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  <title>Élisabeth Émond</title>
  <link href="http://quebec.huffingtonpost.ca/author/index.php?author=elisabeth-emond"/>
  <updated>2013-06-20T01:19:58-04:00</updated>
  <author>
    <name>Élisabeth Émond</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Élisabeth Émond</subtitle>
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    <title>La marche d'un peuple: du printemps érable au changement de paradigme</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/elisabeth-emond/la-marche-dun-peuple-du-printemps-erable-au-changement-de-paradigme_b_2793605.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2793605</id>
    <published>2013-03-02T09:30:09-05:00</published>
    <updated>2013-05-02T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Il y a un peu plus d'un an débutait ce qui allait devenir l'un des plus grands mouvements sociaux qu'ait connu le Québec. En cette journée de congrès d'Option nationale, et en tant que membres fondateurs de ce parti, nous avons cru nécessaire de faire un retour sur les évènements de l'année écoulée, et sur la responsabilité, ou les possibles, que portent en eux les acteurs actuels d'un Québec en quête de changement.]]></summary>
    <author>
        <name>Élisabeth Émond</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/"><![CDATA[<blockquote><em>Ce billet a &eacute;t&eacute; co&eacute;crit par &Eacute;lisabeth &Eacute;mond, dipl&ocirc;m&eacute;e de science politique de l'UQAM, et Florent Michelot, dipl&ocirc;m&eacute; de science politique de l'Universit&eacute; Lille 2. En ce jour de congr&egrave;s d'Option nationale, et en tant que membres fondateurs de ce parti, nous avons cru n&eacute;cessaire de faire un retour sur les &eacute;v&egrave;nements qui ont boulevers&eacute; le Qu&eacute;bec cette ann&eacute;e, et sur la responsabilit&eacute;, ou les possibles, que portent en eux les acteurs actuels d'un Qu&eacute;bec en qu&ecirc;te de changement.</em></blockquote><br />
<br />
Il y a un peu plus d'un an d&eacute;butait ce qui allait devenir l'un des plus grands mouvements sociaux qu'ait connu le Qu&eacute;bec: le bien nomm&eacute; &laquo;<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/greve-etudiante/" target="_hplink">printemps &eacute;rable</a>&raquo;. Cette formule reprise par la presse internationale, en r&eacute;f&eacute;rence aux r&eacute;voltes populaires qui ont secou&eacute; le Maghreb quelques mois plus t&ocirc;t, ouvrait la porte aux plus grandes esp&eacute;rances. <br />
<br />
Comme le disait Antonio Gramsci, &laquo;il y a crise lorsque le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne peut pas na&icirc;tre&raquo;. Quoique parfois confus dans son expression, ce mouvement a su f&eacute;d&eacute;rer des citoyens de toutes g&eacute;n&eacute;rations aux revendications multiples. Pour paraphraser Nietzsche, &laquo;atteindre son id&eacute;al, c'est le d&eacute;passer du m&ecirc;me coup&raquo; et c'est pourquoi les revendications d'une soci&eacute;t&eacute; compl&egrave;te ont d&eacute;pass&eacute; la seule question des frais de scolarit&eacute;: cette indignation &eacute;tait latente et ne cherchait finalement qu'une &eacute;tincelle pour s'&eacute;veiller.<br />
<br />
<strong>Un point de rencontre unique</strong><br />
<br />
Le d&eacute;veloppement durable, en passe de devenir le grand r&eacute;f&eacute;rentiel qui guidera l'action publique des prochaines d&eacute;cennies, a sans conteste &eacute;t&eacute; le c&oelig;ur d'une convergence quasi naturelle entre les multiples sph&egrave;res ayant anim&eacute; le printemps &eacute;rable. Ses trois pivots (social, &eacute;cologie et &eacute;conomie) ont effectivement dessin&eacute; les contours d'une mobilisation qui allait marquer l'Histoire du Qu&eacute;bec.<br />
 <br />
D'abord, sur le plan social, le mouvement de gr&egrave;ve relatif aux frais de scolarit&eacute; s'inscrivait dans une certaine continuit&eacute; d'un tremblement social &agrave; l'&eacute;chelle mondiale. Le ph&eacute;nom&egrave;ne &laquo;Occupons&raquo;, de Madrid &agrave; Montr&eacute;al, a contribu&eacute; aux premiers soubresauts en cr&eacute;ant un terrain fertile pour les revendications citoyennes. Ensuite, en r&eacute;unissant un demi-million de citoyens dans les rues de Montr&eacute;al pour la Journ&eacute;e de la Terre, la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise exprimait une prise de conscience importante. Elle reconnaissait ainsi faire partie d'un &eacute;cosyst&egrave;me marqu&eacute; par une complexe cod&eacute;pendance et s'indignait de la fa&ccedil;on inad&eacute;quate de g&eacute;rer nos ressources environnementales. <br />
<br />
<em>Le billet d'&Eacute;lisabeth &Eacute;mond et de Florent Michelot se poursuit apr&egrave;s la galerie</em><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--221917--HH><br />
<br />
Enfin, dans une conjoncture o&ugrave; le syst&egrave;me m&ecirc;me du capitalisme financiaris&eacute; est de plus en plus critiqu&eacute;, o&ugrave; les m&eacute;decines rigoristes n'en finissent plus de montrer leurs effets n&eacute;fastes, la question de la redistribution des richesses est redevenue une exigence. Le printemps &eacute;rable a alors permis de faire rejaillir de la soci&eacute;t&eacute; civile, mais aussi des partis &eacute;mergents, un discours &eacute;conomique progressiste et &eacute;quitable, faisant ainsi taire l'espace d'un moment les discours mis&eacute;rabilistes et alarmistes des &laquo;d&eacute;clinologues&raquo; de profession.<br />
<br />
<strong>Catalyser la convergence des revendications</strong><br />
<br />
Ce point de rencontre &eacute;tait une impulsion tout indiqu&eacute;e pour entreprendre un virage qui aurait permis au Qu&eacute;bec de se lancer sur la voie d'une nouvelle r&eacute;volution tranquille. La sociologie politique nous apprend toutefois qu'une crise, si elle est le produit de ce genre de tensions, est aussi r&eacute;v&eacute;latrice de la solidit&eacute; des institutions, c'est &agrave; dire des structures sociales en tant que syst&egrave;me de relations sociales.<br />
<br />
Les associations et syndicats &eacute;tudiants ont jou&eacute; un r&ocirc;le pr&eacute;pond&eacute;rant dans la mobilisation de la soci&eacute;t&eacute;. Toutefois, comme le mouvement national d&eacute;passait la seule question des frais de scolarit&eacute;, il est vite devenu clair que ces groupes allaient devenir insuffisants pour canaliser l'ampleur de cette grogne aux multiples facettes. <br />
<br />
Or, il est plus qu'&eacute;vident que les deux grands partis historiques qu&eacute;b&eacute;cois, &agrave; la fois produits et facteurs de ces m&ecirc;mes institutions, n'auraient pu relever le d&eacute;fi immense de ce virage qu'en allant &agrave; contre-courant de leur nature profonde. Cette ambition d&eacute;passait non pas leurs philosophies qui, autant sociale-d&eacute;mocrate que lib&eacute;rale, sont tout &agrave; fait louables et fondamentalement humanistes, mais elle d&eacute;passait leur mode de fonctionnement et leur rapport au citoyen, qui ne correspondent plus aux r&eacute;alit&eacute;s et aux exigences de la soci&eacute;t&eacute; contemporaine. Quand les Qu&eacute;b&eacute;cois se sont lev&eacute;s, habit&eacute;s par cet aggiornamento, certains partis n'ont pu r&eacute;pondre pr&eacute;sents. <br />
<br />
<strong>Op&eacute;rationnaliser le changement de paradigme</strong><br />
<br />
Tant que les partis politiques qu&eacute;b&eacute;cois baseront leur gouvernance sur le mod&egrave;le technocratique d&eacute;suet des Trente glorieuses, le Qu&eacute;bec ne parviendra pas &agrave; se sortir de ce paradigme, dans lequel pourtant il ne se reconna&icirc;t plus. Tant que les prises de d&eacute;cisions ne composeront pas avec une refondation citoyenne participative, cette d&eacute;mocratie &eacute;touffera, encore, parce que confisqu&eacute;e.<br />
<br />
Ainsi, nous pensons qu'il faut essentiellement deux &eacute;volutions au mode de gouvernance contemporain pour que puisse enfin &eacute;merger cette mutation, fortement revendiqu&eacute;e l'an pass&eacute;, et rendue n&eacute;cessaire par les imp&eacute;ratifs du 21e si&egrave;cle. Ces changements permettront, d'une part, d'activer le transfert de paradigme et, d'autre part, d'en assurer la p&eacute;rennit&eacute; sur le plan de nos institutions d&eacute;mocratiques. <br />
<br />
