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<em>Moroccan Gigolos</em>: 1h30 de pur plaisir

29/10/2013 02:39 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST

J'ai assisté le 19 octobre dernier à l'avant-première à Paris de Maroccan Gigolos. Je ne sais pas si c'est le fait que cette soirée faisait partie d'un super weekend avec mes amies d'Amérique ou si c'est parce qu'après les films et documentaires plutôt sombres proposés pendant la 22e Quinzaine du Cinéma Francophone du Centre Wallonie Bruxelles, mais cette comédie était plus que bienvenue. Je vous le dis tout net, j'ai passé 1 heure et demie de pur plaisir (ce qui tombe plutôt bien quand on vient voir des gigolos).

Ce film est le premier long métrage belge du réalisateur d'origine marocaine Ismaël Saïdi, mais c'est aussi le résultat d'une véritable synergie entre le cinéma belge et le cinéma québécois.

Le pitch est assez simple. À Bruxelles, trois amis d'enfance, Samir (Reda Chebchoubi), Nicolas (François Arnaud) et Dédé (Eddy King) vivent de petits jobs aussi temporaires que peu lucratifs. Ils rêvent d'ouvrir un snack et quand ils trouvent le lieu parfait (en face d'une école), ils décident de se lancer dans l'aventure. Seul petit (gros) bémol, ils doivent trouver de l'argent pour payer le loyer du local, et ce dans un délai d'un mois. Et trouver beaucoup d'argent quand on n'a pas ou presque de boulot, c'est, comme qui dirait, galère.

Lorsqu'à la suite d'un accident de voiture, Samir se voit proposer 200 € par une femme d'âge mûr en échange de quelques instants de plaisir, Dédé a une révélation, ils vont créer une agence de gigolos : les Morrocan Gigolos sont nés (parce que quand même, Morrocan ça se vendra mieux que Belgian Gigolo's, comme le fait remarquer Samir).

Personnellement, j'ai ri dès les premières minutes d'ouverture et je n'étais pas la seule (cela m'est déjà arrivé d'être la seule à rire dans un cinéma et dans ces moments-là j'oscille entre le sentiment d'être la seule à comprendre vraiment et celui de n'avoir rien compris du tout), ce qui est plutôt bon signe.

Certaines personnes pourraient trouver que, malgré le titre accrocheur, le film reste assez soft en matière de scènes hot. À ceux-là je dirais que si c'est ce que vous voulez voir, attendez la sortie de 50 Shades of Grey, même si, soit dit en passant, la scène de François Arnaud face à une cliente adepte du SM est hilarante !

Morrocan Gigolos est avant tout une comédie, alors bien sûr ce film ne mène pas à une réflexion profonde sur la société belge contemporaine, mais on passe un agréable moment de détente et c'est, pour ma part, tout ce que je demandais à ce film.

Et, pour être honnête, Ismaël Saïdi aborde malgré tout des questions de société telles que la crise, la difficulté de trouver un emploi stable, la volonté d'une génération de se sortir de sa condition médiocre et de son quartier. De plus, le personnage interprété par Guylaine Tremblay, toute en élégance et délicatesse, est particulièrement touchant.

morrocan gigolos


Le réalisateur a également réuni un casting qui fonctionne parfaitement. Reda, François et Eddy semblent vraiment être se connaître depuis toujours et j'ai eu l'impression d'avoir déjà entendu leurs répliques en écoutant des groupes d'amis dans le métro, signe que les dialogues sont « naturels ».

J'avais oublié que François Arnaud pouvait être drôle à force de le voir avec ses perruques dans The Borgias, mais il faut bien le dire, en plus d'être vraiment charmant, il est parfait dans ce genre de comédie. À vous je peux bien le dire, j'ai juste regretté qu'il ait perdu son accent québécois... Personne à Paris ne me croit quand je dis que l'accent québécois est sexy... Dans ce cas-là, dégainer une vidéo de François Arnaud vaut toutes les explications du monde. Mais bien sûr, je comprends, Nicolas est supposé être belge... Par contre je cherche encore un exemple d'accent belge glamour...

Eddy King est sans doute le personnage le plus comique du film et je l'ai trouvé absolument épatant, si il ne me l'avait pas dit à l'issue de la projection, je n'aurais jamais pu croire qu'il s'agit de son premier rôle au cinéma, tant il semble à l'aise.

Reda Chebchoubi campe un Samir convaincant et touchant dans sa relation avec Clémentine (sa fiancée) et Catherine (sa "cliente" régulière). Il est le personnage central du film et on sent que le réalisateur a mis un peu de son propre vécu dans Samir.

Bref, si vous voulez passer un bon moment, allez voir ce film qui sortira au Québec le 8 novembre.

Et dernier conseil, si vous en avez l'opportunité, sautez sur l'occasion de voir le film en présence de l'équipe qui est adorable et tellement sympathique... Exactement ce qu'on attend d'un mélange belgo-québécois.


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