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  <title>Alain-G. Gagnon</title>
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  <updated>2013-05-22T07:19:35-04:00</updated>
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    <name>Alain-G. Gagnon</name>
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  <rights>Copyright 2008, HuffingtonPost.com, Inc.</rights>
  <subtitle>HuffingtonPost Blogger Feed for Alain-G. Gagnon</subtitle>
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    <title>Harper, la clé de voûte de la stratégie souverainiste</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1864582</id>
    <published>2012-09-07T10:33:16-04:00</published>
    <updated>2012-11-07T05:12:01-05:00</updated>
    <summary><![CDATA[Depuis l'élection des Conservateurs à Ottawa en 2006, les forces souverainistes, toutes tendances confondues, peinent à dépasser les 40%. La stratégie est simple: ne pas prendre de front les forces souverainistes tout en donnant de l'espoir aux forces fédéralistes. La division du vote souverainiste a empêché l'élection mardi dernier d'un gouvernement majoritaire péquiste au Québec.]]></summary>
    <author>
        <name>Alain-G. Gagnon</name>
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    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/"><![CDATA[D&egrave;s l'annonce de l'&eacute;lection d'un gouvernement du Parti qu&eacute;b&eacute;cois, Stephen Harper s'est empress&eacute; de dire aux Qu&eacute;b&eacute;cois qu'ils ne doivent s'attendre &agrave; &laquo; aucun traitement de faveur &raquo;. Le f&eacute;d&eacute;ralisme d'ouverture pr&ocirc;n&eacute; par Harper aurait-t-il d&eacute;j&agrave; donn&eacute; tous ses fruits ? Y r&eacute;pondre par l'affirmative sugg&eacute;rerait le retour de la polarisation politique et du bipartisme au Qu&eacute;bec.<br />
<br />
Les r&eacute;sultats des &eacute;lections du 4 septembre 2012 au Qu&eacute;bec confirment que nous sommes pass&eacute;s du bipartisme au tripartisme avec trois principaux protagonistes (PQ, PLQ, CAQ). Il y a bien eu quelques fois par le pass&eacute; une troisi&egrave;me voie qui se pointait mais jamais pour s'imposer. L'&eacute;lection de 1970 avait apport&eacute; son lot de surprises avec le PLQ qui recueillait 45% des voix, suivi du PQ avec 23% et l'Union nationale avec 20%. L'&eacute;lection de 1970 en &eacute;tait une de transition qui confirmait au PQ son statut d'option politique cr&eacute;dible. A l'&eacute;lection de 1973, le PQ et l'Union nationale qui se mesuraient aux Lib&eacute;raux de Robert Bourassa ont obtenu &agrave; eux deux 35% des suffrages exprim&eacute;s alors que le PLQ s'imposait avec 55% des voix.  L'&eacute;lection de 1976 fut une &eacute;lection de r&eacute;alignement et fera du PQ et du PLQ les deux principaux rivaux jusqu'&agrave; l'&eacute;lection de 2007. <br />
<br />
Plusieurs &eacute;v&eacute;nements ont fait en sorte que le bipartisme a pu s'imposer au Qu&eacute;bec &agrave; partir de l'&eacute;lection du PQ en novembre 1976 jusqu'au milieu des ann&eacute;es 2000 : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_de_1980_au_Qu%C3%A9bec" target="_hplink">r&eacute;f&eacute;rendum de 1980</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_1982_sur_le_Canada" target="_hplink">rapatriement de la Constitution</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_du_lac_Meech" target="_hplink">entente du lac Meech</a> (1987-1990), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_Charlottetown" target="_hplink">entente de Charlottetown</a> (1992), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_de_1995_au_Qu%C3%A9bec" target="_hplink">r&eacute;f&eacute;rendum de 1995</a>, retour des Lib&eacute;raux &agrave; Ottawa de 1993 &agrave; 2005.<br />
<br />
L'arriv&eacute;e au pouvoir des Conservateurs de Stephen Harper est venue changer le contexte et ainsi donner une plus grande l&eacute;gitimit&eacute; aux d&eacute;fenseurs d'une troisi&egrave;me voie en promettant de mettre fin &agrave; certains irritants. Le credo conservateur se r&eacute;sume en quatre points : le respect des comp&eacute;tences provinciales et f&eacute;d&eacute;rales, l'att&eacute;nuation du d&eacute;s&eacute;quilibre fiscal, l'int&eacute;gration d'un repr&eacute;sentant du Qu&eacute;bec au sein de la d&eacute;l&eacute;gation canadienne &agrave; l'Unesco et, subs&eacute;quemment, la reconnaissance de la nation qu&eacute;b&eacute;coise par la Chambre des Communes. Cette strat&eacute;gie a &eacute;t&eacute; profitable pour les forces f&eacute;d&eacute;ralistes au Qu&eacute;bec et a contribu&eacute; &agrave; donner de l'&eacute;lan aux forces autonomistes (ADQ, puis CAQ) au Qu&eacute;bec. Cette lecture permet de comprendre en partie le myst&egrave;re de Qu&eacute;bec.<br />
<br />
Depuis l'&eacute;lection des Conservateurs &agrave; Ottawa en 2006, les forces souverainistes, toutes tendances confondues, peinent &agrave; d&eacute;passer les 40%. La strat&eacute;gie est simple: ne pas prendre de front les forces souverainistes tout en donnant de l'espoir aux forces f&eacute;d&eacute;ralistes. <br />
<br />
La division du vote souverainiste a emp&ecirc;ch&eacute; l'&eacute;lection mardi dernier d'un gouvernement majoritaire p&eacute;quiste au Qu&eacute;bec.  Si on calcule simplement les votes obtenus par Qu&eacute;bec solidaire, Option nationale et le PQ, le gouvernement qui sera form&eacute; par Pauline Marois aurait pu faire &eacute;lire pas moins de 75 d&eacute;put&eacute;s. Les gains auraient &eacute;t&eacute; faits au d&eacute;triment des Lib&eacute;raux dans 15 cas et des Caquistes dans 6 autres cas. Toutefois, il n'est pas prouv&eacute; qu'en l'absence de ces tiers partis, les &eacute;lecteurs auraient port&eacute; leur choix sur le PQ. Plusieurs d'entre eux auraient peut-&ecirc;tre jet&eacute; leur d&eacute;volu sur le Parti vert, d'autres &eacute;lecteurs se seraient abstenus, d'autres auraient peut-&ecirc;tre annul&eacute; leur vote pour un ensemble de raisons allant d'un inconfort avec les tergiversations du PQ dans le dossier &eacute;tudiant, la question de la tenue d'un troisi&egrave;me r&eacute;f&eacute;rendum ou en raison de l'appui aveugle du parti au projet d'amphith&eacute;&acirc;tre &agrave; Qu&eacute;bec.<br />
<br />
Quoiqu'il en soit, la CAQ vient modifier les rapports de force au sein de l'&eacute;lectorat qu&eacute;b&eacute;cois.  27% des &eacute;lecteurs ont appuy&eacute; la coalition ce qui s'est traduit par l'&eacute;lection de 19 d&eacute;put&eacute;s. De plus la CAQ a termin&eacute; 2e dans 54 circonscriptions (comparativement &agrave; 38 pour le PQ, 30 pour le PLQ, 2 pour QS et 1 pour Option nationale). Cela laisse croire que le plus grand potentiel de croissance se trouve aujourd'hui du c&ocirc;t&eacute; de la CAQ.<br />
<br />
Les prochains mois seront d&eacute;terminants pour le PQ en pr&eacute;vision du prochain scrutin et la cl&eacute; du succ&egrave;s se trouve plus &agrave; Ottawa qu'&agrave; Qu&eacute;bec. Aucun des partis politiques n'a int&eacute;r&ecirc;t &agrave; se presser pour faire tomber le gouvernement Marois. Le PLQ sera occup&eacute; &agrave; se trouver un nouveau chef moins align&eacute; sur le gouvernement central et un peu moins affairiste. La CAQ s'emploiera &agrave; rembourser ses dettes et &agrave; recruter de nouveaux candidats. Qu&eacute;bec solidaire testera les ambitions sociales-d&eacute;mocrates du PQ et &agrave; penser un Qu&eacute;bec utopiste. Le PQ cherchera &agrave; identifier les domaines pour lesquels des consensus pourraient &ecirc;tre atteints avec le PLQ et la CAQ.<br />
<br />