Premi&egrave;rement, la r&eacute;appropriation du politique par la soci&eacute;t&eacute; civile est n&eacute;cessaire. Si la mobilisation fut certes un &eacute;l&eacute;ment prometteur pour un changement politique au Qu&eacute;bec, elle est loin d'&ecirc;tre suffisante. Ce mouvement doit maintenant s'accompagner d'une ma&icirc;trise et d'une compr&eacute;hension de l'appareil politique. Le contraire supposerait que, de fa&ccedil;on un peu hypocrite, on pr&eacute;tende op&eacute;rer un changement majeur dans le mode de gouvernance de l'&Eacute;tat sans jamais aller sur le fond de la chose. Ainsi, la p&eacute;dagogie et l'&eacute;ducation populaire seront des leviers primordiaux &agrave; une transformation en profondeur. <br />
<br />
Deuxi&egrave;mement, la mise en place d'une r&eacute;forme devra impliquer un mod&egrave;le de d&eacute;mocratie participative de standard &eacute;lev&eacute;, visant ainsi &agrave; renouer avec les fondements de la d&eacute;mocratie moderne li&eacute;e &agrave; la reddition de compte. Plus que le slogan galvaud&eacute; que l'on brandit trop souvent, il s'agirait donc l&agrave; du plus fid&egrave;le garant d'un processus qui vise &agrave; redonner confiance dans l'&Eacute;tat de droit et &agrave; se r&eacute;approprier les sph&egrave;res de pouvoir. Si certains acteurs pr&eacute;tendent s'inscrire dans un nouveau mode de gouvernance, ils devraient &ecirc;tre en mesure de proposer concr&egrave;tement une mani&egrave;re de &laquo; faire de la politique autrement &raquo;, sans quoi leur discours ne servirait au final qu'&agrave; masquer un conservatisme m&eacute;thodologique.<br />
<br />
Changer la soci&eacute;t&eacute;, certainement, mais il serait aussi illusoire, pour ne pas dire contre-productif, d'esp&eacute;rer y parvenir en &eacute;voluant &agrave; sa marge. &Agrave; cet effet, les cons&eacute;quences de la crise &eacute;conomique qui s'&eacute;tend &agrave; travers le monde nous rappellent la dangerosit&eacute; de ceux qui pr&eacute;tendent &laquo;faire de la politique autrement&raquo; en s'exon&eacute;rant des r&egrave;gles d&eacute;mocratiques, sous pr&eacute;texte des vicissitudes pass&eacute;es.<br />
<br />
La R&eacute;volution tranquille est rest&eacute;e inachev&eacute;e parce qu'elle n'a pas su remettre en cause le confort de notre indiff&eacute;rence. Le printemps &eacute;rable est en passe de subir le m&ecirc;me sort si les discours ne s'accompagnent pas du cheminement &eacute;voqu&eacute; ici. Qui veut r&eacute;ellement changer la soci&eacute;t&eacute; doit savoir pour quoi et comment le faire. Alors, de l'air pour le Qu&eacute;bec moderne!, le printemps revient. Ne reste plus qu'&agrave; chacun de nous d'incarner ce changement jusqu'&agrave; ce qu'il s'enracine r&eacute;ellement dans un Qu&eacute;bec devenu moderne. La r&eacute;volution civique est la clef du plus grand projet collectif qui soit: la formation d'une nouvelle Cit&eacute; libre.]]></content>
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    <title>La gratuité scolaire - place au débat</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/elisabeth-emond/debat-gratuite-scolaire_b_2650746.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2650746</id>
    <published>2013-02-09T16:42:17-05:00</published>
    <updated>2013-04-11T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[On a accusé souvent Option nationale et Québec solidaire d'empêcher de rendre au PLQ la monnaie de sa pièce en divisant le vote. Pourtant, ces deux partis sont les seuls qui proposaient la gratuité scolaire et remettaient la question de l'éducation au cœur des grands débats de la société moderne. Aucun des partis « susceptibles de prendre le pouvoir » ne s'était doté de cette responsabilité envers la population québécoise. Même lors des débats télévisés, la question de l'éducation ne semblait pas être un enjeu important, comme si ces milliers de personnes avaient déambulé dans les rues du Québec dans le silence le plus complet, comme un peuple invisible.]]></summary>
    <author>
        <name>Élisabeth Émond</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/"><![CDATA[Tout d'abord, loin de moi l'id&eacute;e de convaincre, ici, notre gouvernement de se diriger vers la gratuit&eacute; scolaire. Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois n'a jamais vant&eacute; les m&eacute;rites de la gratuit&eacute; scolaire, ni m&ecirc;me du gel, d'ailleurs. Il a port&eacute;, si je me souviens bien, son petit carr&eacute; rouge du bout des l&egrave;vres, presque mal &agrave; l'aise, coinc&eacute; entre le devoir qu'il avait d'appuyer les &eacute;tudiants et son envie ardente de se nettoyer de toute association avec les mondes &eacute;tudiant et syndical, dont il s'&eacute;tait pourtant toujours fait l'un des plus grands d&eacute;fenseurs. <br />
<br />
Je me souviens de cette image qui circulait r&eacute;cemment, une publicit&eacute; du PLQ durant la campagne &eacute;lectorale de 1960, qui vantait les m&eacute;rites d'une population instruite et, du fait m&ecirc;me, faisait l'&eacute;loge de la responsabilit&eacute; d'un gouvernement et de toute une soci&eacute;t&eacute; &agrave; combattre l'ignorance en cr&eacute;ant des incitatifs &agrave; l'&eacute;ducation, au savoir, au perfectionnement. Parce qu'il existe des mesures qui permettent aussi de conserver ce savoir au sein de la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise et d'en faire profiter les quelques millions de Qu&eacute;b&eacute;cois qui la composent. N'est-ce pas l&agrave; aussi une certaine forme d'ind&eacute;pendance ou, du moins, de libert&eacute; et d'&eacute;mancipation collective? <br />
<br />
Le Parti lib&eacute;ral de Jean Lesage, qui avait inscrit dans son programme &eacute;lectoral la gratuit&eacute; scolaire en 1960, a pris aujourd'hui, un chemin bien diff&eacute;rent. Il a abandonn&eacute; la lutte pour le peuple qu&eacute;b&eacute;cois au profit d'une &eacute;lite bien nantie, confin&eacute;e dans le confort du &laquo; it takes money to make money &raquo;. Qu'est-il arriv&eacute; aux autres? Ils ont rejoint les rangs du Parti qu&eacute;b&eacute;cois, propuls&eacute; au pouvoir apr&egrave;s la R&eacute;volution tranquille, au moment charni&egrave;re o&ugrave; on se r&eacute;conciliait avec l'&Eacute;tat et o&ugrave; on se rappelait qu'il existait un contrat social nous liant l'un &agrave; l'autre. Qu'est devenu le Parti qu&eacute;b&eacute;cois quelque 40 ans plus tard? <br />
<br />
On a accus&eacute; souvent Option nationale et Qu&eacute;bec solidaire d'emp&ecirc;cher de rendre au PLQ la monnaie de sa pi&egrave;ce en divisant le vote. Pourtant, ces deux partis sont les seuls qui proposaient la gratuit&eacute; scolaire et remettaient la question de l'&eacute;ducation au c&oelig;ur des grands d&eacute;bats de la soci&eacute;t&eacute; moderne. Aucun des partis &laquo; susceptibles de prendre le pouvoir &raquo; ne s'&eacute;tait dot&eacute; de cette responsabilit&eacute; envers la population qu&eacute;b&eacute;coise. M&ecirc;me lors des d&eacute;bats t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s, la question de l'&eacute;ducation ne semblait pas &ecirc;tre un enjeu important, comme si ces milliers de personnes avaient d&eacute;ambul&eacute; dans les rues du Qu&eacute;bec dans le silence le plus complet, comme un peuple invisible. <br />
<br />
<strong>La peur du d&eacute;bat</strong><br />
<br />
&Agrave; mon sens, ce qui est le plus grave, ce n'est pas que le Parti qu&eacute;b&eacute;cois, ou ce qu'il est devenu, &eacute;carte l'option de la gratuit&eacute; scolaire; nous le savions d&eacute;j&agrave;. Le plus grave, c'est qu'il ferme la porte au d&eacute;bat. <br />
<br />
On a connu dans les derni&egrave;res ann&eacute;es un Parti qu&eacute;b&eacute;cois d&eacute;chir&eacute;, tortur&eacute; par ses membres (et ses d&eacute;put&eacute;s) qui ne retrouvaient plus cet espace de d&eacute;bat, pourtant toujours si caract&eacute;ristique d'un PQ aux forces opposantes. On peut aussi se souvenir de ce Congr&egrave;s 2010 du PLQ o&ugrave; on avait refus&eacute; d'appuyer la proposition d'un militant de mettre sur pied une commission d'enqu&ecirc;te sur la corruption dans le domaine de la construction. Quand un parti politique ne sait pas jongler avec la d&eacute;licate notion de d&eacute;bat en son sein m&ecirc;me, il y a fort &agrave; se questionner sur sa capacit&eacute; de favoriser la d&eacute;mocratie dans la soci&eacute;t&eacute;. <br />
