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De l'importance du social en société

Publication: 04/07/2012 09:57

J'écoutais l'autre jour Éric Duhaime débattre à la première chaîne. Il était question de redistribution de la richesse. Selon lui, la motivation première de l'humain étant de s'enrichir personnellement, on gagnerait en tant que société à laisser les individus faire la course de l'enrichissement individuel, ce qui donnerait lieu à une plus grande richesse collective - une hypothèse qui reste à prouver. Il soutenait qu'il préférait que l'écart entre riches et pauvres soit plus grand pour obtenir une richesse collective plus élevée. Éric Duhaime défend une idée libertarienne de la société, qui rejette massivement l'intervention de l'État dans l'économie, et donc la redistribution des revenus.

Or, ce que les tenants du tout-économique évacuent trop souvent, c'est l'aspect social de la vie en société. Au quotidien, nous interagissons avec une foule d'inconnus. Pour que la confiance prenne le dessus sur la méfiance, certaines conditions sont nécessaires. Et le bien-être minimal de chacun en est une, sinon la plus importante.

Je reviens d'un séjour à New York, qui m'a permis de réfléchir sur ce climat de confiance et de sécurité qui règne au Québec. Une sécurité toute naturelle qui n'a pas besoin d'armes pour exister. Une sécurité qui s'installe quand tout le monde a à boire et à manger, quand tout le monde a un toit sur la tête. Quand personne n'a à voler pour survivre. Quand personne n'est assez désespéré pour tenter l'irréparable. Quand l'envie n'est pas nourrie par la faim et le ressentiment. Quand on partage. Parce que le filet social existe. Et parce que les riches sont un peu moins riches pour que les pauvres soient un peu moins pauvres.

Un exemple anodin : dans une station-service de Staten Island, banlieue de Manhattan aux airs tranquilles. Je demande de l'aide à la pompe au caissier, bien en sécurité derrière la fenêtre de plastique qui nous sépare. Il sort dehors pour m'aider, mais prend soin de barrer la porte du commerce derrière lui. De petits riens qui illustrent pourtant bien le climat de peur qui peut régner quand les pauvres sont trop pauvres et que les vols se multiplient en conséquence.

Il y a bien sûr des pauvres au Québec, mais il pourrait y en avoir encore moins. Ou pas du tout, même. C'est une utopie, mais c'est aussi une vision, une direction à prendre. Collectivement. Pour garder cette douce atmosphère qui flotte sur le Québec. Ces sourires que l'on échange. Cette confiance que l'on partage. L'esprit d'entraide, l'esprit de famille. Au quotidien, la vie est tellement plus légère. Plus conviviale. Plus sociale. Plus agréable.

Parce qu'en s'en remettant totalement à l'économie, à la lutte individuelle pour l'enrichissement personnel, on fait peut-être appel à une profonde motivation humaine, mais on fait aussi appel à l'instinct animal, à l'instinct de survie. Et quand sa survie est menacée, on est prêt à beaucoup. On est prêt à tout. Oh oui, on performe, on se dépasse, mais dans l'urgence de survivre, au détriment des autres. C'est la loi du plus fort. Avec les résultats qu'on peut imaginer.

Avant de prêter foi au tout-économique - de grâce - rappelons-nous que nous vivons en société et qu'il ne faut jamais évacuer l'aspect social qui en fait un bon bout pour nous distinguer de l'animal. Souvenons-nous aussi que s'il fait si bon vivre au Québec, on le doit beaucoup à la Révolution tranquille et aux programmes sociaux mis en place au fil de longues années de travail collectif. Ne faisons pas l'erreur de tourner le dos à de si précieux acquis. C'est l'esprit même du Québec qui en dépend.

 

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dredesch
20:15 sur 06/07/2012
C'est drôle, je pensais que le but de l'économie n'était pas l'augmentation de la richesse globale (quelle que soit la façon dont elle est distribuée) mais plutôt la satisfaction des besoins de la population dans son ensemble?

Évidemment, si l'on accepte que le but de l'activité économique est l'enrichissement individuel pour quelques uns, le reste semble couler de source.

Mais c'est pour ça qu'il ne faut pas permettre à ceux qui prônent ces théories toxiques de changer le sujet du débat.
19:27 sur 05/07/2012
Duhaime a completement tort. La croissance economique est plus grande dans les societes plus egales.
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Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
12:05 sur 05/07/2012
Enlevez le 1 % le plus riche des ÉUA et vous obtenez la société la plus pauvre du monde civilisé. Je n'appelle pas cela une réussite.
09:55 sur 05/07/2012
Notre belle sécurité sociale n'est qu'une illusion temporaire, nous allons mourir étouffé dans filet social
que nous finançons avec la carte de crédit de l'état.

http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise
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Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
11:54 sur 05/07/2012
On va peut-être se rertouver un jour dans la même situation que 99 % des étasuniens ..
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
15:38 sur 04/07/2012
Aucun étude sérieuse ne démontre que les comportements de l'homme sont motivés par le désir d'enrichissement. C'est un concept occidental décadent qui tient du nombrilisme du 1%.
Voyez ailleurs sur le globe.