Le PQ a en ce moment l'avantage d'exercer le pouvoir &agrave; Qu&eacute;bec et il s'emploiera assur&eacute;ment &agrave; reprendre l'initiative au chapitre des relations f&eacute;d&eacute;rales-provinciales. Plusieurs dossiers permettront de mesurer la bonne volont&eacute; d'Ottawa : l'&eacute;largissement de l'application de la Loi 101 aux institutions f&eacute;d&eacute;rales &eacute;tablies au Qu&eacute;bec, la participation soutenue de la Caisse de d&eacute;p&ocirc;t et placement dans les entreprises canadiennes, le dossier de la Commission des valeurs mobili&egrave;res, le rapatriement des comp&eacute;tences en mati&egrave;re d'&eacute;valuation environnementale ou le champ des t&eacute;l&eacute;communications. En supposant que le PQ parvienne &agrave; &eacute;tablir ces divers consensus, il sera co&ucirc;teux politiquement pour Harper de dire non au Qu&eacute;bec dans tous ces dossiers sans raviver la flamme souverainiste. Dans la mesure o&ugrave; le gouvernement Harper parviendra &agrave; r&eacute;pondre favorablement &agrave; certaines de ces demandes, le tripartisme continuera de s'imposer au Qu&eacute;bec. Dans le cas contraire, c'est le bipartisme qui reviendra forc&eacute;ment et un nouveau bras de fer entre les f&eacute;d&eacute;ralistes et les souverainistes en r&eacute;sultera.]]></content>
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    <title>Les risques d'éclatement du PLQ</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/alain-g-gagnon/futur-plq_b_1843190.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1843190</id>
    <published>2012-08-30T11:21:38-04:00</published>
    <updated>2012-10-30T05:12:01-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Le PLQ s'était fait connaître au début des années 1960 par la mise en place de programmes sociaux, de réformes majeures en éducation assorties d'une politique d'accessibilité aux études postsecondaires ainsi que par la défense des intérêts du Québec au sein de la fédération. En s'éloignant des principes et des politiques qui lui avaient donné un profond ancrage dans la société québécoise, le parti est devenu méconnaissable pour bon nombre de ses électeurs naturels.]]></summary>
    <author>
        <name>Alain-G. Gagnon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/"><![CDATA[Les liens que le Parti lib&eacute;ral du Qu&eacute;bec avait r&eacute;ussi &agrave; tisser avec les Qu&eacute;b&eacute;cois pendant pr&egrave;s d'un demi-si&egrave;cle se sont &agrave; ce point effrit&eacute;s sous le r&egrave;gne de Jean Charest qu'il est permis de douter de l'avenir de cette formation. Les derniers sondages confirment un recul majeur du PLQ chez les francophones avec des appuis de moins de 20%, loin derri&egrave;re le Parti qu&eacute;b&eacute;cois (36%) et la Coalition Avenir Qu&eacute;bec (30%). <br />
<br />
Le PLQ s'&eacute;tait fait conna&icirc;tre au d&eacute;but des ann&eacute;es 1960 par la mise en place de programmes sociaux, de r&eacute;formes majeures en &eacute;ducation assorties d'une politique d'accessibilit&eacute; aux &eacute;tudes postsecondaires ainsi que par la d&eacute;fense des int&eacute;r&ecirc;ts du Qu&eacute;bec au sein de la f&eacute;d&eacute;ration. En s'&eacute;loignant des principes et des politiques qui lui avaient donn&eacute; un profond ancrage dans la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise, le parti est devenu m&eacute;connaissable pour bon nombre de ses &eacute;lecteurs naturels.<br />
<br />
Les anglophones et les allophones qui ont longtemps vu les Lib&eacute;raux comme &eacute;tant la meilleure garantie contre l'ind&eacute;pendance sont aujourd'hui mal &agrave; l'aise face aux all&eacute;gations de corruption et de collusion qui s&egrave;ment le doute sur l'int&eacute;grit&eacute; du gouvernement. Ils sont aussi inquiets des v&eacute;ritables intentions du parti sur la question linguistique puisque le PLQ donne, &agrave; tout moment, des signes qu'il pourrait les laisser tomber.  Les r&eacute;centes tergiversations de Jean Charest au sujet de l'application de la Loi 101 aux institutions de comp&eacute;tence f&eacute;d&eacute;rale &eacute;tablies au Qu&eacute;bec en sont un exemple. Il faut se rappeler aussi les &eacute;lections de 1976 et de 1989 o&ugrave; anglophones et allophones ont boud&eacute; le PLQ.  Lors du scrutin de 1976, l'appui des Anglo-Qu&eacute;b&eacute;cois s'est d&eacute;plac&eacute; vers l'Union nationale en raison de la ratification deux ans plus t&ocirc;t de la Loi 22. Puis, en 1988, les Anglophones ont jet&eacute; leur d&eacute;volu sur le Parti &Eacute;galit&eacute;, form&eacute; par d'anciens d&eacute;put&eacute;s lib&eacute;raux issus de la communaut&eacute; anglophone, pour protester contre la d&eacute;cision du gouvernement Bourassa de recourir &agrave; la clause d&eacute;rogatoire pour l'affichage en fran&ccedil;ais.<br />
<br />
Or, depuis l'arriv&eacute;e au pouvoir de Jean Charest &agrave; Qu&eacute;bec en 2003, les anglophones et les allophones manifestent leur insatisfaction &agrave; l'&eacute;gard du PLQ en s'abstenant de plus en plus de voter.  On pourra <a href="http://frobert.koumbit.org/recherches/documents/Lafontaine2011_Memoire.pdf" target="_hplink">consulter avec grand int&eacute;r&ecirc;t </a>l'&eacute;tude de Thomas Lafontaine dans laquelle il explique l'abstention du vote au Qu&eacute;bec pour la p&eacute;riode de 1980 &agrave; 2008. <br />
<br />
Si par le pass&eacute;, le parti a pu s'enorgueillir d'h&eacute;berger deux grandes tendances (les interventionnistes et les affairistes), force est de constater que depuis le d&eacute;part de Claude Ryan &agrave; la t&ecirc;te du PLQ, la formation a eu tendance &agrave; tourner le dos aux politiques publiques fond&eacute;es sur le partage des richesses et sur une plus grande justice sociale.  Ce sont les d&eacute;fenseurs de l'entreprise priv&eacute;e, &eacute;voluant autour de Raymond Garneau, Reed Scowen, Pierre Gobeil, Pierre Fortier, Claude Forget et Daniel Johnson fils, qui ont impos&eacute; leur vision. La victoire des affairistes a fait fuir les &eacute;lecteurs  les plus progressistes du PLQ qui ont &eacute;t&eacute; tent&eacute;s par de nouvelles formations politiques dont Qu&eacute;bec Solidaire qui fait timidement la promotion de l'ind&eacute;pendance et, plus r&eacute;cemment, la Coalition Avenir Qu&eacute;bec et l'Union citoyenne du Qu&eacute;bec (UCQ). <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/maxime-guerin/oubli-union-citoyenne-quebec_b_1766343.html" target="_hplink">L'arriv&eacute;e de l'UCQ </a>traduit un malaise additionnel chez les Lib&eacute;raux d'autant plus que cette formation reprend &agrave; son compte l'h&eacute;ritage de la r&eacute;volution tranquille qui a &eacute;t&eacute; abandonn&eacute; par le PLQ. Le programme de ces n&eacute;o-Lib&eacute;raux surprend par son d&eacute;sir de redonner au Qu&eacute;bec une volont&eacute; d'agir au chapitre des relations f&eacute;d&eacute;rales-provinciales, de forcer les grandes entreprises &agrave; payer leur juste part des redevances &agrave; l'&Eacute;tat, de soutenir les &eacute;tudiants, de doter le Qu&eacute;bec de sa propre constitution et de faire avancer son statut plurinational.<br />
<br />
Depuis l'&eacute;chec r&eacute;f&eacute;rendaire d'octobre 1995, pour r&eacute;pondre aux appels des sir&egrave;nes de la mondialisation, le Parti lib&eacute;ral s'est graduellement d&eacute;plac&eacute; vers la droite de peur de voir l'Action d&eacute;mocratique du Qu&eacute;bec lui ravir des &laquo; parts du march&eacute; &raquo; &eacute;lectoral. Les effets de ce repositionnement se font de plus en plus sentir. Jean Charest a r&eacute;ussi &agrave; faire du Parti lib&eacute;ral un vrai parti conservateur. <br />