<br />
Soit on valorise et favorise la d&eacute;mocratie, soit on la contr&ocirc;le en lui donnant seulement les subtiles apparences d'un espace citoyen libre. Dans ce dernier cas, on s'assoit sur une bombe &agrave; retardement, en esp&eacute;rant qu'elle &eacute;clate une fois que nous ne serons plus au pouvoir. <br />
<br />
<strong>Quelques notions de droit international </strong><br />
<br />
Depuis 1976, le Qu&eacute;bec est li&eacute; au Pacte international relatif aux droits &eacute;conomiques, sociaux et culturels, qui stipule entre autres que : <br />
<br />
<em>13. 2. Les &Eacute;tats parties au pr&eacute;sent Pacte reconnaissent qu'en vue d'assurer le plein exercice de ce droit [de toute personne &agrave; l'&eacute;ducation] : c) L'enseignement sup&eacute;rieur doit &ecirc;tre rendu accessible &agrave; tous en pleine &eacute;galit&eacute;, en fonction des capacit&eacute;s de chacun, par tous les moyens appropri&eacute;s et notamment par l'instauration progressive de la gratuit&eacute;.</em><br />
<br />
Il y a eu ce pacte international, puis le printemps &eacute;rable, qui a fait surgir la question de la gratuit&eacute; scolaire &agrave; maintes reprises, puis les recommandations &eacute;tudiantes en ce sens, notamment celles de l'ASS&Eacute;, et, finalement, un Sommet sur l'enseignement sup&eacute;rieur, tout indiqu&eacute; pour d&eacute;battre de la question. Que faut-il de plus pour convaincre le gouvernement qu'il est plus que temps d'aborder le sujet? <br />
<br />
La mondialisation effr&eacute;n&eacute;e du dernier demi-si&egrave;cle a transform&eacute; l'homme et son rapport &agrave; la cit&eacute;. Il est maintenant temps de revoir le cadre &eacute;conomique, mais surtout id&eacute;ologique des soci&eacute;t&eacute;s modernes. Le d&eacute;bat sur l'&eacute;ducation, pour qu'il ait lieu fonci&egrave;rement, doit r&eacute;pondre &agrave; la question de &laquo; qu'est-ce que l'&eacute;ducation? &raquo; plut&ocirc;t que celle du &laquo; combien &ccedil;a co&ucirc;te? &raquo;. Sans cette pr&eacute;misse de r&eacute;flexion, toutes les issues de ce sommet seront vaines et superficielles. <br />
<br />
<em>L'article 13 de ce trait&eacute; rappelle que &laquo; l'&eacute;ducation doit viser au plein &eacute;panouissement de la personne humaine et du sens de sa dignit&eacute; et renforcer le respect des droits de l'homme et des libert&eacute;s fondamentales &raquo;. Il ajoute que &laquo; l'&eacute;ducation doit mettre toute personne en mesure de jouer un r&ocirc;le utile dans une soci&eacute;t&eacute; libre &raquo;.</em><br />
<br />
Il est de la responsabilit&eacute; de notre gouvernement non seulement de veiller &agrave; tendre vers la gratuit&eacute; scolaire, mais d'accorder &agrave; sa population le droit de d&eacute;battre de cette question pleinement et librement sur la place publique. Parce que le principe de la gratuit&eacute; scolaire n'est pas nouveau, il est enracin&eacute; dans la responsabilit&eacute; d'&Eacute;tat du Qu&eacute;bec. Mettre sur pied de faux lieux de d&eacute;bats pour calmer les foudres ne saura qu'engourdir temporairement une fi&egrave;vre vive, et ardente, qui ne saurait que resurgir, t&ocirc;t ou tard. <br />
<br />
&laquo; Quand on n'est pas digne d'avoir des opposants, on a des r&eacute;volt&eacute;s. &raquo; - Jean-Fran&ccedil;ois Revel<br />
<br />
Les &eacute;tudiants ont regagn&eacute; leurs si&egrave;ges, les professeurs leur tableau, parce que l'hiver arrivait sans doute, mais aussi parce que nous avons cru, l'espace de quelques mois, que nous aurions enfin un espace o&ugrave; d&eacute;battre librement. Nous nous sommes laiss&eacute; &eacute;tourdir, une fois de plus. L'odeur de la gr&egrave;ve se fait sentir &agrave; nouveau, parce que, il me semble, le printemps est presque d&eacute;j&agrave; &agrave; nos portes.<br />
<br />
***<br />
<br />
Daniel Turp. <a href="http://www.danielturpqc.org/upload/Turp-_Gratuite_scolaire_et_droit_international-_Notes_pour_une_allocution_2012-03-16.doc" target="_hplink">&laquo; Gratuit&eacute; scolaire et droit international - Le Qu&eacute;bec viole son engagement d'instaurer progressivement la gratuit&eacute; de l'enseignement sup&eacute;rieur &raquo;</a>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/622137/thumbs/s-QUEBEC-PROTESTS-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Réponse à Mathieu Bock-Côté &quot;Un parti souverainiste de droite?&quot;</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/elisabeth-emond/mathieu-bock-cote_b_2233280.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2233280</id>
    <published>2012-12-03T15:51:54-05:00</published>
    <updated>2013-02-02T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Monsieur Bock-Côté, récemment dans votre blogue, vous posiez la question suivante : « Pourquoi y a-t-il des partis souverainistes «de gauche»?

C'est une question toute simple à élucider: Il existe des partis souverainistes de gauche parce qu'indubitablement, le projet collectif doit s'accompagner d'une rupture avec la dépendance politique. De plus, l'insatiable quête de justice et d'égalité de la gauche rend la subordination d'un peuple naturellement insupportable.]]></summary>
    <author>
        <name>Élisabeth Émond</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/"><![CDATA[Monsieur Bock-C&ocirc;t&eacute;, r&eacute;cemment dans votre <a href="http://blogues.journaldemontreal.com/bock-cote/general/un-parti-souverainiste-de-droite/" target="_hplink">blogue</a>, vous posiez la question suivante : &laquo; Pourquoi y a-t-il des partis souverainistes &laquo;de gauche&raquo;?<br />
<br />
C'est une question toute simple &agrave; &eacute;lucider: Il existe des partis souverainistes de gauche parce qu'indubitablement, le projet collectif doit s'accompagner d'une rupture avec la d&eacute;pendance politique. De plus, l'insatiable qu&ecirc;te de justice et d'&eacute;galit&eacute; de la gauche rend la subordination d'un peuple naturellement insupportable. Il manquerait un morceau au casse-t&ecirc;te de la gauche si le d&eacute;bat sur l'ind&eacute;pendance ne faisait pas partie de son analyse. L'erreur que la gauche fait parfois est celle de croire que l'ind&eacute;pendance passera apr&egrave;s le projet collectif alors que le projet collectif est tributaire des pleins pouvoirs sur les politiques de l'&Eacute;tat qu'elle veut r&eacute;former. Si parfois la gauche ne voit pas en l'ind&eacute;pendance une fin en soi, elle n'oublie pas qu'elle est un levier puissant et n&eacute;cessaire aux changements qu'elle id&eacute;alise. <br />
<br />
Afin de clarifier vos propos, la &laquo; gauche &agrave; gauche de la gauche radicale &raquo; dont vous parlez, elle, remet souvent l'id&eacute;e m&ecirc;me de la conception de l'&Eacute;tat en cause. Elle rejette l'id&eacute;e de cette construction &laquo; bourgeoise &raquo;, du d&eacute;coupage territorial impos&eacute; de force aux peuples. Elle pr&ocirc;ne la r&eacute;union des peuples &agrave; l'&eacute;chelle mondiale. Elle ne se questionne pas sur la n&eacute;cessit&eacute; du Qu&eacute;bec d'&ecirc;tre un &Eacute;tat ind&eacute;pendant. Elle ne se questionne pas sur la validit&eacute; de la constitution canadienne ni plus des champs des comp&eacute;tences provincial/f&eacute;d&eacute;ral. Fort probablement que ce que vous nommez la &laquo; gauche de la gauche &raquo;  ou la &laquo; gauche radicale &raquo; ne porte pas r&eacute;ellement sur celle-ci. C'est sans doute la r&eacute;pugnance que vous avez de la gauche qui vous pousse &agrave; le radicaliser plus qu'elle ne l'est en v&eacute;rit&eacute;. <br />
<br />
<strong>L'ind&eacute;pendance comme une fin en soi </strong><br />
<br />
Pour revenir &agrave; votre texte, vous dites que les souverainistes conservateurs et de centre &laquo; voient l'ind&eacute;pendance comme une fin en soi &raquo; en opposition &agrave; une gauche pour laquelle ce ne serait pas le cas. Vous faites une revue tr&egrave;s s&eacute;lective de l'histoire politique qu&eacute;b&eacute;coise. <br />
<br />
