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  <title>Bertile de Contencin</title>
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  <updated>2013-05-23T07:01:19-04:00</updated>
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    <name>Bertile de Contencin</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Bertile de Contencin</subtitle>
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    <title>Portrait de femme: Eveline Mailhot, auteure</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1447051</id>
    <published>2012-04-24T06:21:27-04:00</published>
    <updated>2012-06-24T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Eveline Mailhot quant à elle, ne se rappelle même plus quel livre a fait basculer sa vie pour faire d'elle une écrivaine: "J'ai oublié quel était le premier livre qui m'a provoquée, mais c'était avant même L'avalée des avalées et Le Père Goriot", confesse-t-elle en préface.L'Amour au cinéma, son premier opus, est un recueil de 8 nouvelles. Un petit bijou made in Québec, publié par la maison d'édition québécoise les Allusifs, fondée en 2001 par Brigitte Bouchard, qui se distingue par des publications audacieuses et le soin accordé au livre en tant qu'objet...d'art.]]></summary>
    <author>
        <name>Bertile de Contencin</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/bertile-de-contencin/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/bertile-de-contencin/"><![CDATA[C'est la premi&egrave;re fois que j'ai la chance, j'irai presque jusqu'&agrave; dire l'honneur, de d&eacute;couvrir un roman en avant-premi&egrave;re. Je ne couvre que tr&egrave;s rarement l'actualit&eacute; litt&eacute;raire, mais les livres et moi, c'est une histoire d'amour qui a d&eacute;but&eacute; &agrave; l'&acirc;ge de 11 ans gr&acirc;ce &agrave; Joseph Kessel, Boris Vian et Herv&eacute; Bazin. Eveline Mailhot quant &agrave; elle, ne se rappelle m&ecirc;me plus quel livre a fait basculer sa vie pour faire d'elle une &eacute;crivaine: "J'ai oubli&eacute; quel &eacute;tait le premier livre qui m'a provoqu&eacute;e, mais c'&eacute;tait avant m&ecirc;me<em> L'aval&eacute;e des aval&eacute;es</em> et <em>Le P&egrave;re Goriot</em>", confesse-t-elle en pr&eacute;face.<br />
<br />
<em><a href="http://www.lesallusifs.com/livres/livre.php?id=095" target="_hplink">L'Amour au cin&eacute;ma</a></em>, son premier opus, est un recueil de 8 nouvelles. Un petit bijou made in Qu&eacute;bec, publi&eacute; par la maison d'&eacute;dition qu&eacute;b&eacute;coise<em> les Allusifs</em>, fond&eacute;e en 2001 par Brigitte Bouchard, qui se distingue par des publications audacieuses et le soin accord&eacute; au livre en tant qu'objet...d'art.<br />
<br />
<center><img src="http://i.huffpost.com/gen/579160/thumbs/s-EVELYNE-MAILHOT-large300.jpg"><br />
</center><br />
<br />
Je n'ai peut-&ecirc;tre pas la l&eacute;gitimit&eacute; d'une acad&eacute;micienne pour dire &ccedil;a, mais ce premier roman est indiscutablement remarquable! La plume tour &agrave; tour incisive, m&eacute;lancolique, r&eacute;aliste, drolatique, nous transporte &agrave; travers les moments de vie de ses personnages et notre propre v&eacute;cu.<br />
<br />
<em>"Prenons plut&ocirc;t un verre! J'ai voulu en offrir un &agrave; Bryan ici, mais il ne boit jamais. Jamais. Je lui ai demand&eacute; les raisons de son abstinence. Il trouve que ces amis on l'air stupide quand ils boivent. J'ai essay&eacute; de lui faire comprendre qu'il vaudrait mieux changer d'amis que de se priver d'un moyen parfaitement efficace de s'en faire toujours de nouveau, mais je ne suis pas certaine du tout qu'il me prenne au s&eacute;rieux."</em><br />