<br />
Le fait que le PLQ ait tourn&eacute; le dos &agrave; son aile progressiste a eu une autre cons&eacute;quence, celle de fournir des munitions au Nouveau Parti d&eacute;mocratique qui veut tenter &agrave; nouveau de s'implanter au Qu&eacute;bec apr&egrave;s l'&eacute;chec percutant de Jean-Paul Harney &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980.<br />
<br />
En abandonnant ainsi ses &eacute;l&eacute;ments les plus avant-gardistes, le PLQ y va d'un pari qui semble risqu&eacute;.  Ce parti qui parvenait &agrave; rassembler les &eacute;lecteurs f&eacute;d&eacute;ralistes de gauche et de droite est maintenant en voie de cr&eacute;er les conditions propices &agrave; l'&eacute;mergence de diverses factions qui viendront affaiblir ses propres chances de succ&egrave;s et, qui sait, peut-&ecirc;tre le conduiront &agrave; sa perte. On peut d&eacute;j&agrave; pr&eacute;voir que ce parti dont le programme consiste &agrave; mettre l'accent sur le principe de l'utilisateur-payeur, la hausse des droits de scolarit&eacute; et des tarifs, s'ali&eacute;nera encore davantage les &eacute;lecteurs francophones.  Du c&ocirc;t&eacute; des anglophones  - o&ugrave; l'on retrouve une plus grande sensibilit&eacute; &agrave; la question sociale qu'&agrave; la question nationale - il est probable qu'ils participeront de fa&ccedil;on moins intense que les autres Qu&eacute;b&eacute;cois au scrutin du 4 septembre d'autant plus que la campagne fait peu de cas de leurs revendications. Tout cela est de tr&egrave;s mauvais augure pour l'avenir du PLQ.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--246128--HH> (photos)<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--246125--HH> (twitter)]]></content>
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    <title>De Charest à Legault : La phase II de la réingénierie de l'État</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1830086</id>
    <published>2012-08-25T11:49:41-04:00</published>
    <updated>2012-10-25T05:12:06-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[François Legault ne s'en cache pas, il veut poursuivre la réingénierie de l'État que Jean Charest avait dû abandonner devant l'opposition massive que son projet avait suscitée. Le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a au moins l'honnêteté d'afficher ses couleurs contrairement à Jean Charest qui avait gardé le silence sur ses véritables intentions au cours de la campagne électorale de 2003. C'est ce qui avait fait dire à toutes les organisations syndicales et tous les groupes populaires qui avaient pris la rue : « Nous n'avons jamais voté pour ça ».]]></summary>
    <author>
        <name>Alain-G. Gagnon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/"><![CDATA[Fran&ccedil;ois Legault ne s'en cache pas, il veut poursuivre la r&eacute;ing&eacute;nierie de l'&Eacute;tat que Jean Charest avait d&ucirc; abandonner devant l'opposition massive que son projet avait suscit&eacute;e. Le chef de la Coalition Avenir Qu&eacute;bec (CAQ) a au moins l'honn&ecirc;tet&eacute; d'afficher ses couleurs contrairement &agrave; Jean Charest qui avait gard&eacute; le silence sur ses v&eacute;ritables intentions au cours de la campagne &eacute;lectorale de 2003. C'est ce qui avait fait dire &agrave; toutes les organisations syndicales et tous les groupes populaires qui avaient pris la rue : &laquo; Nous n'avons jamais vot&eacute; pour &ccedil;a &raquo;.<br />
<br />
Ce n'est pas parce nous savons davantage &agrave; quoi nous en tenir avec Fran&ccedil;ois Legault que son projet est plus acceptable et qu'il ne porte pas atteinte au r&ocirc;le fondamental exerc&eacute; par l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois.<br />
<br />
L'id&eacute;e ma&icirc;tresse d&eacute;fendue par Jean Charest &agrave; l'&eacute;poque &eacute;tait de rendre plus efficace la fonction publique en r&eacute;duisant son personnel et en la d&eacute;lestant d'importantes responsabilit&eacute;s au profit du secteur priv&eacute;. L'administration publique qu&eacute;b&eacute;coise &eacute;tait prise &agrave; partie par les Lib&eacute;raux qui ne voulaient pas se faire damer le pion par les ad&eacute;quistes de Mario Dumont qui, utilisant un discours populiste, voulaient eux aussi supprimer de nombreux postes dans la fonction publique. C'est au cours de cette p&eacute;riode que le gouvernement lib&eacute;ral a impos&eacute;, sans aucune consultation, une vaste r&eacute;forme des pratiques gouvernementales et lancer plusieurs initiatives en partenariats publics-priv&eacute;s. L'enjeu principal &eacute;tait la r&eacute;duction de la fonction publique et l'abandon de certaines missions &eacute;tatiques au profit du secteur priv&eacute;.<br />
<br />
Les mesures impos&eacute;es par le gouvernement lib&eacute;ral de Jean Charest ont eu des cons&eacute;quences importantes et se sont traduites par l'affaiblissement des fonctions de l'&Eacute;tat. C'est ainsi par exemple que le minist&egrave;re des Transports a vu bon nombre de ses effectifs passer au secteur priv&eacute; faisant perdre au gouvernement du Qu&eacute;bec une expertise de pointe pour l'&eacute;valuation des projets d'infrastructures.<br />
<br />
Devant les &eacute;checs r&eacute;p&eacute;t&eacute;s de sa strat&eacute;gie de r&eacute;ing&eacute;nierie et le t&ocirc;l&eacute; soulev&eacute; dans toutes les r&eacute;gions et aupr&egrave;s de toutes le couches de la soci&eacute;t&eacute;, les gouvernements successifs de Jean Charest ont adopt&eacute; une approche moins conflictuelle en optant pour un mod&egrave;le de modernisation de l'&Eacute;tat. Les objectifs demeuraient &agrave; terme les m&ecirc;mes mais la cadence &eacute;tait ralentie.<br />
<br />
Les caquistes de Fran&ccedil;ois Legault veulent aujourd'hui prendre le relais dans la mise en &oelig;uvre du plan Charest avec tous les conflits que cela suppose entre autres avec le Syndicat de la fonction publique du Qu&eacute;bec, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Qu&eacute;bec et les syndicats repr&eacute;sentant les employ&eacute;s d'Hydro-Qu&eacute;bec. Mais il y a plus puisque Legault d&eacute;clare la guerre &agrave; tout le mouvement syndical. Deux cibles additionnelles se sont ajout&eacute;es &agrave; la liste des organisations dans le collimateur de Jean Charest, il s'agit des commissions scolaires et des agences de sant&eacute; et de services sociaux.<br />
<br />
Le retour au plan Charest, mis de c&ocirc;t&eacute; parce que contre-productif et d&eacute;mobilisateur, laisse entrevoir plusieurs probl&egrave;mes dont la fragilisation de la mission sociale de l'&Eacute;tat et d&eacute;responsabilisation dans le domaine de la sant&eacute;.<br />
<br />
Les agences de la sant&eacute; et des services sociaux sont bien implant&eacute;es au Qu&eacute;bec et ont rendu des services importants &agrave; la population. Les divers &eacute;pisodes de virus ayant touch&eacute;s le Qu&eacute;bec et plus g&eacute;n&eacute;ralement le Canada - pensons au syndrome respiratoire aigu s&eacute;v&egrave;re (SRAS), &agrave; la l&eacute;gionellose qui frappe aujourd'hui la ville de Qu&eacute;bec - confirment l'importance du r&ocirc;le qui leur incombe.<br />
<br />
Il est bizarre que l'&eacute;quipe de la CAQ qui r&eacute;clame pour chaque Qu&eacute;b&eacute;cois son propre m&eacute;decin de famille soit pr&ecirc;t &agrave; mettre &agrave; pied des centaines de personnes dont la t&acirc;che est pr&eacute;cis&eacute;ment de voir &agrave; la livraison efficace et responsable des services de sant&eacute;.<br />