Vous semblez croire que Ren&eacute; L&eacute;vesque &eacute;tait de ces centristes (par extension ces &laquo; non-gauchistes &raquo;) qui faisait passer l'ind&eacute;pendance avant tout. Il a toutefois refus&eacute; l'&eacute;lection r&eacute;f&eacute;rendaire (propos&eacute;e par le RIN) dans un contexte qui n'avait pourtant encore jamais connu de jurisprudence en mati&egrave;re d'accession &agrave; l'ind&eacute;pendance. Il a propos&eacute; la &laquo; souverainet&eacute;-association &raquo; plut&ocirc;t que l'ind&eacute;pendance claire, puis accept&eacute; le &laquo; compromis r&eacute;f&eacute;rendaire&raquo; de Morin pour se rendre jusqu'au quasi-suicide du &laquo; beau risque &raquo;. Bref, sans marchander la question nationale pour le projet de soci&eacute;t&eacute;, nous pouvons affirmer sans conteste que Ren&eacute; L&eacute;vesque a compromis l'ind&eacute;pendance du Qu&eacute;bec &agrave; quelques reprises. Cela a sans doute contribu&eacute; plus amplement qu'il n'y parait de prime abord &agrave; l'esp&egrave;ce d'ambigu&iuml;t&eacute; ou de malaise qui habite toujours les rangs du mouvement ind&eacute;pendantiste. Ren&eacute; L&eacute;vesque portait-il r&eacute;ellement le projet d'ind&eacute;pendance comme une fin en soi ou plut&ocirc;t, &agrave; l'instar de Lucien Bouchard, comme un effet secondaire du manque d'ouverture du Canada? La question se pose.<br />
<br />
Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois, de centre, fort d'un parcours tumultueux, a r&eacute;guli&egrave;rement mis l'ind&eacute;pendance de c&ocirc;t&eacute;, par client&eacute;lisme, par int&eacute;r&ecirc;t, par &eacute;lectoralisme ou par qu&ecirc;te du pouvoir. Est-ce mieux que ce que fait la gauche? Dans les deux cas  l'ind&eacute;pendance est souvent remis&eacute;e comme s'il y avait toujours plus urgent &agrave; faire que de la r&eacute;aliser. <br />
<br />
Toutefois, dans le camp de la gauche, nombreux sont ceux qui ont mis de c&ocirc;t&eacute; leurs luttes id&eacute;ologiques et ont port&eacute; l'ind&eacute;pendance comme une fin en soi. Les G&eacute;rald Godin, Andr&eacute;e Ferretti, Pierre Bourgeault, Louise Beaudoin, R&eacute;my Trudel et m&ecirc;me Gilles Duceppe devraient vous rappeler que l'ind&eacute;pendance n'est pas port&eacute;e plus loyalement par la droite qu'elle peut l'&ecirc;tre par la gauche. <br />
<br />
<strong>Pourquoi n'y a-t-il pas de parti souverainiste de droite au Qu&eacute;bec? </strong><br />
<br />
Difficile d'y r&eacute;pondre. Je soul&egrave;ve trois pistes, rapidement: <br />
<br />
Premi&egrave;rement, l'ultime sacrifice? : Vous croyez qu'il n'existe pas de parti souverainiste de droite, parce que les gens de droite sont plus enclins aux compromis qu'ils mettent sur la glace leur id&eacute;ologie pour acc&eacute;der &agrave; l'ind&eacute;pendance. Vous oubliez qu'il n'y a pas de parti de droite &laquo; tout court &raquo;, de droite f&eacute;d&eacute;raliste, non plus, au Qu&eacute;bec. O&ugrave; sont les f&eacute;d&eacute;ralistes de droite? Ils ont aussi sacrifi&eacute; leur id&eacute;ologie pour quoi? Le pouvoir? Doit-on conclure qu'au Qu&eacute;bec la droite ne fait que se sacrifier continuellement pour toutes autres causes? <br />
<br />
Deuxi&egrave;mement, l'arbre qui tombe dans la for&ecirc;t fait-il du bruit? : Peut-&ecirc;tre n'y a-t-il pas autant de gens de droite que vous le pr&eacute;tendez. Il y a lieu de se demander si suffisamment de Qu&eacute;b&eacute;cois sont de droite pour  justifier l'existence d'un parti qui leur serait propre. Peut-&ecirc;tre que la droite n'a pas d'espace &agrave; elle parce qu'elle n'existe pas de mani&egrave;re suffisamment importante. <br />
<br />
Troisi&egrave;mement, l'immobilisme de la droite : L'absence, tout comme le silence, est une bien vaine mani&egrave;re de faire avancer ses id&eacute;es. La gauche poss&egrave;de la force mobilisatrice. C'est souvent par elle que passent les grands renversements, les r&eacute;volutions, les changements politiques majeurs. La gauche poss&egrave;de la force de l'activisme, la fougue. Si le conservatisme souscrit &agrave; une id&eacute;ologie du &laquo; statu quo &raquo;, comparativement &agrave; une gauche qui s'inscrit dans le &laquo; projet collectif &raquo;, peut-&ecirc;tre devrions-nous nous questionner sur l'apport r&eacute;el que l'id&eacute;ologie de droite peut avoir sur le projet collectif qu'est l'ind&eacute;pendance du Qu&eacute;bec. <br />
<br />
<strong>L'ind&eacute;pendance n'est ni &agrave; gauche ni &agrave; droite</strong><br />
<br />
Mais comme vous le dites, l'ind&eacute;pendance n'est ni &agrave; gauche ni &agrave; droite. Paradoxalement,  vous vous acharnez &agrave; trier les ind&eacute;pendantistes dans ces axes pr&eacute;cis, comme si vous pensiez y trouver l&agrave; la cl&eacute; de l'impasse dans laquelle la question nationale est cloisonn&eacute;e. Au final, &agrave; quoi servirait un parti souverainiste de droite? Ce qu'il manquait sur l'&eacute;chiquier politique qu&eacute;b&eacute;cois ces derni&egrave;res ann&eacute;es &eacute;tait un parti ind&eacute;pendantiste au sein duquel l'ind&eacute;pendance n'est ni un hochet, ni une d&eacute;clinaison subtile d'un autre projet. Tout simplement. <br />
<br />
Vous dites &laquo; La cause nationale ne progressera vraiment qu'&agrave; partir du jour o&ugrave; les souverainistes trouveront plus important d'&ecirc;tre souverainistes que de se comporter en &laquo;gauchistes&raquo; ou en &laquo;droitistes&raquo;. &raquo;. Je dirais plut&ocirc;t que la cause nationale ne progressera vraiment qu'&agrave; partir du jour o&ugrave; les partis politiques qui pr&eacute;tendent en &ecirc;tre les porteurs cesseront de la sacrifier. Ni la gauche, ni la droite, ni le pouvoir, ni les int&eacute;r&ecirc;ts partisans ou priv&eacute;s ne devraient avoir pr&eacute;s&eacute;ance sur l'accession du Qu&eacute;bec &agrave; sa libert&eacute; politique. <br />
Ainsi, il aurait &eacute;t&eacute; plus juste de titrer votre article comme suit : &laquo; &Agrave; quand un parti r&eacute;solument ind&eacute;pendantiste? &raquo;. <br />
<br />
Cette question, nous y r&eacute;pondions le 31 octobre 2011 en fondant Option nationale.]]></content>
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    <title>La Commission Charbonneau ou le supplice de la goutte d'eau</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.2082840</id>
    <published>2012-11-06T16:08:49-05:00</published>
    <updated>2013-01-06T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Depuis quelques jours, les têtes tombent les unes après les autres. On sent l'énervement, la fébrilité de la population, assoiffée de détails sur un milieu qu'on ne découvre généralement que dans les films, et de manière très séduisante. On sent aussi le découragement, ou même parfois l'indifférence « bah, ça faisait longtemps qu'on s'en doutait ». Pour ma part, je suis cette saga avec un brin de cruauté : qui sera le prochain à tomber?]]></summary>
    <author>
        <name>Élisabeth Émond</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/"><![CDATA[<blockquote>&laquo; <em>Les brutes &eacute;panouies qui se rasent le matin en riant aux &eacute;clats de leur infamie sont assez rares. H&eacute;las, les tueurs gouvernementaux ont g&eacute;n&eacute;ralement une allure polic&eacute;e et un discours correct.</em> &raquo; - Alexandre Jardin</blockquote><br />
<br />
Depuis quelques jours, les t&ecirc;tes tombent les unes apr&egrave;s les autres. <br />
<br />
On sent l'&eacute;nervement, la f&eacute;brilit&eacute; de la population, assoiff&eacute;e de d&eacute;tails sur un milieu qu'on ne d&eacute;couvre g&eacute;n&eacute;ralement que dans les films, et de mani&egrave;re tr&egrave;s s&eacute;duisante. On sent aussi le d&eacute;couragement, ou m&ecirc;me parfois l'indiff&eacute;rence &laquo; bah, &ccedil;a faisait longtemps qu'on s'en doutait &raquo;. Pour ma part, je suis cette saga avec un brin de cruaut&eacute; : qui sera le prochain &agrave; tomber? <br />
<br />
Une chose qui me pla&icirc;t aussi, c'est de m'imaginer ce que doivent ressentir ces criminels, quand ils se mettent &agrave; vouloir fuir, ou qui, paniqu&eacute;s, d&eacute;cident de lever la main dans l'urgence pour prendre la parole et vider leur sac. Comme cette culpabilit&eacute; palpable dans &laquo; The tell-tale heart &raquo;, qui vous rend fou et vous pousse &agrave; tout avouer. Pour ceux qui ne sont pas encore rendus &agrave; ce point de rupture, je les imagine assis sur le bout des fesses sur le bord du lit d'une chambre d'h&ocirc;tel, &agrave; regarder la t&eacute;l&eacute;, une petite goutte de sueur au front, en priant le ciel que leur nom ne sorte pas au grand jour. <br />