<br />
Cette citation montre l'&eacute;tendue du talent d'Eveline Mailhot. A peine trentenaire, elle d&eacute;peint avec une lucidit&eacute; fascinante nos plus grands questionnements existentiels sans cynisme ni complaisance. Son &eacute;criture ne ment pas; elle n'&eacute;dulcore pas les absurdit&eacute;s de nos existences, celles qui nous font souffrir, nous poussant parfois aux regrets, parfois au d&eacute;passement de nous-m&ecirc;mes.<br />
<br />
En refermant ce livre, je me sentais un peu &eacute;gar&eacute;e, mais en m&ecirc;me temps moins seule. Il y a quelques mois, j'entendais Fr&eacute;d&eacute;ric Beigebeder (le f&eacute;ru de litt&eacute;rature et non l'auteur) dire que les livres que l'on aime sont le plus souvent ceux qui nous d&eacute;rangent. Je partage cette opinion. Eveline Mailhot entre dans le caf&eacute; Else's (un de ses rep&egrave;res &agrave; Montr&eacute;al). Elle est sourillante, elle a l'air dr&ocirc;le. Elle l'est! Elle s'installe en face de moi pour me donner sa premi&egrave;re entrevue<br />
<br />
<strong>Peux-tu te pr&eacute;senter &agrave; nos lecteurs/lectrices?<br />
</strong>J'ai 32 ans. J'habite &agrave; Montr&eacute;al. J'ai &eacute;tudi&eacute; la philosophie &agrave; l'universit&eacute;, en partie ici puis en Europe, &agrave; Bruxelles et Paris. A la fin de mes &eacute;tudes, j'ai d&eacute;cid&eacute; de ne pas poursuivre en doctorat. J'ai travaill&eacute; en tant que r&eacute;dactrice dans plusieurs milieux. Il y a 5 ans, j'ai d&eacute;cid&eacute; de me mettre &agrave; temps partiel pour &eacute;crire.<br />
<br />
<strong>Tu dis dans ta pr&eacute;sentation : "J'ai &eacute;tudi&eacute; la philosophie &agrave; Montr&eacute;al, &agrave; Bruxelles et &agrave; Paris. J'ai appris l&agrave;-bas, &agrave; quel point je viens d'ici." Que sous-entends-tu par l&agrave;?</strong><br />
On est toujours tr&egrave;s critique par rapport &agrave; chez soi.  Il est plus simple de se critiquer soi-m&ecirc;me que de critiquer les autres, en tout cas pour moi. Je ressentais cette esp&egrave;ce de haine pour l'Am&eacute;rique que la plupart des jeunes conscientis&eacute;s partagent. J'&eacute;prouvais un d&eacute;dain profond pour cet imp&eacute;rialisme culturel omnipr&eacute;sent. Partir en Belgique m'a permis de comprendre combien la culture nord-am&eacute;ricaine est riche. Elle renferme des &eacute;l&eacute;ments qui font partie de moi, de mon imaginaire.<br />
<br />
C'est tr&egrave;s difficile de faire des g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s parce qu'il y a des connards partout. Par exemple, les Parisiens ont la r&eacute;putation d'&ecirc;tre d&eacute;sagr&eacute;ables, voire insupportables. Ce n'est pas vrai du tout. J'ai plein d'amis fran&ccedil;ais g&eacute;niaux. Pourtant, d'une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale et de mon point de vue, le Qu&eacute;bec est moins macho et moins convenu que la France dans ses codes sociaux. Je le ressens, surtout dans mes rapports avec les autres. C'est une des choses que j'aime du Qu&eacute;bec.<br />
<br />
<strong>Comment la philosophie t'a-t-elle men&eacute;e &agrave; l'&eacute;criture? Comment est venue l'envie d'&eacute;crire?</strong><br />