<br />
Le plus grand d&eacute;fi de l'&Eacute;tat qu&eacute;b&eacute;cois n'est-il pas de voir au renouvellement de son personnel en recrutant les meilleurs finissants de nos universit&eacute;s et retenant aussi longtemps que possible les meilleurs &eacute;l&eacute;ments de son personnel afin de d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts de l'ensemble de la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise face, par exemple, &agrave; des entreprises priv&eacute;es qui ne souhaitent qu'augmenter leur marge de profit. La r&eacute;tention de ce personnel est cruciale &agrave; la lutte qui doit &ecirc;tre men&eacute;e contre certaines entreprises dont les pratiques sont douteuses. L'affaiblissement de l'&Eacute;tat propos&eacute; par Legault ne pourra qu'avoir des cons&eacute;quences f&acirc;cheuses dans la lutte contre la corruption qu'il promet de mener. Legault se d&eacute;fend de vouloir affaiblir ou de menotter l'&Eacute;tat mais force est de constater que c'est ce qui en r&eacute;sultera si son plan est avalis&eacute; le 4 septembre prochain.<br />
<br />
Enfin, un Qu&eacute;bec en sant&eacute; passe par une fonction publique valoris&eacute;e, comp&eacute;tente et exempte des pressions partisanes ainsi que par des services de sant&eacute; et de services sociaux de qualit&eacute;. Avaliser aujourd'hui la feuille de route de la r&eacute;ing&eacute;nierie impos&eacute;e, sans consultation en 2003, dans le plan Charest, ne pourra mener qu'&agrave; de nouvelles tensions et &agrave; de l'instabilit&eacute; &eacute;conomique, politique et sociale au Qu&eacute;bec.]]></content>
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    <title>L'effet Marois et le vote des femmes</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1799045</id>
    <published>2012-08-17T16:25:20-04:00</published>
    <updated>2012-10-17T05:12:09-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Depuis sa fondation, en 1968, le Parti québécois a toujours eu de la difficulté à obtenir une pluralité d'appuis auprès des Québécoises, que ce soit sous le leadership de René Lévesque, de Pierre-Marc Johnson, de Jacques Parizeau ou de Bernard Landry. Or, pour l'électorat féminin, le premier enjeu est d'ordre social, devançant nettement la question nationale. Pauline Marois semble être parvenue à lever l'embâcle qui empêchait une adhésion massive des électrices à son parti.]]></summary>
    <author>
        <name>Alain-G. Gagnon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/"><![CDATA[Depuis sa fondation, en 1968, le Parti qu&eacute;b&eacute;cois a toujours eu de la difficult&eacute; &agrave; obtenir une pluralit&eacute; d'appuis aupr&egrave;s des Qu&eacute;b&eacute;coises, que ce soit sous le leadership de Ren&eacute; L&eacute;vesque, de Pierre-Marc Johnson, de Jacques Parizeau ou de Bernard Landry. Or, pour l'&eacute;lectorat f&eacute;minin, le premier enjeu est d'ordre social, devan&ccedil;ant nettement la question nationale. Pauline Marois semble &ecirc;tre parvenue &agrave; lever l'emb&acirc;cle qui emp&ecirc;chait une adh&eacute;sion massive des &eacute;lectrices &agrave; son parti. Ce changement qui se dessine s'explique par l'engagement du PQ en faveur d'une meilleure redistribution de la richesse collective et par la position tr&egrave;s prudente de Marois sur la tenue d'un prochain r&eacute;f&eacute;rendum.<br />
<br />
Les femmes ont longtemps &eacute;t&eacute; une client&egrave;le naturelle pour le Parti lib&eacute;ral.  Au cours des ann&eacute;es 1960 et 1970, ces derni&egrave;res ont fait des avanc&eacute;es significatives pendant que le Qu&eacute;bec prenait ses distances de l'Union nationale et mettait sur pied des programmes avant-gardistes en sant&eacute; et services sociaux de m&ecirc;me que dans le domaine de l'&eacute;ducation. Ce furent les femmes qui b&eacute;n&eacute;fici&egrave;rent le plus de ces transformations.  Les principales formations politiques s'entendaient quant au r&ocirc;le &agrave; donner &agrave; l'&Eacute;tat m&ecirc;me s'il subsistait des diff&eacute;rends sur la fa&ccedil;on d'offrir aux citoyens de meilleurs outils pour assumer la gouverne : f&eacute;d&eacute;ralisme vs pleine souverainet&eacute;. Par crainte de grands bouleversements, les Qu&eacute;b&eacute;coises ont eu tendance &agrave; endosser la cause f&eacute;d&eacute;raliste.<br />
<br />
Au-del&agrave; de la pr&eacute;sence des femmes au sein des formations politiques, il y a bien s&ucirc;r la question de la repr&eacute;sentation des int&eacute;r&ecirc;ts et des enjeux ayant une importance majeure pour l'&eacute;lectorat f&eacute;minin. Ces enjeux portent g&eacute;n&eacute;ralement sur les questions sociales plut&ocirc;t que sur l'&eacute;conomie et misent sur l'implantation de programmes permettant de donner aux femmes une chance &eacute;gale d'obtenir un dipl&ocirc;me universitaire, d'avoir acc&egrave;s &agrave; des services sociaux de qualit&eacute; et d'avoir acc&egrave;s au march&eacute; du travail. &Agrave; ce chapitre, la cr&eacute;ation du r&eacute;seau des centres de la petite enfance par Pauline Marois &agrave; la fin des ann&eacute;es 1990 donne de la cr&eacute;dibilit&eacute; &agrave; son leadership comme gardienne des valeurs de justice sociale.<br />
<br />
Au cours des derni&egrave;res ann&eacute;es, le gouvernement lib&eacute;ral de Jean Charest a proc&eacute;d&eacute; &agrave; une transformation majeure dans la fa&ccedil;on de financer et de g&eacute;rer les programmes en sant&eacute;, en &eacute;ducation et en infrastructures. Il a instaur&eacute; le principe de l'utilisateur-payeur comme la contribution-sant&eacute; sans &eacute;gard aux revenus ce qui p&eacute;nalise lourdement les femmes qui sont g&eacute;n&eacute;ralement plus pauvres.  <br />
<br />
Avec ce d&eacute;sengagement de l'&Eacute;tat dans les programmes sociaux, les femmes sont plus nombreuses &agrave; bouder le Parti lib&eacute;ral et elles s'inqui&egrave;tent encore davantage de la volont&eacute; affirm&eacute;e de la formation de Fran&ccedil;ois Legault de poursuivre la politique de r&eacute;ing&eacute;nierie entam&eacute;e par le PLQ en 2003 et dont les effets n&eacute;fastes se font toujours sentir. Or, dans la foul&eacute;e des compressions draconiennes propos&eacute;es par l'Action d&eacute;mocratique de Mario Dumont, la CAQ veut maintenant couper plus de 2 milliards 500 millions de dollars dans les budgets de l'&Eacute;tat en &eacute;ducation et dans les services sociaux. Les &eacute;lectrices donnent des signes qu'elles s'opposeront &agrave; ce nouveau recul de l'&Eacute;tat-providence.<br />
<br />
De m&ecirc;me l'&eacute;lectorat f&eacute;minin s'inqui&egrave;te des politiques de Jean Charest qui a pris &agrave; partie la jeunesse qu&eacute;b&eacute;coise et qui a du mal &agrave; reconna&icirc;tre sa mauvaise gestion du dossier de l'&eacute;ducation.  En sant&eacute;, les femmes s'&eacute;tonnent de ne pas voir le chef lib&eacute;ral monter aux barricades pour d&eacute;noncer les r&eacute;ductions annonc&eacute;es dans les paiements de transfert d'Ottawa puisqu'elles seront les premi&egrave;res &agrave; en faire les frais. Quant &agrave; lutte contre la corruption et la collusion, les femmes ont &eacute;t&eacute; tr&egrave;s engag&eacute;es dans le mouvement de d&eacute;nonciation qui a men&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation de la Commission Charbonneau.<br />
<br />
