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  <title>Anne Sinclair</title>
  <link href="http://quebec.huffingtonpost.ca/author/index.php?author=anne-sinclair"/>
  <updated>2013-05-19T02:51:26-04:00</updated>
  <author>
    <name>Anne Sinclair</name>
  </author>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Anne Sinclair</subtitle>
  <generator>Good old fashioned elbow grease.</generator>

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    <title>Joyeux (?) anniversaire</title>
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    <published>2013-05-06T10:15:12-04:00</published>
    <updated>2013-05-06T10:16:45-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[On cherche l'épaisseur, on voit les atermoiements, on cherche l'audace, on voit le refus du conflit, on cherche l'autorité, et on voit un certain désordre dans la majorité comme au gouvernement. Les Français aiment les chefs, Bonaparte à Arcole, de Gaulle à Alger, Mitterrand au Bundestag, qui les emballe, les fasse vibrer, leur parle de la France, leur montre une vision, leur dise surtout où nous allons. Sarkozy avait abusé des coups de menton qui le rendaient peu crédible. Hollande, avec son air plus notarial que martial, peine à rassurer des Français désabusés et inquiets comme jamais.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[Les cin&eacute;philes, amoureux d'Hollywood, se rappellent ce moment inoubliable o&ugrave; Marilyn Monroe susurrait pour JFK (non, pas Jean-Fran&ccedil;ois Kahn, chers amis du Huff Post, lecteurs du tweet quotidien de notre cher journaliste, mais John Fitzgerald Kennedy) un "<a href="http://www.youtube.com/watch?v=iH3oOVKt0WI" target="_hplink">Happy Birthday Mr President</a>" charg&eacute; de s&eacute;duction&nbsp;!<br />
Je crains que <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/un-an-hollande-kahn-tweet_n_3207341.html?utm_hp_ref=fr-francois-hollande" target="_hplink">l'anniversaire de l'&eacute;lection de Fran&ccedil;ois Hollande</a> chantonne moins harmonieusement &agrave; ses oreilles.<br />
<br />
Pas facile de f&ecirc;ter un an &agrave; l'&Eacute;lys&eacute;e quand le ch&ocirc;mage est au plus haut, qu'on parle de r&eacute;cession tous les jours, que les sondages sont en berne, et que les Fran&ccedil;ais ne font plus confiance &agrave; leurs dirigeants pour les gouverner.<br />
<br />
La derni&egrave;re semaine de cette premi&egrave;re ann&eacute;e donne &agrave; elle seule, une id&eacute;e du climat dans lequel baigne la France.<br />
<br />
<blockquote><ul><li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/60-engagements-hollande-premier-bilan-election_n_3211988.html?utm_hp_ref=fr-politique" target="_hplink">"Ce que j'ai promis, je le tiendrai" (ou presque)</a></li><br />
<li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/04/photos-an-hollande-campagne-ump-souligner-echec-president_n_3213912.html?utm_hp_ref=fr-politique" target="_hplink">La campagne de l'UMP pour souligner "l'&eacute;chec" de Hollande</a></li><br />
<li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/05/front-gauche-manif-tous-dimanche-rassemblements-contre-politique-hollande_n_3217284.html?utm_hp_ref=fr-politique" target="_hplink">Front de Gauche et Manif pour tous: un dimanche de rassemblements</a></li></ul></blockquote><br />
<br />
On a commenc&eacute; lundi par un joli <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/29/relations-franco-allemandes-spread-exportations-importations_n_3176842.html?utm_hp_ref=allemagne" target="_hplink">pataqu&egrave;s franco-allemand</a> d&eacute;clench&eacute; chez les socialistes par un texte inabouti, et chez le Pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e, Claude Bartolone par une d&eacute;claration, elle, r&eacute;fl&eacute;chie, destin&eacute;e &agrave; marquer sa diff&eacute;rence et &agrave; lorgner la place de premier ministre pourtant non d&eacute;clar&eacute;e vacante. La "confrontation" qu'il appelle de ses v&oelig;ux avec l'Allemagne, rappelle les moulinets avec les bras qu'ont toujours faits ceux qui cherchaient leur bouc &eacute;missaire &agrave; Bruxelles. Et pire, la nouvelle germanophobie rampante fran&ccedil;aise a m&ecirc;me fait r&eacute;agir n&eacute;gativement les socialistes allemands du SPD!<br />
<br />
<em>Le billet d'Anne Sinclair se poursuit apr&egrave;s la galerie</em><br />
<br />
<center><HH--236SLIDEEXPAND--290952--HH></center><br />
<br><br />
<br />
La semaine s'est poursuivie par le succ&egrave;s grandissant de Marine Le Pen, plus dans les sondages o&ugrave; elle atteint 32% de popularit&eacute; (&agrave; titre de comparaison, Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; n'en r&eacute;colte que 19%) que dans la rue o&ugrave; elle <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/01/1er-mai-marine-le-pen-conquerante-mobilisation-baisse-discours-surprise_n_3192375.html?utm_hp_ref=marine-le-pen" target="_hplink">tenait meeting avec Jeanne d'Arc</a>. Mais elle n'a pas grand chose &agrave; faire, peu &agrave; dire, elle attend, et engrange.<br />
<br />
Les discordes jeudi dernier entre le trop bouillant ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg et le trop calme ministre des Finances Pierre Moscovici &agrave; propos de partenariats industriels &agrave; passer avec des actionnaires &eacute;trangers (<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/dailymotion-montebourg-yahoo-ayrault-moscovici_n_3208405.html" target="_hplink">affaire de Dailymotion</a>), ont fait d&eacute;sordre.<br />
Quant &agrave; ce dimanche, ce fut au tour du Front de Gauche de dire sa col&egrave;re contre l'aust&eacute;rit&eacute; et celui qu'il appelle son premier responsable, le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Entre 30.000 et 180.000 manifestants place de la Bastille (&agrave; ce point de d&eacute;calage, les estimations n'ont plus aucun sens) ont &eacute;cout&eacute; les harangues - le PS dit m&ecirc;me "vocif&eacute;rations" - d'un Jean Luc M&eacute;lenchon qui r&eacute;clame un coup de balai, une Constituante, voire m&ecirc;me une "insurrection" contre le pouvoir en place et les institutions de la V&egrave;me R&eacute;publique.<br />
<br />
<strong>Oui, il y a anniversaire plus joyeux...</strong><br />
<br />
&Agrave; peine y eut-il un r&eacute;pit dans cette semaine avec les d&eacute;clarations embarrass&eacute;es et les zones d'ombre embarrassantes sur les comptes en banque de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/02/primes-gueant-enquete-administrative-manuel-vallsministere-interieur_n_3202403.html" target="_hplink">Claude Gu&eacute;ant</a>. Trop bavard pour &ecirc;tre convaincant, confus dans ses explications sur ses tableaux comme sur les primes de cabinet additionn&eacute;es en liquide dans son coffre, l'ancien ministre de l'Int&eacute;rieur de Nicolas Sarkozy a permis de faire diversion. Cela n'a pas dur&eacute;.<br />
<br />
<em>Le billet d'Anne Sinclair se poursuit apr&egrave;s la galerie</em><br />
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<center><HH--236SLIDEEXPAND--295662--HH></center><br />
<br><br />
<br />
C'est alors que sont tomb&eacute;es en rafales les analyses et les bilans sans complaisance de cette premi&egrave;re ann&eacute;e, dont Le HuffPost a lui aussi dress&eacute; <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/60-engagements-hollande-premier-bilan-election_n_3211988.html?utm_hp_ref=fr-francois-hollande" target="_hplink">un calendrier rigoureux des r&eacute;ussites, des &eacute;checs, ou des renoncements</a>.<br />
<br />
Dans toutes les analyses, au-del&agrave; des chiffres &eacute;conomiques catastrophiques, d&ucirc;s &agrave; une crise &agrave; laquelle le gouvernement semble en permanence h&eacute;siter &agrave; r&eacute;pondre par&nbsp;la relance ou par l'aust&eacute;rit&eacute;&nbsp;; au-del&agrave; des couacs gouvernementaux qui donnent souvent une impression de confusion, la vraie question sur Fran&ccedil;ois Hollande est en fait une interrogation&nbsp;: a-t-il la stature d'un Pr&eacute;sident&nbsp;? <br />
<br />
Mais qu'est-ce donc que cette fameuse stature, ce concept tr&egrave;s fran&ccedil;ais qu'on r&eacute;clame de nos dirigeants&nbsp;? Que je sache, nul ne s'interroge pour savoir si Cameron ou Merkel ont cet apanage&nbsp;; nul ne s'est pos&eacute; la question &agrave; propos du nouveau Pr&eacute;sident du Conseil italien, Enrico Letta&nbsp;; je dirais que m&ecirc;me en r&eacute;gime pr&eacute;sidentiel, aux &Eacute;tats-Unis, o&ugrave; Obama a pourtant une aura incontestable alors que Bush en semblait d&eacute;pourvu, ce ne fut jamais le sujet central. De tous les autres, on demande de la comp&eacute;tence, de l'habilet&eacute;, de la constance, le souci de la justice, le sens de l'&Eacute;tat, mais pas forc&eacute;ment une posture, une attitude quasi-monarchique qu'on exige de nos pr&eacute;sidents.<br />
<br />
Alors, que veulent les Fran&ccedil;ais et que manquerait-il &agrave; Fran&ccedil;ois Hollande? La capacit&eacute; de d&eacute;cision? Il en a fait preuve lors de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/mali" target="_hplink">l'intervention au Mali</a> - dont &agrave; cette occasion on avait dit d'ailleurs qu'il endossait les habits de pr&eacute;sident. Le respect des promesses&nbsp;? Malgr&eacute; tout ce qu'on lui reproche, le catalogue est cependant assez long des engagements pris pendant la <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/60-engagements-hollande-premier-bilan-election_n_3211988.html?utm_hp_ref=fr-francois-hollande" target="_hplink">campagne et d&eacute;j&agrave; r&eacute;alis&eacute;s</a>.<br />
<br />
Il y a sans doute une forme de nostalgie &agrave; l'&eacute;gard des dirigeants d'autrefois. De Gaulle avait la posture qui convient. Mitterrand aussi, sans conteste. Pompidou avait la sagesse pateline et conservatrice qui tenait lieu de charisme. Giscard avait le physique, la jeunesse, l'allure, la distance un peu hautaine qui fascinaient. Chirac avait l'habitude de la fr&eacute;quentation du pouvoir, en a eu les attributs &agrave; de nombreuses reprises, et son leadership, m&ecirc;me s'il ne fut pas &eacute;clatant, se transforma peu &agrave; peu en Papa de la Nation, familier, et oint, gr&acirc;ce &agrave; la pr&eacute;sence de Le Pen au second tour en 2002, par 80% des Fran&ccedil;ais. Apr&egrave;s un tel sacre, on ne vient pas s'interroger sur le calibre pr&eacute;sidentiel&nbsp;!<br />
<br />
<em>Le billet d'Anne Sinclair se poursuit apr&egrave;s la galerie</em><br />
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<center><HH--236SLIDEEXPAND--295673--HH></center><br />
<br><br />
<br />
<br />
En fait, les deux derniers pr&eacute;sidents ont souffert ou souffrent du m&ecirc;me mal&nbsp;: une carrure un peu mince. Et pourtant comme ils sont diff&eacute;rents&nbsp;! L'un manquait de culture, de s&eacute;r&eacute;nit&eacute;, de constance, avait certes pour lui de l'&eacute;nergie &agrave; revendre, une intelligence vive, un sens de la communication pouss&eacute; jusqu'au grand art, mais cela n'a pas compens&eacute; l'absence d'envergure et une image ab&icirc;m&eacute;e par son manque de mesure. L'autre est fin, malin, politique jusqu'au bout des ongles. Son image personnelle est bonne, on lui trouve de la sinc&eacute;rit&eacute; et de l'honn&ecirc;tet&eacute;, mais sa volont&eacute; du non-sensationnel s'adressant &agrave; la raison et non &agrave;&nbsp;l'&eacute;motion, si elle convient aux temps calmes, n'est pas adapt&eacute;e aux temp&ecirc;tes. <br />
<br />
On cherche l'&eacute;paisseur, on voit les atermoiements, on cherche l'audace, on voit le refus du conflit, on cherche l'autorit&eacute;, et on voit un certain d&eacute;sordre dans la majorit&eacute; comme au gouvernement.<br />
Les Fran&ccedil;ais aiment les chefs, Bonaparte &agrave; Arcole, de Gaulle &agrave; Alger, Mitterrand au Bundestag, qui les emballe, les fasse vibrer, leur parle de la France, leur montre une vision, leur dise surtout o&ugrave; nous allons. Sarkozy avait abus&eacute; des coups de menton qui le rendaient peu cr&eacute;dible. Hollande, avec son air plus notarial que martial, peine &agrave; rassurer des Fran&ccedil;ais d&eacute;sabus&eacute;s et inquiets comme jamais.<br />
<br />
Ce n'est pas le caporalisme qui fabrique une stature, c'est une forme d'ascendant qui s'impose, celui du leader qui rassure par son exp&eacute;rience, et du capitaine qui impressionne par sa ma&icirc;trise.<br />
Fran&ccedil;ois Hollande a pass&eacute; un an &agrave; d&eacute;montrer qu'il &eacute;tait s&eacute;rieux, raisonnable et consensuel. Il lui en reste quatre pour affirmer son magist&egrave;re et convaincre, se battre, emporter l'adh&eacute;sion qui lui est, pour l'heure, chichement mesur&eacute;e.<br />
<br />
<center><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/iH3oOVKt0WI" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
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<strong>VOIR AUSSI</strong><br />
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<center><HH--236SLIDEEXPAND--295484--HH></center>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/1020155/thumbs/s-HOLLANDE-CHOMEUR-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Joyeux (?) Anniversaire</title>
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    <published>2013-05-06T00:00:40-04:00</published>
    <updated>2013-05-06T08:28:59-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[On cherche l'épaisseur, on voit les atermoiements, on cherche l'audace, on voit le refus du conflit, on cherche l'autorité, et on voit un certain désordre dans la majorité comme au gouvernement.