L'envie d'&eacute;crire a toujours &eacute;t&eacute; l&agrave;. C'est plus la philosophie qui est un d&eacute;tour. Quand j'&eacute;tais jeune je voulais &eacute;tudier en Lettres. Arriv&eacute;e au C&eacute;gep, j'ai suivi des cours de philo. J'ai appr&eacute;ci&eacute; la clart&eacute; de pens&eacute;e que cela me permettait de d&eacute;velopper.<br />
<br />
J'ai parfois peur d'&ecirc;tre intimid&eacute;e par la connaissance de quelqu'un alors que je ne la poss&egrave;de pas. La philosophie me permet de me situer dans un discours. Elle me donne les outils pour pouvoir discuter avec tout le monde. Avec les &eacute;tudes litt&eacute;raires, il est plus difficile d'apporter un &eacute;clairage aux grandes questions de la vie: qui on est, d'ou on vient? Je suis plus &agrave; l'aise &agrave; travailler des &eacute;crits th&eacute;oriques que de fictions. La litt&eacute;rature, c'est un cheminement intellectuel moins &eacute;vident parce que plus personnel.<br />
<br />
<strong>Pourquoi &eacute;crire des nouvelles et pas un roman? On entend souvent dire que c'est un format plus facile. Moi j'aurai plut&ocirc;t tendance &agrave; dire que le plus dure dans une histoire c'est de la finir... Qu'en penses-tu?</strong><br />
La nouvelle est venue un peu par hasard. J'ai commenc&eacute; par &eacute;crire un roman. J'ai travaill&eacute; dessus pendant presque deux ans, mais j'ai fini par abandonner parce que c'&eacute;tait tr&egrave;s mauvais. Je reconnais malgr&eacute; tout que &ccedil;a a &eacute;t&eacute; une &eacute;tape n&eacute;cessaire pour me d&eacute;barrasser de certains d&eacute;fauts. Le paradoxe, c'est que je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles. J'aime bien &ecirc;tre prise dans une histoire, me sentir accompagn&eacute;e par elle. En tant que lectrice l'interruption du r&eacute;cit me frustre dans une nouvelle. Pour l'&eacute;crivain en revanche, c'est un genre tr&egrave;s int&eacute;ressant, notamment pour apprendre &agrave; ma&icirc;triser la narration. Il faut toujours trouver une id&eacute;e neuve.  La nouvelle s'appr&eacute;hende comme un marathon. Elle demande un autre effort, d'autres ressources. Voil&agrave; pourquoi je ne pense pas que la nouvelle soit plus facile que le roman. En m&ecirc;me temps, je dis &ccedil;a, je n'ai jamais termin&eacute; de roman. (Elle rit).<br />
<br />
<strong>Comment cr&eacute;es-tu tes personnages? Quelles sont tes sources d'inspiration? Ton moteur dans l'&eacute;criture?</strong><br />
Je ne sais pas. Je me suis souvent pos&eacute; cette question. Je crois que c'est diff&eacute;rent &agrave; chaque fois. Je ne m'inspire pas directement de personnes qui font partie de ma vie, sauf si je sais qu'ils ne liront JAMAIS mon livre. Apr&egrave;s, l'inspiration ne me tombe pas du ciel. C'est certain qu'il y a des rencontres, des &eacute;v&eacute;nements, qui deviennent le point de d&eacute;part d'un r&eacute;cit. Je puise parfois mes id&eacute;es dans d'autres livres dont le propos ou la forme me surprennent. Enfin, &eacute;videmment, il y a les &oelig;uvres, les livres mais aussi les films et toutes les formes d'art qui ont nourri mon amour pour les histoires et accompagnent de pr&egrave;s ou de loin mon parcours.<br />
<br />
<strong>Met-on toujours une part de soi dans un roman?<br />