Une fois la question nationale mise de c&ocirc;t&eacute;, l'&eacute;lectorat f&eacute;minin est beaucoup plus enclin &agrave; endosser les valeurs d&eacute;fendues par la formation de Pauline Marois qui a, selon les derniers sondages, une longueur d'avance sur les autres partis avec un appui de plus de 40 % chez les femmes. En bref, le fait que la chef p&eacute;quiste ait exerc&eacute; de fa&ccedil;on int&egrave;gre les fonctions de ministre dans une dizaine de minist&egrave;res et qu'elle n'ait pas pris l'engagement ferme de tenir un r&eacute;f&eacute;rendum ne sont s&ucirc;rement pas &eacute;trangers &agrave; ce basculement graduel du vote des femmes en faveur du Parti qu&eacute;b&eacute;cois.<br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--243569--HH>]]></content>
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    <title>L'équation canadienne</title>
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    <published>2012-08-14T14:51:48-04:00</published>
    <updated>2012-10-14T05:12:02-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Sous le leadership de Jean Charest, les Québécois ont surtout été les témoins de l'insouciance de son gouvernement au chapitre des relations fédérales-provinciales. Il y a bien eu quelques escarmouches (marchés financiers, loi sur les jeunes contrevenants, transferts en santé, contrôle des armes à feu), mais dans l'ensemble les relations fédérales-provinciales ont été négligées.]]></summary>
    <author>
        <name>Alain-G. Gagnon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/</uri>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/"><![CDATA[La campagne &eacute;lectorale au Qu&eacute;bec bat son plein. Les partis politiques ont eu l'occasion de pr&eacute;senter leurs principales propositions et, dans le cas des partis aspirant &agrave; former le gouvernement, de chercher &agrave; mettre en valeur leurs candidats vedettes. Cette premi&egrave;re &eacute;tape est cruciale puisqu'elle consiste &agrave; confirmer les partisans dans leur choix, tout en cherchant &agrave; agrandir le cercle des adh&eacute;rents. Les &eacute;lections r&eacute;centes au Qu&eacute;bec nous avaient habitu&eacute;s &agrave; une comp&eacute;tition pour l' &laquo; extr&ecirc;me centre &raquo;, du moins c'est ce qui s'est le plus souvent pass&eacute; depuis l'&eacute;chec r&eacute;f&eacute;rendaire de 1995 jusqu'&agrave; l'&eacute;lection de 2008.<br />
<br />
La mobilisation &eacute;tudiante et la perc&eacute;e du Nouveau Parti d&eacute;mocratique lors des &eacute;lections f&eacute;d&eacute;rales de 2011 &agrave; Ottawa ont contribu&eacute; &agrave; l'&eacute;largir le spectre politique au Qu&eacute;bec.<br />
<br />
Le Qu&eacute;bec, on le sait, poss&egrave;de une personnalit&eacute; internationale forte et demeure un partenaire difficilement contournable de la f&eacute;d&eacute;ration canadienne. Ce partenariat a cependant &eacute;t&eacute; n&eacute;glig&eacute; par les principaux acteurs politiques &agrave; Ottawa ce qui a men&eacute; les chefs de file au Qu&eacute;bec &agrave; imaginer divers sc&eacute;narios allant de la coop&eacute;ration conditionnelle (Bourassa) jusqu'&agrave; la remise en question fondamentale pouvant d&eacute;boucher sur la s&eacute;cession (Parizeau).<br />
<br />
Sous le leadership de Jean Charest, les Qu&eacute;b&eacute;cois ont surtout &eacute;t&eacute; les t&eacute;moins de l'insouciance de son gouvernement au chapitre des relations f&eacute;d&eacute;rales-provinciales. Il y a bien eu quelques escarmouches (march&eacute;s financiers, loi sur les jeunes contrevenants, transferts en sant&eacute;, contr&ocirc;le des armes &agrave; feu), mais dans l'ensemble les relations f&eacute;d&eacute;rales-provinciales ont &eacute;t&eacute; n&eacute;glig&eacute;es.<br />
<br />
Jusqu'aux &eacute;lections qu&eacute;b&eacute;coises de 2008, la strat&eacute;gie f&eacute;d&eacute;rale-provinciale reposait sur les &eacute;paules de Beno&icirc;t Pelletier qui a fait la tourn&eacute;e des capitales provinciales et des instituts de recherche pour faire &eacute;cho &agrave; certaines des demandes historiques du Qu&eacute;bec. Les interventions fr&eacute;quentes de Pelletier &eacute;taient devenues insupportables pour le premier ministre Charest qui ne souhaitait pas de d&eacute;saccord avec Ottawa de crainte de donner des munitions au Parti qu&eacute;b&eacute;cois dans sa tentative de reprendre le pouvoir. Yvon Valli&egrave;res qui a assum&eacute; la responsabilit&eacute; des Affaires intergouvernementales canadiennes de fa&ccedil;on tr&egrave;s effac&eacute;e au cours de la derni&egrave;re ann&eacute;e a &eacute;t&eacute; vu comme la personne toute d&eacute;sign&eacute;e pour ne pas cr&eacute;er de tensions inutiles avec le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral. Pendant ce temps, le Conseil de la f&eacute;d&eacute;ration voyait sa pertinence p&eacute;ricliter et le Qu&eacute;bec &eacute;tait d&eacute;consid&eacute;r&eacute; aupr&egrave;s de ses partenaires.<br />
<br />
La strat&eacute;gie lib&eacute;rale de non-interf&eacute;rence a contribu&eacute; &agrave; ali&eacute;ner davantage les Qu&eacute;b&eacute;cois des institutions politiques canadiennes. Non seulement le Conseil de la f&eacute;d&eacute;ration est- il devenu une institution moribonde, les conf&eacute;rences des premiers ministres ne sont plus tenues de fa&ccedil;on r&eacute;guli&egrave;re ce qui contribue &agrave; &eacute;loigner encore plus les Qu&eacute;b&eacute;cois des institutions politiques. Ce retrait a fait en sorte que, sous le r&egrave;gne de Jean Charest et de Stephen Harper, les Qu&eacute;b&eacute;cois sont devenus des &eacute;trangers dans leur propre pays alors que l'on aurait pu s'attendre &agrave; ce que ces deux leaders cherchent &agrave; en faire de v&eacute;ritables acteurs.<br />
<br />
Aujourd'hui encore, de peur de contribuer &agrave; faire monter la fi&egrave;vre nationaliste au Qu&eacute;bec, Jean Charest ne croit pas qu'il soit utile de tenir t&ecirc;te &agrave; Ottawa. Le premier ministre laisse entendre que le Qu&eacute;bec poss&egrave;de d&eacute;j&agrave; tous les pouvoirs dont il a besoin pour s'affirmer et s'&eacute;manciper. Quant &agrave; Fran&ccedil;ois Legault, apr&egrave;s avoir propos&eacute; un moratoire de dix ans dans le dossier constitutionnel, il s'est tardivement ravis&eacute; en affirmant vouloir mettre la main &eacute;ventuellement sur les pouvoirs qu'Ottawa ne souhaiterait plus exercer, dont celui des &eacute;valuations environnementales. Le rapatriement de comp&eacute;tences n'est pas une priorit&eacute; pour la CAQ mais plut&ocirc;t de vagues souhaits que le parti agite aupr&egrave;s de &eacute;lectorat. <br />
<br />
Or, c'est mal conna&icirc;tre la nouvelle dynamique politique qui a &eacute;t&eacute; mise en place par les conservateurs de Stephen Harper en mati&egrave;re de protection environnementale. Si Stephen Harper souhaite abandonner les &eacute;valuations environnementales, ce n'est s&ucirc;rement pas pour c&eacute;der cette comp&eacute;tence &agrave; une autre juridiction, mais bien parce qu'il veut r&eacute;duire les obstacles sur le chemin des grandes corporations dans la mise en &oelig;uvre de leur strat&eacute;gie de d&eacute;veloppement &eacute;conomique.<br />
<br />