Les Français aiment les chefs, Bonaparte à Arcole, de Gaulle à Alger, Mitterrand au Bundestag, qui les emballe, les fasse vibrer, leur parle de la France, leur montre une vision, leur dise surtout où nous allons. Sarkozy avait abusé des coups de menton qui le rendaient peu crédible. Hollande, avec son air plus notarial que martial, peine à rassurer des Français désabusés et inquiets comme jamais.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[Les cin&eacute;philes, amoureux d'Hollywood, se rappellent ce moment inoubliable o&ugrave; Marilyn Monroe susurrait pour JFK (non, pas Jean-Fran&ccedil;ois Kahn, chers amis du Huff Post, lecteurs du tweet quotidien de notre cher journaliste, mais John Fitzgerald Kennedy) un "<a href="http://www.youtube.com/watch?v=iH3oOVKt0WI" target="_hplink">Happy Birthday Mr President</a>" charg&eacute; de s&eacute;duction&nbsp;!<br />
Je crains que <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/un-an-hollande-kahn-tweet_n_3207341.html?utm_hp_ref=fr-francois-hollande" target="_hplink">l'anniversaire de l'&eacute;lection de Fran&ccedil;ois Hollande</a> chantonne moins harmonieusement &agrave; ses oreilles.<br />
<br />
Pas facile de f&ecirc;ter un an &agrave; l'Elys&eacute;e quand le ch&ocirc;mage est au plus haut, qu'on parle de r&eacute;cession tous les jours, que les sondages sont en berne, et que les Fran&ccedil;ais ne font plus confiance &agrave; leurs dirigeants pour les gouverner.<br />
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La derni&egrave;re semaine de cette premi&egrave;re ann&eacute;e donne &agrave; elle seule, une id&eacute;e du climat dans lequel baigne la France.<br />
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<blockquote><ul><li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/60-engagements-hollande-premier-bilan-election_n_3211988.html?utm_hp_ref=fr-politique" target="_hplink">"Ce que j'ai promis, je le tiendrai" (ou presque)</a></li><br />
<li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/04/photos-an-hollande-campagne-ump-souligner-echec-president_n_3213912.html?utm_hp_ref=fr-politique" target="_hplink">La campagne de l'UMP pour souligner "l'&eacute;chec" de Hollande</a></li><br />
<li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/05/front-gauche-manif-tous-dimanche-rassemblements-contre-politique-hollande_n_3217284.html?utm_hp_ref=fr-politique" target="_hplink">Front de Gauche et Manif pour tous: un dimanche de rassemblements</a></li></ul></blockquote><br />
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On a commenc&eacute; lundi par un joli <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/29/relations-franco-allemandes-spread-exportations-importations_n_3176842.html?utm_hp_ref=allemagne" target="_hplink">pataqu&egrave;s franco-allemand</a> d&eacute;clench&eacute; chez les socialistes par un texte inabouti, et chez le Pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e, Claude Bartolone par une d&eacute;claration, elle, r&eacute;fl&eacute;chie, destin&eacute;e &agrave; marquer sa diff&eacute;rence et &agrave; lorgner la place de Premier ministre pourtant non d&eacute;clar&eacute;e vacante. La "confrontation" qu'il appelle de ses v&oelig;ux avec l'Allemagne, rappelle les moulinets avec les bras qu'ont toujours fait ceux qui cherchaient leur bouc &eacute;missaire &agrave; Bruxelles. Et pire, la nouvelle germanophobie rampante fran&ccedil;aise a m&ecirc;me fait r&eacute;agir n&eacute;gativement les socialistes allemands du SPD&nbsp;!<br />
<br />
La semaine s'est poursuivie par le succ&egrave;s grandissant de Marine Le Pen, plus dans les sondages o&ugrave; elle atteint 32% de popularit&eacute; (&agrave; titre de comparaison, Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; n'en r&eacute;colte que 19%) que dans la rue o&ugrave; elle <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/01/1er-mai-marine-le-pen-conquerante-mobilisation-baisse-discours-surprise_n_3192375.html?utm_hp_ref=marine-le-pen" target="_hplink">tenait meeting avec Jeanne d'Arc</a>. Mais elle n'a pas grand chose &agrave; faire, peu &agrave; dire, elle attend, et engrange.<br />
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Les discordes jeudi dernier entre le trop bouillant ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg et le trop calme ministre des Finances Pierre Moscovici &agrave; propos de partenariats industriels &agrave; passer avec des actionnaires &eacute;trangers (<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/dailymotion-montebourg-yahoo-ayrault-moscovici_n_3208405.html" target="_hplink">affaire de Dailymotion</a>), ont fait d&eacute;sordre.<br />
Quant &agrave; ce dimanche, ce fut au tour du Front de Gauche de dire sa col&egrave;re contre l'aust&eacute;rit&eacute; et celui qu'il appelle son premier responsable, le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Entre 30.000 et 180.000 manifestants place de la Bastille (&agrave; ce point de d&eacute;calage, les estimations n'ont plus aucun sens) ont &eacute;cout&eacute; les harangues - le PS dit m&ecirc;me "vocif&eacute;rations" - d'un Jean Luc M&eacute;lenchon qui r&eacute;clame un coup de balai, une Constituante, voire m&ecirc;me une "insurrection" contre le pouvoir en place et les institutions de la V&egrave;me R&eacute;publique.<br />
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<strong>Oui, il y a anniversaire plus joyeux...</strong><br />
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A peine y eut-il un r&eacute;pit dans cette semaine avec les d&eacute;clarations embarrass&eacute;es et les z&ocirc;nes d'ombre embarrassantes sur les comptes en banque de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/02/primes-gueant-enquete-administrative-manuel-vallsministere-interieur_n_3202403.html" target="_hplink">Claude Gu&eacute;ant</a>. Trop bavard pour &ecirc;tre convaincant, confus dans ses explications sur ses tableaux comme sur les primes de cabinet additionn&eacute;es en liquide dans son coffre, l'ancien ministre de l'Int&eacute;rieur de Nicolas Sarkozy a permis de faire diversion. Cela n'a pas dur&eacute;.<br />
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C'est alors que sont tomb&eacute;es en rafales les analyses et les bilans sans complaisance de cette premi&egrave;re ann&eacute;e, dont Le HuffPost a lui aussi dress&eacute; <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/60-engagements-hollande-premier-bilan-election_n_3211988.html?utm_hp_ref=fr-francois-hollande" target="_hplink">un calendrier rigoureux des r&eacute;ussites, des &eacute;checs, ou des renoncements</a>.<br />
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Dans toutes les analyses, au-del&agrave; des chiffres &eacute;conomiques catastrophiques, d&ucirc;s &agrave; une crise &agrave; laquelle le gouvernement semble en permanence h&eacute;siter &agrave; r&eacute;pondre par&nbsp;la relance ou par l'aust&eacute;rit&eacute;&nbsp;; au-del&agrave; des couacs gouvernementaux qui donnent souvent une impression de confusion, la vraie question sur Fran&ccedil;ois Hollande est en fait une interrogation&nbsp;: a-t-il la stature d'un Pr&eacute;sident&nbsp;? <br />
<br />
Mais qu'est-ce donc que cette fameuse stature, ce concept tr&egrave;s fran&ccedil;ais qu'on r&eacute;clame de nos dirigeants&nbsp;? Que je sache, nul ne s'interroge pour savoir si Cameron ou Merkel ont cet apanage&nbsp;; nul ne s'est pos&eacute; la question &agrave; propos du nouveau Pr&eacute;sident du Conseil italien, Enrico Letta&nbsp;; je dirais que m&ecirc;me en r&eacute;gime pr&eacute;sidentiel, aux Etats-Unis, o&ugrave; Obama a pourtant une aura incontestable alors que Bush en semblait d&eacute;pourvu, ce ne fut jamais le sujet central. De tous les autres, on demande de la comp&eacute;tence, de l'habilet&eacute;, de la constance, le souci de la justice, le sens de l'Etat, mais pas forc&eacute;ment une posture, une attitude quasi-monarchique qu'on exige de nos Pr&eacute;sidents.<br />
<br />
Alors, que veulent les Fran&ccedil;ais et que manquerait-il &agrave; Fran&ccedil;ois Hollande&nbsp;? La capacit&eacute; de d&eacute;cision&nbsp;? Il en a fait preuve lors de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/mali" target="_hplink">l'intervention au Mali</a> - dont &agrave; cette occasion on avait dit d'ailleurs qu'il endossait les habits de Pr&eacute;sident. Le respect des promesses&nbsp;? Malgr&eacute; tout ce qu'on lui reproche, le catalogue est cependant assez long des engagements pris pendant la <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/03/60-engagements-hollande-premier-bilan-election_n_3211988.html?utm_hp_ref=fr-francois-hollande" target="_hplink">campagne et d&eacute;j&agrave; r&eacute;alis&eacute;s</a>.<br />
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Il y a sans doute une forme de nostalgie &agrave; l'&eacute;gard des dirigeants d'autrefois. De Gaulle avait la posture qui convient. Mitterrand aussi, sans conteste. Pompidou avait la sagesse pateline et conservatrice qui tenait lieu de charisme. Giscard avait le physique, la jeunesse, l'allure, la distance un peu hautaine qui fascinaient. Chirac avait l'habitude de la fr&eacute;quentation du pouvoir, en a eu les attributs &agrave; de nombreuses reprises, et son leadership, m&ecirc;me s'il ne fut pas &eacute;clatant, se transforma peu &agrave; peu en Papa de la Nation, familier, et oint, gr&acirc;ce &agrave; la pr&eacute;sence de Le Pen au second tour en 2002, par 80% des Fran&ccedil;ais. Apr&egrave;s un tel sacre, on ne vient pas s'interroger sur le calibre pr&eacute;sidentiel&nbsp;!<br />
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En fait, les deux derniers Pr&eacute;sidents ont souffert ou souffrent du m&ecirc;me mal&nbsp;: une carrure un peu mince. Et pourtant comme ils sont diff&eacute;rents&nbsp;! L'un manquait de culture, de s&eacute;r&eacute;nit&eacute;, de constance, avait certes pour lui de l'&eacute;nergie &agrave; revendre, une intelligence vive, un sens de la communication pouss&eacute; jusqu'au grand art, mais cela n'a pas compens&eacute; l'absence d'envergure et une image ab&icirc;m&eacute;e par son manque de mesure. L'autre, est fin, malin, politique jusqu'au bout des ongles. Son image personnelle est bonne, on lui trouve de la sinc&eacute;rit&eacute; et de l'honn&ecirc;tet&eacute;, mais sa volont&eacute; du non-sensationnel s'adressant &agrave; la raison et non &agrave;&nbsp;l'&eacute;motion, si elle convient aux temps calmes, n'est pas adapt&eacute;e aux temp&ecirc;tes. <br />
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On cherche l'&eacute;paisseur, on voit les atermoiements, on cherche l'audace, on voit le refus du conflit, on cherche l'autorit&eacute;, et on voit un certain d&eacute;sordre dans la majorit&eacute; comme au gouvernement.<br />
Les Fran&ccedil;ais aiment les chefs, Bonaparte &agrave; Arcole, de Gaulle &agrave; Alger, Mitterrand au Bundestag, qui les emballe, les fasse vibrer, leur parle de la France, leur montre une vision, leur dise surtout o&ugrave; nous allons. Sarkozy avait abus&eacute; des coups de menton qui le rendaient peu cr&eacute;dible. Hollande, avec son air plus notarial que martial, peine &agrave; rassurer des Fran&ccedil;ais d&eacute;sabus&eacute;s et inquiets comme jamais.<br />
<br />
Ce n'est pas le caporalisme qui fabrique une stature, c'est une forme d'ascendant qui s'impose, celui du leader qui rassure par son exp&eacute;rience, et du capitaine qui impressionne par sa ma&icirc;trise.<br />
Fran&ccedil;ois Hollande a pass&eacute; un an &agrave; d&eacute;montrer qu'il &eacute;tait s&eacute;rieux, raisonnable et consensuel. Il lui en reste quatre pour affirmer son magist&egrave;re et convaincre, se battre, emporter l'adh&eacute;sion qui lui est, pour l'heure, chichement mesur&eacute;e.<br />
<br />
<center><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/iH3oOVKt0WI" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--290952--HH><br />
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</entry>

<entry>
    <title>Un article bouleversant</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/harcelement-sexuel-egypte_b_3176673.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3176673</id>
    <published>2013-04-29T04:20:18-04:00</published>
    <updated>2013-04-29T04:56:16-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[INTERNATIONAL - Cet article parle de la condition des femmes en Egypte, victime de harcèlements et de viols d'autant plus nombreux que le pays est à la dérive, avec un Etat faible et désorganisé]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[C'est <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/25/harcelement-sexuel-la-onzieme-plaie-d-egypte_3166607_3224.html" target="_hplink">celui de Robert Sol&eacute; dans <em>Le Monde</em> du 25 avril</a>, que j'ai lu ce week end avec effroi. <br />
<br />
Il parle - et ce journaliste et &eacute;crivain est un fin connaisseur du monde arabe, lui-m&ecirc;me d'origine &eacute;gyptienne - de la condition des femmes en Egypte, victimes de harc&egrave;lements et de viols d'autant plus nombreux que le pays est &agrave; la d&eacute;rive, avec un Etat faible et d&eacute;sorganis&eacute;, et un r&eacute;gime islamiste, qui contrairement &agrave; ce que l'on pourrait imaginer, laisse perdurer cette terrible tradition qui existe de longue date dans la soci&eacute;t&eacute; masculine &eacute;gyptienne, mais qui a augment&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es.<br />
<br />
"Le harc&egrave;lement" &eacute;crit-il "peut &ecirc;tre qualifi&eacute; de onzi&egrave;me plaie d'Egypte".<br />
<br />
<blockquote>"Il ne s'agit pas de quelques violeurs qui, &agrave; tour de r&ocirc;le, abusent de leur victime" &eacute;crit Robert Sol&eacute; dans ce remarquable article, "mais de dizaines, voire de centaines d'hommes, qui se jettent sur une ou plusieurs femmes, souvent lors d'une manifestation, pour arracher leurs v&ecirc;tements, les toucher, les p&eacute;n&eacute;trer avec leurs doigts, les battre ou les blesser" (...) "On n'a plus seulement une soci&eacute;t&eacute; &agrave; deux vitesses, avec des in&eacute;galit&eacute;s croissantes, mais deux Egypte. L'une se caract&eacute;rise par le repli identitaire, alors que le pays n'a jamais &eacute;t&eacute; aussi ouvert sur le monde ext&eacute;rieur gr&acirc;ce aux cha&icirc;nes satellitaires et &agrave; Internet ; l'autre, par une volont&eacute; farouche de se lib&eacute;rer d'une double oppression, politique et religieuse. Le statut de la femme est au coeur de ce conflit".<br><br><ul><li><a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/25/harcelement-sexuel-la-onzieme-plaie-d-egypte_3166607_3224.html" target="_hplink">Lire l'article en int&eacute;gralit&eacute;</a> sur le site du journal <em>Le Monde</em></li></ul></blockquote><br />
<br />
Lisez Robert Sol&eacute;, vous en sortirez, comme moi, boulevers&eacute;s.]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/1109790/thumbs/s-HARCELEMENT_SEXUEL_EGYPTE-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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<entry>
    <title>Trois millions deux cent mille</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/chiffre-chomage-mars_b_3175088.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3175088</id>
    <published>2013-04-29T00:00:53-04:00</published>
    <updated>2013-04-29T01:15:33-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Depuis quelques semaines, la France vivait au rythme de deux actualités qui se sont mélangées jusqu'à devenir explosives et qui ont occupé le devant de la scène: l'affaire Cahuzac et le mariage pour tous. Il reste le dur, si j'ose dire, l'essentiel, le douloureux, qui n'est soluble ni dans une loi, ni dans des décrets: les chiffres du chômage -3,2 millions de demandeurs d'emplois le mois dernier- qui n'ont jamais été aussi élevés depuis quinze ans.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[Depuis quelques semaines, la France vivait au rythme de deux actualit&eacute;s qui se sont m&eacute;lang&eacute;es jusqu'&agrave; devenir explosives et qui ont occup&eacute; le devant de la sc&egrave;ne: l'affaire Cahuzac et le mariage pour tous.<br />
<br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/affaire-cahuzac" target="_hplink">La premi&egrave;re a donn&eacute; lieu &agrave; un gros scandale</a>, une confession plus ou moins convaincante, et <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/moralisation-de-la-vie-publique" target="_hplink">une boulimie de transparence</a> sur la place publique et dans les organes d'information: "Il est de combien votre PEA?"; "Votre appartement de 150 m<sup>2</sup>, vous &ecirc;tes s&ucirc;r de ne pas l'avoir sous-estim&eacute;?"; "Et vous avez vu le patrimoine de ce ministre? Peut-il vraiment se dire de gauche"?.<br />
<br />
Les ministres ont fait contre mauvaise fortune bon c&oelig;ur, les &eacute;lus ont &eacute;t&eacute; fortement r&eacute;ticents, les m&eacute;dias ont ador&eacute; (ah, pouvoir dire le montant du compte en banque de tel ou tel), et les Fran&ccedil;ais ont appr&eacute;ci&eacute; que les revenus des puissants ne soient plus opaques.<br />
<br />
Or la seule chose qui restera, la seule chose vraiment importante -et on ne le saura pas avant le 7 mai- sera l'&eacute;tendue des pouvoirs juridictionnels de la Haute Autorit&eacute; qui devra contr&ocirc;ler <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/15/patrimoine-du-gouvernement-ayrault-ministres-devoilent-declarations-infographie_n_3084768.html" target="_hplink">les d&eacute;clarations de patrimoine de ceux qui nous gouvernent</a>. En effet, la d&eacute;claration des biens des ministres existait avant l'affaire Cahuzac, mais on a vu qu'elle &eacute;tait largement insuffisante, comme d'ailleurs le sera celle qui fut publi&eacute;e il y a quinze jours &agrave; grand fracas, si l'instance charg&eacute;e de contr&ocirc;ler la v&eacute;racit&eacute; de ces d&eacute;clarations n'a pas des moyens d'enqu&ecirc;te et de sanction. <br />
<br />
Cette volont&eacute; de transparence resterait alors comme une r&eacute;ponse b&acirc;cl&eacute;e au vent du boulet de l'affaire Cahuzac. Seuls les pouvoirs donn&eacute;s &agrave; cette commission diront si et jusqu'o&ugrave; veulent vraiment aller nos &eacute;lus.<br />