<br />
Hier soir le maire Tremblay a d&eacute;missionn&eacute;. Tr&egrave;s peu de surprise et beaucoup d'enrobage comme pour conserver l'image d'un maire dont on pourrait &ecirc;tre fiers si l'envie nous prenait. <br />
<br />
Le plus grave, c'est que ce sont des criminels &agrave; cravates, des &eacute;lus, des gens de confiances, des personnalit&eacute;s publiques, des compatriotes, des citoyens parmi nous. Ce sont sans doute les plus dangereux des criminels parce que ce n'est pas la folie passag&egrave;re qui les prend. C'est plut&ocirc;t la rationalisation et la l&eacute;gitimation d'un acte criminel qui s'op&egrave;re et se renforce jour apr&egrave;s jour. Le crime institutionnalis&eacute; est sans doute le pire des crimes parce qu'il est difficile &agrave; contester, il devient &laquo; norme &raquo;. L'Histoire est remplie de ces criminels &laquo; corrects &raquo;. <br />
<br />
<blockquote>&laquo; <em>Des &ecirc;tres apparemment r&eacute;glo - et qui le sont sans doute - peuvent &ecirc;tre m&ecirc;l&eacute;s aux plus viles actions d&egrave;s lors qu'ils se coulent dans un contexte qui donne un sens &agrave; leurs actes. Lorsqu'un individu dot&eacute; d'une vraie colonne vert&eacute;brale morale s'aventure dans un cadre mal&eacute;fique, il n'est plus n&eacute;cessaire d'&ecirc;tre le diable pour le devenir. Le d&eacute;crochement &eacute;thique a d&eacute;j&agrave; eu lieu, sa folle dynamique est enclench&eacute;e. Inexorable et fatalement  ignoble. </em>&raquo; - Alexandre Jardin, Des gens tr&egrave;s bien, 2010</blockquote><br />
<br />
Malgr&eacute; le fait que leurs aveux grin&ccedil;ants ont parfois su r&eacute;veiller notre fibre compatissante, je crois qu'ils auront eu au final, quelque chose qui doit ressembler &agrave; une lente et douloureuse crise cardiaque. Le supplice de la goutte d'eau, ce sera toujours &ccedil;a de pris non ?<br />
<br />
Ce qui me chicote dans toute cette histoire, c'est que j'ai du mal &agrave; croire que ces mafieux, ces arnaqueurs, ces trafiquants aient r&eacute;ussi &agrave; cacher leur jeu toutes ces ann&eacute;es &agrave; leur entourage. Dans certains cas, on a m&ecirc;me suppos&eacute; qu'il devenait &laquo; difficile &raquo; de d&eacute;penser les sommes d'argent amass&eacute;es sans que la conjointe (ou la famille) ne s'en aper&ccedil;oive. Incroyable. J'imagine que les conjointes trouveront l&agrave; une porte de sortie toute bien indiqu&eacute;e, qu'il vaut parfois mieux prendre trop tard que jamais. <br />
<br />
Par contre, je ne suis pas si na&iuml;ve. Je sais que pour chaque d&eacute;mission que nous verrons au grand jour, il se cachera dans la p&eacute;nombre des dizaines, voire des centaines de personnes qui auront &eacute;t&eacute; d'une mani&egrave;re ou d'une autre, t&eacute;moin de ces trafics. Ces gens ne seront peut-&ecirc;tre jamais jug&eacute;s, du moins jamais sur la place publique. Je n'ai pas plus de respect pour ceux qui regardent et implicitement consentent, que ceux qui passent &agrave; l'action. Je ne doute pas une seule seconde que ces personnes, malgr&eacute; l'anonymat, tremblent parfois quand on converse &agrave; la l&eacute;g&egrave;re avec eux, de ces histoires incroyables qui semblent tout droit sorties d'un film d'Al Pacino. Vous remarquerez le tr&eacute;molo dans leur voix ou leurs mains f&eacute;briles cherchant &agrave; s'occuper maladroitement. <br />
<br />
Je crois aussi sinc&egrave;rement qu'il faut que nous soyons une rel&egrave;ve forte pour purger le monde politique de ces ignobles serviteurs. Je nous esp&egrave;re capables de meilleurs et de plus grands desseins pour l'avenir du Qu&eacute;bec, et de la m&eacute;tropole. Alors nous pourrons nous regarder fi&egrave;rement (m&ecirc;me un peu narquoisement) et nous dire que finalement,  c'est peut-&ecirc;tre vrai que ce sont les bons qui gagnent &agrave; la fin.<br />
<br />
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<br><br />
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    <title>Le retour de Godin</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/elisabeth-emond/gerald-godin_b_1878884.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1878884</id>
    <published>2012-09-13T08:20:38-04:00</published>
    <updated>2012-11-13T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Gérald Godin est méconnu, comme le sont plusieurs poètes et politiciens de l'histoire du Québec. C'est bien triste de réaliser qu'une génération entière (peut-être plus) a été privée de cette richesse historique, de cette mémoire survivante. Ma génération n'a connu que des histoires de référendums volés, de « love-in » hypocrite, de scandale des commandites, de commission Charbonneau, de ponts qui tombent, de scandale des garderies, de mafia, de corruption, de financement illégal et surtout, de partis politiques qui s'écroulent, les uns après les autres.]]></summary>
    <author>
        <name>Élisabeth Émond</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/"><![CDATA[Un merci tout sp&eacute;cial &agrave; Simon Beaulieu, r&eacute;alisateur de <em>Godin - le film <br />
</em><br />
<br />
En lisant le texte &laquo; <a href="http://www.ledevoir.com/politique/elections-2012/358536/la-main-des-vivants" target="_hplink">La main des vivants </a>&raquo; dans le Devoir, je d&eacute;couvrais une fois de plus la passion que plusieurs des miens partagent pour G&eacute;rald Godin. Cette fois c'&eacute;tait Catherine Dorion, militante d'Option nationale. Dans la derni&egrave;re ann&eacute;e, nous avons vu un retour en force des r&eacute;f&eacute;rences aux l&eacute;gendaires &laquo; Pauline et Godin &raquo;. Pour ma part, c'est le documentaire <a href="http://www.godin-lefilm.com" target="_hplink"><em>Godin-le film</em></a> que j'ai eu la chance de voir sur grand &eacute;cran, qui m'a compl&egrave;tement investi d'une profonde admiration pour cet homme. &Eacute;tait-ce l'homme? Le po&egrave;te? Le discours du politicien? L'amour qu'il portait &agrave; sa Pauline? La m&eacute;lancolie d'une &eacute;poque? Fort probablement un doux m&eacute;lange de tout &ccedil;a. <br />
<br />
G&eacute;rald Godin est m&eacute;connu, comme le sont plusieurs po&egrave;tes et politiciens de l'histoire du Qu&eacute;bec. C'est bien triste de r&eacute;aliser qu'une g&eacute;n&eacute;ration enti&egrave;re (peut-&ecirc;tre plus) a &eacute;t&eacute; priv&eacute;e de cette richesse historique, de cette m&eacute;moire survivante. <br />
<br />
Vivement que ma g&eacute;n&eacute;ration ait redonn&eacute; vie &agrave; Pauline et Godin, notamment ceux qui, comme moi, courtisent la politique qu&eacute;b&eacute;coise de pr&egrave;s. C'est l'espoir encore qui nous gagne, tranquillement. Comment aurions-nous pu d&eacute;fendre une culture que nous laissions prendre poussi&egrave;re dans nos greniers? Comment aurions-nous pu reb&acirc;tir les ponts sans savoir que l'autre rive n'&eacute;tait finalement pas si loin? Comment aurions-nous pu porter ce grand projet d'ind&eacute;pendance du Qu&eacute;bec sans conna&icirc;tre le courage, l'int&eacute;grit&eacute;, les compromis, et la difficult&eacute; qu'il exige? C'&eacute;tait un passage oblig&eacute; pour la suite des choses. <br />
<br />
<strong>Pourquoi Godin aujourd'hui?</strong><br />
<br />
Ma g&eacute;n&eacute;ration n'a connu que des histoires de r&eacute;f&eacute;rendums vol&eacute;s, de &laquo; love-in &raquo; hypocrite, de scandale des commandites, de commission Charbonneau, de ponts qui tombent, de scandale des garderies, de mafia, de corruption, de financement ill&eacute;gal et surtout, de partis politiques qui s'&eacute;croulent, les uns apr&egrave;s les autres. Ne vous &eacute;tonnez pas que nous soyons &agrave; la recherche d'un projet plus grand, plus porteur. <br />
<br />
Un ami m'&eacute;crivait hier : &laquo; Une impasse comme celle que vit le Qu&eacute;bec actuellement, ne peut trouver, &agrave; mon sens, autre chose de plus inspirant que ce que Godin incarne ou incarnait. &raquo;. Nous cherchons dans les Leclerc, Vigneault, Miron et Godin (pour ne nommer qu'eux), des mots endormis qui nous consoleraient du terrible bilan que nous faisons du Qu&eacute;bec actuel. Ma g&eacute;n&eacute;ration a-t-elle le droit d'exiger autre chose? La r&eacute;ponse se trouve dans l'histoire de Godin : oui. &laquo; Il &eacute;tait une fois, des politiciens engag&eacute;s, des po&egrave;tes, des passionn&eacute;s, qui si&eacute;geaient &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale... &raquo;. <br />
