Voilà plusieurs jours que j'entends dire différentes choses qui me boguent sérieusement à propos de la grève étudiante. En voici trois.
D'abord, est-ce qu'on pourrait arrêter de prendre les étudiants pour des enfants? Quand ce n'est pas le maire Tremblay qui dit que les parents devront faire la leçon à leurs enfants, c'est la ministre Beauchamp qui les sermonne comme une maman en les priant de retourner en classe sous peine de sérieuses conséquences, ou le chroniqueur de circulation de Radio-Canada qui laisse entendre que ce seront les parents qui écoperont du paiement des contraventions encourues par les blocages. Les étudiants ont en grande majorité atteint l'âge adulte, parfois même avancé , et il serait temps qu'on commence à s'adresser à eux comme tel, comme des citoyens à part entière, ce qu'ils sont d'ailleurs.
Ensuite, l'argument de la «juste part» de la ministre Beauchamp, qui ne semble avoir aucune autre raison valable à mettre de l'avant pour justifier la hausse massive des frais de scolarité. Or, dans une société qui se veut ouverte et égalitaire, où l'on tient encore à la justice sociale, cet argument ne tient pas la route. Que dirions-nous si le gouvernement demandait aux aînés, aux malades, aux handicapés de payer «leur juste part», puisqu'ils utilisent abondamment les services de l'État? Ou aux chômeurs de rembourser une partie de leurs allocations une fois de retour sur le marché du travail? Les étudiants contribueront amplement à la société durant leur vie active, par l'entremise de l'impôt progressif, à la hauteur de leur capacité et de leur revenu. Et s'il est vrai que les universitaires gagnent majoritairement un si bon salaire, il ne devrait pas y avoir de souci à se faire sur la juste part qu'ils rembourseront grâce à l'impôt.
Finalement, je n'en peux plus d'entendre dire que les jeunes quémandent et ne pensent qu'à eux. Les étudiants ne manifestent pas pour eux personnellement; ils auront pour la plupart terminé leurs études dans cinq ans, quand la hausse atteindra son paroxysme. Ils le font pour un idéal, parce qu'ils croient qu'il est important de conserver l'accessibilité pour tous. Parce qu'ils veulent pouvoir envoyer leurs enfants à l'université. Parce qu'ils veulent que tout le monde puisse envoyer leurs enfants à l'université, qu'importent leurs moyens financiers et leurs antécédents familiaux. Parce qu'ils ne veulent pas d'une société de classes où les moins nantis le demeurent de génération en génération. Parce qu'ils veulent que les jeunes qui les suivront puissent encore faire le choix de s'endetter un peu pour devenir infirmiers, enseignants ou travailleurs sociaux, malgré le fait qu'ils pourraient faire un DEP en électricité et être beaucoup mieux payés à leur sortie de l'école. Parce que des infirmiers, des enseignants et des travailleurs sociaux, tout le monde en a besoin.
Et parce qu'ils croient avant tout en l'importance de l'éducation pour l'avancement de la société dans son ensemble. Au fait que l'éducation, ça contribue aussi à améliorer la santé. Au fait qu'une société éduquée, c'est une société concurrentielle. Ils sont même prêts à sacrifier une session, voire plus, pour défendre leurs idéaux. Ils sont prêts à perdre des deniers durement gagnés au service d'une cause drôlement plus grande qu'eux. Ils sont prêts à nuire à leurs intérêts personnels pour servir l'intérêt collectif. S'il y en a qui appellent ça penser juste à son nombril, c'est peut-être parce qu'ils pensent eux-mêmes juste au leur.
Vos commentaires sont les bienvenus!
Annick Vigeant, traductrice agréée., blogueuse et étudiante
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Sylvain Raymond: Le pathétisme (postmoderne) du conflit étudiant
Catherine Girouard et Serge Lareault: Hausse des droits de scolarité: voir la forêt derrière l'arbre
La gratuité pour tous endettera le pays et affaiblira nos Universités sur le long terme.