<br />
Je con&ccedil;ois la volupt&eacute; des journalistes de pouvoir s'&eacute;tonner, comme je l'ai entendu, aupr&egrave;s de Najat Vallaud-Belkacem de ce que son patrimoine soit si faible avec un salaire de ministre qu'elle touche depuis un an! J'ai vu l'embarras de la ministre, oblig&eacute;e par le climat ambiant &agrave; r&eacute;pondre &agrave; cette question, sans remettre &agrave; sa place le journaliste-inquisiteur, et avouer, que peut-&ecirc;tre elle &eacute;tait plus d&eacute;pensi&egrave;re qu'elle ne le devrait, et qu'elle avait d&ucirc; faire face aux achats de v&ecirc;tements pour ses enfants qu'elle voulait peut-&ecirc;tre trop bien habiller... J'ai &eacute;t&eacute; embarrass&eacute;e pour elle et g&ecirc;n&eacute;e par mon confr&egrave;re dont la question &eacute;tait blessante et pas de son ressort.<br />
<br />
Si on se contente des m&eacute;dias pour clouer au pilori les ministres trop bien pourvus ou ceux pas assez riches -ce qui, n'est-ce-pas, doit cacher quelque chose- on aura manqu&eacute; l'op&eacute;ration v&eacute;rit&eacute; qui existe dans la plupart des autres pays d&eacute;mocratiques, &agrave; savoir une enqu&ecirc;te s&eacute;rieuse sur l'acquisition de leur fortune, leur enrichissement ou non par des activit&eacute;s qui peuvent &ecirc;tre en conflit avec leur actuelle fonction, la dissimulation ou non de comptes bancaires non d&eacute;clar&eacute;s, pour tout dire la v&eacute;racit&eacute; des d&eacute;clarations dont la seule publication m&eacute;diatique, si elle amuse la galerie, ne garantit en rien leur sinc&eacute;rit&eacute;.<br />
<br />
Je me rappelle avoir constat&eacute; aux Etats-Unis que l'audition des membres du gouvernement par le Congr&egrave;s &eacute;tait si s&eacute;rieuse et si compl&egrave;te, que le ministre, entendu par les parlementaires avant que sa nomination soit ratifi&eacute;e, devait fournir l'int&eacute;gralit&eacute; de ses comptes, y compris le salaire vers&eacute; &agrave; la jeune fille au pair qui travaillait chez lui, pour v&eacute;rifier qu'elle &eacute;tait bien d&eacute;clar&eacute;e. Tout cela est men&eacute; avec s&eacute;rieux, f&ucirc;t-ce au d&eacute;triment de l'efficacit&eacute; gouvernementale qui priva par exemple <a href="http://www.treasury.gov/about/Pages/Secretary.aspx" target="_hplink">Tim Geithner, le Secr&eacute;taire au Tr&eacute;sor (ministre des Finances)</a> de tout adjoint et de tout cabinet pendant un an. Mais la confiance dans les politiques est partout si entam&eacute;e, qu'il faudra bien aussi que la France s'y fasse. La r&eacute;ponse donc sera donn&eacute;e &agrave; la vue des pouvoirs qui seront accord&eacute;s &agrave; cette nouvelle juridiction.<br />
<br />
La deuxi&egrave;me actualit&eacute; qui a occup&eacute; le Parlement et les rues de Paris depuis des mois, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/mariage-gay" target="_hplink">fut le mariage pour tous</a>. Adopt&eacute; enfin dans l'all&eacute;gresse par les socialistes et dans l'amertume par l'opposition, ce changement du droit fran&ccedil;ais a donn&eacute; lieu &agrave; une bataille &eacute;thique et politique sans pr&eacute;c&eacute;dent depuis longtemps.<br />
<br />
Mais la f&ecirc;te est finie, et avant que la France qui aime tant ce type de combats, se d&eacute;chire bient&ocirc;t sur la PMA, le front des m&oelig;urs devrait &ecirc;tre plus paisible.<br />
<br />
Il reste le dur, si j'ose dire, l'essentiel, le douloureux, qui n'est soluble ni dans une loi, ni dans des d&eacute;crets: <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/25/chomage-nouveau-record-mars-chomage-masse_n_2764978.html" target="_hplink">les chiffres du ch&ocirc;mage -3,2 millions de demandeurs d'emplois</a> le mois dernier- qui n'ont jamais &eacute;t&eacute; aussi &eacute;lev&eacute;s depuis quinze ans.<br />
<br />
Le ch&ocirc;mage a d&eacute;vor&eacute; le mariage, &agrave; la une des journaux, et le b&eacute;n&eacute;fice de la loi nouvelle s'est d&eacute;j&agrave; envol&eacute; devant ces chiffres sombres. Ces statistiques ont touch&eacute; au c&oelig;ur chaque famille qui ont parmi elles, soit des juniors qui n'arrivent pas &agrave; entrer sur le march&eacute; du travail, soit des seniors dont ce m&ecirc;me march&eacute; ne veut plus, soit des travailleurs licenci&eacute;s par des plans sociaux en rafale, soit enfin des d&eacute;j&agrave;-ch&ocirc;meurs qui sont hors droits, parce qu'ils sont sans travail depuis trop longtemps ou parce qu'ils n'ont pas assez cotis&eacute; &agrave; la suite d'une succession d'emplois pr&eacute;caires, sp&eacute;cialit&eacute; fran&ccedil;aise.<br />
<br />
Que faire, semble s'interroger le Pr&eacute;sident? R&eacute;duire l'impact de la rigueur devant la gravit&eacute; de la crise comme le propose m&ecirc;me <a href="http://www.huffingtonpost.fr/tag/rapport-louis-gallois" target="_hplink">Louis Gallois, dont le rapport sur la comp&eacute;titivit&eacute;</a> avait pourtant &eacute;t&eacute; d&eacute;cri&eacute; comme accordant trop de place &agrave; la discipline budg&eacute;taire et pas assez &agrave; la relance? Persister dans l'aust&eacute;rit&eacute;, quitte &agrave; affronter une grogne sociale l&eacute;gitime quand la croissance pr&eacute;vue l'ann&eacute;e prochaine est &eacute;gale &agrave; z&eacute;ro? Affronter l'Allemagne sur le terrain de l'aust&eacute;rit&eacute; comme semblent le laisser entrevoir les propos des derniers jours tr&egrave;s durs du PS et de Jean-Marc Ayrault lui-m&ecirc;me, &agrave; peine adoucis par un tweet qui r&eacute;affirme l'indispensable entente franco-allemande?<br />
<br />
Le plus simple est souvent de r&eacute;pondre &agrave; une grave question par un peu de politique. Et c'est pourquoi, les paris sur le remaniement sont repartis, et les Fran&ccedil;ais consult&eacute;s tous les jours sur la r&eacute;ponse &agrave; apporter. La Ve R&eacute;publique a pr&eacute;vu un "fusible", le Premier ministre. Mais apparemment il a &eacute;t&eacute; confort&eacute; dans sa fonction depuis quelques semaines, et ce qui est en jeu serait une valse des portefeuilles.<br />
<br />
Il faut dire que lorsqu'on &eacute;coute Claude Bartolone -qui visiblement cherche &agrave; aiguillonner la majorit&eacute; jusqu'&agrave; devenir incontournable- plaider pour un deuxi&egrave;me temps du quinquennat; quand on laisse entendre que le Pr&eacute;sident aimerait entamer la "seconde phase" de ses cinq ans de mandat; on se demande si c'est vraiment cela la pr&eacute;occupation des Fran&ccedil;ais.<br />
<br />
Et on se dit surtout qu'une seconde phase, au bout d'&agrave; peine un an, vient bien t&ocirc;t quand on sait qu'il en reste quatre &agrave; gouverner. Il est certain que tout va plus vite, mais &agrave; ce rythme-l&agrave; et devant ces probl&egrave;mes-l&agrave;, ce n'est pas un gouvernement Ayrault 2 qu'il faudra bient&ocirc;t.<br />
<br />
Les Fran&ccedil;ais, &agrave; <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/28/gouvernement-union-nationale-4-francais-sur-5-bayrou_n_3172412.html" target="_hplink">une &eacute;crasante majorit&eacute;, veulent un gouvernement d'union nationale</a>. Je ne sais pas si la seule entr&eacute;e du pr&eacute;sident du Modem, pl&eacute;biscit&eacute; par les sondages suffirait &agrave; redonner confiance et faire red&eacute;marrer l'emploi, mais un gouvernement qui irait de Beno&icirc;t Hamon &agrave; Fran&ccedil;ois Bayrou serait plus qu'un gouvernement d'Union Nationale, mais un v&eacute;ritable Comit&eacute; de Salut Public!]]></content>
</entry>

<entry>
    <title>Violence</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/violence-mariage-gay_b_3129647.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3129647</id>
    <published>2013-04-22T01:07:55-04:00</published>
    <updated>2013-04-22T01:45:47-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[En France, ce ne sont pas les vies qui sont atteintes, mais un certain consensus démocratique. La violence est plus verbale que physique (quoique), elle est plus sourde qu'affirmée. Si en Amérique elle tue, en France, elle s 'insinue sournoisement dans les rapports politiques et sociaux, et mine peut-être plus fondamentalement le climat, dont il faut bien dire qu'il devient à la fois lourd, malsain, sinon politiquement imprévisible.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[La violence dont je vais parler n'est pas celle, spectaculaire de Boston sur laquelle p&egrave;se encore tant de questions. <em>Le HuffPost</em> <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/19/tamerlan-et-djokhar-les-freres-tsarnaev-nouveaux-mohamed-merah_n_3120576.html?utm_hp_ref=etats-unis" target="_hplink">a soulign&eacute; samedi &agrave; juste titre</a> la stupeur des Am&eacute;ricains qui d&eacute;couvrent que la haine et la terreur ne viennent pas seulement de groupes &eacute;trangers, d'une extr&ecirc;me droite qui fut toujours violente aux Etats-Unis ou de fous dangereux laiss&eacute;s en libert&eacute;. Non - et nous le savons, nous, en Europe et en France - la haine peut venir de jeunes nationaux (<a href="http://www.huffingtonpost.fr/tag/mohamed-merah" target="_hplink">comme Merah</a>) ou d'autres ayant v&eacute;cu des ann&eacute;es dans le pays d'accueil o&ugrave; ils semblaient s'&eacute;panouir (comme les fr&egrave;res Tsarnaev, les auteurs de la tuerie de Boston), et qui, rattrap&eacute;s par le fanatisme, en viennent &agrave; ha&iuml;r la Nation qui, croyait-on, les avait plus ou moins int&eacute;gr&eacute;s. <br />
<br />
Mais tant que nous n'en savons pas davantage, inutile de sp&eacute;culer sur les motivations de ces jeunes terroristes, pr&ecirc;ts, &agrave; 19 ans, &agrave; payer leurs actes de leur vie. Notons seulement que c'est quelques jours avant que ces attentats soient commis, que <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/18/rejet-reforme-armes-feu-senat-honte_n_3106089.html?utm_hp_ref=fr-barack-obama" target="_hplink">le Congr&egrave;s fit &eacute;chouer</a> toute r&eacute;gulation sur les armes &agrave; feu, parce que la NRA intrigue aupr&egrave;s des repr&eacute;sentants du peuple, d&eacute;cide ou non de leur r&eacute;&eacute;lection, et p&egrave;se, comme l'a dit Michael Bloomberg, le maire de New York, d'un poids tr&egrave;s lourd sur la vie publique de ce pays. <br />
<br />
On comprend la fureur d'Obama &agrave; la fois sur le fond, apr&egrave;s les massacres survenus &agrave; Tucson, &agrave; Newtown et r&eacute;currents aux USA, mais aussi devant le camouflet subi. A l'inverse, que la col&egrave;re du Pr&eacute;sident des Etats-Unis - alors qu'on sait maintenant qu'une &eacute;norme majorit&eacute; d'Am&eacute;ricains est favorable au contr&ocirc;le des armes - soit d&eacute;sormais la seule pauvre r&eacute;ponse aux extr&ecirc;mes, rend sceptique sur le syst&egrave;me d&eacute;mocratique, bien d&eacute;muni.<br />
<br />
En France, ce ne sont pas les vies qui sont atteintes, mais un certain consensus d&eacute;mocratique. La violence est plus verbale que physique (quoique), elle est plus sourde qu'affirm&eacute;e. Si en Am&eacute;rique elle tue, en France, elle s&nbsp;'insinue sournoisement dans les rapports politiques et sociaux, et mine peut-&ecirc;tre plus fondamentalement le climat, dont il faut bien dire qu'il devient &agrave; la fois lourd, malsain, sinon politiquement impr&eacute;visible.<br />
<br />
<blockquote><ul><li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/21/en-direct-mariage-gay-manifestations-haute-tension_n_3126661.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">Mariage gay: manifestations sous haute tension &agrave; Paris</a></li><br />
<li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/20/mariage-gay-manifestation-dimanche-manif-pour-tous-debordeee-extremes_n_3123552.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">Nouvelle manif anti-mariage gay dimanche &agrave; Paris sur fond de d&eacute;bordements</a></li><br />
<li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/21/manif-pour-tous-theorie-complot-photos-police-dementie_n_3127286.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">Manif pour tous: une th&eacute;orie du complot rapidement d&eacute;mentie</a></li><br />
<li><strong>BLOG</strong> - <a href="http://www.huffingtonpost.fr/danielle-tartakowsky/signification-manif-pour-tous_b_3127640.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">La "manif" ou les mots pour le dire</a></li></ul></blockquote><br />
<br />
On a &eacute;videmment le droit - et le devoir quand on est un citoyen - de s'engager pour ou contre tel ou tel projet de loi. C'est &agrave; l'&eacute;vidence le cas, pour des gens de bonne foi, dont l'opposition de conscience &agrave; la <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/mariage-gay" target="_hplink">loi sur mariage pour tous</a> est l&eacute;gitime. Je peux entendre - m&ecirc;me si je ne les partage pas - leurs peurs face aux &eacute;volutions d'une structure sociale et parentale plusieurs fois mill&eacute;naires. Il ne s'agit donc pas de d&eacute;cerner des bons points dans l'ordre du Bien et du Mal, ce serait aussi mis&eacute;rable que les outrances de l'autre c&ocirc;t&eacute;.<br />
<br />
Mais ce d&eacute;bat est en train de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer, ce qui ne fut pas le cas dans les autres pays qui ont adopt&eacute; le mariage entre couples de m&ecirc;me sexe. Je ne parle m&ecirc;me pas de la Grande Bretagne qui l'a vot&eacute; en une journ&eacute;e, ou de la Nouvelle Z&eacute;lande qui l'a inscrit dans ses lois la semaine derni&egrave;re, mais de l'Espagne o&ugrave; les "anti" ont d&eacute;fil&eacute; c'est vrai, mais o&ugrave; la crispation populaire n'a pas dur&eacute; face &agrave; la l&eacute;gitimit&eacute; parlementaire.<br />
<br />
En France, l'opposition au projet, au d&eacute;part pacifique, s'est transform&eacute;e. D'une part des groupuscules extr&eacute;mistes ont noyaut&eacute; certaines franges de la Manif' pour tous, occasionnant d&eacute;bordements, agit' prop quotidienne, agressions homophobes. Contre les &eacute;lus ou intellectuels favorables &agrave; la loi, mais surtout on a assist&eacute; cette semaine &agrave; la multiplication d'actes visant les homosexuels, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/18/mariage-gay-bar-lille-bagarres-paris_n_3106218.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">jusqu'&agrave; l'agression du bar gay de Lille</a>.<br />
<br />
Plus d&eacute;rangeant sur le plan du consensus d&eacute;mocratique, on a assist&eacute; &agrave; des sc&egrave;nes surr&eacute;alistes &agrave; l'Assembl&eacute;e Nationale dans la nuit de jeudi &agrave; vendredi, o&ugrave; sur un sourire - et quand bien m&ecirc;me &ccedil;'aurait &eacute;t&eacute; un ricanement mal poli d'un conseiller de Mme Taubira, les pupitres du Palais Bourbon en ont vu d'autres&nbsp;! - des d&eacute;put&eacute;s UMP <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/19/debut-bagarre-assemblee-nationale-tentions-mariage-gay-sintensifient_n_3114267.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">en sont venus aux mains</a> avec des repr&eacute;sentants socialistes dans une sc&egrave;ne digne de la Douma russe....<br />
<br />
Une journaliste politique aguerrie aux joutes parlementaires et qui depuis 40 ans, conna&icirc;t chaque centim&egrave;tre de la tribune de presse de l'Assembl&eacute;e, me disait justement il y a quelques jours sa stupeur devant la d&eacute;gradation du climat dans l'enceinte la plus embl&eacute;matique qui soit. Elle prenait pour exemple l'agitation de Christian Jacob qu'elle a vu, descendant dans les trav&eacute;es &agrave; la rencontre des membres du gouvernement, &agrave; deux doigts d'agresser le Premier ministre. " Je n'ai jamais vu cela" me disait elle. Elle ne croyait pas si bien dire.<br />
<br />
Madame Barjot n'est pas une femme politique d'exp&eacute;rience, et on n'a pas &agrave; lui en faire reproche, mais ni elle ni&nbsp;les initiateurs du mouvement contre le mariage homosexuel ne contr&ocirc;lent plus&nbsp;les batteurs de pav&eacute;. Ils d&eacute;couvrent l'ivresse du d&eacute;fil&eacute; protestataire, mais r&eacute;alisent par la m&ecirc;me occasion qu'un encadrement s&eacute;rieux et professionnel est le gage d'une manifestation paisible.<br />
<br />
Et justement, ce texte qui va sans doute &ecirc;tre adopt&eacute; mardi, apr&egrave;s une discussion trop longue et une acc&eacute;l&eacute;ration qui, du coup, a l'air pr&eacute;cipit&eacute;e, suscite une protestation qui se radicalise et va bien au-del&agrave; du mariage gay lui-m&ecirc;me. Les infiltrations dans les cort&egrave;ges, d'&eacute;l&eacute;ments frontistes, extr&eacute;mistes, anciens du GUD, ou m&ecirc;me la prise en main du Printemps Fran&ccedil;ais, <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/19/beatrice-bourges-l-autre-egerie-des-anti-mariage-gay_3162237_3224.html" target="_hplink">par B&eacute;atrice Bourges</a>, nouvelle &eacute;g&eacute;rie d'extr&ecirc;me droite du mouvement, en sont autant de t&eacute;moignages. Ils r&eacute;ussissent &agrave; noyauter les d&eacute;fil&eacute;s, agresser ceux auxquels ils sont hostiles, et r&ecirc;vent aux manifestations des ligues fascistes d'autrefois.<br />
<br />
Mais le plus frappant n'est pas l&agrave;, car les extr&eacute;mistes attendent toujours l'occasion de sortir du bois. En revanche la passivit&eacute; trop longue de la droite r&eacute;publicaine qui non seulement a tard&eacute; &agrave; condamner ces violences inacceptables, mais botte en touche, et saute sur l'occasion est inqui&eacute;tante. <br />
<br />
C'est ainsi que Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; condamne en effet les actes homophobes justement qualifi&eacute;s d'&nbsp;"abjects", mais dans la m&ecirc;me phrase, accuse Fran&ccedil;ois Hollande d'aggraver les crispations de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise. <br />
<br />
C'est ainsi que le d&eacute;put&eacute; UMP de la Dr&ocirc;me, Philippe Mariton s'est &eacute;lev&eacute; contre les "interpellations brutales" de la police, alors que des incidents ont lieu toutes les nuits.<br />
 <br />