Le seul parti politique &agrave; vouloir se mesurer &agrave; Ottawa est le Parti qu&eacute;b&eacute;cois de Pauline Marois. Le PQ prend au s&eacute;rieux le Renvoi de la Cour supr&ecirc;me concernant le droit du Qu&eacute;bec de faire s&eacute;cession. C'est dans cet esprit, faut-il croire, que le PQ agissait lorsqu'il a voulu proposer des r&eacute;f&eacute;rendums sectoriels. Au cours de la campagne, l'&eacute;quipe Marois s'est plut&ocirc;t concentr&eacute;e sur le rapatriement de pouvoirs-cl&eacute;s lui permettant de jouer un r&ocirc;le plus d&eacute;terminant dans la gestion des affaires de l'&Eacute;tat. La volont&eacute; affirm&eacute;e du PQ de rapatrier le programme de l'assurance-emploi et de cr&eacute;er une banque de d&eacute;veloppement pour le Qu&eacute;bec (en mettant entre autres la main sur les fonds r&eacute;serv&eacute;s &agrave; la Banque f&eacute;d&eacute;rale de d&eacute;veloppement pour le Qu&eacute;bec) s'inscrit dans ce plan. Pourraient s'ajouter d'autres revendications dans les champs de la culture, des t&eacute;l&eacute;communications et de l'environnement. <br />
<br />
L'&eacute;quipe Marois, contrairement &agrave; l'&eacute;quipe Legault et au parti minist&eacute;riel de Jean Charest, veut tester l'&eacute;quation canadienne et pourrait d&eacute;cider d'en faire un v&eacute;ritable enjeu &eacute;lectoral. Marois semble poss&eacute;der les meilleurs &eacute;l&eacute;ments pour repenser l'&eacute;quation canadienne puisque son &eacute;quipe peut compter sur des joueurs rompus &agrave; l'univers politique et constitutionnel canadien comme le sont Alexandre Cloutier, Bernard Drainville, St&eacute;phane Bergeron, Pierre Duchesne et Jean-Fran&ccedil;ois Lis&eacute;e.<br />
<br />
Fermer la porte &agrave; des telles initiatives serait, nous semble-t-il, mal avis&eacute; de la part du gouvernement central puisque l'id&eacute;al f&eacute;d&eacute;ral a besoin pour carburer de d&eacute;lib&eacute;ration, de compromis et d'ouverture &agrave; l'Autre en contexte de d&eacute;mocratie lib&eacute;rale avanc&eacute;e.<br />
<br />
Quoi qu'il en soit les chefs des partis politiques ne peuvent ignorer l'enjeu des relations f&eacute;d&eacute;rales-provinciales sans quoi ils contribueront &agrave; faire reculer davantage la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise au sein de la f&eacute;d&eacute;ration. Paradoxalement, c'est le Parti qu&eacute;b&eacute;cois qui est le plus en mesure d'engager la conversation canadienne alors que le Parti lib&eacute;ral et la Coalition Avenir Qu&eacute;bec continuent de se d&eacute;sengager des relations Qu&eacute;bec-Canada contribuant &agrave; tenir les Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; l'&eacute;cart des institutions politiques canadiennes.]]></content>
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    <title>Mettre fin à la corruption: une responsabilité collective</title>
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    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1758552</id>
    <published>2012-08-09T03:41:16-04:00</published>
    <updated>2012-10-08T05:12:32-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Lorsque le premier ministre récite comme une litanie la longue liste des initiatives de son gouvernement pour combattre la corruption, il devrait avoir l'honnêteté de remercier le Parti québécois, l'ADQ et Québec solidaire sans oublier les médias qui lui ont montré du doigt les problèmes et l'ont forcé à corriger certaines des lacunes les plus criantes.]]></summary>
    <author>
        <name>Alain-G. Gagnon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/"><![CDATA[Jean Charest a raison de dire que le probl&egrave;me de la corruption au Qu&eacute;bec est bien ant&eacute;rieur &agrave; son arriv&eacute;e au pouvoir en 2003 et que ce fl&eacute;au frappe la plupart des soci&eacute;t&eacute;s. Jean Charest a aussi raison de dire que son gouvernement a adopt&eacute; au cours des deux derni&egrave;res ann&eacute;es des lois et des r&egrave;glements pour renforcer la lutte contre la collusion et la corruption. Il est toutefois n&eacute;cessaire de rappeler que ces mesures ont &eacute;t&eacute; prises bien tardivement et sous la pression des partis d'opposition et de la soci&eacute;t&eacute; civile dans son ensemble. Lorsque le premier ministre r&eacute;cite comme une litanie la longue liste des initiatives de son gouvernement pour combattre la corruption, il devrait avoir l'honn&ecirc;tet&eacute; de remercier le Parti qu&eacute;b&eacute;cois, l'ADQ et Qu&eacute;bec solidaire sans oublier les m&eacute;dias qui lui ont montr&eacute; du doigt les probl&egrave;mes et l'ont forc&eacute; &agrave; corriger certaines des lacunes les plus criantes.<br />
<br />
Obstin&eacute;ment le premier ministre a refus&eacute; pendant plus de deux ans de d&eacute;clencher une enqu&ecirc;te publique sur l'octroi et la gestion des contrats dans l'industrie de la construction en privil&eacute;giant les enqu&ecirc;tes polici&egrave;res. La naissance difficile de la Commission Charbonneau pr&eacute;vue d'abord sans pouvoirs r&eacute;els puis, de guerre lasse, investie des pleins pouvoirs conf&eacute;r&eacute;s aux commissions d'enqu&ecirc;te, est la preuve de cet ent&ecirc;tement &agrave; vouloir mettre le couvercle sur un syst&egrave;me qui gangr&egrave;ne les institutions qu&eacute;b&eacute;coises et d&eacute;tourne au profit d'int&eacute;r&ecirc;ts priv&eacute;s et des milieux criminels une part consid&eacute;rable des fonds publics. Le premier ministre aurait d&ucirc; se pr&eacute;occuper du probl&egrave;me d&egrave;s les premiers signaux plut&ocirc;t que de se r&eacute;fugier dans le d&eacute;ni et esquiver les questions en accusant l'opposition de d&eacute;magogie.<br />
<br />
Non seulement Jean Charest a beaucoup trop attendu avant d'agir, mais son gouvernement a contribu&eacute; &agrave; mettre en place les conditions qui ont permis &agrave; la corruption de s'infiltrer dans de nombreuses sph&egrave;res de l'activit&eacute; gouvernementale. En vidant par exemple le minist&egrave;re des Transports de son expertise pour &eacute;valuer les projets d'infrastructures et en s'en remettant aveugl&eacute;ment au secteur priv&eacute;, le gouvernement a abdiqu&eacute; sa responsabilit&eacute; de gardien du bien commun. Cette approche s'est &eacute;tendue &agrave; plusieurs secteurs, dont les ppp en sant&eacute; et les contrats informatiques dans lesquels le gouvernement a englouti des milliards de dollars sans r&eacute;el contr&ocirc;le et pour des r&eacute;sultats souvent d&eacute;sastreux. Cette d&eacute;structuration de l'&Eacute;tat dans des secteurs n&eacute;vralgiques programm&eacute;e et ex&eacute;cut&eacute;e par le gouvernement lib&eacute;ral a incontestablement cr&eacute;&eacute; un climat propice &agrave; la corruption et au copinage. Mais il y a plus. M&ecirc;me les r&egrave;gles existantes pour encadrer l'utilisation des deniers publics ont &eacute;t&eacute; bafou&eacute;es par des ministres-cl&eacute;s du gouvernement. <br />
<br />
Michelle Courchesne a &eacute;t&eacute; bl&acirc;m&eacute;e &agrave; deux reprises par le V&eacute;rificateur g&eacute;n&eacute;ral du Qu&eacute;bec pour son manque de rigueur dans l'attribution de places en garderie subventionn&eacute;e lorsqu'elle &eacute;tait au minist&egrave;re de la Famille et dans l'octroi de subventions pour la construction d'infrastructures sportives lorsqu'elle &eacute;tait au minist&egrave;re de l'&Eacute;ducation. Comble d'ironie, c'est entre les mains de cette ministre que Jean Charest, aux prises avec une grave crise de confiance, a remis en 2010 la responsabilit&eacute; de l'ensemble de l'administration gouvernementale en la nommant pr&eacute;sidente du Conseil du Tr&eacute;sor. <br />
<br />
Dans la mesure o&ugrave; les partis politiques qui aspirent &agrave; gouverner le Qu&eacute;bec veulent mettre fin &agrave; ces pratiques douteuses, il importe de pr&eacute;server une fonction publique comp&eacute;tente et forte qui puisse exercer pleinement son r&ocirc;le. Or, depuis la d&eacute;faite r&eacute;f&eacute;rendaire d'octobre de 1995, les leaders politiques &agrave; Qu&eacute;bec, ont eu tendance &agrave; affaiblir l'&Eacute;tat et &agrave; privatiser ses fonctions ce qui a priv&eacute; le Qu&eacute;bec d'un outil essentiel &agrave; son d&eacute;veloppement.<br />