<br />
Ma g&eacute;n&eacute;ration est celle qui succ&egrave;de &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; la confiance et le dialogue se sont bris&eacute;s. Nous sommes les enfants d'une g&eacute;n&eacute;ration qui a manqu&eacute; affreusement de po&eacute;sie. Nous sommes les survivants d'un Qu&eacute;bec individualis&eacute;, ab&icirc;m&eacute;, affaibli, &eacute;go&iuml;ste, engourdi par le froid d'un hiver qui n'en finissait plus. Nous avons m&ecirc;me provoqu&eacute; le printemps, comme pour le r&eacute;veiller. <br />
<br />
Des ann&eacute;es apr&egrave;s Godin, nous sommes encore nombreux, sinon plus, &agrave; &ecirc;tre convaincus que le Qu&eacute;bec a besoin de son ind&eacute;pendance pour fleurir. Nous sommes encore plusieurs, sinon plus, &agrave; croire que le projet de pays devra se faire main dans la main avec les Autochtones, les allophones, les anglophones, les immigrants, avec Montr&eacute;al. Bien &eacute;videmment que Godin nous inspire. <br />
<br />
Godin repr&eacute;sentait cette vision actuelle et d&eacute;complex&eacute;e d'un Montr&eacute;al et d'un Qu&eacute;bec en changement. Il portait en lui, comme un secret, son empathie profonde pour les siens, le &laquo; petit monde &raquo;. Son po&egrave;me <a href="https://docs.google.com/document/pub?id=1Zkn7TZuqlqwnuiCYe-pSkF5vOGVLdRgcoRTl0I-5JrI" target="_hplink"><em>T'en souviens-tu, Godin ?</em></a> en sera la plus vive expression. C'&eacute;tait un de ces hommes de col&egrave;re et d'indignation dont les mots crus parfois, servaient &agrave; r&eacute;veiller la ville, comme le faisaient jadis les carillons de nos &eacute;glises le dimanche matin. Godin aura sacrifi&eacute; sans doute beaucoup pour ce combat que ma g&eacute;n&eacute;ration reprend, confiante d'&ecirc;tre &agrave; la hauteur. <br />
<br />
Comme ma coll&egrave;gue, je trimballe ce petit bout d'histoire dans mes poches,  comme un point de rep&egrave;re, une boussole, qui nous permet d'&eacute;voluer dans ce monde politique en n'oubliant jamais tout ce que cette t&acirc;che exige. Nous avons besoin de la m&eacute;moire des grands, de leur fougue, de leur enseignement, de leur sagesse. Notre discours s'arrime aux leurs, comme une &eacute;trange impression de d&eacute;j&agrave; vu, ou de retard sur notre destin&eacute;e. <br />
<br />
Comme Godin, nous cherchons dans l'ombre du militantisme ou de la plume &agrave; b&acirc;tir un pays. Comme lui, nous tiendrons t&ecirc;te &agrave; la mort et &agrave; l'adversit&eacute;, les &eacute;paules droites,  debout bient&ocirc;t, sur nos bancs de l'Assembl&eacute;e nationale. <br />
<br />
&laquo; Quand je veux d&eacute;lasser mon esprit, ce n'est pas l'honneur que je cherche, c'est la libert&eacute;.&raquo; - <em>G&eacute;rald Godin</em>  <br />
<br />
<br />
<strong>Pour d&eacute;couvrir G&eacute;rald Godin : </strong><br />
<br />
<a href="https://docs.google.com/document/pub?id=1Y5EXd9I44YL12zacDJqreHos2C0yRFbjmtvzhBCPIAk" target="_hplink">Libert&eacute;s surveill&eacute;es</a><br />
<br />
<a href="https://docs.google.com/document/pub?id=1Q3gG004Fv-JQXW32AzJ7HGT0UuFF9C80bw2x41HsbCc" target="_hplink">Tango de Montr&eacute;al</a> (c&eacute;l&egrave;bre po&egrave;me de la station de m&eacute;tro Mont-Royal)<br />
<br />
<strong>Pour d&eacute;couvrir Pauline Julien (paroles de chansons)</strong><br />
<br />
<a href="https://docs.google.com/document/pub?id=1VD9casKoGUIq7VnPINgwiyTgOPTyMwpTuIYDAyjN2Hk" target="_hplink">Le temps des vivants</a> <br />
<br />
<a href="https://docs.google.com/document/pub?id=1LrOgJ0awvxV3OJSLKH_b-HOFjU6-SQpOSA2bPfGsS9Y" target="_hplink">Mommy</a>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/759018/thumbs/s-PQ-VICTORY-QUEBEC-ECONOMY-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
</entry>

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    <title>«Je tiens bon le temps, je tiens bon l'espérance»</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/elisabeth-emond/lendemain-election_b_1860013.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1860013</id>
    <published>2012-09-06T13:03:16-04:00</published>
    <updated>2012-11-06T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Hier matin c'était tranquille dans ma ruelle. Je ne sais pas si  c'est juste moi qui aie ralenti le tempo, ou la ville au complet. Il me semble que ça grouillait la veille, nous dans les quartiers généraux, dans les débats, dans les journaux, eux sur le perron, au coin de la rue, au dépanneur, dans la ruelle. Il me semble qu'il m'était impossible de sortir de chez moi sans tomber sur un voisin assoiffé d'analyses et de prédictions « pis, qui c'est qui va être élu tu penses ?». Ce matin il n'y avait personne. D'un bout à l'autre de la ruelle. Au dépanneur par contre, plus un seul journal. C'est peut-être ça qu'ils faisaient les gens, ils lisaient et relisaient et réfléchissaient. .]]></summary>
    <author>
        <name>Élisabeth Émond</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/"><![CDATA[Hier matin c'&eacute;tait tranquille dans ma ruelle. <br />
<br />
Je ne sais pas si  c'est juste moi qui aie ralenti le tempo, ou la ville au complet. Il me semble que &ccedil;a grouillait la veille,&nbsp;nous&nbsp;dans les quartiers g&eacute;n&eacute;raux, dans les d&eacute;bats, dans les journaux,&nbsp;eux sur le perron, au coin de la rue, au d&eacute;panneur, dans la ruelle. Il me semble qu'il m'&eacute;tait impossible de sortir de chez moi sans tomber sur un voisin assoiff&eacute; d'analyses et de pr&eacute;dictions &laquo;&nbsp;pis,&nbsp;qui c'est qui va &ecirc;tre &eacute;lu&nbsp;tu penses&nbsp;?&raquo;. Ce matin il n'y&nbsp;avait&nbsp;personne. D'un bout &agrave; l'autre de la ruelle. <br />
<br />
Au d&eacute;panneur par contre,&nbsp;plus&nbsp;un seul journal. C'est peut-&ecirc;tre &ccedil;a qu'ils faisaient les gens, ils lisaient et relisaient et r&eacute;fl&eacute;chissaient. <br />
<br />
Peut-&ecirc;tre que c'est septembre aussi qui nous repose, avec son odeur de rentr&eacute;e scolaire. C'est peut-&ecirc;tre la fin des vacances, et le retour apaisant d'une r&eacute;gularit&eacute; d'habitude qui s'installe. Peut-&ecirc;tre que les joueux de casseroles se sont remis &agrave; leurs bouquins, comme paniqu&eacute;s devant le retard et les travaux accumul&eacute;s, r&eacute;alisant que les r&eacute;volutions qu&eacute;b&eacute;coises n'auront jamais la gueule de la R&eacute;volution fran&ccedil;aise, ni de mai 68. On se l&egrave;ve un matin, et on r&eacute;alise que la n&ocirc;tre est finie. Ah oui&nbsp;? Tiens donc. <br />
<br />
C'est&nbsp;peut-&ecirc;tre&nbsp;la peur de la violence, et l'ins&eacute;curit&eacute; qu'on ressent tous quand on regarde, impuissants, des images qui tournent en boucle &laquo;&nbsp;d'un homme, d'un fusil, d'un mort, et d'un homme, d'un fusil, d'un mort, et...&nbsp;&raquo;. Quand on voit une premi&egrave;re ministre se faire sortir de sc&egrave;ne par ses gardes du corps, &ccedil;a laisse un go&ucirc;t amer dans la bouche et des frissons dans le dos. On est peut-&ecirc;tre mieux tranquilles &agrave; la maison finalement. <br />
<br />
C'est peut-&ecirc;tre aussi que &ccedil;a fait un an qu'on s'attend &agrave; des &eacute;lections &laquo;&nbsp;boite &agrave; surprise&nbsp;&raquo;. &Agrave; ce compte, on devrait sans doute s'&eacute;viter tous ces sondages qui volent le &laquo; punch &raquo; et qui nous donnent l'impression qu'&laquo;&nbsp;on le savait d&eacute;j&agrave; dans le fond&nbsp;&raquo;, qu' &laquo;&nbsp;on l'avait vu venir&nbsp;&raquo;. &Ccedil;a manque peut-&ecirc;tre de piquant. Finalement, je me demande de quoi on se serait parl&eacute; si on s'&eacute;tait crois&eacute;s dans la ruelle ce matin, les voisins et moi&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;t'as vu, le petit L&eacute;o est rentr&eacute;&nbsp;!&raquo;. On &eacute;taient peut-&ecirc;tre mieux de se taire finalement. <br />
<br />
C'est peut-&ecirc;tre aussi ce malaise qui nous habite, qui nous travaille. Comment se fait-il qu'apr&egrave;s le printemps qu&eacute;b&eacute;cois, seulement 74,61 % des gens sont all&eacute;s voter. On se serait attendu &agrave; 80%, 85%.  Une personne sur 4, chez nous, notre monde, n'est pas all&eacute; voter malgr&eacute; l'urgence de la situation qu'on a d&eacute;peinte, d&eacute;cri&eacute;e, d&eacute;nonc&eacute;e, partout, tous les jours, depuis des mois. <br />