C'est ainsi que son coll&egrave;gue du Rh&ocirc;ne n'a vu dans les manifestations nocturnes de cette semaine que des jeunes gens gentils et bien mis, brandissant pour preuve une innocente ballerine de Cendrillon, trouv&eacute;e sur place et qui appartient &agrave; une militante du mouvement de Christine Boutin qui l'a sacr&eacute;e du coup, son h&eacute;ro&iuml;ne. <br />
<br />
C'est ainsi qu'un autre d&eacute;put&eacute; du Rh&ocirc;ne, Philippe Cochet, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/18/mariage-gay-cochet-accuse-gauche-assassiner-enfants_n_3107547.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">a d&eacute;clar&eacute;</a> dans l'h&eacute;micycle - avant de se r&eacute;tracter devant l'&eacute;normit&eacute; de son intervention - que si ce texte passe, "c'est une ignominie, vous &ecirc;tes en train d'assassiner des enfants". <br />
<br />
C'est ainsi, encore une fois, que les huissiers ont &eacute;vit&eacute; une bagarre g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e, au petit matin, &agrave; l'Assembl&eacute; nationale.<br />
<br />
Cela laisse penser que la droite r&eacute;publicaine, trop contente de voir le gouvernement englu&eacute;, est pr&ecirc;te &agrave; exploiter le malaise fran&ccedil;ais qui est fait de bien d'autre chose que de ce projet de loi, et notamment d'une situation &eacute;conomique et sociale angoissante. Quand on tient ces propos, quand dans l'enceinte de l'Assembl&eacute;e, on d&eacute;bite de pareilles outrances, c'est qu'on esp&egrave;re que la contestation d&eacute;bouche sur une remise en cause d'une majorit&eacute; de gauche qu'au fond, ils estiment ill&eacute;gitime.<br />
<br />
Hier, la manif a &eacute;t&eacute; calme. Mais quand Henri Guaino qui aime tant la R&eacute;publique accuse la Pr&eacute;fecture de mentir sur des chiffres de manifestants contest&eacute;s mais de l'avis g&eacute;n&eacute;ral en baisse; quand l'ex conseiller de Nicolas Sarkozy se laisse &agrave; dire que "la rue ne l&acirc;chera plus le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et le gouvernement (...) Je souhaite que les Fran&ccedil;ais descendent dans la rue jusqu'&agrave; ce que le Pr&eacute;sident c&egrave;de", il sait qu'il joue avec les institutions d'une d&eacute;mocratie parlementaire. Le climat politique est gravement atteint, entre l'absence d'espoir d'une partie de l'opinion, le d&eacute;samour des Fran&ccedil;ais pour la gauche au pouvoir, et une droite qui glisse doucement vers des fronti&egrave;res qu'elle devrait combattre.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--293197--HH><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--293196--HH><br />
<br />
<em><strong>Toutes les &eacute;tapes du d&eacute;bat sur le mariage pour tous:</strong></em><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--292717--HH>]]></content>
</entry>

<entry>
    <title>Un soir comme les autres à Paris</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/anti-mariage-gay_b_3083557.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3083557</id>
    <published>2013-04-15T06:43:24-04:00</published>
    <updated>2013-04-15T07:19:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[MARIAGE GAY - Où que soit un responsable gouvernemental, il a droit à un chahut plus ou moins violent. Celui d'hier soir était bon enfant, la liberté d'expression est heureusement protégée, mais cette opposition connaît des proportions qui méritent qu'on y prenne garde.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA["Un instant de bonheur vaut mille ans dans l'histoire" a dit Voltaire, dont cette phrase est plus connue que l'ouvrage dont elle est tir&eacute;e, La Henriade. C'est ce qu'on avait envie de se dire, en sortant dimanche soir d'un concert magique, avec Claudio Abbado, grandiose &agrave; la t&ecirc;te de son Mahler Chamber Orchestra, et Martha Argerich, pianiste enchanteresse, inspir&eacute;e, jouant l'admirable Concerto num&eacute;ro 1 de Beethoven. Moment unique, moment d'extase qui fait &agrave; la fois sourire et pleurer. <br />
<br />
A la sortie, apr&egrave;s ce bonheur, on &eacute;tait rattrap&eacute; par l'histoire, mais pas par la grande. Dans cette nuit d'&eacute;t&eacute; miraculeusement arriv&eacute;e sur Paris, et parce que Manuel Valls, ministre de l'Int&eacute;rieur, dont la femme est violoniste et qui aime la musique, assistait au concert, une poign&eacute;e de 70 manifestants, pr&eacute;venus sans doute par twitter - et mobilisant quand m&ecirc;me plus de CRS qu'il n'y avait de militants - <a href="http://www.leparisien.fr/politique/mariage-pour-tous-manuel-valls-interpelle-a-la-sortie-d-un-concert-14-04-2013-2725569.php" target="_hplink">hurlaient contre le mariage gay adopt&eacute; au S&eacute;nat</a>, et contre le Pr&eacute;sident, dont ils scandaient le nom en termes peu am&egrave;nes. <br />
<br />
<blockquote><strong>LIRE AUSSI<br />
</strong><ul><li><a href="http://www.huffingtonpost.fr/karl-zero/lettre-ouverte-frigide-barjot_b_3081428.html" target="_hplink">Lettre &agrave; ma belle-soeur Frigide Barjot</a>, par Karl Z&eacute;ro</li></ul><br />
</blockquote><br />
<br />
Cela devient la norme&nbsp;: o&ugrave; que soit un responsable gouvernemental, il a droit &agrave; un chahut plus ou moins violent. Celui d'hier soir &eacute;tait bon enfant, la libert&eacute; d'expression est heureusement prot&eacute;g&eacute;e, mais cette opposition - encourag&eacute;e par <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/12/hollande-sang-barjot-calendrier-assemblee-mariage-gay_n_3069892.html" target="_hplink">les malheureux propos de Frigide Barjot</a> sur "Hollande veut du sang, il en aura" et la peur agit&eacute;e de "guerre civile" exprim&eacute;e par certains &eacute;lus UMP - conna&icirc;t des proportions qui m&eacute;ritent qu'on y prenne garde.]]></content>
</entry>

<entry>
    <title>Comment endiguer cette crise morale et politique?</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/comment-endiguer-cette-cr_b_3080935.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3080935</id>
    <published>2013-04-15T00:00:21-04:00</published>
    <updated>2013-04-15T04:15:16-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Revenir en France après quelques jours d'absence est une épreuve. Ayant eu des réunions avec nos camarades du Huff Post US durant quelques jours à New York, je suis rentrée à Paris en milieu de semaine, à temps pour mesurer les dégâts causés à la fois par l'affaire Cahuzac et par l'ébranlement politique, social, économique et moral que traverse la France. Les désastres sont multiples, d'importance diverse, mais on peut en aligner quelques uns, dans le désordre.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[Revenir en France apr&egrave;s quelques jours d'absence est une &eacute;preuve.<br />
Ayant eu des r&eacute;unions avec nos camarades du <a href="http://www.huffingtonpost.com/" target="_hplink">Huff Post US</a> durant quelques jours &agrave; New York, je suis rentr&eacute;e &agrave; Paris en milieu de semaine, &agrave; temps pour mesurer les d&eacute;g&acirc;ts caus&eacute;s &agrave; la fois par <a href="http://www.huffingtonpost.fr/tag/jerome-cahuzac" target="_hplink">l'affaire Cahuzac</a> et par l'&eacute;branlement politique, social, &eacute;conomique et moral que traverse la France.<br />
<br />
Les d&eacute;sastres sont multiples, d'importance diverse, mais on peut en aligner quelques uns, dans le d&eacute;sordre:<br />
<br />
<ol><li><strong>D&eacute;sastre moral &eacute;videmment</strong>. Quand la parole politique - ou religieuse, car la m&ecirc;me semaine, le mensonge a d&eacute;consid&eacute;r&eacute; la parole d'un ministre mais touch&eacute; aussi <a href="http://www.huffingtonpost.fr/claude-askolovitch/plagiat-gilles-bernheim_b_3059521.html" target="_hplink">la parole d'un rabbin</a> - est discr&eacute;dit&eacute;e, tout est possible&nbsp;; quand la confiance dans ceux qui gouvernent, dans les &eacute;lites, dans les "sachants", s'effondre, (voir <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/10/tous-pourris-apres-affaire-cahuzac-76-francais-confiance-politique_n_3050486.html?1365656556&amp;utm_hp_ref=france" target="_hplink">le sondage YouGov pour <em>Le HuffPost</em> et i>T&eacute;l&eacute;</a> o&ugrave; 76% des Fran&ccedil;ais n'ont plus confiance dans la politique), le pays traverse une crise sans pr&eacute;c&eacute;dent.</li><br />
<li><strong>D&eacute;sastre politique bien s&ucirc;r</strong>&nbsp;: quand un Pr&eacute;sident <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/10/suivez-en-direct-intervention-francois-hollande_n_3050394.html?utm_hp_ref=fr-francois-hollande" target="_hplink">doit parler toutes les semaines</a> alors qu'il avait promis que sa parole serait rare&nbsp;; quand Fran&ccedil;ois Hollande voit son exercice d'une heure et demie avec David Pujadas il y a moins de quinze jours gomm&eacute; par un &eacute;norme scandale, et qu'il est oblig&eacute; d'y revenir &agrave; deux fois pour en tirer les cons&eacute;quences politiques et pratiques, c'est que la vision au sommet de l'Etat sur la direction politique que doit prendre la France, s'est perdue dans le fracas des affaires.</li><br />
<li><strong>D&eacute;sastre d'autorit&eacute; aussi</strong>&nbsp;: quand des ministres contestent tout haut la politique annonc&eacute;e quelques jours avant par le Pr&eacute;sident (je pense &agrave; MM. Montebourg et Hamon ainsi que Madame Duflot)&nbsp;; quand une ministre (Mme Carlotti) d&eacute;cide de son propre chef de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/08/affaire-cahuzac-marie-arlette-carlottie-publie-declaration-patrimoine_n_3035154.html?utm_hp_ref=mostpopular,moralisation-de-la-vie-publique" target="_hplink">publier sa d&eacute;claration de patrimoine</a> et que le gouvernement doit suivre en catastrophe pour ne pas laisser les initiatives individuelles le d&eacute;border&nbsp;; quand le Pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e (M. Bartolone) <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/11/declaration-patrimoine-bartolone-se-dit-reserve-voyeurisme_n_3058291.html?utm_hp_ref=moralisation-de-la-vie-publique" target="_hplink">taxe de voyeurisme</a> le d&eacute;sir de transparence affirm&eacute; par le Pr&eacute;sident la veille, on se dit que quelque chose ne fonctionne pas au sommet de l'Etat, que chacun est davantage pr&eacute;occup&eacute; par sa r&eacute;putation individuelle que par la coh&eacute;rence collective.</li><br />
<li><strong>D&eacute;sastre de confiance g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;</strong>: &agrave; peine les &eacute;lus rendent-ils public leur patrimoine que les adversaires s'en emparent pour d&eacute;noncer les revenus touch&eacute;s ici, les indemnit&eacute;s vers&eacute;es. L'&egrave;re du soup&ccedil;on va empoisonner la vie collective&nbsp;; et le mouchardage risque de tenir lieu de programme.</li><br />
<li><strong>D&eacute;sastre dans l'appareil d'Etat</strong>&nbsp;: quand un site internet - <em>Mediapart</em> - parvient &agrave; faire des enqu&ecirc;tes plus abouties que celles des services fiscaux, des RG, de la justice, c'est que l'Etat est moins bien loti qu'un journal qui vit de ses abonnements. Ca donne un petit air de Watergate et des r&eacute;v&eacute;lations du <em>Washington Post</em> autrefois, mais faut-il rappeler qu'on &eacute;tait &agrave; la fin de l'&egrave;re Nixon qui dut d&eacute;missionner quelques mois plus tard&nbsp;?</li><br />
<li><strong>D&eacute;sastre <a href="http://www.huffingtonpost.fr/actualites/economie/" target="_hplink">&eacute;conomique</a></strong> sans lequel les d&eacute;sordres politiques auraient beaucoup moins de prise : le ch&ocirc;mage augmente et touche toutes les familles, la croissance est absente, la dette est immense, les Fran&ccedil;ais sont inquiets, beaucoup renonceront &agrave; leurs vacances d'&eacute;t&eacute;. Comment ne pas comprendre l'exasp&eacute;ration de ceux qui ont peu, et qui ont tous les jours sous les yeux ceux qui ont beaucoup&nbsp;? On joue avec les mots aust&eacute;rit&eacute; ou rigueur, la droite pour les revendiquer, la gauche pour les d&eacute;mentir, alors que chacun sait combien il en a co&ucirc;t&eacute; en 1983 au gouvernement de Fran&ccedil;ois Mitterrand de nier la crise, "le tournant de la rigueur" qui ne devait &ecirc;tre qu'une "parenth&egrave;se" et qui fut de fait une saign&eacute;e. Nous sommes en cure d'aust&eacute;rit&eacute;, chacun le sait, et le nier augmente l'incr&eacute;dulit&eacute; dans la parole du politique.</li><br />
<li><strong>D&eacute;sastre ravageur dans les organes d'information</strong>: quand un journal (<em>Lib&eacute;ration</em>) fait sa Une sur une rumeur sur laquelle un media concurrent serait peut-&ecirc;tre en train d'enqu&ecirc;ter, et que son directeur est oblig&eacute; de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/11/liberation-sexcuse-aupres-lecteurs-une-laurent-fabius_n_3058099.html?utm_hp_ref=fr-politique" target="_hplink">pr&eacute;senter ses excuses &agrave; ses lecteurs</a>, cela r&eacute;duit encore l'espace de confiance qui reste aux citoyens.</li><br />
<li><strong>D&eacute;sastre de la rh&eacute;torique tir&eacute;e vers le bas</strong>&nbsp;: quand les deux principales candidates &agrave; la municipale parisienne (<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/01/municipales-paris-hidalgo-poursuites-judiciaires-nkm_n_2991096.html" target="_hplink">Mmes Hidalgo et NKM</a>) s'invectivent &agrave; coups d'accusations de triche ou de d&eacute;fauts de transparence sur leur patrimoine, cela laisse mal augurer des mois qui viennent et du niveau de d&eacute;stabilisation politique auquel nous allons assister dans cette ann&eacute;e &eacute;lectorale.</li><br />
<li><strong>D&eacute;sastre dans la hi&eacute;rarchie des valeurs</strong>: Quel est le bon crit&egrave;re pour juger d'un ministre ou d'un &eacute;lu&nbsp;? Le patrimoine, la comp&eacute;tence, la moralit&eacute;&nbsp;? <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/11/declaration-de-patrimoine-qui-est-le-plus-pauvre_n_3059477.html?utm_hp_ref=moralisation-de-la-vie-publique" target="_hplink">Est-ce que poss&eacute;der ou gagner de l'argent est un mal&nbsp;en soi</a> ou est-ce la dissimulation de ses int&eacute;r&ecirc;ts priv&eacute;s, s'ils sont en conflit avec des int&eacute;r&ecirc;ts publics, qui est fautive ? Est-ce que les Fran&ccedil;ais sont &agrave; ce point en col&egrave;re pour que la course &agrave; la pauvret&eacute; des &eacute;lus soit contagieuse&nbsp;? Est-ce qu'&agrave; l'inverse il est supportable de voir ces m&ecirc;mes &eacute;lus charg&eacute;s de traquer les moindres d&eacute;penses, rechigner sur la morale quand il s'agit des leurs ? Est-ce que l'h&eacute;ritage &eacute;galitaire de 1789, additionn&eacute; d'un fonds de culture marxiste, et exacerb&eacute; par le double discours de ceux qui avaient dit que l'argent corrompait, et qui ont laiss&eacute; se multiplier l'affairisme, n'a pas cr&eacute;&eacute; chez les Fran&ccedil;ais un rejet absolu de la richesse voire de la r&eacute;ussite&nbsp;?</li><br />
<li><strong>D&eacute;sastre dans l'unit&eacute; nationale</strong> enfin, quand on v&eacute;rifie scrutin apr&egrave;s scrutin, crise apr&egrave;s crise que la France est durablement fractur&eacute;e entre les &eacute;lites et les autres, entre les pro-europ&eacute;ens et les anti, entre ceux qui ont acc&egrave;s &agrave; l'&eacute;ducation, &agrave; la culture et plus facilement demain &agrave; l'emploi, et ceux qui en seront &agrave; jamais exclus ?</li></ol><br />
<br />
Face &agrave; ces crises qui &eacute;branlent, comme jamais depuis longtemps, la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise, on attendait, comme toujours en r&eacute;gime pr&eacute;sidentiel la r&eacute;ponse du Chef. Si Fran&ccedil;ois Hollande veut rompre avec son pr&eacute;d&eacute;cesseur qui, juste apr&egrave;s un fait divers proposait une loi, il ne faut pas que sa d&eacute;marche lui ressemble&nbsp;: un scandale, une &eacute;motion, la cr&eacute;ation d'une Haute Autorit&eacute;. La pr&eacute;cipitation pour prendre des d&eacute;cisions - et cependant, il en faut&nbsp;! - est-elle bonne conseill&egrave;re&nbsp;? Fallait-il prendre celles-l&agrave;, ou d'autres&nbsp;? On continue &agrave; mettre des rustines sur une soci&eacute;t&eacute; fractur&eacute;e par la crise, la mondialisation, sans prendre le temps de penser ces bouleversements, de les traduire en termes clairs et volontaires pour l'ensemble du pays.<br />
<br />
Bref, quelle est la le&ccedil;on que tire le Pr&eacute;sident de ces diff&eacute;rents niveaux de crises, au-del&agrave; des dispositions d'urgence pour endiguer le scandale et sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir au fur et &agrave; mesure qu'elles s'installeront&nbsp;? Quelle vision a-t-il de ce pays, de son &eacute;tat politique social et moral, quelle analyse fait-il pour apporter les vraies r&eacute;ponses&nbsp;? Il va falloir nommer les choses pour les rendre r&eacute;elles.<br />
<br />
<strong>&raquo; D&eacute;couvrez les d&eacute;clarations de patrimoine des autres politiques :</strong><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--291064--HH><br />
<br />
<blockquote><strong>&Agrave; LIRE AUSSI:</strong></br><br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/10/declaration-patrimoine-marisol-touraine-redevable-isf_n_3049752.html?utm_hp_ref=france" target="_hplink">&raquo; Marisol Touraine d&eacute;voile qu'elle paie l'ISF</a></br><br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/09/arnaud-montebourg-devoile-declaration-biens_n_3043642.html?utm_hp_ref=france" target="_hplink">&raquo; Patrimoine : Arnaud Montebourg d&eacute;voile sa d&eacute;claration de biens</a></br><br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/09/patrimoine-fillon-declaration-biens-cope-attendra-loi_n_3041887.html?utm_hp_ref=france" target="_hplink">&raquo; Fran&ccedil;ois Fillon d&eacute;voile son patrimoine </a></br><br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/08/declarations-de-patrimoine-pourquoi-faire_n_3037451.html?utm_hp_ref=france" target="_hplink">&raquo; Des d&eacute;clarations publiques, oui mais pour quoi faire?</a><br /></blockquote><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--290631--HH>]]></content>
</entry>

<entry>