</strong>Oui et c'est d'ailleurs l&agrave; que r&eacute;side toute la difficult&eacute; pour un auteur: se commettre sans &ecirc;tre complaisant, tout en restant pertinent. La seule mani&egrave;re d'arriver &agrave; &ccedil;a selon moi, c'est d'&ecirc;tre le plus authentique possible. On entend souvent que tous les personnages d'un roman sont toujours l'auteur. Je pense que c'est un peu vrai. C'est bien moi qui mets les mots dans la bouche de mes personnages et qui identifie leur fil de pens&eacute;e. L'&eacute;crivain est son propre filtre.<br />
<br />
<strong>Quelles difficult&eacute;s as-tu rencontr&eacute;es (pages blanches, angoisses, etc.) et comment les as-tu  surmont&eacute;es?</strong><br />
Tout &agrave; l'heure je parlais de mon roman. Quand on &eacute;crit, il y a des deuils &agrave; faire. De la m&ecirc;me mani&egrave;re, on est forc&eacute;ment confront&eacute; &agrave; la page blanche, &agrave; cause des probl&egrave;mes personnels, de sant&eacute; ou de la simple panne d'inspiration. On peut se sentir vide pendant des semaines, des mois puis viennent trois jours d'&eacute;criture miraculeuse. Ma m&eacute;thode pour &eacute;crire: m'astreindre &agrave; une r&eacute;gularit&eacute; dans le travail. Sinon &ccedil;a ne serait jamais le bon moment. Lorsque vraiment je n'y arrive pas, je lis autre chose, je vais au cin&eacute;ma ou boire avec mes amis... en grande quantit&eacute;! &Ccedil;a commence d'ailleurs &agrave; faire partie du probl&egrave;me! (Cette fois, c'est moi qui rigole de bon c&oelig;ur.)<br />
<br />
<strong>Combien de temps la r&eacute;daction de ce roman a-t-elle prise?</strong><br />
<br />
J'ai envoy&eacute; un recueil de 15, 20 nouvelles &agrave; Brigitte (directrice des <em>Allusifs</em>) l'automne dernier. Elle en a gard&eacute; seulement deux ou trois, dont <em>L'Amour au cin&eacute;ma</em> qui l'a le plus interpell&eacute; &agrave; l'&eacute;poque. A partir de l&agrave;, nous avons d&eacute;cid&eacute; de concentrer le recueil sur le th&egrave;me de l'amour au sens large, des relations d'intimit&eacute;. Mes propositions de d&eacute;part &eacute;taient beaucoup plus &eacute;clectiques.<br />
<br />
<strong>Raconte-moi un peu ta vie d'&eacute;crivaine? On a tous en t&ecirc;te cette vision fantasm&eacute;e de l'auteur-ours reclus dans son chalet avec pour seul compagnon son clavier d'ordi ou &agrave; l'inverse, celle de l'&eacute;crivain maudit asservi &agrave; un carburant cr&eacute;atif, alcool, opium, et autres psychotropes. O&ugrave; et comment &eacute;cris-tu le mieux?</strong><br />
<br />
Personnellement, j'ai besoin de temps, de beaucoup de temps pour faire peu. Je r&eacute;alise r&eacute;guli&egrave;rement que j'&eacute;cris des choses qui ne valent pas la peine. Le temps, est donc mon premier carburant! Je vois aussi mes amis, que ce soit dans un &eacute;change culturel ou juste autour d'une table. Quand je dis que je bois tout le temps des verres, c'est vrai! Ce n'est pas juste le vendredi ou le samedi soir. J'adore parler de la vie, partager des moments privil&eacute;gi&eacute;s avec les gens que j'aime. &Ccedil;a me calme.<br />
<br />
&Eacute;crire angoisse. C'est un geste tellement narcissique dans le fond... Voil&agrave; pourquoi, un regard ext&eacute;rieur et d&eacute;sint&eacute;ress&eacute; reste fondamental pour avancer. On peut se faire lire par ses proches, mais pour moi, les critiques les plus constructives ont &eacute;t&eacute; celles de mon &eacute;ditrice. Ce qui est &eacute;tonnant, c'est qu'&agrave; chaque fois qu'elle me disait: "l&agrave;, &ccedil;a ne marche pas", c'&eacute;tait toujours sur des passages qui me faisaient douter. On a beau tenir &agrave; une id&eacute;e; il arrive qu'elle ne fonctionne pas. Le plus dangereux pour l'&eacute;crivain, c'est qu'il se mente &agrave; lui-m&ecirc;me.<br />