<br />
C'est peut-&ecirc;tre parce que les gens sont f&acirc;ch&eacute;s aussi qu'ils ne sortent pas aujourd'hui. F&acirc;ch&eacute;s qu'apr&egrave;s le printemps qu&eacute;b&eacute;cois, le PQ a eu moins de votes en pourcentage qu'en 2008, et seulement 3 si&egrave;ges de plus. On n'appelle pas &ccedil;a un revirement de situation. C'est peut-&ecirc;tre juste une tr&ecirc;ve du PLQ, tann&eacute; de la gr&egrave;ve, comme les &eacute;tudiants. &laquo;&nbsp;- On prend une pause&nbsp;? - Ok&nbsp;!&nbsp;&raquo;. Le PQ n'a rien allum&eacute; encore cette fois, je me demande m&ecirc;me s'il reste de la braise au fond. Il a gagn&eacute; par d&eacute;faut dans une conjoncture parfaite, mais dans une proportion g&ecirc;nante. &Agrave; l'inverse,&nbsp;le PLQ a perdu moins de 4500 votes entre 2012 et 2008. &Agrave; croire qu'on ne vit pas tous sur la m&ecirc;me plan&egrave;te. <br />
<br />
C'est peut-&ecirc;tre aussi le regret d'avoir vot&eacute; &laquo;&nbsp;strat&eacute;gique&nbsp;&raquo; qui surit le go&ucirc;t de la victoire. Je ne sais pas. Je sais seulement que Charest a perdu fort probablement &agrave; cause de la division de son vote avec la CAQ, que &ccedil;a doit bien faire l'affaire du PQ finalement cette division. Je sais aussi par contre que c'est le PQ qui avait peur de la division du vote,&nbsp;qui a fait du millage avec &ccedil;a&nbsp;contre&nbsp;ON et QS pendant 36 jours. Mais il me semble que pour le PQ, dans Nicolet-B&eacute;cancour, la division devenait une vengeance et que c'&eacute;tait correct. C'est m&ecirc;lant dans le fond,&nbsp;vient&nbsp;un temps o&ugrave; on ne sait plus &ccedil;a sert&nbsp;&agrave; qui, ou &agrave; quoi, ce vote strat&eacute;gique. Bref, le vote strat&eacute;gique, les gens sont peut-&ecirc;tre tann&eacute;s. J'esp&egrave;re. C'est peut-&ecirc;tre cach&eacute;s chez eux qu'ils ont eu envie de se demander pourquoi ils n'&eacute;taient pas si fiers ce matin. &Ccedil;a ne nourrit pas &ccedil;a, le vote strat&eacute;gique. <br />
<br />
Dans tous les cas, ce qui m'a glac&eacute; le sang hier dans ma ruelle, c'&eacute;tait le silence surprenant de mon quartier. C'&eacute;tait le choc de r&eacute;aliser que peut-&ecirc;tre, apr&egrave;s de profondes luttes sociales qui l'ont anim&eacute; sans rel&acirc;che depuis le printemps dernier, mon pays s'&eacute;tait rendormi. Ce qui est le plus dangereux dans tout &ccedil;a, c'est de tomber dans le pi&egrave;ge de croire que c'est termin&eacute;. Parce&nbsp;que m&ecirc;me si je sais que c'est dur de s'indigner, que c'est long d'attendre la victoire, que &ccedil;a fatigue, que &ccedil;a ab&icirc;me; je pr&eacute;f&egrave;re toujours mon Qu&eacute;bec debout dehors&nbsp;fatigu&eacute;, qu'endormi, cloitr&eacute;, qui abandonne. <br />
<br />
Mais en y repensant bien, je me suis dit que c'&eacute;tait rassurant ce silence. Il est sans doute, en quelque sorte, le r&eacute;sultat d'un pays qui se r&eacute;fl&eacute;chit, qui se questionne. Je ne suis pas inqui&egrave;te&nbsp;: le bourdonnement reprendra de plus belle, tranquillement. Les luttes ne s'arr&ecirc;tent pas quand on les porte en soi. <br />
<br />
M&ecirc;me si elles se reposent parfois, en silence. <br />
<br />
<em>&laquo;&nbsp;Je tiens bon&nbsp;le temps,&nbsp;je tiens bon&nbsp;l'esp&eacute;rance&nbsp;&raquo; - Gaston Miron</em><br />
<br />
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    <title>Que les casseroles résonnent</title>
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    <published>2012-08-27T11:01:26-04:00</published>
    <updated>2012-10-27T05:12:03-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le tintamarre des casseroles a visiblement assourdi quelques-uns de mes compagnons de guerre, qui avant aujourd'hui, plaçaient l'indépendance avant tout, y compris dans l'urne. Aujourd'hui, notre chemin se sépare, moi chez Option nationale, eux au Parti québécois. Je vous comprends. C'est déchirant. Mais si je vous résume la situation: il y a trois luttes prépondérantes aujourd'hui: celle de sortir nos vidanges, celle de la hausse des droits de scolarité,  et celle de l'indépendance. Le PQ ne peut répondre qu'à la première. Vous sacrifiez donc les deux autres.]]></summary>
    <author>
        <name>Élisabeth Émond</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/"><![CDATA[Le tintamarre des casseroles a visiblement assourdi quelques-uns de mes compagnons de guerre, qui avant aujourd'hui, pla&ccedil;aient l'ind&eacute;pendance avant tout, y compris dans l'urne. Aujourd'hui, notre chemin se s&eacute;pare, moi chez Option nationale, eux au Parti qu&eacute;b&eacute;cois. <br />
<br />
Je vous comprends. C'est d&eacute;chirant. Mais si je vous r&eacute;sume la situation: il y a trois luttes pr&eacute;pond&eacute;rantes aujourd'hui: celle de sortir nos vidanges, celle de la hausse des droits de scolarit&eacute;,  et celle de l'ind&eacute;pendance. Le PQ ne peut r&eacute;pondre qu'&agrave; la premi&egrave;re. Vous sacrifiez donc les deux autres. <br />
<br />
Inutile de vous rappeler le tintamarre de vos chaudrons, qui avant d'&ecirc;tre la r&eacute;sonnance contre quelque chose &eacute;tait d'abord et avant tout de bruyantes et sinc&egrave;res revendications sociales. <br />
<br />
Si le PQ gagne cette fois, le Qu&eacute;bec sera couvert d'un silence glacial qui malheureusement m&egrave;nera &agrave; l'hibernation la plus compl&egrave;te de nos chaudrons, pourtant encore f&eacute;briles d'&eacute;motions. &Agrave; m&eacute;nager la ch&egrave;vre et le chou encore une fois, nous dormirons tranquilles en nous disant que &laquo;c'est pas si pire&raquo;.  <br />
<br />
Chers amis, je ne veux pas plus que vous d'un autre gouvernement lib&eacute;ral. Comme je ne veux surtout pas non plus d'un gouvernement caquiste. Mais ce qui me fait peur, c'est que dans l'urgence de la situation, nous ne prenions pas le temps d'&ecirc;tre rationnels et de voir &agrave; long terme. Comme des gr&eacute;vistes, l'hiver, qui ont froid et faim, et qui se convainquent maladroitement que le patronat vient de leur faire une offre &laquo; pas si pire &raquo; et qui la signe, le ventre criant, les doigts craquant sous le poids de la plume.<br />
 <br />
Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois s'est jou&eacute; de nous souvent. Comme un conjoint qui vous dit que cette fois, pour vrai, il va changer. Il faut du courage pour croire en soi, du courage pour faire sa valise, du courage pour repartir &agrave; z&eacute;ro. Mais sans ce courage, ne reste plus qu'&agrave; mourir lentement, dans l'attente d'un changement qui, fort probablement, ne viendra jamais. <br />
<br />
Ce qu'il faut au Qu&eacute;bec, c'est de rallumer la flamme de l'ind&eacute;pendance &eacute;videmment, mais c'est aussi de croire en nous beaucoup plus fort. Croire en nous assez pour leur dire dans l'urne que c'est fini. Dire au Parti qu&eacute;b&eacute;cois qu'il a fait fausse route, qu'il a abandonn&eacute; son objectif premier au profit de la gouvernance et du pouvoir, et que nous, les ind&eacute;pendantistes, nous ne le suivrons pas dans ce ravin. <br />
<br />
Il n'a jamais &eacute;t&eacute; facile d'&ecirc;tre souverainiste, ni de remonter les montagnes apr&egrave;s les chutes terribles que nous avons connues, mais ce qui fait la force de ce que nous sommes, c'est notre capacit&eacute; &agrave; nous relever, &agrave; nous reb&acirc;tir. <br />
<br />
Pour ma part, je sacrifie pour l'instant le pouvoir, confiante et assur&eacute;e qu'&agrave; long terme il l'obtiendra. Mais je tiens d'abord &agrave; envoyer le message que l'ind&eacute;pendance n'est pas un hochet et que l'&eacute;ducation est une richesse. Si je votais pour le PQ ce 4 septembre, j'enverrais le message inverse. <br />
<br />
Si je votais pour le Parti qu&eacute;b&eacute;cois, je perdrais assur&eacute;ment mes &eacute;lections parce que j'aurais reni&eacute; les plus fondamentales des causes qui m'habitent et m'animent. <br />
<br />
Que les casseroles r&eacute;sonnent.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--243346--HH><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--243569--HH>]]></content>
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    <title>Lettre à Gilles Duceppe d'une ancienne militante du Bloc québécois</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1696265</id>