<br />
Il est inqui&eacute;tant d'entendre Fran&ccedil;ois Legault, chef de la Coalition Avenir Qu&eacute;bec, souhaiter poursuivre, dans la m&ecirc;me veine que Jean Charest, l'&eacute;videment graduel de l'appareil de l'&Eacute;tat dans les domaines de la sant&eacute;, de l'&eacute;ducation et ailleurs aussi. Comment un gouvernement caquiste pourrait-il &eacute;radiquer le mal qui ronge le Qu&eacute;bec sans redonner &agrave; l'&Eacute;tat les moyens d'agir? Son trio d'incorruptibles qui se vante de pouvoir faire &eacute;chec &agrave; la corruption ne pourra aller bien loin.<br />
<br />
Jean Charest &eacute;tait press&eacute; de tenir des &eacute;lections avant la reprise des travaux de la Commission Charbonneau souhaitant ainsi &eacute;viter le d&eacute;bat sur des liens all&eacute;gu&eacute;s entre les milieux mafieux et des collecteurs de fonds. Ce d&eacute;bat est aujourd'hui incontournable, mais les &eacute;lecteurs devront faire un choix le 4 septembre sans avoir de r&eacute;ponses &agrave; leurs questions. Il y a de quoi s'indigner.<br />
<br />
<em><a href="http://twitter.com/AlainGGagnon" target="_hplink">Suivez Alain-G. Gagnon sur Twitter</a></em><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--210677--HH><br />
<br />
<HH--236SLIDEEXPAND--228013--HH>]]></content>
    <link href="http://i.huffpost.com/gen/721364/thumbs/s-JEAN-CHAREST-QUEBEC-ELECTION-2012-mini.jpg" type="image/jpeg" rel="enclosure"/>
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    <title>Avantage Legault</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://quebec.huffingtonpost.ca/alain-g-gagnon/avantage-legault_b_1745507.html"/>
    <id>tag:www.huffingtonpost.com,2012:/theblog//3.1745507</id>
    <published>2012-08-06T00:36:17-04:00</published>
    <updated>2012-10-05T05:12:04-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[Au premier jour de la campagne, le chef de la CAQ a su exploiter avec efficacité le talon d'Achille du PLQ en présentant son projet de Loi 1, un plan d'action pour mettre en échec la collusion et la corruption qui seraient devenues systémiques sous les Libéraux de Jean Charest. François Legault a frappé un grand coup en recrutant Jacques Duchesneau, un homme-clé qui jouit d'une grande popularité dans la lutte anti-corruption mais qui est aussi réputé pour ses déclarations intempestives.]]></summary>
    <author>
        <name>Alain-G. Gagnon</name>
        <uri>http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/</uri>
    </author>
    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/"><![CDATA[Apr&egrave;s seulement quelques jours de campagne, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/charest" target="_hplink">Jean Charest</a> a vu s'effriter l'avantage que lui conf&egrave;re sa position de chef du gouvernement malgr&eacute; ses efforts soutenus des derni&egrave;res semaines pour ratisser le Qu&eacute;bec et distribuer des subventions dans les r&eacute;gions o&ugrave; le Parti lib&eacute;ral peine &agrave; s'enraciner. Or, le Parti qu&eacute;b&eacute;cois et la  Coalition Avenir Qu&eacute;bec sont parvenus &agrave; tirer leur &eacute;pingle du jeu en ciblant les faiblesses du parti minist&eacute;riel : manque d'int&eacute;grit&eacute;, copinage, client&eacute;lisme, marchandisation du savoir, autoritarisme, docilit&eacute; &agrave; l'endroit du gouvernement central. Toutefois, c'est la Coalition qui sort renforc&eacute;e des premi&egrave;res escarmouches pour plusieurs raisons et c'est ce qui me fait croire que l'&eacute;quipe Legault a le vent dans les voiles.<br />
<br />
Au premier jour de la campagne, le chef de la CAQ a su exploiter avec efficacit&eacute; le talon d'Achille du PLQ en pr&eacute;sentant son projet de Loi 1, un plan d'action pour mettre en &eacute;chec la collusion et la corruption qui seraient devenues syst&eacute;miques sous les Lib&eacute;raux de Jean Charest. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/francois-legault" target="_hplink">Fran&ccedil;ois Legault </a>a frapp&eacute; un grand coup en recrutant Jacques Duchesneau, un homme-cl&eacute; qui jouit d'une grande popularit&eacute; dans la lutte anti-corruption mais qui est aussi r&eacute;put&eacute; pour ses d&eacute;clarations intempestives. L'entr&eacute;e en sc&egrave;ne de Jacques Duchesneau a pour effet de remettre au centre du d&eacute;bat les travaux de la Commission Charbonneau que Jean Charest avait souhait&eacute; &eacute;viter durant la campagne. <br />
<br />
La CAQ compte d&eacute;j&agrave; dans son &eacute;quipe Maud Cohen, l'ancienne pr&eacute;sidente de l'Ordre des ing&eacute;nieurs du Qu&eacute;bec, qui apporte &agrave; son tour beaucoup de cr&eacute;dibilit&eacute; au grand m&eacute;nage promis par la CAQ dans le financement des partis politiques et l'attribution des contrats gouvernementaux. Aux deux nouveaux venus s'ajoute l'ancienne d&eacute;put&eacute;e ad&eacute;quiste, Sylvie Roy, qui a tenu ce dossier &agrave; bout de bras &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale.  Le chef de la CAQ qui parle avec fiert&eacute; de son trio d'incorruptibles, aura cependant fort &agrave; faire pour garder son nouveau porte-&eacute;tendard de l'int&eacute;grit&eacute; &agrave; l'abri des controverses. Il en est tellement conscient qu'il a exempt&eacute; Jacques Duchesneau de l'obligation d'amasser 25,000 dollars pour le financement de sa campagne dans la circonscription de Saint-J&eacute;r&ocirc;me. Mais cette exigence de la CAQ de recueillir des fonds pour avoir le privil&egrave;ge de se pr&eacute;senter sous sa banni&egrave;re reste une pratique inqui&eacute;tante dans les autres circonscriptions.<br />
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Le leader de la CAQ est parvenu &agrave; conserver l'avantage de la patinoire au cours des premiers jours en ciblant un autre dossier, celui de la sant&eacute; au c&oelig;ur des pr&eacute;occupations des Qu&eacute;b&eacute;cois. Sa recrue Ga&eacute;tan Barrette a pr&eacute;sent&eacute; clairement et sans d&eacute;tour son plan d'intervention pour donner acc&egrave;s &agrave; des m&eacute;decins de famille et r&eacute;duire le temps d'attente. Il reste &agrave; savoir si ses propositions tiennent la route ou ne sont que de la poudre aux yeux. Mais, on a pu constater que cette initiative mettait sur la d&eacute;fensive les Lib&eacute;raux qui avaient promis en 2003 de r&eacute;gler ces probl&egrave;mes au cours des six premiers mois de leur mandat.<br />
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Il demeure des zones d'ombre importantes du c&ocirc;t&eacute; de l'&eacute;quipe de Fran&ccedil;ois Legault pouvant refroidir l'ardeur des &eacute;lecteurs.  Le vote de la CAQ en faveur du projet loi 78  (aujourd'hui Loi 12) sous pr&eacute;texte qu'il permettait aux &eacute;tudiants d'avoir acc&egrave;s aux &eacute;tablissements d'enseignement malgr&eacute; le fait qu'il suspendait plusieurs sections des chartes canadienne et qu&eacute;b&eacute;coise en mati&egrave;re de droits et libert&eacute;s constitue une erreur que le chef caquiste a admise trop tard puisque le Qu&eacute;bec vit aujourd'hui sous le r&eacute;gime de cette loi inique. Pendant le conflit, Fran&ccedil;ois Legault a encourag&eacute; le gouvernement Charest &agrave; adopter la ligne dure et &agrave; faire preuve d'intransigeance &agrave; l'endroit des &eacute;tudiants, allant m&ecirc;me jusqu'&agrave; pr&ocirc;ner l'utilisation de tous les moyens n&eacute;cessaires pour imposer le retour en classe. Cela donne froid dans le dos. Cette erreur de jugement de la part du leader de la CAQ pourrait bien le suivre jusqu'aux urnes.<br />