<br />
Ensuite, je n'ai pas vraiment de lieu de pr&eacute;dilection pour produire. Je reste chez moi, je vais  dans les caf&eacute;s. Il m'arrive &eacute;galement de me retirer chez les moines, &agrave; Saint Beno&icirc;t du Lac. Je ne suis pas du tout croyante, mais c'est bien de pouvoir se couper du monde, d'Internet et autres parasitages. Comme tout est pris en charge, les horaires, les repas, etc. Je n'ai rien d'autres &agrave; penser qu'&agrave; ma plume. Je n'y reste jamais longtemps car c'est un lieu impr&eacute;gnant et tr&egrave;s aust&egrave;re, mais n&eacute;anmoins propice &agrave; la concentration.<br />
En r&eacute;alit&eacute;, je jongle entre des rituels qui ne fonctionnent jamais longtemps: un coup les caf&eacute;s, un coup chez moi, un coup les moines! Il n'y a pas de recette miracle pour l'&eacute;criture.<br />
<br />
<strong>Il y a beaucoup d'ineffable dans ces nouvelles. Chacun peut reconna&icirc;tre, dans ces portraits, ces moments de vie, une part de v&eacute;cu. Nous avons tous un voisin seul et un peu fou, nous connaissons tous des couples qui se d&eacute;chirent et qui se forment. Nous exp&eacute;rimentons forc&eacute;ment la solitude, l'absence, l'ennui, mais quel est le message de l'auteure derri&egrave;re tout &ccedil;a?</strong><br />
C'est vrai, je d&eacute;sirais montrer que tout le monde ressent les m&ecirc;mes angoisses. Je me place un peu dans une posture existentielle avec ces textes. Peu importe l'&acirc;ge et le sexe, chacun de nous exprime, m&ecirc;me maladroitement, un besoin de reconnaissance. C'est pour cela que les choses ne sont jamais aussi faciles &agrave; cat&eacute;goriser qu'elles n'y paraissent, encore moins dans les relations amoureuses. Les gens ne d&eacute;tiennent pas tous les m&ecirc;mes outils pour affronter leurs probl&egrave;mes. C'est cette diversit&eacute; des parcours, des fa&ccedil;ons de faire et de voir la vie sur lesquels je voulais m'attarder pour aller voir plus loin.<br />
<br />
<strong>Pourquoi avoir garder<em> L'Amour au cin&eacute;ma</em> comme titre?<br />
</strong>A cause du rapport au fantasme qui dans la plus part de mes personnages est la raison de leurs souffrances, avec cette id&eacute;e de la vie qu'ils voudraient avoir et ce qui se passe r&eacute;ellement. Le cin&eacute;ma &eacute;voque assez bien ce m&eacute;canisme de l'existence puisqu'il nous confronte au d&eacute;calage entre la fiction et la r&eacute;alit&eacute;.<br />
<br />
<strong>Je dois reconna&icirc;tre que j'ai parfois &eacute;t&eacute; perturb&eacute;e et surtout bluff&eacute;e par cette clairvoyance, cette lucidit&eacute; sans jugement sur la nature humaine qui se d&eacute;gage de ces lignes.  Tu arrives &agrave; d&eacute;crire avec brio les ambivalences de l'individu. Comment acquiert-on aussi jeune cette capacit&eacute; &agrave; retranscrire l'Homme?<br />
</strong>Je ne sais pas comment &ccedil;a se fait. J'ai &eacute;tudi&eacute; la philosophie pendant 5 ans et je ne me rappelle de rien. Par contre, je conserve des souvenirs des gens. La fa&ccedil;on dont on observe les choses conditionne ce que l'on devient. Moi, je suis passionn&eacute;e par les autres. Apr&egrave;s, je ne peux pas vraiment r&eacute;pondre &agrave; cette question.<br />
<br />
<strong>Qu'est-ce qu'on ressent une fois qu'on tient son premier livre publi&eacute; entre les mains?<br />