    <title>Pour Antoine Veil</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/pour-antoine-veil_b_3068974.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.3068974</id>
    <published>2013-04-12T09:57:05-04:00</published>
    <updated>2013-04-12T10:06:11-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Antoine Veil est mort cette nuit et, comme ses amis, j'ai de la peine. Il était un homme passionné, enthousiaste et croyait dans deux utopies: l'une que je partage, qui est l'Europe. L'autre, à laquelle je ne crois guère tant la France est polarisée depuis l'élection présidentielle au suffrage universel, qui est le centre. Il aimait passionnément discuter, convaincre, proposer.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[Quelques mots pour dire au revoir &agrave; un homme bien. <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/12/antoine-veil-mort-simone-deces_n_3067185.html" target="_hplink">Antoine Veil est mort</a> cette nuit et, comme ses amis, j'ai de la peine.<br />
<br />
Il &eacute;tait un homme passionn&eacute;, enthousiaste et croyait dans deux utopies: l'une que je partage, qui est l'Europe. L'autre, &agrave; laquelle je ne crois gu&egrave;re tant la France est polaris&eacute;e depuis l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle au suffrage universel, qui est le centre.<br />
<br />
Il aimait passionn&eacute;ment discuter, convaincre, proposer. Il avait cr&eacute;&eacute; le club Vauban avec l'espoir d'y faire dialoguer des hommes et des femmes de bonne volont&eacute; de droite comme de gauche. Encore une utopie, mais g&eacute;n&eacute;reuse, tourn&eacute;e vers l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral qui &eacute;tait son credo.<br />
Il &eacute;tait gai, dr&ocirc;le, adepte des mauvais calembours, profond&eacute;ment affectueux et fid&egrave;le &agrave; ses amis.<br />
Il &eacute;tait bien s&ucirc;r le mari de Simone Veil, notre ic&ocirc;ne nationale, qu'il traitait avec tendresse et respect mais toujours la taquinerie aux l&egrave;vres. Avec humour, il avait pris son parti de recevoir pendant des ann&eacute;es des lettres au nom de "Monsieur Simone Veil".<br />
<br />
Pour elle, qui v&eacute;cut tant d'&eacute;preuves, pour ses deux fils qui le ch&eacute;rissaient et l'appelaient avec amour Antoine, plut&ocirc;t que Papa, &agrave; ses petits enfants qui l'adoraient, &agrave; toute une famille dont il &eacute;tait le rep&egrave;re, je veux juste dire mon inconditionnelle affection.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--275557--HH>]]></content>
</entry>

<entry>
    <title>Je n'en peux plus de...</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/edito-actualite-mars_b_2945348.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2945348</id>
    <published>2013-03-25T00:00:45-04:00</published>
    <updated>2013-03-25T02:07:17-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Deux choses m'ont marquée cette semaine : la charge très violente de Daniel Schneidermann contre Patrick Cohen pour les propos que celui-ci a tenus dans une émission. A savoir que la responsabilité d'un journaliste auprès de ses lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs, s'exerce jusqu'au choix de la personne à laquelle il tend un micro. La deuxième chose qui m'a frappée cette semaine, c'est... qu'elle ressemblait furieusement aux autres, malgré l'actualité chargée qu'elle semblait charrier. Alors, en mélangeant ces deux impressions, j'ai eu envie de faire une sorte de liste, moi aussi, comme une nomenclature à la Georges Perec, mais à l'envers. Au lieu des "je me souviens" célèbres, de faire la compilation des "je n'en peux plus".]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[Deux choses m'ont marqu&eacute;e cette semaine&nbsp;: <a href="http://www.huffingtonpost.fr/philippe-bilger/debat-taddei-cohen_b_2930388.html" target="_hplink">la charge tr&egrave;s violente</a> de Daniel Schneidermann contre Patrick Cohen pour les propos que celui-ci a tenus dans une &eacute;mission. A savoir que la responsabilit&eacute; d'un journaliste aupr&egrave;s de ses lecteurs, auditeurs ou t&eacute;l&eacute;spectateurs, s'exerce jusqu'au choix de la personne &agrave; laquelle il tend un micro. Qu'un journaliste ne peut pas interviewer, sans dommages, n'importe qui. Que s'il permet &agrave; quelqu'un de d&eacute;livrer un message, c'est son devoir de faire en sorte de ne pas diffuser n'importe quelle parole, hideuse, irresponsable ou criminelle. Que si cela rel&egrave;ve certes de la morale personnelle de chacun et ne peut pas &ecirc;tre &eacute;rig&eacute; en le&ccedil;on, le journalisme est cependant un choix, un tri, une hi&eacute;rarchie et qu'on a le droit aussi de d&eacute;cider quels sont individus que l'on invite sur son plateau. Que tout ne vaut pas tout, sous le pr&eacute;texte qu'untel est connu pour faire des &eacute;clats - et donc de l'audience - le collabo comme le r&eacute;sistant, le bandit comme l'honn&ecirc;te homme, l'&eacute;crivain comme le plagiaire, le bon comme la brute et le truand.<br />
<br />
Pour avoir dit ce qui me para&icirc;t professionnellement d&eacute;fendable et juste, le journaliste vedette des matinales de <em>France Inter</em> s'est vu d&eacute;cerner une vol&eacute;e de bois vert, et un cours de d&eacute;ontologie moralisante et violente de mon confr&egrave;re Schneidermann dans <em>Lib&eacute;ration</em> sous le titre assez d&eacute;plaisant de <a href="http://www.liberation.fr/medias/2013/03/17/la-liste-de-patrick-cohen_889214" target="_hplink">La liste de Cohen</a>. Un titre faisant r&eacute;f&eacute;rence &agrave; une &eacute;poque de sang et de drames, d&eacute;plac&eacute; en l'occurrence.<br />
<br />
La deuxi&egrave;me chose qui m'a frapp&eacute;e cette semaine, c'est... qu'elle ressemblait furieusement aux autres, malgr&eacute; l'actualit&eacute; charg&eacute;e qu'elle semblait charrier. <br />
<br />
Alors, en m&eacute;langeant ces deux impressions, j'ai eu envie de faire une sorte de liste, moi aussi, comme une nomenclature &agrave; la Georges Perec, mais &agrave; l'envers. Au lieu des "je me souviens" c&eacute;l&egrave;bres, de faire la compilation des "je n'en peux plus", celle des fatigues quotidiennes accumul&eacute;es face l'actualit&eacute; qui souvent, &agrave; l'inverse de l'histoire, b&eacute;gaie.<br />
<br />
<strong>Alors, allons-y&nbsp;:</strong><br />
- Je n'en peux plus de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/13/neige-gouvernement-gere-chaos-dans-les-rues-cacophonie-ump_n_2865816.html" target="_hplink">cet hiver</a> qui ne sait pas finir; <br />
- Je n'en peux plus de l'impuissance <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/20/barack-obama-en-israel--pour-sa-premiere-visite-president-americain-pas-lancer-initiative-paix_n_2912929.html?utm_hp_ref=fr-barack-obama" target="_hplink">d'Obama au Proche Orient</a> et de ses discours moralement justes, mais sans aucun effet&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des embouteillages parisiens parce que l'on a ferm&eacute; les quais rive gauche dont pas un pi&eacute;ton ne profite&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des mises en examen <a href="http://www.huffingtonpost.fr/daniel-soulez-lariviere/mise-en-examen-sarkozy_b_2942477.html" target="_hplink">bi-hebdomadaires</a> des hommes politiques qui ne font plaisir qu'&agrave; l'extr&ecirc;me droite&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus de l'indignation de ces m&ecirc;mes politiques et des injures dont ils <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/24/mise-examen-sarkozy-lavocat-de-sarkozy-contre-attaque-contre-juge-gentil-jdd_n_2942380.html" target="_hplink">accablent les juges</a> quand ils sont eux-m&ecirc;mes vis&eacute;s, et... qui ne font aussi plaisir qu'&agrave; l'extr&ecirc;me droite&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des d&eacute;bats et d&eacute;fil&eacute;s pour et contre le mariage gay&nbsp;; <br />
- Je n'en peux plus du personnage de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/23/manifestation-contre-le-mariage-gay-opposants-tente-maintenir-pression-toute-semaine_n_2939622.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">Frigide Barjot</a>, ayant, dans les manifs, remplac&eacute; la figure embl&eacute;matique de Jean Paul Sartre&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus de la liste des membres du personnel de Mme Bettencourt&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des crises-panique en Europe, qui prennent des dimensions apocalyptiques, et notamment quand il s'agit d'Etats timbres postes, tels <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/22/chypre-taxe-15-depots-bancaires-plus-de-100000-euros_n_2934581.html" target="_hplink">Chypre</a>&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des grossi&egrave;ret&eacute;s de Balkany,<br />
- Des d&eacute;rives dangereuses qui, d'exc&egrave;s en exc&egrave;s, transforment M&eacute;lenchon en tribun irresponsable, <br />
- Des petites blagues de Hollande, y compris sur le d&eacute;part de ses propres ministres&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des num&eacute;ros sp&eacute;ciaux des hebdos sur l'immobilier, les h&ocirc;pitaux, les lyc&eacute;es les plus pourris de France, ou sur "que faire de votre argent"&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des &eacute;v&eacute;nements qui tombent &agrave; 20h (le Pape &eacute;lu, Cahuzac d&eacute;missionn&eacute;, Sarko mis en examen) qui obligent la r&eacute;dac du <em>Huff</em> &agrave; veiller toute la nuit&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus de Francis Heaulme dont on nous parle depuis 26 ans&nbsp;; <br />
- Je n'en peux plus de l'ex&eacute;g&egrave;se du texte du <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/18/carla-bruni-pingouin-hollande-album-pire-animal-gentil_n_2898848.html" target="_hplink">Pingouin de Carla</a> qui viserait Hollande, et du d&eacute;cryptage des &eacute;tats d'&acirc;me de Val&eacute;rie sur le statut de "Premi&egrave;re dame";<br />
- Je n'en peux plus des imp&ocirc;ts qui devraient augmenter, de l'aust&eacute;rit&eacute; qu'on devrait bannir, de la croissance qui ne revient jamais&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des salaires des grands patrons qui vont, qui seront, qui promettent d'&ecirc;tre tax&eacute;s&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des statistiques du <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/chomage" target="_hplink">ch&ocirc;mage</a> qui se banalisent en s'aggravant tous les mois&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus d'Ayrault trop falot, de Fillon trop bougon, de Cop&eacute; trop dop&eacute;, <br />
- Je n'en peux plus des seins nus des Femen qui les &eacute;talent <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/13/femen-manifestation-conclave_n_2865728.html" target="_hplink">&agrave; toute occasion</a>&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus de la t&ecirc;te d'enterrement de Didier Deschamps les soirs de victoire&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus de l'impuissance am&eacute;ricaine &agrave; l&eacute;gif&eacute;rer sur les armes &agrave; feu qui ont fait des milliers de victimes depuis Newtown en d&eacute;cembre dernier&nbsp;;<br />
- Je n'en peux plus des <a href="http://www.slate.fr/story/4329/il-y-190-journees-mondiales-par" target="_hplink">286 journ&eacute;es mondiales par an</a> pour c&eacute;l&eacute;brer la gentillesse, les vocations ou les gens qui aiment le tricot.<br />
<br />
Bref, c'&eacute;tait la litanie de la citoyenne qui voit tristement se d&eacute;liter le d&eacute;bat public, ou tout simplement l'ironie de la journaliste fatigu&eacute;e qui a besoin de vacances&nbsp;!<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--287767--HH>]]></content>
</entry>

<entry>
    <title>François et François</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/pape-francois-hollande_b_2896484.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2896484</id>
    <published>2013-03-18T00:00:06-04:00</published>
    <updated>2013-05-17T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[FRANCOIS - On les a assez comparés -en France seulement, rassurez-vous- pour que j'y revienne en quelques mots. L'un se qualifia de "normal" au début de son quinquennat. L'autre fut décrit comme "normal" à l'annonce de son pontificat. "Normal", le Pape François? Toujours "normal" le Président François? Le Pape réclame une "Eglise pauvre pour les pauvres". Le Président a été élu sur la défense du pouvoir d'achat, sur sa lutte contre le règne de l'argent-roi comme disait son prédécesseur socialiste, un autre François...]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[On les a assez compar&eacute;s -en France seulement, rassurez-vous- pour que j'y revienne en quelques mots. L'un se qualifia de "normal" au d&eacute;but de son quinquennat. L'autre fut d&eacute;crit comme "normal" &agrave; l'annonce de son pontificat.<br />
<br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/pape-francois" target="_hplink">"Normal", le Pape Fran&ccedil;ois?</a> Disons plut&ocirc;t simple, voire bon enfant, non d&eacute;nu&eacute; d'humour, ne recherchant pas la pompe de la fonction, allant m&ecirc;me jusqu'&agrave; en refuser les signes.<br />
<br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/fr-francois-hollande/" target="_hplink">Toujours "normal" le Pr&eacute;sident Fran&ccedil;ois?</a> Disons que ce n'est plus vraiment ce crit&egrave;re-l&agrave; qui prime. Il fut ainsi qualifi&eacute; car il rompait avec le r&egrave;gne bruyant et agit&eacute; du pr&eacute;c&eacute;dent quinquennat, mais ce qui est en jeu aujourd'hui est moins l'absence d'apparat que l'absence de r&eacute;sultats, voire de coh&eacute;rence.<br />
<br />
Le Pape r&eacute;clame une "<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/16/pape-francois-souhaite-eglise-pauvre_n_2890035.html" target="_hplink">Eglise pauvre pour les pauvres</a>". Il est visiblement sensible au sort des plus d&eacute;munis, tout son minist&egrave;re en Argentine, plaidant pour lui.<br />
<br />
Le Pr&eacute;sident a &eacute;t&eacute; &eacute;lu sur la d&eacute;fense du pouvoir d'achat, sur sa lutte contre le r&egrave;gne de l'argent-roi comme disait son pr&eacute;d&eacute;cesseur socialiste, un autre Fran&ccedil;ois. Et il se trouve &agrave; g&eacute;rer la crise, les d&eacute;ficits, et h&eacute;site visiblement entre ses promesses optimistes de campagne, et la r&eacute;alit&eacute; cruelle de l'Europe englu&eacute;e dans les difficult&eacute;s, le ch&ocirc;mage et la dette.<br />
<br />
<a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/03/11/a-dijon-m-hollande-elles-sont-ou-vos-promesses_1846222_823448.html" target="_hplink">Son voyage &agrave; Dijon fut &agrave; l'image de ces h&eacute;sitations</a>: on nous l'avait pr&eacute;sent&eacute; comme l'anti-visite &eacute;clair de Sarkozy, prenant son temps, affrontant m&ecirc;me <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/12/sondage-fini-austerite-relance-croissance-barometre-yougov-itele-huffpost_n_2862057.html?utm_hp_ref=fr-francois-hollande" target="_hplink">l'impopularit&eacute; inh&eacute;rente &agrave; tout gouvernant</a> par temps difficiles. On a surtout retenu l'image de policiers un peu trop vigilants qui ont &eacute;cart&eacute; des importuns pourtant pas bien agressifs, criant "on attend toujours ton changement, Fran&ccedil;ois", une d&eacute;ambulation -comme il aime &agrave; appeler ses promenades au milieu de ses concitoyens- agit&eacute;e, et un discours entre aust&eacute;rit&eacute; et relance.<br />
<br />
Alain Duhamel, assurant que Fran&ccedil;ois Hollande prend des d&eacute;cisions courageuses sans oser totalement les assumer, et rappelant le mot fameux avec lequel, au d&eacute;but du XXe si&egrave;cle on d&eacute;signait les radicaux (tels des radis, rouges &agrave; l'ext&eacute;rieur, roses &agrave; l'int&eacute;rieur), a dr&ocirc;lement qualifi&eacute; le Pr&eacute;sident de "mou &agrave; l'ext&eacute;rieur, mais ferme &agrave; l'int&eacute;rieur"!<br />
<br />
C'est donc bien de coh&eacute;rence qu'il s'agit. Entre les critiques faites au pr&eacute;c&eacute;dent Chef de l'Etat, les promesses d'un monde meilleur, et le fracas contre les r&eacute;alit&eacute;s &eacute;conomiques de la France de 2013. Qu'aurait-il d&ucirc; faire, dire, et quand? Ne pas faire r&ecirc;ver au changement? Sans doute pas. Mais vous en connaissez beaucoup des hommes publics qui se font &eacute;lire en annon&ccedil;ant la rigueur, la p&eacute;nurie d'emplois et le pouvoir d'achat en berne? Devrait-il aujourd'hui assumer davantage une ligne claire, qu'elle soit d'aust&eacute;rit&eacute; ou de relance de la croissance? Sans doute oui. Les Fran&ccedil;ais interrog&eacute;s par l'institut YouGov pour <em>le Huffington Post</em> et I t&eacute;l&eacute;, ont r&eacute;pondu clairement: la croissance avant toute chose. Mais vous en connaissez beaucoup des citoyens qui r&eacute;clament &agrave; cors et &agrave; cris l'aust&eacute;rit&eacute; &agrave; tous les &eacute;tages?<br />
<br />
Autrement dit, apr&egrave;s l'euphorie des d&eacute;buts et les vaches maigres venues assez vite, apr&egrave;s l'embellie due <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/mali" target="_hplink">&agrave; la fermet&eacute; au Mali</a>, puis &agrave; la retomb&eacute;e devant les chiffres d'une implacable &eacute;conomie, il est temps qu'il s'exprime clairement et donne la ligne des mois qui viennent. Nul doute que ce sera l'objet de sa prochaine intervention t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e dont ses gourous cherchent toujours la forme et le fond.<br />
<br />
Pour le Pape Fran&ccedil;ois, c'est &agrave; la fois plus facile et plus d&eacute;licat. Plus facile, car on attend sa parole et non son action. Plus d&eacute;licat, car l'Eglise ne se gouverne pas comme une loi de finances, et le temps court des gouvernements des hommes est remplac&eacute; par le temps long des &eacute;volutions religieuses et soci&eacute;tales.<br />
<br />