Les bourses pour les plus pauvres favorisera l'éducation pour tous. C'est cela qui devrait être votre combat.
Dans votre rue, favoriseriez vous la gratuité de la nourriture pour tous ou uniquement pour les 2 familles qui manquent d'argent? Si vous répondez pour tous alors c'est du communisme et cela on connait les conséquences catastrophiques.
Je vous propose de vous inscrire en finance à l'Université avant d'écrire ici un autre article.
la Suède, l'Irelande, la Norvège, l'Argentine, la Finlande, l’Islande, et plusieurs universités autrichiennes, brésiliennes, belges et allemandes n'ont PAS des universités faibles. Et si on compare à la moyenne des pays de l'OCDE (les 34 pays les plus riches du monde), les frais au Québec sont CHER. (1)
Comparer le socialisme au communisme n'est pas un argument, les pays que j'ai énuméré ne sont pas communistes et ont la gratuité.
(1) : Vierstraete, V., 2007. Les frais de scolarité, l’aide financière aux études et la fréquentation des établissements d’enseignement postsecondaire : Comparaison à l’échelle internationale et étude de scénarios pour le Québec. MELS.
voici ce qui a disparu..
Les étudiants d'ajourd'hui paieront tout au cours de leurs vies d'Avantage que les générations précédentes , contribution santé , régime d'épargne volontaires, augmentations des tarifs pour les services tout azimuts, devront travailler plus longtemps 67 ans avant la retraite (quand meme loin de liberté 55 non?)
A cause de la démographie actuelle ils seront moins nombreux pour payer tout les frais reliés a une population vieillissante. Pour éponger une dette et ses intérêts qu'ils n'ont pas créé.
En plus de cela ont leur dit qu'ils doivent payer leurs études plus chèrement que les générations précédentes pour faire leur juste part? Je pense qu'ont leur en demande déjà pas mal...
Puis finalement , la majorité d'entre eux travaillent pour un salaire de misère , parceque a part des emplois en service a salaire minimum et au tim hortons , les horaires étudiants empêchent d'Avoir un emploi dans des secteur payants.
Avant de dire qu'ils doivent payer plus, que ce n'est pas a vous de payer pour eux, demandez vous plutôt ce que eux auront a payer au cour de leurs vies pour vous offrir a vous les différents services auxquels vous aurez droit, santé, routes , programmes sociaux etc.
On peut aller à l'Université mais aussi s'y traîner les pieds jusqu'à 30 ans et gagner ensuite peu et donc ne pas payer vraiment sa part d'impôt sur le long terme.
Il y a aussi dans notre société des gens suffisamment riches pour payer leurs frais Universitaires sans exiger que les autres paient toute l'addition.
Finalement je trouve que vous payez peu d'impôt en ayant un petit salaire. Faites-vous vraiment votre part? Est-ce cela la solidarité de gauche? Ne croyez-vous pas qu'en prospérant plus, en étant plus entrepreneur vous seriez plus "solidaire"?
Ensuite oui je considère que je paie ma juste part , tarifs en tout genre taxes sur l'essence tvq sur les produits que je consomme, contribution santé, taxes municipales (je suis propriétaire) et oui en impôt j'en paie suffisament pour dire que mon net est a 55% du brut. j'oubliais la RRQ que je devrai payer toute ma vie pour pouvoir prendre ma retraite plus tard avec moins d'argent car d'autres sont passés a la caisse avant .
Être entrepreneur comme vous dites ce n'est pas au gout de tout le monde et qui plus est si tout le monde l'était cela irait bien mal...