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Enfin, la d&eacute;mission en catastrophe de l'agent officiel de la CAQ, Marc Deschamps, qui a &eacute;t&eacute; mis en examen dans le scandale du Faubourg Contrecoeur &agrave; Montr&eacute;al, jette un doute quant &agrave; la probit&eacute; d'un parti voulant faire toute la lumi&egrave;re sur le financement occulte des formations politiques sur la sc&egrave;ne provinciale. &Eacute;tonnant que le chef de la Coalition n'y ait vu aucun probl&egrave;me jusqu'au moment d'attirer Jacques Duchesneau dans ses rangs.<br />
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    <title>Notes de campagne</title>
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    <published>2012-08-02T16:01:54-04:00</published>
    <updated>2012-10-02T05:12:06-04:00</updated>
    <summary><![CDATA[La campagne électorale est maintenant lancée. Les attentes de la population québécoise varient d'une région à l'autre, d'une communauté linguistique à l'autre, d'un segment de la société à l'autre. Loin des enjeux des élections précédentes portant sur l'identité et les accommodements raisonnables (2008, 2007), la réingénierie de l'État (2003, 1998), la question nationale (1994) les partis politiques en lice tentent d'imposer LEUR propre enjeu de la campagne.]]></summary>
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        <name>Alain-G. Gagnon</name>
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    <content type="html" xml:lang="en" xml:base="http://www.huffingtonpost.com/alain-g-gagnon/"><![CDATA[La <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/elections-quebec/" target="_hplink">campagne &eacute;lectorale</a> est maintenant lanc&eacute;e. Les attentes de la population qu&eacute;b&eacute;coise varient d'une r&eacute;gion &agrave; l'autre, d'une communaut&eacute; linguistique &agrave; l'autre, d'un segment de la soci&eacute;t&eacute; &agrave; l'autre. <br />
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Loin des enjeux des &eacute;lections pr&eacute;c&eacute;dentes portant sur l'identit&eacute; et les accommodements raisonnables (2008, 2007), la r&eacute;ing&eacute;nierie de l'&Eacute;tat (2003, 1998), la question nationale (1994) les partis politiques en lice tentent d'imposer LEUR propre enjeu de la campagne. Le parti minist&eacute;riel de <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/charest" target="_hplink">Jean Charest</a> cherchera &agrave; miser sur la loi et l'ordre en instrumentalisant le conflit &eacute;tudiant. Conflit que le gouvernement lib&eacute;ral a sciemment aliment&eacute; au cours des quatre derniers mois. Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois dirig&eacute; par <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/marois" target="_hplink">Pauline Marois</a> cherchera &agrave; d&eacute;noncer le r&eacute;gime de copinage et de collusion entretenu par le gouvernement Charest en misant sur les valeurs d'int&eacute;grit&eacute;. Quant &agrave; la <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/news/francois-legault" target="_hplink">Coalition Avenir Qu&eacute;bec</a>, qui prend le relais de l'Action D&eacute;mocratique du Qu&eacute;bec, elle tentera de se faufiler entre les deux principales formations politiques en proposant une vision comptable de l'&Eacute;tat, tout en cherchant &agrave; mettre sous le boisseau la question nationale.<br />
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Au-del&agrave; de l'enjeu central de la campagne, il y a bien s&ucirc;r les d&eacute;fis auxquels chacun des chefs devra se mesurer. Jean Charest devra faire la d&eacute;monstration que son parti a pu se renouveler suffisamment lui qui a de la difficult&eacute; &agrave; retenir les meilleurs &eacute;l&eacute;ments de son s&eacute;rail (S&eacute;guin, Couillard, Pelletier, J&eacute;r&ocirc;me-Forget) ou qui est pr&ecirc;t &agrave; sacrifier les femmes fortes recrut&eacute;es par sa formation (Normandeau, Beauchamp, Courchesne). Apr&egrave;s neuf ann&eacute;es d'usure, avec une autorit&eacute; morale qui a &eacute;t&eacute; mise &agrave; mal plusieurs fois au cours des derni&egrave;res ann&eacute;es et sans exigences concr&egrave;tes face &agrave; Ottawa, le PLQ doit d&eacute;montrer comment le Qu&eacute;bec pourrait sortir plus fort de l'exercice d&eacute;mocratique actuel.<br />
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Le Parti qu&eacute;b&eacute;cois qui aurait normalement d&ucirc; profiter de l'alternance politique en r&eacute;gime parlementaire peine &agrave; d&eacute;passer la barre des 30% d'appui dans l'&eacute;lectorat. Pauline Marois est non seulement parvenue &agrave; &eacute;viter l'&eacute;clatement de son parti, mais a r&eacute;ussi &agrave; recruter des candidats de prestige (H&eacute;bert, Duchesne, Lis&eacute;e, Bureau-Blouin) et &agrave; donner un nouveau souffle &agrave; sa formation. Deux faiblesses &agrave; noter. Tout d'abord, le parti semble avoir perdu son ancrage dans le milieu &eacute;conomique alors qu'il avait pu compter dans le pass&eacute; sur les Parizeau, Campeau, Landry, Legault. Ce filon semble tari. Puis, les souverainistes les plus press&eacute;s h&eacute;siteront &agrave; donner leur vote au PQ si la question nationale n'est pas au c&oelig;ur de la campagne. Ils pourraient &ecirc;tre tent&eacute;s de voter pour Qu&eacute;bec solidaire ou Option Nationale. D'autres &eacute;lecteurs sympathiques au PQ pourraient opter pour la CAQ s'ils voient que le PQ met trop l'accent sur le sc&eacute;nario r&eacute;f&eacute;rendaire. Principale carte ma&icirc;tresse du PQ : celle de l'int&eacute;grit&eacute; et du bon gouvernement comme ce fut le cas &agrave; l'&eacute;lection de novembre 1976 qui a donn&eacute; au parti son premier gouvernement majoritaire avec 41 % des appuis.<br />
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La Coalition Avenir Qu&eacute;bec de Fran&ccedil;ois Legault a d&eacute;marr&eacute; la campagne du bon pied en d&eacute;non&ccedil;ant les &laquo; enveloppes brunes &raquo; et les odeurs de corruption qui flottent au-dessus de l'attribution des contrats gouvernementaux. Le message est clair, simple et porteur. La principale force de Legault est d'avoir su aligner des porte-parole cr&eacute;dibles en provenance du milieu des affaires. Sa principale faiblesse est de vouloir enterrer la question constitutionnelle alors qu'elle est incontournable s'il veut par exemple s'attaquer &agrave; la Commission pan-canadienne des valeurs mobili&egrave;res, encadrer le pouvoir f&eacute;d&eacute;ral de d&eacute;penser (f&eacute;d&eacute;ralisme fiscal) et obtenir le transfert de pouvoirs dans les domaines de la culture et des t&eacute;l&eacute;communications. Pour Legault, la question constitutionnelle est une perte de temps et d'&eacute;nergie. Pourquoi mettre le Qu&eacute;bec hors jeu de la sorte alors que les principales formations politiques &agrave; Qu&eacute;bec pourraient faire front commun et r&eacute;clamer des pouvoirs permettant au Qu&eacute;bec de mieux tirer son &eacute;pingle du jeu au sein de la f&eacute;d&eacute;ration ?<br />
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La campagne &eacute;lectorale sera passionnante si l'on en croit les premi&egrave;res salves.  <br />
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