J'entends ici et l&agrave; qu'il est hostile &agrave; l'avortement ou au mariage entre personnes du m&ecirc;me sexe. Faut-il en &ecirc;tre surpris? En a-t-on fait grief au bien aim&eacute; Jean-Paul II? En revanche, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/13/nouveau-pape-francois-argentin-jorge-mario-bergoglio-prend-renes-vatican_n_2868558.html?utm_hp_ref=pape-francois" target="_hplink">le cardinal Bergoglio</a>, a qualifi&eacute; il y a encore trois ans l'homosexualit&eacute; de "d&eacute;mon infiltr&eacute; dans les &acirc;mes". Et sur ce point, je comprends les espoirs de ceux qui attendent de l'Eglise -sinon qu'elle change au rythme de la soci&eacute;t&eacute;- mais qu'elle ne soit pas &agrave; ce point d&eacute;cal&eacute;e de la vie des hommes.<br />
<br />
Quant &agrave; son pass&eacute; contest&eacute; aupr&egrave;s du gouvernement argentin f&eacute;lon des ann&eacute;es 1970, gardons-nous de tout jugement h&acirc;tif. Il l'a toujours d&eacute;menti, les sp&eacute;cialistes de la p&eacute;riode sinistre des g&eacute;n&eacute;raux ne l'ont jamais &eacute;tabli, et sa popularit&eacute; aupr&egrave;s de la population argentine ne serait pas sans doute pas si grande s'il s'&eacute;tait compromis.<br />
<br />
Juste une parenth&egrave;se qu'on me pardonnera, je l'esp&egrave;re. <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/15/video-christine-boutin-pvideo-christine-boutin-passe-contreverse-pape-francois-dictature-argentine_n_2882537.html?utm_hp_ref=pape-francois" target="_hplink">J'ai &eacute;t&eacute; d&eacute;concert&eacute;e par Christine Boutin</a>, qui dans sa h&acirc;te de rendre hommage au nouveau Pape a tenu &agrave; d&eacute;clarer qu'elle aurait pardonn&eacute; toute collusion -si elle exista jamais- avec la junte militaire qui laissa l'Argentine pleurer 30.000 disparus. Je suis s&ucirc;re que beaucoup d'argentins aimeraient l'inviter &agrave; visiter, la fameuse &eacute;cole de la Marine &agrave; Buenos Aires o&ugrave; un certain colonel Astiz faisait enlever, et martyrisait lui-m&ecirc;me des argentins par milliers. <br />
<br />
C'est un camp de concentration en pleine ville. Des dizaines de milliers d'opposants y sont pass&eacute;s, y ont &eacute;t&eacute; tortur&eacute;s ou sont morts. Les complices des g&eacute;n&eacute;raux argentins y avaient copi&eacute; les m&eacute;thodes des nazis: coups, faim, transformation des prisonniers en b&ecirc;tes f&eacute;roces, supplices des malheureux encha&icirc;n&eacute;s les uns aux autres, une cagoule sur la t&ecirc;te. Au sous-sol, la chambre des tortures ne livrerait plus &agrave; Christine Boutin les secrets des supplici&eacute;s, mais elle pourrait les imaginer. <br />
<br />
Dans les ann&eacute;es 80, la Commission Internationale des Droits de l'Homme, alert&eacute;e par les rumeurs et protestations devant ce qui se passait en Argentine, d&eacute;cida d'une inspection dans cette &eacute;cole de la marine &agrave; Buenos Aires. En quelques jours, les g&eacute;n&eacute;raux firent comme les nazis &agrave; Theresienstadt pour masquer &agrave; la Croix Rouge un camp d'extermination. Ils bouch&egrave;rent les souterrains menant aux salles de torture (la trace des escaliers qui y descendaient reste visible), d&eacute;plac&egrave;rent tous les d&eacute;port&eacute;s remplac&eacute;s par des troufions. La Commission en question n'y a vu que du feu dans ce qu'elle prit pour une caserne et le lendemain de son d&eacute;part, les d&eacute;port&eacute;s &eacute;taient de retour, et les exactions reprenaient de plus belle.<br />
<br />
Christine Boutin, conservatrice, mais g&eacute;n&eacute;reuse et g&eacute;n&eacute;ralement mieux inspir&eacute;e, aurait mieux fait de ne pas rappeler maladroitement au nouveau Pape les malheurs de ses compatriotes. Il y avait d'autres fa&ccedil;ons de lui souhaiter la bienvenue.<br />
<br />
Le Pape Fran&ccedil;ois apportera, esp&eacute;rons-le, espoir et audace. Au Pr&eacute;sident Fran&ccedil;ois d'apporter &agrave; son tour, coh&eacute;rence et courage.]]></content>
</entry>

<entry>
    <title>Paroles, paroles, paroles... ♫♫♫♫</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/retour-de-nicolas-sarkozy_b_2847779.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2847779</id>
    <published>2013-03-11T00:00:00-04:00</published>
    <updated>2013-05-10T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA["L'homme qui en savait trop" est un mauvais film d'Alfred Hitchcock, mais l'homme qui parle trop est la mauvaise rentrée de Nicolas Sarkozy. Le numéro hagiographique que consacre Valeurs Actuelles à l'ancien président, loin d'ajouter à sa gloire, est un raté de première grandeur. Le magazine qui rapporte ses propos, souvent entre guillemets - non pas sous la forme d'une interview, mais sous celle d'une conversation à bâtons rompus - rappelle tout ce que certains voulaient oublier du personnage. L'impatience d'abord. Neuf mois après être parti, impopulaire, il n'a pas su attendre que le temps fasse son œuvre et amène ceux qui l'avaient délaissé, à le regretter.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA["L'homme qui en savait trop" est un mauvais film d'Alfred Hitchcock, mais l'homme qui parle trop est <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/08/retour-de-nicolas-sarkozy_n_2835779.html?utm_hp_ref=fr-nicolas-sarkozy" target="_hplink">la mauvaise rentr&eacute;e de Nicolas Sarkozy</a>.<br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/05/retour-de-nicolas-sarkozy-oblige-revenir-devoir-france_n_2814736.html?utm_hp_ref=fr-nicolas-sarkozy" target="_hplink">Le num&eacute;ro hagiographique</a> que consacre <em>Valeurs Actuelles</em> &agrave; l'ancien pr&eacute;sident, loin d'ajouter &agrave; sa gloire, est un rat&eacute; de premi&egrave;re grandeur.<br />
Le magazine qui rapporte ses propos, souvent entre guillemets - non pas sous la forme d'une interview, mais sous celle d'une conversation &agrave; b&acirc;tons rompus - rappelle tout ce que certains voulaient oublier du personnage.<br />
<br />
L'impatience d'abord. Neuf mois apr&egrave;s &ecirc;tre parti, impopulaire, il n'a pas su attendre que le temps fasse son &oelig;uvre et am&egrave;ne ceux qui l'avaient d&eacute;laiss&eacute;, &agrave; le regretter. Il lui a fallu revenir, intervenir, dire son mot, critiquer l'actuel h&ocirc;te de l'Elys&eacute;e, laisser entendre qu'il pourrait se repr&eacute;senter. Ni Giscard, ni Chirac n'avaient manifest&eacute; autant d'empressement &agrave; faire savoir qu'ils existaient toujours. M&ecirc;me Giscard qui r&ecirc;va de revanche cependant pendant des ann&eacute;es, n'aura eu, si vite, l'intention de le montrer. Il avait autrefois qualifi&eacute; Jacques Chirac d'"agit&eacute;"; l'&eacute;pith&egrave;te pourrait resservir.<br />
<br />
Les plus jeunes se pincent pour croire qu'il ne reviendra en politique que pour faire don de sa personne &agrave;&nbsp;la France. P&eacute;tain a fait le coup &agrave; leurs grands-parents en 1940, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/10/fabius-sur-le-retour-de-sarkozy-nest-pas-de-gaulle-qui-veut_n_2847478.html?utm_hp_ref=fr-nicolas-sarkozy" target="_hplink">de Gaulle &agrave; leurs parents pr&egrave;s de vingt ans plus tard</a>. Mais depuis, c'est d&eacute;mod&eacute;, ringard, "out". Personne ne croit plus &agrave; ce genre de phrases quand le parler vrai est devenu la mode, la t&eacute;l&eacute;r&eacute;alit&eacute; le programme commun, et quand on aimerait entendre&nbsp;: "Je reviendrai parce que je ne peux pas supporter d'&ecirc;tre loin de la rampe lumineuse du pouvoir, parce qu'Hollande m&eacute;rite une fess&eacute;e, parce qu'&agrave; part le retour rat&eacute; de l'Ile d'Elbe, personne avant moi n'a r&eacute;ussi ce coup-l&agrave;, et moi, ex-futur pr&eacute;sident, je peux le faire".<br />
<br />
Sur le fond des propos, maintenant. Certains se sont, &agrave; cette occasion, souvenus de ce qu'ils appelaient ses fautes de go&ucirc;t. Aucun ex-pr&eacute;sident ne s'&eacute;tait jamais permis une critique sur la politique &eacute;trang&egrave;re ou de d&eacute;fense fran&ccedil;aise de son successeur, alors que la France est impliqu&eacute;e dans un conflit. Sarkozy l'a fait. Et ce qu'il confie, sur <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/mali" target="_hplink">le Mali</a>, aux journalistes de <em>Valeurs Actuelles</em>, est pour le moins mal venu&nbsp;: "Que fait-on l&agrave;-bas ? Sinon soutenir des putschistes et tenter de contr&ocirc;ler un territoire trois fois grand comme la France avec 4000 hommes ? La r&egrave;gle, c'est qu'on ne va jamais dans un pays qui n'a pas de gouvernement". La r&egrave;gle pourrait-on r&eacute;torquer, c'est d'abord ne pas parler contre son pays. L'op&eacute;ration malienne est au moins aussi l&eacute;gitime que celle que Sarkozy engagea nagu&egrave;re en Libye, et elle semble - pour l'instant en tout cas - s'y enliser moins qu'au pays de Kadhafi. De surcro&icirc;t et par malchance, le jour de la mort d'un soldat fran&ccedil;ais, ce passage est vraiment mal tomb&eacute;.<br />
<br />
Enfin ceux qui ont toujours pris quelque plaisir &agrave; souligner une certaine vulgarit&eacute; de langage, de posture de l'ancien pr&eacute;sident, ou m&ecirc;me qui ont d&eacute;plor&eacute; qu'il mette sans retenue l'actualit&eacute; &agrave; son service, trouveront de quoi &eacute;tayer leur th&egrave;se avec <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/06/nicolas-sarkozy-critique-vivement-action-francois-hollande_n_2816941.html?utm_hp_ref=fr-nicolas-sarkozy" target="_hplink">le discours que semble tenir l'ancien pr&eacute;sident sur le mariage entre personnes du m&ecirc;me sexe</a>, et la PMA qui lui sera sans doute un jour associ&eacute;e : "Bient&ocirc;t, ils vont se mettre &agrave; quatre pour avoir un enfant" confie-t-il au journaliste du magazine. Et ajoutant l'ind&eacute;licatesse &agrave; la trivialit&eacute;, il s'est m&ecirc;me laiss&eacute; aller &agrave; des amalgames douteux sur la "tra&ccedil;abilit&eacute;" des enfants, compar&eacute;e &agrave; celle de la viande de cheval dans le bifteck.... !<br />
<br />
Des personnalit&eacute;s de l'UMP se sont rendues compte du fiasco et sont venues d&eacute;noncer une caricature des paroles pr&eacute;sidentielles. Mais h&eacute;las, deux jours plus tard, quand les d&eacute;g&acirc;ts &eacute;taient l&agrave;. Brice Hortefeux, habituel confident, s'exprimant le jour de la parution de l'hebdomadaire sur Radio Classique et Public S&eacute;nat, ne les a pas d&eacute;mentis, se contentant - au m&eacute;pris de toute vraisemblance - d'assurer que Nicolas Sarkozy s'en &eacute;tait "tenu strictement" &agrave; sa d&eacute;cision de "ne pas intervenir dans la vie politique quotidienne nationale"...!<br />
Il est rare que, dans ces colonnes, l'on ait plaint Patrick Buisson, mais lui faire porter le chapeau d'un entretien qui aurait &eacute;t&eacute; voulu, puis valid&eacute; par lui &agrave; l'insu du plein gr&eacute; de l'ex- pr&eacute;sident, n'est pas la moindre des in&eacute;l&eacute;gances.<br />
<br />
Non, avec ce faux-pas qu'il regrette d&eacute;j&agrave;, Sarkozy n'a pas r&eacute;ussi &agrave; ramener &agrave; lui quelques nostalgiques de plus. Et plus grave peut-&ecirc;tre, il ne s'est pas interrog&eacute; s'il avait quelque chose &agrave; apporter aujourd'hui ou demain &agrave; la France et aux Fran&ccedil;ais: un projet, une vision, un espoir, au-del&agrave; des agacements qui lui viennent.<br />
Il vaut mieux d'ailleurs qu'il oublie cette s&eacute;quence et s'abstienne de continuer &agrave; d&eacute;mentir ces vraies-fausses confidences. D'abord parce que <em>Valeurs Actuelles</em> est trop respectueux de sa personne et trop proche de ses id&eacute;es pour avoir imagin&eacute; briser un "off" qui leur aurait &eacute;t&eacute; demand&eacute;. Ensuite, parce qu'il est impensable, connaissant les habitudes de la presse et la vigilance de l'ex-pr&eacute;sident, qu'on ne lui ait pas soumis en d&eacute;tail les guillemets dont le texte est &eacute;maill&eacute;. <br />
Si d'ailleurs, c'&eacute;tait le cas, ce serait encore pire: reprocher &agrave; Sarkozy sa na&iuml;vet&eacute;, son laisser-aller avec les journalistes auxquels il a toujours su distiller les message qu'il voulait faire passer, et sa n&eacute;gligence sur l'impact de ce qui devait &ecirc;tre son retour dans le d&eacute;bat public, ce serait, pour le coup, l'offenser! Il aurait alors bien chang&eacute;, et m&ecirc;me les sarkol&acirc;tres seraient devenus orphelins...<br />
<br />
Fran&ccedil;ois Hollande, s'il l'ose, ne sera pas en reste. Il a la d&eacute;mangeaison inverse: il est l'homme qui aimerait parler mais ne sait vraiment pas quoi dire&nbsp;: quand et comment s'exprimer ? Et pour confier quoi ? Que la croissance va mal ? On le sait. Que le ch&ocirc;mage est au plus haut ? On le lit tous les jours dans les journaux et les familles le vivent dans leur chair. Que la situation ira en s'am&eacute;liorant? Personne n'y accordera cr&eacute;dit...<br />
Alors pourquoi ajouter des mots aux maux? Il faut relire P&eacute;guy dans <em>Notre jeunesse</em>: "Ceux qui se taisent, [sont] les seuls dont la parole compte".<br />
L'un pour avoir trop et mal dit, l'autre pour n'avoir encore rien dit tout en br&ucirc;lant de le faire, devraient m&eacute;diter cette phrase du po&egrave;te ainsi que ce proverbe trop fameux : 'La parole est d'argent mais le silence est d'or".]]></content>
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    <title>Sagesse et folie</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/resultats-elections-italiennes_b_2804290.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2804290</id>
    <published>2013-03-04T01:12:15-05:00</published>
    <updated>2013-05-03T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Non, non, rassurez-vous, je ne vais pas disserter sur Spinoza, Erasme ou Foucault, mais tenter de rassembler trois éléments de l'actualité qui, cette semaine, nous font balancer entre ces deux pôles. Les élections italiennes traduisent l'émotion, la colère, le refus de la rigueur, le rejet d'une classe politique épuisée. Barack Obama a, lui, de bonnes raisons de crier sa colère, mais aucun moyen de la rendre efficace. Et la mort de Stéphane Hessel semble avoir achevé la sagesse.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[Non, non, rassurez-vous, je ne vais pas disserter sur Spinoza, Erasme ou Foucault, mais tenter de rassembler trois &eacute;l&eacute;ments de l'actualit&eacute; qui, cette semaine, nous font balancer entre ces deux p&ocirc;les.<br />
<br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/27/legislatives-italie-bersani-grillo-alliance-berlusconi-coalition-crise-politique_n_2774570.html" target="_hplink">Les &eacute;lections italiennes</a> traduisent l'&eacute;motion, la col&egrave;re, le refus de la rigueur, le rejet d'une classe politique &eacute;puis&eacute;e. Les Italiens ont vot&eacute; les 24 et 25 f&eacute;vrier et ont abouti &agrave; la plus grande pagaille politique, v&eacute;ritable caricature d'un syst&egrave;me d&eacute;mocratique &agrave; bout de souffle. Pier Luigi Bersani, le Fran&ccedil;ois Hollande de l'Italie, est le vrai vaincu d'une &eacute;lection qui emp&ecirc;che toute coalition.<br />
<br />
Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) de Beppe Grillo, l'ancien comique reconverti en politique de premier plan est le faux vainqueur de ce scrutin. Il a fait de son Mouvement le premier parti d'Italie avec 25,5% des voix &agrave; la Chambre, mais il est dans l'incapacit&eacute; de rallier quiconque, ni &agrave; sa personne, ni &agrave; ses propositions dont certaines des plus fameuses &eacute;taient la semaine de 20h et la possibilit&eacute; pour les pr&ecirc;tres d'avoir des enfants "afin qu'ils ne tripotent pas ceux des autres"!<br />
 <br />
Les Italiens sont tellement &agrave; bout de l'aust&eacute;rit&eacute; style Monti ou de la corruption fa&ccedil;on Berlusconi qu'ils ont vot&eacute; en masse pour celui qui avait, il y a quelques ann&eacute;es, lanc&eacute; le "Vaffanculo Day"&nbsp;: une journ&eacute;e durant laquelle la classe politique &eacute;tait invit&eacute;e &agrave; aller -restons courtois - se faire voir... Eh bien, c'est fait.<br />
<br />
Quant &agrave; Silvio Berlusconi, le revoil&agrave;, parti sous les &eacute;pluchures, et revenu par le vide. Qui aurait dit qu'on le reverrait rena&icirc;tre, encore une fois, m&ecirc;me &agrave; la t&ecirc;te d'un parti minoritaire&nbsp;? Il a perdu 8 millions de voix depuis 2008, mais pourrait se retrouver &agrave; la table du gouvernement. Vous verrez qu'il finira comme sage, face &agrave; Pierrot - pardon, Grillo - le fou. Et au milieu et &agrave; terre, l'Italie.<br />
<br />
Barack Obama a, lui, de bonnes raisons de crier sa col&egrave;re, mais aucun moyen de la rendre efficace. <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/01/mur-budgetaire-obama-democrates-republicains_n_2790974.html?utm_hp_ref=etats-unis" target="_hplink">Il se heurte au refus par les R&eacute;publicains</a> de tout accord budg&eacute;taire. Les coupes am&eacute;ricaines dans le budget f&eacute;d&eacute;ral vont &ecirc;tre de 85 milliards de dollars, ce qui veut dire des milliers de professeurs et d'&eacute;ducateurs licenci&eacute;s, 750.000 emplois qui pourraient &ecirc;tre perdus, des amputations tragiques dans les services publics de la Sant&eacute; ou de l'Education, une baisse de la croissance annonc&eacute;e de 0,6%, et des r&eacute;percussions s&eacute;v&egrave;res sur le premier partenaire commercial des Etats-Unis, l'Union Europ&eacute;enne. <br />
<br />
Qui est sage, qui est fou&nbsp;? Sagesse d'&eacute;lus r&eacute;publicains saisis par le vertige des d&eacute;ficits abyssaux des USA ou folie suicidaire d'un syst&egrave;me politique qui n'est pas fait pour fonctionner, mais pour emp&ecirc;cher de gouverner&nbsp;?<br />
<br />
C'est la <a href="http://www.huffingtonpost.fr/tag/stephane-hessel" target="_hplink">mort de St&eacute;phane Hessel</a> qui semble avoir achev&eacute; la sagesse, cette semaine. Il voulait en &ecirc;tre un repr&eacute;sentant en &eacute;tant en m&ecirc;me temps, actif et "indign&eacute;". Jamais mot d'un homme de 95 ans ne fit autant fortune. Et c'est lui que chacun salue, l'infatigable combattant pour les causes des plus d&eacute;sh&eacute;rit&eacute;s. La soci&eacute;t&eacute; a besoin de ces voix qui secouent nos consciences: l'Abb&eacute; Pierre disparu, St&eacute;phane Hessel prit sa place.<br />
<br />