(La situation est plus complexe que ça, mais c'est juste un résumé pour dire que la hausse est pas tellement pour améliorer l'enseignement)
Si une belle portion de notre société nous appuie dans la lutte vers une possibilité égale face aux études post-secondaires, un grand nombre sombre aussi dans un cynisme désolant. De plus, on semble dans le débat oublier de mesurer la contribution actuelle des diplômés et de savoir la transposer sur les futurs diplômés également. De plus, j'aurai l'audace de mentionner que la génération qui en ce moment se soulève sera celle qui paiera les retraites de la majorité de la population québécoise actuelle. Si certains refusent de voir les adultes que nous sommes, au moins auront-ils peut-être le bon goût de considérer les adultes que nous deviendrons et l'importance qu'alors nous aurons dans leurs vies en tant que diplômés, investissant les services dont ils bénéficieront, payant par nos impôts leurs prestations de retraites, etc.
pour votre deuxième question je vous fais remarquer que justement notre bon gouvernement nous impose aussi des frais supplémentaire de santé !
Et les chômeurs ne croyez vous pas que les montant retirés sur leur paye une fois qu'ils ont recommencé a travailler ou les nombreuses années qu'ils pendant lesquels ils ont contribué ne fait pas partie de ces "allocations" qu'ils remboursent ?
Alors pourquoi pas ces enf... oups jeunes adultes aussi !
La génération sur les bancs d'école actuellement est prête à payer plus et contribuer; quand elle en aura les moyens.
Personnellement j'aurais supporté a 100% les étudiants et sorti dans la rue avec eux si ils se seraient mobilisés pour changer les choses non pas pour régler leur problème personnelle,
Tout le monde en a par dessus le pompon avec le coût de la vie qui augmente, tout le monde... les étudiants, les pensionnés et aussi les travailleurs... on a tous espoir que le peuple va finalement sortir ENSEMBLE pour corriger cette situation misérable dans laquelle on est présentement, Mais ce n'est malheureusement pas le cas. C'est chacun pour soi on agit exactement de la manière souhaité par notre bon gouvernement.Exactement comme les grosses multinationales. Tous pour un... Rien pour les autres.
-Il n'y a aucune justice sociale dans le fait d'exiger de gens qui dans l'ensemble gagnent moins de subventionner des gens qui gagneront en moyenne beaucoup plus en raison des études en question. Quant aux aînés ou malades, cette comparaison est boiteuse car il ne s'agit pas de financer des acitivités qui vont augmenter leur capacité de gain personnelle de façon importante.
-Il y a zéro démonstration que cette hausse va avoir un effet quelconque sur l'accessibilité. Toutes les données démontrent le contraire. Le problème d'accessibilité n'est pas causé par les frais de scolarité mais bien par ce qui se passe avant l'université. C'est pour ça que la fréquentation est plus basse au Québec même si les frais sont moindres.
-Le problème des moins nantis qui le demeurent de génération en génération est très bien documenté et même M. Bachand en parlait hier. Le problème encore une fois est ce qui se passe avant l'universìté et c'est là qu'il faut intervenir.
-S'il n'y a pas d'impact sur l'accessibilité, le reste des arguments est sans objet. S'il y en a, démonstration svp car toute la question est là.
Aussi, si plus de gens vont à l'université et gagnent ainsi mieux leur vie, plus de gens contribuent à la justice sociale de par leurs impôts et taxes à la consommation.
Chaque hausse des frais de scolarité augmente l'impression de moindre accessibilité chez les gens de la classe moyenne inférieure et de la classe la plus démunie, que l'acessibilité soit effectivement réduite ou pas. (Autrement dit, les gens perçoivent l'université comme trop chère pour leurs moyens et n'essaieront même pas d'y accéder, même s'ils en auraient en fait les moyens.)
Juste en passant, je suis contre le gel des frais de scolarité. Je suis par contre d'avis qu'ils devraient être augmentés à hauteur de l'inflation. 75% d'augmentation en 5 ans, c'est beaucoup trop et j'ose à peine imaginer la révolte populaire si le gouvernement osait faire la même chose avec les tarifs d'Hydro...
75% des étudiants n'ont pas acces au pret et bourses. Le tier de ces derniers n'auront pas de formation universitaire et seront condamnés a travaillé au salaire minimum toute leur vie. Mettons un ticket modérateur en santé pour fixer le probleme des finance publique, ce qui serait plus logique