qui cadrent des hauts de corps et des bouts de mur, ce genre de choix un peu anti-esth&eacute;tique. Je m'irritais de ses zooms intempestifs, de ses histoires qui me semblaient mal abord&eacute;es, de ses dialogues parfois peu convaincants, de sa mise en sc&egrave;ne maladroite... <em>Whatever. Anyways.</em><br />
<br />
J'avais tort. Je n'avais pas vu assez du travail de Xavier Dolan et je ne pouvais alors pas comprendre de quoi il relevait.<br />
<br />
Avec <em>Laurence Anyways</em>, on a une id&eacute;e plus pr&eacute;cise de ce que le r&eacute;alisateur des <em>Amours imaginaires</em> veut exprimer. Avec <em>Laurence</em>, on se rend compte de la solidit&eacute; de son &oelig;uvre, encore l&eacute;g&egrave;re certes, mais qui commence &agrave; prendre une forme sacr&eacute;ment puissante.<br />
<br />
J'suis tann&eacute; de garder &ccedil;a pour moi. Contre tout ce que j'aurais pu croire il y a de &ccedil;a quelques ann&eacute;es, voire quelque mois, j'aime Xavier Dolan. Son cin&eacute;ma. Sa sensibilit&eacute;. Son sens de la subtilit&eacute;, du sc&eacute;nario, de l'universel. Sa fa&ccedil;on de faire des films comme on devrait toujours en faire, jamais dans le clich&eacute;, jamais dans le bon sentiment. Toujours entre les deux. C'est en fait cet entre-deux qui le caract&eacute;rise, entre le comique et la trag&eacute;die sans apitoiement. Un entre-deux jamais soulev&eacute; par la critique, mais qui rel&egrave;ve de la plus pure raret&eacute;.<br />
<br />
Pourquoi alors ne comprend-on donc pas au Qu&eacute;bec que Xavier n'est pas &agrave; ranger dans la suite des Jean-Marc Vall&eacute;e, des Denis Villeneuve, mais que son travail pr&eacute;c&egrave;de le cin&eacute;ma qu&eacute;b&eacute;cois contemporain. C'est le propre des &oelig;uvres majeures de transcender leur &eacute;poque.<br />
<br />
&Agrave; l'instar du sujet en filigrane de son dernier film-la marge-, le cin&eacute;ma de Xavier Dolan s'ancre dans cette p&eacute;riph&eacute;rie qui s&eacute;pare le cin&eacute;ma du Cin&eacute;ma, le divertissement auquel on s'attend, du cin&eacute;ma avec une lettre capitale.<br />
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Peut-&ecirc;tre est-ce une question de g&eacute;n&eacute;ration. Les critiques qu&eacute;b&eacute;cois accultur&eacute;s qui sont dans la quarantaine bien entam&eacute;e, eux, passent et passeront toujours &agrave; c&ocirc;t&eacute;. C'est s&ucirc;r qu'il est simple de poser un avis sur Hollywood, sur les films fran&ccedil;ais, ou les films vieux d'un an qui sortent au Qu&eacute;bec et dont le monde entier a d&eacute;j&agrave; parl&eacute;, il ne reste plus qu'&agrave; copier-coller un avis et faire croire &agrave; 7 millions de personnes que c'est le sien.<br />
Non. Ce n'est pas une question d'&acirc;ge, mais plut&ocirc;t de sensibilit&eacute;. En fait, m&ecirc;me Xavier, en accompagnant ses audiences par des messages d'attention, donne l'impression de se sentir oblig&eacute; d'aller dans le sens de ce public qu&eacute;b&eacute;cois qui sort avant la fin du film. Parce que Xavier est ce genre de gars qui veut &ecirc;tre compris, qui veut trop bien faire, mais qu'on ne comprendra jamais quand on s'appelle le grand public. Son suppos&eacute; d&eacute;dain que l'on croit percevoir lors de ses interventions m&eacute;diatiques n'est que l'expression d'un besoin logique de reconnaissance et de partage avec ses pairs, son public, ses critiques.<br />
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Mais Xavier ne peut avoir de critique.Car<em> Laurence Anyways</em>, et les prochains films qu'il sc&eacute;narisera, r&eacute;alisera, montera, dont il fera les costumes, sortent de la marge. Ce n'est pas que les commentateurs de cin&eacute;ma soient b&ecirc;tes, mais ils n'ont simplement pas les moyens d'appr&eacute;cier son &oelig;uvre, &agrave; l'image de la majorit&eacute; du lectorat pour lequel ils &eacute;crivent leurs feuillets d&eacute;nu&eacute;s de toute consid&eacute;ration cin&eacute;matographique dans des journaux luttant d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment contre leur disparition.<br />
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Ils disent tous la m&ecirc;me chose et, juste parce qu'on leur a donn&eacute; un statut, ces pseudo-intellectuels prennent le plaisir des gens sans talent qui d&eacute;versent leur frustration sur ceux qui en poss&egrave;dent.<br />
Ces gens-l&agrave; ne sont bons qu'&agrave; d&eacute;truire les ardeurs de potentiels comme lui. &laquo; Chez nous, c'est la culture qui est obsc&egrave;ne &raquo; disait Andr&eacute; Belleau. Au Qu&eacute;bec, nous sommes en effet les professionnels de l'inhibition des gens qui sortent du lot. On adore &ccedil;a, se refuser le chef d'&oelig;uvre. On a peur de la marge, et pr&eacute;f&egrave;re donc se conforter dans ce qui est convenu, attendu, pr&eacute;m&acirc;ch&eacute;.<br />
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L'&oelig;uvre dolanienne parle d'elle-m&ecirc;me. Comme Claude Jutra, comme Truffaut, comme Malick, ... Son &oelig;uvre est int&eacute;grale, elle est lui et elle ne l'est pas.<br />
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Parce qu'il a tout compris et parce qu'ils n'ont rien saisi, Xavier Dolan est destin&eacute; &agrave; faire face &agrave; la mal&eacute;diction des grands artistes du Qu&eacute;bec et d'ailleurs: rester dans la marge pour continuer son &oelig;uvre. C'est l&agrave; sa b&eacute;n&eacute;diction et son plus grand malheur.<br />
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Quand Xavier sera vraiment tann&eacute; d'&ecirc;tre incompris, tous les idiots utiles du cin&eacute;ma-poubelle ne verront m&ecirc;me pas que c'est &agrave; cause d'eux.<br />
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Xavier est un ovni. Et dans une soci&eacute;t&eacute; sans imagination, on ne croit pas aux ovnis.]]></content>
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