L'argent n'est qu'un véhicule d'échange. Vouloir s'enrichir à tout prix est une maladie du même type que l'obésité. On confond dans les deux cas le véhicule avec la finalité.

Désolé, je ne suis pas allé à l'école longtemps, mais la pyramide de Maslow constitue pour moi une information plus crédible que les théories fumeuses de Duhaime.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins_de_Maslow
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Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
11:57 sur 05/07/2012
En effet. Une fois que les besoins de bases - matériels - sont satisfait et que la certitude de les satisfaire dans l'avenir est acquise - sécurité -, alors l'humain se tourne vers ses besoins sociaux d'accomplissement personel. Il y a une limite très basse à ce que l'argent peut faire pour rendre les gens heureux.
15:26 sur 04/07/2012
Vous avez une vision quelque peu idyllique de notre Québec: "Pour garder cette douce atmosphère qui flotte sur le Québec. Ces sourires que l'on échange. Cette confiance que l'on partage. L'esprit d'entraide, l'esprit de famille." Ayant vécu aux USA et dans le ROC, mon expérience est que ce vous décrivez existe beaucoup plus là-bas. Les voisins qui viennent s'introduire et offrir leur aide lorsqu'on emménage. Des inconnus qui vous saluent lorsqu'on marche dans le quartier. L'entrée déneigée au retour de voyage sans avoir demandé, etc.

La répartition de richesse (ou la pauvreté) n'est qu'un facteur. Tout aussi importants sont la culture de la société et l'éducation.
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Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
11:58 sur 05/07/2012
Pas d'accord.
14:11 sur 05/07/2012
Pas d'accord c'est pas un argument. D'abord vous n'êtes pas d'accord avec quoi?
1) Mon commentaire sur la vision idyllique de l'auteure? Elle se base clairement sur des impressions et une anecdote pour tirer une conclusion biaisée idéologiquement. Est-ce qu'on peut conclure de son observation que ce qu'elle décrit au Québec n'existe pas aux US et dans le ROC...Clairement, non.
2) La répartition de richesse (ou la pauvreté) n'est qu'un facteur? Il y a des exemples de sociétés pauvres (comme la tribu Maasai d'Afrique qui n'utilisent pas d'argent), mais qui sont considérés comme des sociétés heureuses. Pourtant, la Tanzanie et le Kenya ne sont pas des exemples probants de répartition de richesse. Au-delà des besoins primaires, la richesse est faiblement corrélée avec le bonheur.
14:11 sur 04/07/2012
"Staten Island, banlieue de Manhattan aux airs tranquilles": la fille sait clairement pas dans quel milieu elle était! Dans une société - n'importe laquelle - où l'instinct humain ne peut être éliminé, même le socialisme extrême ne répond pas à nos besoins fondamentaux. À preuve l'URSS. Niveler par le bas ne va donner l'envie à personne de se battre pour enrichir la société. Ça me rappelle la petite école où on me demandait de courir moins vite pour laisser gagner d'autres. Mon voisin d'en face est pauvre et sa maison est très mal entretenue. Je vais pas aller lui tondre sa pelouse pour "égaliser" le quartier! Il va se fier sur moi après! Belle mentalité de pauvre madame. Oui au filet de l'État, non à sa dépendance.
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Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
11:59 sur 05/07/2012
Qu'est-ce que le socialisme extrême vient faire à-dedans ?? Vous êtes complètement déconnecté du sujet.
07:49 sur 06/07/2012
L'as-tu lu l'article? Elle parle de socialisme comme réponse aux mots de notre société. Que l'État soit présent partout, comme ma maman qui me surveille au terrain de jeu...
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Pedro Individuo
11:20 sur 04/07/2012
"Souvenons-nous aussi que s'il fait si bon vivre au Québec, on le doit beaucoup à la Révolution tranquille et aux programmes sociaux mis en place au fil de longues années de travail collectif. Ne faisons pas l'erreur de tourner le dos à de si précieux acquis. C'est l'esprit même du Québec qui en dépend."

La Révolution tranquille n'en était pas une; c'était simplement l'arrivée de l'État dans l'économie. Ce n'est non seulement pas précieux; c'est un boulet. à peu près tous les problèmes qu'on connait (chômage structurel, pénuries de toute sorte, hauts prix) sont reliés à l'État
12:27 sur 04/07/2012
C'est irrationnel de faire une pareille affirmation; aucun problème n'a qu'une seule cause. C'est pathologique votre affaire.
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Pedro Individuo
20:56 sur 04/07/2012
Crise de 1929 : inflation de la Fed, fascisation de l'économie
stagflation : inflation de la Fed, abandon de l'étalon-or
bulle techno : inflation de la Fed
crise immobilière : inflation de la Fed, réglementation bancaire étouffante, CRA, HUD...

je continue?
14:11 sur 04/07/2012
Ouep!