</strong>J'&eacute;tais tellement contente! En plus, je trouve les graphismes des Allusifs vraiment beaux.<br />
Je me souviens de cette journ&eacute;e. Brigitte m'a appel&eacute;e vers 4h de l'apr&egrave;s-midi, un vendredi. Elle venait de recevoir les premiers exemplaires. Je suis all&eacute;e en chercher toute tremblotante et ensuite j'ai rejoint une amie pour boire, encore... et aller au cin&eacute;ma, encore! Cette soir&eacute;e l&agrave;, j'ai crois&eacute; beaucoup de monde et chaque fois que je montrais mon roman, je me sentais stress&eacute;e et euphorique comme quelqu'un qui s'appr&ecirc;te &agrave; monter sur sc&egrave;ne. C'est physiquement &eacute;mouvant.<br />
Les livres sont mon seul f&eacute;tichisme. Voir le mien publi&eacute;, c'est une &eacute;motion intense qui n'appartient qu'&agrave; moi.<br />
<br />
<strong>Ta nouvelle pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e dans ton livre?<br />
</strong>Alors l&agrave;, impossible de r&eacute;pondre &agrave; cette question!<br />
<br />
<strong>De quel film parles-tu dans la nouvelle<em> L'Amour au cin&eacute;ma</em>?</strong><br />
C'est un vieux en noir et blanc film de David Lean, <em>The Brief Encounter</em>.<br />
<strong><br />
Qui est ton &eacute;crivain pr&eacute;f&eacute;r&eacute;? Celui que tu d&eacute;testes?</strong><br />
En ce moment, je dirais F. Scott Fitzgerald. J'ai lu <em>Tender is the night</em>, il y a peu et j'ai trouv&eacute; &ccedil;a magnifique. J'adore son ton, le fait que chaque phrase vaut la peine d'&ecirc;tre lue. Tu peux les prendre chacune hors de leur contexte, elles gardent leur sens. A travers mes lectures, je cherche &agrave; voir des choses que je n'aurai pas forc&eacute;ment per&ccedil;ues de cette fa&ccedil;on et par-dessus tout j'aime les auteurs qui ont de l'humour.<br />
Quant aux &eacute;crivains que je d&eacute;teste, je ne les lis pas! Ce que j'ai vraiment trouv&eacute; tr&egrave;s mauvais c'est Paulo Coelho. Je ne le consid&egrave;re m&ecirc;me pas comme un &eacute;crivain. Il fait plut&ocirc;t de la psycho pop.<br />
<br />
<strong>Votre film pr&eacute;f&eacute;r&eacute;?</strong><br />
Si je devais en choisir un... (elle h&eacute;site longuement)<em> North by nothwest</em> (La mort aux trousses), d'Alfred Hitchock. Les films des ann&eacute;es 40, 60 ont une &eacute;criture incroyablement riche et moins aseptis&eacute;e de ce que l'on nous propose aujourd'hui.<br />
<br />
<strong>Et l'avenir?<br />
</strong>J'esp&egrave;re pouvoir continuer &agrave; &eacute;crire. C'est la chose qui me rend la plus heureuse, tout le reste m'angoisse parce que &ccedil;a ne sera jamais assez pour remplir ma vie!<br />
<br />
Je reste &agrave; discuter encore une heure avec Eveline, de la vie, de la France, du Qu&eacute;bec, des Indign&eacute;s, etc. Entre temps, une de ses amies nous a rejoint. Elles avaient pr&eacute;vu de boire un verre! Je quitte le caf&eacute; r&eacute;joui d'avoir pu rencontrer cette jeune femme brillante, humble, qui n'a pas la langue dans sa poche et se trouve dot&eacute;e d'un humour d&eacute;capant. Je suis tellement absorb&eacute;e que j'en oublie de payer mon caf&eacute;. &Eacute;veline, je m'en excuse et quand les hasards de la vie ou ta prochaine publication nous am&egrave;nerons &agrave; nous revoir, je saurai me rattraper. Quand un livre ne me quitte pas les mains, je garde toujours un &oelig;il sur son auteur. Vivement ton prochain roman!]]></content>
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