    <published>2012-07-24T06:34:06-04:00</published>
    <updated>2012-09-23T05:12:09-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Bravo Monsieur Duceppe d'aller scander bien haut votre indignation face à la division du vote. Vous ne faites que renforcer ma position. Je suis justement lasse qu'on prenne mon vote pour acquis, comme si, peu importe ce qui se passait au Parti québécois, mon vote leur appartenait. Quand le Parti québécois m'accordera le droit d'user de mon propre jugement pour décider du parti qui me rejoint le plus, alors il aura déjà franchi une belle étape de maturité politique, ou peut-être de respect de la démocratie.]]></summary>
    <author>
        <name>Élisabeth Émond</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/elisabeth-emond/"><![CDATA[Bravo Monsieur Duceppe d'aller scander bien haut votre indignation face &agrave; la division du vote. Vous ne faites que renforcer ma position.<br />
<br />
Je suis justement lasse qu'on prenne mon vote pour acquis, comme si, peu importe ce qui se passait au Parti qu&eacute;b&eacute;cois, mon vote leur appartenait. Vous n'&ecirc;tes pas sans savoir Monsieur Duceppe, ce qui arrive aux partis qui prennent leur &eacute;lectorat, leur population ou leurs militants pour acquis.  Vous avez &eacute;t&eacute; chanceux toutefois, vous pouvez toujours pr&eacute;tendre que vous ne l'aviez pas venu venir, mais le Parti qu&eacute;b&eacute;cois n'a pas ce luxe.<br />
<br />
Quand le Parti qu&eacute;b&eacute;cois m'accordera le droit d'user de mon propre jugement pour d&eacute;cider du parti qui me rejoint le plus, alors il aura d&eacute;j&agrave; franchi une belle &eacute;tape de maturit&eacute; politique, ou peut-&ecirc;tre de respect de la d&eacute;mocratie. Pour l'instant, le Parti qu&eacute;b&eacute;cois est le seul responsable du m&eacute;contentement, de la d&eacute;sillusion, du cynisme qui a habit&eacute; plusieurs de ses membres, et m&ecirc;me de ses d&eacute;put&eacute;s. Vous ne pouvez en aucun cas nous reprocher de prendre position, de vouloir quelque chose de diff&eacute;rent, de penser diff&eacute;remment, de vouloir mieux, et peut-&ecirc;tre m&ecirc;me, de pouvoir mieux.<br />
<br />
Ce qui m'attriste, c'est qu'aujourd'hui le message que le Parti qu&eacute;b&eacute;cois, et que vous Monsieur Duceppe, tentez de nous faire avaler, c'est que peu importe si un citoyen est m&eacute;content d'un parti, d'un chef, d'un programme, de la d&eacute;mocratie d'un parti, et bien s'il a toujours vot&eacute; pour lui avant, il doit continuer de le faire. Peu importe ce qu'il pense. Ce message est d&eacute;faitiste, vide, amer et sombre.<br />
<br />
Ce qui m'appara&icirc;t paradoxal aussi dans ce discours, c'est que vous esp&eacute;rez qu'on ne vote pas massivement pour le PLQ encore une fois aux prochaines &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales. Pourtant, si les citoyens qui n'aiment pas &laquo; le parti, le chef, le programme et la d&eacute;mocratie de parti du PLQ &raquo; doivent quand m&ecirc;me voter pour le PLQ puisqu'ils l'ont toujours fait avant, le PQ n'est pas sorti du bois. Ceux qui font &ccedil;a s'inscrivent dans un comportement corporatiste et &eacute;lectoraliste qui est loin d'&ecirc;tre reluisant pour l'image de la politique au Qu&eacute;bec. En sommes-nous l&agrave;, en 2012? Vraiment?<br />
<br />
Je milite parce que je crois qu'on peut changer les choses, que les soci&eacute;t&eacute;s, comme les institutions d&eacute;mocratiques et davantage les partis, doivent se renouveler, s'adapter, s'actualiser et finalement veiller &agrave; la prosp&eacute;rit&eacute; des g&eacute;n&eacute;rations suivantes. Vous entrez en profonde contradiction avec ces principes qui m'habitent. Aujourd'hui, &agrave; quelques jours d'un d&eacute;clenchement &eacute;lectoral, &agrave; quelques semaines d'un probable gouvernement du Parti qu&eacute;b&eacute;cois, j'ai beaucoup plus d'espoir en voyant que certains osent encore quitter les rangs du PQ par principe qu'en voyant ceux qui les rejoignent &agrave; la h&acirc;te, par int&eacute;r&ecirc;t personnel. <br />
<br />
Qu'on soit f&eacute;d&eacute;raliste, souverainiste, de centre, de droite ou de gauche, le principe m&ecirc;me de la d&eacute;mocratie repose sur le droit des citoyens d'appuyer le parti qui repr&eacute;sente au mieux de leur connaissance leurs int&eacute;r&ecirc;ts. Accordez-moi un peu de respect en faisant confiance en mon jugement : le Parti qu&eacute;b&eacute;cois n'est d&eacute;finitivement pas le parti qui repr&eacute;sente le mieux mes int&eacute;r&ecirc;ts et, en cons&eacute;quence, il n'aura pas mon vote.<br />
Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois ne d&eacute;tient pas le monopole du vote souverainiste, nationaliste ou progressiste au Qu&eacute;bec, comme il ne d&eacute;tient aucun vote d'aucune mani&egrave;re. S'il est pass&eacute; ma&icirc;tre dans l'art de contr&ocirc;ler son Congr&egrave;s, je vous certifie que le Parti qu&eacute;b&eacute;cois ne pourra jamais contr&ocirc;ler o&ugrave; nous apposerons notre X aux prochaines &eacute;lections.<br />
<br />
Cette vieille politique, cet abrutissement populaire, cet engouement pour un militantisme servile qui remet rarement les choses en question ou en perspective, je veux en d&eacute;barrasser les g&eacute;n&eacute;rations qui nous succ&eacute;deront. Moi, et tous ceux qui ont quitt&eacute; vos rangs, au Bloc et au Parti qu&eacute;b&eacute;cois, dans les derni&egrave;res ann&eacute;es, nous avons d&eacute;cid&eacute; de nous investir ailleurs. Nous ne baissons pas les bras. C'est ce qu'on appelle une sant&eacute; d&eacute;mocratique plut&ocirc;t que de l'acharnement aveugle ou de l'attentisme inutile.<br />
<br />
Et si j'utilise votre vocabulaire, vous comprendrez qu'aujourd'hui je nous souhaite qu'on divise tous massivement le vote et qu'aucun des vieux partis qui propagent un engourdissement social inavou&eacute; ne remporte cette &eacute;lection. Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois est incontestablement rang&eacute; dans ce camp.  <br />
<br />
Comprenez-moi bien, vous, Monsieur Duceppe, et les autres du PQ: mon vote, vous devez le m&eacute;riter, il ne vous appartient pas. Il en va de m&ecirc;me pour le vote de tous les citoyens du Qu&eacute;bec.<br />
<br />
J'ai quitt&eacute; vos rangs par principe puis j'ai &eacute;t&eacute; quelques mois orpheline de parti. Mais, en r&eacute;alisant que nous &eacute;tions beaucoup trop &agrave; n'avoir plus de famille politique, il est devenu &eacute;vident qu'il manquait un joueur essentiel sur la sc&egrave;ne politique qu&eacute;b&eacute;coise et qu'il y avait trop d'angles morts dans la vision du Parti qu&eacute;b&eacute;cois.<br />
<br />
Aujourd'hui, je milite fi&egrave;rement pour un parti o&ugrave; l'on fait de la politique autrement. On y cultive une politique assum&eacute;e, claire, citoyenne, ambitieuse, contagieuse, renouvel&eacute;e, et l'on est d&eacute;finitivement en terrain fertile pour r&eacute;aliser l'ind&eacute;pendance du Qu&eacute;bec.<br />
<br />
Mon vote ira avec convictions, c&oelig;ur et t&ecirc;te &agrave; Option nationale. Si &ccedil;a vous emb&ecirc;te, essayez de faire mieux qu'eux, et nous jaserons.<br />
<br />
Pour l'instant, faites votre deuil, nous ne sommes plus des v&ocirc;tres, nous ne divisons pas le vote p&eacute;quiste, parce que nous ne leur avons jamais rien d&ucirc;. Si vous l'aviez compris plus t&ocirc;t, le Bloc qu&eacute;b&eacute;cois aurait peut-&ecirc;tre plus que 4 d&eacute;put&eacute;s et le Parti qu&eacute;b&eacute;cois ne serait pas en train de crier au feu et de paniquer en tirant dans tous les sens, sans trop savoir &agrave; qui il essaie de plaire et qui il est en train de sacrifier.<br />
Le projet d'ind&eacute;pendance du Qu&eacute;bec ne stagnera plus dans vos rangs, nous reprenons le flambeau. Nous faisons le pari qu'il faut parfois rebrousser chemin pour mieux repartir. Un peu comme dans la fable du li&egrave;vre et de la tortue : rendez-vous &agrave; la ligne d'arriv&eacute;e! Ce jour-l&agrave;, nous serons tous des fr&egrave;res.<br />
<br />
Bien &agrave; vous Monsieur Duceppe,<br />
<br />
D'une fi&egrave;re militante d'Option nationale.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--233349--HH><br />
<HH--236SLIDEEXPAND--233787--HH>]]></content>
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