Il est fascinant de constater comment un Monsieur, tr&egrave;s convenable et tr&egrave;s vieux a pu faire chavirer la jeunesse qui, &agrave; travers le monde, s'est baptis&eacute;e en s'inspirant de son opuscule. Et pourtant, reconnaissons que ces trente pages, &eacute;nergiques et empathiques envers les r&eacute;prouv&eacute;s de la plan&egrave;te, tir&eacute;es &agrave; plusieurs millions d'exemplaires, ne sont ni les Dix commandements, ni le code d'Hammourabi, ni le Capital de Marx, ni le petit livre rouge de Mao. Et ce n'est pas faire injure au grand homme de dire qu'en dehors de l'appel &agrave; la col&egrave;re, ce petit ouvrage ne transmettait pas les id&eacute;es les plus novatrices. Mais il rappelait des principes oubli&eacute;s dans la mollesse des temps et dans l'indiff&eacute;rence g&eacute;n&eacute;rale, ceux du Conseil National de la R&eacute;sistance, que St&eacute;phane Hessel rappelle justement comme devant "guider nos pas" pour reprendre une expression de Pierre Mend&egrave;s France, qui fut un des ma&icirc;tres de Hessel.<br />
<br />
En invitant les jeunes - et les autres - &agrave; s'indigner, ce vieux sage de St&eacute;phane Hessel aura cr&eacute;&eacute; le pas interm&eacute;diaire entre l'indiff&eacute;rence et l'action, et enterr&eacute; ce faisant, l'id&eacute;e m&ecirc;me de R&eacute;volution. Celle-ci suppose le combat, radical et collectif. L'Indignation est le reflet d'une &eacute;poque tourn&eacute;e vers le citoyen plus que vers la soci&eacute;t&eacute;, vers l'individu plus que vers les masses. La R&eacute;volution est morte, vive l'Indignation, salvatrice, g&eacute;n&eacute;reuse, non violente qui ne peut que f&eacute;d&eacute;rer et non exclure. C'est d&eacute;j&agrave; cela, direz-vous. <br />
<br />
<a href="http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Les-femmes-politiques-preferees-des-francais-594392" target="_hplink"><em>Le Journal du Dimanche</em> d'hier</a> donne le palmar&egrave;s des femmes politiques les plus populaires de France. Et tout de suite derri&egrave;re Christine Lagarde, vient Marine le Pen, num&eacute;ro 2 des pr&eacute;f&eacute;rences fran&ccedil;aises. Le vieux sage, utopique et un peu fou aurait s&ucirc;rement grond&eacute; "Indignez-vous&nbsp;!". On peut lui emboiter le pas et crier avec lui.]]></content>
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    <title>My Taylor is rich...</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/polemique-taylor-montebourg_b_2752770.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2752770</id>
    <published>2013-02-25T00:00:09-05:00</published>
    <updated>2013-04-26T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le combat de Titan (sic) entre Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Maurice Taylor, le PDG américain de l'entreprise de pneus, a été un pitoyable feuilleton. Ce duel par lettres interposées est à Montesquieu ce que les tweets de Nadine Morano sont aux écrits de Madame de Stael. Cette farce de la semaine serait juste grotesque, si le sort d'une entreprise, de ses ouvriers, et la conception qu'on a du travail, des hommes et de l'économie française n'était pas en question.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[... but my Taylor is ridiculous&nbsp;!<br />
<br />
Le combat de <a href="http://www.huffingtonpost.fr/tag/titan" target="_hplink">Titan</a> (sic) entre Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Maurice Taylor, le PDG am&eacute;ricain de l'entreprise de pneus, a &eacute;t&eacute; un pitoyable feuilleton. Ce duel <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/20/arnaud-montebourg-repond-pdg-titan_n_2726155.html" target="_hplink">par lettres interpos&eacute;es</a> est &agrave; Montesquieu ce que les tweets de Nadine Morano sont aux &eacute;crits de Madame de Stael.<br />
<br />
Comment peut-on &ecirc;tre Titan, a-t-on envie de se demander, comme s'interrogeaient les Fran&ccedil;ais sur les soi-disant auteurs des <em>Lettres Persanes</em>? <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/20/titan-international-portrait-maurice-taylor-arnaud-montebourg_n_2722208.html" target="_hplink">La vision qu'a de la France ce PDG am&eacute;ricain</a> est plus &eacute;loign&eacute;e de la r&eacute;alit&eacute; que ces faux Persans l'&eacute;taient de la France qu'ils observaient.<br />
Montesquieu, pourfendeur de la monarchie absolue, inventa en effet deux voyageurs venus de Perse pour faire la satire de la soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise du XVIII&egrave;me si&egrave;cle. Il manque d&eacute;cid&eacute;ment &agrave; Maurice Taylor, beaucoup de la finesse dont use l'&eacute;crivain-philosophe dans les lettres qu'Usbek et Rica envoient &agrave; leurs amis pour moquer les travers de la France de l'Ancien R&eacute;gime, 68 ans avant la R&eacute;volution.<br />
<br />
J'ai relu pour le plaisir, quelques unes de ces Lettres Persanes. Il y en a de d&eacute;licieuses et il faut remercier M. Taylor qui donne le pr&eacute;texte d'en citer un extrait. Il s'agit de la lettre num&eacute;ro 50 o&ugrave; Rica s'amuse &agrave; d&eacute;crire la vanit&eacute; et l'orgueil des Fran&ccedil;ais qu'il feint de croiser&nbsp;:<br />
<br />
<blockquote>"<em>Je vois de tous les c&ocirc;t&eacute;s des gens qui parlent sans cesse d'eux-m&ecirc;mes&nbsp;; leurs conversations sont un miroir qui pr&eacute;sente toujours leur impertinente figure</em>". </blockquote><br />
<br />
Voil&agrave; le genre de choses qu'aurait pu &eacute;crire cet am&eacute;ricain s'il avait eu de l'esprit. Comme aurait dit Cyrano, "<em>on aurait pu dire bien des choses en somme</em>", si on avait voulu critiquer l'&eacute;conomie fran&ccedil;aise.&nbsp;Le PDG de Titan s'est content&eacute; de jouer le r&ocirc;le du bouffon avec ses propos grossiers. Sur les travailleurs ou sur leurs syndicats qualifi&eacute;s de "<em>crazy</em>", autrement dit, fous, dingues, barjots m&ecirc;me, comme on n'ose plus dire de peur de confondre cette mis&eacute;rable qualification des syndicats, &agrave; l'&eacute;trange surnom que s'est donn&eacute;e <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/mariage-gay" target="_hplink">la figure de proue de l'anti-mariage gay</a>. <br />
<br />
A la lettre surr&eacute;aliste, cynique et brutale de Maurice Taylor, celui-qui-croyait-en-Goodyear-puis-celui-qui-n'y-croyait-plus, a succ&eacute;d&eacute; <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/20/arnaud-montebourg-repond-pdg-titan_n_2726155.html" target="_hplink">la r&eacute;ponse choqu&eacute;e</a> d'Arnaud Montebourg, faisant de cet &eacute;change de courrier, la pol&eacute;mique la plus exotique de la semaine&nbsp;: "<em>Propos extr&eacute;mistes et insultants</em>", [venant du PDG d'une entreprise] "<em>vingt fois plus petite que Michelin et trente-cinq fois moins rentable</em>", a dit le ministre. Arnaud Montebourg a raison et on ne peut que regretter qu'&agrave; part Laurence Parisot, la pr&eacute;sidente du Medef, jugeant ces termes "<em>inacceptables et choquants</em>", si peu de patrons aient cru bon de s'indigner. Il s'est m&ecirc;me trouv&eacute; des amis de Jean-Fran&ccedil;ois Cop&eacute; pour saisir au bond cette pauvre critique du mod&egrave;le fran&ccedil;ais&nbsp;!<br />
<br />
Quant au ministre, c'est de fa&ccedil;on un peu convenue, qu'il convoque les m&acirc;nes de La Fayette et ceux des boys morts sur&nbsp;les plages de Normandie, pour souligner l'ind&eacute;fectible lien entre nos deux peuples quels que soient les al&eacute;as des temps. <br />
<br />
<strong>Tout fut donc ubuesque dans cette affaire.</strong><br />
On a envie de dire simplement &agrave; Monsieur Taylor, que si le salaire minimum horaire est de 9,43 euros en France, et qu'il n'est que de 5,40 &eacute;quivalents euros aux Etats-Unis (si bas qu'Obama a, dans son Discours sur l'Etat de l'Union, propos&eacute; de le relever &agrave; un niveau d&eacute;cent comparable &agrave; ceux en vigueur en Europe), la productivit&eacute; fran&ccedil;aise est une des meilleures du monde. Si les Am&eacute;ricains travaillent plus, ils ne travaillent pas mieux, et tous ceux qui ont v&eacute;cu aux Etats-Unis peuvent l'attester.<br />
<br />
De son c&ocirc;t&eacute;, le Ministre du Redressement Productif, ne s'offusquera pas je pense, de quelques remarques qui sont ici et l&agrave; dans l'esprit de ses concitoyens&nbsp;: d'abord que ce titre ronflant, voulant donner du sens &agrave; celui de Ministre de l'Industrie qui avait le m&eacute;rite d'&ecirc;tre sobre, l'oblige &agrave; des contorsions au moment o&ugrave; la production fran&ccedil;aise se r&eacute;duit, et o&ugrave; le redressement s'&eacute;loigne au fur et &agrave; mesure que baissent les chiffres de la croissance. Il est oblig&eacute; de jouer les matamores devant les usines qui ferment, les plans sociaux qui s'accumulent, les d&eacute;ficits qui se creusent. Il en est r&eacute;duit &agrave; jouer les Steve Jobs sur sc&egrave;ne, m&ecirc;me pas pour promouvoir des produits de haute technologie, mais pour c&eacute;l&eacute;brer marini&egrave;res et ustensiles de cuisine, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/19/oprah-winfrey-friteuse-sans-huile-actifry-seb-action-bourse-montebourg_n_2715365.html" target="_hplink">tel Oprah Winfrey</a>, la c&eacute;l&egrave;bre animatrice de t&eacute;l&eacute; outre-Atlantique, vantant les m&eacute;rites d'une friteuse "<em>made in France</em>".<br />
<br />
En r&eacute;sum&eacute;, cette farce de la semaine serait juste grotesque, si le sort d'une entreprise, de ses ouvriers, et la conception qu'on a du travail, des hommes et de l'&eacute;conomie fran&ccedil;aise n'&eacute;tait pas en question. Si on ne savait pas, depuis cette semaine et selon Bruxelles, que la croissance en France sera quasi nulle en 2013, que notre d&eacute;ficit sera &agrave; 3,7% du PIB cette ann&eacute;e, voire &agrave; 3,9 en 2014. <br />
<br />
La vraie tirade de la semaine aurait pu &ecirc;tre&nbsp;: "<em>moi, Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, je ne peux pas faire grand-chose pour la croissance, je ne peux pas multiplier des emplois qui se d&eacute;truisent, je ne peux qu'essayer, dans un environnement si difficile, de colmater les br&egrave;ches et mettre des rustines</em>". Et pas sur les pneus, M.Taylor, mais sur l'&eacute;tat de la France.]]></content>
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    <title>Paradoxes</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/paradoxes-actualite_b_2706970.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2706970</id>
    <published>2013-02-18T00:00:03-05:00</published>
    <updated>2013-04-19T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[ÉDITO - L'actualité va si vite, que ses bizarreries ne nous étonnent même plus. Et pourtant, cette semaine, les paradoxes ont été nombreux, qui furent chacun, source d'étonnement. Premier paradoxe: Benoît XVI devient une star emblématique à la minute précise où il décide de quitter la scène...]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[L'actualit&eacute; va si vite, que ses bizarreries ne nous &eacute;tonnent m&ecirc;me plus. <br />
<br />
Et pourtant, cette semaine, les paradoxes ont &eacute;t&eacute; nombreux, qui furent chacun, source d'&eacute;tonnement:<br />
<br />
Premier paradoxe: <a href="http://www.huffingtonpost.fr/actualites/benoit-xvi" target="_hplink">Beno&icirc;t XVI </a>devient une star embl&eacute;matique &agrave; la minute pr&eacute;cise o&ugrave; il d&eacute;cide de quitter la sc&egrave;ne.<br />
<br />
Que ce soit ce pape, finalement assez m&eacute;connu, et ayant suscit&eacute; tant de r&eacute;serves apr&egrave;s son &eacute;lection, qui n'acc&egrave;de &agrave; la sympathie mondiale que par son geste d'abandon, est in&eacute;dit. Que ce soit ce m&ecirc;me pape, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/andre-paul/benoit-xvi-demission-conservateur_b_2663118.html" target="_hplink">consid&eacute;r&eacute; comme un conservateur</a> -ou comme disent les Italiens un "th&eacute;o-conservateur"- qui inaugure ou presque <a href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-soupa/consequences-demission-pape_b_2661920.html?utm_hp_ref=france" target="_hplink">un acte d'une modernit&eacute; sans &eacute;gale</a>, transformer son statut sacralis&eacute; en une fonction "normale", est impr&eacute;vu. Que ce soit un th&eacute;ologien, assez s&ucirc;r de lui pour consid&eacute;rer que le chemin de croix port&eacute; par la vie et la mort de Jean-Paul II n'&eacute;tait pas forc&eacute;ment la marque qui convenait aujourd'hui au sacerdoce papal, est audacieux.<br />
<br />
Le pape <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/11/portrait-demission-du-pape_n_2660807.html?utm_hp_ref=france&amp;utm_hp_ref=france" target="_hplink">n'a plus besoin de souffrir pour autrui</a> &agrave; la face du monde, mais il doit comme tout autre dirigeant titulaire d'un mandat ou d'une charge, &ecirc;tre &agrave; m&ecirc;me de l'exercer, et non "dans l'incapacit&eacute; d'administrer son minist&egrave;re" comme il l'a dit lui-m&ecirc;me. Comme tout autre dirigeant, disais-je? Mais vous en connaissez beaucoup des Empereurs &agrave; la retraite, des Cincinnatus retrouvant leur charrue? Beno&icirc;t XVI plus hardi que Georges Pompidou ou Fran&ccedil;ois Mitterrand, cela n'allait pas de soi.<br />
<br />
Deuxi&egrave;me bizarrerie &eacute;trange qui met mal &agrave; l'aise: l'un des hommes qui a impressionn&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es, un athl&egrave;te hors norme au nom de l&eacute;gionnaire romain, a tu&eacute; sa compagne un soir de Saint-Valentin.<br />
<br />
<a href="http://www.huffingtonpost.fr/tag/oscar-pistorius" target="_hplink">Oscar Pistorius</a>, amput&eacute; des deux jambes, champion mondial paralympique, mais courant avec ses coll&egrave;gues valides et ayant remport&eacute; la deuxi&egrave;me place au 4x400 m&egrave;tres en 2011, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/14/oscar-pistorius-aurait-tue-sa-petite-amie-par-erreur_n_2683459.html" target="_hplink">a &eacute;t&eacute; inculp&eacute; d'homicide volontaire</a> comme un vulgaire malfrat. Pourtant, cet homme aux lames de carbone en guise de jambes -on l'avait surnomm&eacute; Blade Runner- &eacute;tait programm&eacute; pour faire r&ecirc;ver les foules <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2012/08/23/jeux-paralympiques-invalides-niveau-valides_n_1825025.html" target="_hplink">devant tant de t&eacute;nacit&eacute; et d'h&eacute;ro&iuml;sme</a>. N'est-ce pas l&agrave; aussi la plus cinglante des invraisemblances?<br />
<br />
Troisi&egrave;me singularit&eacute;: le <a href="http://www.huffingtonpost.fr/tag/conseil-national-de-lordre-des-medecins" target="_hplink">Conseil National de l'Ordre des M&eacute;decins</a>, organe g&eacute;n&eacute;ralement plut&ocirc;t conformiste, a bris&eacute; le plus fort des tabous.<br />
<br />
Celui qu'on pr&eacute;sente toujours comme tr&egrave;s conservateur s'est prononc&eacute; cette semaine pour une "<a href="http://www.huffingtonpost.fr/emmanuel-hirsch/ordre-des-medecins-euthanasie_b_2685515.html" target="_hplink">aide &agrave; mourir sous forme d'une s&eacute;dation terminale</a>" pour ceux qui, lucides, et entour&eacute;s d'un coll&egrave;ge de m&eacute;decins, souffrent le martyre et appellent la mort de leurs v&oelig;ux. On avait tellement identifi&eacute; les m&eacute;decins &agrave; un serment d'Hippocrate pas toujours bien compris, que leur hardiesse surprend, et prend &agrave; contre-pied les traditionnalistes intransigeants.<br />
<br />
Quatri&egrave;me paradoxe, h&eacute;las, devenu familier: <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/renault" target="_hplink">Renault</a> a engrang&eacute; un b&eacute;n&eacute;fice net de 1,7 milliard d'euros mais va supprimer 7500 emplois en France.<br />
<br />
Vous avez dit paradoxe? Non pour ceux, qui, consid&egrave;rent, comme <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/14/renault-reste-dans-le-vert-malgre-baisse-benefices_n_2683387.html" target="_hplink">Carlos Ghosn le dit dans une interview</a> au <em>Monde</em> "qu'il faut que l'entreprise anticipe les difficult&eacute;s". Mais oui pour ceux qui pensent que cette phrase banalise finalement tout plan social et qui ont du mal &agrave; accepter que les b&eacute;n&eacute;fices industriels passent <a href="http://www.huffingtonpost.fr/michel-holtz/crise-automobile-renault_b_2502499.html" target="_hplink">par des sacrifices humains</a>.<br />
<br />
Sacrifice humain, justement. Cinqui&egrave;me scandale de la semaine. Quoi de plus douloureux, de plus r&eacute;voltant que ce d&eacute;sespoir qui a pouss&eacute; <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/13/pole-emploi--un-chomeur-en-fin-droits-mort-immolation-devant-agence-nantaise_n_2677423.html" target="_hplink">un homme de 41 ans &agrave; s'immoler par le feu</a> devant l'agence de P&ocirc;le Emploi de Nantes? <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/16/immolation-a-pole-emploi-chomage-mal-etre-chomeurs_n_2699545.html" target="_hplink">De quelle d&eacute;tresse, de quel d&eacute;sarroi</a> provoqu&eacute;s par la crise et le ch&ocirc;mage faut-il &ecirc;tre atteint pour sacrifier sa vie par un acte aussi d&eacute;chirant et symbolique? <br />
<br />
Comment ne pas &ecirc;tre saisi l&agrave; aussi par le paradoxe d'une France plus protectrice des droits sociaux que beaucoup d'autres pays, mais qui voit se d&eacute;velopper une souffrance dans l'entreprise souvent plus oppressante que dans d'autres pays frapp&eacute;s par la crise. Si bien que les tourments sur le lieu de travail et <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/15/chomeur-fin-droits-immoler-saint-ouen_n_2694257.html?utm_hp_ref=france" target="_hplink">le d&eacute;chirement devant les bureaux qui en incarnent l'absence</a>, se rejoignent dans un path&eacute;tique d&eacute;sespoir &agrave; la fran&ccedil;aise...<br />
<br />
Sixi&egrave;me contradiction. Des droits identiques pour les couples homosexuels et h&eacute;t&eacute;rosexuels ont &eacute;t&eacute; consacr&eacute;s <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/11/mariage-gay-vote-solennel-assemblee-avant-debat-senat_n_2660529.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">par les travaux de l'Assembl&eacute;e, en attendant</a> les amendements du S&eacute;nat.<br />
<br />
Sans revenir sur le fond du d&eacute;bat, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/mariage-gay" target="_hplink">largement &eacute;voqu&eacute; ici comme ailleurs</a>, il faut noter la stupeur de pays comparables &agrave; nous (je pense &agrave; l'Espagne pourtant tr&egrave;s catholique) de nous voir nous d&eacute;chirer, alors qu'ils ont ent&eacute;rin&eacute; le mariage entre couples du m&ecirc;me sexe, avant nous, et sans discordes aussi visibles. <br />
<br />
Cette fois, ce sont les opinions &eacute;trang&egrave;res amies qui ont soulign&eacute; l'apparent paradoxe d'une France qui fut souvent en avance d'une loi, d'un droit et qui aujourd'hui se braque, se crispe, se fige dans une crainte du changement qui ne lui ressemble pas. Certes, n'oublions pas que <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/11/legalisation-du-mariage-gay-deux-siecles-et-demi-de-lutte-entre-avancees-repression_n_2664188.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">la France n'a pas toujours &eacute;t&eacute; &agrave; l'avant-garde</a> car elle a autoris&eacute; le vote des femmes plus de vingt ans apr&egrave;s les Etats Unis ou la Grande Bretagne, et fut le dernier pays d'Europe Occidentale et de la Communaut&eacute; europ&eacute;enne &agrave; avoir proc&eacute;d&eacute; &agrave; des ex&eacute;cutions capitales avant l'abolition de 1981. <br />
<br />
Mais il est vrai que quelque chose se raidit chez nous, comme une peur panique devant l'&eacute;volution du monde et des id&eacute;es. Une frayeur dont beaucoup craignent qu'elle soit une exception fran&ccedil;aise, &agrave; l'envers. <br />
<br />
Le dernier paradoxe que j'aimerais souligner, ne consiste pas &agrave; opposer le souci &agrave; la une de tous les journaux pour une nourriture saine, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/tag/cheval" target="_hplink">et les fameuses lasagnes qu'on croyait de b&oelig;uf</a> et qui &eacute;taient, en fait, de cheval. C'est, loin d'&ecirc;tre un paradoxe, une &eacute;vidence de plus des d&eacute;rapages de l'agro alimentaire obs&eacute;d&eacute; par la diminution de ses co&ucirc;ts.<br />
<br />
Non, la derni&egrave;re surprise apparente de la semaine est celle qui affleurait <a href="http://www.huffingtonpost.fr/robert-kuttner/etat-de-lunion-obama_b_2667161.html" target="_hplink">dans le discours sur l'Etat de l'Union de Barack Obama</a>, cet exercice annuel et oblig&eacute; des pr&eacute;sidents des Etats-Unis.<br />
<br />
Inhabituellement ferme et vigoureux, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/tag/fr-obama" target="_hplink">le Pr&eacute;sident am&eacute;ricain r&eacute;&eacute;lu</a> a dress&eacute; une liste impressionnante de ce qui restait &agrave; faire: une refonte fiscale, un rel&egrave;vement du salaire f&eacute;d&eacute;ral minimum, une r&eacute;forme de l'immigration, un contr&ocirc;le effectif des armes &agrave; feu, ou la lutte contre le changement climatique. Il disait "yes we can", qui &eacute;tait un engagement, quand il visait le pouvoir et dit aujourd'hui "let's get it done", c'est-&agrave;-dire faisons-le, qui n'est plus qu'un encouragement, une fois qu'il y est. Le Prince peut tout promettre, mais tient difficilement. En revanche, une fois lib&eacute;r&eacute; de tout mandat, il peut agir alors que son pouvoir va se r&eacute;duire de mois en mois quand chacun pensera &agrave; la prochaine &eacute;lection qui se fera sans lui.<br />
<br />
Moralit&eacute;: si vous voulez gouverner, ne soyez jamais candidat! Mais ce n'est m&ecirc;me plus un paradoxe. C'est l'&eacute;vidence de la r&eacute;alit&eacute;.]]></content>
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    <title>Une nouvelle façon de naître en politique</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.huffingtonpost.fr/anne-sinclair/debat-mariage-gay-taubira_b_2657715.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2013:/theblog//3.2657715</id>
    <published>2013-02-11T00:00:04-05:00</published>
    <updated>2013-04-12T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[À quel moment un homme ou une femme politique prennent-ils (elles) leur envol et deviennent-ils (elles) des personnages emblématiques ? Quand ils arrivent à dépasser l'image traditionnelle qu'ils ont donnée jusqu'ici, autrement dit quand ils s'élèvent au-dessus d'eux-mêmes. Et si l'exercice est réussi, il peut perdurer longtemps. La nouvelle perception que l'on peut acquérir d'un acteur de la vie politique vient aussi d'une posture, d'une vertu qui en impose, face aux adversaires, quand il ou elle défend un projet qui transgresse l'état des mœurs du moment.]]></summary>
    <author>
        <name>Anne Sinclair</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/anne-sinclair/"><![CDATA[&Agrave; quel moment un homme ou une femme politique prennent-ils (elles) leur envol et deviennent-ils (elles) des personnages embl&eacute;matiques&nbsp;?<br />
<br />
Quand ils arrivent &agrave; d&eacute;passer l'image traditionnelle qu'ils ont donn&eacute;e jusqu'ici, autrement dit quand ils s'&eacute;l&egrave;vent au-dessus d'eux-m&ecirc;mes. Et si l'exercice est r&eacute;ussi, il peut perdurer longtemps.<br />
<br />
Certes, de Gaulle, est un exemple &agrave; part. Devenu en un jour une ic&ocirc;ne, n&eacute;e le 18 juin 1940 alors qu'il allait &agrave; rebours de l'institution militaire et politique issues de la capitulation, il est devenu le symbole du pragmatisme comme art de gouvernement dans les ann&eacute;es 60, en &eacute;tant capable de donner &agrave; l'Alg&eacute;rie, l'ind&eacute;pendance &agrave; laquelle, quand il est revenu en 1958, il &eacute;tait hostile. Mais des exemples plus r&eacute;cents existent d'une image nouvelle qui corrige subtilement les anciens portraits. <br />
Cela peut passer par une rupture avec un vieux clich&eacute;.<br />
<br />
Mitterrand le roublard, est devenu homme d'Etat quand, alors qu'il n'&eacute;tait que candidat, il eut le courage de promettre l'abolition de la peine de mort &agrave; une opinion qui lui restait attach&eacute;e. Et il a acquis une stature de grand Pr&eacute;sident par son fameux discours du Bundestag, d&eacute;non&ccedil;ant &agrave; la fois le pacifisme de l'Ouest et le bellicisme demeur&eacute; &agrave; l'Est.<br />
<br />
Chirac, le radical-socialiste ondoyant, a pris profondeur et ampleur &agrave; la faveur de deux discours&nbsp;: celui qu'il fit, &agrave; la mort de son pr&eacute;d&eacute;cesseur Fran&ccedil;ois Mitterrand, et qui ne manquait pas de hauteur. Le deuxi&egrave;me avec celui du Vel d'Hiv, qui ne manquait pas de courage. <br />
<br />
La nouvelle perception que l'on peut acqu&eacute;rir d'un acteur de la vie politique vient aussi d'une posture, d'une vertu qui en impose, face aux adversaires, quand il ou elle d&eacute;fend un projet qui transgresse l'&eacute;tat des m&oelig;urs du moment, mais qui semble en phase avec l'&eacute;volution de soci&eacute;t&eacute;s comparables : ainsi de Robert Badinter d&eacute;fendant l'abolition de la peine de mort &agrave; la tribune du Parlement, rendant insoutenables les derniers instants du criminel promis &agrave; la guillotine; ou de Simone Veil luttant jusqu'aux larmes, face aux attaques odieuses de ses adversaires, pour r&eacute;ussir &agrave; imposer une IVG qui a transform&eacute; des femmes victimes de leur destin, en ma&icirc;tresses de leur propre vie.<br />
<br />
Christiane Taubira, <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/07/video-christiane-taubira-critique-vivement-david-douillet-citant-passage-livre_n_2639603.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">en quelques jours de d&eacute;bat furieux &agrave; l'Assembl&eacute;e</a>, y a gagn&eacute; des galons de star. On ne savait d'elle que des choses tr&egrave;s g&eacute;n&eacute;rales et qui souffraient d'un d&eacute;ficit d'incarnation&nbsp;: qu'elle &eacute;tait Guyannaise, avait &eacute;t&eacute; ind&eacute;pendantiste, qu'elle &eacute;tait radicale de gauche, qu'elle avait &eacute;t&eacute; accus&eacute;e d'avoir, en maintenant sa candidature, fait chuter Jospin en 2002, qu'elle &eacute;tait une juriste honn&ecirc;te, une oratrice efficace et une politique opini&acirc;tre.<br />
<br />
Ces derniers jours, une autre femme a &eacute;merg&eacute;. Pugnace, <a href="http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Christiane-Taubira-sur-le-mariage-pour-tous-Ce-texte-protegera-les-droits-des-enfants-588207" target="_hplink">comp&eacute;tente sur un projet de loi ma&icirc;tris&eacute; de bout en bout</a>, courageuse, n'h&eacute;sitant pas &agrave; monter au front &agrave; l'assaut des argument honorables de d&eacute;put&eacute;s de l'opposition, comme de leurs d&eacute;lires fantasmatiques et souvent grossiers. Relisez le <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/06/video-mariage-gay-le-pire-arguments-ump-contre-projet-loi_n_2629283.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">floril&egrave;ge</a> des d&eacute;bats de ces derniers jours au Parlement, et vous serez peut-&ecirc;tre &eacute;difi&eacute;s de d&eacute;couvrir la m&eacute;diocrit&eacute; de certains qui vous repr&eacute;sentent&nbsp;! (<a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/06/video-mariage-gay-le-pire-arguments-ump-contre-projet-loi_n_2629283.html?utm_hp_ref=France" target="_hplink">Voir <em>Le Huff Post</em> de samedi</a>).<br />
<br />
La Taubira - comme on dit La Callas ou La Garbo, bref, une diva qui fait trembler la sc&egrave;ne, enthousiasme l'auditoire et &eacute;lectrise ses supporters - apr&egrave;s avoir &eacute;pat&eacute; les d&eacute;put&eacute;s par un discours vibrant et sans notes, a impressionn&eacute; amis et adversaires par sa r&eacute;sistance &agrave; ne pas quitter son banc, par son autorit&eacute;, son art oratoire, sa culture, &eacute;maill&eacute;e de citations sans notes, de Ren&eacute; Char ou de Paul Ricoeur. Elle a convaincu par sa passion, s'est humanis&eacute;e avec <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/05/video-christiane-taubira-prise-fou-rire-beau-milieu-debats-mariage-gay_n_2623653.html?utm_hp_ref=mariage-gay" target="_hplink">des fous-rires contagieux</a>, et a m&ecirc;me fait oublier ses bourdes (comme sa <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/01/30/circulaire-taubira-sur-la_n_2580858.html" target="_hplink">circulaire inopportune sur la citoyennet&eacute; de 40 enfants issus de GPA</a> - Gestation pour autrui - &agrave; l'&eacute;tranger). <br />
<br />
Inutile pour autant d'en faire une nouvelle Jeanne d'Arc au bucher des outrances. <em>Le Parisien</em> cette semaine, comme beaucoup d'organes de presse qui adorent porter au pinacle des personnages qui les int&eacute;ressent par leur nouveaut&eacute; avant de descendre au lance-flammes les m&ecirc;mes qui les irriteront par leur dur&eacute;e, a voulu la d&eacute;crire comme "transfigur&eacute;e". Je suis s&ucirc;re que Christiane Taubira elle-m&ecirc;me ne souhaite pas &ecirc;tre sanctifi&eacute;e, mais seulement &eacute;cout&eacute;e, respect&eacute;e, et peut-&ecirc;tre quand m&ecirc;me admir&eacute;e.<br />
<br />
Fran&ccedil;ois Hollande a lui aussi chang&eacute; de statut dans les derniers jours. L'armure d'un <a href="http://www.huffingtonpost.fr/news/mali" target="_hplink">chef de guerre</a> pla&icirc;t souvent davantage que le costume gris d'un fonctionnaire et il y a plus de flamboyance &agrave; envoyer des soldats restaurer l'ind&eacute;pendance du Mali qu'&agrave; trouver <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/07/petroplus-gouvernement-egypte-montebourg_n_2638432.html" target="_hplink">un repreneur &agrave; Petroplus</a> ou une solution &agrave; Goodyear. Il est &eacute;vident qu'il a d&eacute;cid&eacute; de cette intervention en Afrique parce que la situation l'imposait et le proc&egrave;s est indigne qui lui est fait d'avoir voulu d&eacute;tourner l'attention des probl&egrave;mes fran&ccedil;ais.<br />
<br />
Mais l'"effet Mali" est garanti et l'accueil d&eacute;lirant de Bamako console de r&eacute;ceptions plus mitig&eacute;es en m&eacute;tropole. Ce fut "le r&ecirc;ve d'un Pr&eacute;sident" &eacute;crivait ironiquement Fran&ccedil;ois Sergent dans <em>Lib&eacute;ration</em>. Sans doute sera-t-il davantage jug&eacute; sur la croissance au point mort, le ch&ocirc;mage en hausse, et les d&eacute;ficits toujours plus lourds. Il reste que de Berlin &agrave; Washington, que de Londres &agrave; Bruxelles, Hollande a cass&eacute; son image du petit joueur timor&eacute; et sans envergure, de l'&eacute;ternel "Flanby" adepte avant tout d'un climat paisible et non conflictuel, pour la convertir en celle du soldat qui sait, quand il le faut, sortir de la tranch&eacute;e.<br />
<br />
Le troisi&egrave;me exemple d'un homme politique transformant sa propre image, est celui de Bruno Le Maire. Il est d'une toute autre nature que les deux pr&eacute;c&eacute;dents. Il &eacute;tait inconnu ou presque pour celui qui n'&eacute;tait pas initi&eacute; aux myst&egrave;res de la politique. Bien peu auraient su reconna&icirc;tre son visage ou d&eacute;crire son action pour la PAC alors qu'il fut &agrave; la t&ecirc;te du Minist&egrave;re de l'Agriculture de Nicolas Sarkozy de 2009 &agrave; 2012. Les plus affranchis savaient qu'il avait &eacute;t&eacute; proche de Dominique de Villepin et qu'il &eacute;tait un homme politique convenable et mesur&eacute;.<br />
<br />
Il a choisi de construire sa figure par l'&eacute;criture, voulant en cela mettre ses pas dans ceux de grands anciens, comme de Gaulle ou Churchill qui, eux, auront plus marqu&eacute; l'Histoire que les Lettres, ou comme Lamartine, Hugo ou Ch&acirc;teaubriand qui, bien que passionn&eacute;s d'engagement politique sont pass&eacute;s &agrave; la post&eacute;rit&eacute; comme d'immenses auteurs de la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise plus que comme de grands acteurs de notre vie publique.<br />
<br />
Bruno Le Maire vient de publier un livre-journal de 450 pages, intitul&eacute; "<em><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Jours-de-pouvoir" target="_hplink">Jours de pouvoir</a></em>". Il a choisi de le faire chez Gallimard, dans l'illustre collection "Blanche", d&eacute;crite par Jean d'Ormesson comme celle aux "deux filets rouges et un filet noir", et celle surtout qui &eacute;dita Proust, Malraux, Camus, Sartre ou Kundera. Rien d'anodin dans cette d&eacute;marche&nbsp;qui semble nous dire&nbsp;: je suis un homme d'action, de gouvernement, un homme politique &agrave; l'ambition importante - d&eacute;vorante&nbsp;? - mais, je suis aussi normalien, agr&eacute;g&eacute; de lettres, et l'&eacute;criture est ma seconde peau. <br />
<br />
De fait, dans la cat&eacute;gorie de&nbsp;journal de bord d'un ex ministre, l'exercice est s&eacute;duisant et se lit avec plaisir. Il croise ses discussions gouvernementales au milieu de ses homologues grecs ou nordiques, avec son regard sur la vie publique qui consume et la vie priv&eacute;e qui apaise. Avec le soleil qui joue dans les cheveux de son fils Matthias, l'un de ses quatre enfants, et les fragments de ses lecture d'Ernst J&uuml;nger, &eacute;crivain allemand de la premi&egrave;re moiti&eacute; du XX&egrave;me si&egrave;cle ou d'Imr&eacute; Kertesz, hongrois rescap&eacute; de la Shoah et prix Nobel de Litt&eacute;rature en 2002. <br />
<br />
La vie au gouvernement est surtout pour lui l'occasion de faire les portraits des dirigeants qu'il rencontre, avec, pour premier client, Nicolas Sarkozy dont on ne sait pas s'il lui procure une grande admiration ou un grand agacement. Les dialogues qu'il rapporte sont comme un voile lev&eacute; sur un personnage qui nous fascine encore. Ses propos sont plus vrais que nature, confondants d'authenticit&eacute;, on jurerait que l'ancien Pr&eacute;sident s'exprime devant nous, et on est partag&eacute;s entre le naturel bon enfant des interventions pr&eacute;sidentielles et le vide de leur contenu.<br />
<br />
On aurait juste aim&eacute; que Bruno Le Maire se r&eacute;v&egrave;le un peu plus spectateur engag&eacute; et qu'il soit moins prudent (il le reste fondamentalement sur les sujets d'actualit&eacute; comme le mariage pour tous o&ugrave; il... s'abstiendra). Que le livre soit moins esth&eacute;tique et plus impliqu&eacute;. Qu'il nous dise ce qu'il pensait du discours de l'ancien pr&eacute;sident &agrave; Grenoble - celui rest&eacute; fameux sur les Roms - ou de l'inflexion &agrave; la Patrick Buisson des derniers mois de la campagne pr&eacute;sidentielle de Nicolas Sarkozy. Il est vrai que dans le premier cas, et bien que ministre, il &eacute;chappe au r&eacute;cit puisqu'il n'avait pas commenc&eacute; ce livre - ouf&nbsp;! - et que dans le second, il en parle de mani&egrave;re allusive, dans la bouche de Sarkozy qui justifie sa "droitisation" plus que dans la sienne qui pourrait en juger.<br />
Si bien que c'est dans son prochain ouvrage, qu'on pourra dire si Bruno Le Maire se hisse sinon au niveau de l'auteur des <em>M&eacute;moires d'Outre Tombe</em>, du moins &agrave; celui de <em>Lou&eacute;s soient nos Seigneurs</em>, l'un des plus beaux livres de R&eacute;gis Debray, lui aussi acteur et m&eacute;morialiste d'un autre r&egrave;gne, celui de Mitterrand.<br />
<br />
Cela dit, quelle que soit l'action d'un ministre pour le secteur agricole, elle ne procure que rarement la notori&eacute;t&eacute;. Reconnaissons donc qu'il a trouv&eacute;, d'une autre fa&ccedil;on que Taubira ou Hollande comment r&eacute;ussir sa perc&eacute;e m&eacute;diatique du moment, qu'on prend plus de plaisir &agrave; le lire qu'&agrave; feuilleter les &eacute;lucubrations de l'UMP ou du Parti socialiste, et que les &eacute;loges qui ont plu de toutes parts sur cet homme politique cultiv&eacute;, ont montr&eacute;, s'il en &eacute;tait besoin, combien finissait par nous manquer cette cat&eacute;gorie dont on avait cru l'esp&egrave;ce disparue&nbsp;: un homme de droite mod&eacute;r&eacute;e qui tient avec talent des propos apais&eacute;s dix pieds au-dessus des Balkany, Boutin, Collard ou Bompard. Dieu que cela fait du bien&nbsp;!<br />
<br />
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